Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
Publicité
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Derniers commentaires
Archives
31 mars 2007

Présidentielle : Quel score pour la gauche ?

pourcentage

Pour cette élection présidentielle, on ne peut pas dire qu'il y a un manque de sondages. Les intentions de vote jouent au yoyo selon les instituts qui les produisent. Un même jour, tel(le) candidat(e) peut se voir crédité(e), pour une enquête conduite sur la même période, d'un écart de 1 à 4 %. On pourrait presque parler de vases communicants. Quand l'un(e) perd des points, d'autres en gagnent et inversement.

Mais si l'on regarde bien, depuis que l'on connaît les noms des 12 candidats, pour le premier tour, on s'aperçoit que ces variations ne semblent pas affecter la répartition des voix comptabilisées selon le schéma bipolaire. Quasiment tous les sondages publiés cette semaine, par exemple, laissent apparaître un total de 60% à droite et 40% à gauche.

Arithmétiquement, on pourrait se dire que, avec une telle avance, la droite va donc gagner le duel du second tour. Or, rien n'est moins sûr. Les choses ne se passent pas comme avec une calculette. Entre les deux tours, il faut tenir compte de phénomènes souterrains, non quantifiables, liés aux reports de voix qui ne s'effectuent pas toujours selon le clivage droite gauche.

En plus, cette année la campagne présente un caractère inédit à plusieurs titres. En 1988, 1995 et 2002, il y a toujours eu un président sortant qui se représentait ou un candidat qui avait déjà postulé une, deux ou trois fois. En avril, les deux candidats des deux grandes formations qui ont jusqu'ici assuré l'alternance en sont à leur première candidature. Sauf surprise – les Français étant devenus méfiants et imprévisibles – on devrait en rester au schéma droite gauche.

Encore que, au referendum, on a constaté que le oui comme le non ont chacun agrégé des voix venant de tous les partis de manière transversale et non plus selon l'appartenance à un côté ou à l'autre de l'éventail politique. A mes yeux, c'est un phénomène nouveau, jamais vu. C'est sans doute ce qui explique en partie le score centriste actuel (mais sera-t-il durable ?) qui se fonde probablement sur des transferts de voix libérées de leurs ancrages traditionnels.

Par ailleurs, est-on aussi sûr que toutes les voix de l'extrême droite iront au candidat de droite ? Est-on aussi sûr qu'il n'y aura pas de pertes dans le report des voix de la gauche de la gauche sur la candidate socialiste ? Dans chaque camp, les petites formations ont certainement des comptes à régler avec le candidat au positionnement le plus proche.

Enfin, imagine-t-on le candidat centriste opérer, cette année, après un affrontement aussi marqué contre la droite ultralibérale, un revirement à 180° et soutenir le candidat honni de droite ? Et même en cas de consigne de sa part, ses électeurs le suivraient-ils ? Du fait même de la nature hétéroclite du vote centriste, on peut penser que chacun de ses électeurs ne pourra se résoudre à cautionner de nouveau ce qu'il aura eu à cœur de rejeter en allant au centre.

Même si cela n'est pas la solution que je souhaite, et compte tenu des réserves à seulement 40% de la gauche, la victoire de la candidate socialiste passera, par défaut et non par adhésion, par le glissement de plus des deux tiers des voix centristes vers elle. Si ce cas de figure prenait corps, cela signifierait, pour la première fois, l'aimantation de ce que l'on appelle le centre au pôle de gauche et la prise en compte d'une majorité à l'allure de coalition de fait.

Dans une autre hypothèse, si le candidat centriste devait appeler à voter à gauche, il me semble que les reports ne changeraient pas de proportion – car il y aura toujours des résistances et des retours au bercail de droite – et la majorité de coalition s'imposerait de la même façon.

En admettant ce scénario à double variante, comment les choses peuvent-elles se passer après ? Si une coalition présidentielle à dominante de gauche se mettait en place, il serait impensable de vouloir la faire prospérer sans un label "nouvelle majorité présidentielle" permettant des accords de désistement réciproque de second tour entre candidats de gauche et du centre.

A défaut d'un tel dispositif, les législatives, où le second tour peut faire élire des candidats de tous les partis, pourraient provoquer une autre surprise : les anciens réflexes d'appartenance politique recréeraient des groupes parlementaires distincts correspondant aux partis représentés, avec le risque qu'aucun d'entre eux ne détienne la majorité à lui tout seul. Et là…

Publicité
24 mars 2007

Télésurveillance à Marseille : images pour "vidéo gag"

videosurveillance

Des yeux électroniques partout ! Forcément, on s'habitue. A la banque, au supermarché, dans le métro, à la Poste, au tabac, à la Sécu, au feu rouge, chacun de nos gestes est observé. Alors, Marseille s'apprête à en remettre une couche avec 29 nouvelles caméras de télésurveillance (cela en fera 52 en tout) en centre-ville dans le secteur Vieux-Port et République notamment. Le dispositif sera relié aux écrans de contrôle du centre de la Belle-de-Mai, à deux pas des studios de "Plus belle la vie".

Le coût de cette opération ? Restez assis : 1,5M€. Mais quelle est l'efficacité réelle de ces équipements ? C'est la question soulevée par l'opposition municipale qui réclame, en vain, un bilan chiffré. "A la rue St-Ferréol, cela n'a rien changé, comme le démontre la multiplication des petits délits", déplore le groupe socialiste, pour qui les caméras municipales sont de la poudre aux yeux.

Le périmètre surveillé est restreint et les résultats ne sont pas probants. Et pour cause. Les caméras n'ont fait que déplacer la délinquance. Les petits trafics se poursuivent un peu plus loin. Comme ce qui se prépare à Aix avec des enregistrements qui ne seront vus que le lendemain, à Marseille, les images ne sont visionnées que 4 ou 5 jours par semaine, entre 7h et 19h !

A ces incohérences, s'ajoute le manque de formation des opérateurs qui ne font qu'alerter la police sans pouvoir agir. Et la police n'intervient que si une équipe est disponible.

Ne riez toujours pas. A Aix, il n'y aura personne devant les écrans !

Conclusion : des sommes d'argent considérables qui ne serviront pas à surveiller les zones les plus criminogènes bien connues.

Consolation : cela fera de belles images pour "vidéo gag" !

8 mars 2007

Calisson du mois : Le conseil d'Aix testé par "Le Ravi"

JoissainsSi vous n'avez jamais assisté à une séance publique du conseil municipal d'Aix, voici une occasion unique et bien parlante de vous faire une idée de l'ambiance. Une vraie bataille où l'on voit comment la ville est traitée par l'équipe de Mme Joissains.

A lire avec délectation jusqu'à la fonte complète de la friandise. Un régal ! (Compte-rendu du conseil du 15 janvier publié en février par Le Ravi)

17h15 "Est-ce que nous avons le quorum ?", lance à la cantonade et sans autre formule de politesse Maryse Joissains, députée-maire de la ville. Après s'être excusée de devoir quitter le conseil à 19h pour Paris, afin de participer, le lendemain matin, à une conférence de presse pour le Festival international d'art lyrique, la première magistrate enchaîne avec la même désinvolture : "Tous mes vœux à la population et au conseil. Surtout la santé, sinon on ne peut rien faire !"...

17h16 Cyril Di Méo, conseiller d'opposition Verts, et benjamin de l'assemblée, débute l'appel.

17h42 Avancé d'une heure à cause des obligations du maire, la salle de Provence, se remplit peu à peu. Maryse Joissains tapote son micro et réclame le calme.

17h54 Jean-Marie Reynaud, directeur des ressources et relations humaines, un peu tendu, achève une présentation fastidieuse du bilan social 2005 de la ville. Repoussé à deux reprises, le bilan défend la thèse d'une municipalité soucieuse de ses dépenses en personnel et du bien-être de ses employés. Seul point noir aux yeux de la députée­-maire : l'absentéisme. "J'ai demandé qu'on s'intéresse aux accidents de travail. Mon objectif est de les éradiquer", promet l'élue.

17h56 Lucien-Alexandre Castronovo, Radical de gauche, débute les hostilités en attaquant les chiffres sur les effectifs.

18h03 "Vive l'UMP !", lance un des membres du campement des Don Quichotte installés place de la Rotonde, en plein centre ville, dont plusieurs représentants et soutiens complètent un public déjà à l'étroit.

18h37 Maryse Joissains commence à perdre patience. D'abord conciliante avec Lucien-Alexandre Castronovo, qui bataille ferme, elle finit par s'agacer lorsque Jacques Agopian, conseiller socialiste, dénonce une "présentation tendancieuse" de la réduction des effectifs. "Cette discussion concerne des personnes et ça commence à bien faire ! Le personnel a le sentiment qu'on le stigmatise ! Moi, je dis que l'on a rempli nos objectifs en n'augmentant pas la masse salariale et en intégrant 393 salariés précaires !", s'emporte la députée-maire.

18h49 Alors que la présidente de la Communauté du Pays d'Aix s'apprête à quitter la séance, une militante des Don Quichotte l'interpelle violemment : "Franchement, c'est honteux ! Je suis venue te voir ! La Rotonde, tu l'as oubliée ?" Maryse Joissains s'esquive et offre sa place à Gérard Bramoullé, adjoint aux finances, qui se lance dans la lecture de la première délibération de la soirée (budget primitif 2007 de la ville), sans plus répondre à la SDF. Révoltée, cette dernière quitte à son tour le conseil, suivie de près par une partie du public dans un chahut qui ne faiblit pas.

19h28 Le conseil est complètement débridé. Lucien-Alexandre Castronovo, François-Xavier de Peretti, deuxième adjoint UDF privé de délégation depuis cinq ans et son départ de la majorité, et le socialiste Alexandre Medvedowsky dénoncent d'une même voix le désintérêt total de la municipalité pour le problème du logement et un budget communication qui s'élève à 2,5 millions d'euros (+ 12,2 % en un an). Gérard Bramoullé défend comme un mort de faim son budget et tacle dans tous les sens. "On est en période préélectorale, je comprends que tu fasses un discours de campagne", rétorque-t-il au conseiller socialiste. Dépassé par l'ambiance devenue électrique, il finit par laisser Jean Chorro, premier adjoint délégué aux affaires juridiques, et Françoise Brassart, élue PS, s'étriper sur les augmentations d'impôts de la Région. Lucien-Alexandre Castronovo profite des réjouissances pour taquiner Bruno Genzana, jusque-là particulièrement passif. "J'aimerais que les gens descendent de leurs affiches et viennent débattre du budget. Sinon, qu'ils votent contre !", lance-t-il à l'adjoint au tourisme, candidat à la candidature non déclarée aux prochaines municipales, qui s'est offert une campagne d'affichage, au grand dam de Mme le maire.

19h40 "Comment on coupe la parole?", s'énerve Jean Chorro pendant que Cyril Di Méo s'entête à dénoncer l'attitude de la mairie vis-à­-vis des Don Quichotte. Quelques essais plus tard, l'adjoint aux affaires juridiques réussit à éteindre le micro du conseiller Verts. Réaction immédiate dans le public : "On n'agit pas comme ça en France !" Plus prudent avec Alexandre Medvedowsky, qui relance le débat, il obtient le vote sur le budget primitif. L'opposition, François-Xavier de Peretti et Jacques Garçon, autre conseiller UDF, votent contre.

