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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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9 février 2009

La recherche vue par André Brahic, astro-physicien

andre_brahicandre_brahic_enfants_du_soleilandre_barhic_lumieres

(Clic sur les images pour agrandir)

Nicolas Sarkozy se fait fort d'intervenir sur tout. Mais sait-il au juste de quoi il parle lorsqu'il disserte sur la recherche scientifique ? Oui, on peut vraiment s'interroger tant sa vision semble se situer à des années lumière de la réalité.

En 2006, quelques mois à peine avant l'élection présidentielle, invité par le collectif "Sauvons la recherche", André Brahic, l'un de nos plus grands astro-physiciens, s'était exprimé sur le sujet avec intelligence, pertinence et humour. Le document exceptionnel ci-dessous est un régal pour les oreilles et le cerveau. Nul besoin d'être spécialiste pour tout comprendre du premier coup ! Pourtant, il y a au moins de sérieux doutes pour quelqu'UN...

(monter le son)

http://www.cpolitic.com/cblog/2009/02/08/sauvons-la-recherche-andre-brahic-avait-predit-le-danger-sarkozy-en-2006/

Merci au blog www.cpolitic.com/ de l'avoir mis en ligne

13h00 : Communiqué du collectif "Sauvons la recherche"

Si Nicolas Sarkozy n'entend rien, nous crierons plus fort !

Des dizaines de milliers de personnes, étudiants et personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche, ont défilé jeudi dernier dans toutes les villes universitaires pour s'opposer à la destruction de leurs institutions, de leurs statuts et de leur condition de travail ou d'étude. Le rejet de la politique de Valérie Pécresse est massif, sans précédent.

Hélas, Nicolas Sarkozy reste incapable de prendre la mesure de cette colère. Après le discours de mépris du 22 janvier, son intervention du 5 février a confirmé que sa vision de l'université et de la recherche était à la fois marquée par une méconnaissance de ce secteur et par l'obsession idéologique de mettre au pas ses institutions. Il a réaffirmé sa volonté de démanteler les grands organismes de recherche. Face à la demande quasi unanime du monde universitaire d'annuler le décret  modifiant le statut d'enseignant chercheur, la ministre propose la mise en place d'une "charte de bonne conduite", un texte sans valeur légale. Nous refusons ce marché de dupes. Valérie Pécresse affirme vouloir consulter les principaux acteurs de notre secteur : nous n'avons pas été invités !

Au septième jour de la grève déclenchée le 2 février, c'est désormais l'ensemble du monde universitaire qui est entré dans le mouvement ; dans ces conditions, le mouvement ne peut que s'amplifier et la grève se développer.

1 – Appel à la manifestation de mardi 10 février

Nous invitons donc tous les citoyens, tous nos élus, aux côtés de l'ensemble des personnels et des étudiants, à faire de la manifestation nationale de mardi prochain (le 10 février) à Paris, appelée par la coordination nationale des universités et l'ensemble des organisations, un événement d'une telle ampleur que nul ne pourra l'ignorer. Dans le rapport de forces qui est en train de s'établir, cette journée sera essentielle.

2 - AG des personnels du CNRS et des laboratoires associés

Les personnels du CNRS, dont le plus grand nombre travaille sur les sites universitaires, sont partie prenante de la mobilisation actuelle. C'est dans ce contexte que nous appelons l'ensemble des personnels du CNRS et tous les personnels des laboratoires associés à se réunir en AG à Paris, le jeudi 12 février, au siège du CNRS.

Cette assemblée aura pour objectif de définir des objectifs concrets permettant de mettre un coup d'arrêt au démantèlement du CNRS. Des moyens d'action seront décidés qui pourront être adoptés ensuite par les laboratoires et les personnels. Le CNRS est un organisme central pour la recherche française et donc aussi pour l'ensemble du monde universitaire. Nous n'accepterons pas sa disparition. Pour sauver le CNRS, il est urgent d'agir !

Ensemble nous devons obtenir le rétablissement des postes supprimés et un plan pluri-annuel d'emplois, le retrait des projets de réforme sur la modification des statuts des enseignants-chercheurs et la mastérisation et la fin du démantèlement des grands organismes de recherche.

Encore et toujours exigeons la mise en place d'un débat et d'une véritable négociation avec les personnels, leurs organisations et les instances représentatives existantes (comité national du CNRS, CNU, conseils universitaires et conseils d'organismes, etc.).

Le site de "Sauvons la recherche :

http://www.sauvonslarecherche.fr/

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14 octobre 2008

Crise : Pour voir un peu si j'ai bien compris…

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Dessin de Cabu dans le Canard Enchaîné

Allez, un petit résumé pour voir si j'ai bien compris ce qui se passe : la France est en faillite, les caisses sont vides, on a du mal à trouver de l'argent pour le RSA, de gros patrons se paient sur la bête qui sue, des pillards jouent de l'argent avec notre argent, ils cassent la baraque, ils crient au secours et réussissent un nouveau hold-up sur le dos des Etats. Les déficits continuent d'enfler, la dette va nous prendre la tête, ils s'en foutent, les péquenots paieront en travaillant le dimanche.

L'Europe, très bonne fille, fait les tiroirs et aligne 1.700 milliards d'euros aux joueurs compulsifs du grand casino. En bonus, la France leur offre une petite gâterie, elle ne leur dispute même pas les parachutes dorés et les stock-options.

Ta banque n'oubliera pas de te rappeler si t'as le moindre petit découvert. Bonjour, les agios. Tu vas payer cher et longtemps les cadeaux aux voyous qui ne savent même pas que tu existes. Le fric, c'est tout pour eux. La crise, c'est tout pour toi. Te reste plus qu'à faire la grimace, ça tombe bien, toi, t'as droit qu'à de la monnaie de singe. A eux, les comptes garnis, à toi, le chariot vide. Pleure pas, t'as même plus de quoi t'acheter des mouchoirs en papier.

10 décembre 2008

"Nouveau centre" d'intérêt pour Genzana et Salord


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Avez-vous suivi les récentes gesticulations de Bruno Genzana et de Stéphane Salord ? Largués comme des malpropres par Maryse Joissains il y a un an pour cause de rébellion carriériste personnelle, les deux artistes ne manquent ni de souffle ni d'imagination. L'un et l'autre font des pieds et des mains pour monter un nouveau numéro.

Les pérégrinations de Bruno Genzana

Il y a quelques jours, Genzana annonçait qu'il avait adhéré au Nouveau centre. Mais, les quelques élus joissainistes qui se réclament de cette étiquette de façade depuis l'élection municipale ne veulent pas de lui et le lui ont fait savoir avec beaucoup de tendresse par la voix de Yannick Decara, conseiller municipal : "En se ralliant au Nouveau centre, parti de la majorité, Bruno Genzana témoigne encore une fois d'une malhonnêteté morale évidente. M. Genzana nous offre encore une pirouette politique, mais ne nous y trompons pas, il se dit fidèle aux valeurs du centre et de la droite mais en mars dernier, c'est sur une liste MoDem qu'il se trouvait, opposé à la liste conduite par Maryse Joissains, investie par l'UMP, le Parti radical et… le Nouveau centre ! Question conviction, pour M. Genzana, il y a encore du travail…"

En clair, il y a donc désormais des adhérents NC dans la majorité et des adhérents NC dans l'opposition. Cela est incohérent, cela fait désordre mais peu importe. Ce qui compte, c'est de se montrer et d'affirmer qu'on existe. D'ailleurs, sans surprise, Genzana fait du Genzana, c'est-à-dire dans le grandiloquent. Il déclare rien moins que son objectif est de "faire du Nouveau centre la première force politique de la Ville d'Aix". Retenons nos rires pour plus loin.

Cela fait penser à ses prédictions demeurées incantatoires lorsqu'il voulait devenir président du Conseil général. Mais, passons, la politique est aussi faite de rêves. Anticipant sans doute les reproches sur ses volte-face, il n'a pas hésité à asséner : "ma démarche est claire et sincère". Tout le monde y croit. Presque. "J'appartiens à un courant de pensée : le centre droit. En vingt-cinq ans, je n'ai jamais changé de cap !". Stop ! Petit rappel.

Bruno Genzana a été élu en 1983 comme membre du Parti républicain sous la municipalité UDF de Jean-Pierre de Peretti della Rocca. Le PR s'est ensuite mué en  Démocratie libérale avec à sa tête Alain Madelin, ancien du mouvement d'extrême droite Occident. Peu après, Genzana migre au RPR qui, à son tour, changera son sigle en UMP.

A la dernière cantonale d'Aix-centre, alors qu'il est membre de l'UMP, mais suspendu quelques mois par son parti, il se présente donc sans investiture officielle en se bricolant un logo Majorité présidentielle. A présent dissident, il s'invite au NC, vitrine de boutique aux rayons un peu vides à part des transfuges de l'UDF qui ne voulaient pas perdre leurs places d'élus.

On peut s'y faire. Mais, il y a moins véniel. Depuis avril dernier, au Conseil général, Genzana a créé un groupuscule de quatre élus, Agir pour le 13, qui a carrément recyclé Daniel Simonpiéri, ancien maire Marignane, ex-FN, ex-MNR. On a les amis qu'on peut.

Mais alors, qu'est-ce qui pousse Genzana à chercher refuge au NC alors qu'il est un proche de l'UMP Jean-Claude Gaudin ? On le sait, le maire de Marseille ne règne plus que sur quelques mètres carrés. En janvier, il pourrait même perdre son poste de vice-président national de l'UMP. Aussi, essaie-t-il, d'ores et déjà, de redéfinir ses bases électorales en cherchant, via le NC, à concurrencer le développement grandissant du MoDem.

Pour Genzana, la promesse est-elle une place éligible aux élections européennes en 2009 ou aux régionales en 2010 ? Là pourrait bien se trouver l'explication…

                     

Les intrépidités de Stéphane Salord

A certains égards, le cas de Stéphane Salord ressemble assez à celui de Genzana. Il a d'abord œuvré au sein de l'UDF aux côtés du député Christian Kert jusqu'en 2002, moment où ce dernier adhère à l'UMP. En 2001, Salord permet à Maryse Joissains d'être élue à la mairie. Quelques mois après, année des législatives, ils rejoignent tous deux l'UMP.

Mais, la connivence de Salord avec Genzana va déplaire au maire qui y voit un gros complot contre elle et, dans ot;>la dernière partie du mandat, il tombe sous les mêmes coups que son comparse.

A son  propos, Joissains lâche : "Il était très proche de moi, c'est vrai. Mais il ne sera pas sur ma liste. Car je n'aime pas les révolutions de palais, les trahisons, les intrigues, l'absence de travail… J'en ai conclu que nous devions nous séparer à l'issue. Mais je ne lui enlève rien de ce qu'il a fait il y a sept ans à mes côtés pour gagner cette élection. C'est la suite qui n'a pas été à la hauteur."

Actuellement, Salord tente de rebondir selon la méthode qu'il a toujours employée, en se pointant par quarts d'heure à des événements, même s'il n'y est pas invité, ou en créant de nouvelles structures associatives sur le modèle de celles qu'il a conduites à la liquidation, le CECDC et Espace Agir Ensemble (pépinière de petites entreprises), deux initiatives qui ont coulé dans la plus grande opacité après avoir dilapidé l'argent public.

Ne reculant décidément devant aucune intrépidité, il dépose en son nom un recours en annulation de l'élection municipale, il perd mais fait appel. Au passage, alors qu'en tant qu'adjoint chargé de la culture il n'avait rien vu, il découvre soudain que le Musée du Vieil Aix est en liquidation. Qu'à cela ne tienne, il s'agite et ameute la presse pour "sauver" la structure.

Enfin, en juin dernier, jouant un autre coup, il parvient à se faire nommer consul honoraire des Comores mais il semble bien qu'il ne soit pas le bienvenu. (voir ci-dessous)

En revanche, Pipo n'étant jamais loin de Mario, bienvenu a-t-il été vendredi dernier dans la salle de bistrot où Genzana tenait sa conférence de presse qui, comme chacun le pressent déjà, n'a d'autre objet que de préparer le bonheur définitif des Aixois… Cela va de soi... Applaudissements !

Mes autres articles à leur sujet :

"Les grandes prédictions de Genzana" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/02/19/4055713.html 

"Joissains dissout Genzana" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/03/13/index.html 

"Genzana ou la magie des tours ratés" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/04/17/index.html 

"Genzana, le politique en toc" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/05/12/index.html 

"Genzana et Salord dans le numéro de "Pipo et Mario" :

 http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/11/14/index.html 

Lu sur le net :

Salord, consul contesté des Comores :

http://nonauconsuldelahonte.blogspot.com 

Lu dans La Provence :

Les amabilités de Joissains sur Genzana et Salord :

http://www.laprovence.com/articles/2007/10/27/145517-Maryse-Joissains-En-principe-je-ne-reprendrai-pas-Genzana.php

18 mars 2009

Antennes : L'entourloupe téléphonée de Bouygues

A quoi sert la Charte de l'environnement inscrite dans la Constitution ? Et pourquoi nous a-t-on vendu et survendu le Grenelle de l'environnement ? Les amis du président s'asseoient sur tout ça. Pourtant, certains pays ont déjà mis en place un encadrement contraignant pour la téléphonie mobile sans pour autant en empêcher l'usage. En France, les alertes pour appliquer le principe de précaution se font de plus en plus nombreuses. Les tribunaux commencent d'ailleurs à rendre des jugements qui vont dans le sens de la prudence. Bouygues n'en a rien à faire.

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(Clic sur l'image pour agrandir) Dessin de Tartrais

On croyait avoir presque tout vu. On se trompait. Bouygues bétonne aussi très fort dans la téléphonie mobile. A mort, pourrait-on dire. Pour parvenir à ses fins, l'ogre n'hésite devant aucun contournement. Alors, à défaut de démonter les antennes relais, le Canard enchaîné révèle les entourloupes de Bouygues montées avec la complicité du gouvernement.

On a cru un moment, dernier espoir, que Nathalie Kosciusko-Morizet allait pouvoir prendre le problème à bras-le-corps. Ben non ! Fillon l'a dessaisie pour confier le dossier à Roselyne Bachelot. Le tour est joué. Les affaires juteuses priment sur la santé.

