Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
Publicité
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Derniers commentaires
Archives
6 novembre 2007

Mon blog a un an et il va continuer à mettre le feu

premier_anniversaire

Ça y est ! Aujourd'hui, c'est le 6 novembre. J'ai un an. Et je marche depuis ma naissance. Je vais partout. Je touche à tout. J'ai la langue bien pendue. Je n'arrête pas de parler. J'écris beaucoup. Et mon bon papa élu est très content.

Parfois, il dit que j'en fais trop. La bonne blague ! Mais, c'est quoi en faire trop ? Moi, je trouve que c'est peu. Il y a tant de choses à raconter.

C'est lui qui m'a tout appris. Comme il est gentil, il ne me gronde pas souvent. Mais, je vois bien qu'il ne me lâche jamais de l'œil. Vous ne savez peut-être pas mais il se prend pour une vigie. En fait, c'est sans doute lui qui a raison. Il y a tellement d'adultes qui font des bêtises dans notre ville.

Au fond, s'il me laisse faire ce que je veux c'est parce qu'il pense comme moi. Il est même convaincu qu'il y a plein de gens qui pensent comme lui. C'est pour ça que, depuis un an, il y a de plus en plus de monde qui vient me voir.

Il paraît que j'ai quelques cousins qui écrivent aussi dans la région. Mais, mon papa ne leur en veut pas. Et, d'ailleurs, il ne les empêche pas de me rendre visite pour prendre de mes nouvelles.

Il paraît qu'on va bientôt créer un prix Nobel du blog. Mon papa espère bien que je serai le premier à l'avoir. Il m'a quand même prévenu : si je ne l'ai pas, il va falloir que je travaille encore un an. Bon, j'ai compris, dès demain, je m'y remets… si vous êtes là, bien sûr !

                                     

blog_un_an

                         

feu_artifice

Publicité
5 novembre 2007

Joissains, la politique du baratin

joissains__baratin

Quand j'étais petit, j'aimais aller au marché. J'étais époustouflé par le talent de certains vendeurs qu'on repérait de loin grâce à leurs boniments lancés au ciel pour attirer les clients censés faire de bonnes affaires. L'offre était bien sûr forcément "exceptionnelle", "unique", "profitez, il n'y en aura pas pour tout le monde", mais se répétait mécaniquement... toutes les quinze minutes.

Dans le lot, il y avait toujours un roi du baratin capable de vous vendre tout ce dont vous n'aviez pas besoin.  Je me souviens surtout d'un fameux camelot – un vrai numéro de cabaret en plein jour – qui arrivait à fourguer, par camionnette entière, dix paires de draps ou cent mouchoirs au prix d'un – "touchez-moi ça si c'est pas de la qualité !" – et, sourire espiègle doublé de clins d'œil rigolards, parvenait à ruiner le porte-monnaie de l'acheteur qui n'y voyait goutte.

Voilà à quoi me fait penser la politique de Maryse Joissains. Car, depuis 2001, à sa manière, elle n'a cessé de jouer à la reine du baratin. Six ans durant, elle a multiplié les belles annonces sur le logement, le social ou le cadre de vie.

Bilan : quand on se promène dans certains quartiers, on découvre vite que ses fausses promesses ont viré au vrai marché de dupes.

Consolation : si beaucoup d'Aixois sont dans de beaux draps, il leur reste, soyons bon public, plein de mouchoirs pour sécher leurs larmes.

8 octobre 2007

Des tests ADN pour obtenir la carte d'électeur ?

ADN_OK_senat

(Clic sur les images pour agrandir)

ADN__a_continue

Avec Sarkozy, tout devient vraiment possible. Après tout, par les temps qui courent, la désinformation suivante n'est pas plus invraisemblable qu'une autre.

                

"Il faut sécuriser l'attribution des cartes d'électeur. C'est simplement une manière d'accélérer la procédure pour tout honnête citoyen qui n'a rien à se reprocher quant à sa qualité de Français", a indiqué à nos désinformateurs Michèle Alliot-Marie. Le procédé bientôt mis en place pour les demandeurs d'asile est considéré par le Ministère de l'Intérieur comme "une formidable idée".

Le test sera réalisé à l'occasion de la demande de carte d'électeur. L'ADN du postulant électeur sera comparé à divers matériels biologiques issus de Français de diverses époque, conservées au Musée de l'Homme.

Ainsi, pour un ADN qui correspond à des échantillons français du 15ème siècle, le délai de délivrance de la carte sera immédiat. Pour un équivalent du 18ème siècle, le délai sera prolongé à une semaine.

Pour une ascendance de la seconde moitié du 19ème siècle, le délai passera à un mois. Il sera porté à 1 an pour les personnes dotées d'un ADN équivalent à la première moitié du 20ème siècle.

Enfin, pour toute personne dont la parenté avec un Français de souche n'est pas établie dans ces époques, le délai sera raisonnablement porté à 2 ans.

