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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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4 juin 2009

Clinique du Montaiguet : Ce qu'en a dit La Provence

Preuve en est que le projet d'implantation de la polyclinique au Montaiguet est loin de faire l'unanimité, La Provence a bien restitué l'ambiance et l'essentiel de la réunion qui a eu lieu il y a quelques jours à la mairie annexe de Pont de l'Arc.

Si j'en crois les fortes réactions que j'ai entendues depuis de la part de personnes présentes, le projet ne semble pas encore près d'être mis sur orbite. (Voir mon propre récit à la date du 28 mai, ci-dessous)

Hier en fin d'après-midi, j'étais à Beisson pour une autre réunion, en plein air celle-là, sur le devenir du quartier, organisée par les habitants eux-mêmes. Il y avait aussi beaucoup, beaucoup de monde. Un vrai forum sur la place publique. Je vous en ferai un compte-rendu demain. 

Au Sud comme au Nord, si les questions diffèrent, les attentes sont les mêmes. Les habitants refusent d'être pris pour des billes. Ils exigent d'être considérés comme des citoyens qui ont leur mot à dire pour ce qui les regarde directement, le cadre de vie de leur quartier.

montaiguet_provence_29_mai_2009

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27 février 2009

Faux électeurs : Les Tiberi, c'est du Shakespeare !

Il y en a qui portent leur culot en bandoulière. Et que le poids de la honte n'étouffe pas. Au procès des faux électeurs de Paris, ça balance fort. C'est enfin la confrontation générale. Les prévenus se vautrent dans l'indignité. Xavière Tiberi tient des propos abjects à donner la nausée. Le meurtre n'est pas loin. Shakespeare, reviens ! T'as encore un bon sujet de pièce à écrire. En attendant, voici l'article de Libération du 25 février qui nous rapporte l'épisode sanglant de mardi au tribunal.

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Dessin de Cabu dans Le Canard enchaîné du 25 février 2009

Les époux Tiberi à l’heure de la confrontation

A la barre

Le maire du 5e a été mis à mal hier par les témoignages de subalternes sur la fraude électorale. "Jean Tiberi, c’est le cerveau, forcément : c’est le patron", a lâché Anne-Marie Affret, première adjointe au maire, hier, au procès des faux électeurs du 5e arrondissement. Avant de se raviser un peu. Puis beaucoup. Et de repartir à la charge. "Pour moi, ce n’est pas facile monsieur le président, se plaint-elle. Tous les ordres me venaient de mon maire, enfin ! C’est un rôle que me donnait Jean Tiberi. Tout ce que je faisais à la mairie du 5e, c’était M. Tiberi qui me le demandait." Toute petite, habillée en tailleur, elle s’exprime en ouvrant de grands yeux expressifs. Elle soupire tout en souriant.

La semaine dernière, elle a reconnu la falsification. Lundi, elle s’est débattue encore. "Vous avez fait un petit pas, madame Affret, lui a fait remarquer le président, Jean-Paul Albert. Mais il va falloir en faire un autre." "Je ne peux pas tout faire monsieur le président", s’est-elle plainte.

Micro

Pour forcer un peu plus la parole, et "mettre cartes sur table", Jean-Paul Albert a choisi la stratégie de la confrontation générale. "Madame Affret, on a l’impression qu’à vos côtés, il n’y a personne. Il y a un vide", a-t-il lancé à l’adjointe au maire, en jetant un coup d’œil du côté des prévenus où elle s’est assise, à deux places de Jean Tiberi et de son épouse, Xavière. L’élue est tiraillée. Et très sollicitée. "Je voudrais que M. Tiberi ne se penche pas vers Mme Affret ! s’est exclamé un avocat. La malheureuse n’a même pas le temps de s’asseoir que monsieur Tiberi lui a parlé." On rappelle à l’ordre le député, visiblement déstabilisé par les témoignages de ses coprévenus. La stratégie de la confrontation s’avère payante pour le tribunal. Le président appelle au micro fonctionnaires et élus. Et on parle.

"C’est leur parole contre la nôtre, dit l’ancien chef du bureau des élections Olivier Favre, plus assuré. Nous sommes des fonctionnaires de catégorie C contre des élus. Ma parole n’a aucun poids par rapport à la leur. J’étais un exécutant." Il témoigne devant Jean Tiberi sur "le système" de la fraude. "Tout le monde était au courant au bureau des élections. Le système était facile à déceler du fait du nombre de cartes électorales en retour." Le chef du bureau se souvient que les notes administratives réclamant des radiations électorales n’étaient pas appliquées. Le secrétaire général Raymond Nentien lui avait dit qu’il "n’avait pas l’aval de Jean Tiberi" pour radier.

Anne-Marie Affret confirme que "le système" existait avant qu’elle soit adjointe. Qu’elle l’a "pris en route". Le président Albert, se tournant vers le député : "Et vous, monsieur Tiberi, ce train en route, vous n’êtes pas monté sur le marchepied ? Tout le monde s’en est aperçu, les fonctionnaires aussi, Mme Affret le dit… et vous ?" "Monsieur le président, jamais, jamais, je n’ai été informé", répond Jean Tiberi. "Jamais", un mot qu’il a prononcé une bonne vingtaine de fois lundi. Et autant hier. Le président : "Les listes électorales, ça ne vous intéressait pas ?" "Je n’avais pas le temps de m’occuper de ça", répond-il.

Ordres

Xavière Tiberi, qui conteste aussi toute implication, a son idée sur l’affaire. Sa veste à moitié retirée, le visage chiffonné, elle raconte. "J’ai beaucoup lu le dossier, dit-elle. Il y a un piège, j’en suis sûre. Le 373, rue Saint-Jacques [une adresse fictive, ndlr] a été mis là pour nuire à Tiberi." "Je me demande qui l’a mis, fait-elle mystérieuse. C’est comme ce Shakespeare [prénom d’un faux électeur]…" Elle dit qu’elle a failli suffoquer en voyant qu’on soupçonnait son mari de "vénalité". "Tiberi n’a jamais reçu une baguette de pain de qui que ce soit", assure-t-elle.

Les fausses inscriptions avouées par les fonctionnaires ? "Dans l’euphorie de la campagne, ils ont peut-être inscrit quelques personnes", hasarde-t-elle. Prise dans la confrontation, elle semble suffoquer. S’approche des avocats. Du procureur. On parle des ordres qu’elle a donnés, et dont tout le monde se souvient. "Je ne donne pas d’ordre, lance-t-elle, et quand ça ne va pas je prends un grand verre d’eau et j’avale."

Anne-Marie Affret est questionnée sur la femme du maire. "Mme Tiberi avait ce rôle que lui avait donné son mari, répond l’adjointe. Bien sûr elle était présente. Parfois, elle me disait : "Jean m’a dit que vous fassiez ça. Je ne prends aucune initiative…" Raymond Nentien, l’ancien secrétaire général, approuve. Soudain interrompu. "Je demande l’autorisation de sortir cinq minutes, annonce Xavière Tiberi. Ce sont des lâches qui s’acharnent sur moi. Je préfère sortir, fumer une cigarette." Conciliant, le président autorise le temps de la cigarette. La partie civile proteste. Une fois revenue, Xavière poursuit. "Mon mari leur a tout donné. Ils n’avaient rien… Ils méritaient d’être seulement plantons à la mairie du 5e. Devant tant de mensonges de personnes qui doivent tout à Tiberi, je me dis tant pis pour lui."

24 février 2009

On a trouvé de faux électeurs à Paris... et rien à Aix ?

Aix : de mystérieux inscrits

Quand on suit le procès des faux électeurs de Paris, on ne peut que s'interroger sur les troublantes similitudes de pratiques dénoncées en juin 2007 à Aix par un fonctionnaire municipal. Employé au bureau des élections depuis de longues années, il avait relevé que, depuis 2001, il y avait des irrégularités dans le service. Cela s'est aggravé entre 2004 et 2007, et surtout au moment des législatives de 2007, où 13.000 cartes d'électeurs étaient revenues en mairie pour n'avoir pas trouvé acquéreurs. Selon lui, ces mystérieux inscrits l'étaient dans la 14e circonscription, celle de la députée UMP Maryse Joissains, qui compte 90.000 électeurs.

Sur les 13.000 cartes en retour n'habitant à l'adresse indiquée, "7.000 ont été récupérées sans que les personnes ne prouvent leur rattachement à la commune." L'employé a également fourni une dizaine de noms de proches du maire, habitant hors d'Aix mais autorisés à y voter grâce à des certificats d'hébergement. Depuis ses découvertes, l'agent a engagé plusieurs recours : conseil constitutionnel, tribunal administratif, procureur, médiateur et même président de la République. Mais, il faudra sans doute patienter pour avoir "toutes" les réponses...

Deux bons articles parus sur le blog d'Olivier Bonnet :

http://www.plumedepresse.com/spip.php?article41 

http://www.plumedepresse.com/spip.php?article998 

Mon article "Aix 2009 : Plus d'habitants, mais moins d'électeurs !" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/01/16/12106650.html

Paris : le procès en cours

tiberi_proces

Dessin de Plantu

A Paris, le procès en correctionnelle pour l'affaire des faux électeurs inscrits sur les listes du 5e arrondissement entre 1995 et 1997 va durer un mois. Onze personnes, dont l'ancien maire UMP, Jean Tibéri et son épouse, ont à s'expliquer sur le "dopage" des listes avec entre 3.000 et 4.000 noms en trop. On n'étonnera personne en rappelant que l'affaire avait été révélée par le Canard Enchaîné.

Pourquoi le procès n'arrive-t-il que maintenant, soit douze ans après les premiers dépôts de plaintes ? Plusieurs fois, le parquet a tout essayé pour que l'affaire soit enterrée. Pourtant, peu à peu depuis l'ouverture du procès le 2 février, il est patent qu'un système organisé a été mis sur pied. Les auditions de gardiens d'immeubles, d'agents municipaux ou d'électeurs l'ont accrédité.

Son principe, c'est que des personnes ne résidant pas dans l'arrondissement étaient "incitées" à se faire inscrire sur les listes électorales. On leur promettait en contrepartie divers avantages, tels qu'une place en crèche, un logement ou encore un emploi à la mairie de Paris.

En 1998, le conseil constitutionnel avait relevé des "irrégularités graves et répétées" mais avait validé l'élection de Jean Tibéri aux législatives. Au cours des audiences, le couple Tibéri continue de nier quasiment tout en bloc. Même lorsque des témoins de l'affaire viennent à la barre déclarer ce qu'ils savent. Anciens collaborateurs, fonctionnaires ou gendarmes, leurs déclarations ont apporté des éléments concrets au système de fraude.