Pour mémoire, à Aix, cela fait près de trois que des associations ont exprimé leurs inquiétudes sur le sujet. Mais notre ville n'a toujours pas non plus vu la moindre application d'une mesure de précaution. Les antennes relais à forte puissance sont toujours en place et les promesses de Maryse Joissains se sont envolées. La commission censée faire respecter les résolutions d'une charte de bonne conduite aux opérateurs est aux abonnés absents. Et pour cause, les installations des opérateurs rapportent de substantielles taxes aux collectivités ! La santé passe après... 

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(Clic sur l'image pour agrandir)

L'article du Canard enchaîné du 11 mars 2009

25 septembre 2008

Faire-part : On enterre le service public hospitalier

Rentrée des casses pour les services publics

Education, poste, santé... tout se tient. La casse touche tous les services publics. Le pays d'Aix n'est d'ailleurs pas à l'abri. Pour qui en douterait encore, Patrick Pelloux, médecin urgentiste, a résumé la situation du service public hospitalier (Charlie Hebdo n°848 du 17 septembre 2008). Visiblement, cela n'a pas plu à sa hiérarchie. Le Canard Enchaîné nous informe que le gêneur vient d'être muté…

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Ci-gît l'hôpital

Alors que la campagne électorale d’Obama ne cesse de prendre comme exemples les systèmes sanitaires et sociaux collectifs de la France, le gouvernement néolibéral de Fillon poursuit la casse de la Sécurité sociale et des hôpitaux publics, initiée avec le plan "Hôpital entreprise 2007" de Chirac, mis en place par Mattei.

Le projet de loi de Roselyne Bachelot "Hôpital, patients, santé, territoire" est une privatisation des hôpitaux publics, sous le prétexte, comme de bien entendu, de sauver lesdits hôpitaux. C’est tout l’art de la communication actuelle : dire le contraire de ce qu’on fait. Nous sommes à l’heure du mensonge et des mots qui ne veulent plus rien dire.

Le plan Bachelot est conforme à la pensée néolibérale du Pr Vallancien, du club Montaigne, des compagnies d’assurances, comme AXA, et des grands labos pharmaceutiques. Tout est prêt pour la dernière offensive, pour le plus grand profit des fonds de pension étrangers, qui se régalent à l'idée de racheter les cliniques et hôpitaux de France. C’est qu’il y a encore du gras à faire sur la carcasse de notre pays. La bête est à terre, il faut l’achever. Et les faibles mobilisations syndicales les encouragent.

Qui veut la fin met les moyens

                

Dans ce projet de loi, la santé est régionalisée, avec la création des agences régionales  de santé. Le passage des missions de service public aux établissements privés à but lucratif sera désormais possible. Les SAMU, qui étaient départementaux, pourront devenir régionaux. Le statut des praticiens  hospitaliers mis en place par la gauche au début des années quatre-vingt disparaît. Ainsi les médecins  soumis à des contrats d’objectif verront leur salaire évoluer en fonction de leur travail et de leur production.  Les médecins hospitaliers deviendront des machines dans la chaîne de production de soins. Les établissements vont avoir des contrats pluriannuels, avec des pénalités si les objectifs fixés ne sont pas atteints. Fermetures en perspective ! On passe de l'obligation de moyens à celle de résultats.

Le directeur de l’hôpital devient le seul maître dans rétablissement, mais perd au passage une partie de son statut. La création de fondations, pour fondre en un bloc les centres hospitalo-universitaires, l'industrie pharmaceutique et les grands argentiers, est directement inspirée du rapport du Pr Vallancien. Il va sans doute mettre fin à l'INSERM. En effet, comme aux Etats-Unis, les fondations vont récolter du pognon, ainsi, les industriels défiscaliseront leurs profits, tout en ayant un regard sur la recherche… On imagine que ces recherches seront moins orientées vers le bien de la médecine que vers le bien des actionnaires. Et des chercheurs, qui auront sans doute un intéressement…

Avec la fin du conseil d’administration de l’hôpital, qui était présidé par le maire, on fait sauter l’un des derniers verrous qui empêchaient la casse du service public hospitalier. Même si les maires s’intéressaient de manière inégale aux hôpitaux, ils représentaient la démocratie, l’attachement de la nation aux hôpitaux, le lien social entre la ville et l’hosto. Oui, je sais, tous ces mots ne sont plus à la mode…

La nation a inventé au cours des deux derniers siècles les hôpitaux publics. Il n’aura fallu que cinq ans aux néolibéraux poux les abattre. Le projet de Bachelot est le faire-part de l’enterrement du service public hospitalier.

Dans le n°844 de Charlie Hebdo, je vous expliquais le scandale de la grève des professeurs de médecine qui exercent une activité privée dans les hôpitaux publics. Malgré la demande du Conseil d’Etat et les rapports de la Cour des comptes, le gouvernement vient de leur donner satisfaction : par un nouveau décret, la réversion de leurs honoraires a été abaissée de 40% à 25% ! Inutile de dire que toutes les autres professions hospitalières qui attendent une augmentation peuvent se brosser… Noël avant l’heure, c'est pour les médecins les plus privilégiés.

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Dans le Canard Enchaîné du 24 septembre 2008

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4 février 2009

Pays d'Aix Habitat : Joissains responsable de la faillite

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Le 2e rapport de la Miilos de mars 2008 (50 pages)

Après les annulations successives par le Tribunal administratif du contrat JCDecaux relatif à la signalisation commerciale, du Plan de déplacements urbains (PDU) et du contrat de directeur de cabinet d'Alain Joissains, un nouveau document tombe sur la place publique et vient mettre à mal la gestion Joissains. L'objet : la situation désastreuse de l'Office Public de l'Habitat. 

La série ne s'arrêtera pas là car on attend aussi la publication prochaine du rapport sur Aix par la Chambre régionale et territoriale des comptes. Enfin, d'ici peu, je dévoilerai sur ce blog la teneur presqu'aussi inquiétante d'un audit sur une autre structure publique, qui n'a jamais été publié mais que je me suis procuré.

Mais, pour l'instant, revenons donc aux mécomptes de l'OPH. Cette fois-ci, dans un rapport de quinze pages, c'est le commissaire aux comptes de l'office qui met carrément les pieds dans le plat en déclarant la faillite de l'organisme lors du conseil d'administration qui s'est tenu le 29 janvier.

Pourtant, deux rapports volumineux de la Mission interministérielle d'inspection du logement social (Miilos), qui ont mis du temps à nous être communiqués, avaient déjà dressé un tableau apocalyptique de la gestion de Maryse Joissains.

Le maire d'Aix, mais aussi présidente de l'OPH, a toujours minimisé la catastrophe. Pendant l'élection municipale, elle a même diffusé un document de campagne, véritable tissu de bobards destiné à tromper les électeurs.

Par ailleurs, et pour rappel, car cela est étroitement lié à ce même dossier, il est à noter que nous en sommes maintenant au recrutement d'un 6e directeur en sept ans, en l'occurrence la directrice qui officiait au CCAS.

On attend aussi avec impatience des explications claires sur les deux cambriolages similaires et rocambolesques d'ordinateurs contenant les listings des attributions de logements. On connaîtra peut-être un jour quels ont été les heureux bénéficiaires de logements à la tête du client, dont des élus et des proches de la mairie.

Et puis, le silence sera-t-il brisé pour nous dire enfin la vérité, toute la vérité, rien que la vérité sur l'origine et le parcours de l'énigmatique enveloppe contenant des informations confidentielles, frauduleusement sorties du fichier de police STIC, concernant la personne de l'ex-directeur et déposée dans la boîte aux lettres du domicile de Maryse Joissains ?

Y a-t-il un lien de cause à effet avec les très longues négociations sur les conditions d'indemnisation qui ont précédé le "vrai-faux" licenciement du directeur finalement reclassé au sein de l'office ?

Cerise sur le gâteau, il ne faudrait pas oublier que la présidente a fait construire un nouveau siège de l'OPH pour 3M€... sans avoir revendu l'ancien !

Mais passons aux dernières révélations.

Ce que dit le rapport du commissaire aux comptes

Face à la dégradation économique très importante des comptes de l'Office Public de l'Habitat, qui gère 5.468 logements avec 5.000 demandes avec attente de 4 ans, le commissaire aux comptes a été dans l'obligation de déclencher des procédures d'alerte, d'abord phase 1, puis phase 2, mettant en avant des observations qu'il qualifie de "graves".

En voici les éléments essentiels :

Ÿ 2,3 M€ de perte estimée pour 2008

Ÿ 4,7M€ de solde prévisionnel négatif de trésorerie

Ÿ la marge d'autofinancement de l'office public est déficitaire de -1,7M€ en 2007, et même -2,1M€ si l'on tient compte des charges récupérables non récupérées auprès des locataires, ce niveau étant à comparer à celui de la moyenne des offices qui est positif de +10,2%

Ÿ une très forte progression des effectifs alors que le patrimoine est resté stable

Ÿ les frais de personnel ont augmenté de 50% entre 2003 et 2007

Ÿ les coûts globaux de structure ont grimpé de +88% pour la même période

Ÿ les impayés sont le quadruple de la moyenne nationale, 3,9% contre 1%

Ÿ une dégradation prévisonnelle pour la période 2008 à 2017

Dans son rapport, le commissaire aux comptes a fait une série de préconisations de redressement tout comme l'avaient fait les rapports de la Miilos, qui n'ont pas été suivis malgré les engagements par écrit de Maryse Joissains !

Résultat : l'OPH est à présent au bord du gouffre. Les familles à faibles revenus qui espéraient trouver un logement social à prix abordable vont devoir attendre encore longtemps.

Maryse Joissains pourra affirmer ce qu'elle veut, les faits concrets mis au jour ici la contredisent sans rémission. En tant que présidente de l'office, elle est bien la seule responsable de cette catastrophe.

Lire ou relire mes articles sur les désastres de l'OPAC :

(du plus ancien au plus récent)

"Bilan : A Aix, le logement, c'est le néant !" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/02/10/index.html

"Les bobards honteux de Maryse Joissains" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/01/05/7449520.html

"Logement, toujours aussi OPAC…" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/07/07/9837489.html

"OPAC Pays d'Aix Habitat : La folle saga continue…" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/09/12/10550288.html

"OPAC : Le Ravi nous en dit encore plus" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/09/12/10550373.html

"La saga OPAC" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/10/20/11019726.html

24 novembre 2008

Votes PS : Les urnes ont-elles tout dit ?

A-t-on tout dit et entendu de la cacophonie du vote socialiste ? Qui a "perdu" ? Qui a "gagné" ? Que va-t-il se passer ? Certes, il appartient au parti socialiste de régler ses propres comptes. Pourtant, ce chipotage de voix allées ici plutôt que là et vice-versa ne peut suffire pour comprendre les affres du PS.

Depuis 2007, des milliers d'adhérents qui avaient pris une carte (dont celle à 20€) pour voter pour l'investiture présidentielle n'ont pas renouvelé leur adhésion. Lors du vote de vendredi dernier, pour le second tour l'élection d'une première secrétaire, la participation n'a atteint que 58,87% au plan national et 58,38% dans les Bouches-du-Rhône. Un peu plus de 40% se sont donc totalement désintéressés de la vie de leur parti.

A Aix, sur les trois sections concernées, il ne s'est trouvé que moins de 50% pour aller voter (178 à Aix-centre, 102 à Aix-Ouest, la section Sud n'a pas fait connaître ses résultats). Le 20 septembre 2007, quelques mois avant l'élection municipale, il y avait 619 inscrits aixois, 343 avaient voté. Vendredi, au mieux, il y a eu autour de 300 votants.

Qu'en est-il de la nature des militants ? Ce n'est un mystère pour personne, le PS, comme d'autres partis, est composé de nombreux élus (environ 20%/25% des adhérents) et d'employés des collectivités locales ou de structures liées à ces collectivités (environ 10/15% des adhérents). Ces personnes suivent en général les consignes de leurs "grands chefs" au moment des votes.

Les militants "moins liés", ceux qui votent parfois à l'encontre des recommandations nationales, l'exemple du referendum européen en est une bonne illustration, se déplacent moins pour participer aux votes. C'est donc en fonction de leur bon vouloir et des circonstances que les scores varient le plus.

Il faut aussi savoir que les listes d'adhérents comportent des "inscrits" sans pourtant vouloir dire qu'ils peuvent voter. En effet, il faut être à jour de sa cotisation annuelle. Les 232.912 inscrits pour le vote de la semaine dernière ne figuraient donc pas tous sur les listes d'émargement. Parmi ceux qui se sont présentés, certains ont dû régulariser une, deux, voire trois années de retard de cotisation.

C'est sur ces bases variables que les représentants des deux motions finalistes ont échafaudé des pronostics de résultats. Lorsque les premiers chiffres ont commencé à "remonter" vers le siège du PS, la motion Royal a sans doute compris que la bataille serait serrée. Là, je serais tenté de dire que l'on a assisté à un coup de bluff de ses porte-parole lorsque vers 23h30, ils ont balancé aux médias que l'on s'achemniait vers "une nette victoire de Ségolène Royal". Les représentants de Martine Aubry ont immédiatement répliqué que l'on en était à 50/50.

A l'approche de l'annonce des résultats quasi définitifs qui inversaient la tendance, je n'ai personnellement pas été surpris des premières protestations, puis contestations du camp Royal : "Nous ne nous laisserons pas voler notre victoire", comme pour accréditer l'idée que la défaite ne pouvait s'expliquer que par des fraudes organisées.

Comment les socialistes vont-ils se sortir de ce guêpier ? A eux de faire la clarté, si tant est qu'ils puissent la faire et se réconcilier… Il est étonnant d'avoir entendu Ségolène Royal prôner le recours au vote direct des militants et, en cette occurrence, de contester leur souveraineté. A mon avis, un autre vote – réclamé en général quand on est en difficulté – n'a aucun sens. Il n'y aurait sans doute pas les mêmes participants et les tendances dégagées vendredi agiraient comme un sondage susceptible d'influencer d'autres votes dans un sens ou dans l'autre. Le salut, s'il y en a un, ne peut venir que de la vérification objective des votes déjà émis.

Quoi qu'il en soit, le PS a d'autres sujets plus graves à régler s'il veut encourager la gauche entière à lui faire de nouveau crédit de confiance.

 

Scoop : Les dessous des votes des motions dans les BDR

 

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Le 6 novembre, soit deux jours avant le congrès socialiste de Bouches-du-Rhône à Châteauneuf-les-Martigues, avait lieu dans chaque section du département le vote sur les motions.

Voici, à l'état brut, le compte-rendu, que j'ai pu me procurer, rédigé par un scrutateur national chargé de contrôler le déroulement du vote dans un bureau marseillais.