"Il est normal et juste de réserver les votes aux Français anciens. Les autres n'ont pas la culture familiale nécessaire de notre démocratie pour mûrir suffisamment leur scrutin. Seule une tradition séculaire ne fait pas trembler la main qui insère son bulletin dans l'urne", a scandé, devant une salle remplie de militants UMP en délire, la Ministre de l'Intérieur.

Lire d'autres joyeusetés de ce type :

http://www.desinformations.com

24 octobre 2007

Projet de budget : La ville sous respiration artificielle

faillite

Que faut-il retenir du débat sur les orientations budgétaires pour 2008 que l'équipe sortante a présentées lundi soir au conseil municipal ?

Voici les principaux points de mon intervention.

  "Vous nous faites une présentation quasi idyllique de votre gestion, c'est de bonne guerre. Mais la technique, aussi maîtrisée soit-elle, ne peut se justifier que si elle est mise au service d'une politique. Il faut donc aussi parler bilan.

  Par curiosité, j'ai consulté tous vos rapports des années précédentes. A quelques différences près, on a l'impression de toujours lire le même document avec quasiment les mêmes explications.

  J'ai relevé deux exemples frappants : le désengagement de l'Etat pour ses concours financiers et la réduction régulière des aides aux politiques en faveur de la petite enfance. Je vous rappelle que ce sont les gouvernements que vous soutenez depuis cinq ans qui en sont les auteurs.

  Dans vos budgets, le seul point que l'on pourrait vous accorder est la réduction de la dette. Mais à quel prix ?

  Vos budgets n'offrent plus de marges de manœuvre : vous ne pouvez plus jouer sur les gains obtenus à travers les intérêts de la dette et vous ne pouvez plus contenir les dépenses de fonctionnement qui, selon vos dires, ont atteint leur seuil de compression.

  Comme pour 2007, la part du fonctionnement en 2008 va encore représenter quelque 67%, et seulement 33% en investissement, et la masse salariale près de 57% du fonctionnement. Les capacités d'autofinancement net pour agir au quotidien sont faibles : 7M€, c'est une goutte d'eau, si on les compare aux 9,4M€ du produit des jeux du Casino !

  Alors, vous êtes obligés de basculer dans de nouveaux emprunts que vous situez à hauteur de 22M€ / 23M€…

Quel est bilan de votre mandat ?

  Les Aixois ne ressentent aucun signe et ne perçoivent aucun mouvement concret, ni pour le développement général de la ville ni dans leur vie quotidienne. Quelques exemples fixeront les idées.

Ÿ Vous avez certes mené à terme les grandes opérations que notre municipalité vous avait laissées et que vous avez transférées en très grand nombre à la Communauté du Pays d'Aix. La CPA subit les contrecoups de ces choix et on y trouve les mêmes dérives : masse salariale en hausse, emprunts, plans divers peu ambitieux…

Ÿ Culture : Vous affirmez vous-mêmes que 38 associations absorbent 79,60% du budget culture, c'est-à-dire au détriment des très nombreuses petites associations qui assurent un lien direct avec la population. On pourrait d'ailleurs utilement reprendre cette comparaison pour le sport : ¾ des subventions vont à 20 grands clubs et donc ¼ seulement à près de 500 petits clubs ou modestes associations.

Ÿ Vie associative : Quid des associations de proximité et de quartier qui œuvrent au plus près de nos concitoyens pour la solidarité, l'accès aux loisirs et les pratiques culturelles ?

Ÿ Petite enfance : Aix dispose de 987 places en accueil collectif et 759 enfants en accueil individuel. Que valent ces chiffres au regard des vrais besoins des familles aixoises pour trouver des places en crèche ?

Ÿ Propreté : L'état de la ville est désastreux. Les habitants et les visiteurs ne sont pas satisfaits. Ecoutez-les plus pour vous en rendre compte.

Ÿ Logement : Où sont les logements destinés aux familles les moins favorisées ? L'OPAC n'en finit pas de promettre et de mal fonctionner. La SACOGIVA ne saurait, elle seule, tenter de rattraper vos énormes retards. Près de 5.000 demandes sont en souffrance. Où est la recherche foncière active qui reste encore à être mettre en œuvre ?

  On trouvera quelques illustrations de tous mes propos en cours de séance à la faveur d'autres rapports que vous nous présentez.

  Vous le voyez, il suffit de quelques exemples liés à la vie quotidienne pour mettre en évidence les carences criantes dues à vos choix – ou non choix – politiques. Vous n'avez pas répondu aux attentes de nos concitoyens. Vos promesses étaient des mirages.