Ainsi, une ancienne employée du bureau des élections avait-elle par exemple  pour mission d'"appeler les personnes qui obtenaient un logement de la Ville dans d'autres arrondissements pour les inciter à continuer à voter dans le 5e. C'est Mme Tiberi qui me le demandait", souffle-t-elle.

Un collaborateur du maire du 5e de 2001 à 2008 raconte, lui, comment sa famille avait "hébergé" de faux électeurs. "Ma famille est corse et connaissait les Tiberi de longue date. Nous avions obtenu un logement de la Ville par l'intermédiaire de Jean Tiberi. Il y avait de faux électeurs chez mes parents : ma tante et ma cousine, qui habitaient le 14e et n'ont jamais logé chez nous." "Elles sont restées longtemps sur les listes?», lui demande le président. "Ma tante y est encore." "Elle n'habite toujours pas le 5e ?" "Non."

Le délégué du préfet à la commission de révision des listes électorales dans les années 1990 a quant à lui raconté ses inquiétudes lorsqu'il a "trouvé des électeurs sur un terrain vague" en parcourant les listes du 5e. Il avait aussi "identifié deux habitants qui hébergeaient chacun quatre personnes. Comme il s'agissait d'un local de 25 m², j'ai demandé à la mairie de vérifier. On m'a dit que c'était exact. Ça m'a semblé un peu surprenant." Mais il "avait du mal à obtenir des justificatifs. C'était une industrie."

"Il est inconcevable que Jean Tiberi ne soit pas au courant", conclut à son tour le gendarme qui a mené l'enquête, évoquant "la philosophie des trois singes : il n'a rien vu, rien entendu, rien dit".

Autre estocade, venue du cercle le plus proche de Tibéri, sa première adjointe, Anne-Marie Affret : "Oui, j'ai fait ce que j'ai fait. Je suis responsable." Elle reconnaît avoir rédigé des faux, avoir inscrit sur les listes du 5e des électeurs habitant dans d'autres arrondissements en utilisant des adresses fictives.

29 juin 2009

Les défausses de Joissains sur le compte des autres...

joissains_ravi_en_piedElle n'y est pour rien, proteste-t-elle. Non, jamais pour rien. Les défausses de Maryse Joissains sont pourtant monnaie courante. Le Conseil d'Etat la désigne, mais il ne s'agit pas d'elle puisque le CE est composé de magistrats "politiques" qui veulent sa peau.

Le Tribunal administratif annule le contrat de son directeur de cabinet illégalement signé par elle pour dépassement exorbitant de salaires (475.000 euros), mais elle fait appel jurant qu'il n'y a absolument rien d'anormal là-dedans. Le Plan de déplacements urbains est annulé par le T. A. mais c'est bien sûr parce qu'on lui cherche des poux.

Le Plan banlieues aixois prend du retard, puis est retoqué par l'Etat en faillite, c'est bien entendu la faute du fonctionnaire qu'elle a elle-même choisi et qui n'a pas été à la hauteur. Un adjoint siégeant à la Semepa s'arrange pour faire un prix d'ami à sa femme et à un copain joueur de foot, elle n'est pas au courant évidemment et lui fait porter le chapeau ainsi qu'au président de la société.

Pour chaque mauvaise décision, Maryse Joissains se trouve des excuses et tire sur des boucs émissaires qu'elle congédie en grand nombre. Ce ne sont là que quelques exemples parmi les plus criants. Et voici que, depuis le début de la campagne électorale, c'est le retour de la propagande à coups de grosse caisse. Tentant de se poser de nouveau en victime, tract après tract, elle assène une collection de mensonges plus démagogiques les uns que les autres.

Et bien non, l'élection ne va pas coûter 1 million d'euros. Au pire, cela n'atteindra que le quart de cette somme, ne serait-ce que par l'économie (environ 650.000 euros) faite sur les indemnités qui ne seront pas versées aux élus municipaux d'Aix et de la CPA pendant deux mois, auxquels s'ajoutent les sommes non dépensées en train-train des élus pour environ 100.000 euros.

Quant aux frais administratifs pour la tenue de l'élection, ils peuvent être évalués à 200.000 euros. Pour ce qui est des dépenses engagées par les candidats, elles sont pour partie prises en charge par apport personnel et en partie par l'Etat sur les lignes budgétaires prévues à cet effet tout au long de l'année.

Faut-il rappeler que le coût en communication annuelle sous les mandats Joissains a tourné entre 1,5 et 2,5 millions d'euros et les procédures judiciaires à foison de Maryse Joissains à plus de 200.000 euros par an ? Le tout tiré de la poche des Aixois. Alors, pas de chanson, s'il vous plaît ! L'autre tentative de mensonge, proche de la diffamation, concerne l'Office HLM. (Lire article suivant.)

25 septembre 2009

"Le Ravi" de septembre raconte les élections d'Aix

"Le Ravi" de septembre revient sur la rocambolesque période électorale de l'été et son épilogue (provisoire ?). J'en profite pour dire à mes chers visiteurs que ce n°66 est encore en vente en kiosque (2,80€) et qu'il est essentiel de se le procurer ainsi que les suivants car l'association qui tient ce journal à bout de bras a besoin de lecteurs mais aussi de dons, aussi minimes soient-ils, pour survivre. On trouvera plus bas le lien qui permet d'apporter un soutien à cet organe de presse sans pub qui nous régale d'informations au ton décapant. Merci pour eux.

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Le sommaire du n°66 de septembre :

http://www.leravi.org/spip.php?article838 

gif_fleche_rougeLe site et le bulletin de souscription :

http://www.leravi.org/

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24 septembre 2009

Sarkozy, roi et histrion de la planète…

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Dessin de Cabu dans Le Canard enchaîné du 23 septembre 2009

Hier soir, pour endurer Nicolas Sarkozy pendant trente-six minutes enregistrées, il valait mieux être assis. Car, à coup sûr, nous allions avoir droit à une magistrale publi-interview de l'histrion. Il avait pourtant dit : plus de pub après 20 heures. Mais bon, il avait prévu une entorse pour sa grosse performance.

Le show n'a pas déçu, avec sa belle enfilade d'énormités grotesques, de messages culottés et d'affirmations péremptoires. Lui, et rien que lui. Sarkozy, d'abord roi de France, puis d'Europe et maintenant de la planète. A l'esbroufe. C'est lui qui fait tout, c'est lui qui fera tout. On est prié de le croire, rien de ce qu'il dit n'a été contredit par les faits (merci de ne pas ricaner).

Au hasard, quelques perles : "les paradis fiscaux, c'est fini !", "notre plan de relance est l'un des meilleurs du monde", "le Rafale, le meilleur avion du monde", "je ne suis pas un homme qui ment", "je ne suis pas un homme qui renonce", "j'ai toujours été sincère dans ma vie politique".

Pas de doute, la France sait qu'elle a échappé au malheur d'un piètre président et elle va enfin se rendre compte qu'elle a gagné le gros lot en rencontrant l'homme parfait. C'est lui-même qui le proclame ("j'ai rêvé d'être président"), allant jusqu'à paraître gêné de (se) (nous) l'avouer (je rigole). Car, il n'est que modeste bien sûr et ne rechigne jamais à s'apesantir sur son sort et la lourdeur de la charge, tout imbu de sa personne, avec une feinte humilité qui ressemble à s'y méprendre à de la vanité.

Et puis, la phrase qui va longtemps faire hurler, l'affaire Clearstream. "Deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel". "Coupables", oui, coupables avant d'être jugés. Y aurait-il un deal déjà scellé avec le tribunal ? Mais non, pauvres crétins que nous serions. "Je fais totalement confiance à la justice", une assertion tellement pas tordue qu'il a d'ailleurs programmé la disparition des juges d'instruction, le même Sarkozy qui avait annoncé l'arrestation de l'assassin (pas du présumé assassin) du préfet Erignac. Pour un avocat de formation, c'est pas mal, dites donc.

Pauvres journalistes bien ramollos qui ne relèvent pas le lapsus, qui ne relancent rien après chaque balourdise. Rien sur les mensonges sur le pouvoir d'achat, nada sur "GDF ne sera jamais privatisé", niente sur "la croissance, j'irai la chercher avec les dents", nothing sur les raisons du déficit de 130 milliards doublé depuis deux ans par Sarkozy et de la dette historique de 1500 milliards.

A quoi bon, hein ? Notre homme sait tout, il a tout compris, il ne se trompe jamais, il ne ment pas. Et il ne manque pas d'air, si l'on peut dire. A l'écouter, misère, sa seule erreur reconnue est de ne pas avoir su gérer sa ration d'eau ! Il faut bien concéder un petit défaut quand on a tant de génie !

Finalement, c'était une belle soirée, beaux projets, beau discours. Quel dommage qu'il ne soit pas encore président de la République pour pouvoir les mettre en œuvre !

Et moi qui m'étais dit que face aux turpitudes de la gauche, demain, j'allais peut-être prendre ma carte UMP… (non, je rigole).

Petites notes perfides :

1. Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi il regarde tout le temps ses mains en parlant ? Est-ce un des douloureux symptômes d'une quelconque pathologie liée à la mégalomanie ?

2. Le lettré et anglophone Villepin peut-il lui dire amicalement qu'on ne prononce pas "Nouillorque" pas plus qu'on n'esquinte le patronyme du premier ministre britannique en Gordon Braun comme s'il était une marque de rasoir ?

22 septembre 2009

La triche érigée en système sans morale

gif_carton_rougeJe le disais hier, la vie publique va à vau-l'eau. Je comparais la sphère politique et le monde sportif. Dans son édition d'hier, le journal Le Monde a publié une interview intéressante sur la tricherie érigée en système. Il a demandé à Nigel Warburton, philosophe britannique et collaborateur régulier d'émissions sportives sur la BBC, pourquoi la triche est partie intégrante de toute activité sportive, établissant même un parallèle avec la vie politique.

Cela me rappelle furieusement quelques personnages aixois pris la main dans le sac, des partis politiques qui tripatouillent les urnes et, fin du fin de l'actualité, le tragi-comique procès en correctionnelle qui s'est ouvert ce lundi. La grandiloquence complètement théâtralisée de Villepin faisait penser à Nixon qui affirmait n'avoir pas espionné le parti démocrate avant d'être contraint de figurer dans l'Histoire comme le seul président américain obligé de démissionner. Comme dirait l'ami Benoît Petit : soupirs !

Extraits significatifs de l'interview…

Pourquoi les sportifs trichent-ils ? 

Le Monde : Pensez-vous que la triche fasse inévitablement partie intégrante du sport professionnel de haut niveau ?

Nigel Warburton : Non, pas d'une façon inévitable, même si la majorité des sports professionnels et amateurs en comportent, que ce soit en Formule 1, au football ou au rugby. Il existe différents niveaux de triche. Au football, un joueur peut être tenté de faire un tacle en sachant qu'il a 50% de chances de provoquer une faute. C'est une prise de risque qui est à la limite de la légalité, mais qui fait partie du jeu. Dans les sports de contact, en général, il y a un niveau de tricherie qui fait presque partie du jeu.