19h47 Lors d'une pause cigarette méritée, le grand reporter du Ravi croise Gérard Consani, adjoint spécial des quartiers Nord, ventre en avant et démarche décidée, dans les escaliers menant à l'ancienne salle du Parlement de Provence. Interpellé par un retraité qui prend le chemin inverse, l'élu stoppe net sa progression et confie, complice, au vieil homme qui l'encourage "à tenir" : "Je suis un cheval de bataille. Et vous savez, Maryse est une battante, elle a une capacité de travail extraordinaire. Et puis, c'est une mère corse..."

20h07 Bruno Genzana se sent tout à coup pousser des ailes. A propos du "budget primitif du festival international d'art lyrique", il ironise : "Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas pu m'exprimer sur le sujet ce matin en conférence de presse." Référence voilée à la mauvaise humeur que lui témoigne "Maryse". A l'exception de Jean Chorro et Gérard Bramoullé, visages fermés, l'assemblée reste indifférente à l'allusion. Les conseillers de la majorité poursuivent leurs discussions ou somnolent. Le brouhaha est tel que François-Xavier de Peretti interrompt son intervention. Dans un style très balladurien, il s'exaspère : "Qu'est-ce que c'est ?" Et gagne une minute de calme.

20h27 Les rangs du PS se vident. Unis dans leur combat, André Guinde, Jacques Agopian et Alexandre Medvedowsky désertent le conseil en même temps.

20h30 "C'est la 10e ou 15e modification du Plan d'Occupation des sols (POS) que vous effectuez sans le dire. Je pense saisir la juridiction compétente pour la faire annuler", prévient Cyril Di Méo, toujours aussi offensif, au sujet d'une modification apportée au Plan local d'urbanisme (PLU). L'élu Verts ne vote pas la délibération. Seuls Catherine Silvestre, opposition de gauche, et François-Xavier de Peretti s'abstiennent.

20h32 Les débats autour du dossier de la ZAC de la Duranne, à l'ouest illustrent à la perfection deux subtilités locales : les désaccords, récents et anciens au sein de la majorité, et la liberté de parole accordée à l'opposition. "Je m'oppose au projet mais je n'irai pas contre la municipalité", affirme Bruno Genzana. Arinna Latz, des Verts, est particulièrement cinglante : "Ou on traite cet espace comme on l'a toujours fait, en cédant les terrains à des promoteurs et en se pliant à leurs désirs, ou on utilise cette unique opportunité foncière pour construire un nouveau quartier à Aix en réfléchissant à un projet durable". François-Xavier de Peretti, presque condescendant, annonce de son côté, "qu'il partage les remarques" de ses collègues. Cyril Di Méo conclut avec une boutade : "Nous abordons un sujet primordial et je suis sidéré que les prochains acteurs de notre avenir, Mme le maire et Alexandre Medvedowsky (NDLR : candidat à la candidature PS aux municipales) ne soient pas là. Mais peut-être que ceux qui seront concernés par les prochaines élections sont présents", taquine l'élu Verts. Robert Delgiovine, adjoint spécial des Quartiers Est en charge du dossier, et Jean Chorro ne mouftent pas.

20h52 Devant un public désormais clairsemé, Lucien-Alexandre Castronovo, de tous les combats, lance ses dernières forces dans un plaidoyer en faveur du Centre européen de création et de développement (CECDC). "La structure va fermer et c'est pour ça que vous baissez sa subvention de 279 000 € à 87 000 €", dénonce le conseiller radical. D'abord pugnace, Patricia Larnaudie, adjoint à l'Education, finit par abandonner la confrontation.

21h07 Jacques Lengrand, conseiller PS, sort de son mutisme pour tenter de sauver la privatisation de la fourrière municipale, "un véritable service public" selon lui. "La délégation court sur cinq ans", explique Gérard Bramoullé, "c'est malheureux, mais il faut ramasser plus de voitures pour que ce soit rentable". Immédiatement, Cyril di Méo lui saute dessus : "Je viens de comprendre votre politique du stationnement !"

21h21 La socialiste Françoise Brassart, qui a passé la quasi-totalité du conseil au téléphone, interroge Jean Chorro au sujet de la délibération 26. Apparemment déjà chez lui, ce dernier lui demande de reposer sa question.

21h23 A peine le premier adjoint a-t-il clos la séance que la salle se vide. Et pour cause ! La mairie paie le casse-croûte au rez-de-chaussée ! Le grand reporter du Ravi va pouvoir enfin se restaurer.

10 mars 2011

Le Ravi de mars à dada sur les cantonales

une_ravi_83C'est sans tarder, avant les cantonales qui arrivent dans une dizaine de jours, qu'il faut se procurer le n° 83 du Ravi de mars. Un gros dossier bien étoffé présente les enjeux du scrutin dans notre région, les dessous politiques, les stratégies pour les étapes électorales suivantes et les "jeux" de vilains entre vrais faux amis. 
"Un journal libre ne se consomme pas, il se lit." Telle est la devise du Ravi. Or donc, ce mois-ci, la livraison est encore bien fournie en informations originales, surprenantes et décalées. Mais comme d'habitude, il n'y a pas que cela. Brèves, portraits, caricatures et dessins agrémentent les pages. 
On trouve aussi un agenda d'événements, des propositions de livres à découvrir, et même des recettes de cuisine qui n'ont rien à voir avec celles de ces guides qui coûtent dix fois le prix du Ravi (2,80€). C'est dit.

Le sommaire du n° 83 de mars :
http://www.leravi.org/spip.php?article1091
Le site du Ravi :
http://www.leravi.org/

22 novembre 2010

Nombreuses affaires en justice : Oups, ça déborde !

canard_gu_rini_affaires_17
(Clic sur l'image pour agrandir)

Après les frasques Bettencourt / Woerth, voilà que, depuis quelques jours, c'est l'affaire Karachi et les suspicions de rétro-commissions qui refont surface soulevant remous et remugles.
Côté Sud, ça déborde aussi de partout. Le Canard enchaîné prévoit du gros temps sur le Vieux-Port. La Provence raconte la visite de Sylvie Andrieux chez le juge.
Comme d'habitude, les personnes ayant ou pouvant avoir un lien de près ou de loin avec toutes ces histoires y vont de leurs déclarations d'innocence et gratifient l'opinion publique de pirouettes qu'un enfant de cinq ans n'oserait même pas faire.
Allez, ouste, que la justice aille jusqu'au bout ! Pour tous.

sylvie_andrieux_laprovence_18
(Clic sur l'image pour agrandir)

Publicité
3 octobre 2010

Manifs : Ils étaient 34 millions d'accord avec Sarkozy

 chimulus_manif

Les chiffres sont là. Nets et précis. Les manifs d'hier ont battu tous les records. Pour preuve du sérieux du comptage des foules, le gouvernement avait fait appel à un homme à la compétence incontestée. Issu du pôle comptabilité de l'Oréal, familier du jonglage avec les millions, l'homme a rendu son verdict : 34 millions de manifestants. La seule fausse note, vite étouffée, est venue du Medef qui a estimé sans autres précisions le nombre à à peine 32 millions, un total jugé peu crédible par le gouvernement car inférieur à celui de la moitié de la population française.
D'ailleurs, dès la mi-journée, la DCRI (RG et DST) et le ministre de l'intérieur, utilement secondés par le ministre du travail, ancien ministre des comptes publics, ont immédiatement répliqué en confirmant l'exceptionnelle et donc historique mobilisation établie par le représentant recoiffant de la firme cosmétique.
Pour s'assurer une fiabilité de ses informations, le pouvoir a mis les petits radars dans les grands, fait tourner les caméras de surveillance à plein régime aux quatre coins des rues et a croisé ses relevés avec les très utiles fichiers aimablement autorisés par un Etat de droite.
Même si les personnes âgées des maisons de retraite, les personnes handicapées, les malades des hôpitaux, les enfants des maternelles et les bébés des crèches ont beaucoup manqué dans les rassemblements, partout en France, de longs cortèges de soutiens au plombage du système des retraites ont fait la démonstration de leur enthousiasme pour une vie hypnotiquement soumise aux intérêts et profits de sympathiques esclavagistes usurpant les traits de vertueux bienfaiteurs de l'humanité.
On n'avait jamais vu ça
Les grands patrons avaient délaissé quelques heures leurs limousines et accordé à leurs chauffeurs l'aumône d'aller siroter entre eux leurs RTT au bistrot. A Paris, malgré leurs escarpins aussi dorés que leurs parachutes, les gros bonnets, escortés de certains employés menacés de licenciements en cas de rébellion à la bonbonne de gaz, ont parcouru le mythique trajet Elysée-Fouquet's à genoux dans une imitation très réussie d'un chemin de croix et de bannière.
La foule bigarrée, à laquelle aucune racaille n'a osé venir se mêler, ne s'est pas gênée pour lancer quelques slogans bien envoyés : "Vive le président du pouvoir de crachat", "Parisot avec nous", "Ouvriers au poteau, Patrons au magot", "A nous les lingots, à eux les copeaux", "Les niches aux riches, le RSA aux pauvres", "Rendez nous nos 40 heures", "Oui au travail à 90 ans, oui à la retraite à 100 ans", "Le bouclier fiscal, c'est pas mal", "L'injustice vaincra", "A mort les acquis sociaux, les retraités au boulot".
Parmi les banderoles colorées, confectionnées en larges bandes de soie sur les conseils avisés de la dernière dame en titre de l'Elysée, on a ainsi pu constater l'unité qui régnait dans cette fête : "Medef, CAC 40, ISF, Figaro, TF1, Sarkozy, tous ensemble !"
Quelques absents
A noter que, soucieux de marquer définitivement l'Histoire et de compter parmi eux en signe de respect ceux qui n'avaient pas pu se joindre aux cortèges, les organisateurs ont brandi des milliers de silhouettes noires en carton rendant un hommage ému aux suicidés de France Télécom, des usines liquidées, de la police, des milieux pénitentiaires et des condamnés au chômage.
Tous les médias à la botte ont bien sûr rapporté, avec le bon goût qui manque aux journalistes trotskistes et fascisants des sites internet, les faits et le déroulement exact des événements.
Comme l'ont martelé les spécialistes de la déontologie journalistique que sont Jean-Pierre Pernaut et Eric Zemmour, nul syndicat rouge créateur de désordres et de prises d'otages n'a battu le pavé. Aucun Rom encore illégalement présent sur le territoire français n'a osé l'outrecuidance de se montrer pour venir défier les manifestants. Aucune association de la pensée inique soutenant habituellement sans discrimination et avec un sens démagogique sans nom tous les gueux de la terre n'a eu cette fois-ci le courage de pointer le bout de son nez pour agiter inutilement de prétendus droits de l'homme et du citoyen. Même les minables petits casseurs qui ne s'invitent que dans les manifs gauchistes pour apeurer les badauds et l'Etat ont préféré rester dans leurs banlieues pour se gaver de rap en broutant de l'herbe.
Ce qui a fait dire à certains ministres, présents sans doute pour prouver à leur pathétique chef de rayon élyséen qu'ils méritent bien de le pourlécher encore un peu et ainsi conjurer leur prochaine éviction du gouvernement, que la journée d'hier a été à leurs yeux un cas d'espèce. C'est la seule manif qui s'est vue car les marcheurs n'ont pas eu à souffrir d'un salaire amputé pour défiler dans la rue qui gouverne enfin. Comment ne pas leur donner raison pour une fois que cette majorité dite silencieuse fait passer le message qui est censé la motiver : le silence, c'est de l'argent.

