mercredi 8 juin 2016

Euro 2016 : Euh, on ne se footrait pas un peu de nous ?

En fait, l'Euro 2016 ne commence pas demain. Car cela fait des mois que le matraquage a été lancé et il est difficile de se mettre à l'abri. Mais je vais aller droit au but : cette fanatisation organisée à coups d'intoxication et de millions ne m'intéresse pas. Et j'ai mes raisons...

sine hebdo flouzeball dessin

Non, ne me rassurez pas. C'est bien demain que commence le mois du ballon, des propos hautement philosophiques des joueurs, des beuglements des commentateurs télé, des cris monosyllabiques dans et hors les stades, et des peut-être bagarres entre fanatiques d'équipes adverses où tout le monde se prend pour l'arbitre, l'entraîneur ou le joueur ?
Mais que fait la police ? Ah oui, c'est vrai, elle est fortement mobilisée pour contenir tout ça. Un comble pour ce qui n'est qu'un simple jeu transformé en un affrontement guerrier qu'il faut encadrer.
Je n'ai pas changé d'avis sur le monde de la baballe pleine de vide et les délires qu'il entraîne. J'ai donc décidé de vous faire profiter de nouveau de ma chronique de novembre 2009 sur le sujet.

Qu'on aime ou pas le football, impossible de réchapper un instant du gros tintamarre et du matraquage médiatique qui, au moindre match, nous met la tête comme un ballon. La méthode est simple, bien rodée aussi. Il suffit en fait d'en faire d'énormes unes quotidiennes , comme s'il n'y avait plus d'affamés, de chômeurs, de guerres dans le monde et on en passe. 
C'est de la sorte que l'on déclanche et l'on entretient, lentement mais sûrement, la montée en puissance du prétendu événement et la fanatisation des foules qui va avec. Car, qu'on se le dise bien une fois pour toutes, les compétitions sportives ont définitivement acquis le statut de grands rassemblements. Bon d'accord, cornaqués à l'extrême et fliqués à mort, mais que ne ferait-on pas pour notre bonheur, hein ? 
Il n'y a plus qu'à nous assigner d'idolâtrer aveuglément, sur parole, des joueurs qui se gavent de l'argent syphonné aux supporters. Des supporters qu'on hystérise à leur en faire perdre tout sens critique, car envieux d'imiter leurs totems, jusqu'au déguisement, mais payés en retour d'illusions et de frissons par procuration. 
On nous bassine le cortex avec les platitudes affligeantes d'entraîneurs, proférées sur le même ton monocorde devant des forêts de micros et de caméras, pendant que, dans les coulisses, les margoulins mettent en scène le spectacle, exploitent le système et en profitent à fond. 
Reste alors à agiter la gigantesque tambouille coagulée et à nous la faire ingurgiter jusqu'à l'indigestion comme un, ou plutôt LE modèle de ferveurs sportives censées former l'expression de liesses populaires, quand les gourous ne vont pas jusqu'à prétendre que nous partageons ainsi une fierté nationale. Et au diable si ce ne sont que des ersatz d'émotions collectives fabriquées à coups abusifs de Marseillaise. 
Escamotés, amnistiés, le déferlement publicitaire, le chauvinisme, le fric, le dopage et la triche. Oui, à la bourse abrutissante des valeurs artificielles et busardes, on se contrefout du respect, de l'honnêteté et du fair-play. Et à l'aune de ces arnaques, il faut s'y faire, les lumineux héros du quotidien risquent de moins en moins d'être toutes celles et tous ceux qui se dévouent, protègent, secourent, soignent, éduquent, sans fanfaronner, eux, pauvres sans gloire. 
Mercredi soir, un arbitre a raté son coup. Il n'a pas vu ou pas compris qu'un jeu de main et de vilain a tout faussé. Et là, on a eu droit à tout le pathétique toutim : les commentaires sincèrement désolés de quelques honnêtes personnes, les propos carrément minables de vrais crétins répétant que, de toute façon, ce qui compte, c'est que la France a gagné et peu importe la manière, les silences cyniquement calculés d'une bande de fautifs craignant une invalidation du match. 
Quelle triste et méprisable mentalité que celle qui accepte la tricherie inavouée, le résultat frauduleux ou la victoire frelatée, ou qui s'en accommode sans honte. 
Tiens, du coup, cela me fait penser à certains politiques. Vite, un vaccin ! 