C'est différent quand l'acte tenté sort de la sphère sportive.

C'est le cas du "Bloodgate", une affaire récente impliquant l'équipe de rugby des Harlequins, à Londres. Son entraîneur a mis en scène la blessure d'un joueur à l'aide d'une capsule de faux sang, afin de favoriser son équipe. Ce fut un énorme scandale. Parce que même si les Harlequins n'ont pas gagné le match, c'était un geste si forcé et prémédité, qui impliquait un tel niveau d'organisation au sein de l'équipe, que c'était plus grave que la simple triche consistant à tromper un arbitre.

Une préméditation que l'on retrouve dans l'affaire Renault...

Tout à fait. Sans connaître tous les détails de l'affaire, on devine aisément que cela a demandé une organisation complexe et la collaboration de nombreuses personnes. Tout cela afin de trouver le meilleur moment pour avoir cet accident. Et c'est sans compter sur la dangerosité d'une telle stratégie.

Vous avez écrit que les exemples de triche sont plus nombreux aujourd'hui...

Je ne sais pas si c'est un phénomène quantitatif ou une coïncidence. Peut-être avons-nous tout simplement développé des moyens plus modernes pour détecter les tricheurs. L'affaire du "Bloodgate", par exemple, a été révélée par une caméra de télévision. On a clairement vu le joueur sortir du terrain et faire un clin d'œil à son préparateur. Tout le monde a perçu quelque chose de louche.

C'est grâce à ces techniques de surveillance plus sophistiquées que l'on découvre plus d'incidents. Face à elles, les athlètes ont effectivement plus de chances de se faire attraper. Il faut noter que ce phénomène ne concerne pas exclusivement le sport de haut niveau. La triche dans la sphère amateure a bien moins de chance d'être relayée parce que cela intéresse moins de gens, mais elle existe aussi.

D'un point de vue philosophique, qu'est-ce qui motive les tricheurs ? La peur de la défaite, l'envie de réussir, la nécessité de rester au sommet ?

Dans Le Prince, Machiavel considère que, dans des conditions extrêmes, un dirigeant ne doit pas agir de façon morale, car cela mettrait en péril l'Etat. […] Il faut aussi considérer que dans le sport, les règles sont subjectives et sujettes à interprétation. On essaie de pousser au maximum pour savoir jusqu'où on peut aller. Mais pour ce qui est de la motivation, je pense que cela dépend de l'occasion ou même du sport. Cela peut être l'argent, la gloire, l'envie de vaincre, le manque de recul ou tout simplement l'absence de morale chez l'athlète. […]

N'est-ce pas alors un paradoxe que les athlètes de haut niveau soient contruits pour être des modèles ?

Oui, et en ce sens ils ressemblent beaucoup aux hommes politiques. Ils peuvent très bien être des exemples à suivre dans leurs disciplines respectives, mais le processus qui les fait arriver au sommet de cette discipline implique une attitude intransigeante. Et ce sont quelquefois les individus pas vraiment moralement irréprochables qui atteignent ce sommet.

Le sprinter Ben Johnson est un exemple révélateur. Il a travaillé pour devenir l'homme le plus rapide du monde. Et on ne peut pas nier que c'était un exploit, qu'il ait été dopé ou pas. En l'occurrence, il était dopé. Mais pour qu'il arrive à un niveau où des produits ont fait de lui l'homme le plus rapide du monde, il fallait déjà qu'il soit un athlète extraordinaire. Pourtant aujourd'hui, personne ne se souvient de lui comme un bon athlète, juste comme un homme qui a triché. […]

Vous avez dit que "les tricheurs s'en sortent souvent" et qu'ils "ont changé l'histoire du sport, et continueront à la faire". Vous le pensez toujours ?

Je pense avoir écrit cela avant la Coupe du monde 2006 et l'expulsion de Zinedine Zidane, qui a, en elle-même, changé pas mal de choses. Mais effectivement, je crois que les tricheurs s'en sortent souvent dans le monde sportif. Paradoxalement, la triche apporte un intérêt supplémentaire au sport. Je ne dis pas que c'est une bonne chose, mais je pense qu'il existe chez le public un véritable intérêt pour démasquer les tricheurs, savoir comment ils ont pu tromper tout le monde. Tout simplement parce que l'immoralité est souvent plus intéressante que la moralité, le "méchant" est plus intéressant que le "héros". Il y a également cette idée persistante de la chute d'une idole, de découvrir que ces athlètes ne sont pas vraiment ceux que l'on croit. 

21 septembre 2009

Vie publique : Une éthique en toc…

gif_tribunalDe quoi vomir. Hier soir, j'ai regardé l'émission Capital qui revenait sur un an de crise. Bilan : les voyous continuent comme avant. Les détraqués des jeux financiers s'en donnent à cœur joie. Les banquiers s'en mettent toujours autant dans les poches. Les gros patrons s'assoient sur leurs chartes éthiques puisque ce ne sont pas des lois. Le directeur de la BNP Paribas était invité mais il est venu avec sa cynique langue de bois. Le gouvernement, lui, est infichu de transformer son plan de relance à 26 milliards d'euros en création d'emplois.

Mercredi, j'avais entendu l'interview de Kerviel qui expliquait sur France 2 que le système n'a aucune règle à part le fait d'empocher le maximum d'argent en un minimum de temps, y compris lors de l'attentat à la bombe du métro de Londres qui l'a excité et fait gagner 500.000 euros. Dans la même émission, un ancien banquier a expliqué qu'il y avait deux sortes de banques : l'établissement qui joue un rôle normal et la banque qui fait du "casino". Heureusement que j'avais mangé assez tôt, cela m'a évité des renvois.

Cette semaine aussi, on nous a rappelé l'ouverture ce lundi du procès Clearstream (on ferait mieux de dire Darkshit). Le journaliste Edwy Plenel, invité sur France 3, n'y est pas allé par quatre chemins. Figurant lui-même sur les faux listings, il s'est insurgé contre le tour politique qu'a pris le dossier qui s'est focalisé sur une bataille Sarkozy vs Villepin faisant fi des autres dizaines de personnes connues s'étant portées parties civiles.

Il a surtout accusé le président d'avoir manipulé cette affaire parce qu'il était alors candidat et de faire un mélange de genres en se maintenant partie civile à ce procès au mépris de sa fonction actuelle qui devrait être impartiale. La justice dira, si elle le peut ou n'en est pas empêchée, ce qu'il faut penser de Villepin. Ce qui est sûr, c'est que le procureur Marin, copain de Sarkozy, qui conduit l'affaire se gardera bien de lui faire porter le moindre chapeau. Si ce n'est pas le signe d'une démocratie malade, on se demande bien comment on pourrait la qualifier autrement.

Autres crapuleries

D'ailleurs, la vie publique connaît de telles dérives qu'on ne va plus s'étonner de rien. Pour mémoire, le sac se remplit chaque jour un peu plus. Les propos de Frêche et de Hortefeux font la une. Chirac, premier président de la République mis en examen est toujours en liberté. Villepin, ancien premier ministre est lui aussi dans la même situation. Pasqua vient d'être condamné à 18 mois avec sursis pour avoir encaissé frauduleusement un peu plus de 1 million d'euros. Par ailleurs, il est mis en examen dans de nombreuses autres affaires dont une qui le fera comparaître devant la cour de justice de la République. Pourtant, il est toujours sénateur. Dray, député, devra répondre sur ses éventuelles turpitudes.

Passons, mais sans les oublier, sur les fraudes électorales qui ont amené le Conseil d'Etat à invalider les élections municipales de Corbeil-Essonnes, de Montpellier, de Carcassonne et de Briançon. Le sac est loin d'être plein car la liste ne pourra jamais être exhaustive.

La gangrène n'atteint pas que la vie politique. Le monde sportif lui aussi regorge de son lot de crapuleries. La triche y est quasi institutionnelle. Dans quel sport professionnel n'y a-t-il pas encore de dopage ? Quant au football, on croyait être vacciné de l'ère Tapie, ben non. Pas plus tard que samedi, Courbis a été encabané pour terminer sa peine suite à un trafic d'argent lors du transfert (oui, on vend et on achète des hommes) de joueurs de renom. Au passage, les infos ont rappelé que le "mécène" Louis-Dreyfus avait lui aussi été condamné pour la même affaire. Et n'omettons pas Dassier pour ses propos plus qu'équivoques de la semaine dernière.

Enfin, la pantalonnade du directeur de course Renault qui a imaginé une parodie d'accident pour favoriser son écurie dépasse largement ce que le cynisme peut engendrer lorsque l'appât du gain supplante tout le reste.

De quoi vomir, disais-je. Et si ce n'est pas le cas, ça soulage de le dire.

15 septembre 2009

Assogora 2009 : Du monde et… des marionnettes

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Le Guignol des Amis du Montaiguet avec Joissains et la présidente (Photo LAC)

Après le succès du salon des sports au complexe du Val de l'Arc il y a huit jours, ce dimanche, se tenait le salon exposition Assogora sur le cours Mirabeau, une vraie manifestation populaire. Le soleil a su rendre ridicules les quelques perfides gouttes de pluie qui ont préféré s'évaporer. Ça grouillait de partout. Animations musicales, démonstrations des savoir-faire, discussions des bénévoles avec les visiteurs, une véritable agora.

Ces deux événements donnent le signal des reprises aixoises. Pour moi aussi. J'ai déambulé pendant plus de quatre heures entre les stands, rencontrant êtres chers, amis et connaissances. Il règne là une sorte de paix des braves, les "ennemis" se faisant discrets ou carrément absents. Certaines associations trouvent ce jour-là l'occasion rêvée de faire signer massivement de multiples pétitions. Ainsi, ai-je personnellement ajouté mon nom pour la défense du service public de la Poste, pour l'abolition de la torture et pour l'amélioration des déplacements.

En haut du cours, un stand a fait carton plein grâce à une attraction originale d'une drôlerie moliéresque. L'association des Amis du Montaiguet a eu l'idée géniale de monter de toutes pièces un théâtre de guignol mettant en scène les protagonistes du catastrophique projet de polyclinique dans le massif des quartiers Sud.

Maryse Joissains était accompagnée de son chien, tous deux plus vrais que nature. La présidente de l'association a joué de l'autodérision en confectionnant aussi sa propre marionnette que l'on pouvait immédiatement comparer en sa présence. Même humour avec le diable, le médecin porteur du projet, une infirmière malade de savoir ce que pouvait devenir le massif et Paul Cézanne tel un commandeur emblématique venu supplier qu'on ne touche pas au patrimoine naturel d'Aix.