14 mars 2011

Guérini pas tranquille après le rapport Montebourg

 guerini_decharge

Ce n'est évidemment qu'une impression de surface si l'agitation autour de l'affaire Alexandre Guérini et de la mise en accusation de son frère Jean-Noël par Arnaud Montebourg semble marquer une pause. Et pour cause, les élections cantonales ont lieu dimanche prochain. En réalité, quelques coups de poignard continuent de s'échanger.
Il y a quelques jours, lors d'une réunion publique de l'UMP, Renaud Muselier et Jean-François Copé sont tombés dans la caricature pour charger les socialistes. Même Jean-Claude Gaudin s'est prêté à ce jeu des propos d'estrade. C'est sans doute de bonne guerre, ne serait-ce que pour tenter de faire oublier les désastres de la politique de Nicolas Sarkozy en déroute comme jamais.
En face, on fait presque mine de se taire en public. Seul Jean-Noël Guérini s'est défendu encore une fois contre les incriminations de Montebourg. C'était lors d'une réunion à Saint-Victoret, après avoir séché deux autres rendez-vous, on se demande bien pourquoi.
Depuis Rennes, le même Montebourg a lancé la réplique : "La loi du silence se transporte à Solférino, c'est la guérinisation du PS, le PS va mourir de ça." 
Quant à la réunion du bureau national, au cours de laquelle a été validée la création d'une commission d'enquête, elle s'est déroulée sans lui et sans Martine Aubry. Et sans éclats particuliers.
Arnaud Montebourg certifie être en capacité d'apporter les preuves des menaces de Jean-Noël Guérini contre des élus marseillais, du genre "Je sais avec qui vous parlez, je sais quels journalistes vous voyez, je lis vos sms…".
Or, selon Xavier Monnier (voir article ci-dessous), il semble qu'il existe bel et bien un enregistrement sonore qui pourrait donner raison à Montebourg. La preuve en a été apportée par la journaliste de RTL, Alba Ventura, qui en a diffusé des extraits. Voilà de quoi plomber un peu plus l'ambiance déjà tendue et lourde qui règne dans les coulisses du conseil général et du parti socialiste.

logo_inrockuptibles
Affaire Guérini : Montebourg se paie le PS marseillais
7 mars 2011 par Xavier Monnier

A Marseille, après la plaidoirie assassine d'Arnaud Montebourg contre la fédération locale dirigée d‘une main de fer par le clan Guérini, les langues ont du mal à se délier. Et la direction du PS semble peu pressée de remettre de l‘ordre.
Plus belle la vie des socialistes marseillais. L'histoire de la quatrième fédération française a des airs de soap opera. Depuis la révélation de l‘enquête sur les marchés publics présumés frauduleux de la communauté  urbaine, qui a mené Alexandre Guérini, le propre frère du président socialiste du conseil général Jean-Noël, en prison, pas une semaine sans un rebondissement, une révélation dans la presse.
Et voici que désormais l‘attaque vient de l‘intérieur du PS. Avec le fameux Rapport de constatation sur les pratiques de la fédération des Bouches-du-Rhône, dit “rapport Montebourg“, dévoilé la semaine dernière. Le court texte du candidat à la primaire socialiste dézingue à tout-va. Rédigé après un bref passage à Marseille, en juin 2010, la plaidoirie de l‘avocat énumère une longue liste de griefs. Clientélisme, chantages à la subvention envers les élus, intimidations physiques… Et un réquisitoire : la mise sous tutelle de la fédé, la destitution de ses dirigeants dont Jean-Noël Guérini.
L'homme fort de la région, que la rue de Solférino aimait courtiser, apparaît aujourd‘hui, déprimé. "Nono", surnom que Jean-Noël Guérini déteste, “a des coups de blues“, confesse un proche.
“Même le voyage à Istanbul, fait pour lui changer les idées au moment des fêtes, ne l‘a pas remis d‘aplomb. Il faisait, il est vrai, un peu frais."
L'arrestation de son frère Alexandre lui a mis un coup. Corruption, abus de biens sociaux et détournements de fonds publics. Les charges retenues contre son cadet, toujours membre du bureau fédéral du PS, sont lourdes. La salve de Montebourg à l'encontre de la fédération et de Jean-Noël Guérini fait quasiment écho à ces accusations. Selon le rapport, “le cabinet du conseil général a toujours considéré la fédération comme son apanage et son bien“.
"Toutes les décisions sont prises au 9étage du conseil général, l'étage du président",
confirme aux Inrocks un ancien permanent de la fédération. "D'ailleurs, l'actuel président de la communauté urbaine, Eugène Caselli, y avait son bureau quand il officiait comme premier secrétaire de la fédération."
Les multiples leviers de cette mainmise sont également évoqués par Montebourg. Emplois publics, distributions de subventions aux associations ou aux élus via le mirifique budget du conseil général ou encore intimidations physiques. Autant d‘éléments sur lesquels les gendarmes mandatés par le juge Charles Duchaine enquêtent actuellement dans le cadre de la procédure sur les marchés publics. Dans leurs viseurs précisément, une myriade d'associations subventionnées par le conseil général, logée à la même adresse que le QG de campagne de Jean-Noël Guérini lors des municipales de 2008.
“Pas la peine d‘aller chercher jusque-là vous savez, note un vieux routier de la politique marseillaise. Il suffit de regarder comment ont été constituées les listes des dernières élections régionales. La majorité des gens était employée au conseil général."
Et encore, l‘enquête judiciaire a empêché Alexandre Guérini de se présenter sur les listes aux élections régionales de 2010…
"Ce rapport Montebourg est en-deçà de la réalité"
Quant aux intimidations, une scène est fort bien décrite par Arnaud Montebourg : la réunion du groupe des élus socialistes au conseil municipal du 17 mars 2010. Jean-Noël Guérini, doctement, explique aux élus présents qu'il dispose d'écoutes les concernant, qu'il les soupçonne d'être à l'origine de l'enquête judiciaire
! “Je sais avec qui vous parlez, je sais quels journalistes vous voyez, j‘ai même le texte de vos SMS…“ “Cette réunion je m‘en rappelle, il y a même eu un enregistrement sonore on s‘y croirait“, rigole sur une terrasse du Vieux-Port un vieil élu socialiste. Avant d‘embrayer : "Franchement, ce rapport Montebourg est en deçà de la réalité et tout cela n'est pas neuf."
Les soap-operas font aussi dans la resucée… En novembre 2008, le Sénateur Yannick Bodin avait pondu un rapport cinglant sur les pratiques de vote dans la fédération des Bouches-du-Rhône lors du scrutin pour les motions du congrès de Reims. "L'agressivité" des élus de la fédération avait choqué les observateurs, Jean-Noël Guérini trouvant même "insultante" leur présence.
Les socialistes marseillais n'ont pas moufté après le rapport Montebourg. Ou anonymement. “C‘est une ambiance de guerre de tranchées, ils savent que s‘ils sortent la tête, ils se prennent une balle, analyse un proche des barons locaux. Jean-Noel Guérini contrôle les investitures, alors ils attendent que le fruit tombe, que la justice passe."
Eux, ce sont les barons du parti. Patrick Mennucci, qui guigne un siège de député en 2012, reste muet. Sylvie Andrieux ou le président Michel Vauzelle empêtrés dans l'affaire des subventions détournées du conseil régional, se taisent. Quant à Michel Pezet, autre figure historique du socialisme local, il refuse depuis vingt ans tout poste au sein de la fédération. Tous attendent que le premier rôle, Jean-Noël Guérini, quitte la scène, rattrapé par les affaires. “La réaction de Martine n'incite pas à réagir“, se justifie l'un d'eux.
Aubry coincée en pleine primaire
Aubry a demandé “à laisser faire la justice“ et pointé le manque de précision du rapport d'Arnaud Montebourg.
“En pleine primaire, elle est bloquée par la puissance de Jean-Noël Guérini, résume un élu marseillais. 6000 cartes au moment de la désignation du candidat à la présidentielle, cela comptera." Une porte ouverte à la contre-attaque. Jean-Noël Guérini et la fédération ont porté plainte en diffamation contre Montebourg, exigé une commission d‘enquêtes aux instances nationales. Accordée
! Selon Benoît Hamon, porte-parole du PS, la commission devrait remettre ses conclusions avant l‘été. Une façon de jouer la montre…
Petite victoire, la fédération va, au moins, appliquer les statuts du PS. Intronisé président de la fédération en 2010, poste qui n‘existe pas chez les socialistes, puis cumulard du poste de premier secrétaire fédéral et boss du département, double fonction interdite, Guérini va revenir à un peu d‘orthodoxie. Conformément à l‘article 9, le candidat à la présidence du conseil général sera nommé après un vote des militants, entériné par le conseil fédéral.
Du cousu main pour le patron
? “Le scénario est écrit, se lamente un concurrent, ce sera lui“. A moins d‘un nouveau rebondissement, auquel croit l‘entourage d‘Arnaud Montebourg, persuadé que Jean-Noël Guérini ne pourra conserver son siège de président du conseil général.
Le sacre est prévu le 30 mars prochain à bord du vaisseau bleu de l‘hôtel du Département des Bouches-du-Rhône.
Le 1er avril sera jugé en appel le maintien en détention de son frère Alexandre Guérini. Poisson d‘avril en vue dans le soap-opera marseillais
?

Ecouter la conversation de Guérini avec les militants :
(placer le curseur à partir de 1'45)
http://www.rtl.fr/actualites/politique/article/les-carnets-d-alba-toute-alliance-avec-le-fn-vaut-exclusion-7667347707

L'article du Canard enchaîné du 9 mars 2011
(Clic sur l'image pour agrandir)
guerini_montebourg_canard_9

20 février 2011

L'Express revisite "le système Joissains"

express_16Dans sa livraison régionale, L'Express a publié mercredi une "édition spéciale" (12 pages) intitulée "Le système Joissains". Ce n'est pas la première du genre, il y en a une en 2008 et une autre en 2009 à peu près à pareille époque de l'année.
Le magazine dresse le portrait des trois membres de la famille Joissains. Et celui des deux élus qui jouent un rôle important au sein de la majorité. Le dossier comporte aussi plusieurs réactions d'élus du département au regard de la personnalité de Maryse Joissains. A chaque lecteur de se faire sa propre idée sur la teneur des articles.

joissains_express_alainDès mi-octobre, j'ai été contacté via mon blog par le rédacteur en chef du service régions. Mais l'entretien a eu lieu à Aix début janvier. Pendant deux heures, nous avons conversé sur la vie politique locale : mon long parcours d'élu jusqu'en 2008, histoire politique aixoise, partis, élections, personnalités, stratégies, coups fumeux...
Le journaliste a souhaité connaître les détails de la procédure que j'avais personnellement engagée en 2005 auprès du tribunal administratif à l'encontre de la Ville visant à faire annuler pour illégalité le contrat de directeur de cabinet d'Alain Joissains signé par Maryse Joissains.
La Ville ayant fait appel du jugement de 2008 faisant droit à ma requête, la prochaine décision devrait être rendue d'ici peu par la cour administrative d'appel.
Si celle-ci suit le premier jugement, ce ne sont pas 167.806€, le trop perçu par rapport à la base légale, mais 475.778€, la totalité du salaire versé en 7 ans, que la Ville devra récupérer.
Cette précision importante n'est pas reproduite dans l'extrait ci-contre (clic sur l'image pour agrandir) qui trace un portrait d'Alain Joissains.
Pour terminer, dans une autre page, il est fait mention du conflit qui a opposé Maryse Joissains et son directeur général des services à la Communauté du Pays d'Aix. Ce dernier avait contesté son éviction devant le tribunal. Comme l'article sur ce sujet ne mentionne pas l'issue de cette affaire, pas plus que la presse locale ne s'en est encore fait l'écho, j'ajoute donc que, selon mes sources, le tribunal l'ayant débouté en décembre de toutes ses demandes de réintégration et d'indemnités de licenciement, le DGS a finalement tout perdu dans cette partie.