Un article de Jean-Marie Brohm, spécialiste du sport, paru dans Siné Hébdo le 13 mai 2009

sine hebdo flouzeball

"Footage de gueule et flouzeball à pleine main" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/11/20/15863118.html

"La peste sportive"
http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/10/07/10856164.html

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jeudi 8 janvier 2015

Balles tragiques à Charlie Hebdo

Je n'ai plus de larmes. Oui, Charlie Hebdo, Cabu mon amour, Charb notre frère, Wolinski le tendre, Tignous et Honoré nos amis, Bernard Maris l'érudit, mais aussi Philippe Lançon la plume blessée, nous ne laisserons pas faire.

charlie image

Notre Charlie vivra ! Nous défendrons toujours avec plume, crayon et papier cette très chère liberté d'expression. Merci à vous pour tous les bonheurs que vous nous avez légués.
Militant, soutien et amoureux de la presse libre et indépendante, j'achète le journal toutes les semaines depuis le début de Charlie. Et je l'ai encore fait hier matin sans savoir que ce serait le dernier numéro marqué du sceau de vos signatures joyeuses qui illuminent le cerveau.
Je n'ai plus de larmes pour vous dire combien je vous attendais, vous aimais, vous dévorais. Je vous mets tous à la place d'honneur de mon panthéon personnel.

Amis lecteurs, je n'avais pas imaginé une si terrifiante nouvelle et avais prévu de publier un article coup de gueule contre les mauvaises méthodes de certains médias. Le voici quand même. On pourra comprendre pourquoi il faut aimer le courage de Charlie Hebdo.
Des médias qui font honte
Si, si, ils le font exprès car il en faut pour tous les dégoûts. Des informations nullardes et des articles pour gogos, il y en a à la tonne, sur les chaînes robinet de télé irréalité, sur les sites fosse septique et dans certains journaux paresseux et sans figure qui recopient l'AFP.
On les reconnaît à leurs titres qui font le trottoir pour attirer le client. Ils parasitent et écrasent tout au détriment de faits essentiels qui sont donc réduits à portion congrue. Le racolage sévit maintenant partout sans vergogne. C'est quasiment un concours à qui aura la plus grosse… audience, en toute désinvolture.
Tout est fait pour crétiniser les candides, formater les esprits et vider les crânes pour les remplir d'eau. Leurs tours de passe-passe sont pourtant bien visibles. Mais ils parviennent à hameçonner les plus crédules qu'ils ont habitués à se laisser vampiriser.
On a honte pour eux, les médias qui montrent leur derrière. Et de la gêne, pour les ingénus qui regardent dans l'orifice. La moindre flatulence sans intérêt est montée en épingle et servie toute puante sous l'apparence d'une information déterminante pour le destin de la planète. Les clichés les plus éculés, les marronniers les plus usés, les formulations les plus affriolantes et les recours aux plus bas instincts sont devenus leur art et leur manière de simuler le journalisme d'investigation. On en trouve mille exemples par jour.
Quand ce ne sont pas les titres qui aimantent la curiosité ("Jambes ouvertes ou fermées dans le métro, un faux problème" – un vrai titre puisé dans l'Obs), ce sont les déclarations dont la vacuité remplirait d'un seul coup le néant ("On a perdu car on n'a pas gagné" – déclaration véridique de Ronaldo "J'adore les avant-matchs. Je sens toujours la naphtaline monter en moi"). Après ça, essayez de lire ou de relire du Voltaire, du Rimbaud, du Hugo ou du Proust, ou même du Zemmour, tiens ! Non, pas lui, ça pue le zyklon !
Et n'évoquons pas la langue française massacrée, leurs seuls deux cents mots qui tournent en boucle ou l'illettrisme de ceux qui les éructent au kilomètre.
Sur les chaînes à débit permanent qui reprennent entre les pubs les mêmes infos superficielles et insignifiantes tous les quarts d'heure en répétant le nom de leur chaîne mille fois à l'heure, ils ont même inventé des injonctions infantilisantes censées retenir ceux qui voudraient fuir : "Restez avec nous !" Non, mais ça va pas, non ? Et si moi j'ai envie d'aller voir si mes toilettes sont plus propres que les vôtres ? Je vais me gêner, tiens ! Vous vous croyez malins mais vous avez oublié une astuce : fournir la colle ou les vis pour nous fixer à notre fauteuil.
Et puis, fin du fin, il y a aussi ces "sondages du jour" où il faut répondre par oui ou par non à des questions improbables, bien populistes, que l'on trouve aussi bien sur les sites que sur les télés ou dans les journaux. Voyez-vous comme on émascule le diversité des opinions, comme on dresse le bétail en mode binaire et comme on fabrique des zombies. Oui, chez nous, en France, le pays des Lumières ! Basta pour aujourd'hui.
Une prochaine fois, si mon champ astral est avec moi bien entendu, je vous parlerai des horoscopes à neuneus qui bourrent le mou des benêts qui ne savent plus à quel signe se fier. Le lecteur fidèle de ce blog aura remarqué que cet article est un peu iconoclaste. Mais il fallait bien commencer l'année par un petit coup de gueule qui soulage, non ?

