Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
Publicité
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Derniers commentaires
Archives
18 janvier 2008

BILAN 20 : Maryse Joissains et la laïcité

Copie_de_Joissains

Dessin du mensuel satirique "Le Ravi"

Des faits, rien que des faits

La laïcité est plus que jamais à l'ordre du jour. Nicolas Sarkozy multiplie les déclarations et se prend les pieds dans le tapis. Lire à ce sujet, l'excellent article "Les cinq fautes du président..." par Henri Pena-Ruiz, ci-dessous.

A Aix, Maryse Joissains n'en est pas à une dérive près non plus. La France n'est pas les Etats-Unis. Cela fait plus de 100 ans que notre pays a établi les règles de séparation de l'Eglise et de l'Etat.

On ne peut pas ne pas le remarquer, le maire d'Aix porte en permanence une énorme croix de 7 cm bien visible sur sa poitrine. "C'est parce que c'est esthétique", se justifie-t-elle. Et pourquoi pas, pour faire bonne mesure et aller au bout de cette "logique", compléter son goût pour les belles choses par un bouquet comprenant l'étoile de David, la main de Fathma et un Bouddha, par exemple.

En 2004, elle s'est présentée ornée de cette croix à une réunion publique à l'Hôtel de Ville organisée par l'Observatoire de la laïcité du Pays d'Aix, choquant l'assistance qui lui a posé la question, à laquelle elle a rétorqué comme dit ci-dessus.

Le 8-Mai 2005, en tant que maire, Maryse Joissains a validé un carton officiel municipal pour les cérémonies de la Victoire en précisant bien dans les horaires des manifestations que nous étions "invités à participer à la messe présidée par l'archevêque d'Aix".

Pour la mort du pape, le drapeau français a été mis en berne au fronton de l'Hôtel de Ville pendant une semaine, soit sept fois plus longtemps que ce que préconisait le Préfet.

A la cérémonie des vœux de 2006, elle a remercié publiquement, devant le sous-préfet, les députés, l'inspecteur d'académie, toutes les autorités civiles, militaires et le public, "tous les cultes qui ont dit des prières à l'intention de ma fille atteinte d'une grave maladie", situation qui relève par nature de l'ordre privé.

Au conseil municipal du 31 janvier 2006, elle a proposé de dénommer, sans motivation sérieuse, une minuscule rue "Saint-Georges", débordant ainsi du cadre laïque et neutre en se prononçant pour une dénomination religieuse.

Dans le n° 23 du magazine municipal "Aix en dialogue", un article de la rubrique villages a fait la promotion des activités de l'église en incitant les enfants à aller au catéchisme. Faut-il le rappeler, cela relève également de choix personnels.

Enfin, au conseil municipal du 15 janvier 2007, Maryse Joissains a proposé de dénommer un rond-point "Père Pierre Aguesse" – que j'ai bien connu dans ses activités sociales et son implication dans la vie du Jas de Bouffan et auquel j'ai rendu hommage. J'ai demandé que l'on supprime un membre de phrase en forme de commentaire dans la délibération parce que cela me paraissait outrepasser les prérogatives de notre assemblée communale : "Pierre Aguesse a montré que l'église catholique a sa place dans notre société pour le bien de tous, quelle que soit leur origine sociale pour cette population aux origines multiples."

Pour éviter toute équivoque, je tiens à préciser que je respecte toutes les croyances et toutes les personnes qui choisissent ou pratiquent leurs religions. La France permet l'expression de toutes les confessions, librement, et c'est heureux. Mais vivre ensemble ne signifie pas pour autant transgresser les principes qui fondent notre République laïque ou prendre position en faveur de telle ou telle option religieuse, a fortiori quand on détient un mandat électif ou qu'on représente l'Etat.

             

Lecteur

Les cinq fautes du président…

Ci-après l'article paru dans Le Figaro le 3 janvier 2007, par Henri Pena-Ruiz, philosophe, professeur, écrivain, ancien membre de la commission Stasi sur l'application du principe de laïcité dans la République.

Derniers ouvrages parus : Qu'est-ce que la laïcité ? (Gallimard) et Leçons sur le bonheur (Flammarion).

   Nicolas Sarkozy a prononcé au Vatican, un discours choquant à plus d'un titre. Soutenir, en somme, que la religion mérite un privilège public car elle seule ouvrirait sur le sens profond de la vie humaine est une profession de foi discriminatoire. Il est regrettable qu'à un tel niveau de responsabilité cinq fautes majeures se conjuguent ainsi.

Une faute morale d'abord.

   Lisons : "Ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme d'intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent." Dénier implicitement l'espérance aux humanistes athées est inadmissible.

   C'est montrer bien peu de respect pour ceux qui fondent leur dévouement pour la solidarité ou la justice sur un humanisme sans référence divine. Ils seront nombreux en France à se sentir blessés par de tels propos. Était-ce bien la peine de rendre hommage au jeune communiste athée Guy Môquet pour ainsi le disqualifier ensuite en lui déniant toute espérance et toute visée du sens ?

   En fait, monsieur le président, vous réduisez indûment la spiritualité à la religion, et la transcendance à la transcendance religieuse. Un jeune héros de la Résistance transcende la peur de mourir pour défendre la liberté, comme le firent tant d'humanistes athées à côté de croyants résistants.

Une faute politique.

   Tout se passe comme si M. Sarkozy était incapable de distinguer ses convictions personnelles de ce qui lui est permis de dire publiquement dans l'exercice de ses fonctions, celles d'un président de la République qui se doit de représenter tous les Français à égalité, sans discrimination ni privilège.

   Si un simple fonctionnaire, un professeur par exemple, commettait une telle confusion dans l'exercice de ses fonctions, il serait à juste titre rappelé au devoir de réserve. Il est regrettable que le chef de l'État ne donne pas l'exemple. Curieux oubli de la déontologie.

Une faute juridique.

   Dans un État de droit, il n'appartient pas aux tenants du pouvoir politique de hiérarchiser les options spirituelles, et de décerner un privilège à une certaine façon de concevoir la vie spirituelle ou l'accomplissement humain. Kant dénonçait le paternalisme des dirigeants politiques qui infantilisent le peuple en valorisant autoritairement une certaine façon de conduire sa vie et sa spiritualité. Des citoyens respectés sont assez grands pour savoir ce qu'ils ont à faire en la matière, et ils n'ont pas besoin de leçons de spiritualité conforme.

   Lisons à nouveau : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur." On est surpris d'une telle hiérarchie éthique entre l'instituteur et le curé. L'école de la République a été inventée pour que les êtres humains puissent se passer de maître.

   Tel est l'honneur des instituteurs et des professeurs. Grâce à l'instruction, l'autonomie éthique de chaque personne se fonde sur son autonomie de jugement. Elle n'a donc pas à être jugée moins bonne que la direction de conscience exercée par des tuteurs moraux. Étrange spiritualité que celle qui veut assujettir la conscience à la croyance !

Une faute historique.

   L'éloge du christianisme comme fondement de civilisation passe sous silence les terribles réalités historiques qui remontent à l'époque où l'Église catholique disposait du pouvoir temporel, puisque le pouvoir politique des princes était alors conçu comme son "bras séculier". L'Occident chrétien peut-il s'enorgueillir du thème religieux du "peuple déicide" qui déboucha sur un antisémitisme particulièrement virulent là où l'Église était très puissante ?

   Les hérésies noyées dans le sang, les guerres de religion avec le massacre de la Saint-Barthélemy (3500 morts en un jour : autant que lors des attentats islamistes du 11 Septembre contre les Twin Towers), les croisades et les bûchers de l'Inquisition (Giordano Bruno brûlé vif en 1600 à Rome), l'Index Librorum Prohibitorum, censure de la culture humaine, l'anathématisation des droits de l'homme et de la liberté de conscience (syllabus de 1864) doivent-ils être oubliés ?

   Les racines de l'Europe ? L'héritage religieux est pour le moins ambigu… L'approche discriminatoire est évidente dès lors que le christianisme est invoqué sans référence aux atrocités mentionnées, alors que les idéaux des Lumières, de l'émancipation collective, et du communisme sont quant à eux stigmatisés à mots couverts au nom de réalités contestables qu'ils auraient engendrées.

   Pourquoi dans un cas délier le projet spirituel de l'histoire réelle, et dans l'autre procéder à l'amalgame ? Si Jésus n'est pas responsable de Torquemada, pourquoi Marx le serait-il de Staline ? De grâce, monsieur le président, ne réécrivez pas l'histoire à sens unique ! Comment par ailleurs osez-vous parler de la Loi de séparation de l'État et des Églises de 1905 comme d'une sorte de violence faite à la religion, alors qu'elle ne fit qu'émanciper l'État de l'Église et l'Église de l'État ?

   Abolir les privilèges publics des religions, c'est tout simplement rappeler que la foi religieuse ne doit engager que les croyants et eux seuls. Si la promotion de l'égalité est une violence, alors le triptyque républicain en est une. Quant aux droits de l'homme d'abord proclamés en Europe, ils proviennent de la théorie du droit naturel, elle-même inspirée de l'humanisme de la philosophie antique et notamment de l'universalisme stoïcien, et non du christianisme. Si on veut à tout prix évoquer les racines, il faut les citer toutes, et de façon équitable.

Une faute culturelle.

   Toute valorisation unilatérale d'une civilisation implicitement assimilée à une religion dominante risque de déboucher sur une logique de choc des civilisations et de guerre des dieux. Il n'est pas judicieux de revenir ainsi à une conception de la nation ou d'un groupe de nations qui exalterait un particularisme religieux, au lieu de mettre en valeur les conquêtes du droit, souvent à rebours des traditions religieuses.

   Comment des peuples ayant vécu avec des choix religieux différents peuvent-ils admettre un tel privilège pour ce qui n'est qu'un particularisme, alors que ce qui vaut dans un espace politique de droit c'est justement la portée universelle de conquêtes effectuées souvent dans le sang et les larmes ? Si l'Europe a une voix audible, ce n'est pas par la valorisation de ses racines religieuses, mais par celle de telles conquêtes.

   La liberté de conscience, l'égalité des droits, l'égalité des sexes, toujours en marche, signent non la supériorité d'une culture, mais la valeur exemplaire de luttes qui peuvent affranchir les cultures, à commencer par la culture dite occidentale, de leurs préjugés.

   Simone de Beauvoir rédigeant "Le Deuxième Sexe" pratiquait cette distanciation salutaire pour l'Occident chrétien. Taslima Nasreen fait de même au Bangladesh pour les théocraties islamistes. La culture, entendue comme émancipation du jugement, délivre ainsi des cultures, entendues comme traditions fermées.

   Assimiler l'individu à son groupe particulier, c'est lui faire courir le risque d'une soumission peu propice à sa liberté. Clouer les peuples à des identités collectives, religieuses ou autres, c'est les détourner de la recherche des droits universels, vecteurs de fraternité comme d'émancipation. Le danger du communautarisme n'est pas loin.

   La laïcité, sans adjectif, ni positive ni négative, ne saurait être défigurée par des propos sans fondements. Elle ne se réduit pas à la liberté de croire ou de ne pas croire accordée avec une certaine condescendance aux "non-croyants". Elle implique la plénitude de l'égalité de traitement, par la République et son président, des athées et des croyants.

   Cette égalité, à l'évidence, est la condition d'une véritable fraternité, dans la référence au bien commun, qui est de tous. Monsieur le président, le résistant catholique Honoré d'Estienne d'Orves et l'humaniste athée Guy Môquet, celui qui croyait au ciel et celui qui n'y croyait pas, ne méritent-ils pas même considération ?

Publicité
2 octobre 2008

Aix : On ne nous dit pas tout… sur nos élus (2)

gif_chien

A l'extérieur de la sphère municipale, d'autres événements se jouent, qui en disent plus sur la conduite de certains élus.

Quelques exemples tirés de l'actualité :

Ÿ Etonnant de voir Maryse Joissains défiler dans la rue pour pester contre le préfet qui veut imposer son propre tracé de la LGV Sud-Est en se fichant complètement de l'avis unanime des élus. Je dois dire que je partage la prise de position constante de Maryse Joissains pour le tracé par Marseille. A l'inverse, Jean-Claude Gaudin, qui s'était d'abord prononcé pour un passage par sa ville, s'est ensuite rangé au diktat du préfet.

Pour mémoire, c'est ce même préfet qui s'est assis plusieurs fois sur la loi pour autoriser l'ouverture dominicale des grandes enseignes de Plan de Campagne. Chaque fois, il a été désavoué par les tribunaux. Mais là, Maryse Joissains n'a jamais rien trouvé à redire sur les décisions illégales du préfet.

Ÿ Maryse Joissains clame souvent son appartenance au Parti radical dit valoisien (de droite). C'est son droit le plus absolu. Mais, à l'assemblée, son "centrisme" est sujet à des poussées centrifuges permanentes qui la font adhérer au groupe UMP et donc voter toute la politique du gouvernement.

Ÿ Hier après-midi, lors de l'élection du nouveau président du Sénat, Sophie Joissains, omniprésente à l'antenne de la chaîne parlementaire dans son rôle de benjamine de la haute assemblée, a été interrogée sur son appartenance. Elle a, elle aussi, revendiqué être membre du PRV. C'est son droit également. Mais, elle a immédiatement indiqué qu'elle s'était inscrite au groupe UMP. Pourtant, il y a au moins deux autres groupes de type central : l'Union centriste (à majorité de droite) et le Rassemblement démocratique (à majorité radicale de gauche). Sophie est donc bien la fille de sa maire. Difficile de ne pas remarquer leurs faux-nez.

Et puis, dire, avec aplomb, que c'est Gaudin qui lui a demandé d'être numéro deux sur sa liste, c'est à la fois maquiller la vérité et perdre toute crédibilité dès le début de son mandat (*).

Ÿ Certes, il ne faut pas commenter les décisions de justice. Mais rien n'empêche de les faire connaître. Mardi, trois élus ont comparu devant les tribunaux aixois.