17 février 2011

Affaire Guérini : Ça décharge fort contre Jean-Noël

guerini_bakchichUne vraie rafale ! La machine s'emballe à l'encontre de Jean-Noël, depuis mardi, jour où Le Parisien a diffusé des extraits d'écoutes téléphoniques relatant des conversations entre son frère Alexandre et lui. Hier, La Provence a aussi consacré une page à l'affaire, suivi par Mediapart (voir l'article ci-après) et par France 3 Provence-Alpes. (voir les captures d'écran ci-dessous), sans oublier le Canard enchaîné bien sûr.
Jean-Noël Guérini, lui qui déclarait ne pas vouloir commenter quoi que ce soit, a été contraint de réagir sous la pression. Il a donc publié un communiqué bien à sa manière (voir ci-dessous) ajoutant qu'il ne s'en tiendrait pas là, annonçant même qu'il allait "siffler la fin de la récréation" (quelle drôle d'expression dans le cas présent !) en s'exprimant ce jeudi soir devant les militants socialistes réunis à Allauch car il "a des choses à dire".
On remarquera que Jean-Noël Guérini se plaît à critiquer le non respect du secret de l'instruction, notamment par les médias. Mais, selon les écoutes publiées, c'est lui-même qui aurait informé son frère dès 2009 de l'ouverture d'une enquête préliminaire. Si cela est retenu par la justice, que vaudra sa défense ?

logo_mediapart_entier
Les méthodes de "management clientéliste" de Jean-Noël Guérini
16 Février 2011 Par Louise Fessard

L'information judiciaire menée par le juge Charles Duchaine sur des marchés publics présumés frauduleux dans les Bouches-du-Rhône se rapproche du conseil général et de son président, le socialiste Jean-Noël Guérini. A quelques semaines des cantonales, des écoutes inédites datant de juillet 2009, publiées mardi par Le Parisien, semblent montrer que Jean-Noël Guérini serait intervenu en faveur de son frère Alexandre, entrepreneur spécialisé dans la collecte et le traitement des déchets (Jean-Noël Guérini a publié un démenti sur son blog). (voir ci-dessous)
Alexandre Guérini a été mis en examen pour "abus de biens sociaux, détournement de biens publics, recel et blanchiment, corruption active et détention de munition"» le 2 décembre 2010 et placé en détention. Dans une audition de décembre 2009, également versée au dossier depuis peu, un ancien directeur général des services du département, Vincent Potier, décrit aux gendarmes "certaines pratiques ou tentations de pratiques liées à ce que j'appellerai du management clientéliste" au sein du vaisseau bleu, le siège du conseil général à Marseille.
Connaissant un certain nombre d'éléments, Vincent Potier, aujourd'hui directeur général du centre national de la fonction publique territoriale, a estimé "de son devoir" de se tenir à la disposition du juge Charles Duchaine, lorsque l'affaire a éclaté en novembre 2009.
Après avoir été directeur général des services des Bouches-du-Rhône pendant six ans, Vincent Potier avait quitté l'institution selon lui sur un désaccord, en juin 2008 après l'échec de Jean-Noël Guérini aux municipales de Marseille. "J'ai choisi de lui exposer les conditions dans lesquelles j'accepterai à continuer de travailler avec lui (Jean-Noël Guérini), raconte-t-il aux gendarmes le 10 décembre 2009. Ces conditions étaient que mes collaborateurs ne soient plus imposés contre mon gré dans toutes les catégories et plus particulièrement B et A, mettre fin au court-circuitage en provenance du cabinet et me redonner la main sur le suivi des outils extérieurs au Conseil général. Le président n'ayant pas validé mes demandes, j'ai pris soin de quitter mon poste."
Face aux gendarmes, Vincent Potier décrit un système piloté par un petit nombre de personnes, depuis le cabinet de Jean-Noël Guérini, qui s'apparente selon lui à un "management clientéliste". "De 2002 à 2008, tous les recrutements de catégorie C par le Conseil général provenaient de noms prescrits par le cabinet, explique-t-il. Au fil des années, cette pratique s'est progressivement étendue aux catégories A et B."
De même concernant les associations, il dit avoir "constaté une certaine pratique d'indication de montants de subventions à certaines associations transmis par le cabinet directement au service concerné, le dépôt du dossier de demande s'effectuant postérieurement".
Gérard Piéri, le fonctionnaire à l'époque chargé de contrôler les associations, "se targuait constamment d'être très proche d'Alexandre Guérini, le frère de Jean-Noël", dit Vincent Potier lors de son audition. Il n'était pas le seul au sein de l'institution puisque "Alexandre Guérini avait des liens directs et fréquents avec Jean-François Noyes (à l'époque directeur de cabinet puis conseiller spécial de Jean-Noël Guérini), Pascal Marchand (directeur de cabinet de 2005 à 2008), Jean-Marc Nabitz (alors directeur de la société d'économie mixte Treize Développement)", précise le fonctionnaire.
Ce dernier nom n'est pas anodin puisque Treize Développement était responsable des plus grosses opérations d'investissement du conseil général, comme la construction-rénovation des collèges, et jouait un rôle primordial dans l'élaboration du plan départemental d'élimination des déchets ménagers.
Dossiers sensibles
Au sein du cabinet de Jean-Noël Guérini, Vincent Potier décrit le "rôle éminent dans le suivi d'un certain nombre de dossiers dits sensibles" joué par sa conseillère spéciale, Beatrix Billès. Et de lister ces dossiers : "les autorisations pour les maisons de retraite, le Mentaure (décharge gérée à La Ciotat par une des sociétés d'Alexandre Guérini où l'enquête a révélé plusieurs malversations), le plan départemental des déchets et toutes les questions liées aux deux incinérateurs, les questions foncières, le rachat de l'immeuble CMA CGM (vendu 50 millions d'euros par l'armateur au département, ndlr) et le contrôle de la chambre régionale des comptes".
Les enquêteurs se sont penchés sur plusieurs de ces dossiers, notamment celui du Mentaure et des maisons de retraite. Mais rien n'a filtré de ce dernier volet pour l'instant (à part une écoute). En 2008, la chambre régionale des comptes de Paca avait dénoncé des décisions du Conseil général en matière de création de maisons de retraite "parfois motivées de façon étonnante (...) sans analyse des besoins du secteur" et "un processus décisionnel peu compréhensible". "Certains motifs sont erronés et masquent la volonté de ne pas travailler avec un promoteur particulier", avaient écrit les magistrats.
Autre dossier sensible : fin 2009, le Conseil général rachète avec un an d'avance l'ancien siège social du troisième armateur mondial, la CMA CGM, alors en très mauvaise posture financière avec une dette de 3,5 milliards d'euros. Et débourse immédiatement les 50 millions d'euros alors que début 2011 les locaux ne sont toujours pas occupés par les services du conseil général. Vincent Potier, réduit au rôle "d'observateur et d'exécutant" dans ce dossier "négocié personnellement par Jean-Noël Guérini et Beatrix Billès", a dénoncé face aux gendarmes ce qui ne lui "paraît pas une méthode de bonne administration", au vu de la somme d'argent public en jeu.
Quant aux marchés de sécurité, ils étaient, toujours d'après Vincent Potier, suivis "de manière attentive et personnelle" par Jean-François Noyes, un proche d'Alexandre Guérini aujourd'hui conseiller général et président de l'office HLM des Bouches-du-Rhône. Une précision d'importance puisque, comme le relatait La Provence, le Conseil général et son bailleur social ont fait appel à plusieurs reprises "pour des marchés de l'ordre de plusieurs millions d'euros" à la société Alba Sécurité, gérée par Carole-Evelyne Serrano, la compagne de Bernard Barresi, arrêté en juin 2010 après dix-huit ans de cavale.
Vincent Potier se souvient d'ailleurs d'un incident lié à l'attribution d'un marché à Alba Sécurité en 2004-2005. Il raconte "la demande de la part de Jean-François Noyes que soit écarté un fonctionnaire jugé incompétent qui intervenait dans l'analyse des offres". "Par la suite, les propositions de promotion professionnelle (de ce fonctionnaire muté dans un autre service) ont été refusées", complète-t-il.
Contacté mardi soir, le conseil général des Bouches-du-Rhône dit "ne pas pouvoir se prononcer sur des documents inconnus et relevant du secret de l'instruction». En décembre 2010, lors d'un entretien avec La Provence, Jean-Noël Guérini avait déclaré, avec un peu d'imprudence : "Il est clair que ce sont les affaires de mon frère qui sont aux mains de la justice et non pas celles du Conseil général des Bouches-du-Rhône, ni de son président."

(Clic sur les captures d'images pour agrandir)
guerini_france_3guerini_france_3_suite

Réaction de Jean-Noël Guérini à l'article du Parisien

"Une fois de plus, un article publié ce mardi 15 février, en page 14 d’Aujourd’hui en France, repris par de nombreux médias rend publics des éléments d’une instruction judiciaire en cours, au mépris du secret de l’instruction et de la présomption d’innocence.
Alors que j’ai écrit au Procureur de la République de Marseille il y a plusieurs semaines pour lui demander de prendre toutes les mesures pour que cette affaire cesse d’être exploitée publiquement grâce à des fuites difficilement explicables, je remarque qu’aucune mesure n’a été prise pour que l’instruction judiciaire puisse enfin se dérouler normalement et sereinement.
Je constate qu’une nouvelle fois, des écoutes téléphoniques, dont on nous dit qu’elles viennent 'tout juste d’être versées au dossier', sont sorties de leur contexte et publiées sans aucune précaution, ni vérification.
Je souligne que Michel Tonon, maire de Salon et Président de l’Agglopole a catégoriquement démenti une quelconque intervention de ma part dans ce dossier et il a apporté des précisions sur le fond qui démontrent incontestablement ses propos. De même, le directeur général des services de l’Agglopole a confirmé qu’à aucun moment, je ne suis intervenu dans ce dossier au profit de mon frère.
Je le répète, en ce qui me concerne je ne me suis jamais mêlé de cette affaire, ni de près, ni de loin.
Je regrette les approximations et les amalgames relayés par la presse. (...)
J’en arrive à m’interroger aujourd’hui sur l’utilisation médiatique et politique de cette instruction et sur les objectifs poursuivis par ceux qui n’hésitent pas à bafouer les règles qui président au bon fonctionnement de la justice afin d’essayer d’influer sur le choix des citoyens, alors que nous sommes à six semaines des élections cantonales."

