vendredi 13 avril 2007

BILAN 10 : Santé : infarctus interdit à Aix !

hopital

L'hôpital du Pays d'Aix n'est pas une exception. On y rencontre les mêmes problèmes que dans la plupart des centres hospitaliers français. Urgences encombrées, personnel en sous-effectif et sous-payé, réformes au coup par coup, service public en danger, médecine à deux vitesses.

Après une période de déficit chronique et des renflouements par perfusion par l'Agence régionale d'hospitalisation, le centre d'Aix, dont le président de droit est le maire, doit maintenant répondre au Plan pluriannuel d'objectifs et de moyens (PPOM). En gros, après l'application déjà effective des dotations calculées à l'activité – il faut donc faire du chiffre comme on dit dans le langage marchand – l'unité d'Aix va devoir respecter un "quota" d'actes à ne pas dépasser, sous peine de sanctions avec pénalités financières !

Exemples : en 2006, la direction cardiologie a assuré 60% d'actes lourds, avec 617 angioplasties et plus de 400 poses de pacemakers. Désormais, l'ARH contraint l'hôpital à réduire son nombre à 490 actes annuels tout compris. Compris ? Même le directeur de l'hôpital s'en est indigné lors du conseil d'administration du 29 mars, c'est dire.

Oui, mais alors, les gens vont-ils mourir ? Non, le privé les sauvera ! C'est là que se situe le tour de passe-passe. L'équipe cardiologie de la clinique Rambot pratique plus de 1.000 interventions lourdes, qui plus est, sans aucune autorisation sanitaire de l'ARH et donc sans représailles ! Idem pour le service de rééducation fonctionnelle. Actuellement, à l'hôpital, il y a 3.000 passages dans ce service, il faudra les ramener à 1.000 ! Là encore, c'est le privé qui va récupérer le gros reste.

Enfin, il y a déjà quelques mois, au conseil municipal, la situation des lits de maternité a été évoquée. J'ai moi-même dénoncé l'absence d'une carte sanitaire et médicale régionale qui aurait pu donner une cohérence à une politique réfléchie de la santé. Au lieu de cela, les bouleversements se font au coup par coup selon des opportunités commerciales.

J'ai fait observer que la clinique de l'Etoile (qui paraît-il fait aussi des miracles) allait s'agrandir et récupérer des lits de maternité provenant de la clinique Rambot, qui elle-même veut développer la cardiologie. Cela se fait entre privés sans prise en compte du rôle de l'hôpital et à son détriment.

Dans ces conditions de recherche du profit, on s'achemine vers la mort de la belle idée de Sécurité sociale instituée en 1945 par le Conseil national de la Résistance, à moins qu'une nouvelle donne soit instituée grâce à l'élection présidentielle.

Pour ce me concerne, je ne ferai pas confiance à un gouvernement de droite qui n'a qu'une seule envie : poursuivre la casse du système de santé publique.

En attendant, ce n'est pas encore demain la veille que je vais pouvoir faire mon second infarctus.

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Brèves à la manière de Knock : soigner ou saigner ?

Médecine à deux vitesses et en marche arrière

Ils vont le crier haut et fort aujourd'hui. Les praticiens hospitaliers s'élèvent contre la mise en place d'un système de rémunération variable pour les chirurgiens, suite à un arrêté publié le 29 mars qui institue ce principe. En fait, la part variable s'appuie sur le nombre d'interventions opératoires et de consultations. Les syndicats dénoncent une discrimination entre médecins qui sera source de conflits et de démantèlement de leur statut. Ils craignent que cela n'aboutisse à une sélection des patients et à une concentration des médecins dans quelques grands centres. Cela s'appelle la médecine à deux vitesses, la fin du statut unique et la fragilisation du service public.

Dépassements d'honoraires et de mesure

Les dépassements d'honoraires de professionnels de santé remettent en cause les principes de l'assurance maladie et de son fonctionnement. C'est là un obstacle grave qui réduit l'accès aux soins pour tous. L'Inspection générale des affaires sociales a rendu public un document montrant que, dans le secteur des honoraires libres, le montant des dépassements a doublé en 15 ans, pratique majoritaire chez les spécialistes. Les sommes en jeu ne sont pas dérisoires. Ainsi, les dépassements atteignent 1,5 milliards d'€ pour les cabinets médicaux et 500 millions pour les interventions en hôpital ou en clinique. Cela concerne aussi bien les accouchements et la pose de prothèses de la hanche que les opérations de la cataracte ou les coloscopies. On le voit, il s'agit d'interventions vitales, pas de chirurgie esthétique ! En moyenne, les dépassements par patient représentent 91€ dans le public et 454€ dans le privé. On ne parle même pas des dessous-de-table, véritable escroquerie qui n'a rien à faire dans le domaine de la santé.

"Franchise médicale" : c'est quoi ?

Sarkozy a des idées fixes. En particulier quand il s'agit d'assurance maladie. Pour lui, l'augmentation des dépenses de santé, ce serait d'abord et avant tout la faute des patients. Il faut donc les pénaliser pour qu'ils consomment moins et que la Sécu rembourse de moins en moins. Il parle de "franchise médicale", c'est-à-dire d'un seuil annuel de dépenses en dessous duquel l'assurance maladie ne remboursera rien. Rien du tout. Voilà, c'est socialement injuste, économiquement inefficace et dangereux pour la santé publique. Résumé. Première étape : la franchise. Deuxième étape : l'assurance individuelle. Troisième étape : la fin de la sécurité sociale. Pour un libéral, c'est super : on paie pour soi, les autres se débrouillent comme ils peuvent, s'ils le peuvent. Sarkozy est un mauvais chirurgien qui veut soigner tout le monde à la scie. Ne nous laissons pas saigner.

Posté par CASTRONOVO à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]