provence aix
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La Provence du samedi passe à 2 euros
pour Aix et Arles, cobayes du supplément "People Hebdo" !

Un choc ! Samedi dernier, en achetant La Provence, j'ai eu un choc. D'abord, le prix est passé à 2 euros au lieu de 1,60. La raison, on la trouvait dans un encadré placé en une. Et ce fut mon second choc. On apprenait que le journal aurait écouté ses lecteurs qui auraient "appelé de leurs vœux" l'ajout d'un magazine dit "People Hebdo" qui "parle autrement des stars que vous aimez" (sic).
Ma première réaction a été d'en rire. La seconde a été de lire la totalité de la note signée du directeur de la publication. Là, je me suis assis. Et j'ai feuilleté les 52 pages de cet immense "cadeau".
Sur l'instant, j'ai cru qu'on m'avait téléporté dans le salon de mon coiffeur préféré. Mais non, c'était impossible, j'y étais allé il y a seulement deux semaines. J'y avais vu les piles de ces magazines trafiqués et sans intérêt (au moins, pour ce qui me concerne) qui font leur beurre avec des photos et des publicités plein les pages pour appâter le gogo. Et puis, mon coiffeur, lui, n'en fait pas payer la curiosité et ne contraint personne à bouffer du "people" même en attendant de passer sur le fauteuil.
Mais là, être obligé de se farcir 52 pages chaque samedi sans avoir rien demandé et en payant 40 centimes de rab pour du néant, c'est un comble.
J'ai appris par mon marchand de journaux préféré (aussi) que La Provence avait lancé cette "nouveauté" uniquement à Aix et à Arles. Ah bon, me suis-je fait. On nous aurait donc fait cette fleur en avant-première pour tester notre capacité à nous instruire ?
Et les lecteurs des dix autres éditions locales alors ? Ne les prendrait-on pas par hasard pour des abrutis qui ne méritent pas d'être traités comme des êtres avides de la vie des "stars" ? A moins, chose plus probable, que les Aixois et les Arlésiens ne soient pour l'instant que les cobayes d'une opération qui ne tardera pas à être généralisée.

Décervelage ?
provence note aux lecteurs hebdo

J'ai cherché, et je cherche encore, à comprendre ce que peut bien signifier tout cela. Je suis allé regarder "l'ours" en page 2, c'est-à-dire le petit pavé qui recense les noms et adresses de l'éditeur et de l'imprimeur, et le nom des collaborateurs ayant participé à la fabrication du magazine. Et là, surprise. Alors qu'en une le supplément est estampillé "La Provence", il est écrit en toutes lettres que la société éditrice s'appelle "France régions participations", que son siège est celui du Groupe Hersant Media à Paris. Seul point commun avec La Provence, son président-directeur général et directeur de publication en est Philippe Hersant, également propriétaire de bon nombre d'autres journaux régionaux.
J'avais bien entendu dire que La Provence souffrait régulièrement de pertes de lecteurs. En 2011, par exemple, le journal a connu une baisse des ventes de 5% (source OJD).
J'avais aussi lu que, pour des raisons stratégiques, le Groupe Hersant Media allait se rapprocher et même fusionner avec le groupe de presse belge Rossel.
J'avais bien remarqué depuis quelques temps que La Provence faisait une publicité "Offre privilège" pour une livraison à domicile, là encore dans le but de redresser la barre. J'en ai d'ailleurs eu un brin de confirmation hier alors que j'allais en grande surface.
Dans la galerie marchande, j'ai aperçu un stand siglé La Provence tenu par deux personnes. De mémoire, c'était bien la première fois que je voyais ça. Alors, curieux comme je le suis, j'ai entrerpis de discuter avec l'un des deux jeunes hommes, au demeurant fort sympathiques. "Oui, m'a-t-il dit, on fait de la promo pour fidéliser les acheteurs". Et, a-t-il ajouté, "cela peut aider à créer jusqu'à 8 emplois de livreurs".
Tout en discutant, mais sans évidemment lui en faire reproche personnellement, je lui ai dit que le supplément de samedi dernier était lamentable et frisait même pas mal l'arnaque au prix. "Beaucoup de gens nous disent ça. Mais, nous, on n'y peut rien."
D'accord, mais alors que faire ? Dois-je maintenant m'abstenir d'acheter le journal du samedi avec ses autres suppléments, TV magazine et Version Fémina (autre prétexte à maquillage publicitaire à chaque page) ? Ou dois-je refuser d'entériner ce chantage mercantile qui force la main, le portefeuille et l'esprit ?
Ce n'est pas sans tristesse que je pose ces questions car ma grande passion pour la presse écrite a commencé dès l'âge de 10 ans. Depuis, j'ai beaucoup lu et eu aussi tout loisir de trier dans tout ce qui est proposé. J'ai, par exemple, abandonné tout achat d'hebdomadaires nationaux farcis de publicités parfaitement intrusives et indigestes visant à nourrir les réflexes de consommation.
Comme on s'en est sans doute rendu compte à la lecture de ce blog, j'ai une faveur particulière pour la presse sans publicité, une presse que je soutiens, ne serait-ce qu'en allant l'acheter.
Il faut que je prenne vite ma décision. Aïe, demain, c'est samedi !