 

Primo, je rappelle que les Bouches-du-Rhône sont une grosse fédération "promise" à la Motion E (Royal). On nous avait aussi averti d'un accord avec une autre motion pour "couvrir" ces méfaits, contre un certain % de voix. Arrivé ce jeudi en début d'après-midi, on nous informe de cela !

L'élu et leader local de la motion E (je ne le citerai pas ici… mais c'est facile de savoir qui il est), apprenant que plusieurs votes dans des sections du coin seront donc contrôlés sur la base des règles communes et autres circulaires adoptés en Bureau National, nous propose carrément "30 à 50 voix de plus pour vous dans certaine sections" si finalement on abandonnait ces contrôles sur place (refus total, of course, de notre part !) : belle mise en bouche, n'est-ce pas ?

On ne compte plus les élu-e-s locaux à qui on a retiré des moyens (collaborateurs, voiture, places de matches de l'OM ! etc.) pour ne pas être sur la "bonne" motion dans ce département… Permets-moi juste de ne pas être du tout exhaustif (j'ai, comme tous les autres scrutateurs dépêchés ça et là, des notes copieuses, des noms et des preuves matérielles diverses permises notamment par qulques technologies modernes !), je réserve cela aux instances chargées de valider la sincérité des scrutins…

Dans cette section importante dans Marseille (+ de 350 militants potentiels sur le fichier "Rosam" de la section !) que je surveillais très officiellement comme "scrutateur national", voici quelques choses constatées :

ŸDès que je suis arrivé, on m'a présenté un vieux monsieur comme "partisan de ta motion", j'ai donc cru à sa vigilance amicale quelques heures, mais je me suis très vite ravisé… Il a fini par me vouvoyer avec mépris, vouloir "m'interdire de parler avec des militants" de cette section et m'agonir de propos sur ces vilains "parigots" qui feraient mieux de contrôler les magouilles dans les sections parisiennes, etc., etc.

ŸAucun isoloir ou coin un tant soit peu clos ou isolé pour voter (ce fut même constaté par un huissier envoyé par la motion E dans toutes les sections, un brin étonné…)

ŸUne urne "artisanale" non transparente, contrairement à ce qui est a priori demandé,

ŸA peine 10% des gens qui sont venus ont présenté une pièce d'identité, ceci a été présenté - sans appel - comme un acte de confiance et de convivialité,

ŸUn responsable local surpris à plusieurs reprises en train de signer en douce, au feutre noir, en lieu et place de militants du fichier,

ŸDe 18h30 à 22h, le secrétaire de section et de grands élus du coin étaient dans la pièce à côté et le bureau au dessus (sans que je puisse trop les voir ni les entendre beaucoup donc), faisant crépiter non stop les coups de fil et autres textos pour rameuter des troupes surgies d'on ne sait où… Alors qu'en général les élus surveillent quand même pas mal les votes !

ŸPlusieurs personnes très insistantes pour voter par procuration, chose interdite pour ce vote !  Je suis parvenu à empêcher toute dérogation…

ŸUne personne âgée, sans doute vraiment une honnête militante, a voté alors qu'elle n'était pas sur le fichier (non transférée),

ŸJe ne compte pas les fois où on m'a fortement incité à quitter la pièce pour manger un morceau, boire un coup ou prendre l'air… J'ai juste pu, entre 16h50 et 23h15 (fin du dépouillement et du comptage), 1mn chrono, grâce à la présence furtive d'une fille de la motion C, pu aller… faire pipi une fois !

Ÿ  Totalement isolé (aucune autre personne de la motion A, B ou C par exemple, pour surveiller les opérations de vote) je n'avais même pas la moindre vue sur la devanture et vitrine de la section (plusieurs personnes ont quand même déclaré avoir été amenées puis ramenées en voiture…), la salle où le vote se faisait ayant vu, dès 17h20, son rideau de fer baissé pour d'obscures raison de sécurité…

ŸUn mode de dépouillement un peu baroque (j'en réserve pour l'instant le détail par le menu aux instances internes, sorry)…

ŸDe nombreux votants (j'en ai compté un nombre certain…) arrivent sans dire bonjour ou saluer quiconque, vouvoient les gens qui tiennent le bureau, ne savent pas qu'on doit cocher quelque chose, ne plient pas leur bulletin pour tenter de le glisser (laissant leur choix de vote à la vue de tous), ne savent pas qu'on doit signer quand on a voté… bref, des gens sans doute braves mais qui ne connaissent rien du PS : ce ne sont pas de vrais "militants", c'est très manifeste.

ŸDébarquement subit et simultané d'une douzaine de gamins (16 à 19 ans maxi ?) en tenue de foot (crampons avec de la terre…) qui vont vers l'urne très très "drivés" : on leur donne le bulletin, on leur montre où cocher - à la chaîne - et enfin, chose que je n'aurais même pas osé imaginer !, on annonce haut et bien fort "Toi, M. Bidule Truc,, là, allez tu votes", les gamins hilares se succédant pour apposer un vague gribouillis, grimant difficilement leur nom d'emprunt… J'ai testé quelques-uns, ils ne répondaient pas à leurs prétendus "prénoms"… Est-il besoin de mentionner qu'ils étaient presque tous beurs ou blacks de ce quartier populaire et que, comme par magie, leurs noms et prénoms du moment étaient tous très "européens"..; ? Des membres du PS locaux - de tous âges - nous ont simplement dit dans la nuit, presque blasés : ces jeunes ont tout simplement gagné "50 euros en liquide" en venant à la section ce soir. Attention : je ne saurais pas jurer que ce fut bien le cas - puisque c'était à l'abri de mon regard déjà fort occupé - mais c'est une des explications très plausibles pour expliquer cet afflux et motivations à voter pour autrui en ricanant…

ŸJe ne compte plus les "petites gens" (femmes de ménage, fonctionnaires et syndicalistes locaux, ouvriers en tenue de sécurité, de chantier, de cuistot…) qui sont passé voter très très vite sans manifestement ne connaître aucun militant, ni aucune des procédures de vote interne, hésitant sur que faire de ce bulletin avec le poing et la rose (cocher, entourer, déchirer…), faisant finalement leur choix de "case" au vu et au su de tou-te-s, après index dûment posé là où il faut par les gens du cru…

En complément rapide : un collègue scrutateur  plus âgé et aguerri que moi, et aussi sérieux que peut l'être un conseiller d'Etat, a eu la vive surprise de découvrir une section où 50% (oui, oui !) des personnels d'un établissement public local sont "membres du PS" local… Avec un vote à quelque 90% pour la même motion, quelle cohérence humaine rare !

Un autre a vu, lors du vote, un agent d'une collectivité s'embrouiller : il a sorti sa carte… d'adhérent UMP avant celle du PS. Et oui, il avait les 2 !!! Etc., etc., etc. je me demande si quelqu'un y croirait dans une fiction… ? Franchement, c'est personnel, mais je n'ai rien vu d'aussi DINGUE depuis 2006, quand je suis allé en Russie (…), face à des zozos "impayables", voire dangereux, pour la  démocratie !

Ce tableau vécu de l'intérieur te parait-il assez éloquent ? … ou consternant ! ? Je précise bien que TOUTES les motions avaient évidemment le droit d'envoyer des "scrutateurs" partout où ils le voulaient en France, pour éviter ou traquer de tels errements… Seules celles qui l'ont fait peuvent donc arguer de "magouilles" ici ou là, et les démontrer.

La totalité de ce que je dis ici, qui n'est donc pas complet ni entré dans tous les détails, est avérée et je suis prêt à le soutenir devant les gens de la section contrôlée, devant une caméra, un tribunal ou X leaders nationaux de toutes les motions ou courants ! (Fin du message reçu)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

31 octobre 2008

Contrat de directeur de cabinet d'A. Joissains annulé

MON COMMUNIQUE DE PRESSE

         

ANNULATION DU CONTRAT

DE COLLABORATEUR DE CABINET D'ALAIN JOISSAINS

AUPRES DE MARYSE JOISSAINS, DEPUTE-MAIRE D'AIX

Objet :

Par jugement du 28 octobre 2008, suite à la requête de M. Lucien-Alexandre CASTRONOVO, conseiller municipal PRG d'opposition d'Aix-en-Provence jusqu'en 2008, le Tribunal administratif de Marseille a annulé le contrat de directeur de cabinet de M. Alain JOISSAINS (ancien maire d'Aix) auprès de Mme Maryse JOISSAINS, député-maire UMP d'Aix.

M. Alain JOISSAINS a été recruté le 18 avril 2001 pour occuper les fonctions de directeur de cabinet pour la durée du mandat. Le Tribunal administratif a relevé que le contrat et ses avenants ont été établis sur des bases illégales pour rémunération excessive. Ce contrat a donné lieu à une rémunération globale brute de 475.778€ sur sept ans au lieu de 307.972€, soit un surpassement de 167.806€ (soit 35,27% de trop).

La procédure :

M. Lucien-Alexandre CASTRONOVO a saisi le Tribunal administratif le 13 mai 2005 sur le caractère illégal du contrat. La procédure a duré 3 ans et demi, notamment du fait des retards  déraisonnables (6 mois et un an) entretenus par la Ville pour répondre aux communications de M. Lucien-Alexandre CASTRONOVO par le biais du Tribunal.

Le 3 janvier 2007, le Tribunal a signifié une mise en demeure à l'avocat de la Ville. Suite à la réponse de l'avocat le 1er mars 2007 et suite à un dernier mémoire déposé par M. Lucien-Alexandre CASTRONOVO, communiqué aux parties en défense le 14 mai 2007, et après un nouveau délai d'un an, le Tribunal a soulevé d'office, comme la loi l'autorise, un moyen d'ordre public visant à l'annulation du contrat. L'audience a eu lieu le 23 octobre 2008 et le jugement rendu le 28 octobre 2008.

Pour information, les postes de contractuels (collaborateurs de cabinet) sont créés spécifiquement par délibération du conseil municipal. Ils sont liés et limités à la durée du mandat du maire. Le recrutement ne peut s'opérer qu'en application stricte des lois du 26 janvier 1984 portant statut de la Fonction publique territoriale et du décret du 16 décembre 1987 en son article 7.

Le motif décisif de l'annulation par le Tribunal est tiré des motifs soulevés par M. Lucien-Alexandre CASTRONOVO et relatifs au niveau de rémunération octroyé abusivement à M. Alain JOISSAINS. En 2001, l'indice de rémunération, hors toutes primes, ne pouvait dépasser 90% de l'indice le plus élevé, 1057 points, dans la hiérarchie des effectifs municipaux, soit l'indice 951. Or, le contrat stipule un recrutement à l'indice 1232 (augmenté à 1279 en octobre 2001).

Conséquences de l'annulation :

L'annulation prononcée par le Tribunal entraîne de facto plusieurs conséquences.

Toutes les sommes indûment perçues par M. Alain JOISSAINS dans le cadre de son contrat annulé doivent être restituées à la Ville. A cet effet, M. Lucien-Alexandre CASTRONOVO va en informer le Trésorier principal de la Ville d'Aix et lui demander d'émettre un titre de recettes des sommes indûment perçues pour extraction illégale de fonds publics.

S'agissant d'argent public, le maire d'Aix devra présenter une délibération pour informer le conseil municipal de la décision du Tribunal et réclamer la restitution des sommes.

Dans l'hypothèse d'un appel par la Ville du jugement du Tribunal, qui nécessite de relever des faits nouveaux, ce qui paraît illusoire au vu de la clarté du jugement, le maire d'Aix devra aussi présenter une délibération de demande d'autorisation d'interjeter appel. Cette hypothèse n'aurait pour conséquences que de retarder l'application du jugement et d'engager de nouvelles dépenses inutiles pour la Ville.

LE DROIT ET LA MORALE

Je me réjouis de cette décision du Tribunal qui rétablit le droit dans un dossier qui a vu le maire et son directeur de cabinet  l'outrepasser sciemment. Outre l'obligation faite à des détenteurs de mandats électifs de respecter la loi, s'agissant d'argent public, j'y vois là un rappel nécessaire de règles de morale politique et publique.

Je suis étonné que le sous-préfet d'Aix, qui a la prérogative du contrôle de légalité des actes, n'ait pas cru devoir faire suite à ma demande antérieurement à ma saisine du Tribunal et ait entériné un acte illégal.

Durant les 25 ans où j'ai exercé un mandat d'élu, je me suis toujours attaché à jouer mon rôle normal de conseiller municipal pour mener des combats allant dans le sens du droit et de la morale. C'est ainsi que, de 2001 à 2008, j'ai aussi saisi le Tribunal pour faire respecter les règles fixant le régime indemnitaire des employés municipaux. J'ai également saisi à plusieurs reprises la Chambre régionale des comptes pour qu'elle exerce son contrôle sur plusieurs dossiers.

Dans le même ordre d'idée, il n'est pas inutile de rappeler que la Ville a été condamnée au plus haut niveau des instances de l'Etat pour le licenciement illégal d'un haut fonctionnaire (DRH) qui a porté l'affaire devant la justice.

Pour mémoire, et plus largement, la Ville d'Aix dirigée par Mme Maryse JOISSAINS n'a cessé d'accumuler les contournements à la loi. Le Tribunal administratif a annulé plusieurs dossiers : Plan de déplacements urbains (PDU) et contrat de signalisation commerciale avec JCDecaux. La fin du précédent mandat municipal a été marquée par un scandale immobilier qui a vu la Semepa vendre à prix d'ami des logements à la compagne de l'adjoint aux sports, M. Jean-Gilbert ZOZOR, et au footballeur Marcel DESAILLY, ami de ce dernier.

En 2006, Mme Maryse JOISSAINS avait été déboutée d'une plainte contre le magazine Le Nouvel Observateur qui avait fait paraître en 2004 une édition spéciale "Le maire d'Aix est-elle à la hauteur ?"

De telles procédures coûtent beaucoup d'argent aux Aixois, d'autant que Mme Maryse JOISSAINS n'hésite jamais à engager et à prolonger à l'envi des procédures de toutes natures, fort coûteuses pour les caisses de la Ville.