Sur fond d'insultes, de harcèlement et de petits arrangements discrétionnaires avec les règles touchant à l'emploi des personnels, le maire Nouveau centre de Ventabren, Claude Filippi, était appelé à la barre pour une affaire sentimentale privée au sein de sa mairie avec débordements publics puisque les plaintes à son encontre émanaient d'employées municipales. Le tribunal a requis trois de prison avec sursis et 750€ d'amende. Décision le 28 octobre. 

Le conseiller municipal socialiste aixois, Jacques Agopian, avait à répondre du chef d'outrage et rébellion, insanités verbales à l'appui, à l'endroit d'une fonctionnaire des douanes. Décision le 28 octobre.

Quant à la troisième prévenue convoquée devant les juges, l'ancienne conseillère municipale Verts d'Aix, Arinna Latz, elle était poursuivie pour non respect de règles du code d'urbanisme et de l'environnement sur sa propriété. Le tribunal a requis 4.000€ d'amende. Décision le 2 décembre.

Tiens, juste pour nous rassurer, allons vérifier dans le dictionnaire si les mots "morale" et "éthique" n'auraient pas disparu sans qu'on s'en aperçoive.

A suivre...

               

(*) Voir les explications dans mon article du 24 septembre 2008 :

"Aix et Marseille, ou les splendeurs de la politique"

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/09/24/10694203.html

1 octobre 2008

Aix : On ne nous dit pas tout… sur nos élus (1)

gif_singe

Des Aixois, ou même des non Aixois, qui ne liraient que le magazine municipal "Aix en dialogue" – pourquoi avoir conservé ce titre alors qu'il y a aucun dialogue dans cette revue ? – pourraient penser que tout n'est que calme, luxe et volupté à Aix. Le n° 37 de septembre présente une vitrine idyllique à faire pâlir les 36.000 autres communes de France.

Mais, en y regardant de plus près – c'est l'un de mes nombreux défauts, je sais –, on se dit qu'il faudrait d'ores et déjà songer au modèle de statue qu'il conviendra d'ériger un jour pour toutes les bonnes œuvres de Maryse Joissains, tant des membres de la rédaction n'ont pas de mots assez tendres et forts pour lui tresser des lauriers.

Si les noms de quelques élus sont cités, ici et là, en fonction des sujets traités, on s'étonne de ne pas trouver le trombinoscope de la nouvelle majorité, ni la liste de leurs délégations. Pour mémoire, ce numéro est le premier depuis six mois ! Est-ce un oubli ? Nos nouveaux élus ne seraient-ils pas d'accord pour montrer leurs trombines ? Voudrait-on nous les rendre mystérieux et donc désirés ? (Merci à Laurent d'avoir corrigé ma propre bévue. La pertinence de son commentaire lui vaut une livraison gratuite du magazine jusqu'à la fin du mandat pour qu'il puisse définitivement tomber en admiration devant les nouveaux élus. Mais attention, un élu, ça va, quarante, bonjour les...) 

Les élus des deux oppositions, eux, y ont songé, en présentant des photos de groupe même si la légende qui accompagne celle des élus de gauche a escamoté un nom, ce qui ne me chagrine pas outre mesure, j'ai mes raisons. On peut donc comprendre un telle bévue, le texte qu'ils nous livrent étant écrit dans une langue plutôt approximative, perlée de fautes de français et de grammaire.

Et pour les Aixois qui ne lisent jamais cette brochure ? Certes, il y a la presse locale pour les renseigner. Mais combien de gens l'achètent ? Lors du dernier conseil municipal, alors que l'ordre du jour était léger et plutôt routinier, quelques surprises ont cependant surgi.

L'assemblée a appris que deux élues de la majorité se ne gênaient pas confondre les termes de producteur et de consommateur. Présentant le dossier des chalets du cours Mirabeau, l'adjointe au commerce, Catherine Rivet, a bien été obligée d'admettre qu'elle en louait un au nom de son magasin de centre ville. Ben voyons ! Quant à l'adjointe aux affaires sociales, Catherine Silvestre, elle n'a pas hésité dans un premier temps à tripler la subvention de l'association qu'elle a créée, puis à se faire verser une rallonge ! Pourquoi faire compliqué quand on peut faire direct ?

Comme si le scandale des logements HLM attribués à quelques élus ne suffisait pas. Comme si l'autre scandale, celui de la Semepa qui avait carrément voulu vendre de l'immobilier à prix d'ami à la compagne d'un ex-adjoint, Jean-Gilbert Zozor (qui, depuis, a quand même fait une bonne affaire quartier Mazarin), et à son meilleur copain, le footballeur Marcel Desailly, n'avait pas fait assez de bruit.

Evidemment, rien de tout ça ne trouvera le moindre écho dans "Aix en dialogue". La pudeur a ses exigences. Faut pas pousser quand même, non ?

A suivre…

30 septembre 2008

Rentrée des crasses politiques aixoises

gif_zorro

La fée Edvige m'ayant autorisé à balancer, et même à y aller à fond – et qu'on n'y voit là aucune allusion horizontale –, je vais donc reprendre un peu le cours des choses. Aujourd'hui, occupons-nous de la gauche aixoise. La rentrée s'est passée sur plusieurs fronts. Réunions politiques, conseil municipal, presse.

Les colistiers et les membres de l'équipe de Michel Pezet avaient décidé dès le mois de mai dernier de lancer une association de veille citoyenne sur les dossiers de la Ville. Une réunion a donc été programmée vendredi pour inaugurer l'initiative. Et voilà que, pur hasard, l'équipe d'Alexandre Medvedowsky trouve le moyen d'inviter ses colistiers le même soir, à la même heure. Bon, pourquoi pas ? Mais, sentiment de fragilité ? Crainte de perdre la main ? Peu importe.

Ce qui est plus imbécile, ce sont les propos tenus par l'une de ses élus, coutumière compulsive de l'irrespect et de manque inamendable de savoir-vivre. Tel un roitelet servile posé sur sa branche par son maître, elle fait dans le gros, le méchant, l'outrancier, le crapoteux : "Il (Michel Pezet) a réussi à faire perdre la gauche, maintenant il rassemble quelques has-been…" (dans La Provence du 27 septembre 2008)

Que l'on sache, c'est Medvedowsky en personne qui a perdu l'élection ! Que l'on sache aussi, Pezet a bien appelé à voter pour lui, et sans contrepartie, au second tour de la municipale ! La liste de Medvedowsky ne s'en est-elle pas réjouie en tirant et distribuant massivement un tract dans ce sens.

Et puis, que l'arrogante à la bouche haineuse parle de "has-been", sans se donner la peine de regarder à l'intérieur de sa propre liste, qu'elle n'ait pas encore donné la moindre preuve de son savoir-faire tout en ayant participé à plusieurs reprises aux listes de ceux qu'elle vilipende à présent, c'est quand même de la dernière crapulerie.

Mais il n'y a pas que cela. Il est symptomatique aussi de voir son chef revisiter la vérité. Parlant de l'opposition, Medvedowsky déclare, je cite : "En 2001, après les élections, chacun est parti de son côté. Aujourd'hui, c'est différent, il faut poursuivre le combat ensemble" (dans La Provence du 27 septembre 2008). Et : "Nous nous sommes ainsi constitués en un groupe unique de l'opposition" (dans le magazine municipal Aix en dialogue de septembre 2008).

Mensonges et camouflages. En 2001, lors de l'échec de la gauche, le parti socialiste s'est scindé en deux. Les élus radicaux de gauche et verts avaient proposé de constituer un seul groupe d'opposition de gauche. Or, c'est la guerre entre les deux sections du PS qui n'a pas permis de le faire. Pire, le PS n'a jamais officiellement constitué un groupe déclaré au conseil municipal, les deux sections étant dans l'incapacité de se mettre d'accord entre elles. C'est la raison pour laquelle les radicaux et les verts ont formé leur propre groupe, déclaré, lui, officiellement au conseil.

Dire que "chacun est parti de son côté" ne concerne donc que les socialistes. J'ajouterai même avec ironie que "partir" est le vocable approprié, notamment pour le prétendant Medvedowsky qui a si peu suivi les dossiers depuis Paris et qui a été si peu présent au conseil municipal et, lorsqu'il a l'a été, n'y est demeuré que le temps de chauffer le siège.

Alors, Fleur Skrivan et Alexandre Medvedowsky, vous feriez mieux de vous occuper de vos propres grosses poutres. C'est dit. Zorro frappera encore...

29 septembre 2008

EDVIGE, la bonne fée veille sur nous

oeil_d_edvigeTrouvé sur le net, ce facétieux dialogue fiction – ou réalité ? – qui ouvre l'appétit autant que de vastes perspectives rieuses. On dira peut-être que c'est exagéré... et même osé. Mais, ça pourrait bien être ce qui nous attend d'ici peu. Pour pimenter un peu, j'ai complété les informations manquantes que la bonne fée Edvige aura sans doute oublié de mentionner, par pudeur bienveillante à mon égard…

Standardiste : Speed-Pizza, bonjour.

Client : Bonjour, je souhaite passer une commande, s'il vous plaît.

Standardiste : Oui, puis-je avoir votre NIN, Monsieur ?

Client : Mon Numéro d'Identification National ? Oui, un instant, voilà, c'est le 6102049998-45-54610.

Standardiste : Je me présente, je suis Habiba Ben Saïd. Merci, Mr Jacques Lavoie. Donc, nous allons actualiser votre fiche, votre adresse est bien le 374 cours Mirabeau à Aix-en-Provence et votre numéro de téléphone le 04.42.69.69.69. Votre numéro de téléphone professionnel à la Société Durand est le 04.72.25.55.41 et votre numéro de téléphone mobile le 06.06.05.05.01. C'est bien ça, Monsieur Lavoie ?

Client (timidement) : Oui !!!

Standardiste : Je vois que vous consultez trop régulièrement le blog de Monsieur Castronovo, l'une de nos sources les plus fiables pour mettre nos fiches à jour et décrypter tous les pseudos. Je vois aussi que vous appelez d'un autre numéro qui correspond au domicile de Mlle Isabelle Denoix, qui est votre assistante technique. Sachant qu'il est 23h30 et que vous êtes en RTT, nous ne pourrons vous livrer au domicile de Mlle Denoix que si vous nous envoyez un XMS à partir de votre portable en précisant le code suivant AZ25/JkPp+88.

Client : Bon, je le fais, mais d'où sortez-vous toutes ces informations ?

Standardiste : Nous sommes connectés au système croisé et comme je viens de vous le dire en lien direct avec le blog de Monsieur Castronovo, Monsieur Lavoie.

Client (soupir) : Ah bon !... Je voudrais deux de vos pizzas spéciales mexicaines.

Standardiste : Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Monsieur Lavoie.

Client : Comment ça ???...

Standardiste : Votre contrat d'assurance maladie vous interdit un choix aussi dangereux pour votre santé, car selon votre dossier médical, vous souffrez d'hypertension et d'un niveau de cholestérol supérieur aux valeurs contractuelles. D'autre part, Mlle Denoix ayant été médicalement traitée il y a 3 mois pour hémorroïdes, le piment est fortement déconseillé. Si la commande est maintenue, la société qui l'assure risque d'appliquer une surprime.

Client : Aie ! Qu'est-ce que vous me proposez alors ?...

Standardiste : Vous pouvez essayer notre pizza allégée au yaourt de soja, je suis sûre que vous l'adorerez.

Client : Qu'est-ce qui vous fait croire que je vais aimer cette pizza ?

Standardiste : Vous avez consulté les "Recettes gourmandes au soja" à la bibliothèque de votre comité d'entreprise la semaine dernière, Monsieur Lavoie, et Mlle Denoix a fait, avant-hier, une recherche sur le Net, en utilisant le moteur "http://www.moogle.fr" et comme mots clés "soja" et "alimentation". D'où ma suggestion.

Client : Bon d'accord. Donnez-m'en deux, format familial.

Standardiste : Vu que vous êtes actuellement traité par Dipronex et que Mlle Denoix prend depuis 2 mois du Ziprovac à la dose de 3 comprimés par jour et que la pizza contient, selon la législation, 150mg de Phénylseptine par 100g de pâte, il y a un risque mineur de nausées si vous consommez le modèle familial en moins de 7 minutes. La législation nous interdit donc de vous livrer. En revanche, j'ai le feu vert pour vous livrer immédiatement le modèle mini. C'est le modèle préféré de Monsieur Castronovo qui ne proteste jamais, lui…

Client : Bon, bon, ok, va pour le modèle mini. Je vous donne mon numéro de carte de crédit.

Standardiste : Je suis désolée, Monsieur, mais je crains que vous ne soyez obligé de payer en liquide. Votre solde de carte de crédit VISA dépasse la limite et vous avez laissé votre carte American Express sur votre lieu de travail. C'est ce qu'indique le Credicard Satellis Tracer.

Client : J'irai chercher du liquide au distributeur avant que le livreur n'arrive.

Standardiste : Ça ne marchera pas non plus, Monsieur Lavoie, vous avez dépassé votre plafond de retrait hebdomadaire. C'est ce que nous a signalé Monsieur Castronovo qui contrôle vos comptes chaque jour et qui est bien informé.

Client : Mais ?... Ce n'est pas vos oignons ! Et puis, de quoi se mêle ce Monsieur Castronovo ? Contentez-vous de m'envoyer les pizzas ! J'aurai le liquide. Combien de temps ça va prendre ?

Standardiste : Compte-tenu des délais liés aux contrôles de qualité, elles seront chez vous dans environ 45 minutes. Si vous êtes pressé, vous pouvez gagner 10 minutes en venant les chercher, mais transporter des pizzas en scooter est pour le moins acrobatique.

Client : Comment diable pouvez-vous savoir que j'ai un scooter ?

Standardiste : Votre Peugeot 408 est en réparation au garage de l'Avenir, par contre votre scooter est en bon état puisqu'il a passé le contrôle technique hier et qu'il est actuellement stationné devant le domicile de Mlle Denoix, voisine immédiate de Monsieur Castronovo. Par ailleurs j'attire votre attention sur les risques liés à votre taux d'alcoolémie. Vous avez, en effet, réglé quatre cocktails Afroblack au Tropical Bar, il y a 45 minutes. En tenant compte de la composition de ce cocktail et de vos caractéristiques morphologiques, ni vous, ni Mlle Denoix n'êtes en état de conduire. Vous risquez donc un retrait de permis immédiat.