Avec près d'une demi-heure de dialogues parfois assassins, ce théâtre de guignol a attiré les groupes de spectateurs tout au long de la journée à raison d'une demi-douzaine de représentations. Bravo d'avoir rendu concrets et intelligibles aux Aixois les ressorts de ce saccage annoncé de notre poumon vert aixois.

Dimanche, les élus municipaux n'ont pas brillé par leur présence. Il est fort à parier que les seuls que l'on a pu repérer n'ont pas fait halte devant ce stand coup de poing. De toute façon, cela finira bien par leur revenir en boomerang. Car vu la détermination des opposants, le scénario final est loin d'être joué.

16 septembre 2009

Joissains, députée au graphique plat

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C'est tout frais sorti lundi. Un nouveau site internet mesure l'activité (ou l'inactivité) des députés sur la base de statistiques publiques. Il y a quelques mois, nous avions déjà appris que Maryse Joissains n'allait, selon ses propres dires, qu'un jour par mois à l'Assemblée nationale. Au classement général des députés par assiduité et par production elle figurait dans les six dernières places. Cela se confirme sur les douze derniers mois : aucun progrès n'a été enregistré depuis. Cela semble même s'aggraver.

Afin de rendre plus transparent le travail réel des élus, le site Nosdéputés.fr met en ligne des données et des graphiques montrant la participation de chaque député (hémicycle et commissions) établis directement à partir des sites de l'Assemblée nationale et du Journal officiel. Les chiffres relevés concernent les présences, les participations et les prises de parole. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Maryse Joissains offre une ligne d'activité quasiment plate.

Soyons juste, la moitié des députés des Bouches-du-Rhône, de droite et de gauche, n'en fichent guère plus. On a honte pour eux. Vérification ci-dessous.

Le site de l'Observatoire citoyen de l'activité parlementaire :

Le graphique de Maryse Joissains :

http://www.nosdeputes.fr/maryse-joissains-masini

Les graphiques des 16 députés des BDR :

http://www.nosdeputes.fr/circonscription?search=13

14 septembre 2009

Ce soir, sur France 3, l'opéra Mireille et une surprise

Charles_CastronovoCe lundi à 20h35, France 3 diffuse en direct du Palais Garnier l'opéra Mireille de Charles Gounod. Une grande première télévisée qui réserve une autre surprise qui me va droit au cœur. Le rôle de Vincent est tenu par le jeune ténor américain Charles Castronovo (34 ans), lointain petit cousin. Ce sera là assurément une découverte pour beaucoup d'amateurs du lyrique en France alors qu'il a déjà chanté à Toulouse et à l'Opéra Bastille et que sa carrière est bien remplie car il se produit partout dans le monde depuis quelques années.

          

Sa biographie :

http://charlescastronovo.com/biography-fr.html

L'écouter dans quelques extraits d'opéra :

http://charlescastronovo.com/

Le programme de ce soir :

http://www.operadeparis.fr/cns11/live/onp/Saison_2009_2010/operas/spectacle.php?lang=fr&selected_season=354663924&event_id=404&CNSACTION=SELECT_EVENT

7 août 2009

Que vos répits soient aussi suaves que les miens !

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La pause s'impose. Elle fera écran quelque petit temps. Ces soleils suffiront-ils à entretenir l'attente jusqu'en septembre ? Je ne sais. Mais que cette offrande soit ici l'expression de ma profonde gratitude, chers lecteurs, amis ou moins, vous dont les visites et commentaires enhardissent quotidiennement mon infinie gourmandise à persévérer. Pour ces moments librement partagés, ayant bien tout scruté, je ne retiens finalement qu'une issue pour l'honnête et juste gratification qui sied : que vos répits ne soient pas moins suaves que les miens ! 

(Dessin Picasso, 20.07.1958)

22 juin 2009

Municipale : La dame, les cavaliers et les deux tours

A ce jour, 5 listes sont déjà annoncées : Extrême gauche, PS/MoDem, Ecologistes, Salord, UMP. Deux d'entre elles sont constituées sous forme de blocs et, sauf suprise, envisagent d'être départagées au second tour avec ou sans ralliements d'autres listes du premier tour.

A droite, le gros bloc, c'est celui de l'UMP et ses satellites, le FN ayant renoncé à se présenter. A côté, il y a la liste Salord, faussement sans étiquette, dont beaucoup s'accordent à dire qu'elle risque de faire chou blanc par rapport à ses prétentions liées au fait que l'annulation de l'élection leur est due.

Au centre et à gauche, on trouve le bloc PS/MoDem qui pense pouvoir absorber les écologistes pour le second tour. Enfin, il y a l'extrême gauche qui pourrait troubler un peu le jeu de l'alliance socialiste/centre.

Si l'on compare les résultats des élections européennes au niveau national et à Aix, on constate une grande similitude en termes de participation et d'abstention.

France

   Inscrits : 44.282.679

   Votants : 18.000.454 (40,65%) Exprimés : 17.218.974 (38,88%)

   Abstentions : 26.282.225 (59,35%) Blancs ou nuls : 781.480 (1,76%)

Avec les scores rapportés à l'ensemble des inscrits (44 millions), en réalité, on a :

  FN : (2,47%) UMP : (10,8%)

   Europe écologie : (6,33%)

  MoDem : (3,29%)

   PS : (6,41%)

   Front de gauche : (2,35%) NPA : (1,9%)

Aix

   Inscrits : 88.861

   Votants : 35.761 (40,24%) Exprimés : 35.012 (39,40%)

    Abstentions : 53.100 (59,76%) Blancs ou nuls : 749 (0,84%)

Selon le même calcul que ci-dessus, les vrais scores (sur 88.861 inscrits) sont :

   FN : 2.400 (2,70%) UMP : 11.061 (12,44%)

   Europe écologie : 7.577 (8,52%)

   MoDem : 2.742 (3,08%)

   PS : 5.014 (5,64%)

   Front de gauche : 1.668 (1,87%) NPA : 1.238 (1,39%)

Mais, sur les suffrages réellement exprimés (sans tenir compte des abstentions), la répartition est la suivante. Elle va nous servir à établir des tendances.

   FN : 2.400 (6,85%) UMP : 11.061 (31,59%)

   Europe écologie : 7.577 (21,64%)

   MoDem : 2.742 (7,83%)

   PS : 5.014 (14,32%)

   Front de gauche : 1.668 (4,76%) NPA : 1.238 (3,54%)

(Compte non tenu des "petites" listes européennes, environ 2.207 voix, soit 9,46%, sensiblement moitié à gauche et moitié à droite)

            

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Une partie d'échecs meurtrière par Renaut de Montauban (1462-1470)

       

Même si les européennes sont des élections ressenties comme trop éloignées des préoccupations locales, si elles sont à la proportionnelle intégrale à un tour et que les abstentions ont atteint un record, il est possible de retenir que la proximité temporelle en fait un test sur l'état présent de l'opinion des électeurs.

Est-il pertinent de transposer ces résultats à l'élection municipale ? En tout cas, on peut s'en inspirer mais en toutes précautions. Seuls, les écologistes se sont engouffrés dans le calque complet les yeux fermés. Les autres formations considèrent que des élements importants entrent en jeu.

L'élection est à deux tours, à portée locale, et met en compétition des personnalités du sérail. Par ailleurs, les recompositions des listes et les accords passés entre formations apportent une nouveauté différente de celle du scrutin de mars 2008. Enfin, on peut raisonnablement penser que la participation atteindra au moins 60% au second tour, ce qui inverserait les ratios des européennes.

Jusqu'à présent, il n'y a que le score de l'UMP qui laisse entrevoir une tendance de résultat pour le premier tour, disons un peu supérieur à 30% pouvant approcher les 35%. La seule et vraie inconnue réside dans les effets de dynamique ou d'effondrement (par vote dit utile) des trois listes Extrême gauche, PS/MoDem et Ecologistes.

La première peut atteindre 10% par ajout des déçus de la désunion d'avec le PS.

La deuxième, sur la base des européennes, se situerait à 22%. Mais il faut corriger ce score qui est sous-dimensionné par rapport aux résultats traditionnels à Aix. Il est possible que cette alliance toise les 30% si les électeurs qui ont rejoint les écologistes aux européennes reviennent en nombre suffisant au premier tour dans leurs camps respectifs, PS et MoDem. Mas rien n'est moins sûr.

Car selon le principe des vases communicants, soit les écologistes confirment leur "succès" aux européennes (avec un gros bémol : on cherche encore un Cohn-Bendit… aixois !), soit ils retombent à la moitié de leurs scores européens pour la raison légitimiste évoquée il y a un instant. En tout cas, il n'est pas farfelu d'émettre l'hypothèse que les écologistes atteindront facilement les 10%. Ils seraient alors les arbitres du second tour pour une alliance avec le PS / MoDem. L'impensable, à l'heure actuelle, serait de voir les écologistes arriver en tête (hors UMP) et bouleverser complètement la donne.

Quoi qu'il en soit, au second tour, en cas de triangulaire en présence de l'extrême gauche voulant s'assurer un minimum de sièges d'opposition au conseil municipal, PS+MoDem+Ecologistes peuvent soit dépasser les 40% si tout s'additonne correctement, soit stagner à ce score si les alliés enregistrent des pertes à cause du passage à cette étape.

Quant à l'UMP, même si la capacité de nuisance de la liste Salord est difficilement quantifiable, elle peut espérer l'addition des voix de droite sans patrie, outre le possible bénéfice de "la prime aux sortants" lors d'une élection partielle.

Paradoxalement, l'élection de juillet 2009 ressemblerait à celle de mars 2008. A la grande différence que la triangulaire se ferait par le maintien d'une liste de l'extrême gauche au lieu d'une liste du centre. L'issue recèlerait alors le même suspense qu'il y a un an.

En cas de duel, ce qui signifierait que l'extrême gauche ne peut se maintenir, l'UMP aurait plus de mal à l'emporter car sa marge de progression entre les deux tours n'est guère extensible. A moins que des abstentionnistes du premier tour ne viennent lui sauver la mise au second.

Dernière observation, si l'issue du second tour semble devoir être tirée à pile ou face, on ne peut sérieusement croire que l'élection puisse être pliée en un seul tour.

21 juillet 2009

Lettre ouverte aux socialistes par Edwy Plenel

logo_mediapartLe 9 juin dernier, Edwy Plenel, qui anime le site Mediapart, publiait une longue lettre ouverte aux socialistes. En voici quelques extraits qui me paraissent dire quelques vérités et pouvoir avoir à bien des égards des points communs avec les mœurs locales. A lire de toute urgence.