charlie dessin duverdier sud-ouest

the news plantu

Petit florilège de vrais titres parus ces derniers jours…

titres médias image 

titres médias Xtitres médias X - Copie

Deux bons articles qui en disent encore plus…

logo acrimed

http://www.acrimed.org/article4537.html

logo rue89 bis

http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/01/monde-selon-bfmtv-256843

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vendredi 10 février 2012

Aix ville cobaye pour "People Hebdo" de La Provence

provence aix
(Clic sur l'image pour agrandir)
La Provence du samedi passe à 2 euros
pour Aix et Arles, cobayes du supplément "People Hebdo" !

Un choc ! Samedi dernier, en achetant La Provence, j'ai eu un choc. D'abord, le prix est passé à 2 euros au lieu de 1,60. La raison, on la trouvait dans un encadré placé en une. Et ce fut mon second choc. On apprenait que le journal aurait écouté ses lecteurs qui auraient "appelé de leurs vœux" l'ajout d'un magazine dit "People Hebdo" qui "parle autrement des stars que vous aimez" (sic).
Ma première réaction a été d'en rire. La seconde a été de lire la totalité de la note signée du directeur de la publication. Là, je me suis assis. Et j'ai feuilleté les 52 pages de cet immense "cadeau".
Sur l'instant, j'ai cru qu'on m'avait téléporté dans le salon de mon coiffeur préféré. Mais non, c'était impossible, j'y étais allé il y a seulement deux semaines. J'y avais vu les piles de ces magazines trafiqués et sans intérêt (au moins, pour ce qui me concerne) qui font leur beurre avec des photos et des publicités plein les pages pour appâter le gogo. Et puis, mon coiffeur, lui, n'en fait pas payer la curiosité et ne contraint personne à bouffer du "people" même en attendant de passer sur le fauteuil.
Mais là, être obligé de se farcir 52 pages chaque samedi sans avoir rien demandé et en payant 40 centimes de rab pour du néant, c'est un comble.
J'ai appris par mon marchand de journaux préféré (aussi) que La Provence avait lancé cette "nouveauté" uniquement à Aix et à Arles. Ah bon, me suis-je fait. On nous aurait donc fait cette fleur en avant-première pour tester notre capacité à nous instruire ?
Et les lecteurs des dix autres éditions locales alors ? Ne les prendrait-on pas par hasard pour des abrutis qui ne méritent pas d'être traités comme des êtres avides de la vie des "stars" ? A moins, chose plus probable, que les Aixois et les Arlésiens ne soient pour l'instant que les cobayes d'une opération qui ne tardera pas à être généralisée.

Décervelage ?
provence note aux lecteurs hebdo

J'ai cherché, et je cherche encore, à comprendre ce que peut bien signifier tout cela. Je suis allé regarder "l'ours" en page 2, c'est-à-dire le petit pavé qui recense les noms et adresses de l'éditeur et de l'imprimeur, et le nom des collaborateurs ayant participé à la fabrication du magazine. Et là, surprise. Alors qu'en une le supplément est estampillé "La Provence", il est écrit en toutes lettres que la société éditrice s'appelle "France régions participations", que son siège est celui du Groupe Hersant Media à Paris. Seul point commun avec La Provence, son président-directeur général et directeur de publication en est Philippe Hersant, également propriétaire de bon nombre d'autres journaux régionaux.
J'avais bien entendu dire que La Provence souffrait régulièrement de pertes de lecteurs. En 2011, par exemple, le journal a connu une baisse des ventes de 5% (source OJD).
J'avais aussi lu que, pour des raisons stratégiques, le Groupe Hersant Media allait se rapprocher et même fusionner avec le groupe de presse belge Rossel.
J'avais bien remarqué depuis quelques temps que La Provence faisait une publicité "Offre privilège" pour une livraison à domicile, là encore dans le but de redresser la barre. J'en ai d'ailleurs eu un brin de confirmation hier alors que j'allais en grande surface.
Dans la galerie marchande, j'ai aperçu un stand siglé La Provence tenu par deux personnes. De mémoire, c'était bien la première fois que je voyais ça. Alors, curieux comme je le suis, j'ai entrerpis de discuter avec l'un des deux jeunes hommes, au demeurant fort sympathiques. "Oui, m'a-t-il dit, on fait de la promo pour fidéliser les acheteurs". Et, a-t-il ajouté, "cela peut aider à créer jusqu'à 8 emplois de livreurs".
Tout en discutant, mais sans évidemment lui en faire reproche personnellement, je lui ai dit que le supplément de samedi dernier était lamentable et frisait même pas mal l'arnaque au prix. "Beaucoup de gens nous disent ça. Mais, nous, on n'y peut rien."
D'accord, mais alors que faire ? Dois-je maintenant m'abstenir d'acheter le journal du samedi avec ses autres suppléments, TV magazine et Version Fémina (autre prétexte à maquillage publicitaire à chaque page) ? Ou dois-je refuser d'entériner ce chantage mercantile qui force la main, le portefeuille et l'esprit ?
Ce n'est pas sans tristesse que je pose ces questions car ma grande passion pour la presse écrite a commencé dès l'âge de 10 ans. Depuis, j'ai beaucoup lu et eu aussi tout loisir de trier dans tout ce qui est proposé. J'ai, par exemple, abandonné tout achat d'hebdomadaires nationaux farcis de publicités parfaitement intrusives et indigestes visant à nourrir les réflexes de consommation.
Comme on s'en est sans doute rendu compte à la lecture de ce blog, j'ai une faveur particulière pour la presse sans publicité, une presse que je soutiens, ne serait-ce qu'en allant l'acheter.
Il faut que je prenne vite ma décision. Aïe, demain, c'est samedi !   