Client : @#%/$@& ?# !

Standardiste : Je vous conseille de rester poli, Monsieur Lavoie. Je vous informe que notre standard est doté d'un système anti-insulte en ligne qui se déclenchera à la deuxième série d'insultes. Je vous informe en outre que le dépôt de plainte est immédiat et automatisé. Or, je vous rappelle que vous avez déjà été condamné en juillet 2009 pour outrage à agent.

Client (sans voix) : ? ...

Standardiste : Autre chose, Monsieur Lavoie ?

Client : Non, rien. Ah si, n'oubliez pas le Coca gratuit avec les pizzas, conformément à votre pub.

Standardiste : Je suis désolée, Monsieur Lavoie, mais notre démarche qualité nous interdit de proposer des sodas gratuits aux personnes en surpoids. Cependant à titre de dédommagement, je peux vous consentir 15% de remise sur une adhésion flash au contrat Jurishelp, le contrat de protection et d'assistance juridique de Speed assurance. Ce contrat pourrait vous être utile, car il couvre, en particulier, les frais annexes liés au divorce. Vu que vous êtes marié à Mme Claire Lavoie, née Girard depuis le 15/02/2008 et vu votre présence tardive chez Mlle Denoix, ainsi que l'achat il y a une heure à la pharmacie du Cours d'une boîte de 15 préservatifs et d'un flacon de lubrifiant à usage intime. À titre promotionnel, je vais faire joindre aux pizzas un bon de 5 euros de réduction pour vos prochains achats de préservatifs valable chez Speed-Parapharma. Toutefois, veuillez éviter les pratiques susceptibles d'irriter les hémorroïdes de Mlle Denoix, pour lesquelles Speed-Parapharma se dégage de toute responsabilité. Bonsoir Monsieur et merci d'avoir fait appel a Speed Pizza. Inutile de nous rappeler, Monsieur Castronovo nous transmettra directement votre fiche de satisfaction…

Publicité
24 septembre 2008

Krach financier : Haut les mains, c'est un hold-up !

gif_requin

Selon un humoriste pétomane, proche du cercle présidentiel, il n'y a pas plus de crise financière qu'il n'y a eu d'attentat à New York en 2001. Fin de la plaisanterie. Que se passe-t-il ? Qui fait quoi ? Pourquoi ? Comment ? Allons-nous tous être floués ? Pendant que nous avons le nez sur le pouvoir d'achat, la hausse des prix et les salaires qui n'avancent pas, pauvres de nous, la partie se joue ailleurs, dans notre dos devrait-on dire.

L'argent a un double visage : côté pile, pour acheter notre pain moins quotidien, côté face, pour engraisser des bandits. Ci-après, un article lumineux et accessible à tous, paru dans Libération le 18 septembre 2008. L'auteur en est Jacques Généreux, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, et auteur de "La Dissociété" (ed. Seuil, 2008). Finance, économie, rôle de l'Etat, crises, gagnants, perdants… et nos yeux pour pleurer !

they_want

Il n’y a pas de retour de l’Etat

Selon Jacques Généreux, le marché a toujours été défendu par la puissance publique. Propos recueillis par Christian Losson

L’interventionnisme du gouvernement américain pour tenter d’endiguer le krach financier marque-t-il le retour de l'Etat ? 

Il n’y a pas de retour de l’Etat parce qu’il n’a jamais reculé. Son poids n’a pas cessé d’augmenter aux Etats- Unis. Simplement, il a changé de nature. Ce n’est plus un Etat-providence qui redistribue, c’est un Etat privatisé, au service des marchés, des profits. Il n’a cessé de donner plus de liberté à la finance, aux entreprises. Quand celle-ci débouche sur la crise, il doit intervenir en urgence.

Mais jamais le gouvernement n’avait lâché autant d’argent pour sauver son économie…

Il n’a pas le choix. Il paie aujourd’hui le prix de son engagement au service de la dérégulation, de la déréglementation, du laisser-faire au service du capital. Ce n’est pas la finance qui est devenue folle, c’est l’Etat américain qui l’est. Il l’a laissé prospérer et elle risque de tout emporter ! Il joue l’Etat pompier, alors que c’est lui l’incendiaire.

Et c’est nouveau, ça ?

Non, les Etats-Unis sont depuis longtemps schizophrènes : très libéraux en microéconomie (entreprises, marchés) et très keynésiens en macroéconomie (politique économique). Depuis la rupture du contrat social hérité des Trente Glorieuses et l’avènement des idéologues du néolibéralisme, cette schizophrénie s’est aggravée.

C’est-à-dire ?

D’un côté, l’Etat fédéral se désengage de ses prérogatives sur le social, l’éducation, les retraites, engendrant une société plus dure et plus inégalitaire que jamais. Alors, de l’autre côté, pour éviter le désordre social, il est obligé de garantir la croissance et l’emploi par une forte intervention sur la politique budgétaire et monétaire. Mais la violence sociale persiste. Et cet Etat de classe devient de plus en plus un Etat pénitence et un Etat policier. Objectif, donc : assurer l’ordre social chez les plus pauvres, maintenir la prospérité économique chez les plus riches. D’où cette rhétorique néolibérale du "on n'a rien sans rien", qui vient substituer le workfare (allocations conditionnelles) au welfare (aide publique généralisée). Et ce n’est pas vrai que pour les Etats-Unis.

Une page de l’histoire du capitalisme dérégulé est-elle quand même en train de se tourner ?

Il faudrait pour cela qu’on sorte de la logique de l’Etat qui met des rustines, écope, alors que le bateau prend l’eau de toute part, faute d’avoir cloisonné les secteurs financiers (banques, assurances, crédits, etc.). Il faudrait sortir, comme après chaque crise, des débats sur la morale, la transparence, la chasse aux bandits. Et s’attaquer au débat de fond : changer de cap.

Changer de système, ou mieux le réguler ?

Arrêter d’avoir une confiance aveugle en le marché comme seul règle de prospérité. Encadrer la libre circulation des capitaux. Créer des agences de notation publiques… Or, pour l’instant, personne ne remet en cause cette erreur fondamentale du marché roi. Bref, avoir un contrôle plus aigu, en amont des crises, pour éviter qu’elles ne se reproduisent aux Etats-Unis, comme c’est le cas depuis vingt ans. Même l’Europe - et la France sous Sarkozy - reste fascinée par les sirènes du moins d’Etat.

Donc, vous ne croyez pas à un changement de paradigme malgré l’ampleur du séisme ?

Non, parce que la question, ce n’est pas : "plus ou moins d’Etat ?" C’est : "quel Etat veut-on ?" Entre 1970 et 2000, décennies du libéralisme, les dépenses publiques sont passées de 31,6 % à 35,8 %. Mais c’était plus d’aide aux entreprises, aux dépenses militaires et moins de social. Depuis, les taxes sur le capital baissent, celles sur le travail augmentent. La crise des subprimes n’infléchira pas la tendance.

23 septembre 2008

La Poste est un service public, pas une marchandise

poste_privatisee_charb

(Clic sur l'image pour agrandir)

Dessin de Charb dans Charlie Hebdo du 17 septembre 2008

Si nous fermons les yeux, l'arnaque, la grosse arnaque des coups de fils passés par téléphones portables, avec entente frauduleuse des fournisseurs sur les prix surtaxés, risque bien de se reproduire avec ce qu'il reste de la poste si le privé s'empare de notre service public.

Les rapaces sont au coin de la bonne affaire, comme ils le sont pour l'eau qui coûte toujours plus cher lorsque la gestion est confiée aux escrocs de la distribution. Les petits bureaux disparaîtront et les points d'accueil seront réduits. Tout sera mis en œuvre pour réaliser des profits sur les dépouilles du service public qu'on camouflera sous des offres alléchantes de "produits" qui n'ont rien à voir avec les missions de la poste. Le premier souci des nouveaux "bienfaiteurs" sera de rassasier les actionnaires qui se fichent éperdument du service rendu. Leur dernier souci sera de satisfaire la population.

L'Etat a une grande responsabilité dans ce qui se passe. En réduisant les effectifs et en fermant de nombreux guichets sur tout le territoire, il a déjà peu à peu organisé le début de la casse et orienté les esprits à penser que la poste, ça ne marche pas. Il veut maintenant faire passer l'idée que seule la concurrence peut la sauver.

La manipulation est insidieuse jusque dans les mots. L'Etat compte sur la résignation des usagers qu'il veut transformer en "clients". La grève d'aujourd'hui a un sens. Ce n'est pas grave de ne pas recevoir notre courrier ce mardi. C'est pour la bonne cause. Car ce qui nous attend avec le privé, ce sera moins de tournées, beaucoup de retard et des files d'attente exaspérantes à notre bureau de poste habituel. La poste n'est pas une marchandise, c'est un service. Public.

Je reproduis ci-après un bijou de billet publié dans Le Monde le 29 août 2008 sous la signature de Robert Solé. Tout est dit en quelques mots. Un régal…

Service public

La poste sera donc privatisée en 2011. Elle s'y prépare activement. Hier, en faisant la queue au guichet, j'ai bénéficié de publicités pour des boissons gazeuses et des crèmes adoucissantes pour les mains, qui passaient en boucle sur un écran. Quand j'ai acheté un timbre, l'employée m'a demandé : "Je vous mets les enveloppes avec ?" Elle m'a vendu aussi un tube de colle spéciale qui permet de bien les cacheter. "Vous avez la carte de la Poste ?, s'est-elle enquise d'un air gourmand. Je vous la fais, ça demande une minute et vous pourrez cagnotter des points."

Sur le chemin de la sortie, le conseiller financier m'a saisi par la manche : "Monsieur Sole (leurs listes informatiques ne font pas les accents), avez-vous un instant ?" Il m'a entraîné dans son bureau : "Votre Livret A a atteint son plafond. Connaissez-vous le Livret B ? Nous faisons des promotions en ce moment." Je n'ai pas tardé à découvrir aussi les avantages des Livrets C et D. Il a été si convaincant que j'ai souscrit à toutes les lettres de l'alphabet. Ce qui m'a valu 200 points. Mon cadeau, lui, un tire-bouchon clignotant, me sera livré à la maison. Par la Poste.

30 mai 2008

Les réponses tordues de Maryse Joissains à l'Express

EXPRESS_SPECIAL_AIX

(Clic sur l'image pour agrandir)

La une de l'Express paru ce jeudi 29 mai 2008

J'ai attendu la parution effective du numéro "spécial Aix" de l'Express pour en avoir le cœur net. Et là, plus de doute. La une du magazine met en exergue les propos tenus par Maryse Joissains, extraits d'un entretien de deux pages dont le sujet porte sur les secrets des noms de rue.

Le dossier (24 pages) est par ailleurs remarquable car il a fait appel à notre ami aixois Jean-Claude Bouvier, universitaire et homme érudit. On y apprend beaucoup et je recommande à chacun de ne pas rater ce numéro.

Maryse Joissains livre son appréciation sur le sens de la dénomination des rues, un pouvoir qui relève toujours de décisions du conseil municipal. Cinq de ses réponses m'ont fait sursauter car elles manquent d'objectivité, font un amalgame avec des sentiments qui lui sont personnels et expriment des jugements très partiaux. Mes commentaires sont entre parenthèses.

EXPRESS : Vous avez laissé entendre que vous seriez disposée à dédier une voie à Jean-Paul II…

Maryse Joissains : Oui. Car il s'agit d'un homme qui fait l'unanimité et n'appartient pas aux seuls catholiques. (Qu'est-ce qui l'autorise à porter de tels jugements ? Du reste, je pense que Bertrand Delanoë a commis les mêmes erreurs en donnant le nom de ce pape à Paris où des protestations ont d'ailleurs eu lieu le jour de l'inauguration.)

EX : Certains choix religieux ont pourtant provoqué des contestations…

MJ : A deux reprises, en effet. Le 15 janvier 2007, nous avons baptisé (notez le verbe connoté et inapproprié) un rond-point du nom du père Pierre Aguesse. Des radicaux de gauche (il s'agit évidemment de votre serviteur) m'ont alors accusée d'entorse à la laïcité. C'est ridicule ! Il s'agissait simplement d'une personne très appréciée dans son quartier (je ne l'ai jamais nié, je l'ai bien connu). Etre laïque, ce n'est pas être antireligieux et c'est une radicale qui vous le dit (une radicale adhérente de l'Ump, portant en permanence une énorme croix bien visible sur sa poitrine ; comme sur la photo dans l'Express) ! Des réactions du même ordre s'étaient produites, en 2006, avec la rue Saint-Georges (encore moi !).

(A ce sujet, lire ci-dessous mon article sur "Maryse Joissains et la laïcité")

Joissains : "Une rue Bastien-Thiry ? Pourquoi pas ?"

EX : Y a-t-il des rues que vous voudriez débaptiser (le journaliste abuse du même mot) ?

MJ : Il y en a une, en effet, qui me pose problème (comprendre "j'aimerais bien régler des comptes"). Elle porte le nom d'un magistrat dont je tairai le nom (il s'agit du Procureur général Beljean, de la cour d'appel d'Aix, procureur de 1982 à 1987, au moment où Alain Joissains a été condamné en appel pour une affaire de détournement de fonds et radié du barreau des avocats), mais dont on dit plus de bien qu'il ne le mérite. Toutefois, je ne débaptiserai pas (une vraie manie ce mot) cette rue, car, apparemment, l'homme fait l'objet d'un consensus.

EX : Il était censé y avoir une place François-Mitterrand dans le quartier Sextius-Mirabeau, face au Pavillon noir. Elle figure d'ailleurs sur les plans. Mais on ne trouve aucune plaque sur le site.

