vendredi 6 novembre 2009
Je blogue depuis 3 ans, pour être au net avec vous…
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Evitons les statistiques. Flatteuses peut-être mais trop rébarbatives. A mes yeux, un blog doit avant tout être un support du verbe, pas du chiffre.
Voilà donc trois ans ce jour qu'il est apparu sur le net. Avec des intentions et une envie de faire au mieux. Il aurait pu connaître le sort de tant d'initiatives lancées sur un coup de cœur et vite envolées par manque de temps ou de matière, ou par simple lassitude.
Tenir un blog, c'est comme entretenir une plante. Sans cesse aller quérir de l'eau, sinon rien ne pousse. Il faut donc puiser et encore puiser, parfois même s'épuiser, pour assurer un bon maintien. Alors, combien de temps encore durera la nappe nourricière, je l'ignore. Ce que je sais, c'est que, faisant le constat aujourd'hui, je serai allé au-delà de mes doutes quant à cette survie de trois années.
A cette heure anniversaire, l'envie de coucher mes mots pour en faire le lit de ma prose ne m'a pas abandonné. Car l'exercice est profitable, d'abord pour soi-même. Et pour les autres peut-être, si on s'efforce de ne pas trop les ennuyer.
Les nombreux visiteurs de jour et, plus héroïque, de nuit (si, si, je vous assure) qui viennent butiner et deviser sur mes épanchements de toutes sortes ne me sont pas indifférents. Ce sont eux qui apportent autant d'eau aux racines pour qu'elles ne meurent et autant d'aide à mes épaules pour qu'elles ne flanchent. Encore une fois, merci de cette confiance qui n'empêche en rien l'usage de l'esprit critique.
Depuis le premier jour, ce blog se veut un espace de liberté. Il continuera ainsi. Dites-le autour de vous et diffusez-en l'adresse sans retenue. Et puis revenez, seuls ou bien accompagnés, l'écran vous est ouvert, vous y êtes les bienvenus.
Clin d'œil : Savez-vous vraiment presque tout sur LAC ? (Clic sur ma photo)
jeudi 5 novembre 2009
"Partenariats" entre presse locale et mairies, suite…
Le Canard enchaîné paru ce mercredi publie (et commente) la réaction du pédégé de La Provence suite à l'article de l'hebdo du 21 octobre faisant état de partenariats de publicité entre la presse locale et certaines mairies du Sud-Est, dont celle d'Aix. Intéressant à lire…
(Clic sur l'image pour agrandir)
Lire le premier message sur ce sujet avec l'article initial du Canard : http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/10/23/15535279.html
lundi 2 novembre 2009
Clinique du Montaiguet : Un projet trop patraque
Mardi 3 novembre : Le docteur Patrice Halimi réagit à ma question de fin d'article et exprime son point de vue. A lire dans les commentaires.
Pour comprendre pourquoi le projet d'implantation de la polyclinique Rambot au Montaiguet est tordu, il ne faut pas en rester à la seule délibération de révision simplifiée de POS que le conseil municipal examinera demain soir. La manœuvre proposée doit être dénoncée en prenant en compte le large contexte dans laquelle elle s'inscrit.
D'abord, le contexte des choix politiques de cette municipalité. Cela fait plusieurs années que Maryse Joissains retarde la mise en place du Plan local d'urbanisme cherchant tous les prétextes : manque de fonctionnaires pour travailler sur ce type de document, attente de décisions censées être prises par l'Etat, temps électoral, annulation de l'élection. Or, de nombreuses communes, petites et moyennes, de la CPA ont déjà adopté leur PLU. Comment ont-elles réussi avec moins de moyens que ceux de la Ville d'Aix ?
Joissains s'est donc retranchée dans un recours systématique et au coup par coup à des révisions simplifiées de POS parachutées ici et là sans réflexion globale sur les besoins en équipements et infrastructures et les équilibres nécessaires à un développement maîtrisé et harmonieux du territoire. C'est d'ailleurs ce qu'ont bien compris et consigné les CIQ, les associations et bon nombre de contributeurs qui ont participé à l'enquête sur la révision de POS des Bornes. La confirmation de cette mauvaise méthode municipale en sera encore fournie demain puisque l'ordre du jour comporte une douzaine de dossiers liés à la planification urbaine.
Plus politiquement, depuis huit ans, les adjoints successifs à l'urbanisme se sont pliés à la pratique de la prise de décisions dans leur coin faisant fi de concertations approfondies avec la population et les CIQ. Demain, il sera intéressant de savoir combien d'élus de la majorité voteront en toute connaissance de cause. Il est à craindre qu'ils ignoreront tout sur le sujet et qu'ils feront aveuglément bloc derrière le maire en ne se posant aucune question.
Remettre le projet dans son contexte
Dans un second temps, le projet doit être replacé dans son contexte historique. En effet, le projet de restructuration de la clinique Rambot ne date pas de la récente révision de POS. Il faut remonter à 2004 pour se rappeler qu'un protocole d'accord avait été conclu entre la polyclinique et la Semepa, avec accord de la Ville, pour construire un immeuble médical permettant son expansion en proximité immédiate de l'établissement existant sur un parking municipal de 280 places (maintenant ouvert).
D'ailleurs, en 2005, ce projet initial avait donné lieu à une révision partielle de POS confirmant l'orientation médicale du quartier et fait l'objet d'un permis de construire permettant de développer globalement 5.000 m² de structure médicale modernisée et adaptée à la mise en place de l'offre de soins répondant aux besoins de Rambot qui devait bénéficier dans cette structure de 3.500m².
Ceci pour dire que le projet devait se faire sur place. Or, en totale contradiction avec ces démarches, en novembre 2007, la municipalité a lancé une révision expresse de POS au lieudit Les Bornes pour permettre un déménagement prochain de la polyclinique. Si, en 2008, l'ARH (Agence régionale d'hospitalisation), devenue il y a peu ARS (Agence régionale de santé), a donné son accord pour ce transfert, l'agence s'est bien gardée de lui apporter les moindres fonds au titre du plan de financement Hôpital 2012.
On devrait se demander pour quelles raisons. Par exemple, pourquoi, en passant du site actuel à celui du Montaiguet, le nombre de lits a-t-il crû de 319 à 340, outrepassant donc les objectifs du projet initial, au mépris même de l'équilibre privé / public ?
Délais, faisabilité et financement
Enfin, deux autres aspects méritent d'être analysés avec sérieux.
La question des délais et de la faisabilité : les porteurs du projet annoncent dans leur féerique plaquette que la livraison est prévue à l'horizon 2011 avec transfert en juin 2012. Pourtant, au mieux, le permis de construire ne pourrait pas être déposé et délivré avant 2010. Il faudrait 2 ans pour voir naître les infrastructures d'accès, publiques ou financées par la polyclinique et 3 ans pour la construction de l'établissement lui-même.
Cela mènerait à 2015… si aucun recours ne devait entraver le processus. Or, il y a fort à parier que de multiples procédures seront engagées devant les tribunaux. Ce qui fera tomber l'autorisation de l'ARH valable jusqu'en 2012.
Le portage et le financement : depuis une dizaine d'années, la polyclinique actuelle n'a enregistré aucun bénéfice et n'a par conséquent pas pu enrayer le délabrement de l'établissement mettant en péril le respect de certaines normes. On a du mal à imaginer des apports de fonds des grands opérateurs hospitaliers privés qui, pour diverses raisons dont la crise, ont du mal à investir dans leurs établissements existants.
Or, le coût minimum pour un projet tel que celui des Bornes va chercher dans les 80 millions d'euros, hors les dépenses d'aménagements de voirie, de ronds-points et de réseaux. Rien de tout cela n'a été chiffré, ni par la polyclinique ni par la Ville pour les parts respectives qu'elles comptent prendre en charge. La crise financière ne va certainement pas aider, d'autant que la polyclinique avait sollicité l'ARH à hauteur de 45 millions d'euros, qui lui ont été refusés !
La municipalité avance-t-elle les yeux fermés ? Quelles garanties a-t-elle prévues avant de valider ce vaste projet de restructuration d'une zone foncière protégée qui doit éviter l'écueil du purement spéculatif ? A-t-elle pris conscience qu'un tel projet ne peut se concevoir que dans le cadre d'une stratégie d'intérêt général reposant sur une vision globale sur l'ensemble du territoire de la commune ?
On le voit, les questions ne manquent pas. Mais, nous donnera-t-on des réponses ?
PS : Incidemment, il serait intéressant de savoir aussi comment le docteur Patrice Halimi peut à la fois se faire l'ardent défenseur de la cause environnementale et sanitaire et, concerné parce qu'exerçant au sein du regroupement Rambot-La Provençale, soutenir un projet si mal engagé dans un secteur naturel qui risque de souffrir gravement d'un point de vue écologique.