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vendredi 6 janvier 2012

Des courriels qui sentent la grosse arnaque

arnaque 5

Aujourd'hui, pour une fois, laissons un peu le traitement des sujets politiques de côté et choisissons d'évoquer un phénomène qui a pris des proportions incroyables. Et qui transforme bien des naïfs en malheureuses victimes.
Il y avait déjà les marabouts qui veulent s'occuper de notre santé et de notre bien-être en nous promettant amour, argent et bonheur. Et maintenant, il y a aussi internet. Qui n'a jamais reçu un mail qui sent l'arnaque à vue d'écran ? Toutes sortes d'arnaques d'ailleurs : à la banque, à la transmission d'héritage d'une veuve ou d'un(e) orphelin(e) russe ou africain(e), aux petites annonces de vente via un faux site Paypal, à la carte bancaire, aux voitures, aux montres, à la loterie...
Ce sont évidemment de crapuleuses escroqueries masquées derrière des "fakes" (des faux), qui utilisent le "phishing", c'est-à-dire l'hameçonnage. Le but est la recherche du gogo qui tombera dans le piège et se laissera usurper son identité et ses coordonnées.
Divers reportages de télé ont montré des cas de personnes suffisamment crédules pour se faire gruger et perdre parfois toutes leurs économies.
Il n'est pas question ici des accros vampirisés par les nombreux jeux de hasard qui les pilonnent quotidiennement et les délestent pitoyablement de leurs derniers euros par l'entremise et avec la bienveillance macarelle de l'Etat.
Non, il s'agit des sollicitations et des tentations que l'on reçoit chez soi en ouvrant des courriels qui ont l'apparence de l'honnêteté et un parfum de gains énormes prétendument immédiats. Hélas, si l'on n'y prend garde, un simple clic suffit à ruiner l'imprudent qui ne sait pas encore qu'il déjà est foutu ! Pourtant, il est assez facile de comprendre qu'il y a de l'arnaque dans l'air.

(Clic sur les images pour agrandir)
arnaque mail 1

 arnaque mail 3
 
 arnaque mail 2

Ces trois derniers mois, j'ai reçu plusieurs courriels du genre. Dont voici trois exemples. L'un venait soi-disant d'Orange... or je n'ai pas de compte Orange. Un autre de SFR... mais la somme ne correspond à aucun montant de mes forfaits. Un autre encore d'un certain établissement laitier recommandé par le ciel... mais je n'ai aucune connaissance en matière de "transformation du lait".
Je vous parlerai peut-être une autre fois des publicités glissées dans ma boîte aux lettres m'annonçant que j'ai eu la chance d'être désigné comme le gagnant unique pour des gros lots faramineux. Sans parler des prospectus pas plus grands que des cartes de visite me promettant de me faire gagner au loto alors que je ne joue jamais, de me guérir alors que je ne suis pas malade, de me désenvoûter alors que je n'ai jamais cru en Sarkozy et même de retrouver la femme que j'aurais perdue. Magique, non ? Et tout ça, figurez-vous, rien qu'avec ma seule petite carte bancaire ! Heureusement, il existe maintenant ce numéro d'appel et ce site...

arnaque mail 4http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/votre_securite/internet/cybercriminalite/escroqueries-internet