MJ : L'ancien maire socialiste ne l'a pas inaugurée. Je ne vois pas pourquoi je le ferais, moi ! (et la continuité républicaine, ça veut dire quelque chose, non ?) Il est un peu tôt, à mes yeux, pour considérer que l'ancien président se situe au-dessus des clivages politiques (peut-elle citer un nom de président au-dessus des clivages politiques ?).

EX : Vous avez été saisie également d'une demande pour Bastien Thiry, cet officier pro-Algérie française qui avait tenté d'assassiner le général De Gaulle (Thiry fut condamné à mort et exécuté).

MJ : En effet. Ce dossier, sensible, est à l'étude depuis deux ans. Personnellement, je n'ai rien contre (ben voyons, il faut bien donner un gage aux électeurs de l'extrême droite qui ont appelé à voter pour elle au seccond tour de l'élection municipale !). Après tout, on ne peut pas lui reprocher d'avoir accompli de mauvaises actions (en effet, tirer sur un président de la République, ça ne compte pas !). Il a simplement agi conformément à ses convictions. On ne peut pas dire qu'il a été indigne dans son comportement (vouloir assassiner un président est sans doute un acte digne de respect qui mérite la Légion d'Honneur et le Prix Nobel de la Paix !).

Mon article du 18 janvier 2008 :

"Maryse Joissains et la laïcité : Des faits, rien que des faits"

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/01/18/index.html

16 septembre 2008

Pas besoin de gros mollets pour la semaine du vélo

Assogora_Adava

(Clic sur l'image pour agrandir)

Le stand des bénévoles à Assogora

Une semaine pour oser le vélo. Ou, plus exactement, pour promouvoir la mobilité, lutter contre la pollution et entretenir sa santé. Pour se joindre à cette initiative sans esprit de compétition, et sans conditions d'âge, pas besoin d'avoir de gros mollets ou d'avoir fait le Tour de France.

A Aix, comme tous les ans, l'association ADAVA-ADTC (Association pour le droit au vélo et le développement des transports collectifs en pays d'Aix) participe de manière très active, et sympathique, à la Semaine Européenne de la Mobilité du 16 au 22 septembre. Elle était déjà présente dimanche à Assogora pour sensibiliser le grand public aux modes doux de déplacements.

Ce mercredi 17 septembre donc, l'ADAVA organise une grande manifestation à vélo et autres véhicules à propulsion humaine en coopération avec "Aix-in-Roller" (rollers, patinettes et tous autres véhicules assimilés).

Le top départ est fixé à 18h30 au stand situé sur la placette du Roi René en haut du cours Mirabeau. Il s'agira de faire un tour de la ville historique : descente du cours, tour de la Rotonde, avenue Victor-Hugo, boulevard circulaire, Sextius et retour Rotonde avec arrivée à la MNE (Maison de la nature et de l'environnement). Les participants y seront accueillis avec des rafraîchissements. Hop, tous en selle !

Programme, activités et manifestations de l'ADAVA-ADTC :

http://adava.adtc.aix.free.fr

22 mai 2008

Chez Picsou : Une lettre drôle qui vaut de l'or…

bank

Un autre ami m'a transmis cette lettre authentique et audacieuse envoyée par une dame de 86 ans à sa banque américaine. Le directeur du New York Times l'a trouvée suffisamment amusante pour la publier ! Tordant…

Cher Monsieur,

Je vous écris pour vous remercier d'avoir refusé le chèque qui m'aurait permis de payer le plombier le mois dernier. Selon mes calculs, trois nanosecondes se sont écoulées entre la présentation du chèque et l'arrivée sur mon compte des fonds nécessaires à son paiement. Je fais référence, évidemment, au dépôt mensuel automatique de ma pension, une procédure qui, je dois l'admettre, n'a cours que depuis huit ans.

Il faut d'ailleurs vous féliciter d'avoir saisi cette fugace occasion et débité mon compte des 30$ de frais pour le désagrément causé à votre banque. Ma gratitude est d'autant plus grande que cet incident m'a incité à revoir la gestion de mes finances.

J'ai remarqué qu'alors que je réponds personnellement à vos appels téléphoniques et à vos lettres, je suis en retour confrontée à l'entité impersonnelle, exigeante, programmée, qu'est devenue votre banque. A partir d'aujourd'hui, je décide de ne négocier qu'avec une personne de chair et d'os. Les mensualités du prêt hypothécaire ne seront dorénavant plus automatiques mais arriveront à votre banque par chèques adressés personnellement et confidentiellement à un(e) employé(e) de votre banque que je devrai donc sélectionner.

Soyez averti que toute autre personne ouvrant un tel pli commettrait une infraction au règlement postal.

Vous trouverez ci-joint un formulaire de candidature que je demanderai à l'employé(e) désigné(e) de remplir. Il comporte huit pages, j'en suis désolée, mais pour que j'en sache autant sur cet(te) employé(e) que votre banque en sait sur moi, il n'y a pas d'alternative. Veuillez noter que toutes les pages de son dossier médical doivent être contresignées par un notaire, et que les détails obligatoires sur sa situation financière (revenus, dettes, capitaux, obligations) doivent s'accompagner des documents concernés.

Ensuite, à MA convenance, je fournirai à votre employé(e) un code PIN qu'il/elle devra révéler à chaque rendez-vous. Il est regrettable que ce code ne puisse comporter moins de 28 chiffres mais, encore une fois, j'ai pris exemple sur le nombre de touches que je dois presser pour avoir accès aux services téléphoniques de votre banque. Comme on dit : l'imitation est une flatterie des plus sincères.

Laissez-moi développer cette procédure. Lorsque vous me téléphonez, pressez les touches comme suit :

Immédiatement après avoir composé le numéro, veuillez presser l'étoile (*) pour sélectionner votre langue

Ensuite le 1 pour prendre rendez-vous avec moi

Le 2 pour toute question concernant un retard de paiement

Le 3 pour transférer l'appel au salon au cas où j'y serais

Le 4 pour transférer l'appel à la chambre à coucher au cas où je dormirais

Le 5 pour transférer l'appel aux toilettes au cas où je coulerais un bronze

Le 6 pour transférer l'appel à mon GSM si je ne suis pas à la maison

Le 7 pour laisser un message sur mon PC. Un mot de passe est nécessaire. Ce mot de passe sera communiqué à une date ultérieure à la personne de contact autorisée mentionnée plus tôt.

Le 8 pour retourner au menu principal et écouter à nouveau les options de 1 à 7

Le 9 pour toute question ou plainte d'aspect général. Le contact sera alors mis en attente, au bon soin de mon répondeur automatique.

Le 10, à nouveau pour sélectionner la langue. Ceci peut augmenter l'attente mais une musique inspirante sera jouée durant ce laps de temps.

Malheureusement, mais toujours suivant votre exemple, je devrai infliger le prélèvement de frais pour couvrir l'installation du matériel utile à ce nouvel arrangement.

Puis-je néanmoins vous souhaiter une heureuse, bien que très légèrement moins prospère, nouvelle année ?

Respectueusement,

Votre humble cliente.

En "commentaires", lire les précisions d'un visiteur avisé sur l'origine de cette lettre.

17 mai 2008

Gaudin qui pleure, Joissains qui rit

jean_claude_gaudinmaryse_joissains

(Clic sur les images pour agrandir)

Gaudin et Joissains vus par Charmag dans "Le Ravi"

Avant les élections, Maryse Joissains elle-même doutait de pouvoir être réélue. Son ex-majorité avait éclaté. Elle a chassé la moitié de ses élus. Plusieurs adjoints ont été évincés pour des raisons peu avouables. D'autres sont allés se réfugier sur une autre liste.

Dans les coulisses, Jean-Claude Gaudin avait tout fait pour saboter la candidature de la maire d'Aix. Le premier tour de la municipale a montré que Maryse Joissains était rejetée par 67% des électeurs. Les oppositions de gauche et du centre n'ont pas réussi à lui enlever la mairie.

Même si sa courte victoire en pleine vague rose doit plus à une dose de chance et à l'inorganisation d'un front commun contre elle, le résultat est là. Depuis, le 16 mars, Maryse Joissains s'évertue à donner une image de sérénité et de consensus, n'hésitant pas à vendre de l'ouverture et à arrondir tous les angles.

Comme elle n'a aucun nouveau grand projet, ni pour Aix ni pour la Communauté du pays d'Aix, elle va se contenter de faire de la gestion. Il y a donc, en tout cas pour l'instant, peu de bagarres en perspective.

Mais ce n'est pas ce sur quoi je veux insister aujourd'hui. Si l'on jette un regard du côté de Marseille, le contexte est totalement à l'opposé. Et c'est là que se situe le paradoxe. La vague rose n'a pas réussi à Jean-Noël Guérini à la mairie où Jean-Claude Gaudin a retrouvé sa place de justesse, à deux voix près.

Le désordre actuel est né de l'élection confuse à la Communauté urbaine de Marseille. Au point qu'aucune majorité claire et nette ne se dégage pour assurer un pouvoir de droite ou de gauche. Si Jean-Noël Guérini estime avoir remporté une demi-victoire en faisant élire Eugène Caselli, les deux camps vont devoir s'entendre forcés et contraints alors que Maryse Joissains a toute liberté pour faire ce qu'elle veut, comme elle veut et avec qui elle veut à Aix et à la CPA.

         

Lutte d'influence pour le pouvoir

                

Le paradoxe est que Maryse Joissains sort légitimée tandis que Jean-Claude Gaudin a perdu une grande partie de son influence, y compris pour appliquer son programme municipal qui est étroitement lié aux prérogatives de la Cum. Je ne prolongerai pas la liste de ses malheurs en citant par exemple la guerre interne dans son équipe ou encore sa prétention à la baisse pour sa candidature au poste de président du Sénat. De fait, des rôles se sont inversés.

Affaibli et en bout de course, Jean-Claude Gaudin ne peut plus se considérer comme le véritable "patron" de l'UMP dans le département. Il aura du mal à faire la leçon aux élus de droite, qui ne manqueront pas de le narguer à la première occasion. Et Maryse Joissains peut désormais prétendre imposer ses vues dans nombre de domaines.

A commencer par les élections sénatoriales de septembre où elle aura son mot à dire. Ce sera le premier test pour asseoir son omnipotence sur l'UMP et le département. Son intérêt est de développer de bonnes relations avec Jean-Noël Guérini afin que le partage des pouvoirs se fasse entre elle et lui, au détriment de Jean-Claude Gaudin et, bien sûr, de Renaud Muselier que les deux veulent écarter pour l'avenir.

Conclusion, Maryse Joissains vient de surpasser son "ami" Jean-Claude Gaudin en le dépouillant de ses habits de chef de la droite dans le département. Maryse Joissains, qui a quelques idées derrière la tête, ne va pas se gêner pour préparer des successions à sa guise.

12 septembre 2008

OPAC Pays d'Aix Habitat : La folle saga continue...

logo_OPAC

          

Depuis 7 ans, il se passe toujours quelque chose à l'OPAC "Pays d'Aix Habitat". Et la saga… continue de plus belle. On aura presque tout vu : 5 directeurs, 2 rapports catastrophiques de la Miilos (Mission interministérielle d'inspection du logement social), moins de 100 logements construits ou programmés, des réhabilitations au compte goutte ou annulées, un nouveau siège de l'office à 3 millions d'€, des logements attribués à la tête des copains, des effectifs plus nombreux sans que cela améliore les conditions de vie des locataires, un mystérieux cambriolage d'ordinateurs contenant la liste des bénéficiaires de HLM dont on attend toujours les résultats de l'enquête…

On apprend par la presse (La Provence et La Marseillaise) que l'actuel directeur va lui aussi partir mais on calcule encore ses indemnités de départ qui pourraient avoisiner les 200.000€. Des élus municipaux lui cherchent des poux pour tenter de le pousser à la faute alors que c'est le désordre entretenu par l'équipe du maire qui pourrit l'ambiance.

On aurait même déjà trouvé une personne actuellement sur un poste de direction dans une autre structure municipale pour le remplacer (ceci est un scoop mais je ne livrevrai pas le nom de la personne).

Quand on pense que, pendant la campagne électorale, Maryse Joissains a osé sortir un document de bilan truffé de mensonges, on se dit qu'il y a de quoi désespérer. Suggérons un nom pour cette saga : "Plus laide la ville !"

Mon article du 5 janvier 2008,

"Logement : Les bobards honteux de Maryse Joissains" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/01/05/7449520.html

28 juillet 2008

Il n'y a que la pause qui repose…

toileCe n'est qu'un répit. Ce n'est qu'un repos... Juste un peu de temps pour réapprendre à surprendre les émouvants couchers de soleil. Se lever plus tard. Ecarquiller les yeux. S'éclaircir le regard. Débarbouiller un cerveau. S'affranchir des dures carapaces. Se refaire une nature. Embraser la vie. Et enfin revenir aux agitations humaines qui ne font, hélas, jamais de pause. A bientôt. En septembre...

Photo_PATRAS_soleil

(Clic sur l'image pour agrandir)

Photo que j'ai prise à Patras (Grèce) en 1979

21 juillet 2008

France : Tout va bien (avec un jeu drôle en bonus)

NaufragePour faire taire tous les esprits critiques et malveillants qui ne cessent de se lamenter sur le sort injuste que leur ferait prétendument subir notre gouvernement, voici quelques arguments susceptibles de rétablir enfin la vérité et de les laisser bouche bée pour encore au moins quatre ans. Bien entendu la liste est loin d'être exhaustive et vous pouvez la compléter vous-même.

Ÿ L'inflation atteint 3,60%. Nous avons des ministres fortiches. Ils avaient juré dur comme fer qu'ils maîtrisaient bien la situation. C'est vrai qu'en termes de pouvoir d'achat ils auront réussi à le maintenir à la misère.

Ÿ En 2006, la France métropolitaine comptait 7,9 millions de pauvres, soit 13,2% de la population, taux stable depuis 2002, après avoir reculé pendant les années précédentes (source Insee). Concrètement, cela veut dire : un niveau de vie inférieur à 880€ par mois, contre un revenu médian de 1.470€ par mois (17.600€ par an). A titre de comparaison, au 1er janvier 2006, le plafond du revenu minimum d'insertion (RMI) pour une personne seule était de 433€ par mois. Depuis, tous les Français sont devenus riches grâce au bouclier fiscal...