(Clic sur l'image pour agrandir) L'article de La Provence du 31.10.2009
vendredi 30 octobre 2009
Clinique du Montaiguet : Le bras de fer s'annonce…
(Clic sur l'image pour agrandir)
Un des arguments plaidant contre l'installation à Pont de l'Arc
C'est donc à la séance publique du conseil municipal de mardi prochain que Maryse Joissains veut faire passer en force la révision simplifiée de Plan d'occupation des sols pour installer le projet de polyclinique au lieudit Les Bornes, contrefort du massif du Montaiguet à Pont de l'Arc.
Si l'enquête publique menée en début de cette année a conclu à un avis favorable, le commissaire enquêteur n'a pu esquiver d'émettre un grand nombre de réserves et de conditions. En effet, plus de 600 contributions ont été enregistrées dont une majorité de critiques argumentées, notamment pour contester le choix du lieu, la dénaturation du paysage, les dégâts environnementaux et les afflux de circulation qui seraient considérablement aggravés. Et cela sans vision globale telle qu'elle devrait figurer dans un Plan local d'urbanisme qui… n'existe toujours pas.
Début octobre, l'adjoint à l'urbanisme a présenté le projet aux élus de l'opposition et déclaré que des modifications avaient été apportées à la mouture initiale qui, évidemment, font l'impasse sur le fond même du dossier. Au final, l'élu semble s'être comporté comme le porte-parole des initiateurs et des promoteurs du projet, allant jusqu'à reprendre leur propagande "d'éco-clinique".
Joissains prétend que "l'opposition ne vient pas du quartier mais est orchestrée par trois ou quatre personnes qui habitent autour". Beau mensonge censé dénigrer les opposants et réduire au silence le débat démocratique. Or, voici que paraît une déclaration, cosignée par de nombreuses associations, qui met les points sur les "i", avant que la bataille administrative et judiciaire ne prenne le relais. A noter, par ailleurs, que des médecins ont aussi émis d'importantes réserves sur certains aspects de la faisabilité du projet.
Déclaration
du Collectif pour l’Aménagement des Quartiers Sud
et la Protection de la Campagne Aixoise
Face à la campagne de désinformation à propos de la révision simplifiée de POS concernant la zone des Bornes, au Montaiguet, nous, Aixois, avons décidé de saisir l’opinion sur le dossier de la délocalisation de la polyclinique Rambot (P.P.R).
Ne reproduisons pas les erreurs du dossier de la gare routière !
Animés par le même souci, la défense du seul intérêt général, nous contestons la révision simplifiée aux Bornes, en nous fondant sur les motifs objectifs suivants :
Ÿ sur le droit : étant donné les éléments qui nous ont été communiqués au cours de la procédure, si la polyclinique était construite aux Bornes, ce ne serait qu’après des décisions judiciaires, au terme d’un processus long et complet ;
Ÿ sur les atteintes à l’environnement : circulation, nuisances, destruction d’espaces naturels, patrimoniaux et agricoles ne font pas de ce projet un projet écologiquement soutenable ;
Ÿ sur le bouleversement apporté à l’économie générale du POS : trop de révisions simplifiées de POS ont été imposées sans réelle concertation ni vision d’ensemble.
C’est pourquoi nous exigeons le gel de tous les aménagements dans les quartiers Sud en attendant l’établissement du PLU qui fixera les grandes orientations de l’urbanisme pour l’avenir d’Aix-en-Provence.
Signataires actuels :
CIQ Luynois, CIQ Luynes-Malouesse,
CIQ des chemins de La Blaque et Mazargues, CIQ Les Milles,
CIQ Saint Jérôme-Cuques, CIQ Encagnane, CIQ du Pigonnet
CIQ Pont des Trois-Sautets, CIQ des Trois-Pigeons,
Association des Amis du Montaiguet et du Pont de l’Arc
NB : Tous les articles sur la saga de ce dossier figurent à la rubrique "Pont de l'Arc"
(colonne de droite du blog)
mercredi 28 octobre 2009
Le Carnaval d'Aix perd sa fondatrice, Marcelle Isoard
C'était une amie. Les Aixois l'aimaient. Son visage et sa faconde étaient familiers à beaucoup. Elle avait fondé le Carnaval d'Aix et l'avait présidé pendant 25 ans.
Institutrice, puis directrice d'école au Jas de Bouffan, Marcelle Isoard s'était impliquée en politique pour mener à bien "son" projet : faire revivre le Carnaval dans toute sa splendeur.
En 1983, adjointe au maire déléguée au Jas, elle a ainsi déployé tous ses talents pour fédérer une multitude de bénévoles autour de cette initiative pour expérimenter une première édition dans son propre quartier.
Puis, d'année en année, la fête a pris de l'ampleur, agrémentée d'animations, de danses et de musiques spectaculaires, mais surtout grâce au long corso de chars confectionnés selon les savantes techniques de la tradition italienne. C'était une véritable entreprise qui déferlait chaque printemps sur le cours Mirabeau.
J'ai toujours soutenu ce pari fou de manifestation populaire et me suis trouvé aux côtés de cette dame respectée, dévouée et infatigable qui mettait en œuvre toute son énergie et sa ténacité pour que la réussite fût au bout. Combien de milliers d'enfants, de parents et de familles de deux ou trois générations ont applaudi ces moments de liesse, seule la mémoire de chacun pourra en restituer la vérité.
Marcelle avait la générosité chevillée au cœur. Et elle ne cessait de renouveler les thèmes annuels grâce à son sens créatif inépuisable. Ses amis étaient nombreux. Elle les choyait pour qu'ils forment une famille, celle de la solidarité et du bonheur simple et partagé.
Je garderai personnellement le souvenir d'une grande dame aixoise qui savait aimer les autres. Elle est partie hier sans musique, sans flonflons, dans le silence et la discrétion des humbles.
J'adresse mes pensées affectueuses à sa fille Brigitte (à son mari Philippe et à leur fils Florian), que j'ai aussi secondée il y a douze ans pour la fondation du Festival international de danse classique d'Aix.
Nous dirons au revoir à Marcelle mardi prochain à 14h à la Cathédrale d'Aix.
mardi 27 octobre 2009
Régionales 2010 : Ça va canarder en PACA
Dans "La Femme du boulanger", en préambule à son interminable récit-torture, le loufoque pêcheur Maillefer justifie son exigence absolue que personne n'a le droit de l'interrompre par le fait que, lorsqu'il était petit, il a reçu une boule de pétanque sur le crâne et qu'il en garde encore des séquelles paralysantes.
Je me demande si les prochaines élections régionales ne vont pas nous faire le même effet. Si l'on a bien saisi, pour l'instant, dans notre région, au premier tour, il y aura plein de listes : NPA, Front de gauche, PS, écologistes, MoDem, UMP et associés, FN, et liste extrême droite dissidente. Chacun veut se compter pour établir un classement pour le second tour en usant du rapport des forces.
Après tout, démocratiquement, on peut le concevoir, le but des manœuvres pour la qualification finale étant de ne pas être hors course. En revanche, politiquement, à gauche et à droite, la stratégie peut s'avérer décevante et même perdante si des listes à faible score ne sont pas en capacité de se maintenir ou de fusionner. Il y aura donc forcément moins de listes au second tour.
Dans la situation actuelle, c'est à gauche qu'il y aura nécessité de fusions. Dans la logique, cela se fera autour du PS, à moins que, par surprise, les écologistes et le MoDem fassent de gros scores et cherchent à s'allier pour dépasser le PS. Vu le système électoral en vigueur, au second tour, une majorité relative est suffisante pour obtenir une majorité de sièges.
En tout état de cause, l'UMP assurera le socle de son score dès le premier tour et n'aura pratiquement pas de réserves de voix pour le second. Pour battre l'UMP en finale, il faudra une union PS + écologistes ou écologistes + MoDem ou encore une fusion large des trois.
Bataille Vauzelle / Mariani
D'ici mars, ça va beaucoup spéculer dans chaque camp et chaque parti pour tenter de virer en tête. On va aussi constater que les alliés potentiels de second tour orienteront leur combat contre l'UMP. Même si Michel Vauzelle ne semble pas cette fois-ci pouvoir rééditer dès le premier tour la grande alliance qui lui a réussi à deux reprises, en tant que sortant, il peut fortement espérer réunir autour de lui pour le second tour.
Hier, l'UMP (euh, Nicolas Sarkozy) a désigné Thierry Mariani alors que deux autres candidats, Guy Tessier et Bernard Deflesselles, s'étaient mis sur les rangs avant lui. L'image très droitière de Mariani risque de lui jouer des tours : les électeurs du FN iront quand même voter FN et des électeurs de droite modérée préfèreront le MoDem ou, pourquoi pas, feront confiance au légitime Vauzelle.