  Vous avez manqué d'ambition pour notre ville, vous n'avez pas initié de projets d'envergure, de votre propre fait. En 2001, vous aviez fait campagne en brandissant un beau slogan : "Un nouveau souffle pour Aix". En réalité et en un mot, non seulement votre politique n'a pas eu de souffle mais vous avez essoufflé la dynamique que nous vous avions léguée. Et, si j'ose dire, nous sommes désormais sous respiration artificielle…"

30 octobre 2007

Constitution et réformes : Sarkozy force sur la Vème

grenelle_institutions

(Clic sur les images pour agrandir)

nouvelle_epouse

                                  

Edouard Balladur l’a lui même expliqué : plutôt que de "présidentialiser" le régime, il a voulu "responsabiliser" le président de la République. De fait, les réformes proposées par le comité Balladur vont vers un accroissement des pouvoirs du président de la République, mais aussi vers plus de contrôle du Parlement. Revue de détail.

* Les réformes qui pourraient avoir lieu.

   -- "Le Président définit la politique de la nation".

Cette petite phrase que le comité se propose de rajouter à l’article 5 de la Constitution change tout. Le Président deviendrait le seul maître à bord. L’article 20, qui stipule que "le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation" serait remplacé par "le gouvernement conduit la politique de la nation." Déterminant.

   -- La fin des 500 signatures.

Les futurs candidats à l’élection présidentielle n’auraient plus besoin de chasser la signature des élus, ce qui avait donné lieu à quelques aberrations lors du dernier scrutin. Les candidats pourraient être présélectionnés par un collège de 100.000 élus. Surprenant.

   -- Des élections en même temps.

Le premier tour des élections législatives pourrait avoir lieu le même jour que le second tour de l’élection présidentielle. De quoi soulever l’inquiétude, on pourrait voter aux législatives sans savoir qui est président de la République.

   -- Un Président à la chambre.

Le président de la République pourrait avoir le droit de prendre la parole devant l’Assemblée et le Sénat. C’était un souhait de Nicolas Sarkozy. C’est impossible en France depuis le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851.

   -- Plus de référendums.

Le référendum d’initiative populaire (demandé par un cinquième des députés ou un dixième des électeurs) pourrait être possible. C’était une promesse de Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle.

   -- Des nominations sous contrôle.

Les parlementaires pourraient notamment donner leur avis sur certaines nominations présidentielles.

   -- Fin du cumul des mandats.

Un ministre ne pourrait plus avoir un mandat électif. Idem pour les parlementaires, qui ne pourront plus détenir un mandat local. Cette proposition fait grincer des dents : difficile pour les parlementaires de garder une implantation.

   -- Une dose de proportionnelle.

Le comité Balladur souhaite profiter de la réforme pour introduire une dose de proportionnelle à l’Assemblée (20 ou 30 sièges). Une avancée qui ne relève pourtant pas de la constitution.

* Les réformes qui n’auront pas lieu.

   -- Limiter le nombre de mandats.

Certains membres du comité Balladur voulaient limiter à deux mandats présidentiels consécutifs. Ce ne sera pas le cas.

   -- L’article 16 existera toujours.

Il prévoit de donner les pouvoirs exceptionnels au Président dans des cas extrêmes. Pour Jack Lang, membre du comité, "cet article, au mieux, est inutile, au pire, dangereux."

Publicité
27 octobre 2007

Joissains veut virer Genzana et Salord de sa liste

_clair

La friction est devenue fission. Maryse Joissains tire ses premiers feux : elle ne veut plus entendre parler de Bruno Genzana et de Stéphane Salord, annonçant tout de go que l'éventualité est infime pour qu'elle garde le premier et assurant aussi sec qu'elle rejette carrément le second.

La raison mise en avant ? La fumeuse initiative de consultation lancée en 2006 par Genzana, avec affichage grand format dans les rues d'Aix, sans avoir consulté… Joissains elle-même. Le motif de colère lui semble suffisant pour, faisant d'une pierre deux coups, signer la disgrâce de Genzana et régler son sort à Salord, pour complicité.

Jean-Pierre Bouvet, qui s'était aussi associé à la manœuvre de Genzana, semble épargné. N'a-t-il pas - le petit malin - récemment quitté l'équipe des "trois rigolos" (dixit Joissains) et piteusement accepté de ne pas figurer sur la future liste municipale en contrepartie d'un soutien pour tenter de conserver quelques chances d'être réélu conseiller général.

Bien sûr, tout cela couvait mais, pour passer à l'offensive, Maryse Joissains a attendu d'être certaine d'avoir son investiture par l'UMP, ce qui lui a été confirmé lundi soir à Paris. Depuis plusieurs mois, on savait que Joissains ne voulait plus voir Genzana figurer à son côté, ni sur une estrade, ni sur les photos.

Dans les coulisses, des élus nous confiaient qu'ils feraient tout pour faire battre Genzana à la cantonale et qu'ils ne donnaient pas cher non plus de l'avenir de Salord, qui ne se cache plus pour lancer piques et piques contre le maire.