Contrat_initial_entre_Alain_Joissains_et_Maryse_Joissains

(Clic sur l'image pour agrandir)

Contrat initial avec les signatures d'Alain Joissains et Maryse Joissains

          

LE JUGEMENT

   TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE MARSEILLE 7e chambre

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

Audience du 23 octobre 2008 et Lecture du 28 octobre 2008

* Vu la requête, enregistrée le 13 mai 2005, présentée par M. Lucien-Alexandre CASTRONOVO, élisant domicile à Aix-en-Provence (13090) ; M. CASTRONOVO demande au Tribunal d'annuler le contrat de collaborateur de cabinet en date du 18 avril 2001 et, ensemble, ses avenants ;

Il soutient que ces actes méconnaissent la loi du 26 janvier 1984 et l'article 7 du décret du 16 décembre 1987 prévoyant le calcul de rémunération des collaborateurs de cabinet ;

* Vu le mémoire, enregistré le 7 juin 2005, présenté par M. CASTRONOVO, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que ses précédentes écritures ;

* Vu le mémoire, enregistré le 28 juillet 2005, présenté par M. CASTRONOVO, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que ses précédentes écritures ; Il soutient en outre que les avenants n'ont pas pris en compte la modification en 2001 du décret de 1987 ;

* Vu le mémoire en défense, enregistré le 2 février 2006, présenté pour la commune d'Aix-en-Provence, par Me Briard, qui conclut à l'irrecevabilité de la requête à titre principal, subsidiairement à son rejet au fond et, en tout état de cause, à la condamnation de M. CASTRONOVO à la somme de 4.000 euros au titre des frais irrépétibles ;

Elle observe, sur l'irrecevabilité, que les tiers ne peuvent contester les avenants à un contrat de recrutement de personnel et que la requête est tardive car les actes ont été signés en 2001 et 2002, alors que le conseil municipal dont M. CASTRONOVO fait partie a été informé de ce recrutement et de cette rémunération, ce qui constitue une mesure de publicité suffisante et qu'il convient d'appliquer la théorie de la connaissance acquise; la commune ajoute, sur le fond, que la rémunération est conforme à l'article 7 du décret du 16 décembre 1987 car le terme "rémunération" englobe tous les revenus effectifs du fonctionnaire de référence, lequel est un administrateur hors classe, y compris ses primes et indemnités, à l'exception de sa prime de détachement ; subsidiairement, l'article 7 alinéa 2 n'est pas opposable car l'article 13-2 prévoit de conserver la rémunération des collaborateurs recrutés avant l'intervention du décret du 18 juillet 2001 ;

* Vu le mémoire, enregistré le 3 avril 2006, présenté par M. CASTRONOVO, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que ses précédentes écritures et sollicite, en sus, que le dépôt des mémoires et pièces en défense soit considéré comme hors des délais raisonnables et que la commune d'Aix-en-Provence soit condamnée à lui verser 100 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient en outre, sur la recevabilité, qu'il est apte à contester des avenants et qu'il n'a pas été informé précisément des actes attaqués et qu'il n'a pas participé à leur vote ; il fait valoir, sur le fond, que la rémunération vise seulement le traitement indiciaire terminal du fonctionnaire de référence, sans les primes ; que la rémunération maximale susceptible d'être versée en 2005 atteint 5.711,15 euros, soit moins que les 5.820,53 euros effectivement accordés au directeur de cabinet ; sur l'article 13-2, qu'il n'a pas vocation à garantir le maintien d'avantage illégal ou légal et que la garantie de maintien de rémunération cesse en cas d'augmentation postérieure à l'intervention de cet article ;

* Vu la mise en demeure adressée le 3 janvier 2007 à Me Briard, en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, et l'avis de réception de cette mise en demeure ;

* Vu le mémoire, enregistré le 1er mars 2007, présenté pour la commune d'Aix-en-Provence, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que ses précédentes écritures ;

* Vu le mémoire, enregistré le 16 avril 2007, présenté par M. CASTRONOVO, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que ses précédentes écritures ;

* Vu la lettre en date du 12 août 2008, par laquelle le président de la formation de jugement informe les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, qu'un moyen d'ordre public est susceptible d'être soulevé d'office ;

* Vu les actes attaqués ;

* Vu les autres pièces du dossier ;

* Vu la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

* Vu la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

* Vu le décret n°85-1148 du 24 octobre 1985 modifié relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation ;

* Vu le décret n°87-1004 du 16 décembre 1987 relatif aux collaborateurs de cabinet des autorités territoriales ;

* Vu le décret n°87-1098 du 30 décembre 1987 portant échelonnement indiciaire applicable aux administrateurs territoriaux ;

* Vu le décret n°2001-640 du 18 juillet 2001 modifiant certaines dispositions relatives à la fonction publique territoriale ;

* Vu le code de justice administrative ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 23 octobre 2008 :

- le rapport de M. Sauton, premier conseiller ;

- les observations de Me Briard pour la commune d'Aix-en-Provence ;

- et les conclusions de Mme Bernabeu, commissaire du gouvernement ;

Considérant qu'il ressort des pièces versées au dossier que, par contrat en date du 18 avril 2001, la commune d'Aix-en-Provence a recruté M. Alain Joissains en qualité de collaborateur de cabinet, avec une rémunération mensuelle correspondant à l'indice majoré 1232 ; que, par un premier avenant en date du 23 août 2001, modifiant l'article 1er de ce contrat, les fonctions de directeur de cabinet lui ont été dévolues ; qu'enfin, par un second avenant signé le 24 octobre 2002, la rémunération de ce collaborateur a été augmentée à compter du 1er octobre 2002 pour correspondre à celle de l'indice majoré 1279, à l'exclusion de tout régime indemnitaire ; que M. CASTRONOVO, conseiller municipal de la commune d'Aix-en-Provence, doit être regardé comme demandant l'annulation de ces trois actes de nature contractuelle, ainsi que la condamnation de la ville aux frais irrépétibles ;

Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Aix-en-Provence :

Considérant, d'une part, qu'eu égard à la nature particulière des liens qui s'établissent entre une collectivité publique et ses agents non titulaires, les contrats par lesquels il est procédé au recrutement de ces derniers sont au nombre des actes dont l'annulation peut être demandée au juge administratif par un tiers y ayant un intérêt suffisant ; qu'il ne saurait en être autrement des avenants à ces contrats, qui présentent la même nature ; que, par suite, l'annulation des contrats et avenants par lesquels le maire de la commune d'Aix-en-Provence a procédé au recrutement et à la modification des fonctions et niveau de rémunération de M. Alain Joissains peut être demandée par M. CASTRONOVO, qui invoque sa qualité de conseiller municipal ;

Considérant, d'autre part, que les actes critiqués, s'ils portent la mention des voies et délai de recours, n'ont pas été portés de manière suffisante à la connaissance de M. CASTRONOVO pour faire courir à son endroit le délai de recours contentieux ; qu'à cet égard, la circonstance que le requérant a participé au vote des délibérations relatives aux budgets primitifs successifs de la ville à compter de 2001, mentionnant notamment en annexe parmi les dépenses relatives au personnel, de façon non nominative et sans être assortis de davantage de précisions, plusieurs emplois de collaborateurs de cabinet ainsi que les indices afférents de rémunération, ne saurait le faire regarder comme ayant acquis la connaissance des actes critiqués de nature à faire courir à son encontre le délai de recours contentieux les concernant ; que, pas davantage ne saurait manifester la connaissance acquise par l'intéressé des actes attaqués de nature à faire courir le délai de recours contentieux, la lettre que celui-ci a adressée au sous-préfet d'Aix-en-Provence, qui ne constitue pas un recours administratif mais, tout au plus, une demande de déféré et qui a été rédigée, en tout état de cause, moins de deux mois avant l'enregistrement de sa requête au Tribunal ; qu'il résulte de ce qui précède que la requête de M. CASTRONOVO est recevable ;

Sur les conclusions en excès de pouvoir :

S'agissant de la légalité du contrat signé le 18 avril 2001 et du second avenant daté du 24 octobre 2002 ;

Considérant qu'aux termes de l'article 110 de la loi susvisée du 26 janvier 1984, dans sa version en vigueur à l'époque des actes querellés : "L'autorité territoriale peut, pour former son cabinet, librement recruter un ou plusieurs collaborateurs et mettre librement fin à leurs fonctions. (…) Un décret en Conseil d'Etat détermine les modalités de rémunération des membres des cabinets ainsi que leur effectif maximal, en fonction, pour les communes, départements et régions, de leur importance démographique et, pour leurs établissements publics administratifs, du nombre de fonctionnaires employés" ; qu'aux termes de l'article 7 du décret susvisé du 16 décembre 1987, dans sa version en vigueur jusqu'au 18 juillet 2001 : "La rémunération individuelle de chaque collaborateur de cabinet est fixée par l'autorité territoriale. En aucun cas, cette rémunération ne doit être supérieure à 90% de celle afférente à l'indice terminal de rémunération du fonctionnaire territorial titulaire du grade le plus élevé en fonctions dans la collectivité ou l'établissement public administratif" ; qu'aux termes de ce même article, dans sa version applicable du 19 juillet 2001 au 30 mai 2005 : "La rémunération individuelle de chaque collaborateur de cabinet est fixée par l'autorité territoriale. En aucun cas, cette rémunération ne doit être supérieure à 90% de celle qui correspond à l'indice terminal de l'emploi du fonctionnaire occupant l'emploi administratif fonctionnel de direction le plus élevé de la collectivité ou de l'établissement public. En l'absence de fonctionnaire occupant un tel emploi administratif fonctionnel de direction, cette rémunération ne doit pas être supérieure à 90% de celle qui correspond à l'indice terminal du grade détenu par le fonctionnaire territorial titulaire du grade le plus élevé en fonctions dans la collectivité ou l'établissement public" ; qu'enfin, aux termes de l'article 9 du même décret, dans sa version alors en vigueur: "L'exercice des fonctions de collaborateur de cabinet ne donne droit à la perception d'aucune rémunération accessoire à l'exception des frais de déplacement (…)" ;

Considérant, en premier lieu, que les dispositions précitées du deuxième alinéa de l'article 7 du décret du 16 décembre 1987 sont applicables aux faits de l'espèce nonobstant les termes de l'article 13-2 de ce texte résultant du décret du 18 juillet 2001, contrairement à ce que soutient la commune d'Aix-en-Provence, dès lors qu'ainsi qu'il va être postérieurement exposé, la modification du calcul du plafond de rémunération d'un collaborateur de cabinet d'une autorité territoriale, opérée par ce dernier texte, n'a pas d'incidence sur la légalité des actes présentement critiqués ; qu'en outre, les dispositions de l'article 13-2 dont s'agit n'ont pas pour objet et ne sauraient avoir pour effet de régulariser des situations irrégulièrement constituées ;

Considérant, en second lieu, qu'il résulte des termes mêmes de ces dispositions, alors en vigueur, que le plafond de rémunération dont il doit être tenu compte pour fixer celle des collaborateurs de cabinet des autorités territoriales correspond exclusivement à la rémunération afférente à l'indice terminal, de l'emploi ou du grade selon l'hypothèse, du fonctionnaire de référence en activité dans la collectivité concernée, à l'exclusion de tous les compléments de revenus tels que le supplément familial de traitement, l'indemnité de résidence ou les autres primes et indemnités ;

Considérant qu'il appert du dossier et n'est pas contesté que dans les services municipaux de la commune d'Aix-en-Provence, à l'époque de l'intervention des trois actes critiqués, l'emploi administratif fonctionnel de direction le plus élevé de la collectivité étant occupé par un agent non titulaire, c'est en référence à la rémunération du fonctionnaire détenant le grade le plus élevé alors en activité que devait être déterminé le plafond de rémunération du collaborateur concerné par lesdits actes, conformément aux dispositions précitées ; qu'il est admis que ce fonctionnaire de référence appartenait au cadre d'emplois des administrateurs territoriaux ; qu'en application, d'une part, des dispositions intéressées de l'article 7 du décret du 16 décembre, dans leurs deux versions alors en vigueur, qui sont similaires sur ce point et, d'autre part, de celles tant de l'article 1er du décret du 30 décembre 1987 portant écbelonnement indiciaire applicable aux administrateurs territoriaux, que de l'article 6 du décret du 24 octobre 1985 modifié relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation, dans ses deux versions en vigueur à la date de chacun des actes contestés, l'indice terminal du grade d'administrateur territorial correspond à la hors échelle A 3e chevron, soit 49.328 euros de traitement annuel brut au 18 avril 2001 (323.097 francs) et 50.147,52 euros au 24 octobre 2002, soit respectivement 4.110,67 et 41.78,96 euros mensuels ; qu'il appert du dossier qu'en allouant mensuellement au collaborateur de cabinet concerné la rémunération afférente à l'indice 1232 à compter du 18 avril 2001, puis à l'indice 1279 soit 5.820,53 euros bruts selon les écritures non contestées de la commune d'Aix-en-Provence, celle-ci a excédé le plafond de rémunération autorisé par les dispositions précitées de l'article 7 du décret du 16 décembre 1987 ; que, dans ces conditions et eu égard au caractère essentiel, non contesté, de la rémunération dans la relation contractuelle nouée entre un agent et son employeur, il y a lieu d'annuler en son intégralité le contrat de recrutement d'un collaborateur de cabinet signé le 18 avril 2001 et son second avenant daté du 24 octobre 2002 ;

S'agissant de la légalité du premier avenant daté du 23 août 2001 ;

Considérant qu'il incombe au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il annule un acte administratif individuel, d'annuler par voie de conséquence, le cas échéant en relevant d'office un tel moyen qui découle de l'autorité absolue de chose jugée qui s'attache à la première annulation, tout autre acte individuel qui lui est déféré dans le délai du recours contentieux, qui est pris pour l'application du premier et qui trouve dans celui-ci sa seule base légale ; que, par suite, il convient d'annuler l'avenant en date du 23 août 2001, dont il n'est pas établi ni même allégué qu'il ait une autre base légale que le contrat de recrutement signé le 18 avril 2001 présentement annulé ; S'agissant de la légalité du premier avenant daté du 23 août 2001 ;

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

Considérant qu'aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : "Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu il cette condamnation." ;

Considérant qu'en vertu des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative, le Tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge ; que les conclusions présentées à ce titre par la commune d'Aix-en-Provence doivent, dès lors, être rejetées ; que dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de condamner la commune d'Aix-en-Provence à verser à M. CASTRONOVO, lequel au demeurant n'a pas eu recours au ministère d'avocat, la somme qu'il demande à ce titre ;

DECIDE :

Article 1er : Le contrat portant recrutement de M. Alain Joissains en qualité de collaborateur de cabinet signé le 18 avril 2001 et, ensemble, ses deux avenants en date des 23 août 2001 et 24 octobre 2002 sont annulés.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions de la commune d'Aix-en-Provence tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. Lucien-Alexandre CASTRONOVO, à M. Alain Joissains et à la commune d'Aix-en-Provence.