28 janvier 2011

Son portrait dans le "Ravi" : "Moi, Alexandre Guérini"

guerini_alex_ravi_2011_dessin_trax___CopieAchevons la semaine avec un provisoire dernier épisode sur l'homme de l'ombre pendant des années, placé à l'ombre depuis deux mois et mis à nu par le Ravi comme on le voit sur ce dessin.
Contrairement aux apparences, ce portrait en pied sans paroles est finalement plutôt pudique comparé au vocabulaire habituel du personnage que les écoutes téléphoniques ont révélé.
Et on imagine fort bien l'embarras du dessinateur Trax rougissant à la seule idée de reproduire in extenso de telles élégances langagières.
D'où l'option d'en faire figurer un résumé assez lapidaire grâce au subterfuge de subtils graffitis fuitant délicatement des deux sphères cérébrales du croqué.
(Clic sur l'image pour agrandir)
Ne reste plus qu'à lire le rapport satirique fondé sur des faits avérés, établi par un pseudo expert psychiatre auprès de la cour d'appel d'Aix.
A vos pupilles et papilles !

(Clic sur chaque image pour agrandir)
(Pour un meilleur confort de lecture, j'ai découpé l'article en deux parties)
guerini_ravi_81
guerini_ravi_81_suite

31 mars 2011

CG 13 : Guérini a fini par "muselier" tout le monde

guerini_portraitCirculons, circulons, dégageons, il n'y aurait plus rien à voir. Ce matin, Jean-Noël Guérini a été réélu président du conseil général des "Louches-du-Rhône" et a aussitôt démissionné de la direction du parti socialiste.
La surprise est venue du nombre de voix qu'il a recueillies. Il ne pouvait espérer que les 37 de gauche. Il en a obtenu 40 avec 3 renforts tombés du camion de la droite !
On imagine la tête ahurie de Renaud Muselier découvrant que le scénario "à la Caselli" s'est de nouveau abattu sur son dos fracassé. Sûr que ses amis, ceux qui lui font encore un peu confiance, vont devoir lui remonter le moral.  
On ne sait pas encore qui sont ces "putschistes" de droite. Ils n'aiment peut-être pas Martine Vassal, la candidate de leur camp. C'est bien leur droit et, dans ce cas, la logique aurait dû les amener à s'abstenir.
Mais là, il s'agit d'une toute autre attitude puisqu'ils ont rallié l'ennemi. Le vote secret les a probablement encouragés à franchir ce pas. Le gros hic, c'est que le décompte des voix trahit ouvertement leur défection à droite.
Réagissant à chaud, Renaud Muselier a déclaré :
"Le constat est fait que c'est un système qui corrompt, puisque deux élus de chez nous sont passés dans le camp d'en face. Je ne cherche pas les noms. Ceux qui votent avec les élus de gauche en se cachant ne respectent ni leurs électeurs ni leur engagement. Mais on comprend mieux, peut-être, mon échec à la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, en 2008." 
Trois élus donc, deux UMP NC et un indépendant, vont se faire pister dans tous les recoins. Sont-ce ceux à qui Jean-Noël Guérini a promis une récompense genre présidence ou vice-présidence de commission ? Pas forcément à vrai dire, car à l'heure actuelle, deux seules offres de ce type ont été annoncées.
Alors, y aurait-il d'autres sucres d'orge dans la hotte de Jean-Noël à distribuer lors de la répartition des délégations ? Il ne faudra s'étonner de rien.
Quand viendront les désignations pour les postes et les gratifications, on surveillera de près si les votes à 40 se renouvelleront. On guettera aussi les déclarations des uns et des autres, si toutefois ils osent transgresser le verrouillage de la machine Guérini.
Aujourd'hui, le temps s'est mis au beau. Seul le juge Charles Duchaine sait s'il va ou doit couvrir la carte météo de quelques nouveaux nuages. 

19 janvier 2010

Election d'Aix : Joissains n'exclut pas de saisir l'ONU !

Elle était déjà sur mon blog il y a un mois. Mais l'information restant d'actualité, La Provence en a aussi fait son gros titre en une de son édition d'hier. Et, tout compte fait, il n'est pas inutile d'y revenir.

Il s'agit, en l'occurrence, de l'épatant recours formulé par Maryse Joissains auprès de la Cour européenne des droits de l'homme pour se plaindre officiellement d'une soi-disant partialité politique, entendre partisane, de certains magistrats du Conseil d'Etat qui avait annulé son élection.

Cette protestation, ce n'est rien d'autre en fait, est probablement une première au niveau européen. Le but est évidemment de crier à la victimisation et au scandale en essayant de lui donner un tour grandiloquent et un écho plus large, notamment en insinuant qu'on touche là à des droits fondamentaux.

C'est aussi une façon de maintenir la pression pour déconsidérer par avance toute nouvelle éventuelle annulation par ledit Conseil. Lequel, par la force des choses et sans rapport avec les délais européens, se prononcera donc bien avant sur l'appel d'Alexandre Medvedowsky contre la décision du tribunal administratif de Marseille qui n'a pas invalidé l'élection de juillet.

Le moment venu, il sera intéressant de vérifier comment réagira Joissains.

gif_justice_balanceHypothèse 1 : le Conseil d'Etat annule. Le complot est établi.

Hypothèse 2 : le Conseil confirme l'élection. Et elle aura du mal à maintenir ses accusations farfelues.

Pour l'instant, à lire les arguments du recours, il y a de quoi douter fortement du sérieux du raisonnement mis en avant. Car Joissains met nommément en cause 5 magistrats ayant exercé dans des ministères socialistes. Ce qui en fait, selon elle, des magistrats politiquement "orientés" et donc inaptes à juger.

En revanche, rien n'est dit sur des fonctions éventuellement exercées antérieurement par les 10 autres qui, par déduction tout aussi absurde, ne seraient donc pas de gauche. C'est là, précisément, que quelque chose cloche.

Joissains aurait-elle eu connaissance du vote individuel des magistrats, qui, par définition, est secret et n'est pas rendu public ? Etrange.

Joissains dispose-t-elle de sources occultes pour savoir ce que personne ne peut se savoir ? Faudra expliquer ça. Quant à la section qui a jugé, elle est composée de 15 membres. Alors, comment 5 magistrats peuvent-ils, à eux seuls, représenter une majorité. Mystère. Et les "non socialistes", y aurait-il donc aussi parmi eux des revanchards qui en voudraient à Joissains ? C'est nouveau, ça vient de sortir. Les magistrats bafoueraient-ils le droit au nom de vindictes politiques et personnelles ? Paranoïa ?

Est-ce à dire que notre belle France est devenue une République bananière sans que personne ne s'en aperçoive… sauf Joissains ? Si tel était le dramatique cas, il faudrait alors aussi se poser des millions de questions sur le fonctionnement du Conseil constitutionnel, des tribunaux administratifs ou des prud'hommes composés de magistrats dont le devoir est d'agir en toute objectivité et de se prononcer en toute indépendance en fondant leurs jugements sur le seul droit.

Joissains a une drôle de perception de la justice... quand elle lui est contraire.

Bientôt, à ce rythme, après Aix, après le Conseil d'Etat, après la Cour européenne, Joissains risque bien d'annoncer un jour ou l'autre et jamais à court d'étendard qu'elle part à l'assaut de l'ONU. Pour laver définitivement son honneur bafoué, dit-elle. Soupir.

Lire la requête de Maryse Joissains à la Cour européenne :

http://www.marysejoissains.com/media/doc/coureuropeennne.pdf

31 juillet 2009

Elections, pièges à noms…

à Après son coup de force contre les élus de l'opposition, Maryse Joissains serait-elle en train de se raviser ? Ses déclarations à la CPA semblent le suggérer. "Avec de Peretti, je me suis fait un plaisir. Mais je vais discuter avec mes colistiers et les représentants de l'opposition. Je n'exclus pas d'enterrer cette hache de guéguerre". Ces propos de mercredi n'en restent pas moins un véritable aveu : elle admet ainsi avoir agi sous l'effet conjugué d'une pulsion toute personnelle et d'une vengeance stupide, sans consulter sa propre équipe.

à La séance de la CPA s'est tenue parce que le préfet l'a autorisée. Maintenant on aimerait bien savoir sur la base de quels textes il a fondé sa décision. Car, le Code général des collectivités territoriales stipule que l'élection de la présidence et des instances exécutives ne peut se faire que lorsque le conseil se trouve au complet. Or, la démission des six élus de l'opposition l'a rendu incomplet. Et ce n'est pas le simulacre des pancartes portant les six noms désignés par Joissains qui pouvait valider légitimement la présence des démissionnaires. Par ailleurs, répétons-le, les conditions de convocation liées au délai obligatoire n'ont pas été réunies (voir mon article du 28 juillet).

à Joissains n'est pas la seule à n'avoir pas recueilli le maximum de voix possibles, certains vice-présidents en ont également perdu quelques-unes. Comme quoi le vote secret donne parfois du courage.

à Dimanche dernier, au CM, deux anciens adjoints ont été rétrogradés au rang de conseillers, suite à la promotion de deux autres dont l'un est fraîchement arrivé sur la liste. Les deux élus concernés sont Catherine Rivet, ex-deuxième adjointe, déléguée à l'espace public, qui avait suscité des polémiques notamment à propos des emplacements des marchés, et Jacques Garçon, ex-onzième adjoint, délégué à la propreté urbaine, qui était le représentant du Nouveau centre. Pour ce dernier, l'explication pourrait être le gage donné à Bruno Genzana pour son ralliement au NC et à Joissains, une manière de lui débarrasser le plancher pour de futures ambitions. Pour la première, la compensation a été vite trouvée, elle devient vice-présidente à la CPA.

à Il faudra attendre la confirmation de la distribution des délégations pour savoir quelles autres "récompenses" ou "punitions" ont été décrétées dans cette équipe où tout le monde semble tant s'adorer.

à A signaler enfin que, à la faveur de cette nouvelle élection, un autre mouvement s'est produit qui pourrait n'être ni innocent ni inconséquent. Sophie Joissains, après être devenue sénatrice en septembre dernier, vient une fois de plus de monter en grade. Elle était huitième adjointe, elle est désormais sixième. Ne serait-ce pas là une façon de la rapprocher du fauteuil de maire avant la fin du mandat ? A mon avis, l'hypothèse n'est pas si saugrenue que cela.

à Histoire de conférer à mes observations le soupçon d'impartialité qui convient, une prochaine fois, je vous parlerai peut-être d'un phénomène que l'on constate malheureusement souvent en période estivale : l'abandon sur le côté gauche de la route d'une demi-douzaine d'anciens pensionnaires.