Apprenant la confirmation à peine imposée de Mariani comme tête de liste, Patrick Mennucci a attaqué bille en tête en lui offrant une carte du centre-ville de Marseille, un itinéraire et une photo de l'hémicycle de la Région. Et d'ironiser : "Le candidat sarkozyste a sans doute besoin d'aide pour retrouver le chemin. [...] Car à la stupéfaction générale, il est conseiller régional depuis 2004 ; mieux, il dirigeait la liste de droite dans le Vaucluse où il a été largement battu par Vauzelle".
Et puis encore sur le peu d'assiduité : "Il a boudé le mandat qui lui avait été confié en 2004 : il est peu venu à la Région, 10 fois sur 155 réunions officielles, 2 fois sur 40 commissions permanentes". Cela a obligé Mariani à se justifier : ce dernier a assuré avoir "vite compris, après quelques réunions, que le président Vauzelle ne laisse aucune place à l'opposition, réduite au simple rôle de figurant".
Tiens, on aimerait bien savoir maintenant ce qu'en pensent ses collègues Muselier et Deflesselles et tous les élus de droite qui se sont tapé toutes les séances et les réunions de se voir humiliés jusqu'au mépris par leur nouveau chef.
Voilà pour les batailles au sommet. D'ici peu, d'autres coups fourrés vont se faire jour, à droite comme à gauche et au centre, pour la désignation des chefs de file départementaux. Alors, attention aux boules de pétanque qui volent…
Les règles du système électoral pour les régionales
Si, dès le 1er tour, une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, elle obtient d'emblée 25% des sièges à pourvoir (prime majoritaire). Les autres sièges sont répartis proportionnellement entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages (y compris celle arrivée en tête).
Si aucune liste n'obtient la majorité, il est procédé à un second tour :
- Les listes ayant obtenu plus de 10% des suffrages exprimés peuvent se maintenir.
- Les listes ayant obtenu moins de 5% peuvent fusionner avec celles qui ont obtenu au moins 10%.
- Les listes ayant obtenu moins de 5% sont éliminées.
Le nombre d'élus pour chaque liste est établi en fonction des résultats obtenus sur l'ensemble de la circonscription régionale. Les sièges sont répartis entre les sections départementales au prorata du nombre de voix obtenues dans ces sections. En cas d'égalité de suffrages ou de moyenne, c'est la liste dont les candidats ont la moyenne d'âge la plus élevée ou le candidat le plus âgé qui sont élus.
Au 2nd tour, la liste arrivée en tête obtient d'emblée 25% des sièges à pourvoir (prime majoritaire). Les autres sièges sont répartis proportionnellement entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages (y compris celle arrivée en tête). La liste arrivée en tête obtient ainsi la majorité des sièges sans nécessairement avoir la majorité absolue des suffrages.
lundi 26 octobre 2009
Poubelle la vie… à Aix
(Clic sur l'image pour agrandir) Ça se passe à Aix
Non, ni Naples, ni Marseille. Cette scène baroque se passe bien à Aix. Ici et là, des habitants balancent n'importe quoi sur les trottoirs et transforment un coin de rue en dépotoir... au développement durable. Dire que cela manque de civisme est un euphémisme. Pourtant, les moyens existent pour se débarrasser d'encombrants. Il suffit de les apporter dans les multiples sites publics prévus à cet effet.
La collecte des ordures a ses règles et ses équipements mais cela semble encore et toujours échapper à des malotrus quand ces derniers ne vont pas jusqu'à faire preuve d'un culot sans nom. Evidemment, le spectacle est affligeant en plus d'être malsain à tous points de vue. Et le résultat est que cela pourrit la vie des disciplinés qui subissent ce coupable laisser-aller.
Il y a pile deux ans, des riverains, excédés, du quartier des Cardeurs avaient déjà tenté de lutter contre la décharge sauvage permanente qui avait poussé sous leur nez. Ils avaient même adressé une pétition à la mairie. Quelques progrès et puis de nouveau le tas d'ordures. Deux ans et plusieurs épisodes après, hélas et à leur grand désespoir, ils sont contraints de faire le même constat : l'incivisme perdure et les reliefs se renouvellent au quotidien.
Alors, depuis un mois, pour inverser la tendance, ils ont ouvert un blog dédié qui ne manque pas d'originalité. Chaque jour, ce blog publie des photos et des vidéos de l'état des lieux, accompagnées avec humour de détails qui en disent long. Aux dernières nouvelles, les riverains ont confectionné des affichettes pour informer les indélicats et ont décidé de s'organiser en réactivant le comité d'intérêt de quartier.
J'encourage vivement mes lecteurs à aller visiter ce blog très instructif garanti sans odeurs (masque non obligatoire donc).
Voici l'adresse du blog :
http://poubelle-la-vie.over-blog.com/
vendredi 23 octobre 2009
Expo Picasso : La combine qui a mis la puce à l'oseille
Que les détails qui suivent risquent de choquer ou d'en énerver quelques-uns n'est pas la chose la moins sûre qui soit. De quoi s'agit-il ? Faisons un petit retour sur l'exposition Picasso Cézanne de l'été. Loin de moi l'idée qu'elle n'aura pas réjoui des dizaines de milliers de visiteurs. Non, il n'est pas question de cela.
Pourtant, ce qui est donné à voir, comme on dit, c'est un peu comme pour de bons plats. On ignore assez souvent ce qui s'est passé dans les cuisines. La dernière révélation sur la recette a été servie mercredi par Le Canard enchaîné. Mais déjà en mai dernier, Le Monde et Libération faisaient une présentation nuancée de la mise sur pied de l'expo.
Dans Le Monde…
Le journal écrivait ceci : "Dans l'exposition "Picasso et les maîtres", qui a triomphé cet hiver au Grand Palais, à Paris, Paul Cézanne était presque absent. Etrange, si l'on songe à l'importance que Cézanne a pour Picasso entre 1906 et 1909, et aux allusions au solitaire d'Aix-en-Provence qui apparaissent de temps en temps dans l'oeuvre du génie espagnol. Ce n'était pas un oubli, mais l'effet d'une répartition géographique : il était entendu que les rapports entre les deux artistes seraient traités, non pas à Paris, mais dans une exposition qui a lieu tout l'été à Aix-en-Provence, ville natale de Cézanne."
L'article note que la confrontation entre Picasso et Cézanne, en manque de grands tableaux notamment cézanniens, ne permet que "des parallèles parfois forcés" entre les œuvres des deux maîtres.
Et de conclure : "Il est vrai que la grande raison d'être de l'exposition en aurait été affaiblie : la raison touristique et économique. En 2006, le Musée Granet et la ville d'Aix-en-Provence avaient réussi une belle opération de récupération avec Cézanne, en lui consacrant une exposition qui avait attiré les foules. De son vivant, il avait été moqué et insulté par ses concitoyens. Désormais, il est devenu pour leurs descendants un argument commercial : 60 millions d'euros de recettes pour la ville et sa région grâce à lui en 2006, a rappelé la maire d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains Masini, lors de son discours d'inauguration. Son espoir avoué ? Que Picasso rapporte autant cette année. De ce point de vue, l'imprécision de l'exposition et la genèse du cubisme sont questions négligeables."
Dans Libération…
Tonalité un peu plus grinçante pour Libé : "Les deux Méridionaux se ressemblaient aussi par la volonté de briser les cadres classiques, le tempérament rebelle, la virilité conquérante. Malheureusement, le musée d’Aix ne trouve pas la rencontre. Les collections ne se séparent pas facilement de ces chefs-d’œuvre. Il y a de très beaux tableaux, mais le croisement ne se fait que par bribes dans un accrochage dont l’inesthétique le dispute à l’incohérence. En cours de route, Cézanne est purement et simplement abandonné. Terminer l’exposition sur la corrida, sous prétexte qu’Aix est une étape vers les arènes, c’est une blague. Son coût, en coproduction avec la Réunion des musées nationaux, est de 9 millions d’euros, hors assurance. La collectivité en a investi dix millions pour impulser alentours une soixantaine de projets satellites. Aix est devenu Cézanneland."
Le Canard enchaîné en dit plus…
Et puis arrive Le Canard de ce mercredi qui y va aussi de sa révélation tonitruante sur l'accord conclu entre le groupe Hersant Médias et la municipalité aixoise. Après avoir exposé les difficultés financières des quotidiens locaux du Sud-Est, Le Canard raconte que le groupe a pris des contacts avec des municipalités UMP : Nice, Toulon et Marseille.
Le journal ironise sur un accord de partenariat, une alliance, entre le site Internet de la Ville de Marseille et celui du journal La Provence. "Il prévoit rien moins qu'une signalétique commune et le partage de certaines informations" renvoyant les lecteurs et les internautes d'un site à l'autre, une stratégie censée "doper la fréquentation du site du journal et, du même coup, ses rentrées publicitaires".