Peut-être est-il trop tard, et cette lettre inutile. Je vous ai écoutés depuis dimanche soir : les mêmes mots désolés, les mêmes phrases d'attrition, le même lamento qu'aux soirs de vos échecs de 2002 et de 2007, ces élections présidentielles supposées imperdables. Mots vides, phrases creuses, refrains artificiels auxquels, depuis le temps, nous ne pouvons plus croire. Car sans doute les retrouverait-on, identiques, aux soirs de vos cinglants revers législatifs de 1986 et de 1993. C'est une vieille manie : les soirées de défaites électorales, vous vous souvenez soudain de vos électeurs. Quand vous les perdez…

Puis vous revenez à vos affaires, sans rien changer de vos habitudes, manoeuvres d'appareil, divisions intestines, rivalités personnelles. Avec la conviction tranquille qu'un retour de balancier vous assurera, de nouveau, places, postes, réseaux. Comme si vous étiez définitivement la seule alternance possible à la droite et naturellement les propriétaires des suffrages qui vont avec. Comme si vous n'aviez pas à les reconquérir. Comme s'ils vous revenaient de droit, telles des brebis égarées trouvant forcément le chemin du bercail. Procès d'intention, direz-vous. Non, simple constat logique : si vous pensiez vraiment le contraire, vous auriez agi autrement depuis 2007, voire depuis 2002. Vous vous seriez ressaisis, vous n'auriez pas privilégié vos détestations plutôt que vos solidarités, vous ne vous seriez pas écharpés comme des chiffonniers, vous n'auriez pas truqué vos propres votes de congrès, vous n'auriez pas offert ce spectacle lamentable à Reims, vous ne vous seriez pas repliés sur vous-mêmes en ces temps d'urgence sociale et démocratique, bref vous auriez pensé à parler à celles et ceux sans lesquels vous n'êtes politiquement rien, plus rien : vos concitoyens, vos électeurs.

Quel droit ai-je à vous apostropher ainsi ? Justement, celui d'être, comme des millions d'autres Français, l'un de vos électeurs, fidèle et constant. J'ai beau parfois la juger avec sévérité, puisque confronté dans mon travail de journaliste à ses incohérences ou à ses impostures, la gauche reste ma famille, de coeur et d'esprit.

La gauche ? Sans l'idéaliser, je veux dire par là cette conviction élémentaire que, derrière tout désordre, il y a une injustice, quand conservateurs et réactionnaires choisiront l'injustice plutôt que le désordre. Or, depuis votre congrès d'Epinay en 1971, depuis la dynamique unitaire qui a suivi, depuis qu'ainsi, vous avez définitivement ravi au Parti communiste la première place, vouloir que la gauche gouverne le pays oblige à voter pour vous, par-delà la diversité des gauches françaises.

Cette responsabilité que vous revendiquez auprès de nous, nous donne donc quelques droits sur vous, et d'abord celui de vous parler franchement. Pour vous dire que les partis sont mortels, qu'aucune étiquette n'est éternelle et que les idéaux n'ont pas d'écurie assignée. […]

Car le résultat électoral du 7 juin 2009 n'est pas un accident, mais une confirmation : celle de votre incapacité collective à vous réinventer un avenir, un projet, une vision. Contrairement aux commentaires convenus, ce n'est pas l'opposition déterminée à Nicolas Sarkozy qui a été sanctionnée dans les urnes, mais votre impuissance à incarner une opposition crédible. Abstentionnistes massifs - dont, pour l'essentiel, la jeunesse et les classes populaires, et électeurs écologistes, dont, notamment, le socle urbain et diplômé de votre électorat, ont sanctionné, par leur absence ou par leur vote, vos divisions, vos faiblesses et vos silences. L'affirmer, ce n'est aucunement diminuer le mérite des listes Europe Ecologie qui ont suscité l'adhésion par contraste avec vos manques. L'unité des différences, l'originalité du projet, le souci du monde et le souffle de démocratie étaient en effet de leur côté, pas du vôtre. […]

Pendant que les écologistes travaillaient, vous vous disputiez. Non pas sur les idées, tant les divergences sont au fond minimes entre vous, mais sur les personnes. […] La sanction électorale dont vous faites l'objet vient de loin. Elle frappe de longues fainéantises et d'anciens renoncements. […]

Alors, que faire ? La réponse vous appartient, et je n'ai aucune recette en magasin. Je pressens seulement que si vous continuez comme avant, sans sursaut ni vision, vous serez perdus. Jusqu'ici, vous viviez dans le confort de vos fiefs municipaux, départementaux et régionaux. Après tout, vous pouviez digérer l'échec national si vous restiez maîtres des territoires. A un an des élections régionales, l'alarme de ces élections européennes annonce la fin de cette illusion.

Les Verts, que n'obnubile pas la présidentielle, pensent déjà aux régionales, avec la cohérence, le dynamisme et le systématisme qu'ils viennent de prouver. Et ils n'ont aucune raison de se dissoudre dans un front opportun dont vous auriez soudain le souci, après avoir joué en solitaires. Pas plus sans doute que les gauches de la gauche qui préféreront se rapprocher avant de se tourner vers vous. Hier, vous avez dominé et instrumenté la gauche plurielle, plutôt que vous ne l'avez animée et fédérée. Aujourd'hui, vous ne pouvez penser la réanimer artificiellement sur la base de votre propre faiblesse. […]

Ma sévérité est à la mesure de mon attente. Je ne crois pas à la politique du pire. Les crises ne sont pas forcément salvatrices. Elles peuvent accoucher aussi bien de régressions terribles, avec l'installation durable de pouvoirs orwelliens mâtinés de télé-réalité, répétant sans cesse à des peuples anesthésiés et désinformés : ayez peur, ayez bien peur, ayez surtout peur, et laissez-moi m'occuper tout seul du reste. De tout le reste. Et, par-dessus tout, de l'argent et de la puissance, ces deux adversaires éternels de l'espérance progressiste. C'est ce cauchemar qu'il nous faut faire fuir, tous ensemble.

Merci de m'avoir lu jusqu'à la fin.

19 juillet 2009

Election municipale : Les taux de participation

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Les taux de participation

   

18h00 : 49,49% (1er tour 2009 : 44,05%)

                                (second tour 2008 : 59,18%)

   

16h00 : 39,95% (1er tour 2009 : 35,73%)

                                  (second tour 2008 : 49,79%) 

14h00 : 33,56% (1er tour 2009 : 30,58%)

12h00 : 24,72% (1er tour 2009 : 23,73%)

                                (second tour 2008 : 27,37%)

10h00 : 10,11%  (1er tour  2009 : 9,88%)

19 juin 2009

L'union PS / MoDem vue par "Tribune du Sud"

Nul n'ignore la recette, une campagne électorale, ce ne sont pas que des slogans, une communication cadrée ou les informations filtrées livrées par les candidats aux électeurs. Il se passe extrêmement plus de choses en coulisses pour la préparation des stratégies, des programmes et des listes.

Dans de prochains billets, je vous raconterai quelques péripéties sur les tractations pour les alliances, les positions, les exigences et les compromis des divers camps, et parfois les renversements de situations.

Au PS / MoDem, la réalité, c'est que les discussions sont loin d'être terminées et la liste n'est pas bouclée, quoi qu'on en laisse paraître. Si elle n'est pas encore communicable, c'est qu'elle n'est pas forcément satisfaisante. Ça pourrait bouger par le fait des va-et-vient entre les diverses composantes de la liste et à l'intérieur de chacune d'elles.

Passée la première mouture, des rapports de force se mettent en place pour faire accepter soit un peu plus de programme, soit de nouveaux positionnements dans l'ordre de la liste, quand il ne s'agit pas de rayer des noms pour en ajouter d'autres. C'est ce que l'on appelle le jeu du poker menteur. J'y reviendrai.

            
Le point sur les listes en présence :

A l'heure actuelle, les listes probables sont :

Extrême gauche, PS / MoDem, Ecologistes, Salord, UMP, pas d'Extrême droite.

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logo_tribune_du_sudIl est toujours bon de croiser plusieurs points de vue. Voici donc le début de l'article de Mickaël Penverne paru dans "Tribune du Sud" hier jeudi 18 juin 2009.

Aix : une vraie-fausse alliance

Alexandre Medvedowsky, pour le PS, et François-Xavier de Peretti, pour le MoDem, ont officialisé hier (mercredi) leur alliance pour essayer de conquérir l’hôtel de ville. Le tout par une chaleur écrasante et dans une belle langue de bois.

Premier point : le choix de Medvedowsky comme tête de liste s’est imposé sans heurt. André Guinde a reconnu avoir fait acte de candidature à la candidature mais, "après avoir longuement" réfléchi, il s’est retiré. Le "moment de déception" passée, il s’est "naturellement" rangé du côté de ses "amis". Désormais, tout va bien : "Dans une famille, il existe toujours des tensions. Mais la dynamique reprend toujours le dessus. Il ne manquera pas un militant pendant cette campagne". A l’écouter, la section aixoise fait bloc et son éviction est passée comme une lettre à la poste.

Pourtant, une missive de Bernard Pawlak tend à démontrer le contraire. Dans une "lettre ouverte", le trésorier de la section d’Aix adresse un "carton rouge" aux "arcanes du parti" : "La manière dont s’est passée la désignation de la tête de liste pour les municipales est une source d’interrogation, voire d’inquiétude, pour la vie de la section après les élections et ce, quelque soit le résultat (…). Comme tous les militants, je prends acte de la candidature d’Alexandre. Cela n’aurait pas été mon choix, s’il y avait eu vote." Ambiance. "Dans une famille, il existe toujours des tensions."

Deuxième point – développé surtout par Medvedowsky : il ne s’agit pas d’une alliance PS-MoDem mais d’un simple accord entre deux hommes, qui n’engage donc pas leurs formations politiques respectives. Une précaution sémantique qui vise à empêcher de tirer une conclusion sur un éventuel changement de stratégie du PS. Le Parti socialiste reste à gauche, qu’on se le dise.

Sauf qu’hier, de Peretti a pris un malin plaisir à brouiller les cartes en parlant d’une "volonté de construire ensemble sur le moyen et le long terme, c’est-à-dire pour les élections cantonales et régionales". Ajoutant dans un demi-sourire : "On entre dans une nouvelle ère politique." Sueur froide de Medvedowsky qui a tenté de corriger le tir : "Si on arrive à faire vivre un nouvel état d’esprit, l’équipe sera à même de débattre des enjeux du pays d’Aix." Et seulement du pays d’Aix, qu’on se le dise (bis).

Après une heure de conférence de presse, on n’apprendra rien de plus. Rien sur les colistiers, ni même le nom de la liste. "Elle est bouclée mais pas encore communicable", a conclu Medvedowsky. Sans rire.