-----------------------------------------------------------------

Dans Le Canard enchaîné du 29 juillet 2009

canard_aix_melenchon_29

          

L'article entier du Nouvel Observateur

Joissains : merci Mélenchon ?

Le front anti-Joissains a échoué. Dimanche, la maire sortante d'Aix-en-Provence, dont l'élection en mars 2008 avait été invalidée, a été réélue d'un cheveu : 187 petites voix. Un rassemblement aussi large qu'hétéroclite s'était pourtant constitué face à la députée-maire : son adversaire, Alexandre Medvedowsky (qui compte déposer un nouveau recours), conduisait une liste PS/Verts/MoDem, également soutenue par un candidat divers droite ! Seule la gauche radicale - la liste PCF-NPA-PG, qui avait recueilli 4,21% des voix au premier tour - n'avait pas donné de consigne de vote.

Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de Gauche, n'a aucun regret. Pas question de soutenir un accord PS-MoDem, expliquait-il dès le lendemain sur son blog. "Pourquoi aurait-il fallu faire une exception à notre refus de ce type d'alliance, ici, pour une partielle dans un quartier bourgeois de la Côte ? écrit le député européen. Pour l'entendre ensuite cent fois citée comme jurisprudence partout ailleurs en soutien à d'autres combines aussi calamiteuses ?"

7 avril 2009

Marseille : En politique, sont 'ach'ment balèzes

marseille_gaudin

(Clic sur l'image pour agrandir)

Une des photos en simulation virtuelle du futur Vieux-Port

Un coup, ils partagent le repas. Un autre, ils se dévorent le foie. Sans jamais lâcher les couteaux sous la table. Depuis que la gauche a ravi la Communauté urbaine de Marseille à la droite, il a fallu de longues palabres pour trouver un chemin d'entente forcée. Marseille Provence Métropole a validé un certain nombre de demandes de Marseille et la Ville a fait des concessions à la Communauté.

Malgré les aides financières de MPM et du Conseil général, Jean-Claude Gaudin a été obligé d'augmenter les impôts pour faire vivre quelques projets et surtout survivre un peu politiquement. Jean-Noël Guerini s'est lancé dans un plan de relance pour Marseille et le département, voté à l'unanimité. Eugène Caselli en a fait autant avec une large majorité.

Entretemps, une polémique a failli mettre à mal le consensus obtenu pour Marseille Provence capitale européenne de la culture en 20013. Renaud Muselier, humilié par ses défaites successives et privé de tous les leviers de commande a fait son malin en lançant l'idée d'un guichet marseillais des projets. Tollé immédiat. Le Conseil régional, le Conseil général et d'autres collectivités et institutions ont fait paraître un énorme communiqué dénonciateur pleine page dans la presse. Jean-Claude Gaudin a remis un peu d'ordre en désavouant à demi-mot le gaffeur et a proclamé l'unicité de guichet pour Marseille 2013. Ouf ! Cela semble réglé.

Pourtant, dans ce dossier comme dans les autres, c'est à qui assurera la meilleure propagande pour sa propre pomme. En effet, ces derniers jours, Guerini, Vauzelle et Gaudin font la bataille d'encarts auto-promotionnels via la presse. Chacun y va de ses formidables initiatives et décisions qui vont évidemment nous faire aimer notre bonheur.

Mais, il y a plus fortiche. Si, si. Je vous raconte. Samedi, étant en visite familiale à Marseille, je découvre une belle enveloppe siglée en bleu "Ville de Marseille, le Maire". Avec, à l'intérieur, un courrier de quatre pages en quadrichromie, une lettre signée Gaudin "Madame, Monsieur, bala bla bla" et de belles photos du futur centre ville de Marseille. Les propos signalent à peine les participations financières croisées des autres collectivités et, en dernière page, ne figurent que les logos marseillais.

Bravo, bien joué, Gaudin ! Une lettre circulaire faussement individuelle directement glissée dans la boîte aux lettres de tous les Marseillais, c'est tellement plus personnel et ça donne l'impression que la dépense est minime. Et puis, tant d'images en simulation virtuelle, n'est-ce pas le meilleur moyen de faire rêver à domicile ? D'ailleurs, des rencontres sont annoncées pour soumettre les projets à la population. Mais, à quoi bon, pourrait-on penser, tant l'affaire semble ficelée et déjà comme réalisée.

Peu importe, tous les coups sont bons pour ramener à soi la couverture. Vauzelle, Guerini et Caselli vont-ils relever le gant et riposter à la provocation ? On bout d'impatience. Ce serait aussi 'ach'ment balèze !

30 juin 2009

Joissains se dérobe, TV7 Provence annule le débat

URGENT 14h00

Ce matin, dans le studio de TV7 Provence devait avoir lieu un débat démocratique entre les 5 têtes de liste qui briguent la mairie. Après avoir donné la parole à chacun au cours de précédentes émissions, mises en ligne il y a une semaine, pour répondre aux mêmes questions sur un ensemble de thèmes cruciaux pour l'avenir d'Aix, la télé locale avait pris l'initiative, pour compléter le cycle de manière cohérente et avec le même souci d'équilibre et d'équité, de proposer aux mêmes candidats de venir débattre entre eux face aux caméras.

Les invitations, formulées en termes identiques, avaient été adressées aux 5 chefs de file il y a plusieurs jours. L'équipe de TV7 Provence avait donc mobilisé tous ses moyens pour que ce moment fort, et à l'heure actuelle le seul prévu, soit à la hauteur : préparation du studio d'enregistrement, présence de toute la rédaction et investissements financiers pour assurer la qualité de l'opération. Les candidats avaient été autorisés à inviter un certain nombre de personnes de leurs équipes respectives.

Ce matin donc, tout était fin prêt pour l'événement et tous les candidats étaient bel et bien là, sauf Maryse Joissains. Son entourage a indiqué qu'elle était atteinte d'une extinction de voix qui l'empêchait de participer aux échanges. Pour le moins, le motif semble n'être qu'un subterfuge qui confirme une dérobade de plus.

En effet, samedi en matinée, interrogée par un blog vidéo sur sa venue à ce débat, Maryse Joissains avait déclaré qu'il était hors de question pour elle d'aller se confronter à tous les candidats. A ses dires, elle n'était prête à accepter qu'un débat en tête à tête avec son concurrent de second tour, qu'elle a désigné en la personne d'Alexandre Medvedowsky.

A l'heure dite, les organisateurs, qui n'ont reçu aucun message de désistement, ont eu la désagréable surprise de constater que l'ex-maire d'Aix n'était pas là. Son entourage le plus proche était présent et souhaitait parler à sa place. Le chef d'édition et ses collaborateurs ont indiqué que le siège prévu pour Maryse Joissains ne serait occupé par personne d'autre qu'elle.

Les quatre autres candidats prenaient acte de cette absence et se déclaraient prêts à participer au débat (NB : Stéphane Salord, sollicité suite au crash de l'Airbus, a souhaité quitter le plateau). Finalement, les conditions d'un débat pluraliste n'étant plus réunies, la rédaction a décidé d'annuler l'émission purement et simplement.

Pour cet événement unique, TV7 Provence avait convié ses confrères, dont ceux de La Provence et de La Marseillaise, qui rendront vraisemblablement compte demain de ce qui apparaît d'ores et déjà comme étant une esquive de Maryse Joissains à un rendez-vous essentiel qui avait pour seul but d'informer objectivement les électeurs. Des photos et des images ont été prises sur le vif par la presse et par le blog vidéo. Elles seront publiées et mises en ligne dans les heures qui viennent. On y verra des discussions informelles entre candidats et personnes présentes sur ce qui va probablement susciter beaucoup de commentaires...

logo_TV7_provence

Le site de TV7 Provence :

(pour voir les vidéos de la campagne électorale

et les interviews individuelles des candidats sur des thèmes majeurs)

http://www.tv7provence.com/

18 juillet 2009

Election municipale : Une fille ou un gars ?

Plus qu'un simple tour d'horloge au vieux beffroi de l'Hôtel de Ville et c'en sera fait. Alors, versons dans le léger, du moins en apparence. Et jouons à l'absurde. Listes électorales trafiquées ou non, bonne nouvelle, dimanche soir, l'élection sera jouée. Mauvaise nouvelle, l'un des deux candidats sera maire. J'en entends déjà certains protester. J'ai prévenu, j'ai dit léger et absurde.

Les deux listes restantes ont presque le même intitulé : pour l'une, "Tous ensemble pour Aix", pour l'autre, "Ensemble pour Aix et le pays d'Aix". Et si le second slogan était plus judicieux ? Comment savoir ?

Etonnant également, mais personne n'a relevé cette malice, le garçon est né un 10 mai d'heureuse mémoire, la fille un 15 août de légende calendaire. Le 19 juillet, celui ou celle qui aura défait l'autre canonisera cette date, même et surtout si l'exploit est accompli à un infime écart de voix.

Dès la proclamation, de poignantes envolées définitives viendront, pour l'un, flatter "la volonté des Aixois de tourner la page d'un système pour ouvrir celle d'une nouvelle espérance grâce au large rassemblement qu'attendaient nos concitoyens" ou regretter que "nous avons perdu mais nous avons fait le maximum et dans l'opposition nous assumerons nos responsabilités pour combattre la politique néfaste que subissent les Aixois depuis huit ans…" et, pour l'autre, asséner que "les Aixois ont tranché en me rendant justice par les urnes pour laver un honneur bafoué" ou fustiger "le vol d'une victoire sur décision rendue par des magistrats politisés, et qui ne perdent rien pour attendre, en ayant confié la gestion de la ville à une association d'opportunistes qui m'ont insultée et qui vont ruiner la ville".

Quel que soit le camp raflant la mise, prière donc de ne pas négliger les habituelles boursouflures des discours analysant le bon coup de dés et les gémissements des vicissitudes justifiant le mauvais. Car, en nos sociétés dites démocratiques, 51 font nécessairement plus que 49, c'est la règle. 51 ont raison contre 49 qui ont tort. 51 souriront et 49 pleureront, même si nombreuse est la cohorte des abstentionnistes volontaires, indifférents ou écœurés.

Déjà aux aguets, prête à envahir les rues et à converger jusqu'aux entrailles de la mairie, la foule qui se réjouira de la réussite de son camp se substituera à celle qui n'aurait jamais dû perdre. Impitoyable. L'astre luisant ou le désastre cuisant. A un chiffre près, le loto pour les uns, la guigne pour les autres. La belle vie d'un côté, la triste survie pour l'autre.

Aix a tout de la ville devenue romaine par la défaite violente infligée aux Salyens. Sur les hauteurs d'Entremont, les vestiges du site de notre passé ne cessent de nous rappeler qu'il faut être digne de Caius Sextius Calvinus pour fonder notre cité. Une garnison lui a suffi pour obtenir une victoire. Et un titre de consul l'a fait entrer dans l'Histoire. Vingt-et-un siècles après, une simple fonction confèrera ou non au maire élu son heure de gloire. Au prix d'un calisson ou d'un pastisson.

aix_oppidum_entremont

(Clic sur l'image pour agrandir)

L'oppidum du site d'Entremont vu par le Nord

11 avril 2009

"My blog is beautiful" (dixit "Le Ravi")

Il faut bien l'avouer, c'est le genre de compliment qui fait d'abord rougir, disons au moins un petit peu. Et puis, on se ravise vite et on se dit qu'après tout, n'est-ce pas, pourquoi bouder son plaisir ? Et on veut même le faire partager...