L'été dernier, le groupe s'enhardit et démarche plusieurs mairies UMP des Bouches-du-Rhône. C'est d'ailleurs ce que résume le titre de l'article "Le groupe Hersant lance la presse de proximité politique". Et Aix, alors ? Nous y sommes. Le système ne consiste pas à proposer à la municipalité d'acheter des milliers de journaux pour les distribuer gratuitement mais à établir une "proposition de partenariat" avec "ses axes mutualistes de communication". Et précisément, l'expo Picasso Cézanne tombait à pic pour inaugurer cette judicieuse "combine". Coût pour la Ville : 80.000€. Les éléments de l'affaire sont à découvrir dans cet extrait de l'article.
(Clic sur l'image pour agrandir)
L'article du Monde (25 mai 2009) :
L'article de Libération (30 mai 2009) :
http://www.liberation.fr/culture/0101570365-aix-s-emmele-les-pinceaux
jeudi 22 octobre 2009
Inégalités et sentiment d'injustice
C'est comme la fièvre. D'abord ça couve sournoisement, puis ça érupte. On ne connaît ensuite la température qu'en la mesurant. C'est ce processus qu'essaie d'analyser Jean-Paul Delevoye, le médiateur de la République. Dans un point de vue publié hier dans Le Monde, il alerte sur les signes d'inquiétude qui, selon lui, traduisent l'ampleur du sentiment d'injustice ressenti par la population en termes d'inégalités entre ses membres. A lire.
(Les termes en gras sont de moi)
Le sentiment d'injustice chez nos concitoyens inquiète par son ampleur
par Jean-Paul Delevoye
"Selon que vous serez puissant ou misérable...", l'adage de La Fontaine est devenu le préambule de nombreuses critiques dénonçant l'injustice d'une société qui tarde à prendre conscience des inégalités entre ses membres et peine à les combler.
Je ne sais si les inégalités ont augmenté ou non ces dernières années, si notre société est objectivement plus injuste qu'hier, si ses dysfonctionnements sont plus criants qu'autrefois. Les sociologues et les économistes ne semblent pas en mesure de porter un diagnostic incontestable et je n'ai pas, en tant qu'autorité indépendante, à me prononcer sur les politiques publiques menées. En tant que médiateur de la République, je n'ai pas été confronté à une nette augmentation du nombre de réclamations en cette période de crise.
En revanche, j'ai pu observer une douleur plus profonde chez les personnes qui me saisissent. Je souhaite aujourd'hui attirer l'attention de tous sur cette tension émotionnelle palpable. Le sentiment d'injustice chez nos concitoyens m'inquiète par son ampleur, son intensité, son mode d'expression autant que par les réactions et les actions qu'il déclenche.
Eric Maurin, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), fait l'analyse suivante : le déclassement est une réalité bien circonscrite, touchant une frange de la population. La peur du déclassement, quant à elle, touche tout le monde, notamment ceux qui ont le plus à perdre et le moins à craindre. Au travers d'expériences douloureuses, épisodiques mais dont on craint qu'elles ne deviennent régulières, ces personnes ont été confrontées aux difficultés de notre société. Pour les classes moyennes et supérieures, l'injustice était un cas de conscience autrefois : elle est aujourd'hui un triste présage. Demain, une amère réalité ?
En parallèle, les personnes les plus démunies subissent de plein fouet les conséquences de la crise économique. La violence de ces situations engendre la violence des réactions. Le recours à la violence physique et psychologique, ayant prouvé son efficacité, se systématise : séquestrer un patron est l'assurance de voir les caméras arriver, le débat porté sur la place publique, l'opinion sensibilisée, l'action publique déclenchée.
Je n'excuse pas ces actes mais souhaite qu'on s'interroge sur les motifs de cette colère : comment ces salariés peuvent-ils comprendre que leur usine ferme, leur laissant peu d'espoir de retrouver du travail dans la région et/ou dans leur domaine de compétence, pendant que les traders continuent de toucher des bonus aux montants astronomiques ? Un économiste expliquerait sûrement à raison que ces deux événements ne sont pas liés et taxerait peut-être de démagogie ce rapprochement, mais la personne qui vient d'être licenciée, qui se pose la question non pas de son confort de vie mais de sa survie et de celle de ses proches, peut-elle l'entendre ?
Face à ces injustices perçues, douloureusement subies par certains, une société demande logiquement des comptes à ses gardiens, ceux qu'elle a chargés de contrôler, réguler, réduire ces injustices. Il en ressort parfois la dangereuse impression d'une collusion entre les puissants et le pouvoir, la force et la justice.
Cette impression fragilise le pacte social qui veut que la République protège le plus faible du plus fort et assure les conditions premières du vivre ensemble. Si les membres de la société ne croient plus en leurs institutions et leurs représentants, ils envisagent alors de faire respecter eux-mêmes leurs droits ou se tournent vers d'autres aux discours séducteurs.
Lorsque je ne crois plus à la force du droit, je revendique le droit à la force. Je n'ai pas le droit de séquestrer mon patron. Oui, mais j'ai le droit de nourrir ma famille. Je n'ai pas le droit de conduire sans permis. Oui, mais j'ai le droit d'aller travailler pour gagner ma vie. L'apparition de certaines officines proposant des formations à la désobéissance civile et gangrenant certaines professions n'a rien de rassurant. Que penser alors de la crainte des responsables syndicaux et associatifs d'être bientôt dépassés par leur base ?
Je vois néanmoins en cette crise de confiance une chance que nos institutions républicaines doivent saisir pour démontrer l'efficacité et la nécessité de leur action. "Si l'Etat est trop fort, il nous oppresse, s'il est trop faible, nous périssons", disait Paul Valéry. La crise économique est passagère. La crise des comportements résulte d'évolutions sociologiques et historiques lourdes ; les solutions semblent moins évidentes à imaginer et à mettre en oeuvre. Quoi qu'il en soit, elles ne pourront faire l'impasse sur les deux points suivants.
Il faut privilégier le service du citoyen au confort du système, la défense des causes à la sauvegarde des structures. Dans une société en pleine mutation, nos institutions doivent prendre le pouls des changements et accompagner les citoyens dans la nouvelle voie qui leur est proposée ou qu'ils ont eux-mêmes tracée. Dans leur propre relation à l'administré, nos institutions doivent intégrer ces changements : passage d'une société industrielle à une société de services, d'une société rurale à une société urbaine, d'une société standardisée à une société multiculturelle et multiconfessionnelle.
Aucune politique ne peut être acceptée et appliquée telle la parole divine et infaillible : le temps de l'explication et de l'acceptation de la décision est bien plus important que le temps de la décision elle-même. Ce temps est nécessaire pour installer une véritable pédagogie des enjeux liés à la décision publique. En somme, nos institutions doivent se détacher de toute pratique que l'on pourrait qualifier de corporatiste ou protectionniste et prendre le risque de l'ouverture et de la transparence.
Nos institutions doivent ensuite conjuguer traitement massif, efficace, rationalisé des administrés et respect de l'individu. Un usager de service public est d'abord un individu qui souhaite que soient considérées son histoire et sa situation personnelles, sans être réduit à un identifiant, ou un numéro à douze chiffres. Cette société anxiogène qui privilégie parfois la violence, ne croyant plus aux vertus de la discussion, a plus que jamais besoin de dialogue. L'écoute est un facteur d'apaisement et j'encourage le développement de lieux d'écoute et d'information sur tout le territoire. Je ne forme pas ici un simple voeu pieux : j'en fais déjà l'expérience concrète chaque jour dans mon institution.
Sur 65.000 dossiers traités chaque année, 50% consistent en des demandes d'information et d'orientation, et montrent la difficulté pour les gens de frapper à la bonne porte, de trouver l'information au bon endroit au bon moment. Au pôle Santé sécurité des soins que je viens de créer, 90% des personnes qui me sollicitent désirent avant tout comprendre ce qui s'est passé, comment les faits se sont enchaînés jusqu'à l'accident médical. Après avoir été écoutées et renseignées, nombre d'entre elles abandonnent toute démarche contentieuse.
Le dernier exemple provient du témoignage d'un directeur de prison dans le sud de la France : depuis la mise en place de permanences de mes délégués au sein de son établissement, il a constaté une diminution de 30% des faits de violence.
Notre société a besoin de soupapes de décompression pour endiguer cette violence physique et psychologique née du sentiment d'injustice. Nos institutions doivent veiller à ce que personne, fort ou faible, ne se sente méprisé. "Selon que vous êtes puissant ou misérable", la République vous doit un égal respect.
L'article original (Le Monde, 21 octobre 2009) :
mercredi 21 octobre 2009
Sarkozy recalé aux chiffres et aux dettes
Mensonges, manipulation et propagande au quotidien. L'exemple vient d'en haut si l'on ose dire. Les comptes de la France sont dans le gouffre. Alors, ils s'y mettent à deux pour essayer d'anesthésier les Français et les médias. Tour à tour, François Fillon et Nicolas Sarkozy dénoncent le nombre d'emplois publics pour mieux tailler sec. Pour paraître vertueux, ils accusent les collectivités territoriales d'embauches excessives.