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mercredi 16 novembre 2011

Scènes insupportables de la vie ordinaire

incivilites

La politique, ce n'est pas que les magouilles de quelques-uns. Ni les discours stratosphériques entre "élites" au langage savant et abscons à mille lieux des préoccupations concrètes des citoyens. C'est d'abord la gestion de la vie quotidienne. Celle qui est ou est devenue insupportable pour de nombreuses familles. A savoir, situation économique de pauvreté ou de grande précarité avec ses insuffisances et ses privations, manque de logements ou habitats indignes, sentiment d'insécurité ou insécurité subie, incivilités, la liste des maux et des souffrances est fastidieuse à établir. Oui, bon, et alors ? Où veux-je en venir ?
bruitHier, un article de La Provence racontait la vie infernale d'un habitant du centre ville. Son voisinage immédiat ne respecte aucune règle concernant le bruit, profère de violentes menaces et prend ainsi un malin plaisir à étourdir jusqu'à l'indicible des personnes tranquilles qui souhaitent simplement pouvoir dormir et se reposer une fois rentrées chez elles.
Il se trouve que la personne qui fait l'objet de l'article m'avait contacté pour recueillir quelques conseils. Ce qui m'avait ahuri, c'était le nombre de démarches que cet homme avait déjà effectuées auprès de presque toutes les autorités pour qu'on se penche sur cette situation invivable au point de l'obliger à aller dormir ailleurs que chez lui.
Il y a peu, l'ayant rencontré un soir alors que je me promenais en ville, je lui ai demandé ce qu'il faisait avec ses baluchons en main. L'homme m'a répondu, avec beaucoup de calme et de dignité : "Pour cette nuit, une fois de plus, des amis m'ont proposé de m'héberger chez eux".
Ses tentatives de raisonner les contrevenants, ses appels à la police et ses plaintes déposées n'ayant donné aucun résultat, je lui ai alors suggéré d'alerter la presse pour mettre cette histoire sur la place publique. Ainsi a-t-il fait.
Des lois existent pour assurer l'ordre public. Le problème, c'est que, face à la multiplication des incivilités, la police n'a pas tous les moyens nécessaires pour répondre à chaque sollicitation. On peut sans doute comprendre que ce soit le cas pour de petites dérives. Mais lorsque la gêne devient aussi intempestive et permanente, l'intervention devient une priorité.
matelas sommierAutre exemple de comportements défiant la logique et pourrissant la vie, celui de la saleté provoquée dans les rues par manque de civisme et de respect d'autrui. Là aussi, des règles existent. 
En ville, malgré des efforts constants pour améliorer la propreté, on voit encore, à toute heure du jour et de la nuit, des tas d'immondices s'accumuler sur les trottoirs. La municipalité explique dans son magazine qu'une réorganisation des services et des moyens est en cours et fait appel à un peu plus de responsabilité de la part des habitants. Comment être contre ?
Le hic, et j'en ai fait l'expérience hier même, c'est que si l'on a renforcé la collecte des encombrants au centre avec des patrouilles systématiques et régulières de bennes intervenant sans aucune prise de rendez-vous, cela a eu pour conséquence d'affaiblir la collecte dans le reste de la ville.
J'ai téléphoné hier au numéro dédié au service pour venir débarrasser un vieux sommier et un vieux matelas déposés indélicatement et lâchement dans ma résidence. Dans mon esprit, l'opération allait probablement nécessiter un petit délai, de l'ordre d'une semaine ou deux. Surprise, l'employée m'a fixé le rendez-vous du passage de la benne au 9 décembre, soit dans 24 jours ! Certes, je suis un être pétri d'une dose de patience allant bien au-delà de la bienveillance. Mais là, franchement, n'y a-t-il quelque chose d'urgent à faire pour réduire l'attente et faire disparaître au plus vite ces dépôts incongrus ?
commissariat aixDernier constat du jour. Bien que n'ayant que très exceptionnellement à faire avec les commissariats, hier, j'ai eu à me rendre à l'hôtel de police. Vers 11 heures, dans le hall d'accueil, il y avait vingt personnes, que j'ai eu le temps de compter en attendant mon tour, faut bien tuer le temps.
Ce qui m'a immédiatemlent frappé, c'est, comment dire, l'allure extérieure modeste d'une très grande partie de ces gens. Des gens qui venaient là, puisqu'on surprend malgré soi des propos échangés entre certains d'entre eux, pour déclarer des incivilités, des vols, des cambriolages et tous autres événements subis comme des actes immérités ou injustifiés souvent perpétrés par surprise, des actes d'un quotidien devenu quasi ordinaire.
Là, j'ai eu l'impression de me trouver face à toute la détresse du monde comme concentrée sur quelques mètres carrés. Des policiers allaient et venaient d'un côté à l'autre, montaient ou descendaient le grand escalier en spirale, se saluaient au passage et appelaient les noms des personnes à recevoir.
L'ambiance générale était calme et n'était sans doute pas étrangère au comportement retenu de ces personnes. Pourtant, il m'a paru que certains visages fermés dissimulaient imparfaitement ici une tristesse, là une inquiétude ou encore un désespoir.
Soudain, émanant d'une pièce invisible pour le public, un bruit de coups répétés et rageux contre une porte ou un mur ont ajouté une bande sonore au scénario quasi muet des visiteurs du moment. Cette irruption - cette effraction - tapageuse de violence jusque dans le hall ne pouvait être que celle d'un individu attrapé et confiné entre quatre murs. L'intervention efficace de deux policiers a vite permis de faire cesser ce tintamarre. C'était en quelque sorte un peu comme si, par procuration, le public était soulagé des déconvenues qui l'avaient contraint à aller les relater au commissariat.
Un effet de la puissance de la loi. C'est ma conclusion. 