Ÿ Bernard Tapie n'a pas presque plus de soucis à se faire. Sa cagnotte miraculeuse équivaut aux salaires annuels des 15.000 postes d'en-saignants français qui vont être supprimés l'année prochaine. Pas de quoi rire, c'est l'argent des contribuables.

Ÿ Tous les Français vont être fichés par EDVIGE. Cela ne fera plus de jaloux. Ils seront traités comme les immigrés. D'ailleurs les "vrais" Français ne sont-ils pas eux-mêmes souvent des ex-étrangers ? Il ne reste plus qu'à confier les clés de la maison France à Le Pen et notre pays sera bien gardé.

Ÿ Le président de la République a invité le président syrien, spécialiste en sang coagulé, aux cérémonies de la fête nationale du 14-Juillet. Le même jour, il a remis la Légion d'honneur à Ingrid Betancourt pour aucun service rendu à la France. Ne cherchez pas, ça ne coûte pas grand-chose aux contribuables, c'est juste bon pour la propagande de Sarkozy.

Si vous trouvez que la France ne va pas aussi bien que ça, voici un petit jeu où vous pouvez vous défouler en bottant l'arrière-train de qui vous savez en le voyant tous les jours à la télé. En plus, comme c'est l'été et que vous avez envie de vous reposer et de ne plus penser à lui, cela ne peut que vous faire le plus grand bien. Vous pouvez recommencer autant de fois que vous le voulez.

http://www.pictogame.com/play/game/8Cw1OVYLGyG4_bottez-l-arriere-train-de-sarkozy-

19 juillet 2008

Le Ravi de l'été à lire en maillot de bain

une_ravi_54

Franchement, ce serait stupide de se priver du n° 54 du Ravi qui vient de sortir. Pour le prix habituel (2,80€), il y en a presque deux fois plus. Le numéro couvre juillet et août. On y trouve l'article sur les dérives de l'OPAC d'Aix que j'ai mis en ligne il y a quelques jours mais aussi un portrait de Maryse Joissains avec caricature (comme je l'aime) et mille infos qu'on ne lit nulle part ailleurs.

Quand on sait que c'est une petite association qui le produit et l'édite, qu'il n'y a pas de publicités commerciales qui mangent des moitiés de pages et que l'écriture y est formidable, on se dit qu'on a bien de la chance de tenir pareil journal entre les mains. Si vous ne l'avez jamais acheté, testez-le. Si vous le connaissez déjà, aidez-le à vivre.

15 juillet 2008

Betancourt : Ça tourne à la Farc…

Avertissement

Au risque d'aller carrément à contre-courant, voire de choquer,  ce qui suit n'a rien à voir avec la soupe médiatique déversée depuis six ans et plus particulièrement depuis le 2 juillet.

Est-il encore possible de parler méchamment contre l’air unanimiste de l’époque ? Difficile, dans un temps où l’on s’est persuadé que l’Histoire devait être morale et même gentille.

C’est cependant le défi que relève un journaliste de Montréal, sympathisant du Parti Québécois Radical (le PQR), obligé par les rigueurs de la censure canadienne d'écrire sous le pseudonyme de Laurent Jacques (comme celui de l'auteur "Caroline chérie"). Et puis, Claude-Marie Vadrot qui met au clair la scénarisation de la libération d'Ingrid Betancourt. Deux articles à lire assis, de préférence.

Lecteur

L'article de Laurent Jacques

Un journaliste qui aurait eu de l’humour, il en existe, aurait pu titrer, le 3 juillet au matin, "1211ème jour de liberté pour Florence Aubenas". Sans oublier, bien sûr, le nom de son chauffeur (quelque chose comme Saddam Hussein, mais ce n’était pas exactement cela), un nom que les journaux bien-pensants l’ayant publié mille fois ne se rappellent absolument plus.

Que n’avons-nous pas vu et entendu sur la libération d’Ingrid Betancourt, entre le 2 juillet vers 23h et le 5 juillet, date de l’interruption provisoire du tsunami compassionnel avant une très probable et très imminente résurgence ?

D’abord sur la nationalité de l’intéressée. Elle est à la fois colombienne et française, ce qui serait une assez plate réalité juridique, puisque les groupies de la belle otage ressuscitée ne semblent pas se demander comment de grands bourgeois peuvent vivre à la fois à Bogotá et à Paris avec, pour le faire, des moyens que leurs admirateurs ne soupçonnent même pas, assez plate double nationalité donc si ne se posait le problème du dosage.

Française ou colombienne ?

Plus ou moins française ? Plus ou moins colombienne ? A l’image de Mary Pierce, qui arbore une superbe natte elle aussi et qui se trouve être plutôt française lorsqu’elle gagne des tournois mais que le commentaire juge plutôt américaine si elle vient à perdre (le coup droit est français assurément, et le revers américain…), Ingrid Betancourt est d’autant plus française que son soleil monte vers le zénith. Sur ce sujet, elle a, au demeurant, le sens de l’opportunité. A sa sortie très spectaculaire de l’avion militaire qui la ramène de la jungle épouvantable, elle doit TOUT aux forces armées colombiennes ("une opération parfaite"), au pésident colombien (son pire ennemi politique) et à la Colombie ("mon pays").

A la sortie, moins spectaculaire mais convenablement médiatisée, de l’Airbus spécial qui la dépose à Villacoublay, elle doit TOUT à la France (qui a tout fait pour décourager l’opération militaire parfaite), aux Français ("vous êtes dans mon sang") et à Nicolas Sarkozy ("cet homme extraordinaire (que) je prends dans ma main", et qui ne fait rire personne…)

Que les présidents Uribe et Sarkozy restent cependant modestes. Aussi bien sur le tarmac de Catam que dans les innombrables entretiens qu’elle accorde à la presse (on commence à comprendre comment une personne capable de tenir tête pendant trois jours à une telle faune a pu résister dans la jungle pendant six ans), Ingrid la miraculée précise qu’elle doit TOUT à dieu. Même si le pésident français est disposé à croire qu’on parle encore de lui, il faut bien reconnaître que, sauf dans les micro-sectes, dieu n’a pas de nationalité.

Foin du chauvinisme, Madame Betancourt est citoyenne du monde et enfant de dieu ! Et nous avons pu voir, au nom de cet universalisme de pacotille, un ministre de gauche d’une république laïque, jouer des coudes pour figurer sur la photographie inoubliable d’un double hommage à dieu et à l’armée colombienne, laquelle avait déjà prêté à son otage un très seyant treillis kaki sobrement décoré d’un chapelet.

Elle embrasse tout le monde

En réalité, outre qu’elle nous invite à partager son sang, la christique Ingrid ne ménage pas son corps. Elle embrasse tout le monde, surtout sa maman, les généraux, sa maman, son mari du moment, et puis sa maman, les autres otages libérés, et encore sa maman. A la fin, se reconnaissant elle-même, elle embrasse le crucifix pendu à son chapelet.

Elle n’embrasse pas moins le lendemain. Ses enfants. Ah, les beaux enfants ! Elle s’y reconnaît à nouveau. Sa fille est magnifique évidemment. Et son garçon ! Splendide, malgré ses "chaussures un peu bizarres"… Et sa sœur. Et son mari d’avant. Et bien sûr, sa maman. Et Bernard Kouchner. Bref, elle embrasse la terre entière.

Notez qu’elle embrasse à répétition.  Car elle a déjà embrassé les mêmes à l’intérieur de l’avion sarkozien qui lui livrait sa famille parisienne. Et une journaliste de "France Info", pas excessivement gênée, de déplorer : "On nous a interdit d’entrer dans l’avion où Ingrid a rejoint ses enfants", tout en ajoutant aussitôt "il est bien naturel de respecter l’intimité d’une famille dans des circonstances aussi exceptionnelles". Intimité en mondovision du reste puisque toutes les caméras n’avaient pas été interdites d’accès à l’avion. Embrassades intimes pour journalistes privilégiés. Embrassades publiques l’instant d’après. Il doit bien exister quelque part un livre Guinness du record de baisers.

Une personne ordinaire serait lassée d’embrasser. Pas notre rescapée. A Villacoublay, elle embrasse encore de toutes ses forces N. Sarkozy qui avait pourtant avoué, dans un rare accès de modestie, ne pas la connaître du tout. Et elle embrasse Carla Bruni, mais qui ne rêve d’embrasser Carla Bruni ? Et à l’Hôtel de Ville de Paris, elle nous embrasse tous. Bertrand Delanoë se flatte discrètement : "Nous avons compris que sa liberté, c’était la nôtre". Il comprend tout, ce Bertrand. Toujours le mot ou le geste juste. Déjà lors du vrai tsunami, il avait fait apposer un petit crêpe noir sur les sapins de Noël enluminés aux Champs-Elysées. Quel tact ! Il a une spécialité : l’unanimisme. Et il avait bien compris que la sénatrice pariso-bogotienne était vouée à l’unanimité. Ou presque.

Ségolène fout tout en l'air

Il s’en est quand même trouvé une pour faire la fine bouche. Ségolène Royal, de passage à Montréal, ce qui ne manque pas de cohérence, a suggéré, sans toucher à l’icône Ingrid, à M. Sarkozy de ne pas trop faire le malin puisqu’il n’était absolument pour rien dans ce miracle militaro-divin. Au fond, chacun a bien vu que Ségolène était plutôt agacée par la star libérée. Normal, il n’y a pas de place pour deux Jeanne d’Arc dans un seul pays, surtout si la deuxième est une semi-immigrée. Soyons solidaires d’accord, mais sans excès.

Les réticences de Ségolène Royal étaient tellement choquantes qu’elle en a été rabrouée par Jack Lang qui trouvait là une occasion inespérée de se glisser dans la distribution de la super-production "Ingrid, les fauves et Dieu".

Bref, il est interdit de ne pas se prosterner devant la miraculée avant de la laisser nous relever pour nous embrasser tous. Nous tous et sa maman. Il reste à espérer que les exigences d’une vie familiale aussi télégénique permettent à Ingrid Betancourt de se reposer un peu. Pour notre repos, puisqu’elle nous aime. Quelle se repose, sinon c’est l’overdose.

Nous en étions là de notre réflexion et pensions en avoir, au moins provisoirement, terminé avec Sainte Ingrid puisque, après l’annonce de sa prochaine réception par le Pape en vue de sa très probable béatification, la madone franco-colombienne était admise à l’hôpital du Val-de-Grâce (cela ne s’invente pas, treillis et goupillon, une fois de plus) pour un bilan de santé à l’évidence très nécessaire.

Le samedi 5 juillet, la France entière et Nicolas Sarkozy, ce qui est tout un, étaient soulagés : les examens étaient parfaitement rassurants. Même si cette excellente nouvelle laisse à penser sur la férocité des geôliers FARC et des tarentules qui se rencontrent dans la jungle colombienne, tout le monde respirait : Ingrid allait enfin pouvoir se reposer. Au moins faire une pause.

Elle marche sur l'eau

Nous avions mal compris le sens du verbe re-poser. Il s’agissait de photographie.

Une ou deux petites conférences de presse et un plateau de télévision le samedi soir. Chacun croyait que la star avait fini de se mettre en scène et de jouer son rôle de miraculée. C’était mal la connaître. Nous avons eu en effet un dimanche d’enfer de la candidate au paradis. Elle s’est d’abord laissée filmer par une kyrielle de caméras pour un déjeuner "d’amitié et d’intimité" (d’intimité surtout) avec son ami Dominique de Villepin, avant d’aller, toujours en sa compagnie et toujours dans l’intimité télévisée, se recueillir de son meilleur profil à l’église Saint-Sulpice transformée en l’occurrence en annexe du Palais omnisports de Bercy. Villepin confiait d’ailleurs avec son sens de la formule : "Il n’y a pas de mots". De fait, les mots nous manquent.

Le dimanche, même Dieu s’était reposé. Pas Ingrid. Et les télévisions du soir nous ont appris qu’elle allait se rendre à Lourdes, qu'elle était simultanément pressentie par le président Sarkozy pour recevoir la Légion d’Honneur et co-présider le défilé du 14 juillet, par Michelle Bachelet du Chili pour devenir Prix Nobel de la paix, par le président Uribe pour un grand ministère cumulant les affaires étrangères et les questions humanitaires, et par les responsables de l’opposition colombienne pour prendre la tête d’un front anti-Uribe. Rien que ça.

Entre deux missions planétaires et trois séances de prières, Ingrid ne pourrait-elle pas nous élucider l’affaire du petit Grégory ? Soyons juste. Ce n’est pas Ingrid Betancourt mais Lewis Hamilton qui a gagné le Grand Prix de Silverstone. Soyons optimiste aussi. Nous avons évoqué et redouté le tsunami qui semble l’accompagner. Rien à craindre : aux dernières nouvelles, Ingrid Betancourt marche sur l’eau. (reçu par mail le 7 juillet 2008)

      

--------------------------------------------------

L'article de Claude-Marie Vadrot

Hollywood aura du mal à scénariser la libération de Betancourt. Le gouvernement colombien, avec l'aimable participation des Etats-Unis et d'anciens des services secrets israéliens, s'est déjà chargé de nous offrir un véritable conte de fées, prenant parfois les allures d'une bluette de série B. Les médias prennent leurs lecteurs et leurs téléspectateurs pour des imbéciles en persistant à raconter sans le moindre recul, sauf celui de notre confrère Gilles Perez, et avec des trémolos dans la voix, le succès de "l'opération militaire" réussie par l'armée colombienne.

Ce n'est pas remettre en cause le courage d'Ingrid Betancourt, le plaisir d'apprendre enfin sa libération, ni son extraordinaire volonté de surmonter ses souffrances. Ce n'est pas minimiser le soulagement de ses familles. Mais le gouvernement colombien tente de vendre au monde entier comme un fait d'armes, ce qui n'est qu'une reddition d'un groupe des FARC.

