Je n'ai plus de larmes. Oui, Charlie Hebdo, Cabu mon amour, Charb notre frère, Wolinski le tendre, Tignous et Honoré nos amis, Bernard Maris l'érudit, mais aussi Philippe Lançon la plume blessée, nous ne laisserons pas faire.

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Notre Charlie vivra ! Nous défendrons toujours avec plume, crayon et papier cette très chère liberté d'expression. Merci à vous pour tous les bonheurs que vous nous avez légués.
Militant, soutien et amoureux de la presse libre et indépendante, j'achète le journal toutes les semaines depuis le début de Charlie. Et je l'ai encore fait hier matin sans savoir que ce serait le dernier numéro marqué du sceau de vos signatures joyeuses qui illuminent le cerveau.
Je n'ai plus de larmes pour vous dire combien je vous attendais, vous aimais, vous dévorais. Je vous mets tous à la place d'honneur de mon panthéon personnel.

Amis lecteurs, je n'avais pas imaginé une si terrifiante nouvelle et avais prévu de publier un article coup de gueule contre les mauvaises méthodes de certains médias. Le voici quand même. On pourra comprendre pourquoi il faut aimer le courage de Charlie Hebdo.
Des médias qui font honte
Si, si, ils le font exprès car il en faut pour tous les dégoûts. Des informations nullardes et des articles pour gogos, il y en a à la tonne, sur les chaînes robinet de télé irréalité, sur les sites fosse septique et dans certains journaux paresseux et sans figure qui recopient l'AFP.
On les reconnaît à leurs titres qui font le trottoir pour attirer le client. Ils parasitent et écrasent tout au détriment de faits essentiels qui sont donc réduits à portion congrue. Le racolage sévit maintenant partout sans vergogne. C'est quasiment un concours à qui aura la plus grosse… audience, en toute désinvolture.
Tout est fait pour crétiniser les candides, formater les esprits et vider les crânes pour les remplir d'eau. Leurs tours de passe-passe sont pourtant bien visibles. Mais ils parviennent à hameçonner les plus crédules qu'ils ont habitués à se laisser vampiriser.
On a honte pour eux, les médias qui montrent leur derrière. Et de la gêne, pour les ingénus qui regardent dans l'orifice. La moindre flatulence sans intérêt est montée en épingle et servie toute puante sous l'apparence d'une information déterminante pour le destin de la planète. Les clichés les plus éculés, les marronniers les plus usés, les formulations les plus affriolantes et les recours aux plus bas instincts sont devenus leur art et leur manière de simuler le journalisme d'investigation. On en trouve mille exemples par jour.
Quand ce ne sont pas les titres qui aimantent la curiosité ("Jambes ouvertes ou fermées dans le métro, un faux problème" – un vrai titre puisé dans l'Obs), ce sont les déclarations dont la vacuité remplirait d'un seul coup le néant ("On a perdu car on n'a pas gagné" – déclaration véridique de Ronaldo "J'adore les avant-matchs. Je sens toujours la naphtaline monter en moi"). Après ça, essayez de lire ou de relire du Voltaire, du Rimbaud, du Hugo ou du Proust, ou même du Zemmour, tiens ! Non, pas lui, ça pue le zyklon !
Et n'évoquons pas la langue française massacrée, leurs seuls deux cents mots qui tournent en boucle ou l'illettrisme de ceux qui les éructent au kilomètre.
Sur les chaînes à débit permanent qui reprennent entre les pubs les mêmes infos superficielles et insignifiantes tous les quarts d'heure en répétant le nom de leur chaîne mille fois à l'heure, ils ont même inventé des injonctions infantilisantes censées retenir ceux qui voudraient fuir : "Restez avec nous !" Non, mais ça va pas, non ? Et si moi j'ai envie d'aller voir si mes toilettes sont plus propres que les vôtres ? Je vais me gêner, tiens ! Vous vous croyez malins mais vous avez oublié une astuce : fournir la colle ou les vis pour nous fixer à notre fauteuil.
Et puis, fin du fin, il y a aussi ces "sondages du jour" où il faut répondre par oui ou par non à des questions improbables, bien populistes, que l'on trouve aussi bien sur les sites que sur les télés ou dans les journaux. Voyez-vous comme on émascule le diversité des opinions, comme on dresse le bétail en mode binaire et comme on fabrique des zombies. Oui, chez nous, en France, le pays des Lumières ! Basta pour aujourd'hui.
Une prochaine fois, si mon champ astral est avec moi bien entendu, je vous parlerai des horoscopes à neuneus qui bourrent le mou des benêts qui ne savent plus à quel signe se fier. Le lecteur fidèle de ce blog aura remarqué que cet article est un peu iconoclaste. Mais il fallait bien commencer l'année par un petit coup de gueule qui soulage, non ?

charlie dessin duverdier sud-ouest

the news plantu

Petit florilège de vrais titres parus ces derniers jours…

titres médias image 

titres médias Xtitres médias X - Copie

Deux bons articles qui en disent encore plus…

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