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vendredi 26 novembre 2010

Les arrière-cuisines qui font les mauvais appétits

envoy__sp_cial 

En regardant hier soir l'émission Envoyé spécial, j'ai pensé à ce qu'on nous servait aussi dans certains restaurants aixois. Car on ne voit pas pourquoi Aix échapperait au phénomène. Le reportage m'a estomaqué. Et c'est bien le mot. Certes, ce n'est pas la première fois que le sujet est traité, autre mot juste.
Mais là, la proportion d'établissements qui usent de subterfuges de laboratoire pour tromper la clientèle semble occuper désormais tout l'espace. Au point, nous dit-on, qu'il a fallu créer un label de maître cuisinier pour essayer de garantir une qualité se voulant irréprochable. A l'heure actuelle, sur 80.000 restaurants, à peine un millier l'ont demandé et obtenu. Aïe, aïe, aïe !
J'avais bien quelques gros soupçons sur certaines enseignes, que j'ai toujours évitées. Et je ne parle pas que des lieux de restauration rapide ou des divers commerces qui écoulent sans honte du surgelé et du congelé et qu'ont hélas aussi rejoints de nombreuses boulangeries qui ne méritent plus leur nom depuis mauvaise lurette. Ah, leurs horribles produits industriels, ces pains mous et sans goût et ces croissants en caoutchouc et sans miettes !
Mais, ceci posé, comment être sûr à 100% de ce qui nous attend quand on entre dans un restaurant ? Surtout s'il a toutes les apparences de l'attrait qu'un affichage de prix moins ordinaires semble valider pour décourager tout sentiment d'arnaque sur la marchandise.
Hier, on nous a montré un espèce de dessert au chocolat qui s'est révélé n'être que le résultat d'une composition totalement chimique. Beurk ! Si on ose user de telles pratiques, il y a de grands risques que le reste ne soit net non plus. La preuve, des restaurants n'hésitent même plus à fourguer les "recettes" des grandes surfaces avec des plats conditionnés qui dilatent leur butin commercial et qui ruinent les estomacs. Des plats en forme de magma indigeste camouflés sous les promesses affriolantes et vertueuses des étiquettes.
Allez, que cela ne vous gâche pas trop l'appétit !

(Clic sur l'image pour agrandir)
canarc_malbouffe_24

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mercredi 23 juin 2010

Footage de gueule et flouzeball

guignols_france_foot
(Clic sur l'image pour agrandir)
Un beau raccourci entre sport et politique

La honte ! Ah bon ? Mais la honte, pour qui ? POUR TOUS ! Le système, les joueurs, le sélectionneur, les dirigeants de la fédération, les sponsors, les publicitaires, les médias et les supporters.
Des "valeurs" ? Des manipulations, des arnaques et de l'indignité à revendre oui. Bien à l'image d'une société en capilotade, d'une vie publique en déliquescence et d'une éthique politique en débâcle.
J'ai pourtant tout fait pour fuir cette mascarade mondiale et nationale. Las ! Malgré moi, et jusqu'à l'écœurement, télés, radios, journaux et l'internet n'ont eu de cesse de pilonner mes barricades, d'envahir mes tranchées et de briser mes armures.
Pour ne pas trop me répéter, voici ce que j'écrivais déjà il y a six mois lors de la qualification frauduleuse de la France.