Car ce groupe, il y a un peu plus de trois mois, avait fait savoir aux autorités colombiennes, qui s'en firent officiellement l'écho plus tard, qu'il était prêt à se rendre. Et qu'il était prêt à rendre les otages sous son contrôle, en échange d'une immunité et d'un départ en exil pour la France.

C'est vers la fin du mois de mars, comme le quotidien El Tiempo s'en fit l'écho avec l'interview d'un prêtre, que le groupe chargé de la garde d'Ingrid Betancourt et des trois "militaires américains" (nul ne les a vus d'ailleurs depuis leur libération) a officialisé ses contacts avec le gouvernement colombien. Le marché proposé par quelques chefs fatigués et désorientés était clair : la livraison de la quinzaine d'otages contre de l'argent et l'immunité.

Les différents recoupements effectués auprès de journalistes de Radio Caracol, la radio qui diffuse tous les jours des messages à l'intention des otages, de l'agence de presse Anncol (réputée proche des FARC) et de journalistes colombiens qui ne veulent pas s'attirer les foudres de la présidence de leur pays, permettent de reconstituer l'histoire d'une reddition transformée en opération militaire. Succès militaire qui permet opportunément de renforcer l'image de l'armée et d'un président par ailleurs occupé à faire modifier la constitution pour pouvoir se présenter une troisième fois à la prochaine élection présidentielle.

Dès le mois de mars, de premières indications sur l'opération engagée

Le 25 mai donc, le lendemain de l'annonce de la mort du vieux chef des FARC, Manuel Marulanda, le président Uribe, au cours d'une réunion informelle avec des citoyens, déclara officiellement que le groupe de guérilleros qui gardait Ingrid Betancourt et les trois Américains était prêt à les relâcher en échange de l'immunité et d'une récompense. Pour le président il s'agissait de prévenir les fuites dans la presse sur une opération de "retournement" déjà engagée depuis au moins deux mois.

C'est en effet le 27 mars, au lendemain de la mort du chef des FARC, que El Tiempo, journal proche du gouvernement, publie sa première allusion à cette manœuvre. Il s'agit alors de mettre à profit la lassitude de nombreux guérilleros désorientés par la mort de Raul Reyes. Le vieux chef a été liquidé le samedi 1er mars par un missile frappant son camp situé moins de deux kilomètres à l'intérieur du territoire de l'Equateur.

Dans l'un des trois ordinateurs de Raul Reyes, chargé habituellement de négocier avec divers intermédiaires, avec la Croix-Rouge, avec le président équatorien et Hugo Chavez, les services de renseignements de l'armée colombienne, aidés par leurs conseillers américains, ont rapidement découvert le moyen de contacter le groupe chargé d'Ingrid Betancourt et de localiser la zone où il se cachait. A ce moment, d'ailleurs, un premier mécanisme de libération de la Franco-Colombienne était en cours de réalisation. L'ambassadeur de France en Equateur l'a laissé entendre quelques jours après la mort de Raul Reyes. Paris savait alors que le négociateur des rebelles avait établi un camp provisoire en territoire équatorien. Il était en contact étroit avec la France et les gouvernements équatoriens et vénézuéliens. Le détachement présent sur le territoire équatorien, expressément autorisé par les émissaires du président Rafael Correa, avait pour mission d'organiser le transfert des otages, depuis cette zone frontière.

Surtout, Raul Reyes, responsable de la communication de la guérilla, souhaitait changer d'interlocuteur, les interventions bruyantes du Vénézuélien Hugo Chavez risquant de remettre en cause l'éventuelle libération des membres des FARC emprisonnés en Colombie. C'est en tous les cas ce qu'auraient rapporté aux services spéciaux équatoriens deux membres des FARC, rescapés de l'attaque du camp.

Ces deux membres ont confirmé que des éléments équatoriens armés avaient fourni une aide logistique permettant à la guérilla d'installer un poste de commandement et de communication provisoire. Ces deux rescapés ont depuis été mis en sûreté dans les environs de Quito, la capitale du pays.

La Colombie fait échouer un processus de libération via l'Equateur

Ces deux guérilleros ont décrit la précision de l'attaque qui a détruit ce camp, attaque à laquelle ils ont échappé parce qu'ils s'étaient éloignés de quelques centaines de mètres. Ils ont raconté que cinq bombes ont frappé simultanément la vingtaine d'hommes qui y vivaient depuis quelques jours. Selon plusieurs sources, ces bombes ou missiles n'ont pas été largués par des avions colombiens mais par des appareils américains volant à haute altitude. Ils ont été guidés par le faisceau d'ondes émis par l'un des téléphones satellites utilisés par Raul Reyes.

Ayant réussi à se procurer quelques jours auparavant le numéro de ce téléphone, et en accord avec le gouvernement colombien, les responsables américains ont estimé nécessaire de mettre un terme à la négociation qui était sur le point d'être finalisée. La libération d'Ingrid Betancourt était alors programmée pour le 8 mars, journée internationale de la femme.

L'objectif de cette attaque, toutes les informations et tous les indices l'indiquent, était de remettre en cause la libération d'une otage médiatique. Car, dans ces conditions, cette libération aurait redoré la réputation d'une guérilla en perte de vitesse; elle aurait été portée au crédit de l'Equateur, du Venezuela et de la France. La mort, dans des conditions mal éclaircies, le vendredi 7 mars, d'un autre dirigeant des FARC, Yvan Rios, ne pouvait qu'accentuer la tentation de rupture de tout processus de négociation.

Si ces deux opérations ont été concertées, il est évident qu'elles visaient à affaiblir la fraction des guérilleros désireuse de sortir de l'impasse et de négocier les libérations. Le président Correa de l'Equateur déclara alors publiquement : "Regardez la bassesse d'Alvaro Uribe, il savait qu'en mars douze otages allaient être libérés, parmi eux Ingrid Betancourt. Il le savait et il a utilisé ses contacts pour monter ce traquenard et faire croire au monde qu'il s'agissait de contacts politiques et pour lancer un écran de fumée sur son action injustifiable."

Une négociation directe avec le groupe détenant Ingrid Betancourt

Une autre partie de poker politique pouvait alors être engagée par les Colombiens. Elle consista à prendre contact directement avec le groupe identifié gardant Ingrid Betancourt, et à le convaincre que la reddition était la meilleure des solutions. L'armée se rapprocha d'eux; elle cessa de harceler ce groupe d'une centaine de personnes. Ce qui lui a permis de se procurer plus facilement des médicaments et des provisions, pour les guérilleros et pour les otages. D'où l'apparence de meilleure santé des otages libérés mercredi : ils ont eu le temps de reprendre des forces, même s'ils n'étaient évidemment pas conscients de ce qui se tramait.

Il n'y a eu, en dépit de la version officielle, aucune infiltration des services spéciaux militaires. Simplement, avec l'aide logistique (et notamment le support de drones) américaine, le groupe a été suivi jour après jour pendant que se préparait par radio, et par l'intermédiaire d'un émissaire, le scénario de reddition. Scénario reposant, comme l'a expliqué Ingrid Betancourt, sur une évacuation de sécurité par une ONG imaginaire. De quoi faire admettre, à ceux qui n'étaient pas dans le secret, l'arrivée de plusieurs hélicoptères, puisque les FARC ne disposent pas de ce type de moyens aériens.

Il a évidemment fallu plusieurs semaines pour qu'un maximum de chefs du groupe soient convaincus. La condition de ce groupe des FARC étant d'abord l'impunité promise et l'assurance qu'aucun coup de feu ne serait tiré. Le contrat a été respecté. Vers le 15 juin, le gouvernement colombien a fait demander à la France si l'offre d'accorder l'asile aux rebelles, offre faite tant par Nicolas Sarkozy que par François Fillon, tenait toujours. La réponse ayant été positive, la phase finale de l'opération a été mise en route sans que les rebelles aient à se déplacer, les otages étant à peu près désormais "présentables".

Il ne restait plus, au moment du dénouement, qu'à accréditer l'invraisemblable version d'une opération militaire surprise, résultat d'une opération d'infiltration. La réalité est moins glorieuse pour l'armée colombienne. Mais l'essentiel est la liberté d'Ingrid Betancourt et de ses quatorze compagnons de captivité. (4 juillet 2008)

L'article de Claude-Marie Vadrot (4 juillet 2008)

http://www.mediapart.fr/journal/france/040708/liberation-d-ingrid-betancourt-ce-que-ne-dit-pas-la-version-officielle 

Un autre article par Thomas Cantaloube (22 avril 2008)

http://www.mediapart.fr/journal/france/220408/affaire-betancourt-six-ans-de-non-dits-d-echecs-et-de-manipulations

14 juillet 2008

Le 14-Juillet, toute une histoire

Le sans-culotte

sculotteLe "sans-culotte" est reconnaissable à sa tenue : il porte un pantalon long, en bure rayée, ce qui le différencie de l'aristocrate exécré arborant culotte courte et bas de soie. Il est chaussé de sabots, parfois remplis de paille. Coiffé du bonnet phrygien rouge (rappelant l'affranchissement des esclaves) avec cocarde tricolore, il tient en main, dans les occasions importantes, la fameuse pique, emblème du militant. Après 1792, on le voit, à l'imitation des volontaires marseillais, endosser la carmagnole, veste courte à gros boutons. Les carmagnoles loqueteuses deviendront une marque de patriotisme révolutionnaire.

Les sans-culottes répandent vite les usages démocratiques : ils se tutoient et s'appellent "citoyens". Renonçant aux vieux patronymes de leur baptême, ils ont adopté des noms glorieux de l'Antiquité : Brutus, Gracchus ou Mucius Scaevola. Ils gardent un culte pour Marat, assassiné par la "garce du Calvados". Le Père Duchesne, connu pour la verdeur de son style et la violence de ses propos, est leur feuille de prédilection. Pour eux, la délation est un devoir, la Terreur un moyen légitime de défense, et ils vénèrent la sainte guillotine.

         

bastille1

      

La prise de la Bastille

Dès le début de la Révolution, ces bons patriotes jouent un rôle décisif en assurant la victoire du peuple sur la tyrannie : ce sont eux qui ont permis la prise de la Bastille, la chute des Tuileries, l'élimination des Girondins. A partir de 1792, ils s'imposent dans les sections de Paris, les tièdes s'éliminant d'eux-mêmes. Dans les assemblées, comités de surveillance ou sociétés populaires, ils sont au premier rang pour punir les aristocrates et les traîtres.

La sans-culotterie parisienne est composée d'éléments divers, petits commerçants, employés, ouvriers, artisans, mais un même idéal démocratique anime les militants. Ils poussent la passion politique jusqu'au fanatisme et voudraient imposer leurs vues à la Convention, à laquelle ils envoient pétition sur pétition. Ils affirment d'abord le caractère inaliénable de la souveraineté populaire. Férus d'égalité, ils s'insurgent contre les riches, inutiles et fainéants : leur vœu n'est d'ailleurs pas la suppression mais la limitation de la propriété.

Au printemps 1793, alors que sévit la disette, ils proposent des mesures radicales : taxation des prix, réglementation du commerce, lutte contre les accapareurs. Ils réclament en même temps le droit à la subsistance, à l'instruction. Devant ces exigences, la Montagne est divisée et montre des réticences : le gouvernement révolutionnaire aura d'ailleurs d'autres tâches que de satisfaire toutes ces aspirations. Après Thermidor, le rôle politique des sans-culottes semble terminé.

La Marseillaise

republique_triomphante1880

La République triomphante préside à la grande fête nationale du 14 juillet 1880

qui voit l'inauguration de la statue de la République

La Marseillaise devient l'hymne national le 14 juillet 1795. Le décret du 26 messidor an III proposé par le député Debray déclare "La Marseillaise" hymne national français. D'abord appelé "Chant de guerre pour l'armée du Rhin", la chanson é été écrite dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 par Rouget de Lisle, officier du génie en poste à Strasbourg. Interdite durant le premier et le second empires, elle sera définitivement proclamée "hymne national" en 1879, sous la IIIème République. Sur proposition du député de la Seine, Benjamin Raspail, la loi du 6 juillet 1880 instaure le 14 juillet "Fête nationale de la République".

Le drapeau français

drapeau_deux_tonsdrapeau_francaisdrapeau_marin

Drapeau deux tons (l'officiel est bleu sombre et rouge foncé)

Drapeau normal (trois bandes égales)

Drapeau marin (trois bandes inégales)

Le drapeau de la France, ou drapeau tricolore bleu, blanc, rouge, est l'emblême de la France conformément à l'article 2 de la Constitution française de 1958. Ce drapeau de proportions 2x3 est fait de trois bandes verticales d'égale largeur. Il date  de 1794, dessiné par Jacques Louis David (1748-1825) sur l'ordre de la Convention, mais ses origines sont un peu plus anciennes et remontent au temps où Louis XVI (1754-1793) unit les trois couleurs en associant au blanc des Bourbons, le bleu et le rouge de la ville de Paris. Le drapeau flotte depuis 1794 à l'exception des périodes de 1814-1815 et 1815-1830. Ce sont, sans doute, la simplicité du dessin et l'harmonie des trois couleurs qui ont inspiré tant de drapeaux dans le monde.

Si, actuellement, le drapeau doit être 50% plus long que haut et les trois bandes de largeur égale, il est à noter que les drapeaux de cérémonie sont carrés et que les trois bandes sont égales. Les pavillons de marine ont aussi la proportion des 2x3, mais les bandes de couleur ont une taille respective de 30%, 33% et 37% afin de créer un effet d'optique d'égalité des bandes sous le vent du large.

On remarque parfois, à la télévision, que la bande blanche du drapeau placée derrière un locuteur est nettement plus étroite que les bandes colorées (pendant les allocutions du président de la République par exemple). Cela est fait pour compenser un cadrage resserré qui ne laisserait autrement voir que du blanc à l'écran.

7 juillet 2008

Logement : Pays d'Aix Habitat, toujours aussi Opac…

En 2003, un premier rapport de la MIILOS (Mission interministérielle d’inspection du logement social) avait sévèrement épinglé l'OPAC Pays d'Aix Habitat présidé par Maryse Joissains. Il avait fallu insister longtemps pour en avoir la copie intégrale. Elle nous fut remise mais des noms de personnes ayant étrangement obtenu des logements étaient couverts d'encre pour les rendre illisibles.