Il y a un mois, au colloque sur l'habitat et les transports, Genzana avait sussurré quelques critiques sur la politique menée par la municipalité à la Duranne. Il y a une semaine, il marquait une autre distance timide en s'abstenant sur le dossier de la gare routière soumis au vote de la CPA.

Enfin, lors du conseil de lundi, en l'absence du maire, il n'a pratiquement pas pris la parole, laissant entendre un moindre soutien à tel ou tel dossier présenté par ses collègues.

Ce même soir, Salord était méconnaissable, visage fermé et renfrogné.

Que peut-il bien se passer maintenant ?

Si Maryse Joissains devait revenir sur sa décision concernant Genzana, quel compromis au rabais ce dernier pourrait–il accepter ? Les deux bannis iront-ils jusqu'à constituer leur propre liste ? Essaieront-ils de sauver leur peau en offrant leurs services à d'autres têtes de liste ? Genzana va-t-il pouvoir conserver son siège de conseiller général UMP et avec quels soutiens ?

Evidemment, la suite n'est pas encore écrite. En tout cas, il sera intéressant de voir ce qui se passera au cours du conseil municipal du 17 décembre, sans doute le dernier du mandat, mais surtout celui où le maire présentera le budget. Les deux adjoints le voteront-ils ou mèneront-ils une fronde susceptible d'entraîner d'autres élus dans leur sillage ?

En 1989, à deux mois de la fin du mandat, Gérard Bramoullé, déjà adjoint aux finances, et Maryse Joissains, alors première adjointe, avaient réuni et convaincu 17 élus de la majorité pour défier le maire Jean-Pierre de Peretti della Rocca et le mettre en minorité sur le budget, par scrutin à bulletin secret (autorisé par le Code général des collectivités territoriales), et en ajoutant leurs voix aux 14 de l'opposition, dont je faisais partie.

Aïe, aïe, aïe, ça sent l'orage !

18 juillet 2007

Qui sera maire d'Aix en 2008 ? (6)

chaussettes

                      

Quelques perles de droite

Il fut un drôle de temps, à la fin des années 70, où Aix se distinguait par un phénomène à répétition, celui d'annulations des élections municipales. Pour qui n'a pas connu ou n'a pas le souvenir de cette période, c'est peu dire que la France entière nous observait comme si nous étions en guerre permanente et que nous n'avions que ça à faire.

L'image de notre ville en avait pris un coup et nous passions pour les rigolos du pays des embrouilles. Le seul point positif de ces pochades a été que la loi électorale s'est enrichie de multiples jurisprudences qui font encore autorité.

Les années 80 ont pris une autre tournure. Ce sont les batailles et les coups tordus entre des listes de droite politiquement voisines qui ont alimenté les guérillas.

En 1983, par exemple, on a vu une ruse comme on n'en verra sans doute jamais plus. Alain Joissains, maire sortant, qui ne pouvait se représenter pour cause de déboires avec la justice, pressentit Jean-Pierre de Peretti della Roca pour mener la liste UDF. Il lui confia cette mission à la condition de placer Maryse Joissains comme première adjointe. La manœuvre consistait à faire garder la place au chaud par un "fidèle" jusqu'au retour en grâce – qui ne vint pas – d'Alain Joissains.

Mais de Peretti della Rocca avait sans doute déjà mis au point sa propre stratégie pour envoyer tout le monde balader. Une fois élu maire, il prit goût à la fonction. Se sentant trahie, la famille Joissains commença à le harceler pour le faire tomber. Cela ne réussit qu'à la fin du mandat avec une mise en minorité sur le vote du budget, 22 élus de la majorité votant contre et ajoutant de fait leurs voix aux 13 de l'opposition de gauche dont j'étais.

En 1989, de Peretti della Rocca était candidat à sa propre succession mais il savait qu'il aurait beaucoup de monde contre lui. Il s'employa donc à mettre sur pied un piège à l'encontre du RPR. Cela consistait à lui faire croire qu'ils allaient faire une alliance. Jean-Pierre Bouvet, qui conduisait l'équipe du RPR, se mit à attendre. Mais, coup de théâtre, de Peretti della Rocca déposa sa seule liste sans l'en informer.

Bouvet découvrit l'arnaque trop tard. Il tenta de bâtir une liste RPR dans l'urgence. C'est en allant à la préfecture qu'il apprit le coup de Jarnac de son "ami". Et lorsqu'il voulut déposer sa liste, l'heure limite l'empêcha de la faire valider. De Peretti della Rocca fut cependant battu et la gauche, dirigée par le maire Jean-François Picheral, géra sereinement la Ville pendant 12 ans.

Où en est-on en ce mois de juillet ?

A l'évidence, depuis les élections nationales que nous venons de vivre, les attentes et la mobilité des électeurs ont imposé aux partis politiques une obligation de revoir leur fonctionnement.