Des coups de pied qui se perdent

Qu'on aime ou pas le football, impossible de réchapper au matraquage médiatique qui, au moindre match, nous met la tête comme un ballon. La méthode est simple, bien rodée aussi. Il suffit en fait d'en faire de grosses unes, comme s'il n'y avait plus d'affamés, de chômeurs, de guerres dans le monde et on en passe.
C'est alors que l'on déclanche, lentement mais sûrement, la montée en puissance du prétendu événement et la fanatisation des foules qui va avec. Car, qu'on se le dise bien une fois pour toutes, les compétitions sportives ont définitivement acquis le statut de grands rassemblements. Cornaqués à l'extrême et fliqués à mort. Mais que ne ferait-on pas pour notre bonheur, hein ?
Il n'y a plus qu'à nous assigner d'idolâtrer aveuglément, sur parole, des joueurs qui se gavent de l'argent siphonné aux supporters. Des supporters qu'on hystérise à leur en faire perdre tout sens critique, car envieux d'imiter leurs totems, jusqu'au déguisement, mais payés en retour d'illusions et de frissons par procuration.
On nous bassine le cortex avec les platitudes affligeantes d'entraîneurs, proférées sur le même ton monocorde devant des forêts de micros et de caméras, pendant que, dans les coulisses, les margoulins mettent en scène le spectacle, exploitent le système et en profitent à fond.
Reste alors à agiter la gigantesque tambouille coagulée et à nous la faire ingurgiter jusqu'à l'indigestion comme un, ou plutôt LE modèle de ferveurs sportives censées former l'expression de liesses populaires, quand les gourous ne vont pas jusqu'à prétendre que nous partageons tous ainsi une fierté nationale. Et au diable si ce ne sont que des ersatz d'émotions collectives fabriquées à coups abusifs de Marseillaise.
Escamotés, amnistiés, le déferlement publicitaire, le chauvinisme, le fric, le dopage et la triche. Oui, à la bourse abrutissante des valeurs artificielles et busardes, on se contrefout du respect, de l'honnêteté et du fair-play. Et à l'aune de ces arnaques, il faut s'y faire, les lumineux héros du quotidien risquent de moins en moins d'être ceux qui se dévouent, protègent, secourent, soignent, éduquent, sans fanfaronner, eux, pauvres sans gloire.
Mercredi soir, un arbitre a raté son coup. Il n'a pas vu ou pas compris qu'un jeu de main et de vilain a tout faussé. Et là, on a eu droit à tout le pathétique toutim : les commentaires sincèrement désolés de quelques honnêtes personnes, les propos carrément minables de vrais crétins répétant que, de toute façon, ce qui compte, c'est que la France a gagné et peu importe la manière, les silences cyniquement calculés d'une bande de fautifs craignant une invalidation du match.
Quelle triste et méprisable mentalité que celle qui accepte la tricherie inavouée, le résultat frauduleux ou la victoire frelatée, ou qui s'en accommode sans honte.
Tiens, du coup, cela me fait penser à certains politiques.

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vendredi 22 janvier 2010

La ruée vers l'ordure… de Marseille à la Côte d'Azur

Sous les ordures les affaires ? C'est l'interrogation du moment. En tout cas, jamais on n'aura autant évoqué ou étalé les gros et les petits dessous que peuvent cacher les marchés des déchets. A voir le nombre et la portée des enquêtes en cours, on ne peut s'empêcher de penser à Naples. Certes, ici il n'y a pas mort d'homme mais c'est la comparaison qui vient immédiatement à l'esprit.

Cela fait plusieurs mois maintenant que la justice locale s'évertue à en savoir plus pour essayer de faire un tri méticuleux dans les insinuations, quand ce ne sont pas des accusations malodorantes, que de bonnes âmes ont spontanément et peut-être opportunément agitées sous ses narines.

Comptant sur son flair, la justice semble décidée à y plonger son nez, profond. Et à engager une sérieuse opération de grand nettoyage. Y a-t-il matière à débusquer de coupables ententes, de grosses combines ou de petits arrangements ? En l'état, la prudence est de mise.

Mais, si l'on s'en réfère à ce qui a déjà paru courageusement dans la presse la plus libre, sauf faits contraires, quelques enquêtes ne devraient pas finir leur parcours dans le feu des incinérateurs. Et de certains amas fumants pourraient bien rejaillir de cuisantes flammes qui risquent fort de griller ceux qui espéraient les étouffer.

         

L'article de Bakchich Info du 21 janvier 2009 :

http://www.bakchich.info/Cache-cache-dans-les-ordures,09840.html 

    

L'article du Canard enchaîné du 20 janvier 2009 :

(Clic sur l'image pour agrandir)

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vendredi 15 janvier 2010

Vœux politiques : Quand le fiel se cache dans le miel

La période des vœux à caractère politique m'a toujours fait sourire. Et cette année encore, mêmes souhaits recyclables et recyclés, mêmes discours de satisfaction, mêmes poignées de poudre de perlimpinpin et mêmes mirages dispensés aux électeurs. On me dira que, après tout, hein, ça ne mange pas de galette quand il s'agit de prodiguer plein de sentiments sucrés à grandes brassées de chocolats accompagnés de formules machinales. Oui, d'accord, c'est toujours mieux que balancer des vérités qui font mal. Et qui seraient vite jugées inconvenantes.