16 juillet 2009

Municipale : Le débat télé qui arrache les larmes !

logo_france_3Ce soir, à partir de 23h00, France 3 Méditerranée diffuse le débat de second tour enregistré ce matin et qui a donné lieu à quelques échanges vifs entre Maryse Joissains et Alexandre Medvedowsky. Comme prévu, l'ex-maire est venue dans son habit de victime perpétuelle mais sans extinction de voix, à part peut-être celles des urnes dimanche. Le débat est déjà en ligne sur le site régional de France 3 (1h41mn). Sortez vos mouchoirs…

http://mediterranee.france3.fr/info/provence-alpes/Débat-à-armes-égales-56109668.html

17 février 2009

Loi sur le logement : Quoi de neuf ? Des régressions !

locataire

Dessin de Grémi

A quoi sert une énième loi sur le logement si c'est pour ne pas construire assez de logements ? C'est là la question. Car cette loi controversée dite de "mobilisations pour le logement et la lutte contre l'exclusion" présentée par Christine Boutin et votée par la seule majorité ne prend pas en compte de façon décisive et massive le besoin énorme en logement social.

Pour être plus précis, il s'agit d'une série de mesures modifiant de précédentes lois. Et il faudra encore attendre les conclusions de la commission mixte paritaire (7 députés et 7 sénateurs) pour lui donner un caractère définitif. Mais, d'ores et déjà, on sait ce qui va changer, pas forcément en bien.

Voici quelques-unes de ces mesures :

Ÿ Pour favoriser la construction : les organismes d’HLM n’investissant pas assez seront soumis à un prélèvement sur leurs ressources inutilisées pour favoriser ceux qui ont besoin de construire plus.

Ÿ L'article 55 de la loi SRU, qui impose un quota de 20% de logements sociaux aux communes de plus de 3.500 habitants, reste inchangé. Se rangeant à l'avis du Sénat, Christine Boutin, qui souhaitait faire entrer l'accession à la propriété dans les 20%, a renoncé officiellement à modifier l'article. Malgré cela, les communes qui refusent d'appliquer la loi ne seront pas plus pénalisées qu'elles ne sont actuellement.

Ÿ Pour améliorer la mobilité dans le parc HLM, tombée à 9,4%, le droit au maintien dans les lieux est supprimé pour les locataires qui dépassent de plus de deux fois les plafonds de ressource (environ 9000 ménages). Concernant les logements sous-occupés, les locataires (à l’exception des seniors et des personnes handicapées) seront tenus de libérer les lieux après trois propositions de relogement. Toutefois, ces deux mesures ne s'appliqueront que dans les zones dites "tendues" (Ile-de-France, PACA, Rhône-Alpes et le Nord).

Ÿ Le projet de loi abaisse de 10% les plafonds de ressources pour accéder au logement social. Il s'agit de recentrer l'accès aux HLM sur un public plus modeste. C'est une régression qui fait l'impasse sur les foyers aux revenus proches du smic ou en risque de perte d'emploi.

Ÿ Le "Pass-Foncier", appelé aussi "maison à 15 euros par jour", est étendu aux appartements en immeuble collectif. Il est censé encourager l'accession à la propriété. Le slogan cache que, 15 euros par jour, cela fait 450 euros par mois, sans parler des longues années de crédit.

Ÿ Plus anecdotique, les détecteurs de fumée deviennent obligatoires chez tous les particuliers (locataires et propriétaires).

Ÿ Les sommes gérées par le 1% Logement (paritairement par le patronat et les syndicats) vont être en partie ré-orientées. L'Etat percevra 850 millions supplémentaires par an, de 2009 à 2011, pour financer à hauteur de 320 millions l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), de 480 millions l'Agence nationale de l'habitat (Anah) et de 50 millions la rénovation des quartiers anciens dégradés. Des gouttes dans la vaste mer de la misère.

Ÿ Le délai possible avant expulsion est réduit de 3 ans à 1 an. C'est là une autre régression qui va produire plus vite, plus d'expulsions, plus de sdf, voire plus de morts dans la rue.

Le mal-logement selon la Fondation Abbé Pierre

Le rapport que vient de publier la Fondation Abbé Pierre dénonce la paupérisation de la population française. Selon ce rapport, près de 600.000 personnes âgées vivent avec une allocation de solidarité de 628 euros mensuels qui les situent sous le seuil de pauvreté européen.

Dans son tableau du "mal-logement" qui sert souvent de référence, la Fondation donne toujours le chiffre de 100.000 sans domicile fixe basé sur une étude de l'Insee de 2001.

On compte 3.498.800 personnes connaissant "une problématique forte de mal-logement". Sur ce nombre de personnes "mal-logées", 2 millions vivent dans "des conditions de logement très difficiles" et 861.000 sont en situation d'occupation précaire. Parmi celles-ci, 88.400 ménages occupent un logement sans droit ni titre à la suite d'un jugement d'expulsion.

Les personnes privées de domicile personnel mais qui bénéficient tout de même d'un toit seraient près de 494.000. Parmi celles-ci, 100.000 vivent à l'année en camping ou en mobile-home, 150.000 chez des tiers dans des conditions difficiles, 50.000 sont installées dans des chambres d'hôtel et 41.000 dans un "habitat de fortune" (cabanes, constructions provisoires etc.).

La Fondation évalue à 6.617.000 le nombre total des personnes "en situation de réelle fragilité à court ou moyen terme", avec parmi elles, les personnes en situation de précarité pour impayés de loyers (1.412.000) ou celles vivant en situation de surpeuplement (3.507.000).

La crise immobilière va avoir de lourdes conséquences sur la résorption du déficit en logements, avertit la Fondation qui estime que la pénurie risque de passer de 800.000 à 900.000 logements à la fin de 2009. La Fondation met également l'accent sur la baisse des aides personnelles au logement qui auraient été amputées de 12,5% depuis 2001.

La surréaliste discussion de l'article 19 sur la réduction de 3 ans à 1 an :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2008-2009/20090154.asp#P431_66899

10 juillet 2009

Municipale : A force de jouer deux vilains tours… (3)

Voir les deux premières parties mercredi 8 et jeudi 9 juillet

gif_clown_38J'écrivais ici même hier que les candidats s'évertuent à repeindre en blanc même les façades les plus sombres. Les articles parus dans la presse ce jeudi en sont la démonstration.

Il faut qu'une personne s'y colle pour que soient divulguées des pratiques qui entachent la vie politique et publique. C'est bien le signe que les électeurs n'ont pas le droit de tout savoir sur ce qui les regarde.

La "bombe" - c'est le terme employé par La Provence - lancée par Stéphane Salord sent le coup fourré et la poudre des derniers jours de campagne. L'objet du missile vise la gestion de l'Office HLM.

La première observation à faire est que les faits révélés ne se sont pas passés cette semaine. La deuxième est que Stéphane Salord a été administrateur de l'office pendant sept ans et qu'il a donc lui-même une part de responsabilité en ayant toujours approuvé, même silencieusement, la gestion de l'office.

Mais supposons qu'on lui ait caché beaucoup de choses. Son devoir, à lui l'élu qui se targue de connaître les dossiers à fond, aurait dû le pousser à en savoir plus et à ne pas cautionner par sa présence et ses votes ce qui était susceptible de receler des malversations. Il n'en a rien fait. Il a fallu qu'il obtienne copie de documents par des voies souterraines pour les divulguer au moment précis où il est lui-même candidat à la mairie. Nous sommes là dans le cas de figure le plus opportuniste qui se puisse.

Cela n'enlève rien à la gravité des découvertes et au rôle dissimulateur de Maryse Joissains, présidente de l'office. Pour être juste, précisons que les informations mises sur la place publique n'étaient pas toutes inédites. Certaines - le recrutement, le rôle et le salaire de la nouvelle directrice - étaient déjà connues et même critiquées à plusieurs reprises. La "bombe" d'hier n'a fait que confirmer que Maryse Joissains aime bien prendre les gens pour des imbéciles en présentant la réalité de façon tronquée et avantageuse.

Combien de fois ne l'a-t-on entendue déclarer que désormais tout va bien et que tout est en ordre. On voit bien qu'il n'en a jamais été ainsi. L'autre conséquence est que cette affaire éclaire la manipulation qu'elle a opérée en tentant de dégoupiller de futures attaques en prenant les devants par l'annonce de plaintes à propos de fausses factures. Et, usant de l'insinuation comme arme d'intimidation massive, cette offensive s'est doublée d'un jet de gaz aveuglant incriminant des faits remontant à 25 ans.

Un bel effet de brouillard qui n'a permis à personne de s'interroger si elle n'avait pas oublié qu'elle était première adjointe à cette époque. Oui, trop mentir tue.

Salord, l'homme tout blanc ?

Revenons maintenant à l'auteur du deuxième "coup", après celui de l'annulation de l'élection par le Conseil d'Etat. Quand on prend le risque de vouloir faire campagne en abusant du mot éthique et de se poser en homme tout blanc, il faut être tout blanc, sinon gare aux projections de son propre (si l'on peut dire) caniveau.

Stéphane Salord est une personne qui a toujours eu des idées de génie. Du moins, l'a-t-on loué pour cela à maintes reprises. Or, deux exemples suffiront à établir ses piètres performances lorsqu'il était adjoint à la culture et à l'économie.

En 2003, il avait mis en place au Jas de Bouffan une structure, le Centre européen de création et de développement culturel. En 2007, le CECDC s'est vu contraint de fermer suite à sa liquidation. Beaucoup d'argent a été englouti et perdu, des dysfonctionnements graves ont été relevés au rang desquels figure en bonne place l'implication directe dans le fonctionnement du Centre du directeur adjoint de la culture, sous l'autorité à l'époque de Stéphane Salord.

On attend toujours la clarté sur ce dossier que j'ai personnellement transmis à la Chambre régionale des comptes.

Le second exemple n'est pas moins opaque. Dès le début de son mandat d'adjoint à l'économie, Stéphane Salord a lancé un projet de pépinière d'entreprises. Sous le statut associatif, une structure, dont il était le président fondateur, s'est mise en place, Espace Agir Ensemble - Pôle de l'Initiative, subventionnée pricipalement par la CPA et diverses collectivités.

Après une période de lancement, des problèmes ont commencé à se faire jour. En 2007, c'était la liquidation brutale de l'association EAE, entraînant des pertes financières des mini-entreprises hébergées, la mise au chômage de leurs employés, un trou dans la caisse de 320.000 euros et un étrange cambriolage par effraction. On n'a jamais revu cet argent. Là encore, toujours pas d'explications.

Dans sa profession de foi adressée aux électeurs, Stéphane Salord évoque un "combat pour une certaine idée de la morale en politique" et déclare "aspirer à servir notre ville dans l'engagement, la transparence et le courage au quotidien". Bravo, bravo !

Alors, s'il est aussi blanc qu'il le prétend, il ne tient qu'à lui de ne pas se dérober et d'en apporter toutes les preuves. Avant le premier tour aussi, cela va de soi. Les spoliés lui en seront reconnaissants, le temps d'un second tour.