Hier encore, Sarkozy a présenté les grandes lignes de sa réforme des collectivités territoriales stigmatisant aussi le nombre trop important d'élus, annonçant son souhait de le diviser par deux. Pendant ce temps, et depuis que la hache s'abat sur les effectifs de différents ministères, on ne constate aucune embellie dans le budget de l'Etat. Bien au contraire, tout s'aggrave.
(Clic sur l'image pour agrandir)
Les tableaux des records et les prévisions jusqu'en 2013
Reprenons donc les chiffres pour les collectivités territoriales. Fillon cite à la volée une augmentation de 36.000 fonctionnaires par an, Sarkozy n'en voit qu'une louche de 30.000. Ils ne sont même d'accord entre eux. C'est dire le sérieux des propos. L'exagération est telle dans les deux cas que la charge en deviendrait insignifiante si elle n'était la confirmation de l'état d'esprit malveillant à l'égard des collectivités opportunément à la veille des débats sur la réforme territoriale et à 5 petits mois des élections régionales. Drôle de hasard !
à Quelques remarques générales formulées par l'ARF (Association des régions de France) :
• Même après les transferts de compétences liés à la Loi de 2004, les dépenses de personnels en Régions représentent moins de 10% des budgets (fonctionnement et investissement confondus) alors que le chiffre moyen est de 50% dans les grandes villes (à Aix, c'est 54%) et autour de 30% dans les départements. Quant à l'Etat, chacun sait que l'essentiel de ses dépenses de fonctionnement est lié aux dépenses de personnels civils et militaires.
• Que l'Etat veuille imposer aux collectivités territoriales le non remplacement d'un départ sur deux à la retraite est totalement contradictoire avec le principe constitutionnel de libre administration des collectivités locales.
• On ne peut pas à la fois se féliciter que l'emploi public serve d'amortisseur social en période de crise et dénoncer l'emploi public dans les collectivités locales.
• Alors qu'il s'y était engagé, l'Etat n'a jamais transféré les emplois d'encadrement correspondant aux compétences transférées… donc les Régions ont dû recruter des cadres, par exemple pour gérer les TER et le personnel TOS !
• L'Etat employeur ne respectait pas toutes ses obligations légales vis-à-vis des TOS, par exemple en matière de médecine du travail… Les Régions respectent le droit et ont donc dû recruter !
à Quelques chiffres puisés à la meilleure source, puisqu'il s'agit d'un document édité par le ministère de la Fonction Publique (faits et chiffres 2008-2009) :
• Au 31/12/2007 (derniers chiffres connus) la Fonction publique territoriale emploie 1,75 million d'agents ; les effectifs ont augmenté de 3% en moyenne annuelle depuis 1996 !
• Tout en ayant multiplié leurs effectifs par 5,5, (ce qui correspond à l'arrivée des TOS…) les régions ne représentent que 2,7% de l'emploi territorial.
• En 2006-2007, les effectifs de TOS entrant dans le cadre d'emploi créé pour eux sont passés de 6.900 en 2006 à 52.600 en 2007 et le mouvement doit se poursuivre puisque d'ici à 2010, ce sont 90.000 agents TOS supplémentaires qui seront transférés sous gestion régionale ou départementale…
(Clic sur l'image pour agrandir)
La dette publique en France jusqu'en 2008
Concluons par ceci. Beau paradoxe et même triste cynisme. Alors que l'Etat oblige les collectivités territoriales et les administrations publiques à produire des budgets en équilibre sous peine de mise sous tutelle, le gouvernement se permet de mettre la France à sac en creusant tous les déficits, entraînant une inflation de la dette jamais vue à ce jour.
Pour 2009, l'Etat enregistre un déficit budgétaire de 141 milliards (passant de 2,3% du PIB en 2006 à 8,2% en 2009) et une dette de 1.420 milliards (passant 77,1% du PIB).
Qu'importe le chaos, Sarkozy lance une autre torpille, une soi-disant réforme avec pour cible la taxe professionnelle, soit 11,7 milliards à combler. Cela sans même avoir réfléchi à l'indispensable refonte globale de la fiscalité. D'où l'inquiétude des collectivités territoriales car la TP est l'une de leurs principales, sinon la principale, sources de leur revenu.
Bon, le trou de la sécurité sociale, le montée vertigineuse du chômage, les cadeaux aux plus riches, les prêts aux banques qui ont repris leur gavage, ce sera peut-être pour un prochain article. Faut d'abord essayer de digérer celui-ci !
mardi 20 octobre 2009
Après "Complément d'enquête"… et avant
Très instructive l'émission d'hier soir sur France 2, non ? "Complément d'enquête" a traité plusieurs sujets liés à la corruption, trois des dossiers portant sur le rôle des élus. Personnellement, cela m'a beaucoup intéressé.
L'intervention d'Eva Joly a notament permis de comprendre certains rouages de la justice et les dérives qu'ils produisent parfois. Mauvais vent pour la démocratie.
Certes, il ne faudrait pas hâtivement en déduire que tous les élus sont des pourris. Mais les pratiques scandaleuses et les comportements illégaux auxquels se livrent des représentants du peuple contribuent à répandre un rejet plus global des élus et à élargir le fossé entre eux et les citoyens.
Je veux maintenant, c'est-à-dire après la diffusion, apporter quelques informations sur la préparation de cette émission. Fin septembre, un journaliste de la rédaction m'a contacté par le biais de mon blog. Il y avait lu mes nombreux articles sur le contrat de directeur de cabinet de la mairie annulé par le tribunal administratif et qui est encore actuellement en appel.
Notre conversation a principalement porté là-dessus car le journaliste enquêtait sur les événements qui ont secoué le parlement britannique. Il voulait faire un parallèle avec certains députés et élus français et cela a d'ailleurs été évoqué par Benoît Duquesne qui a interrogé le président de l'Asssemblée nationale. Le cas d'Aix n'a finalement pas été cité directement mais des exemples montrés à l'écran se passant en France offraient quelques points communs avec des pratiques aixoises.
Les questions ont tourné autour du cumul des mandats, de l'argent des députés, du rôle des collaborateurs, des marchés publics, des pots-de-vin, des truquages, des dysfonctionnements de la démocratie et des lois annoncées dont la finalité est de réduire considérablement les contrôles indépendants. Cela fait peur.
Un ancien conseiller municipal a dit clairement qu'il est difficile pour une opposition de savoir ce qui ce trame dans les coulisses d'une majorité et qu'aller en justice nécessite des moyens financiers qu'elle n'a pas. Je peux en témoigner aussi. Toutes les actions que j'ai entreprises devant les tribunaux, je les ai menées sans avocat et à mes propres frais, sans compter l'investissement en temps pour faire aboutir chaque procédure.
En guise de conclusion, pour illustrer un des propos tenus par Eva Joly, il faut lire cet article publié dans le Canard enchaîné de la semaine dernière pour se faire une idée d'une des réformes que le gouvernement est en train de mijoter pour étouffer les chambres régionales et territoriales des comptes.
Si vous n'avez pas vu l'émission, il est possible de la visionner dans son intégralité ou en partie sur le site http://info.france2.fr/complement-denquete/ de France 2.
(Clic sur l'image pour agrandir)
Dans le Canard enchaîné du 14 octobre 2009
lundi 19 octobre 2009
Ce soir sur France 2, enquête sur la corruption
Comme je l'avais annoncé fin septembre, France 2 consacre son numéro de "Complément d'enquête" au thème de la corruption.
"Pots-de-vin, corruption : quand les élites dérapent", vaste sujet donc. Quatre dossiers seront traités au scalpel, notamment celui intitulé "My député is rich". On devrait y évoquer Aix...
Parmi les personnalités invitées à donner leur avis après chaque reportage, il y a Eva Joly, ancienne juge d'instruction et députée européenne, et Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale.
L'émission présentée par Benoît Duquesne est programmée à 22h15. Pour ceux qui ne pourraient la voir ce soir, elle sera ensuite visible dans son intégralité sur le site de France 2.
Le sommaire de "Complément d'enquête" ce soir :
(clic sur les différents onglets pour découvrir les thèmes)
http://info.france2.fr/complement-denquete/
Une pétition de soutien pour Radio Zinzine d'Aix
Depuis 1998, Radio Zinzine Aix (association "Aix-Ensemble") offre un relais de l’expression sociale et culturelle des acteurs citoyens du Pays d’Aix. Depuis septembre 2003, elle occupe des locaux rue de la Molle, gracieusement mis à disposition par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône.
Brusquement, en septembre 2009, le CG13 a ordonné à la radio de quitter les lieux sans proposer d’autres locaux pour continuer à assurer cette mission. La diversité et la qualité des programmes ont toujours été au service de l’expression démocratique et citoyenne du Pays d’Aix et de la région PACA.