Nous assistons donc à des chamboulements à l'intérieur de chaque camp et des mouvements dans tous les sens. L'on voit, semaine après semaine, des barrières tomber et des recompositions se faire jour.

Aix n'échappe pas à ce remue-ménage. Les regroupements se font à partir d'ambitions de leaders.

A l'extrême droite, l'affaiblissement est patent.

A droite, des dissidences à l'UMP, sourdes depuis le début du mandat municipal, ont brisé la façade unitaire.

Le centre a claqué la porte de la majorité dès la première année du mandat et la rupture est scellée définitivement.

A gauche, le pôle socialiste se prépare à deux configurations aux stratégies différentes : l'une jusqu'à l'extrême gauche, en général, ceux qui ont voté non au referendum, l'autre en direction du centre, avec ceux qui ont voté oui.

Pour simplifier, sachant qu'à Aix les surprises ne manquent pas, il y a donc actuellement trois blocs et des lignes de partage avec des possibilités de fissures à l'UMP et à gauche. La voie centrale, elle, semble vouloir se construire sur la diversité, de manière transversale.

Ma vision est celle-là et mon analyse fait volontairement abstraction des querelles de personnes, en cours ou à venir, car je suis persuadé que les Aixois comme les habitants du pays d'Aix attendent un projet et une équipe et non pas une énième guerre de "chefs".

Lire les 5 précédents articles sur le même thème, datés du 19 au 23 juin 2007.

16 juillet 2007

"Arrêt sur images" : J'ai reçu ça

Arret_Schneidermann

(Clic sur l'image pour agrandir)

      Chers amis,

   Je ne peux m'empêcher de vous appeler ainsi, tant vous avez compté dans la vie de toute l'équipe d'Arrêt sur images, au cours du mois écoulé. Vous êtes près de 175 000 qui avez signé la pétition initiée spontanément par l'un d'entre vous, Anthony, et réclamant le maintien de votre émission sur France 5.

   175 000 ! Ce mouvement, sans précédent, nous a emplis de fierté et de gratitude. Il justifie pleinement le travail accompli, tout au long de ces années, par notre équipe. Je veux d'abord, du fond du coeur, vous remercier. Nous vous avons beaucoup donné. Vous nous le rendez aujourd'hui, et de quelle manière!

   Nous vous donnerons encore. Anthony va clôturer cette pétition le 18 juillet prochain (tout le monde a droit à des vacances). Il la remettra alors à la direction de France Télévisions. Si certains de vos proches n'ont pas encore signé, c'est le moment ! Malheureusement, il est peu probable que votre mobilisation soit couronnée de succès. La direction du groupe public a donné maints signes publics de son refus de revenir sur sa décision. Je ne la commente pas ici. Je l'ai assez fait, au cours des semaines écoulées.

   Mais ne pensez pas pour autant que votre mobilisation aura été vaine. Elle aura d'abord montré la force de la demande sociale d'une critique des médias, exercée au sein même des médias. Cette demande, nous la connaissions. Elle vient de crier, paisiblement, qu'il faudra compter avec elle. Malheur à ceux qui l'oublieraient.

   Votre mobilisation aura ensuite poussé puissamment à la résurrection d'une émission comparable à Arrêt sur images. A l'heure où je vous écris, des discussions se poursuivent avec plusieurs médias, français et étrangers, susceptibles d'accueillir notre travail dès la rentrée prochaine.

   Ne m'en veuillez pas, pour une fois, de rester un peu plus discret que d'habitude, et de faire violence à mon tropisme de la transparence: ces discussions ont besoin d'une certaine tranquillité. Vous serez informés aussitôt que possible sur le big bang blog.

   Laissez-moi seulement vous dire que tout est encore possible. Vous n'avez peut-être pas fini de vous arrêter sur les images avec nous, sur les écrans de votre téléviseur, ou...de votre ordinateur (ou des deux).

                           Bon été à tous. N'abusez pas de la télévision !

                                Pour toute l'équipe d'Arrêt sur images,

                                          Daniel Schneidermann

http://www.bigbangblog.net

25 octobre 2007

Et maintenant l'ADN des sénateurs d'ici

hortefeux_content

(Clic sur l'image pour agrandir)

Mardi, quelques heures après le scrutin de l'assemblée nationale, le sénat a aussi procédé au vote sur l'ensemble du projet de loi relatif "à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile", dans la rédaction du texte proposé par la commission mixte paritaire.