Le pacifique cliché "la trêve des confiseurs" a précisément été convenu comme une bienséance éphémère destinée à couvrir les vilenies du reste de l'année. Voilà comment, le temps d'une quinzaine, le fiel se cache dans le miel.

Je ne parle pas ici du président, qui est hors catégorie depuis belle lurette tant il n'y aura bientôt plus que lui pour s'ingénier à croire ses propres contes féeriques. Non, je fais plutôt allusion aux cérémonies locales qui, pour être polies, n'en sont pas moins soporifiques. Mais qui, parfois, ne parviennent pas à dissimuler les bonbons acidulés nichés au fond du gros paquet de friandises.

Par exemple, je me suis bien diverti, c'est le mot, à écouter via internet les vœux à la presse de Jean-Noël Guérini. Comme on dit par relâchement de style, il y avait à boire et à manger.

Après avoir vanté ses propres mérites, avec la petite pincée de modestie qui sied bien sûr, le président du Conseil général a dégainé trois sujets qui ont évidemment réveillé son auditoire. Soutien à Michel Vauzelle pour les élections régionales, critique des médias et affirmation de sa sérénité sur les procédures judiciaires en cours. On l'aura compris, la tribune a servi à faire un bout de campagne électorale mais aussi à lancer quelques assauts qui, comme nul ne l'ignore, sont la meilleure des défenses.

Pour en savoir plus, lire le compte-rendu fait par Rémi Leroux, mis en ligne le jour même sur son blog, et les vidéos de Guérini consultables sur son blog personnel. J'ajoute deux autres liens tout aussi intéressants et deux articles du Canard.

L'article de Rémi Leroux :

http://remileroux.wordpress.com/2010/01/08/jean-noel-evoque-laffaire-guerini-et-lache-son-frere/ 

Le blog de Rémi Leroux sur les régionales :

http://remileroux.wordpress.com/ 

Le blog de Jean-Noël Guérini :

http://www.jn-guerini.fr/2010/01/09/voeux-a-la-presse-lexercice-de-proximite-et-de-verite/

Qui est le vrai patron de Marseille : 

http://www.lexpress.fr/region/qui-est-le-vrai-patron-de-marseille_835906.html

Gaudin concerné aussi par l'affaire des marchés publics :

http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/affaire-des-marches-publics-lenquete-concerne-aussi-les-annees-gaudin-a-mpm

Deux articles dans Le Canard enchaîné du 13 janvier 2009

(Clic sur chaque article pour agrandir)

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mardi 5 janvier 2010

Quand le maire de Trets bafoue la laïcité…

Le discours républicain et laïque n'est rien s'il n'est pas traduit en actes conformes. Là, à quelques kilomètres d'Aix, sur le territoire de la Communauté du Pays d'Aix, la confusion des genres a pris, il y a quelques jours, une tournure irrecevable.

Les faits ont été relatés, documents à l'appui, sur le blog de Cixi-Hélène : le maire UMP de Trets, Jean-Claude Féraud, n'a rien  trouvé de mieux à faire qu'inviter les élus et le personnel municipal au repas traditionnel de fin d'année dans les locaux de l'organisation sectaire Soka Gakkaï.

Aux dernières nouvelles, l'événement a semé le trouble dans certains esprits et n'a pas fait l'unanimité. Au final, le maire n'a été suivi que par 120 personnes sur les 300 invitées. Ce qui n'enlève rien à cette étrange initiative émanant d'un élu de la République qui se permet de confondre la neutralité que lui impose sa fonction et sa décision d'organiser un repas communal dans un lieu de culte dont les pratiques sont, c'est le moins que l'on puisse dire, très critiquées.

Pour en savoir plus et se faire une idée, on pourra lire les textes ci-dessous.

L'article sur le blog de Cixi-Hélène (menacée d'une mise en demeure) :

(accompagné de nombreux liens et d'une série impressionnante de commentaires)

http://cixi-helene.over-blog.com/article-trets-les-feraud-et-la-secte-soka-gakkai-41364792.html

Un article paru en mai 2004 :

http://www.prevensectes.com/rev0405.htm#31a 

Et l'article paru cette semaine dans "Le Ravi" :

(Clic sur l'image pour agrandir)

ravi_trets_feraud

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