Délibéré après l'audience du 23 octobre 2008, à laquelle siégeaient : M. Laffet, président ; M. Reinhorn, premier conseiller ; M. Sauton, premier conseiller ;

Lu en audience publique le 28 octobre 2008. Signé Le rapporteur, Signé Le président, Signé Le greffier,

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pouvoir à l'exécution de la présente décision.

30 janvier 2009

Manifs : L'homme de Cro-Magnon savait compter, lui !

 

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Pour sûr, l'homme de Cro-Magnon était vraiment fortiche en calcul. Pour ce faire, il utilisait des os ou des morceaux de bois entaillés. C'était sa ruse pour se sortir d'affaire, même s'il avait encore du mal à compter de manière abstraite.

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Os entaillés du Paléolithique supérieur (30.000 à 20.000 av. JC)

Etonnant donc de constater qu'hier, soit des dizaines de milliers d'années plus tard, les méthodes de la police pour calculer le nombre de manifestants bien réels ne soient pas à la hauteur des exploits de notre ère.
A l'heure où la police scientifique est capable d'analyser un grain de poussière pour confondre un coupable, à chaque manif, c'est rituel, on assiste à la publication de chiffres policiers passés dans les machines ministérielles à rétrécir... qui battent tous les records dans l'audace du ridicule.
Chacun a compris que les mesures se font au doigt mouillé qui n'enregistre qu'une brise quand c'est le mistral qui souffle.
Pour preuve, dans chaque ville, les services de police ont, à l'évidence, leur propre façon de compter. A Paris, ils ont estimé la participation à 65.000 contre 300.000 selon la CGT. A Marseille où, en général, il faut au moins pointer le majeur sinon c'est dans l'œil, ils n'ont pas craint de minimiser les rafales en tombant à 20.000 contre 300.000 aussi selon le syndicat !
Avec le même sens du doigté pour conférer une touche officielle aux retouches, le ministère de l'intérieur a lui aussi tenu à corriger l'alerte rouge de grand vent social envoyée par les quelque 200 défilés organisés sur l'ensemble du territoire : 1,08 million (le 08, c'est pour faire vrai !) contre 2,5 millions pour le syndicat.
Petit conseil pour la prochaine manif : la police serait bien inspirée de revenir aux fondamentaux paléolithiques en convertissant, par exemple, les matraques en bâtons à compter. Un grand pas historique… en arrière, mais les résultats seraient fichtrement plus fiables.

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Mon exemplaire de "L'histoire universelle des chiffres" de Georges Ifrah

Pour en savoir plus sur l'histoire des chiffres :

http://www.col-camus-soufflenheim.ac-strasbourg.fr/Page.php?IDP=137&IDD=0

Pour passer de bons moments, le site épatant des "Maths magiques" :
http://pagesperso-orange.fr/therese.eveilleau/index.htm

27 octobre 2008

Après le bras de fer, enfin le Logis du Bras d'or

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(Clic sur l'image pour agrandir) Le Logis du Bras d'or

Photo parue dans Le Courrier d'Aix du 25 octobre 2008

Lundi dernier, Maryse Joissains a inauguré le Logis du Bras d'or, ancienne maison du compositeur Darius Milhaud qui vécut longtemps à Aix. Tous les Aixois, et au-delà, peuvent se réjouir qu'un si beau fleuron du patrimoine construit en 1670 ait été conservé et restauré pour y abriter des activités culturelles comme une marque forte dans le nouveau quartier de Sextius-Mirabeau.

Pourtant, la maison a failli être démolie. Le sauvetage de cette maison n'aura donc pas été de tout repos. En 2001, à son arrivée à la mairie, Maryse Joissains a voulu redéfinir l'îlot A du quartier quasi achevé. Pour cela, au conseil municipal du 20 juin 2002, elle a fait voter une délibération qui incluait la disparition de la maison.

Selon Maryse Joissains, entre autres nombreuses considérations, il fallait suivre sans broncher les conclusions du commissaire enquêteur qui avait écrit noir sur blanc que le Logis du Bras d'or n'offrait "aucun intérêt architectural, aucun intérêt historique, aucun intérêt au niveau du devoir de mémoire". Rien que ça !

Le maire s'était rangée à cette vision réductrice en donnant le change avec deux propositions : pérenniser le nom de Darius Milhaud et édifier son buste dans le jardin des Allées provençales (là où se trouve maintenant la statue de Paul Cézanne) ou bien créer un musée dans la carrière du Marbre noir sur la route Cézanne.

Toute l'opposition de gauche avait voté contre la délibération modifiant l'îlot A et, par conséquent, contre la destruction du Logis. De son côté, la mobilisation d'un large collectif d'associations de défense et de mise en valeur du patrimoine aixois (Association pour la restauration et la sauvegarde du patrimoine en pays d'Aix, Association de protection des demeures anciennes...) a été tellement forte que le ministre de la culture de l'époque a accepté, fin 2002, de classer la maison Darius Milhaud à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Lors de son discours d'inauguration de lundi, Maryse Joissains ne s'est pas attardée sur sa décision négative de 2001. Elle a même laissé entendre qu'elle avait joué un rôle éminent pour le maintien de la maison qui s'inscrit maintenant dans un large forum d'offre culturelle. La vérité étant quand même un peu différente, la mise au point ci-dessus s'avérait donc nécessaire…

Lire l'excellent dossier du Point du 14 décembre 2001 :

http://www.lepoint.fr/actualites-region/le-bras-de-fer-culturel/1556/0/59570

L'historique du Logis du Bras d'or :

http://apdapa.free.fr/pages/milhaud/milhaud_histo_fr.htm

Les échanges de courriers pour la défense du Logis du Bras d'or :

http://apdapa.free.fr/pages/milhaud/milhaud_lettres.htm

Le Logis du Bras d'or abrite désormais l'association "Arcade" :

www.arcade-paca.com

23 février 2009

Marseille : Les déchets se font encore des cendres

Comment résoudre le problème des déchets ? Incinération ? Méthanisation ? Ou les deux à la fois ? Lors de l'élection municipale de Marseille, un des dossiers les plus controversés a été celui du projet d'incinérateur de Fos-sur-Mer, avec de longues batailles écologiques, sanitaires et… politiques.

Les habitants du pourtour de Fos ne voulaient pas des déchets marseillais, en tout cas, pas de la machine à incinérer. Presqu'un an après, leur position n'a pas varié, contrairement à celle de certains élus socialistes. Ce qui ne veut pas dire que la droite n'a rien à se faire reprocher. La bataille risque donc de se poursuivre encore quelques temps.

L'article paru dans Libération le 21 février fait le point sur les dernières évolutions.

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Le projet d’incinérateur de Fos-sur-Mer refait surface

Quand les élus socialistes reviennent sur leur engagement.

Qui a dit : "Je prends l’engagement de mettre fin à l’incinérateur", car l’incinération est "dangereuse pour la santé" ? Le candidat PS Jean-Noël Guérini, en mars 2008, lors de la campagne pour la mairie de Marseille.

Reniant ses engagements, la gauche marseillaise a relancé, jeudi, l’incinérateur de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), malgré l’opposition des populations concernées. A la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, les élus, gauche et droite confondues, ont voté une nouvelle DSP (délégation de service public) pour légaliser sa construction. La précédente avait été annulée, en juin 2008, par le tribunal administratif de Marseille.

L’incinérateur pourrait entrer en fonction en 2010. Au plus tôt. Car les recours ne vont pas manquer. L’usine doit traiter en majorité les déchets de Marseille. Le maire UMP, Jean-Claude Gaudin, avait d’abord tenté de l’installer dans sa commune, vers les quartiers Nord. La révolte grondant, il a enterré le projet. "Parce que j’avais envie de rester maire", rigolait-il jeudi. En 2004, il fait ressurgir le dossier à Fos-sur-Mer, déjà atteint par la pollution et les saccages industriels. "C’est comme si on faisait ses toilettes chez les voisins parce que ça pue", a noté le conseiller communautaire Victor Hugo Espinosa.

Les populations locales ont protesté. Les maires, de gauche, ont manifesté. Le dossier est devenu un des enjeux de l’élection municipale de 2008. La gauche l’a perdue, mais elle a pris le pouvoir par surprise à la communauté urbaine. Allait-elle tenir sa promesse ? Non. L’audit commandité, pour 245.000 euros préconise de ne pas lâcher l’incinération : résilier le contrat obligerait à payer près de 500 millions d’euros au constructeur. Jugeant le projet "irréversible depuis 2007", la gauche a remballé sa promesse.

Seul bémol, l’usine fera moins d’incinération : le tonnage incinéré chaque année passe à 250.000 tonnes (contre 360.000 prévues). Les élus locaux, de gauche, se sentent floués. "Trahison Guérini !" criaient les opposants jeudi dans la rue, contre ce "revirement honteux". Brandissant des banderoles "La dioxine assassine !" ils comptent se battre en justice contre ce "déni démocratique".

L’incinérateur s’annonce aussi comme un boulet financier. Depuis 2004, son coût prévu a plus que doublé : de 34 millions d’euros par an, il passe à 70 millions, alors que les finances de la communauté urbaine, héritage de la gestion des années Gaudin, sont dans le rouge.

(Journaliste : Michel Henry)

12 septembre 2008

"Le Ravi" de septembre, un canard déchaîné

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Outre l'article sur l'OPAC d'Aix, Le Ravi n°55 de septembre (2,80€), toujous aussi renseigné que caustique, nous régale d'une rafale de sujets pas piqués des vers. Ainsi, nous offre-t-il des articles fouillés sur le bonnet d'âne des HLM en Paca, le dessous des sénatoriales, l'hérésie de la LGV Paca, la loterie de Marseille Capitale culturelle, les turpitudes relevées par la Chambre régionale des comptes sur la gestion de la Ville d'Avignon, un portrait du préfet qui sent le Sappin… Les dessins, les brèves et les petits messages sont du même tonneau. Autre avantage : l'encre ne salit ni les mains, ni les yeux…

12 février 2009

Clinique du Montaiguet : Deux jours pour intervenir

Urgent ! L'enquête publique sur la révision du POS liée au projet d'implantation de la polyclinique au Montaiguet prend fin vendredi. Il est donc encore temps d'aller faire des obsevrations sur le registre de la mairie annexe de Pont de l'Arc. Pour rappeler les enjeux du projet, voici l'article paru dans "Le Ravi" de février.

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Dessin de Moix dans "Le Ravi" n° 60

Clinique nocive pour l'environnement

Le projet de construction d'une clinique et de son parking de 800 places, au Montaiguet sur une zone boisée classée, fait grincer des dents.

"Ecrin forestier", "parking boisé", "ornement" : sur le papier, le projet de regrouper deux cliniques privées d'Aix-en-Provence, Rambot et La Provençale, dans un nouveau bâtiment construit sur la petite colline du Montaiguet au Sud de la ville, sonne bien. "C'est pour ne pas dire bétonnage, parking de 800 places à ciel ouvert et bassin de rétention", traduit Martine Agathe Coste à l'initiative d'une association de riverains pour défendre le "poumon vert" d'Aix. Car petit détail contrariant : la zone de la future polyclinique de 340 lits est classée espace boisé. Un incendie a bien détruit une partie de la végétation en 2005 mais cela ne change en rien sa vocation forestière.

Le conseil municipal a pourtant voté en octobre 2007 le principe d'une modification du Plan d'occupation des sols (POS) pour la rendre constructible. Modification qu'il restera à acter après la clôture de l'enquête publique le 13 février. Le POS date de 1984 et était déjà jugé "obsolète", en 2005, par Henri Doglione, à l'époque adjoint à l'urbanisme (UMP). Depuis, la situation n'a guère changé. Aix-en-Provence n'a pas non plus de Plan de déplacements urbains (PDU). Le dernier a été annulé par le tribunal administratif en juin 2008, sanctionnant ainsi une absence de vision globale des transports.

Autre détail ennuyeux : la Ville fait actuellement construire via la Semepa, sa société d'économie mixte, un parking de 300 places à proximité immédiate de la polyclinique Rambot. "La proximité de ce parking, construit grâce à l'argent public, va représenter une certaine plus-value quand les propriétaires vont vendre leur clinique", critique Lucien-Alexandre Castronovo, ancien conseiller municipal radical de gauche.

Pas chiche, la Ville d'Aix serait prête à remettre la main au porte-monnaie afin de financer une route de campagne pour désengorger la  départementale, régulièrement embouteillée, qui mène à la future clinique du Montaiguet. Au risque de voir les pavillons pousser comme des champignons et la ville s'étendre. "Si on ne sait pas maintenir ce type de coupures vertes, on va arriver à des conurbations ingérables, critique Hervé Guerrera, conseiller municipal d'opposition (Partit occitan). Ce projet est un aspirateur à voitures. L'enjeu est le maintien des personnes âgées à domicile et le développement de l'offre de soins en centre-ville."

Devant la levée de boucliers des habitants, la mairie, qui dit "travailler sur la faisabilité du projet et chercher des solutions" aux problèmes soulevés lors des réunions publiques, semble un peu refroidie et n'exclut pas "une mise en stand-by du projet sur ce site s'il existe des impossibilités techniques" (1). Ce qui serait une façon élégante pour Maryse Joissains, le maire UMP à qui reviendra in fine la responsabilité de signer le permis de construire, de respecter ses promesses de "prise en compte des espaces naturels et paysagers ; des risques naturels dans la politique d'urbanisme" (2).

(Journaliste : Louise Fessard)

1. Selon les services de communication de la mairie, les élus n'ont pas souhaité s'exprimer avant la fin de l'enquête publique. 2. Maryse Joissains dans sa "Lettre aux décideurs du Pays d'Aix", 4 avril 2006.

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(Clic sur l'image pour agrandir)

L'appel de l'Association des amis du Montaiguet

La Ville d'Aix est aujourd'hui menacée d'asphyxie : c'est une cuvette qui a besoin de ses poumons verts. Alors, favoriser la délocalisation de deux polycliniques (Rambot et Provençale) sur un des derniers poumons verts qui lui restent, le massif du Montaiguet, cela ne devrait même pas venir à l'idée !