Pour les Bouches-du-Rhône, ont voté CONTRE : Jean-François Picheral, Jean-Noël Guérini, Jacques Siffre (PS), Robert Bret (PCF), André Vallet (UDF). Ont voté POUR : Jean-Claude Gaudin, Francis Giraud (UMP)

   NOMBRE DE VOTANTS : 326 sur 331 (5 sénateurs se sont esquivés)

   SUFFRAGES EXPRIMES : 321 (5 sénateurs se sont évanouis)

   MAJORITE ABSOLUE : 161

   POUR : 185      CONTRE : 136     ABSTENTION : 5

                              

     Groupe UMP

                 (156 sur 159)

                  POUR : 153      CONTRE : 1      ABSTENTION : 2

                        Non votants : le président du sénat UMP,

                                               le président de séance UMP

                                               et un sénateur UMP devenu député

     Groupe UNION CENTRISTE UDF

                 (29 sur 30)

                  POUR : 19      CONTRE : 8      ABSTENTION : 2

     Groupe RASSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE ET SOCIAL EUROPEEN

                 (16 sur 16)

                  POUR : 7      CONTRE : 8      ABSTENTION : 1

     Groupe SOCIALISTE

                 (96 sur 96)

                  POUR : 0      CONTRE : 96      ABSTENTION : 0

     Groupe COMMUNISTE ET REPUBLICAIN

                 (23 sur 23)

                  POUR : 0      CONTRE : 23      ABSTENTION : 0

     Sénateurs NON INSCRITS

                 (6 sur 6)

                  POUR : 6      CONTRE : 0      ABSTENTION : 0

Le texte de la loi adoptée (lire surtout l'article 5 bis):

http://www.assemblee-nationale.fr/13/ta/ta0047.asp

L'analyse du scrutin avec les noms des sénateurs :

http://www.senat.fr/scrupub/2007/scr2007-15.html

13 juillet 2007

Par ici… la petite monnaie

hirsch

(Clic sur l'image pour agrandir)

                  

Ça tombe bien, c'est le jour de la super cagnotte !

Le haut commissaire (mais avec de petits moyens) aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, a été chargé de ne pas hésiter à mettre le paquet (pas fiscal, bien entendu) pour réduire la pauvreté en France d'au moins… un tiers en… cinq ans.

Mission impossible mais il faut bien faire comme si, n'est-ce pas ? Parce que, pendant ce temps, le gouvernement est bien obligé de s'occuper de quelques riches pauvres qui n'en peuvent plus de souffrir.

Le pactole fiscal qu'examine l'assemblée nationale va concerner 150.000 foyers. Huit mesures leur sont destinées dont le coût est estimé à 13,6 milliards d'euros. Rappelons que la hausse probable de la TVA, l'impôt le plus inégalitaire qui soit, ne fera pas de quartier. Elle s'adressera à tout le monde. Quant au SMIC, déjà jugé trop généreux, il n'a été augmenté au 1er juillet que de 2,1% et le revenu de solidarité active (que c'est beau !) ne se verra doté que de 25 millions d'euros.

Tiens, j'ai une idée : on devrait suggérer au gouvernement de verser ces oboles en fausses pièces, ça pourrait peut-être pimenter le rire carnassier de nos plus grosses fortunes… Vive la République ! Vive la France !

19 octobre 2007

Vol à l'OPAC : Nouvel épisode des "mystères d'Aix"

loupe

Quel bon auteur de livres policiers s'avisera un jour d'écrire un best-seller en puisant son inspiration dans notre bonne ville ? Bien lui en prendrait car, ces dernières années, les sujets de polar – style "Les mystères d'Aix" - n'ont pas manqué.

Le dernier en date est ce rocambolesque cambriolage nocturne au nouveau siège de l'OPAC. Plus fantasque que ça, on n'aurait pas imaginé. Aller voler deux ordinateurs, pas n'importe lesquels évidemment, cela fait penser à une opération commando bien ciblée.

Qui peut bien avoir eu intérêt à dérober des appareils contenant des informations confidentielles comme, par exemple, les listes d'attributions de logements dont des rapports officiels menés au sein de l'office ont dit qu'elles se faisaient sur pressions d'élus ou de fonctionnaires ? Oui, qui ?

Hypothèse à éliminer : l'exploitation publique de ces informations. On saurait immédiatement qui a commis le forfait.

Alors, aurait-on monté une opération spéciale - peut-on croire pareille élucubration ? - pour faire disparaître des données susceptibles de révéler de nouvelles cachoteries ? Peut-on faire confiance aux seules apparences des premiers constats ? On a hâte de connaître le fin mot du motif réel du délit.

Tout comme on voudrait en savoir plus sur l'explosion, il y a environ deux ans, d'une partie mitoyenne en construction pour agrandissement d'une clinique appartenant à un élu municipal.

On serait tout aussi content d'être tenu informé du sort et des suites réservés à une mystérieuse lettre déposée dans la boîte aux lettres personnelle de madame le maire au sujet du directeur de l'OPAC.

On souhaiterait également obtenir quelques éclaicissements sur le vol de milliers de tickets-restaurant entreposés à l'office de tourisme.