La décision du Conseil Général signe l’arrêt de mort de Radio Zinzine à Aix, ainsi que le licenciement de son dernier salarié. Cette décision est incompréhensible !
Signer la pétition, c'est soutenir la seule radio libre d’Aix-en-Provence afin qu’elle dispose de locaux sur Aix-en-Provence, lui permettant de poursuivre ses activités.
Adresse de la pétition :
http://www.lapetition.be/en-ligne/sauvons-radio-zinzine-aix-en-provence--5230.html
Le site de Radio Zinzine (Aix 88.1 FM) :
http://www.radiozinzineaix.org
"Le Ravi" refuse de baisser les bras…
"Le Ravi" est un mensuel combatif. Le n° 67 d'octobre (2,80€) le prouve encore une fois. Universités, élections régionales et de très nombreux sujets sont au menu de ce mois-ci. Il est essentiel de se le procurer ainsi que les suivants car, pour survivre, l'association qui tient ce journal à bout de bras a besoin de lecteurs mais aussi de dons, aussi minimes soient-ils. On trouvera ci-dessous le lien qui permet d'apporter un soutien à cet organe de presse indépendant sans pub et sans concession qui traite l'information comme nulle part ailleurs. Merci pour eux.
(Clic sur l'image pour agrandir)
Le sommaire du n° 67 d'octobre :
http://www.leravi.org/spip.php?article838
Le site et le bulletin de souscription :
vendredi 16 octobre 2009
Politique et crise : Gagner ou perdre sa place...
L'arrogance d'en haut face au désespoir d'en bas. L'édito de Jean-Laurent Bernard hier sur France Bleu Provence pointe les dérives du népotisme et du copinage.
Une dépêche AFP publiée mardi donne la mesure du drame qui se déroule dans le monde du travail.
C'est brut et brutal. C'est cru et cruel. Et ça fait froid dans le dos.
L'édito de Jean-Laurent Bernard
Il serait souhaitable que de temps en temps, celles et ceux qui ont la chance de nous diriger cessent de nous prendre pour des abrutis. L'histoire du fils du président propulsé à la tête de la Défense à Paris est une de ces énormités dont la classe politique a le secret.
Que l'UMP soit en mission de soutien obligé pour le rejeton relève probablement de son cahier des charges, mais de grâce, que les uns et les autres n'oublient pas que la naïveté disparait souvent avec les rendez-vous électoraux. Le copinage, le mélange des genres, les avantages offerts aux amis et à la famille ne datent pas d'hier et ne s'arrêteront pas demain.
On sait qu'en Provence des dynasties se sont construites au point que certaines mairies ou autres collectivités locales sont devenues de véritables entreprises familiales. De fauteuils héréditaires en faits du prince, la vie publique regorge de situations scandaleuses. Avec un bémol, il arrive que des enfants succèdent à leurs parents par la seule volonté des électeurs. Cela dit, avoir les mêmes gènes permet de gagner un temps considérable et de laisser sur le bas côté des anonymes sans carnet d'adresses.
Si on pousse un peu les recherches, les listings du personnel prouveront facilement que le recours au copinage est d'une banalité absolue. Nombre de maires dans les grandes villes ont ainsi tissé leur réseau. Avec un seul objectif, tenir et garder leur place. Sauf que ce qui est acceptable dans une entreprise via sa transmission au sein d'une même famille, relève d'un autre état d'esprit dans le public. D'abord nul n'en est propriétaire et d'autre part, le pouvoir se gagne et ne se transmet pas.
En 1789, les révolutionnaires revendiquaient l'abolition des privilèges et la fin des dynasties royales. Depuis la mairie de campagne jusqu'au sommet de l'Etat, rien n'a jamais vraiment changé. On finit d'ailleurs par se demander qui est le plus à plaindre, le père ou le fils. Même si, très probablement, ils se moquent en famille éperdument de ce que nous pensons.
Bonne journée.
La liste des plans sociaux
L'AFP dresse une longue liste des principaux plans sociaux, fermetures d'usines ou liquidations d'entreprises qui se sont succédé en France depuis un an. La liste ne prend pas en compte d'éventuels reclassements des employés concernés.
Mais les causes majeures de la désertification industrielle ne sont pas traitées pour expliquer le désastre : libre échange échevelé et délocalisations, marché du crédit aux PME quasiment asséché par des banques gavées à l'argent public sans réelles contreparties (voir les nouveaux scandales des rémunérations internes, hier à Wall Street !), et on en passe.
Ce devait être la rupture. Quelle rupture ? En fait, c'est carrément la coupure entre un président de la République arrogant et le monde des salariés subissant les pires difficultés. Qui peut se résigner ? (Dessin de Faujour)
AUTOMOBILE (constructeurs et équipementiers)
Ÿ RENAULT : plan de 4.400 "départs volontaires" et suppression de 900 emplois dans des filiales
Ÿ PSA PEUGEOT CITROËN : "départs volontaires" souhaités pour 3.550 salariés
Ÿ VALEO: plan de 1.600 suppressions d'emplois
Ÿ FAURECIA : plan de 1.215 suppressions d'emplois entre 2009 et 2011
Ÿ NEW FABRIS : entreprise liquidée à Châtellerault (Vienne, 366 salariés)
Ÿ MICHELIN : plan de suppression de 1.093 emplois. Fermeture de l'usine de Noyelles-lès-Seclin (Nord, 276 salariés)
Ÿ GOODYEAR : plan de suppression de 820 emplois sur 1.400 dans l'usine d'Amiens-Nord. Ce plan a été suspendu par le TGI de Nanterre fin août
Ÿ CONTINENTAL : fermeture de l'usine de Clairoix (Oise, 1.120 salariés)
Ÿ SEVELNORD (filiale de PSA Peugeot Citroën et Fiat) : 350 "départs volontaires" à Hordain (Nord)
Ÿ PEUGEOT MOTOCYCLES : 250 emplois supprimés à Mandeure (Doubs) et Dannemarie (Haut-Rhin) sous forme de départs volontaires
Ÿ PLASTIC OMNIUM : fermeture de l'usine de Saint-Romain de Colbosc (Seine-Maritime, 220 emplois)
Ÿ TYCO ELECTRONICS : fermeture des usines de Chapareillan (Isère) et Val-de-Reuil (Eure), 620 salariés
Ÿ FULMEN : fermeture de l'usine d'Auxerre (Yonne, 314 salariés)
Ÿ LEAR : fermeture de l'usine de Lagny-le-Sec (Oise, 300 salariés)
Ÿ SUDRAD ROUES : liquidation de l'entreprise de Soultzmatt (Haut-Rhin, 147 salariés)
Ÿ WAGON AUTOMOTIVE : redressement judiciaire. Certains sites ont été repris par la Financière Snop Dunois (FSD) et le groupe Defta, qui devraient reprendre environ 1.250 emplois sur 1.700
Ÿ TREVES : plan de plus de 600 suppressions de postes. Fermeture des usines de Crépy-en-Valois (Oise) et Aÿ (Marne)
Ÿ MOLEX : plan de licenciement des 283 salariés de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne). L'usine doit être reprise avec une quinzaine de salariés par le fonds d'investissement américain HIG
Ÿ RENCAST (siège à Bron, Rhône) : liquidée, l'entreprise qui employait 850 salariés est reprise par le groupe français GMD avec 565 salariés
Ÿ SKF : fermeture du site de Fontenay-le-Comte (Vendée, 380 salariés)
Ÿ CATERPILLAR (engins de chantier) : 600 emplois supprimés (733 initialement prévus)
SIDERURGIE, METALLURGIE, ENERGIE
Ÿ RIO TINTO (ex-Alcan Pechiney) : 680 suppressions de postes (dont 450 CDD non renouvelés) annoncées en janvier, puis nouveau plan de 350 suppressions d'emplois annoncé le 13 octobre
Ÿ TOTAL : 555 suppressions d'emplois
Ÿ ARCELORMITTAL : plan de 1.400 départs volontaires
Ÿ COKES DE CARLING : fermeture de la cokerie de Carling (Moselle, 400 salariés)
Ÿ SAINT-JEAN INDUSTRIES : liquidation de la fonderie de Vénissieux (Rhône, 108 salariés)
Ÿ SIEMENS METALS TECHNOLOGIES (équipement pour la sidérurgie) : fermeture de l'usine de Saint-Chamond (Loire, 274 salariés)
Ÿ REXAM (canettes) : fermeture de l'usine de Gravelines (Nord, 139 salariés)
Ÿ CHAFFOTEAUX ET MAURY : plan social prévoyant 207 suppressions d'emplois
CHIMIE, PHARMACIE, COSMETIQUES
Ÿ BUDELPACK (cosmétiques) : liquidation de l'entreprise située à Lièpvre (Haut-Rhin, 118 salariés)
Ÿ CELANESE (chimie) : fermeture de l'usine de Pardies (Pyrénées-Atlantique, 350 salariés)