Nous savions que la MIILOS avait entrepris un second rapport pour faire le point sur le suivi des corrections et les évolutions de l'office. Je me souviens d'avoir personnellement réclamé la communication de cet audit courant 2007 au conseil municipal au moment du vote compte administratif. Les élections approchant, il n'y eut pas de réponse. On comprend pourquoi.

Mais ledit rapport existe bien et n'a pas encore été communiqué aux élus et encore moins mis sur la place publique. Pour sûr, il y a quelque chose à cacher. Serait-ce de nouveau à cause d'une question de noms d'élus ou de proches qui auraient bénéficié de privilèges ? Y aurait-il enfin des révélations sur le rocambolesque cambriolage au nouveau siège de l'office de deux ordinateurs contenant des informations confidentielles sur les listes d'attributions de logements dont les rapports ont dit qu'elles se faisaient sur pressions d'élus ou de fonctionnaires ?

Le mystère reste presque entier. Pour essayer de percer le secret, un article du Ravi publié vendredi appporte un nouvel éclairage, avec de surprenantes réactions du directeur de l'office et des élus.

Enquête à lecture modérée

miilos_ravi_54

(Clic sur l'image pour agrandir)

Dessin de Moix dans le Ravi

L’office HLM d'Aix est une fois de plus épinglé par la Miilos (Mission interministérielle d’inspection du logement social). Mais personne n’en parle. Pas même les élus d’opposition ! Le Ravi s’est toutefois procuré une copie du rapport très "confidentiel".

Le voile est levé ! Depuis le contrôle que la Mission interministérielle d’inspection du logement social (Miilos) a effectué à "Pays d’Aix Habitat" entre janvier et août 2007, le rapport tardait à sortir. Election oblige. Il est finalement paru devant le conseil d’administration de l’office public d’habitat (OPH) le 30 mai dernier. Attention ! Le document n’a pas pour autant été distribué durant la réunion. "Il est consultable sur place", assure Dominique Bindler, directeur général de l’organisme. De quoi susciter les suspicions. D’autant qu’en décembre 2003, la Miilos avait publié un audit de ce type qui avait, quant à lui, défrayé la chronique…

A l’époque, les enquêteurs dénonçaient de multiples "dysfonctionnements" : des attributions de logement anormales, comme l’octroi d’un appartement à une adjointe au maire d’Aix également administratrice de l’OPH, la succession de quatre directeurs généraux entre janvier 2001 et mai 2003, le fort absentéisme des agents, des appartements de fonction accordés abusivement et à des prix défiant toute concurrence (de 10,98€ à 16,77€), un suivi défaillant des entreprises prestataires de services, une régularisation tardive des charges locatives… La liste n’est pas exhaustive.

Depuis ces années sombres, l’OPH s’est-il amélioré ? Suspense! "Monsieur Bindler ne m’a pas autorisé à vous montrer le rapport", objecte l’un des cadres de l’office, en possession du précieux document. Il faudra donc se contenter du compte-rendu laconique lâché par le directeur en personne. "C’est plutôt positif comparativement à l’ancien rapport", annonce-t-il sans bredouiller. Et sa subalterne de renchérir : "Nous n’avons aucune amende à payer." Interrogé, le vice-président de l’office, Jean Chorro, également premier adjoint de la ville d’Aix, résume à son tour le document : "Il y a quelques observations mais rien de dramatique… Nos loyers sont trop bas et notre masse salariale trop importante. Mais nous en avions besoin pour boucler le chantier du centre social de la Zup."

Pas mieux !

Vérité ou interprétation ? Réponse dans la copie que le Ravi, "le mensuel régional qui ne baisse jamais les bras", est finalement parvenu à se procurer. Si la conclusion note des efforts pour "réorganiser les services", elle ne décerne pas pour autant la palme d’honneur à Pays d’Aix Habitat. Bien au contraire. Elle relève certes deux points forts (contre un seul en 2003), mais douze points faibles et quatre "anomalies ou irrégularités particulières" (contre cinq et trois auparavant).

Parmi ses vingt-cinq observations, la Miilos reconnaît quelques progrès. Par exemple, le cas des vingt-et-un agents ayant "bénéficié de logements appartenant à l’office moyennant des loyers bas et sans versement de dépôt" est, selon la mission interministérielle, "soit réglé, soit en cours de règlement".

La Miilos constate cependant que d’autres "incohérences" persistent. Suite à une "vague importante de recrutements" en 2006 et 2007, elle déplore ainsi une moyenne de 29,8 agents pour mille logements alors que la médiane nationale se situe à 21,9 (soit 36% de plus). Le "sureffectif" s’avère criant dans le nettoyage et dans les espaces verts avec quatorze salariés pour mille logements contre 2,2 sur la médiane nationale ! "Or, cela n’apparaît pas pour autant comme un gage de qualité du service rendu aux locataires", remarque la Miilos. Quant à l’absentéisme, il demeure élevé avec un niveau de "33,3 jours ouvrés par agent soit plus de 15% de la durée théorique de travail".

Autres carences : les impayés, le fonctionnement de la commission d’attribution, la maintenance du parc, le suivi des entreprises prestataires, le remisage à domicile des véhicules de service par certains agents, une trésorerie en chute ou encore un retard dans le "diagnostic amiante" du patrimoine… Enfin, la régularisation des charges reste encore trop tardive : "Pour l’année 2005, elle n’est intervenue qu’en octobre 2006. De plus, cette même année, 190.304 euros de charges de chauffage ont été facturés à tort à 1354 locataires mais remboursés le mois suivant". De quoi intéresser l’opposition municipale ? Faux. C’est même l’amnésie généralisée.

Silence radio parmi les élus de gauche. Ni Alexandre Medvedowsky, président de l’OPAC sous l’ère Picheral (ancien maire d’Aix) ni Nathalie Leconte, actuelle administratrice, n’ont répondu à nos sollicitations. Quant au Modem François-Xavier De Peretti, il ne semble pas davantage s’en préoccuper : "Je n'ai pas le rapport, il n'a pas été communiqué aux élus. C'est vous qui m'apprenez qu'il aurait été rendu."

Pourtant, durant la campagne, tout ce monde se souciait des HLM. Le PS diffusait des tracts de huit pages pour mettre un "carton rouge à Maryse Joissains pour sa politique de logement" et concluait : "La Miilos procède actuellement à une nouvelle inspection de Pays d’Aix Habitat. Cette fois-ci encore, Mme Joissains tentera sûrement de reporter les fautes de gestion sur ses prédécesseurs." François-Xavier De Peretti souhaitait, quant à lui, "mettre un terme à la crise qui mine Pays d'Aix Habitat, l'office public d'HLM de la Ville".

Au bout du compte : blackout total ! Mieux : personne n’ose ou ne prend le temps de jeter un œil à l’enquête (nos multiples appels téléphoniques auprès d’élus de tous bords auront peut-être modifié la donne entre le temps de la rédaction de cet article et sa parution…). D’après le cadre "chargé de montrer le rapport", jusqu’au 20 juin dernier "une seule personne était venue consulter ce document. Et ce n’était n’est pas un élu". Allez ! Chut ! L’info risquerait de s’ébruiter… (Journaliste : Adèle Monlairjih)

Le site officiel de la MIILOS :

www.logement.gouv.fr/article.php3?id_article=5616

4 juillet 2008

"Spécial Aix": Le point de vue du Point

Le_Point_Aix_19

Dans son numéro du jeudi 19 juin 2008, le magazine Le Point a publié un bon dossier "Spécial Aix" de 20 pages. Voici l'article politique signé par Thierry Noir et Olmer-Jourdan Roulot. L'analyse est intéressante.

   

Réélue à la mairie d'Aix et à la présidence de la CPA, Maryse Joissains compte bien étendre encore son influence. En coulisse, ses rivaux et ses opposants préparent la riposte. Etat des lieux avant les grandes manœuvres des sénatoriales.

    

Ce n'était pas joué d'avance. Même ses amis doutaient, en mars. Mais "Maryse" a gagné les élections municipales et la présidence de la communauté du pays d'Aix (CPA). Or, dans le même temps, si le patron de la droite provençale, Jean-Claude Gaudin, a conservé la mairie de Marseille, le candi­dat pressenti pour lui succéder à la com­munauté urbaine Marseille Provence ­Métropole, Renaud Muselier, a échoué face au socialiste Eugène Caselli. Le rap­port de forces sur l'échiquier politique de la droite des Bouches-du-Rhône s'en trouve légèrement modifié.

Forte de ses succès, et de la défaite relative de l'UMP à Marseille, Maryse Joissains a les coudées plus franches pour défendre, aux sénatoriales de septembre, la candidature de sa fille Sophie, en posi­tion éligible sur la liste UMP. Une idée qui n'a pas été bien accueillie à Marseille. Mais les instances départementales de l'UMP n'ont pas pour l'instant d'arguments de poids pour contrer cette perspective.

"La première place de la liste ne se discute pas, elle revient à Jean-Claude Gaudin, expli­que Maryse Joissains. La loi impose une femme en deuxième position et la logique politique veut que ce soit une personna­lité d'Aix, deuxième ville du département, qui désigne un nombre important de ces grands électeurs qui votent aux sénatoria­les." Dès lors, qui, selon elle, correspond le mieux à ce portrait-robot ? "Sophie a les diplômes pour, une grande expérience professionnelle et l'envie de servir ses concitoyens. Elle est adjointe au maire chargée de la politique de la ville, elle a été élue il la vice-présidence de la commu­nauté d'agglomération avec le maximum de voix", plaide la maire d'Aix.

Favoritisme

Accusée de népotisme, l'ancienne avocate balaie d'un revers de main cette charge : "Je soutiens la can­didature de Sophie. Mais il lui reviendra de faire campagne pour être élue. Dit-on de la députée PS Sylvie Andrieux, dont le père fut sénateur, qu'elle travaille mal ? Et quid du socialiste Christophe Masse, qui fut député comme son père et son grand­-père ? Quand il s'est lancé en politique, Bruno Genzana n'a-t-il pas été adoubé par Jean-Claude Gaudin ?" Ce dernier exemple n'est pas pris au hasard.

Elu avec Maryse Joissains en 2001, Genzana, son suppléant à la députation, devait prendre sa place à l'Assemblée nationale, madame la maire allant initialement rejoindre le Sénat. Mais voilà, un an avant les municipales, l'ancien adjoint au tourisme aidé par Stéphane Salord, un autre adjoint de Joissains, a voulu instaurer un rapport de forces ana­lysé par la maire comme une trahison. La rupture qui s'est ensuivie a bouleversé le plan sénatorial de la maire.

Guérilla

Depuis, la bataille continue… Même si, en octobre 2007, Bruno Genzana est devenu salarié du groupe Hersant Média, propriétaire notamment de La Provence. "Je collabore à mi-temps comme conseiller pour la stratégie commerciale", précise-t-il. Pas question pour autant de quitter la scène politique. Il est conseiller municipal d'opposition et président d'Agir pour le 13, un groupe de quatre élus au conseil général, et il entend bien le rester. Néanmoins, Genzana se défend de vou­loir instaurer une guérilla permanente. Ce qui ne l'a pas empêché de réactiver les "Ateliers de l'avenir", machine de guerre qu'il avait lancée en 2006 dans l'optique de la bataille des municipales.

De son côté, Stéphane Salord dit n'avoir renoncé à rien. Désormais directeur général de la société aixoise Mona Lisa, il court les vernissages et les mani­festations. Occupant le terrain "pour garder le contact", Stéphane Salord vient de réunir ses troupes pour préparer les échéances futures. "Je serai candidat aux cantonales de mars 2010", annonce-t-il déjà. Toujours membre du conseil poli­tique national du parti du président, il garde la main sur la section sud de l'UMP - l'autre section étant favorable à la famille Joissains.

Salord prévoit d'ailleurs de solli­citer l'investiture de l'UMP, même s'il anti­cipe un échec, persuadé que l'entourage de Maryse Joissains fera tout pour lui bar­rer la route. "Je me sens assez fort pour aller à l'élection seul", explique Salord. Il prendra aussi bientôt ses fonctions de consul général des Comores pour la région Paca. Un activisme qui force l'ad­miration de ses amis. "Il est incroyable", s'amuse le MoDem François-Xavier de Peretti, candidat malheureux aux munici­pales, qui continue le combat. Au sein du MoDem, Peretti vient d'intégrer la com­mission nationale chargée du contrôle des adhésions et des arbitrages dans les fédérations. Sur le plan départemental, il sera candidat pour conduire la nou­velle présidence collégiale du mouve­ment démocrate, qui doit être installée en septembre. Dans son viseur, pour les prochains mois, la préparation des élec­tions européennes et régionales.

Mais c'est Salord qui trace déjà les lignes de la "reconquête". "Avec Bruno Genzana et François-Xavier de Peretti, on ne lâchera rien." Peretti, lui, estime que la campagne municipale a été porteuse d'espoirs pour l'avenir. D'autant que, s'il entrevoit un climat "apaisé" au conseil municipal, "pour la première fois depuis sept ans", il voit dans la vice-présidence de la CPA accordée par Maryse Joissains au socialiste Jacques Agopian le signe d'une collusion. "C'est se vendre pour un plat de lentilles, commente Salord. Aujourd'hui, nous sommes la véritable opposition."

Fédérer l'opposition

Reste que la place d'opposant est déjà occupée. Alexandre Medvedowsky n'est-il pas arrivé, avec 43% des suffrages (700 voix d'écart), derrière Maryse Joissains au second tour des municipales de mars ? D'entrée, le conseiller d'Etat relativise la portée poli­tique de "l'ouverture" de la présidente de la CPA. "Tous les maires socialistes de l'agglo sont déjà, de droit, vice-prési­dents. Seule l'opposition aixoise n'était pas représentée au bureau de la CPA et n'avait donc pas les infos. Celle injustice est réparée", explique Medvedowsky. Ce dernier continue de préparer l'alternance "en rassemblant les citoyens aixois qui se sont reconnus dans notre liste, les socia­listes, les communistes et tous ceux qui veulent autre chose".