Aucune invention là-dedans. Toutes ces nouvelles ont bel et bien fait la une de la presse et puis se sont… envolées. Les mystères d'Aix n'ont pas fini de nous étonner et peut-être de détonner.

22 juillet 2007

Mulhouse : Bockel face à son conseil municipal

L_Alsace_Le_Pays

Clash ? Pas clash ? Comment le conseil municipal de Mulhouse a-t-il accueilli son maire, Jean-Marie Bockel, suite à son entrée au gouvernement de droite ? Voici le compte-rendu de la séance du lundi 16 juillet 2007, publié par le journal "L'Alsace".

"Chaude l'ambiance, chaude la motion"

Le secrétaire d'Etat Jean-Marie Bockel a été soutenu unanimement par sa majorité et pas désavoué par le plus gros de son opposition.

Il fallait s'y attendre, il y a eu quelques vagues, dans une salle pas seulement surchauffée par une climatisation qui a rendu l'âme en cours de séance. Mais le clash que pronostiquaient certains (et que sans doute espéraient d'autres) ne s'est pas produit.

Au nom du groupe Verts, Chléo Schweitzer et Djamila Sonzogni présentent "une motion de défiance" : "Tête de liste et membre du parti socialiste, Jean-Marie Bockel a été élu par une coalition de gauche sur des options de gauche. Il a fait le choix personnel de se rallier à Nicolas Sarkozy, dont les valeurs sont différentes et qui mène une politique de droite. C'est pourquoi, au nom des électeurs de gauche, nous demandons à M. Bockel d'aller jusqu'au bout de son choix et de démissionner de son poste de maire...".

Le groupe MoDem de Bernard Stoessel, au contraire, "s'associe aux félicitations" adressées au maire et lui présente "ses voeux les plus sincères pour la réussite de sa double mission", nationale et locale. "Il ne sera sans doute pas facile pour vous d'être le représentant du gouvernement dans les mois à venir...", observe Bernard Stoessel. "Mais nous n'en ferons de procès d'intention ni au gouvernement ni à vous-même. Nous jugerons sur les actes...".

Félicitations aussi du groupe villiériste de Gérard Freulet : "J'ai longtemps combattu la dérive socialiste de Jean-Marie Bockel mais il a revu sa copie. Il est temps de fédérer les compétences. L'union des forces vives de Mulhouse doit prévaloir, au-delà de ce qui a pu nous séparer...".

Au nom du groupe UMP, Liliane Luce-Pionnier "refuse les querelles de personnes" : "Nous continuerons à intervenir au service de l'intérêt général. Nous espérons, monsieur le maire, maintenant que vous êtes dégagé du carcan de la gauche la plus conservatrice que vous serez ouvert à nos propositions...".

"Par souci de cohérence sarkozyste, je ne me considère plus comme votre opposant...", lance René-Albert Ehlinger (divers droite).

Michel Bourguet, suspendu par les Verts, souhaite "poursuivre son action" au sein du groupe majoritaire" : "Bockel est un homme de gauche dans un gouvernement de droite, ça surprend chez nous mais ça existe ailleurs...".

                              

"Psychothérapie"

                                 

L'alternatif Henri Metzger a un peu plus de mal : "J'ai pu travailler au conseil municipal, je continue en restant mobilisé. En mars, nous verrons...".

Annette Bour a plus de mal encore : "La militante de gauche que je suis est très désorientée mais je ne voterai pas la motion...".

"J'ai signé un contrat de confiance sur un programme progressiste et démocratique jusqu'en 2008 et j'irai jusqu'au bout...", déclare le MRC Edouard Boeglin. L'idée du contrat d'action municipale à remplir est reprise aussi bien par le PRG Jean-Pierre Walter que par le président du groupe majoritaire Denis Rambaud.

La motion n'est approuvée que par trois voix : les deux Verts, plus une procuration que leur a laissé Pierre Freyburger, absent de la séance. Les groupes UMP et MoDem ne prennent pas part au vote, Bernard Stoessel considérant qu'il relève de la seule "psychothérapie de groupe majoritaire".

                                                                                   Stéphane Samacoïtz

Bockel : "Mulhousien je suis, Mulhousien je reste !"

"Pendant 2 ou 3 jours, je ne savais pas comment les gens allaient réagir...", confesse Jean-Marie Bockel. En ajoutant "sereinement," et "en faisant la part des choses" : "au final, on ne peut pas dire que ma décision ait été mal prise. Je suis élu depuis 26 ans, j'ai connu des hauts et des bas mais je n'avais jamais vu ça à Mulhouse dans les rencontres que j'ai faites depuis un mois....".

"J'ai aussi rencontré des militants que je respecte. Ils m'ont fait part de leur perplexité, parfois de leur incompréhension, que je respecte également...", reconnaît-il. Mais selon lui, "le pragmatisme" a prévalu le plus souvent au sein de l'opinion mulhousienne. "Mulhousien je suis, Mulhousien je reste...", poursuit le maire secrétaire d'état.