Pourquoi là ? Pourquoi déclasser ce qui est classé ? Pourquoi déforester ce qui est boisé ? Pourquoi détruire sur des dizaines d'hectares un paysage majestueux ? Pourquoi saccager par des voies nouvelles un vaste territoire du Pont de l'Arc à la Plaine des Dés, de l'avenue Fortuné Ferrini à La Parade ? Pourquoi installer sur nos collines l'équivalent de la moitié de l'hôpital d'Aix, avec 800 places de parking à ciel ouvert ?

Pourquoi faire financer aux habitants du pays d'Aix les énormes infrastructures nécessaires à ce projet ? Pourquoi aggraver les problèmes de circulation à l'entrée Sud de la ville par le Pont de l'Arc ? Pourquoi favoriser ce projet privé au moment où l'hôpital public a cruellement besoin de moyens ? Pourquoi la CPA appplique-t-elle sa politique de réhabilitation forestière sur d'autres secteurs incendiés et pas sur celui-ci ? Pourquoi créer un précédent désastreux en modifiant le POS sur un site incendié, ce qui ne pourra qu'encourager la multiplication des incendies sur tous les sites naturels intéressants du pays d'Aix ?

L'enquête publique

Pour consulter le registre de l'enquête

Jeudi 12 et vendredi 13 février de 8 à 12h00 et de 13h30 à 16h30

mairie annexe de Pont de l'Arc

Pour rencontrer le commissaire enquêteur

Vendredi 13 février de 14 à 16h30

Le site de l'Association des Amis du Montaiguet :

http://www.montaiguet-pontdelarc.com/

Les photos du projet (clic sur chaque image pour agrandir) :

http://www.montaiguet-pontdelarc.com/visionner.php

Visualiser le projet sur le site du cabinet d'architectes :

http://www.a-i-a.fr/archi/projet/idProjet/19?symfony=65c2da6adae9160700c17d0720f938cc

La pétition en ligne :

http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=49

Mes précédents articles sur le même sujet :

(du plus ancien au plus récent)

"La clinique privée qui tue l'hôpital et le Montaiguet" : 

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/12/12/11717813.html

"Clinique du Montaiguet : La bataille continue" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/12/17/11753424.html

"Clinique du Montaiguet : Agissons !" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/01/07/11995740.html

"Lettre ouverte au maire" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/01/26/12226720.html

5 avril 2008

Un entretien avec Victor Hugo, toujours d'actualité…

Victor_Hugo_eternelL'entretien qui suit n'est pas l'œuvre d'un esprit farceur. Ce n'est pas non plus une facétie à retardement de 1er avril. Il n'y a rien de plus véridique que cet ensemble de propos tenus par Victor Hugo. Plus de 150 ans après, la charge du cri républicain reste d'une vigueur implacable. Pertinence de la pensée, sens du portrait, force des mots, art du pamphlet, Hugo réveille les consciences. Et qu'on n'aille pas penser à quelqu'un d'autre...

Ÿ M. Hugo, vous semblez vous tenir très informé de l'actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?

Victor Hugo : Depuis des mois, il s'étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c'est que dans toutes les qualités qu'on lui reconnaît, dans tous les éloges qu'on lui adresse, il n'y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là… Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui, il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.

Ÿ Derrière cette folle ambition personnelle, décelez-vous une vision politique de la France, telle qu'on est en droit de l'attendre d'un élu à la magistrature suprême ?

V. H. : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l'assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l'homme et qu'on le  trouve si petit, et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve si énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l'aventure et l'aventurier… On ne trouve au fond de l'homme et, de son procédé, que deux choses : la ruse et l'argent… Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n'est plus question d'être un grand peuple, d'être un puissant peuple, d'être une nation libre, d'être un foyer lumineux ; la France n'y voit plus clair. Voilà un succès.

Ÿ Que penser de cette fascination pour les hommes d'affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?

V. H. : Il a pour lui désormais l'argent, l'agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que la  honte… Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités… Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l'argent ; c'est ignoble, mais c'est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte… une foule de dévouements intrépides assiègent l'Elysée et se groupent autour de l'homme… C'est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d'industrie.

Ÿ Et la liberté de la presse dans tout ça ?

V. H. : (pouffant de rire) Et la liberté de la presse ! Qu'en dire ? N'est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l'esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?   
* Toutes les réponses de Victor Hugo proviennent de son ouvrage "Napoléon le Petit ",
le pamphlet républicain contre Napoléon III publié en 1852. Réédité en 2007 chez Actes Sud, 496 pages, 23€.

20 décembre 2008

"Le Ravi" accueille Sophie Joissains dans sa crèche

Voici des extraits significatifs de l'interview de Sophie Joissains parue dans le n°58 du Ravi, encore en vente en kiosque. ­Les propos ont été recueillis par Michel Gairaud et Rafi Hamal. Les commentaires en bleu clair sont de moi. Dès que l'enregistrement sonore sera mis en ligne sur le site du mensuel, je publierai le lien en bas de cet article. En attendant, bonne lecture...

Maryse et Alain

"Mes parents sont des personnages (NDLR, lire le portrait de Sophie Joissains ci-après). Deux phénomènes de la vie politique et deux républicains majeurs. Ni l'un, ni l'autre n'ont eu le bac. L'une travaillait au guichet de la sécurité sociale lorsqu'elle est rentrée en capacité en droit, l'autre était docker et s'est payé comme ça ses études de droit. Ils ont été avocats tous les deux, maires d'Aix-en-Provence tous les deux. Ma mère et mes grands-­parents ont été communistes.

Le communisme cela mène surtout, même si mes amis de droite hurleraient, à beaucoup de rigueur dans le travail, de volonté et de ténacité. Je crois que Maryse en a fait montre durant toutes ces années."

Le clan Joissains

"Le père de Martine Aubry, c'est Jacques Delors. En politique, comme ailleurs, il y a souvent des familles de juristes, de médecins, des enfants qui reprennent des entreprises familiales. Je ne suis pas une exception. Thomas Hollande a travaillé pour sa mère, Ségolène Royal, aux présidentielles. Je comprends que cela puisse interpeller, que cela amuse ou fasse bondir mes adversaires. Qu'ils regardent aussi dans leur camp. Etre "la fille de" ne pose pas problème.

Cela serait le cas si l'on n'avait pas besoin de faire ses preuves. J'ai travaillé très dur pendant sept ans (NDLR, comme directrice de cabinet de Maryse Joissains à la communauté du pays d'Aix). Peut-être encore plus dur que si je n'avais pas été la fille de la présidente de la CPA. Dans ces cas-là, on vous attend un peu plus au tournant. Encore une fois, tout cela ne me gêne pas du tout. Il y a des cabinets d'avocats avec le père, la mère, les deux enfants. Lorsqu'on a souffert d'une affaire telle que nous l'avons connue (NDLR, Alain Joissains a été condamné pour recel d'abus de biens sociaux…), il y a un rassemblement familial très fort, une solidarité qui s'instaure…"

Annulation du contrat d'Alain Joissains

"Ce n'est pas une casserole. Nous partons en appel (NDLR, suite à une plainte de Lucien-Alexandre Castronovo, ancien conseiller municipal PRG, le tribunal administratif de Marseille a ordonné l'annulation du contrat de directeur de cabinet d'Aix-en-Provence. Alain Joissains a perçu durant sept ans un surplus de salaire de 167.800 euros qu'il devra rembourser si le jugement est confirmé…). Les délais ont été bizarrement étendus. Normalement, la loi donne deux mois après connaissance pour faire appel (…) et c'est quatre ans après que Lucien-­Alexandre Castronovo a déposé plainte [Le Tribunal a rejeté l'argument du délai]. La cour des comptes a fait son travail. Il y a eu un contrôle de légalité en préfecture [Le préfet n'a pas donné suite à ma demande de contrôle approfondi].

Sur le fond de l'affaire, Alain Joissains gagnait moins que ce que peuvent percevoir les directeurs de cabinet [Preuves à l'appui, c'est le contraiore]. Il n'avait pas d'appartement de fonction comme c'était le cas de son prédécesseur. Il avait droit, de par son statut donné par la loi, à des avantages dont il n'a pas profité [Et la voiture de fonction, par exemple ?]. On ne peut pas lui faire ce procès-là. En six ans, je ne crois pas me tromper sur l'échelle, il a fini par gagner 600 euros de plus que l'ancien directeur de cabinet [Un chiffre faux, mais une forme d'aveu qui contredit la déclaration précédente]. Il n'a pas outrepassé la décence là-dessus. Ce genre d'affaire n'est jamais agréable à porter. En même temps, en politique, on est blindé contre ce genre de chose. C'est tellement courant."

La fille s'émancipe

"Il m'arrive de ne pas être tout à d'accord avec ma mère. Le travail d'intérêt général pour les chômeurs, je ne suis pas pour. En revanche, je ne suis pas pour un assistanat, pour une assistance qui ne demande rien en contrepartie parce que je crois que c'est isoler socialement quelqu'un. La peine de mort, je suis contre. Nommer une rue aixoise Bastien Thiry (NDLR, officier pro-Algérie française exécuté après avoir tenté de tuer le général De Gaulle), c'est une bêtise. On a lancé ça à ma mère comme une boutade. Elle m'a dit que pour elle Bastien Thiry est quelqu'un qui est allé au bout de sa conviction et donc qui mérite une certaine considération sans approuver ce qu'il a fait. Je crois que la repentance au bout d'un moment ne sert pas à grand-chose."

Aux côtés de Sarkozy recentré

"Deux situations ne peuvent pas se traiter de la même manière. Quand on a un corps sain, on ne va pas vous donner des antibiotiques. En revanche, quand on est malade, vous nécessitez un traitement. C'est un peu le cas de la France aujourd'hui [Un peu seulement ?]. Tant que la croissance marche bien, que tout le monde a du boulot, un logement, ou qu'il n'y a pas notablement de problèmes sociaux [Là, on dirait que la situation s'aggrave ou je me trompe ?], on peut laisser aller un peu plus le libéralisme même si je ne suis pas pour le laisser-faire à tous crins. Mais en période de crise, on a besoin de contrôler les choses. Je suis passionnément modérée. Je suis à droite car elle permet de produire les richesses sans lesquelles il n'y a pas de partage. C'est tout. Je me sens plus humaniste que les socialistes."

Aux côtés de Christine Boutin

"Avoir exclu l'accession à la propriété des 20% de la loi SRU qui réglemente le logement social me semble une hérésie (NDLR, une majorité de sénateurs se sont opposés à ce projet de la ministre du logement. Sophie Joissains a soutenu Christine Boutin). Sur le terrain, les maires ne feront donc pas de l'accession sociale à la propriété. Pourtant, elle est nécessaire pour permettre l'ascenseur social et pour faciliter le changement de statut." [Il faudrait peut-être d'abord que l'OPH commence par construire des logements sociaux pour les familles les plus démunies, non ?]

Oui au TER, non a la LGV

"En toute sincérité, je ne pense pas que le TGV soit nécessaire (NDLR, la LGV, la ligne à grande vitesse pour relier Nice à Paris). J'aimerais faire un TER provençal. C'est une idée majeure. Il faudrait un TER de Marseille à Gap. L'ensemble du pays d'Aix serait desservi ainsi que celui de Manosque. Cela permettrait d'étaler le logement, de faire en sorte que les ménages qui, aujourd'hui, sont obligés de partir pour se loger puissent le faire sur le territoire, cela permettrait de faire venir des entreprises. L'urgence est là et pas ailleurs. Il faut savoir, de surcroît, que les Italiens ne veulent pas de cette ligne, censée aller jusqu'à Gênes. Ils s'en foutent royalement. Ils préfèrent une autre forme de rail qui va à Milan, leur capitale économique.

Je ne vois pas l'utilité de la LGV [La même position que Maryse Joissains vient d'adopter après avoir soutenu le contraire] si ce n'est pour Nice et les Parisiens. Si on met malheureusement beaucoup d'argent sur cette ligne, si elle devait se faire, on n'aura pas les moyens de financer un TER. Dans ce cas, il faut au moins qu'elle passe par les métropoles (NDLR, via Marseille et Toulon)."

Aix, capitale provençale de la culture

"Si Marseille est capitale européenne de la culture en 2013, Aix-en-Provence est capitale de la Provence. Donc il y aura une belle complémentarité (…). Notre ville d'Aix a eu besoin de se protéger un petit peu sur le plan financier. Nous ne voulions pas que Marseille absorbe tout. Maintenant, on va marcher main dans la main. La volonté gouvernementale de faire le pont de l'autre côté de la Méditerranée, est aussi une très bonne idée."

Après Maryse, Sophie ?

"Bien sûr que cela m'a traversé l'esprit de me présenter un jour à la ville d'Aix-en-Provence, je vous mentirais si je vous disais l'inverse. Je ne suis pas la seule. Mais ce n'est pas du tout une certitude. Je me suis donné quelques années pour réfléchir." [Allez, au hasard, on va dire cinq ans ? Juste un an avant la prochaine élection municipale ?]

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Joissans, maire et fille, Dessin osé de Trax, paru dans Le Ravi de décembre 2008

Cumul familial

L'édito de Michel Gairaud

Dans la famille Joissains, je demande la fille. Bon, d'accord ! Cela l'agace, Sophie, qu'on lui parle tout le temps de Maryse et d'Alain, maman et papa. Il faut dire que la première est députée­-maire d'Aix-en-Provence, ville dont le second a aussi été le premier magistrat. Il faut dire aussi que tout, dans son parcours politique et même professionnel, la relie à ses célèbres parents.

Comme sa mère, à 18 ans, elle rejoint les radicaux valoisiens, ceux qui préfèrent s'allier à droite. Côté étude, comme ses géniteurs avocats, elle opte pour le droit. Elle est juriste criminologue spécialisée en victimologie. Son père en connaît un rayon en la matière : en 1983, une condamnation pour abus de biens sociaux le conduit à démissionner de son mandat de maire [Il n'a pas démissionné, il n'a pas pu se présenter à l'élection suivante pour inéligibilité] et à être radié du barreau. Inéligible, il n'aura de cesse de laver l'honneur de son nom bafoué. Grâce aux prouesses de sa femme et de sa fille.

Après une courte escapade dans le milieu culturel et une société de production de film d'art et d'essai, Sophie est vite enrôlée dans la grande saga familiale. A peine élue en mairie d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains la nomme, à 32 ans, directrice de cabinet de la CPA qu'elle préside. Son père, lui, officie comme directeur de cabinet en mairie, très généreusement rémunéré. De quoi faire hurler l'opposition qui dénonce une situation manifeste de népotisme, un système clanique.