Ÿ SANOFI-AVENTIS (pharmacie) : plan de suppression de 927 emplois
Ÿ GLAXOSMITHKLINE (pharmacie) : suppression de 850 emplois, dont 798 à Evreux (Eure)
Ÿ PFIZER (pharmacie) : plan de départ de 700 salariés
Ÿ BRISTOL-MYERS-SQUIBB (pharmacie) : fermeture des usines d'Epernon (Eure-et-Loir, 223 salariés) et de Meymac (Corrèze, 162 salariés)
ELECTRONIQUE
Ÿ SONY : fermeture de l'usine de Pontonx-sur-l'Adour (Landes, 311 salariés), qui pourrait être cédée à Solarezo (énergies renouvelables)
Ÿ NEC COMPUTERS : plan de 387 suppressions de postes dont 337 à l'usine d'Angers, où seule une équipe technique de 28 personnes devrait rester
Ÿ HEWLETT-PACKARD : plan de 540 suppressions de postes
Ÿ FM LOGISTIC : fermeture du site de Woippy (Moselle, 489 salariés)
Ÿ PHILIPS EGP (écrans plasma) : fermeture de l'usine de Dreux (Eure-et-Loir, 212 salariés)
Ÿ ASTEEL TECHNOLOGIE : liquidation. Douarnenez (Finistère, 134 salariés)
AUTRES SECTEURS
Ÿ MANUFACTURE FRANCAISE DE SIEGES : liquidation. Berteaucourt-les-Dames (Somme, 352 salariés)
Ÿ CAUVAL INDUSTRIES (matelas) : plan de suppression de 307 emplois
Ÿ PAPETERIE ETIENNE : fermeture de l'usine d'Arles (Bouches-du-Rhône, 110 salariés)
Ÿ SCHWEITZER-MAUDUIT (papier) : fermeture du site de Malaucène (Vaucluse, 211 salariés)
Ÿ ISOROY (bois) : fermeture des usines de Chamouilley (Haute-Marne) et Châtellerault (Indre), 187 salariés
Ÿ BEAULIEU INTERNATIONAL GROUP (textile) : fermeture des usines de Comines (Nord) et Douvrin (Pas-de-Calais), 344 salariés
Ÿ NEXANS (câbles) : plan de 387 suppressions de postes. Fermeture du site de Chauny (Aisne, 220 personnes)
Ÿ SCHNEIDER ELECTRIC (matériel électrique) : 264 (direction) à 650 postes (syndicats) "menacés"
Ÿ ROSSIGNOL (équipement sportif) : 275 postes supprimés
Ÿ BENETEAU (construction navale) : plan de 600 suppressions d'emplois
mercredi 14 octobre 2009
Avenue Brossolette : Des couloirs sans bon sens
(Clic sur l'image pour agrandir)
Les couloirs de l'avenue Brossolette (Photo LAC)
A première vue, cela n'a l'air de rien. Mais en creusant un peu, quelques questions se posent. Pendant le mois d'août, une portion de l'avenue Pierre Brossolette, entrée Sud vers le centre ville, a été reconfigurée pour créer un couloir bus en voie montante. La chaussée a été regoudronnée et un marquage au sol a permis un traçage des voies, une descendante, une montante et un couloir réservé aux bus.
C'est toujours ça de pris, mais ce n'est là qu'une broutille face aux vrais enjeux du développement des transports en commun en site propre. A part le tour de ville, on cherche encore d'autres aménagements significatifs susceptibles d'inciter les usagers de faire leur trajet en bus.
Revenons à l'avenue Brossolette. Un visiteur du blog (que je remercie) m'a signalé que les voies réservées à la circulation générale font 2,5 mètres de large chacune et celle empruntée par les bus fait 3 mètres. Autrement dit, les bus descendants et tout le trafic devront se contenter de rouler sur une voie plus étroite.
Autre incongruïté, l'amorce de cette voie par le rond-point Anouar El Sadate (là où se trouvent l'hôpital Montperrin et la station de taxis) est devenue périlleuse pour les gros véhicules que sont les bus et les camions qui doivent donc mordre sur la voie centrale pour pouvoir manœuvrer. J'ai vérifié cela hier de visu.
(Clic sur l'image pour agrandir)
La publicité pour les couloirs (Photo LAC)
Mais les surprises ne s'arrêtent pas là. Depuis trois semaines, et cela va durer, des travaux ont été entrepris sur le trottoir côté montant : changement de canalisations et reprise du trottoir. Ce qui, de fait, perturbe la circulation et neutralise une grande partie du couloir bus. Il y a donc un hic.
Comment les services et les élus s'y prennent-ils pour rater une si belle occasion de coordonner les travaux ? Pourquoi ne pas avoir refait les trottoirs avant la réfection de la chaussée et le nouveau tracé des couloirs ? N'aurait-il pas été plus judicieux de réduire la largeur des trottoirs de quelque 50 cm en repoussant les arceaux pour permettre ainsi d'élargir la chaussée au bénéfice de la voie descendante ? Ce n'est que du bon sens. Ce n'est pas ce qui a été fait. Mais il vrai que le temps pressait pour s'en vanter, grande photo à l'appui, le jour de la fête des déplacements organisée à quelques mètres de là.
Allons un peu plus loin dans le raisonnement. Tôt ou tard, la future gare routière, un peu revue à la baisse, sera installée sur l'avenue de l'Europe débouchant sur le rond-point cité plus haut. Faudra-t-il tout reprendre à zéro pour une énième configuration des lieux ? Il est à craindre de nouvelles dépenses pour manque d'anticipation.
Dans le même ordre d'idée, les automobilistes qui empruntent les avenues Gaston Berger, Jean-Paul Coste et Paul Mauriat jusqu'à la route de Nice constatent que cela fait des mois qu'on rafistole la chaussée et les trottoirs par petits bouts. Au final, rien de satisfaisant et sans doute un coût supérieur à une réfection totale qui aurait pu, par exemple, être phasée et étalée financièrement sur trois ans. Mais non, ce qui devrait en fait être une amélioration du confort routier devient finalement une complication de plus et un jeu de massacre…
Amusons-nous un peu…
Les transports et les déplacements par l'absurde
Un bus transporte 10 passagers. Au premier arrêt, il en descend 13. Combien faut-il qu'il monte de nouveaux passagers au second arrêt pour que le bus soit vide ? Un bon casse-tête à soumettre aux décideurs...
lundi 12 octobre 2009
Polanski / Mitterrand : Enfin, une bonne analyse
Sauter pieds joints sur une bombe lancée par le Front national, c'est le plus sûr moyen de brouiller toutes les réflexions. Et de provoquer des réactions, des plus imprudentes aux plus biscornues. Bingo. Des artistes, des politiques et les médias sont entrés instantanément et épidermiquement dans le délire du tourbillon.
Qui pour soutenir ou défendre les deux personnages, qui pour stigmatiser leurs (in)conduites. En quelques jours, on aura tout entendu. Y compris de la part d'un proclamé philosophe qui accuse "la planète Internet" d'être devenue "comme une immense foule lyncheuse" se déchaînant pour "régler son compte avec une élite qui l'énerve".
Dans cet énorme bazar aux multiples ingrédients, il y a pourtant des faits et des personnes. Et donc la nécessité de ne pas traiter par-dessus la jambe, si l'on ose dire, les ressorts de l'essence humaine, et celle de sortir des comportements archétypaux entretenus par nos sociétés et nos médias sous peine de produire et de se contenter des avis (des aboiements ?) tranchés à vif, sans recul ni nuance.
Comme vous sans doute, je n'ai pu échapper à cette déflagration d'émissions, d'articles et de commentaires suscités par tout ce tumulte. Et puis, j'ai reçu par mail un article qui me semble être la meilleure analyse faite à ce jour sur le sujet. Je vous conseille de prendre trois petites minutes pour le lire car l'auteur y remet tout en place, avec intelligence et savoir, faisant ainsi tomber tous les masques. (merci à jpduf pour l'envoi)
L'article de Mona Chollet paru dans "Périphéries" :
http://peripheries.net/article324.html
Mona Chollet tient des chroniques tous les quinze jours sur Arteradio :
http://www.arteradio.com/son.html?13957
vendredi 9 octobre 2009
Joissains se décerne un prix Nobel… du martyre
La machine à mensonges reprend du service. Les constats s'accumulent. Pourtant, Maryse Joissains prétend qu'elle est présente à l'Assemblée nationale. Si, si, elle l'a dit ce matin sur France Bleu Provence. "Si je n'étais pas à l'Assemblée en juin, c'est à cause des annulations successives". Or, il y a eu une annulation et pas deux et cela n'a pas duré un an mais un mois à cheval sur juin et juillet.