A suivre…

Mes articles avec tous les faits sur le CECDC :

"Ce qui se passe au CECDC"

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/01/22/3761919.html 

"Scandale au Jas : La fin prévisible du CECDC"

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/11/08/index.html 

"Liquidation du CECDC : J'accuse Maryse Joissains"

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/12/11/7194653.html 

Le dossier complet que j'avais consacré à cette affaire de l'EAE :

"Où est passé l'argent de la pépinière ?"

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/03/16/12987810.html

9 mars 2009

Une interview "confidentielle" de Maryse Joissains

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Un de mes vigilants lecteurs (merci JP) a déniché une interview de Maryse Joissains parue en décembre dernier dans le magazine bimestriel "Objectif Méditerranée". Cet entretien était destiné à des décideurs économiques. Il n'est pas sans intérêt et mérite d'être connu du grand public car il n'a rien perdu en actualité. Joissains s'exprime sur le Grenelle de l'environnement, les élections régionales, sa fille Sophie, la LGV… J'ai ajouté quelques commentaires personnels entre parenthèses. Bonne lecture !

Sur le Grenelle de l'environnement :

[…] L'autre énorme dérive, c'est le Grenelle de l'environnement. Vous savez quel est le coût de ce Grenelle pour le pays d'Aix ? A la CPA, nous devrons donner 8M€ par an pour respecter toutes les réglementations.

Pourtant, il faut bien agir face à la dégradation du climat…

Il faut être incitatif. L'Etat devait réaliser ce projet global, c'est une bonne chose. Mais il a été pensé par des technocrates. Nous devrons débourser des sommes trop importantes, nous n'y arriverons pas. Il fallait proposer des modalités simples. (Vérification faite sur le site de l'assemblée nationale, Maryse Joissains n'a participé à aucune séance et n'a donc fait aucune intervention lors de la discussion du projet de loi.) […] Moi, j'ai voté ce texte de loi dans l'enthousiasme. Mais, je me rends compte que ses applications seront bien trop lourdes sur un plan financier. (Elle vote mais... réfléchit après.)

Comment envisagez-vous la réforme institutionnelle ?

Je suis contre le mille-feuille. Le conseil général doit disparaître. Dans un premier temps, il faut procéder à une fusion entre les conseils généraux et le conseil régional. (Mais elle est élue à trois niveaux : mairie, CPA et parlement) On se donne deux à trois mandats pour aller vers une épure complète. (C'est plutôt mal parti.)

A l'aube des élections régionales, Christian Estrosi a l'air de s'entendre très bien avec Michel Vauzelle. Et vous ?

Oui, nous travaillons tous avec Monsieur Vauzelle. C'est un homme de qualité. J'entretiens d'excellentes relations avec lui. Maintenant, je soutiendrai le candidat présenté par l'UMP, s'il me convient… (Belles bagarres en perspective !)

Hubert Falco ?

Je le soutiendrai. C'est un homme de talent et il est populaire. Falco ferait un excellent candidat, mais Jean-Claude Gaudin aussi… (déjà président de la région de 1986 à 1998)

Ah bon ?!

On veut faire croire qu'il est fatigué mais il attire toujours la sympathie. (Sympathie peut-être mais pas forcément les votes.)

En a-t-il envie ?

Certains le poussent… C'est un malin. Je crois que le choix se fera entre les deux. (Tout sauf Estrosi ?) Quant à Michel Vauzelle, s'il n'était pas encombré du parti socialiste, il porterait d'autres valeurs parce qu'il n'est pas un homme de gauche. (C'est vite dit !)

Le fait qu'Hubert Falco ne soit pas marseillais ne représente-t-il pas un handicap ?

Il est vrai que les Bouches-du-Rhône forment le département le plus peuplé. Mais le consensus se fait autour de son nom… Monsieur Estrosi est sur la même position que la mienne (Les choses ont sans doute changé depuis l'affaire de la LGV.) : nous ne voulons pas nous battre pour un candidat qui ne le mérite pas. Parce que, par ailleurs, nous ne voulons pas perdre nos bonnes relations avec Michel Vauzelle. (Crainte de ne pas s'entendre avec un président UMP ?)

Ne vous a-t-on pas proposé d'y aller ?

Je suis très bien à Aix. Si j'étais entrée en politique dix ans plus tôt, peut-être…

Vous semblez être la femme forte forte, comme on dit l'homme fort, de l'UMP dans ce département ?

Non, c'est Gaudin l'homme fort. (Il faut bien donner l'impression de ne pas tirer sur l'ambulance…) Ce sera Muselier lorsque Gaudin le décidera. Le patron est à Marseille parce que le territoire est important.

Vous croyez en l'avenir politique de Muselier ?

C'est un homme de talent. Il plaît à la population. Il peut parfaitement rebondir. (Autrement dit, pour l'instant, il est KO)

Politiquement, Marseille vous aurait-elle tentée ?

J'en ai le tempérament. A Marseille dans les quartiers populaires, je salue tout le monde, je m'y sens bien. (Saluer, c'est bien, mais être saluée, c'est mieux.)

Renaud Muselier a reçu mandat du maire pour Marseille Provence 2013. Comptez-vous travailler avec lui ?

Les gens qui me connaissent savent que je ne suis pas dans la caricature que l'on fait de moi. Venez au conseil de communauté, vous y verriez des socialistes qui ont plaisir à y être… (Des noms, des noms !) J'ai le respect complet pour les gens qui travaillent avec moi. Je vais même vous dire mieux : parfois, je fais l'éponge et je récupère les idées des autres. (Quel programme !)

Votre fille Sophie, aujourd'hui sénatrice, a-t-elle bénéficié de votre aide pour accéder à ce poste ?

On parle beaucoup de Sophie mais je rappelle qu'à l'assemblée nationale beaucoup doivent leur siège à un papa, un oncle, une sœur, etc. Elle a eu une grave maladie en 2005 et elle a tellement senti que certains tablaient sur sa maladie pour m'affaiblir (Toujours la théorie du complot) qu'elle a eu envie de se lancer en politique. J'ai toujours été contre. Quand elle a voulu se présenter dans le canton Ouest d'Aix en 2004, juste avant sa maladie, elle a été présentée par Gaudin. Elle s'était retirée au dernier moment pour sauver l'unité de sa famille. Quand Gaudin m'a demandé si je voulais être candidate aux sénatoriales, je lui ai dit non. (Evidemment, cela aurait provoqué une élection législative partielle risquée) Il m'a dit qu'il lui fallait une femme. Je lui ai répondu que j'en avais beaucoup dans mon conseil municipal et lui ai fait comprendre que Sophie avait le profil. Il m'a répondu qu'il pensait à Mme Bertrand (conseillère générale de Châteaurenard). Je lui ai demandé combien de voix elle représentait. Il m'a dit : "une, la sienne". Je lui ai répondu que Sophie avait été élue à la vice-présidence de la CPA avec 140 voix sur 143, dans un scrutin secret. (On comprend mieux le consensus politique à la CPA...) Il a un jour déclaré à la presse que c'était elle. Je crois que Sarkozy, qui a toujours suivi de près la maladie de Sophie, a sans doute joué un rôle important. (Elle n'est pas sûre. Mais cela voudrait dire que c'est quand même Sarkozy qui règle les investitures.)

Sur la LGV, quel est votre tracé ?

Celui des métropoles. Je ne foutrai pas en l'air mon arrière-pays pour que les Niçois gagnent un quart d'heure. Quand on fait de l'aménagement du territoire, on ne décide pas de zapper Toulon et Marseille, et de détruire la Sainte-Victoire. Je propose de garder la LGV jusqu'à Toulon et de mettre en place un TER efficace entre Nice et Toulon.

Propos recueillis le 4 décembre 2008 par Charles Morel et Marc Rambuzet

pour le magazine bimestriel "Objectif Méditerranée"

7 juillet 2009

Election : Un opéra-bouffe en plein Festival ?

gif_clown_numeroSi vous ne l'avez pas encore lu, voici l'article paru lundi 6 juillet dans La Provence sous la signature d'Alexandra Ducamp. Un petit rappel historique qui joue les prolongations à partir du 12 juillet…

Une ville où l'on cultive l'art de retourner sa veste

Ennemis hier, amis aujourd'hui, les alliances ne cessent

de se redessiner avant le 1er tour le 12 juillet.

Sous ses faux airs de bonbonnière à particule, Aix-en-Provence abrite une vie politique d'une complexité byzantine, rehaussée d'accents pagnolesques. Ajoutez au tableau des caractères bien trempés, grands manieurs de couteaux et capables de retourner leur veste à chaque coup de mistral, une pincée de manipulation des meilleurs ennemis marseillais et trois ficelles tirées par les états-majors des partis depuis la capitale, et vous obtenez depuis une vingtaine d'années des hommes et une femme, qui trempent tous dans la même marmite des petites et grandes trahisons.

Jean-Pierre de Peretti della Rocca (UDF) fut l'un des artisans de la tradition : en 1983, Alain Joissains, maire de l'époque, pris dans une tourmente judiciaire le propulse tête de liste, lui colle Maryse, sa femme, comme 1er adjoint pour tenir la place au chaud. Au bout d'un an, la "doublure" lui retire délégations et indemnités. Il perdra la municipale contre Jean-François Picheral (PS) en 1989 et laissera le souvenir d'un maire qui faisait chanter la Coupo Santo au conseil tout en revendiquant que la Vierge lui était apparue…

Les deux mandats Picheral (1989-2001) auront leur lot de contrariétés mais c'est à l'issue de la défaite de 2001 contre Maryse Joissains (DVD, UMP aujourd'hui) que ça se corse. "Piche", le radiologue qui les "esquiche" comme disait la rue, confie à Alexandre Medvedowsky, l'énarque, la mission de former un recours en annulation de l'élection. L'avocat marseillais en charge du dossier se nomme Michel Pezet, le recours est déposé… puis retiré. Et en 2008, alors que Medvedowsky obtient l'investiture PS, Picheral monte une liste dissidente avec comme tête de liste… Pezet.

L'union de la droite réalisée entre les deux tours de 2001 pour gagner la mairie s'est aussi vite transformée en bataille rangée : le premier à fourbir ses armes est François-Xavier de Peretti, adjoint à la culture (UDF devenu MoDem) quelques mois après l'élection. Puis Stéphane Salord, adjoint à l'économie et homme de réseaux, dans lequel Mme Joissains avait placé beaucoup d'espoirs.

Quelques mois avant la campagne de 2008, le policé Bruno Genzana se sent, à son tour, pousser des ailes : l'UMP lui paye une campagne d'affichage en 4 par 3 dans la ville et il crée avec Stéphane Salord "les Ateliers de l'avenir". De Peretti prend donc sous son aile les deux lieutenants et s'arroge trois élus Verts d'opposition, très chiens de garde, qui avaient obtenu leur siège en s'alliant en 2001 à… Medvé. Ils rêvent tous de faire boire la ciguë à Maryse Joissains, qui enrage mais gagne l'élection face à une gauche divisée et à la liste arc-en-ciel précitée.