En 2008, la carrière politique de Sophie Joissains démarre officiellement. Et bien plus vite que le train à grande vitesse censé frôler un jour la Sainte-Victoire. Grâce à la réélection de sa mère, elle obtient, en mars, son premier mandat et devient 8e adjointe d'Aix-en-Provence, à la fois chargée de la politique de la ville et de plusieurs dossiers culturels. Moins de six mois plus tard, toujours suite à l'intervention de sa mère, elle est propulsée n°2 sur la liste conduite par Jean-­Claude Gaudin aux sénatoriales…

La voilà donc, à 38 ans, benjamine du groupe UMP au palais du Luxembourg. Façon de parfaire le tableau de chasse de Madame la sénatrice, Maryse Joissains l'a aussi gratifiée d'une vice­-présidence à la CPA. Pourquoi se gêner ! En cumulant tous ces mandats, auxquels se rajoutent ses responsabilités de secrétaire nationale du parti radical, Sophie Joissains a tous les atouts pour se faire un prénom. Et hériter de la mairie d'Aix-en-Provence ?

Le site du Ravi : www.leravi.org

8 octobre 2008

Barack Obama, candidat mondial !

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(Clic sur l'image pour agrandir)

4h00 du matin et mon œil toujours ouvert…

Deuxième débat télé entre Barack Obama et John McCain cette nuit en direct de Nashville, au cours d'une heure trente d'échanges directs sur des thèmes de politique intérieure (45mn) et extérieure (30mn). Impressions personnelles à chaud : sérénité permanente côté Obama, attaques défensives côté McCain.

Le graphique placé en pied d'écran mesurait seconde par seconde du (+) au (–), de haut en bas, les réactions d'un panel de femmes et d'hommes aux propos et réponses de l'un et de l'autre. Le niveau atteint par Obama dépassait régulièrement (plafonnant même parfois) celui de McCain. Certes, ce ne sont que des tendances de l'instant mais les courbes étaient incontestablement en faveur d'Obama.

Les sondages réalisés immédiatement après le débat donnent Obama vainqueur à plus de 56% contre 36% à McCain. Il semble de plus en plus clair que, dans cette élection, McCain apparaît comme un candidat "américain" tandis qu'Obama est devenu un candidat "mondial".

P.S. : Malgré mes efforts répétés, mon blog a refusé systématiquement la mise en ligne de toute image de McCain...

7 janvier 2009

Clinique privée du Montaiguet : Agissons maintenant !

L'ENQUETE PUBLIQUE COMMENCE JEUDI

DISONS NON A CE PROJET DEVASTATEUR !

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Alors que les difficultés de l'hôpital d'Aix se confirment de jour en jour, notamment aux urgences où les médecins alertent sur les risques de pénurie de personnels et de matériels, le projet de construction d'une polyclinique en plein massif du Montaiguet vient narguer le rôle du service public et le respect de l'environnement. C'est inacceptable !

Je l'ai déjà exposé ici, la bataille contre ce projet a été lancée par des riverains qui se sont constitués en association. Les "Amis du Montaiguet" ne veulent pas de cette défiguration d'un site remarquable pour le pays d'Aix. Ils défendent aussi le renforcement du pôle public qui existe déjà mais qu'on dépouille sans vergogne au profit d'intérêts spéculatifs qui réduisent le droit à la santé pour tous.

La mobilisation de tous est nécessaire pour faire échec à cette initiative contraire au bon sens. Jeudi, s'ouvre la première étape administrative pour mener ce combat avec l'enquête publique portant sur la modification simplifiée du POS. Cette modification partielle couvre une phase de pure opportunité qui vise à changer la destination de la parcelle concernée par détournement des règles de l'urbanisme.

Il convient, dès demain et chaque jour, de dresser les premiers cordons sanitaires. Car, du résultat de cette enquête dépendent les suites favorables ou non à l'édification de la polyclinique. Après, ce sera trop tard. Il faut bien en prendre conscience. Des pressions de toutes sortes vont être exercées par les partisans du projet. Il faut donc une mobilisation importante de tous ceux qui refusent une dégradation des services publics de la santé et un saccage de ce poumon vert au Sud d'Aix. Il faut faire basculer le rapport de forces dès ce jeudi pour protéger notre ville.

Pour mémoire, le projet de délocalisation de la clinique Rambot vers le Montaiguet, c'est l'équivalent de la moitié de l'hôpital d'Aix sur nos collines, avec ses parkings à ciel ouvert, 40 hectares de nature sacrifiée et une circulation exponentielle. Non, personne ne doit laisser faire cela ! Il faut prendre quelques minutes pour aller consigner nos remarques et critiques sur le registre de l'enquête publique.

De notre participation dépend que le projet soit rejeté ou non et, plus tard, que le permis de construire soit délivré ou non. Des batailles ont été gagnées dans d'autres villes. A Aix même, des procédures de refus bien menées ont donné des résultats qui ont fait échouer certains projets néfastes. L'heure est venue de ne pas subir.

Enquête publique

A la mairie annexe de Pont-de-l'Arc

Pour consulter le registre de l'enquête

Du lundi au vendredi de 8 à 12h00 et de 13h30 à 16h30

Pour rencontrer le commissaire enquêteur

Jeudi 8 janvier 2009 de 9 à 12h00

Mardi 13 janvier 2009 de 14 à 16h30

Lundi 19 janvier 2009 de 9 à 12h00

Mercredi 28 janvier 2009 de 14 à 16h30

Mercredi 4 février de 9 à 12h

Vendredi 13 février 2009 de 14 à 16h30

Le site de l'Association des Amis du Montaiguet :

http://www.montaiguet-pontdelarc.com/

Les photos du projet (clic sur chaque image pour agrandir) :

http://www.montaiguet-pontdelarc.com/visionner.php 

Visualiser sur le projet sur le site du cabinet d'architectes :

http://www.a-i-a.fr/archi/projet/idProjet/19?symfony=65c2da6adae9160700c17d0720f938cc

La pétition en ligne :

http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=49

Mes articles précédents : 

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/12/12/index.html 

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/12/17/11753424.html

            

14h00 : en réponse à un commentaire

Le pourquoi et le comment

Il ne faut pas s'attendre à d'amples explications de la part des promoteurs et des financeurs de ce projet. Pour qui a la mémoire de la guerre des cliniques marseillaises, le doute ne subsiste pas sur les intentions spéculatives masquées derrière l'habillage médical.

La clinique Rambot qui a racheté la clinique La Provençale veut vendre ses bâtiments actuels qu'elle souhaite quitter. La Ville, via la Semepa, a fait construire un énorme parking avec de l'argent public sous la clinique Rambot avant que cette dernière n'ait dévoilé ou annoncé son intention de se restructurer. On peut imaginer la plus-value que cela va constituer au moment de la vente des bâtiments libérés. Voilà pour quelques aspects liés aux manœuvres financières.

Pour ce qui est de la carte sanitaire en pays d'Aix, des recompositions ont déjà vu le jour. Ainsi, par exemple, l'hôpital public de Pertuis, faute de moyens suffisants, est dans l'obligation de travailler en concertation avec celui d'Aix. L'hôpital d'Aix a été dépouillé d'une partie du service de maternité au profit de la clinique confessionnelle de l'Etoile et des services "rémunérateurs" de cardiologie au bénéfice de la clinique Rambot. Tout cela avec l'assentiment, au coup par coup, de l'Agence régionale de l'hospitalisation, donc sans vision globale de la carte sanitaire régionale.

La différence entre l'hôpital public et l'hospitalisation privée, pour faire simple, c'est que le premier est tenu d'accueillir tous les patients sans distinction alors que le privé sélectionne par l'argent (sans compter la pratique des dessous de table).

Enfin, la puissance financière des groupes privés leur permet d'exercer de fortes pressions pour obtenir à peu près tout ce qu'ils veulent. Le cas du projet du Montaiguet est l'exemple même de leur capacité d'influence sur les politiques. Y compris au mépris de l'environnement, du cadre de vie des habitants et de l'impérieuse nécessite de dresser un Plan local de l'urbanisme, seul outil pertinent pour établir les règles d'un développement cohérent des territoires.

31 décembre 2008

La rentrée d’Enzo, en septembre 2012

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Magie du net ! On y trouve ce joli conte de faits, tel une promesse de bonheur pour les années à venir.

Enzo est assis à sa place, parmi ses 42 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tachée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque automobile.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congé maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés.

La vieille dame de 69 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal. Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades.

On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.

Il a commencé l’école l’an dernier, à 6 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école privée à 3 ans, mais ses parents ont dû payer.

La sieste, l’accueil et le goûter n’existent plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se taire, se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante à cinquante élèves chacun comme une garderie.

L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès. Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires.

Pourtant, Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pas de retraite.

Enzo est seul au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur de l’école (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n’oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il paraît qu’il n’avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.

Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens. L’an prochain, Enzo devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissement public d’enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 45 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.

Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur. Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien.

Le père d’Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant, la vieille dame disait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !

Il lui tarde d’être en récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune sœur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.

Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n’est pas payée. Elle dit : "A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c’est épuisant." Surtout qu’elle dort dans le salon chez Enzo, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.

Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par cœur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…

Enzo se demande pourquoi il est là… Pourquoi Saïd a dû partir. Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit. Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail. Pourquoi ils sont si nombreux en classe. Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année. Pourquoi il devra prendre le bus. Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi. Pourquoi il n’a pas de lunettes. Pourquoi il a faim.

Une internaute a complété l'histoire ainsi…

Le dimanche, Enzo doit rester seul avec son petit frère de 4 ans car sa maman, vendeuse dans un grand magasin, est obligée de travailler, sinon, c’est la porte ! Même ses grands-parents, 66 et 68 ans, travaillent encore ! Heureusement, il n’a pas trop de difficultés à garder son petit frère, celui-ci est tellement calme, avec tous les médicaments qu’il prend depuis qu’un jour quelqu’un a décrété qu’il risquait d’être un futur délinquant, car il avait "volé" un bonbon à son copain, et qu’on lui a dit qu’il allait finir comme son cousin Joël, en prison à 12 ans car lors d’une descente de police dans son collège, un chien avait trop reniflé son cartable !

Source :

http://www.resistance2007.com/article-25000131.html

20 décembre 2008

Mon appel au boycott des vœux dans La Provence

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Paru dans La Provence le 17 décembre 2008

Pourquoi me priverais-je de signaler ce joli clin d'œil. Il y a trois jours, La Provence a aussi fait écho à mon appel au boycott de la cérémonie protocolaire des vœux de Maryse Joissains.

Preuve que le bon sens doit primer, d'autres collectivités et institutions font marche arrière. En effet, la liste des annulations ne cesse de s'allonger dans la région et un peu partout en France.

Lorsqu'a été évoqué cet argument, Maryse Joissains a répondu que tout ça, c'est "du pipi de chat". Quelle élégance !

Chers lecteurs, soyons plus classe ! Nous avons jusqu'au 20 janvier pour relayer le message du boycott autour de nous. Ne perdons pas la moindre occasion de nous faire entendre et de convaincre d'ici là...

(Voir mon premier article du 15 décembre, ci-dessous)

28 octobre 2008

Questions pour un champion : Comme si c'était hier…

Hier soir, l'émission de France 3 fêtait ses 20 ans, avec quelques jours d'avance. La vraie première fois, c'était le 6 novembre 1988.

C'est tout juste un an après sa création que, tel un inconscient, j'ai voulu participer à la sélection régionale organisée à Aix à la MJC Bellegarde où se sont présentés 150 candidats. Ce 25 novembre 1989 donc, au bout d'une première série de 50 questions, il ne restait plus que la moitié des concurrents. C'est à l'issue de la seconde salve de 50 questions que les 10 meilleurs ont été retenus pour un passage à l'antenne. Et j'étais heureux d'en faire partie.

Mi-janvier 1990, la production me téléphone pour savoir si je suis prêt pour aller à Paris. Banco, je n'hésite pas une seconde. L'enregistrement se fait le 23 janvier pour une programmation mi-février.

A cette époque, j'étais correspondant de presse pour Le Provençal. J'avais proposé de raconter mon aventure aux lecteurs juste après la diffusion. Je connaissais le résultat de mon parcours mais il avait fallu le taire pour entretenir le suspense.

Qualifié en troisième position au "4 à la suite", je n'avais pas vraiment le choix. Les deux thèmes restant n'étaient guère à mon goût. J'ai opté pour la "Gironde". Le plongeon ! Le drame ! Que des questions de cépages (moi qui ne bois pas !) et de dates historiques locales que seuls de redoutables thésards, et encore, peuvent connaître. Je n'ai récolté qu'un misérable point. Insuffisant ! Au revoir et cadeau, la magnifique encyclopédie "Chronique de l'Amérique".

Voici, tirées de mes archives, mes narrations de cette expérience ébouriffante…

                              

(Clic sur les images pour agrandir)

Articles parus sous ma signature dans Le Provençal

le 26 novembre 1989 et le 15 février 1990

             

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6 décembre 2008

Ça se passe dans des écoles, en France, en 2008…

Quand les chiens sont lâchés…

gif_policiersFaut qu'on le sache ! Non, il n'y a pas que les journalistes qui en prennent plein la gueule, qui se font cueillir chez eux à l'heure du laitier, menotter, fouiller au corps et embastiller. Ecoutez plutôt ce terrible témoignage d'un enseignant du Gers diffusé dans l'émission de Daniel Mermet sur France Inter le 18 novembre. La police ne rafle plus seulement aux abords des écoles, elle y entre aussi ! Et ce n'est pas un cas isolé.

Extrait de l'émission "Là-bas si j'y suis",

France Inter (durée : 2mn43) :

http://www.dailymotion.com/video/x7llbm_descente-au-collge_news 

Et les témoignages dans la presse :

http://www.lejdd.fr/cmc/societe/200849/gers-une-descente-qui-passe-mal_169773.html 

http://www.lepost.fr/article/2008/12/02/1343650_des-gendarmes-au-college-elle-n-a-pas-de-hasch-mais-avec-sa-tete-mieux-vaut-tres-bien-verifier.html 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/12/04/vive-emotion-apres-une-intervention-de-gendarmes-dans-un-college-du-gers_1126785_3224.html

A diffuser sans modération !