Rémi Leroux, responsable du site "Rue89 Marseille", traque la toile pour y dénicher les blogs du coin. Ce mois-ci, pour "Le Ravi", il cible son papier sur ce qui se passe à Aix et dans ses environs. Sa chronique met trois blogs à l'honneur. Et ça donne ça… (Nous en sommes flattés et nous l'en remercions vivement.)

une_ravi_62_article_blogs

(Clic sur l'image pour agrandir)

Le site "Rue89 Marseille" :

http://www.rue89.com/marseille

3 juin 2009

Election municipale d'Aix : Alors, annulée ou pas ?

Pas un jour sans que quelqu'un ne m'en parle. Comme je n'en sais rien, je réponds que je n'en sais fichtre rien.

De date annoncée en date hypothétique, la décision du Conseil d'Etat ne vient pas. La rumeur courait que c'était pour le 29 mai. Sans doute parce que, coup sur coup, on a d'abord appris l'annulation des élections dans des petites communes du coin, où, depuis, les élections se sont déjà déroulées.

Puis de celles de Perpignan pour une histoire de chaussettes bourrées de bulletins et de Carcassonne pour des suffrages jugés irréguliers dont certains émanant d'employés municipaux ou de proches du maire n'habitant pas dans la commune.

On a aussi laissé entendre ce type de motif pour Aix. Mais, le recours en attente de décision officielle avance d'autres arguments.

Lundi, le journal La Marseillaise a publié cet article qui attise la curiosité. Comment savoir ce qui sortira de la plus haute juridiction française ? Il n'y a qu'à patienter encore un petit peu et nous devrions être fixés…

annulation_election_aix_marseillaise_1_juin_2009

(Clic sur l'image pour agrandir)

3 octobre 2008

Une antenne relais démontée... mais pas à Aix !

antennes_aix_site_ANFR

La carte des stations de radiotéléphonie d'Aix (source ANFR)

C'est une première juridique. Le 18 septembre 2008, le tribunal de grande instance de Nanterre a condamné une société (Bouygues Telecom, en l'occurrence) à démonter une antenne relais de téléphone mobile dans le Rhône au nom du principe de précaution, avec amende de 3.000€ à l'appui. Le motif : "risque potentiel sur la santé". Cette décision a été obtenue par des riverains de l'antenne incriminée qui avaient saisi la justice pour "trouble anormal de voisinage".

De plus en plus de municipalités ont engagé des discussions avec les divers opérateurs pour limiter les risques en les réglementant par le biais d'une charte dite guide de bonne conduite. A Aix, il y a quelques jours, une nouvelle affaire d'antenne relais près d'Entremont a fait l'objet d'un article dans La Provence.

Pour mémoire, le problème aixois a été mis sur la place publique dès octobre 2006 à l'initiative d'un collectif d'Encagnane au sujet d'antennes installées sur des bâtiments de l'OPAC. Le débat a été porté maintes fois au conseil municipal par ma collègue Danielle Rumani-Elbez. La mairie a systématiquement temporisé, plus d'un an, pour finalement proposer un modèle de charte que nous avons jugé incomplet, insuffisamment contraignant et donc inopérant. Après de vives discussions, Maryse Joissains a fini par retirer le dossier en décembre 2007.

Depuis, il est enterré. Les antennes, elles, ne le sont pas : elles sont même bien visibles et de plus en plus nombreuses. L'année 2008 tire à sa fin et, entre-temps, 60 nouveaux points d'émission ont été installés, ce qui fait un total de 278 sur le territoire d'Aix.

Le centre ville en est particulièrement infesté au point d'être qualifié de "zone dense" par l'Agence nationale des fréquences radio" (ANFR). Beaucoup sont proches d'établissements scolaires, sanitaires et de lieux à forte concentration ou fréquentation publique. Mais on en trouve aussi au sommet d'immeubles à gestion publique ou privée.

Si la mairie n'agit pas avec urgence – il va falloir qu'elle relance toute la procédure, ce qui nécessite de longues discussions – nous risquons bien d'avoir à faire à une prolifération échevelée.

               

Pour lire les péripéties étape par étape du dossier aixois,

voir les articles à la rubrique "Encagnane", côté droit du blog.

         

Pour visualiser la situation partout en France,

dans la région ou dans votre quartier

(grâce au zoom du site) :

www.cartoradio.fr gif_cliquez_ici 

             

Trois sites intéressants sur les antennes relais et la santé :

http://www.priartem.fr 

http://www.robindestoits.org 

http://asep.santeenvironnement.fr 

10 octobre 2025

Robert Badinter au Panthéon ad vitam perpetuum

GRANDEUR. La cérémonie d'hier me donne l'occasion de reproduire mon article de février 2024 sur l'hommage rendu à Robert Badinter, dans la lignée de Nicolas de Condorcet, de Victor Hugo et d'Albert Camus. L'émotion demeure intacte à l'évocation de ses convictions, de ses combats permanents pour la liberté, la dignité et l'humanisme.

(crédit photo : La Croix)
 

Il était une conscience, une éthique et une voix qui font l'honneur de la politique. Nous devons beaucoup à Robert Badinter qui avait résumé son engagement par cette belle phrase "Je me battrai jusqu'au dernier Dalloz !". Et il l'a fait. 
Avocat et écrivain, Robert Badinter est venu plusieurs fois à Aix. Son charisme et son élégance attiraient beaucoup de monde. L'accueillir, le voir et l'écouter étaient des moments privilégiés. J'ai eu la chance de le rencontrer à deux reprises. Mes souvenirs sont intacts.

Le 20 octobre 1988, Elisabeth et Robert Badinter à Aix lors de la dédicace de leur livre sur Condorcet.

Il présentait son magnifique ouvrage sur Condorcet, un intellectuel en politique (1743-1794). Les quelques mots échangés étaient prenants et emplis d'une force impressionnante. Puis, en 1997, c'était à l'occasion de l'inauguration de la "Place du Procureur Georges Beljean" tout près de palais de justice où ce grand magistrat avait exercé sa fonction. La présence de Robert Badinter ne relevait pas d'une simple circonstance. C'était un témoignage de reconnaissance. Gorges Beljean avait en effet été son directeur de cabinet au ministère de la justice. Des liens cordiaux et respectueux s'étaient noués entre les deux hommes. Ce jour-là, les avocats aixois et de la région (pour n'en citer que deux parmi mes amis, Yves Kleniec et Michel Pezet) n'ont pas voulu manquer ce rendez-vous. La dénomination de la place avait été décidée par le maire Jean-François Picheral et le conseil municipal (dont je faisais partie) pour honorer cette personnalité éminente.

On me permettra d'évoquer ici d'autres faits plus personnels liés à mon amitié avec Edouard Baldo, avocat, qui avait travaillé avec Robert Badinter. Très jeune, il avait été repéré par ce dernier et avait été appelé à contribuer à des initiatives visant à réfléchir à l'élaboration de propositions de lois. L'objectif était de préparer une nouvelle candidature de François Mitterrand en 1981 après l'échec de 1974. Robert Badinter souhaitait réunir des personnalités, il y en eut une cinquantaine, pour concevoir une Charte des libertés couvrant plusieurs champs. Edouard Baldo imaginait un ensemble intitulé "Liberté, Libertés" dans lequel figurait la possibilité de mettre en œuvre des droits nouveaux tels, par exemple, que les prémices de la décentralisation. Edouard Baldo m'a amplement raconté les détails des séances de travail et le bonheur des relations au sein de l'équipe mise en place par Robert Badinter. Le futur ministre de la justice inspirait la confiance et se montrait à l'écoute de chacun. Je ne peux aller plus loin dans la narration d'instants qui n'appartiennent qu'à eux.
Pour finir, ce que les Aixois ne savent peut-être pas ou ont oublié, c'est que lors de l'élection municipale de 2014, Robert Badinter avait accepté d'être le président du Comité de soutien de notre liste. L'annonce de sa mort nous avait profondément émus. 

Mes deux livres préférés

 

24 septembre 2025

Municipales 2026 : Candidatures et enjeux

LOTERIE ? Dans six mois, l'élection municipale aixoise désignera une nouvelle équipe pour diriger la ville. Plus ou moins ouvertement, des rencontres et des réunions se tiennent pour tenter de s'organiser autour des différentes composantes politiques existantes. Esquisse d'analyse...

Si l'on regarde d'un peu plus près l'échiquier et les offres dont on peut imaginer qu'elles voudront être parties prenantes, quelques éléments indiciels, interprétables avec précaution bien entendu, éclairent les tendances qui se font jour. D'abord, par tradition si l'on peut dire, il y a toujours eu pas mal de listes au premier tour. Des solides et des "petites listes" dites de témoignage. La démocratie permet la plus large expression possible. Mais à partir de là, certaines listes se détachent du fait de leur ancrage historique et de leur organisation soutenue par les partis dits de gouvernement. En 2020, la nouveauté avait été l'irruption d'une liste "en marche" qui avait profité de l'élection présidentielle. Comme on l'a vu, c'était un château de cartes qui s'écroule chaque jour un peu plus car c'était une construction faite de bric et de broc.
On constate au niveau national que ses différentes composantes ne s'entendent plus entre elles, chacune prétendant être la plus à même de gouverner avec un programme et un chef en rupture avec les autres. Bla-bla bien sûr puisqu'elles ont toutes participé au pouvoir. Les voilà désormais en concurrence par trahison et les critiques qui n'en finissent plus. Il n'y a qu'à voir ce qui se passe ne serait-ce qu'au sein des cinq gouvernements nommés depuis 2022. Cacophonie, luttes intestines, incapacités à tous voter dans le même sens.
Qu'en est-il au plan local ?
Le groupe municipal d'Anne-Laurence Petel (parti présidentiel) a éclaté. Elle n'est plus candidate. Le parti Horizons a fait dissidence et son chef de file Philippe Klein vise la mairie alors que son parti n'a pas de bases solides et est inconnu dans la ville. Pour le dire crûment, il ne représente pas grand chose.
L'extrême droite a désigné une tête de liste, Jean-Louis Geiger, qu'on a connu conseiller municipal d'opposition UDF puis UMP de 1995 à 2001. 24 ans après, le revoilà vêtu de la casaque du RN et de Ciotti. Aucune chance de percer à Aix qui n'est pas une ville qui se laisse envoûter par les idéees rances.
En 2024, le député ciottiste n'a pas fait de gros scores à Aix et a su profiter des votes des villages du Pays d'Aix et surtout du maintien honteux d'Anne-Laurence Petel qui a ainsi provoqué une triangulaire faisant élire un député avec un pourcentage relatif.
Quoi sur Sophie Joissains ? Jusqu'à aujourd'hui elle s'inscrit dans la saga de sa famille marquée par des frasques et des condamnations. Quoi qu'elle dise ou pas, elle sera candidate, ce n'est un secret pour personne. Mais avec qui ? Un ancien adjoint de sa mère, qui fut chassé de l'équipe, actuellement conseiller départemental soutenu par Martine Vassal, tente des rapprochements avec Sophie Joissains. Cela mis à part, on n'a pas encore connaissance de la teneur de sa liste. On peut cependant presque parier que sa coloration de fausse centriste ne dérogera pas à sa tradition familiale. Son bilan personnel n'est pas si fameux que cela et d'aucuns ne manqueront pas d'appuyer fortement là-dessus comme ils le font régulièrement au conseil municipal, notamment à gauche.