Concernant Michel Pezet, qui avait mené une liste dissidente au premier tour, nettement devancée par la liste officielle du PS, Medvedowsky est sur la réserve. "Il a été le facteur essentiel de notre défaite, mais je ne veux pas en dire plus. La page est tournée et je regarde vers l'avenir", observe-t-il. ll aurait pu se maintenir au second tour, mais le célèbre avocat socialiste avait préféré se retirer, appelant à voter Medvedowsky. "Nous avons innové, analyse Michel Pezet. Notre liste, "Aix à venir", a donné naissance à une association, "Aix citoyenne", présidée par Roselyne Arnaud." Pezet, qui va s'impli­quer pour Bertrand Delanoë dans la cam­pagne interne du PS, ne sait pas de quoi son avenir politique sera fait. "On verra bien, dit-il. Je ne m'interdis rien."

Loin de ces états d'âme, Maryse Joissains, elle, s'autorise à rêver pour Aix. Elle veut rénover le centre-ville pour aller vers une piétonisation partielle, mais aussi lancer des concours d'archi­tectes-urbanistes pour améliorer les rela­tions entre le centre-ville et les quartiers périphériques. Côté loisirs, la maire sou­haite également faire appel au secteur privé pour installer un grand complexe ludique et sportif aux Trois-Pigeons et engager des discussions avec le conseil régional afin de financer un centre consa­cré aux musiques actuelles dans l'ancien stadium de Vitrolles. "Il nous faut changer de logique territoriale et discuter encore plus avec les collectivités qui nous entou­rent et avec les pays de la rive sud de la Méditerranée", martèle-t-elle.

Reste qu'une méchante rumeur affirme qu'elle laisserait son poste de maire en cours de mandat à sa fille Sophie. "Il n'en est pas question, jure-t-elle. Je reste maire d'Aix. Rien ne dit que je ne serai pas can­didate à ma succession en 2014." Voilà qui est dit.

30 juin 2008

Université, LGV, Plan de Campagne, quels enjeux ?

plan_aix_marseille

Jamais plus concrètement que depuis les élections de mars, nous n'avons autant pu mesurer que les choix politiques concernant notre région nécessitent des ententes globales. Des débats, pour certains entamés il y a assez longtemps, sont devenus saillants et occupent tout l'espace dans les réflexions des élus et des médias. La plupart ont fait et font encore polémique. Les forces en présence et les divergences d'intérêt des collectivités pimentent les procédures.

Il en est ainsi par exemple des trois dossiers suivants :

Ÿ Le devenir des universités

Les rivalités plus ou moins réelles entre les établissements d'Aix et de Marseille ont longtemps retardé la recherche d'une mise en commun des moyens et l'élaboration d'un projet destiné à doter les universités de l'aire métropolitaine aixo-marseillaise d'une visibilité renforcée et de performances plus qualitatives.

Au cours de ces dernières années, des transferts importants d'unités universitaires se sont opérés surtout au profit de Marseille qui n'a pas fait d'efforts pour adapter ses conditions d'accueil. C'est là l'une des raisons qui n'ont pas permis au projet Campus d'être validé au premier tour par le ministère de l'enseignement supérieur. Il faudra attendre ce 11 juillet pour savoir si Aix et Marseille ont été retenues. Si ce n'était pas le cas, ce serait dramatique.

A signaler que Marseille ne serait pas la seule à en porter la responsabilité. Car Aix n'est pas en reste dans les difficultés rencontrées pour faire aboutir la démarche : le logement étudiant, pour ne citer que cela, est loin de répondre aux énormes besoins. Et entre les deux villes, le lourd problème des déplacements complique la tâche.

Ÿ Le projet de ligne à grande vitesse

La controverse sur le futur tracé Sud-Est de la LGV polarise toutes les attentions et escamote le débat sur les réponses toujours retardées face au manque criant de transports de proximité, véritable enjeu de la mobilité entre Aix et Marseille.

Depuis plus de deux ans, deux hypothèses se sont affrontées : celle d'un passage du tracé Paris-Nice par Marseille et celle d'un passage par Aix. Or, un consensus semblait s'être dégagé pour la première solution qui permettait de ne pas écarter Marseille de la desserte et d'éviter un passage désastreux pour l'environnement par un tracé au Nord d'Aix via le Val de Durance. Les collectivités s'étaient rangées à ce choix.

Or, voilà que le préfet dit sa préférence pour la version courte, en contradiction avec tout le monde. Et que Jean-Claude Gaudin, qui avait défendu un passage par sa ville, lui emboîte le pas en prenant lui aussi l'exact contrepied des préférences de tous les partenaires avec lesquels il avait travaillé. Il va falloir que l'un et l'autre s'expliquent.

Certes, le projet via la gare de Marseille revient plus cher, mais l'environnement et l'agriculture de l'arrière pays aixois et varois ne valent pas moins.

Ÿ Le conflit sur la fermeture dominicale de Plan de Campagne

Marseille et sa Communauté urbaine, lourdement endettées, n'ont jamais vraiment pu digérer le fait que la taxe professionnelle conséquente de la zone bénéficie à la Communauté du Pays d'Aix.

La bataille pour la fermeture dominicale des grandes enseignes a été soutenue par les commerçants marseillais qui estimaient que la concurrence était déloyale. La CPA s'est positionnée pour une ouverture et on comprend pourquoi.

La aussi, il est aisé de remarquer que les arrière-pensées ne sont pas absentes des calculs réciproques des deux entités. Le conflit semble se cristalliser entre elles sans que jamais on n'élargisse le champ de vision pour s'intéresser, par exemple, aux zones commerciales d'Aubagne et de Vitrolles qui n'ouvrent pas le dimanche.

Comme si les positions n'étaient pas déjà assez nébuleuses, les uns et les autres font feu de tout bois, y compris en se déclarant prêts à sacrifier le respect du code du travail.

Pour couronner le tout, la bataille des sénatoriales de septembre va sans nul doute amener les différents candidats à faire de la surenchère en instrumentalisant un peu plus ces dossiers d'intérêt général pour tenter d'en tirer des profits politiques personnels.

7 janvier 2008

"Le Ravi" de janvier tire... les maires

une_ravi_48

(Clic sur les images pour agrandir)

une_ravi_48_page

Voici le tout début de l'édito du n° 48 du mensuel satirique "Le Ravi". Je ne vous dis que ça. Le reste, il faudra le lire en l'achetant (2,80€) en kiosque.

    "Mettre le paquet. Les 786 maires de Provence-Alpes-Côte d’Azur, et les milliers de challengers pressés de les pousser dans les orties pour s’emparer de leur écharpe tricolore, vont devoir mettre le paquet pour prouver qu’ils ne manquent pas de souffle. Dans moins de trois mois, les jeux seront faits pour les six années à venir. Même si la multiplication des intercommunalités a dilué de fait le pouvoir des premiers magistrats, ils continuent d’incarner la gouvernance locale. Monsieur le maire reste une figure populaire. Nos notables le savent bien qui jouent volontiers sur la carte de la proximité pour se faire élire. Quitte à ce que le contenu réel de leur projet politique soit parfois aussi fin que du papier à cigarette."

10 janvier 2008

Plan banlieues : Fadela Amara en… plan

racailles

Le 4 janvier, j'écrivais ici même que le plan banlieues de Fadela Amara était mal barré. Euh... comment dire... c'est encore plus grave qu'on ne pouvait l'imaginer. Alors que la présentation des grandes lignes devait avoir lieu le 22 janvier, Nicolas Sarkozy a annoncé son report à février, sans même en donner les raisons. Sa secrétaire d'Etat l'a appris lors de la conférence du président. Elle n'a rien vu venir. Cela faisant, il la laisse en plan, si j'ose le jeu de mots.

Initialement, le plan devait être dévoilé courant décembre, puis dans quinze jours. Les reports successifs du plan banlieues, vendu comme un acte fondateur, une rupture avec le passé, dénotent probablement une fébrilité dans le projet lui-même et son élaboration.

Quand on sait que le rapport de Nicolas Sarkozy avec les grandes cités est électrique et générateur de tensions extrêmes, on ne peut que s'étonner de cet énième retournement. Nul n'ignore que la banlieue est malade : chômage, ségrégation, discriminations, violences, manque de logements...

D'accord, le coût d'un plan efficace est sans doute élevé. Certes, l'Etat est en faillite. Mais on a vu le gouvernement faire de gros cadeaux à ceux qui n'en avaient pas vraiment besoin ! Des choix sociaux auraient pu être plus porteurs.

Je crains que les banlieues n'aient à se partager les miettes. Si cela devait être le cas, on verrait alors, une fois de plus, Sarkozy faire de la sécurité pour se donner le beau rôle. La matraque risque fort de lui revenir en pleine figure.

Lire aussi mon article du vendredi 4 janvier, ci-dessous.

24 juin 2008

Etonnant, non ? On dirait du Desproges...

desproges

Pierre Desproges n'aurait pas dit mieux, lui qui cinglait la bêtise par l'absurde. Les exemples ne manquent pas pour prolonger ses paradoxes. Il n'y a qu'à puiser, pêle-mêle, dans l'actualité.

Comment expliquer :

Ÿ que le préfet de notre région ne respecte pas la loi pour la fermeture dominicale de Plan de Campagne, qu'il se fasse renvoyer dans les cordes par le tribunal administratif et qu'il critique la décision des juges ? De quel droit ce monsieur se permet-il de déroger à la neutralité de sa fonction et de donner des ordres aux élus ?

Ÿ que l'Insee, dont le métier est a priori de produire des statistiques fiables, soit mis en cause par la propagande du gouvernement quand les chiffres le dérangent ? Les Français seraient-ils stupides à ce point de ne pas faire le même constat que l'Insee sur la croissance en recul, l'inflation en hausse et le pouvoir d'achat en baisse ?

Ÿ que l'entrée de la Turquie dans l'Europe fasse politiquement débat alors qu'elle est admise à participer à l'Euro de foot et même à l'Eurovision de la chanson ? Ce qui serait cocasse, c'est qu'elle parvienne en finale face à la Russie qui, jusqu'à preuve du contraire, ne fait pas non plus partie de l'Union mais reste en lice en foot et a gagné le concours de la chanson !

Ÿ que des événements sportifs, comme l'Euro ou la Coupe du monde et les Jeux olympiques, censés être des fêtes pacifiques, nécessitent la mobilisation de milliers de policiers anti-émeutes ? La presse a révélé que la France a envoyé 1.500 agents en Suisse et a donc déboursé de l'argent lors des prestations de notre équipe.

On aimerait bien comprendre !

21 juin 2008

La presse est pour le cumul des... mandales

Darcos : Fraude ton bac d'abord !

dordogne_libre_darcos

(Clic sur l'image pour agrandir)

Dans l'édition du 27 mai 2008 de La Dordogne Libre

Joli scoop rétro de La Dordogne Libre du 27 mai 2008. Dans sa chronique "Il y a 25 ans", le quotidien rappelle un fait cocasse (si l'on peut dire) concernant le ministre de l'Education nationale. Xavier Darcos nous avait fait des cachotteries sur sa façon de faire bachoter ses anciens élèves en 1982. On comprend mieux l'épisode récent où l'on vu incapable d'opérer une simple règle de trois devant un tableau…

La vidéo sur le passé antérieur :

http://www.dailymotion.com/video/x540ni_darcos-et-la-regle-de-trois_news 

La vidéo sur la règle de trois :

http://www.dailymotion.com/video/x5918i_la-regle-de-trois-monsieur-darcos_news

Tous les détails sur l'affaire Darcos :

http://www.lesmotsontunsens.com/xavier-darcos-inculpe-inculpation-pour-fraude-fuites-au-bac-baccalaureat-en-1982

Bronzage gratis dans Le Canard...

Canard_18_juin_08_WEB

(Clic sur l'image pour agrandir)

Le Canard Enchaîné du 18 juin 2008

21 juin 2008

Badinter se fâche contre le cumul des mandats

badinter_congresBeau coup de gueule de Robert Badinter ! C'était hier au Sénat, lors de la défense d'un amendement proposé par la gauche dans le cadre de la discussion du projet de loi constitutionnelle sur la réforme des institutions. Dans son style inimitable, il a pourfendu le cumul des mandats et notamment pour les membres du gouvernement. L'échange a été vif avec certains sénateurs de la majorité qui ponctuaient chacune de ses phrases pour tenter de l'interrompre. Il a alors élevé la voix… Mais ce qui était prévu est quand même arrivé, la droite, pas masochiste, a repoussé l'amendement.

"Quand on est ministre de la République, ce qui est un grand honneur, les citoyens considèrent avec raison que l'on doit tout son temps au Gouvernement de la France et que l'on ne peut pas se consacrer, en même temps, à une fraction du territoire national. Le cumul est un mal français. Admettre qu'un ministre en exercice, qui devrait s'employer sans discontinuer, surtout en un temps où l'Europe se construit, à remplir ses fonctions, consacre une partie de son temps à gérer une collectivité locale, c'est leur jeter le gant à la face.

Voulez-vous que je vous dise ce qu'ils pensent ? Que la seule chose qui intéresse ceux qui occupent des responsabilités nationales, c'est leur carrière, qui se joue sur le terrain ! Ce n'est pas sans raison que tous les comités ont préconisé l'interdiction. Je le répète, c'est un défi que vous lancez aux citoyens ! Ils considèrent qu'un ministre doit s'atteler à sa tâche matin, midi et soir ! Ils ne croient pas au surhomme ! Jamais je n'ai cumulé les fonctions ! Écoutez bien le nom que donnent les Français à ceux qui se livrent à cette double activité : des cumulards ! Je vous les laisse !"

L'ensemble du débat d'hier au Sénat :

http://www.senat.fr/cra/s20080620/s20080620_2.html#par_20

Publicité
Publicité
Suivre sur Twitter
Publicité