Et de poursuivre : "En politique, il y a ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas. On peut cumuler les fonctions", sous-entendu quand on fait partie de ceux qui travaillent. Précisément, c'est là que ça cloche. N'être présent que six fois à Paris sur un an, ce n'est pas travailler, c'est même être payé pour ne rien faire.
Alors, il faut bien trouver quelques alibis pour tenter de se défendre, ou de se faire passer pour victime de harcèlement. "On commence à faire du sexisme, de l'anti-UMP primaire en s'en prenant sans cesse à moi".
Le monde est décidément plein de méchants. Tout le monde lui en veut. C'est vrai, ce n'est pas normal tout ça : les journaux qui ne vont pas dans son sens et à qui elle fait des procès qu'elle perd, le Conseil d'Etat qui dit le droit, ses adversaires politiques qui exercent leur contrôle démocratique, les tous ceux qui ne sont pas à l'UMP, les collaborateurs qu'elle choisit pourtant elle-même et qu'elle vire à tour de bras pour incompatibilité…
Mais qu'on la laisse enfin en paix ! Qu'on arrête de la critiquer, quoi ! Elle sait tout, elle sait tout faire, elle est la meilleure, on a de la chance de l'avoir, il faut la croire sur parole puisque c'est elle qui le dit. Finalement, elle le mérite bien son prix Nobel du martyre auto-proclamé.
jeudi 8 octobre 2009
Cumul de mandats : Faut arrêter !
Le cumul des mandats électifs et autres, un mal assez français. Un nouveau classement de nos élus les plus surchargés vient d'en fournir l'illustration. Et là, le constat est édifiant : droite et gauche excellent dans les mêmes pratiques. On pourra ergoter tant qu'on voudra sur la méthodologie utilisée par le journal Le Monde pour établir ce bilan, on ne pourra nier que certains élus ont plusieurs lourdes écharpes à leur cou.
J'ai toujours voulu comprendre comment il était possible d'accomplir sérieusement plusieurs fonctions électives à la fois. J'en ai toujours douté, convaincu que les exemples sont foison qui montrent qu'un parlementaire non cumulard est plus présent et plus actif aux assemblées ou qu'un maire sans autre mandat est plus disponible auprès de ses concitoyens et plus au fait des actions à mener.
Car on a beau avoir les meilleurs collaborateurs du monde, on n'en est pas moins obligé de survoler certains dossiers. Les élus qui courent après les titres n'ont plus que le choix d'en honorer un seul au détriment du ou des autres. Lorsqu'ils font semblant de vouloir faire face à toutes leurs responsabilités, ils ont beaucoup de mal à approfondir leur travail.
Notre département des Bouches-du-Rhône en fournit la preuve éclatante avec ces quatre parlementaires peu visibles à Paris : député et président de conseil régional (Michel Vauzelle), sénateur et président de conseil général (Jean-Noël Guerini), sénateur et maire (Jean-Claude Gaudin), député et maire d'une grande ville et/ou d'une communauté d'agglomération (Maryse Joissains).
Ce sont là des situations qui ne peuvent se mener de front avec efficacité. C'est même tromper les électeurs que faire croire qu'on accomplira tous ces mandats de manière assidue et sans faille.
Cette question du cumul des mandats est un sujet qui revient sans cesse sur le tapis médiatique. Certes, quelques dispositions législatives ont été prises ces deux dernières décennies pour limiter la frénésie de cumul de mandats d'exécutifs à haute responsabilité. Mais on est encore loin du compte.
Cette concentration verticale de "pouvoirs" (87% des députés cumulent !) par un nombre restreint d'élus est fondamentalement malsaine pour l'épanouissement d'une démocratie horizontale. La solution passe assurément par l'instauration du mandat unique, précédée d'une étape très restrictive sur les types de mandats cumulables. En corollaire, pour l'exercice des mandats locaux, on ne pourra se dispenser longtemps encore de l'élaboration d'un véritable statut de l'élu territorial. Qui devra inclure l'inégibilité définitive de tout élu ayant été condamné dans le cadre de ses fonctions, notamment pour corruption, abus de biens sociaux ou enrichissement personnel.
Dans l'attente…
Le tableau du classement :
(utiliser le curseur à droite du tableau pour faire défiler les noms)
http://www.lepost.fr/flash/2009/10/06/1728813_cumul-des-mandats-notre-classement-des-deputes.html
Explications :
Méthodologie :
Les députés qui cumulent :
Les députés cumulards de la région PACA (hors les sénateurs) : http://www.laprovence.com/articles/2009/10/07/931786-Politique-Cumul-des-mandats-Joissain-sur-un-podium-tres-contestable.php
Cumul de tous les parlementaires (situation en 2007) :
http://www.lemonde.fr/societe/infographie/2007/02/21/le-cumul-des-mandats-en-france_870233_3224.html
mercredi 7 octobre 2009
"Je viens de m'apercevoir que je suis maire" (2)
De nombreux sujets ont été abordés dans l'interview de Maryse Joissains publiée dans La Provence de lundi. Voici la seconde partie de mes commentaires sur les autres thèmes qui ont retenu mon attention.
Ÿ Beisson et Corsy
Le dossier ANRU de rénovation urbaine est définitivement enterré. Le projet devait faire partie du Plan banlieues prévu par l'Etat. On nous avait présenté une mouture satisfaisante fin 2005 qui fut votée à l'unanimité du conseil municipal. En novembre 2007, après l'élection présidentielle, l'Etat recadrait le plan national devenu Plan espoir banlieues et organisait des rencontres territoriales censées recueillir les propositions locales.
A la réunion programmée à Aix par le sous-préfet, à laquelle je me suis rendu, il n'y avait aucun élu de la majorité. J'avais exprimé mon grand étonnement en conseil municipal. Jusqu'en mai 2009, plus de nouvelles du projet ANRU aixois, sinon que, pour raison budgétaire, l'Etat avait réduit le nombre de quartiers concernés par le nouveau Plan banlieues de 800 à 215. Aix est sortie de la liste.
En novembre 2008, Joissains présentait un rapport pour relancer le projet sous une autre forme, déclarant qu'elle rencontrait Fadela Amara pour en discuter. Elle mettait nommément en cause le directeur de l'habitat, celui-là même qui avait été encensé pour le premier projet unanimement salué.
En mai et juin derniers, ne voyant toujours rien venir et en l'absence d'informations de la part de la Ville, de nombreux habitants de Beisson ont manifesté leur colère sur la place publique pour interroger Joissains.
Nous apprenons via l'interview que l'Etat s'est retiré complètement du projet et qu'il n'y aura pas de crédits. Cherchant à se dédouaner une nouvelle fois, sans crainte des contradictions, Joissains accuse maintenant Stéphane Salord, son adjoint pendant sept ans, d'avoir "plombé le dossier", ce qui est évidemment un autre mensonge pour camoufler un ratage politique dont la responsabilité première lui incombe.
Ÿ Pôle judiciaire
A la veille de l'élection de 2008, on nous présentait de magnifiques plans en 3D du futur tribunal d'instance. Le dossier de reconstruction était validé par l'Etat et il n'y avait plus qu'à faire. Et puis, patatras, plus de nouvelles, le ministère de la justice fait le mort pendant de long mois.
Peu à peu, filtre l'information d'un retard de l'Etat pour entériner le beau projet. Puis, se précise l'abandon de la reconstruction alors que la Ville se mettait en frais pour transférer provisoirement les services civils au Jas de Bouffan.
Maintenant, il est question d'un projet revu à la baisse, les déficits colossaux de l'Etat n'aidant évidemment pas. Joissains en avait fait un de ses chantiers. Ben, on est loin d'en voir le moindre premier coup de pioche.
Ÿ Clinique du Montaiguet
Pour faire passer l'énormité du saccage, Joissains maintenant réélue ose parler de "la première éco-clinique de France". Pendant la campagne électorale, elle émettait des réserves sur le projet "qui n'en était, selon elle, qu'aux balbutiements".
Le rapport du commissaire-enquêteur concluait certes à un avis favorable mais sous de nombreuses conditions. En effet, l'enquête publique a recuelli un record de 616 participations dont une majorité de critiques.
Joissains prétend que "l'opposition ne vient pas du quartier mais est orchestrée par trois ou quatre personnes qui habitent autour". Le compteur à mensonges va exploser ! Des CIQ, des médecins, des associations, des riverains et des citoyens d'Aix et alentour ont longuement dit qu'ils étaient contre la dénaturation du paysage, la détérioration de l'environnement et les afflux de circulation sur un secteur déjà engorgé.
La bataille va être rude, y compris devant les tribunaux, si, comme cela semble se profiler, une délibération de validation de la révision partielle du POS était inscrite à l'ordre du jour du conseil municipal de novembre.
Joissains s'est peut-être un peu réveillée mais elle aura bien du mal à endormir les Aixois une nouvelle fois.