La gauche
D'ores et déjà, une large concertation a permis de configurer un rassemblement de toutes les forces de gauche, à l'exception de LFI qui se conduit comme au niveau national sous l'influence malfaisante de Jean-Luc Mélenchon. D'ici quelques jours, la tête de liste de gauche sera désignée officiellement. Sans trop de surprise, ce sera Marc Pena, député depuis 2024, actuel chef du groupe Aix en partage au conseil municipal. Il possède cette double légitimité nationale et aixoise pour être le futur maire. C'est dans ce camp que les changements de politique locale peuvent relancer la ville, rééquilibrer les territoires (centre-ville et quartiers), protéger l'environnement, revoir l'urbanisme et la construction de logements sociaux à prix abordable, créer du lien social, assurer à chacun le meilleur bien-être possible. Sans oublier, une vraie transparence de la gestion municipale, une concertation non factice avec la population ou encore le respect dû à la fonction d'élu dans son honnêteté et le bon usage des fonds publics. Vivement le mois de mars !

10 septembre 2025

La couronne à terre du monarque Macron

BOUILLON. La situation politique nationale est inextricable à un point tel que tout est sens dessus dessous. Le principal (ir)responsable est indéniablement Emmanuel Macron. Et qui paie la note ? Les plus mal lotis évidemment...

C'est peu dire que cette situation politique nationale est inextricable. Tout cela par le fait d'un seul homme qui se veut omnipotent. Qui mêle arrogance et mépris dans l'exercice du pouvoir. Ignorant les aspirations profondes et légitimes notamment des plus fragiles tout en continuant à gaver les plus riches à coups de milliards. Pourquoi le président devrait-il avoir honte d'appliquer sa politque ultralibérale désastreuse puisque c'est son fonds de commerce. On a pu s'en rendre compte depuis 2017 ? Comment pense-t-il se sortir du chaos ambiant qu'il a provoqué ?
Plus personne ne le soutient, pas plus que les premiers ministres tous serviles à son idéologie et ses pratiques mortifères. Nul besoin de les citer tous. Nul besoin de lister leurs lamentables décisions antisociales. Symboliquement la pire fut le rabotage de cinq euros des APL à peine trois mois après sa première élection. Pouvait-on être politiquement plus vicieux et plus cynique que cela pour cracher au visage des plus démunis ? Non, mais il entendait dès le début imposer la direction de sa gestion.
Tout est allé dans ce sens en appauvrissant les plus pauvres et en enrichisssant les plus riches. C'est entre autres ce qui n'a pas tardé à susciter le mouvement des gilets jaunes un peu plus d'un an après le début de mandat.
Sans revenir sur ses autres nombreuses turpitudes, par exemple la "réforme" (qui en langage libéral cache souvent une régression) des retraites, comment ne pas faire un lien avec les réactions annoncées de blocages pour ce mercredi et durant ce mois de septembre ?
Pauvre François Bayrou (humour : 99ème PM en 8 ans, soit un par mois) dont la chute inévitable est la manifestation d'un ras-le-bol généralisé qui semble être le plus récent top départ de remous imprévisibles. Emmanuel Macron, celui qui sait forcément tout puisqu'il se prend pour le roi, va se prendre une nouvelle gamelle. En attendant la suivante avec la nomination de Sébastien Lecornu son ministre copain, pêché dans la cour de son roi et qui ne le distingue en rien de son patron, même programme, mêmes méthodes.  

1 juillet 2025

Exposition : Paul Cezanne nature vivante à Aix

GÉNIE. Paul Cezanne, le maître aixois est bien chez lui présent partout dans notre ville. Il méritait cette nouvelle exposition qui permet de découvrir l'art de son art à nul autre pareil.

Extrait de l'acte de naissance (à noter qu'il n'y a pas d'accent)

Il fait sans doute chaud pour se presser à l'exposition Paul Cezanne qui vient d'ouvrir. Mais on pourra patienter un peu pour aller l'admirer d'ici octobre. Le musée Granet a réussi un bel exploit en y réunissant quelque 130 œuvres du maître aixois. Il ne faut donc pas rater cette chance immense qui ne se reproduira certainement pas avant longtemps.
Les médias, affichages, presse, radios et télévisions en parlent abondamment. Deux magnifiques documentaires sur France3 et Arte ont présenté cet événement avec force détails à un public très large qui peut le savourer surtout s'il ne peut se rendre sur place.
Parallèlement, il est possible de visiter la Bastide du Jas de Bouffan où Cezanne a longtemps vécu. D'autres emblèmes sont également ouverts pour mesurer la force de la peinture à partir des lieux où Cezanne a conçu ses tableaux : l'Atelier des Lauves et les carrières de Bibemus. J'ai eu le bonheur de les visiter les uns après les autres au cours de ma vie à Aix. Souvenirs inoubliables.

Voici en quelques images la vie de Cezanne à Aix.

Cezanne est né rue de l'Opéra

Cezanne est mort rue Boulegon

Tombe de Cezanne au cimetière Saint-Pierre

Terrain des peintres où se rendait Cezanne pour peindre Saint-Victoire

Site de la Constance où il a peint plus d'une quarantaire de Sainte-Victoire

Atelier des Lauves


Carrières de Bibémus


Bastide du Jas de Bouffan


Clou de Cezanne dans les rues d'Aix

Statue de Cezanne offerte par l'actrice aixoise Andréa Ferréol

 

16 juin 2025

Sites cezanniens en péril de la Constance : Le Canard enchaîné tire à vue

BOUSILLAGE. Face à l'entêtement de la mairie, des associations de sauvegarde des paysages aixois ont saisi le Tribunal administratif pour faire annuler la décision du préfet qui valide le projet de la Constance à propos du devenir contesté des sites cezanniens. Même Le Canard enchaîné s'en mêle...

La mairie prétend les avoir pris en compte pour les protéger. Les associations, qui en connaissent tous les détails - de là, Paul Cezanne a peint quelque 40 de ses œuvres - n'ont cessé d'alerter et de mener la bataille preuves à l'appui. Elles ont même lancé une pétition qui a recueilli à ce jour 4000 signatures. Des diaporamas et des textes approfondis et argumentés décrivant les points d'où l'on peut voir la montagne Sainte-Victoire depuis le site actuel de la Constance sont parfaitement réalistes si l'on tient compte des demandes des associations. Et cela démontre que le projet ne respecte pas complètement les attendus. Cerrtaines vues seraient amputées jusqu'à 80%.
Rappelons que ce site devrait accueillir un projet urbain de 3600 logements recouvrant 40 hectares, un projet démesuré en triangle enclavé entre deux autoroutes. On passera sur les autres aspects bien que tout aussi fondamentaux liés notamment aux nuisances sonores, à l'insuffisance des dessertes de transport public ainsi qu'à l'impact environnemental (eau, air, faune, flore) de cette bétonisation. Le 4 juin, Le Canard enchaîné a publié un article qui résume bien le fond du problème.

 

 

2 juin 2025

Comme on le pressentait, Anne-Laurence Petel finit par payer ses erreurs

BYE BYE. Et elle croyait quoi, Anne-Laurence Petel ? Elle déclarait qu’elle savait ce qu’elle faisait lors de la dissolution de 2024 en se maintenant au second tour alors que tout indiquait dès le premier qu’elle allait se planter et favoriser le candidat d'extrême droite. Elle vient à peine de comprendre que son sort en est jeté. Ainsi annonce-t-elle dans La Provence qu'elle ne sera pas candidate en 2026. 

Sortez d'ici, Madame Petel !

Son cerveau l’avait sans doute persuadée que le poste lui appartenait et que personne ne pouvait l’en déposséder. Mais le contexte politique a bien changé depuis l’élection présidentielle de 2017. Emmanuel Macron lui-même a fait une analyse abracadabrantesque en voulant se refaire. Il n’a rien vu venir. Les électeurs l’ont rudement désavoué en lui envoyant à la figure deux groupes d’opposition bien garnis, ne lui laissant quasiment aucune marge de manœuvre pour gouverner. Madame Petel en a fait autant. Et même pire ici à Aix. En s’acharnant à maintenir sa candidature, alors que le risque de faire élire un RN en triangulaire pour la toute première fois dans notre ville était patent aux yeux de tous.
 

J'avais écrit ceci en juillet 2024

Dans La Provence de samedi, elle tourne en rond pour essayer d’expliquer l’inexplicable. A la honte de sa décision ratée, elle ajoute des circonvolutions de bêtise. Non, Madame, les Aixois ne veulent plus de vous et ils vous l’ont envoyé dire. A presque chaque séance du conseil municipal, vous n’avez cessé d’intervenir plus en tant que députée, soutien indéfectible à la politique de Macron, que comme conseillère municipale de base. Vous en payez le prix car vous avez agacé les Aixois.
Vous les aviez fait rire en proposant en 2020 un projet de navette suspendue dans les airs qui survolerait les autoroutes et réduirait, selon vous dires, la circulation routière bien encombrée, il est vrai. Mais quel être de raison peut imaginer un seul instant un tel désastre visuel pour le paysage aixois et le patrimoine ?
Sans entrer dans trop de détails, cinq membres de votre groupe vous ont désertée mais ils ont mis beaucoup de temps à rompre avec vous. Interrogée dans la presse sur votre "vision" pour l’échéance de 2026, vous vous fourvoyez derechef. Vous minimisez le vote que pourrait obtenir Sophie Joissains qui, par la tradition familiale de clan attachée à son patronyme, peut compter en hériter une avance électorale. Idem pour Marc Pena, que vous cherchez à  déclasser et à dénigrer avec ce misérable "ce serait pire avec lui".
A l’évidence, vous ne comprenez rien à l’art et la subtilité de la politique. Vous pensiez à votre propre désir d’alternance et vous fustigez ceux, à gauche, qui œuvrent tant pour y parvenir en accomplissant un travail sérieux sur les dossiers et les attentes des habitants. Ignoreriez-vous que dans les dernières décennies, deux maires socialistes et intègres qui ont fait l'honneur de la villle et des Aixois ont réussi à être élus et fait plus que bien d’autres en tant que bâtisseurs en faisant entrer notre cité dans la modernité tout en répondant au mieux aux besoins et aux attentes économiques, culturelles et sociales de nos contoiyens ?
Avec le temps dont vous allez disposer, un conseil, ne vous écoutez pas vous-même, écoutez les leçons de l’histoire. Votre retrait ainsi que le futur départ du président ne peuvent que me réjouir. C'est un marathonien aguerri qui vous le dit. Bien à vous, Madame.

Publicité
Publicité
Suivre sur Twitter
Publicité