28 novembre 2008

Les chiffres du surendettement… qui crient misère

Ici, on condamne crapuleusement des associations qui aident les sans-logis. Là, on expulse ceux qui ne peuvent plus honorer leurs loyers. Ici, on prive des chômeurs d'allocations minimales. Là, on licencie à lourdes charretées. Ici, on distille des salaires de misère. Là, le désespoir pousse les ménages à suremprunter pour rembourser leurs dettes. Mais, on continue à gaver les malfrats de la finance à coups de milliards.

On pond rapport sur rapport, sur les mal-logés, sur le chômage, sur les niveaux de (sur)vie. Il suffit de jeter un œil sur les documents publiés pour prendre la mesure du désastre.

Les ménages de plus en plus surendettés

En décembre 2006, la Banque de France, qui assure le secrétariat des commissions de surendettement, faisait état de 700.000 dossiers de surendettement en cours de procédure de désendettement. Selon ces mêmes sources, les dossiers de surendettement en cours étaient de 652.000 en janvier 2006. On constate donc une nette croissance du phénomène de surendettement au cours de l’année 2006.

Une légère baisse de 0,6% des dossiers a été constatée au premier trimestre 2007. 185.000 ménages ont déposé un dossier auprès de la commission en 2006. Soit 20.000 demandes de plus qu’en 2003, au moment de la promulgation de la loi Borloo.

Selon des critères plus subjectifs, basés sur des enquêtes nationales, 15% des ménages déclarent avoir des difficultés "à rembourser leurs dettes". Plus de 7 millions de personnes seraient concernées, de près ou de loin, par le surendettement.

Le surendettement a fortement changé de nature depuis la mise en place de la première  loi sur le surendettement en 1989. Un tiers des dossiers enregistrés par les commissions entrent dans la catégorie du surendettement actif. Les deux tiers des dossiers traités relèvent du surendettement passif, lié à un "accident de la vie".

Les origines du surendettement

Les principales causes du surendettement en chiffres :

Le surendettement "actif"

Excès de crédit : 15%

Erreur de gestion : 6%

Coût trop élevé du logement : 1,2%

Le surendettement "passif"

Le chômage : 31%

Séparation, décès : 17%

Maladie, accident : 11%

Le profil des surendettés

Les ouvriers et employés : 55% des surendettés

Les chômeurs : 34%

Les personnes seules : 64% de célibataires, 58% sont veufs ou divorcés

Le salaire moyen des personnes surendettées est de 1.500 euros et moins.

Parmi les surendettés : 78% de locataires, 10% ayant un patrimoine immobilier.

La tranche d’âge la plus touchée : 35 - 54 ans.

Le coût du surendettement

Il est évalué à 180 millions d’euros pour le seul fonctionnement des commissions de surendettement.

Le surendettement moyen

Il équivaut à environ 60% du revenu permanent d'un ménage. L’endettement par dossier de surendettement est estimé en moyenne à 32.600 euros.

Les solutions proposées

Sur 730.000 dossiers déclarés recevables par la commission de surendettement entre janvier 2002 et décembre 2006 :

59% ont fait l’objet d’un plan de redressement classique

13% ont fait l’objet de recommandations

8% ont fait l’objet d’une "faillite civile".

Cependant, depuis l’avènement de la loi de rénovation  urbaine, en 2004, la part de la procédure de rétablissement personnel (ou faillite civile) dans les solutions face au surendettement ne cesse de croître.

Le rachat de crédit, une solution favorisée par les Français

Depuis 2003, les chiffres attestent d’une nette progression du rachat de crédit en France. Les prévisions pour l’année 2008 ne démentent pas le succès de cette "technique".

Avant de devoir faire face aux graves difficultés liées au surendettement, le rachat de crédit permet d’agir dès les premiers signes de déséquilibre budgétaire (incidents de paiements répétés, séparation en prévision…).

Face à la forte crise économique qui s'installe pour un bon bout de temps, que vont peser ces faibles progrès ?

                     

"Discours sur la misère" (Victor Hugo, 9 juillet 1849)

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(Clic sur l'image pour agrandir)

"Miseria", dessin attribué à Victor Hugo

"Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère. (Réclamations - Violentes dénégations à droite) Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. (Nouveaux murmures à droite)

La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. (Oui, oui ! à gauche) Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli. (Sensation universelle)

La misère, Messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?"

(Victor Hugo, extraits de "Actes et Paroles I, Assemblée législative", 1849-1851)

Quelques liens pour en savoir plus sur le surendettement :

http://www.conseil-economique-et-social.fr/presidence/publication/PU07-276.pdf

http://www.mediateur-republique.fr/fic_bdd/pdf_fr_fichier/1193240545_CES_24_10_07_intervention_MDR.pdf

http://www.guideducredit.com/HTMcorps/fichiersreglementation/le-surendettement-en-france.doc 

http://www.banque-de-france.fr/fr/instit/telechar/services/tableaux_barometre_0712.pdf 

21 octobre 2008

Le linceuil de l'hôpital public d'Aix est prêt

honoraires

(Clic sur l'image pour agrandir) Dessin de Deligne

L'économie est en crise. L'Etat creuse les déficits. Mais il y a plein d'argent pour les escrocs de la finance. Pour le reste, pas de quartier ! On casse tout. On débranche tout : école, poste, code du travail, université, logement, santé, hôpital... Jamais gouvernement ne s'est autant attaqué aux services publics, à la solidarité et à la cohésion sociale.

L'annonce des dotations accordées dans le cadre du "plan hôpital 2012" ne fait que renforcer l'idée d'un saccage de la carte hospitalière au profit du privé. A Aix, la farce du pseudo renflouement du déficit du centre hospitalier n'a donc pas tardé à apparaître au grand jour. Pour tenter de maintenir des activités à un niveau encore acceptables en 2009, il fallait 4M€. Par un tour de passe-passe cautionné par Maryse Joissains, un budget hypothétique prétextant des recettes "spontanées" a été voté.

Et voilà qu'Aix se retrouve le derrière nu avec les dernières décisions de l'Agence régionale d'hospitalisation qui écarte, dans une première vague, les besoins et les demandes de notre hôpital. Pire, c'est la maternité privée L'Etoile qui rafle un pactole à hauteur de 4,25M€. Dans le même temps, l'absorption-fusion de la clinique La Provençale par la clinique Rambot, qui vise à créer un nouveau pôle privé, une sorte de superclinique, à Pont de l'Arc, a reçu l'aval de l'ARH. Le projet de loi "Patients, santé et territoires" qui va être examiné au parlement risque donc bien de continuer à faire la part belle au secteur privé. C'est cynique, irresponsable et mortifère.

Voici ce que j'ai écrit ici même au cours des mois précédents :      

"L'hôpital public d'Aix va-t-il crever ?" (23 mai 2008) :

Un premier déficit de 16M€ en 2003. Une rémission en 2006 grâce à une perfusion de l'Agence régionale d'hospitalisation. Puis, un "plan hôpital 2012" qui recrée un déficit de 2M€ en 2008. Pour 2009, le trou est estimé à 4M€. Les personnels craignent que l'équilibre budgétaire ne soit recherché par la suppression de 40 postes.

Qu'on ne cherche pas les responsabilités à l'intérieur de l'hôpital. Non, la cause est ailleurs : la casse du service public de santé au profit d'activités transférées dans le secteur privé. Aix en est l'illustration parfaite, si l'on peut dire. Après les dotations publiques calculées au rendement, une sorte de paupérisation s'est développée de manière lancinante. Les actes rentables ont trouvé refuge dans les cliniques. L'hôpital en subit des conséquences par des charges alourdies.

A partir de là, on a vu la clinique l'Etoile récupérer des lits de maternité aux dépens du Centre hospitalier du pays d'Aix et la clinique Rambot qui, après avoir absorbé la Provençale, met en chantier un gros projet de polyclinique de 368 lits en se déplaçant vers Pont de l'Arc avec l'aval de l'ARH. L'hôpital va-t-il crever et nous aussi ? Il en dépend de notre résistance à la casse.

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/05/23/index.html

"Hôpital d'Aix : Le budget condamné à faire du yoyo ?" (9 juin 2008) :

Revenons un peu sur ce qui se passe à l'hôpital d'Aix. La presse nous relate que, alors qu'un vote négatif était attendu, le budget prévisionnel pour 2008 (à la fin du semestre, étrange moment quand même!), annoncé dans un premier temps en déficit de 2M€, a finalement été voté à la majorité. La dernière trouvaille, après un double report du dossier, a été de dévoiler comme par enchantement une "bonne" nouvelle : des rentrées financières liées à l'activité en augmentation sur les quatre premiers mois.

Supposons que cela soit avéré. Est-il normal que le budget du centre hospitalier soit en permanence tributaire de l'évolution de l'activité au jour le jour ? On se croirait à la bourse où les valeurs font du yoyo ! Que se passera-t-il si l'activité baisse sur le reste de l'année ? Le vote acquis du budget aura-t-il encore un sens ?

Tout le monde sait que le vrai problème est d'ordre structurel et non conjoncturel. C'est le sort fait à l'hôpital public et au système de santé qui porte l'entière responsabilité de la situation. On nous rétorquera que si l'année finit mal, on dégraissera encore les effectifs car l'Etat se désengage de plus en plus. Les personnels ont d'ailleurs évalué les risques de suppressions à 40 postes. Quoi qu'il arrive, ce sera moins de service public.

Pour finir, bien qu'habitué je m'étonne du double langage de Maryse Joissains, maire et présidente de droit du centre hospitalier, qui s'est abstenue pour que le budget passe mais qui a demandé aux administrateurs de voter pour (les syndicats ont voté contre). Drôle de conception de la responsabilité qui est la sienne. Et, maniant un peu plus la contradiction, elle a déclaré : "La baisse des remboursements de 3,2%, voulue par l'Etat, est injuste. Elle ne tient pas compte des efforts de gestion et frappe à l'aveugle. Je suis pour une restructuration intelligente." Les propos sont quand même un peu culottés de la part d'une députée qui vote toutes les lois anti-sociales du gouvernement sur la santé ! Il serait temps de s'en apercevoir ou… de ne plus faire semblant de compatir.

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/06/09/9500618.html

"Allo Sarko hosto bobo…" (26 juin 2008) :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/06/26/9712423.html

Bilan 10 : "Infarctus interdit à Aix" (13 avril 2007) : 

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/04/13/index.html

Le point de vue du Dr Patrick Pelloux

"Faire-part : on enterre le service public hospitalier" (25 septembre 2008) :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/09/25/10707710.html

16 octobre 2008

Yes, Barack Obama can !

Obama_16

(Clic sur l'image pour agrandir)

3h00 du matin à la télé

L'ultime débat avant l'élection présidentielle du 4 novembre prochain s'est déroulé à New York. Pendant 90 minutes, Barack Obama et John McCain ont répondu assis et en public à des questions portant sur la politique intérieure : impôts, emploi, santé, éducation, avortement, politique énergétique… McCain s'est voulu plus offensif mais Obama a gardé tout son calme.

Les courbes en bas de l'écran exprimant seconde par seconde les réactions du panel de téléspectateurs ont très majoritairement plébiscité Obama. A l'évidence, Obama réalise de bons scores auprès des femmes, les hommes préférant McCain. Obama a souvent atteint le maximum de +, McCain restant entre deux eaux, avec des hauts et des bas.

Les sondages affichés immédiatement après le débat attribuent 58% à Obama contre 31% à McCain. L'écart s'est donc creusé un peu plus depuis la précédente confrontation. Les impressions recueillies à l'issue de ce débat semblent confirmer les divers sondages donnant Obama vainqueur en novembre. Now, Barack Obama surely can !

9 septembre 2008

A la demande générale… ou presque

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A la demande générale... ou presque, les Joissains et les Sarkozy me boudant je ne sais trop pourquoi, mais cela me va très bien, je reprends donc mes pages d'écriture. Avant qu'un lecteur – un ami qui se compromet imprudemment en signant ses commentaires de ses vraies initiales et qu'Edvige a déjà fiché au nombre de ceux qui me fréquentent – ne lance un avis de recherche international, j'anticipe de quelques jours la tenue de mes chroniques.

Puis-je me permettre de faire observer que, connaissant tout de vos impatiences à me lire, j'avais pris la précaution courtoise, si, si, vous savez bien que je suis courtois, de vous donner rendez-vous en septembre. Notez bien que je n'avais pas dit le 1er, le 2 ou le 10, j'avais dit "en septembre", qui, jusqu'à plus ample informé, va jusqu'au 30. A l'évidence, vous aviez interprété autrement, à moins que... vous n'ayez délibérément fomenté une stratégie du harcèlement pour tenter de me donner mauvaise conscience. Nous nous ressemblons tellement ! Quoi qu'il en soit, même en publiant le 29, ma parole n'aurait pas été mise en défaut. Florentin, l'argument, non ? 

Mais, je vois bien que vous êtes insatiables. Vous vous êtes connectés, chaque jour, en vain, et vous me l'avez fait savoir, souvent avec humour. Il est vrai aussi que, depuis quelques temps, il n'y a pas vraiment grand-chose à se mettre sous l'œil sur d'autres blogs volages ou inconstants du coin.

A la vérité, cela m'aura permis de mesurer à sa juste valeur votre profond état de manque, que j'ai donc testé sans l'avoir machiavéliquement prémédité... alors que j'en suis bien capable (Proverbe italien : "Le loup perd le poil mais pas le vice"). J'ai l'outrecuidance de penser que les nombreux signes que vous en trahissez, par vos commentaires ou vos mails, sont finalement ceux d'une amitié, celle-là même que j'ai aussi envie  de vous manifester à ma manière en prenant place devant mon écran.

Une fois ces choses dites, et avant de repartir à la charge, je voudrais vous dire que cette pause estivale restera pour moi à nulle autre pareille. Ce mois de septembre, j'ai posé mon cartable et ma craie et laissé à de plus jeunes l'héritage de ma salle de classe et le soin de poursuivre l'éducation des générations futures. Je n'ai ni nostalgie de ce métier choisi qui m'a offert certaines de mes plus belles années professionnelles, ni même acrimonie à l'égard d'un système défaillant qui mériterait pourtant de toute urgence de redevenir le lieu fondamental de la formation des individus à la connaissance, à l'esprit critique et à la liberté.

C'est à l'école de notre République que je dois d'avoir accueilli  l'étranger que j'étais et de m'avoir fourni les outils de ma construction. Des années durant, j'ai considéré qu'il me revenait, peut-être plus qu'à d'autres, de ne rien oublier et de m'efforcer d'être à mon tour l'un des maillons de la chaîne.

A demain pour parler des agitations humaines qui n'ont pas fait la pause.

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