L'annulation de l'élection à la suite d'un recours déposé par Stéphane Salord, fondé sur un tract anonyme aux propos orduriers et à des déclarations dans la presse non démenties par Mme Joissains, sonne les trois coups d'une nouvelle recomposition du jeu. On prend les mêmes, ou presque, et on recommence, ou presque. Les candidats appellent ça la stratégie de "rassemblement", les jeunes diraient que certains "grattent l'amitié", Dutronc chanterait L'Opportuniste.

En 2009 donc, Salord s'en va pourfendre publiquement les manières de Maryse Joissains avec, pour faire la claque sur scène, Olivier Naslès… un ancien adjoint du socialiste Picheral, parti avec la députée UMP en 2008 pour mieux la quitter le lendemain de l'élection. De Peretti, le prof de philo qu'on imagine relisant Machiavel caché derrière sa dague, fait profil bas et se rallie à Alexandre Medvedowsky, qui décroche l'investiture PS in extremis et règle des comptes avec les pezetistes mais aucun ne figure sur la liste, refuse deux élus PRG qui s'étaient présentés contre un de ses proches à la dernière cantonale.

Dans la bataille, il perd ses alliés de la gauche de la gauche mais négocie avec les Verts, qui partent en autonomie avec un leader du… Partit Occitan. Faut suivre.

Bruno Genzana (Nouveau Centre et proche de Jean-Claude Gaudin), lui, a quelque peu disparu de la scène locale. C'était pour mieux laisser négocier Hervé Morin, le patron de son parti et ministre de la défense son retour dans la famille… Joissains. Accepté !

Sur le papier, les alliances du moment incarnent une logique solide. Mais dans la cité de l'art lyrique, vu les relations entre ces hommes et cette femme, on frôle parfois l'opéra-bouffe.

6 juillet 2009

Municipale : Brèves de notoires…

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Ÿ En 2007, après s'être hasardé à suivre Bruno Genzana dans une sécession ratée de l'équipe de Maryse Joissains, Jean-Pierre Bouvet a vite compris qu'il lui fallait revenir au bercail pour être réélu conseiller général. Il avait donc "accepté" de ne plus faire partie de la liste du maire et de lui apporter son soutien "spontané". Pour l'élection de la semaine prochaine, il conserve le même principe, soutien sans participation.

Ÿ Pour ce qui concerne Bruno Genzana, tous ses pouputschs ayant échoué, il a dû se plier à venir refaire allégeance à sa maire préférée qu'il n'a cessé de vilipender à la fin du mandat précédent où il a été privé de ses délégations sans autre forme de procès. Raffinement suprême, Maryse Joissains se paie le luxe de le laisser s'approcher sans l'inclure dans sa nouvelle liste.

Ÿ Olivier Naslès, placé en deuxième position en mars 2008 sur la liste de Maryse Joissains, démissionnaire dès son élection, avait promis de tout dire cette semaine à l'occasion d'une réunion publique organisée par Stéphane Salord. A part quelques considérations sur la personnalité de l'ex-maire, il n'avait rien à dire. Une façon sans doute d'admettre qu'il a été bien naïf de penser que Maryse Joissains allait en faire son mentor, ce que l'innocent qu'il est croyait dur comme fer.

Ÿ Stéphane Salord essaie de passer actuellement pour le candidat le plus féroce à l'encontre de Maryse Joissains. Ses critiques ne portent pas sur les seize mois écoulés ou les douze du dernier mandat où il a mené une fronde à peine dissimulée, ce qui lui a valu un retrait immédiat de ses délégations. Non, Stéphane Salord raconte sur tous les tréteaux tout le mal que Maryse Joissains a fait à notre ville et aux Aixois en huit ans. On se demande encore pourquoi il n'a pas jugé bon de démissionner dès le début et, à tout le moins, la dernière année. Oser maintenant jouer le rôle du plus grand opposant risque d'être une posture peu crédible. D'ailleurs, même le si ondoyant Bruno Genzana raconte que Stéphane Salord l'avait sollicité pour cette nouvelle élection mais qu'il "avait refusé sans hésitation". Juste retour des choses, personne ne veut s'allier à Stéphane Salord. A moins qu'au soir du premier tour un désastre des oppositions soit tel qu'une seule nuit de calcul et de reniement suffise aux têtes de liste pour lui trouver soudain des vertus insoupçonnées.

Ÿ Jean-Claude Gaudin soutient de "tout son cœur" Maryse Joissains mais il "n'a pas prévu pour le moment de se rendre à Aix", son "agenda à Marseille et au Sénat étant très chargé". Ne rions pas trop fort, des électeurs pourraient nous entendre et trop comprendre.

26 mai 2009

Clinique du Montaiguet : Que dit le commissaire ?

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Le site pressenti pour l'implantation de la polyclinique

L'enquête publique sur la mise en révision partielle du POS (Plan d'occupation des sols) s'est déroulée du 8 janvier au 13 février. Le commissaire enquêteur avait un mois pour rédiger son rapport. Face à l'afflux des contributions, il s'est vu dans l'obligation de demander un délai supplémentaire d'un mois pour achever son compte-rendu qu'il a remis le 13 avril.

Inutile de préciser que ce projet d'implantation de polyclinique privée au lieudit les Bornes à Pont de l'Arc a donc mobilisé beaucoup de monde. Les chiffres fournis par le rapport sont éloquents : l'enquête a nécessité l'ouverture de 3 registres qui ont donné lieu à 616 participations, soit 139 contributions et 475 courriers. Le commissaire a rencontré personnellement 177 personnes.

Le rapport lui-même se compose de 50 pages détaillées et 10 pour les conclusions. A cela s'ajoutent tous les documents déposés par les participants. A titre d'exemple, l'association des Amis du Montaiguet a produit à elle seule une centaine de pages. On trouve des contributions d'associations, de plusieurs CIQ, de médecins, des auteurs et des architectes du projet, et de particuliers dont beaucoup de riverains.

Côté surprises, le commissaire relève la réception de courriers venant de plusieurs départements comme le Vaucluse, le Var, les Alpes mais aussi la Corse, l'Isère et même... la région parisienne ! Allez savoir pourquoi !

Les points essentiels

Les CIQ les plus limitrophes mettent l'accent sur des points importants, notamment les problèmes de circulation dans ce quartier, des aménagements à faire et des points d'environnement. La Fédération des CIQ du Pays d'Aix pose la question suivante : "Le projet a-t-il été l'objet de suffisamment de réflexion ?" et souhaite "une étude globale de l'avenir du quartier dans le cadre de la révision du PLU". Pour mémoire, le Plan local d'urbanisme ne sortira pas avant trois ans.

Beaucoup font observer qu'une vraie réflexion doit être menée pour une adaptation des transports en commun, une limitation de la vitesse automobile entre Luynes et Pont de l'Arc, le stationnement anarchique. Ils font remarquer que les travaux d'infrastructures supposent des investissements lourds qui nécessitent des financements de plusieurs collectivités et de l'Etat.

Les travaux à planifier devront tenir compte de la situation existante et des projets à venir dans le secteur Sud. Sur le secteur du projet, ont été notés les problèmes de traversée déjà très encombrée du Pont de l'Arc et des flux supplémentaires générés par l'implantation de la polyclinique.

Des questions ont été posées sur la sécurisation des aménagements à réaliser (par exemple, un giratoire), du respect du rayon de 500m par rapport aux constructions existantes (étrangement, l'Architecte des bâtiments de France n'a pas été consulté) et les problèmes de la rétention d'eaux pluviales y compris en cas de fortes intempéries.

Plusieurs contributions ont insisté sur un autre point crucial : "La Ville devra se faire confirmer le financement du projet, elle devra s'assurer que les travaux d'infrastructures nécessaires au fonctionnement de la polyclinique seront aussi budgétés dans le projet".

La réunion publique de demain à 18h00 tirera le bilan de la concertation. Au vu de l'intérêt qu'a suscité l'enquête publique, il y aura beaucoup de monde à la mairie annexe de Pont de l'Arc. Il faut espérer que nous n'assisterons pas, comme lors d'une précédente réunion, à une mise en scène avec "claque" organisée par la municipalité. La parole doit circuler librement, que l'on soit pour ou contre le projet.

Cette réunion ne sera pas le dernier acte. En toute logique, une autre délibération du conseil municipal devra dire si la mairie donne suite ou non à la procédure de révision partielle du POS qu'elle a engagée. Et, le cas échéant, si elle valide l'avis du commissaire enquêteur, comment elle compte respecter et mettre en œuvre toutes les observations et conditions formant les réserves.

Etant donné les enjeux et le nombre de questions fondamentales soulevées lors de l'enquête, il est plus que probable que divers recours seront déposés.

Voir ci-dessous, à la date de lundi 25 mai, tous les articles relatifs au projet.

25 mai 2009

Beisson fait la une de La Provence

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Dans La Provence le vendredi 22 mai 2009

La Provence a publié, avec annonce à la une et sur le site internet, une pleine page sur la situation à Beisson. Nous nous réjouissons que ce dossier soit mis sur la place publique de façon plus large. En attendant les prochaines rencontres sur le terrain, on peut prendre connaissance de la présentation qui en a été faite par Aurélie Le Caignec dans La Provence, ici :

http://www.laprovence.com/articles/2009/05/22/822406-A-la-une.php

Mes précédents articles sur le blog (du plus ancien au plus récent) :

"Rénovation de Beisson : Les habitants accusent…" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/04/23/13481990.html 

"Beisson : Maintenant, la colère monte…" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/04/13604546.html 

"Beisson et Corsy, la rénovation en panne ?" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/05/13616839.html 

"Beisson : Et maintenant la pétition…" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/07/13641111.html

"Beisson : Joissains se fend d'une note aux habitants" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/14/13722941.html

27 juin 2009

TV7 Provence, la télé locale qu'il nous faut !

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Connaissez-vous notre super télé locale ? Installée au cœur même d'Aix depuis plus d'un an, TV7 Provence réalise d'excellents programmes sur tout ce qui se passe à Aix et dans la région, tous diffusés par l'Internet. De nombreuses vidéos proposent des reportages, des interviews et même des débats. Depuis quelques jours, les responsables produisent un effort remarquable pour rendre compte de la campagne électorale aixoise, dans le respect du pluralisme et de l'équité. Afin d'établir une démarche interactive avec les visiteurs, la rédaction autorise les commentaires en réaction à chaque vidéo. Trop sympa TV7 ! Un site à découvrir et à mettre en lien dans vos favoris.

Le site de TV7 Provence :

www.tv7provence.com

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