"Je vais m'organiser pour respecter jusqu'au bout mon mandat municipal. J'espère que la présence que j'aurai en moins sera compensée par le poids que j'aurai en plus. Et puis le moment venu, je ferai savoir de quelle manière j'entends constituer pour les municipales une liste d'ouverture....".

17 octobre 2007

Et si on parlait sérieusement du statut des élus ?

marianne_r_publique

J'exerce un mandat d'élu de base depuis pas mal d'années. Nous sommes plus d'un demi-million à avoir sollicité et obtenu les suffrages des Français. J'ai toujours défendu l'idée d'un statut clair et précis qui permette d'exercer la fonction en toute transparence. Si quelques progrès ont été accomplis en la matière, beaucoup reste à faire pour que la place et le rôle de l'élu soient pleinement reconnus, dans les droits et dans les devoirs.

A ce jour pourtant, la situation demeure lamentablement hypocrite pour la quasi-totalité des élus, soient-ils majoritaires ou minoritaires.

C'est un constat : le cadre général de la loi en vigueur est aussi insuffisant qu'imparfait. Voilà pourquoi il suscite des interprétations variables et offre un champ libre à des pratiques discutables qui sont loin de garantir le meilleur fonctionnement démocratique possible.

En effet, si la loi se fait fort d'énoncer quelques principes, elle ne contraint nullement les détenteurs de mandats électifs à des obligations assurant l'équilibre nécessaire et efficace entre, d'une part, l'exercice du pouvoir et, d'autre part, le contrôle par le contre-pouvoir.

Quant aux circonstances et aux conditions qui poussent ou non des citoyens à s'engager, il est notoire que de nombreux freins limitent l'accès de quantités de personnes aux fonctions d'élu(e)s. Il n'est ni juste ni équitable de ne pas indemniser correctement ceux qui veulent consacrer une grande part de leur temps au service du bien public, souvent parallèlement ou au détriment de leur vie professionnelle et/ou privée.

Enfin, je me suis toujours insurgé contre les dérives que l'Etat lui-même autorise et couvre avec complaisance et qui sont source permanente d'incompréhension et de critique de la part de la population. En ce domaine comme en bien d'autres (entreprises, fiscalité, sports, show business… pour ne citer que les plus voyants), un peu d'ordre et de morale ne seraient assurément pas de trop.

Une vidéo qui dit tout sur les retraites spéciales des grands élus… http://www.dailymotion.com/tag/HORTEFEUX/video/x32i9x

15 octobre 2007

Marseille : Les élections ne sont pas loin

Marseille_MPM

Les élus de Marseille Provence Métropole ont remis ça. Tout comme lors du conseil municipal du 1er octobre, la séance publique de la communauté urbaine du 8 octobre a été animée. Droite et gauche se sont affrontées sur l'un des thèmes de l'élection municipale : l'incinérateur de déchets. Elaboré par le conseil général de Jean-Noël Guérini, candidat PS à la mairie, le plan départemental s'opposait à l'incinération au profit du tri, de l'enfouissement et de la méthanisation.

Il a été annulé par le tribunal administratif la semaine dernière. La droite a appuyé sur la plaie.

La communauté urbaine a également voté un budget supplémentaire pour compléter le budget primitif 2007. "Les charges de fonctionnement ont baissé de 4% alors que les salaires ont augmenté de 2%", s'est félicité Jean-Claude Gaudin.

Mais l'opposition ne l'a pas entendu de cette oreille : "Nous ajoutons 40 millions d'euros de programmes d'investissement alors que nos finances sont très serrées, a indiqué Vincent Coulomb (PS). Nous n'avons toujours pas de programmation des investissements sur plusieurs années."

Ont aussi été évoqués les zones franches, l'habitat jugé insuffisant par la gauche, les transports, l'aménagement du boulevard urbain Sud (liaison de la Pointe rouge à l'autoroute Est) à travers un partenariat public / privé pour 2011.

Pas de doute, la campagne électorale est lancée.

Pour en savoir plus :

http://www.marseille-provence.com 

http://www.mairie-marseille.fr 

Le conseil municipal de Marseille du 1er octobre

http://sportsat.mairie-marseille.fr/mdbscmconsult/MAMVidInter.aspx?sid=146# 

17 juillet 2007

Des caméras partout : L'alerte de la CNIL

cameras_partout

Je n'en espérais pas tant mais j'en désespère autant.

Les caméras de surveillance font l'objet d'un débat ouvert par le rapport annuel de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) et c'est tant mieux. Mais l'intention de Nicolas Sarkozy de vouloir amplifier le développement de la vidéosurveillance est inquiétante.

Progrès ou danger ? C'est la vraie question.

Présentant la panoplie à déployer comme un moyen efficace de lutte contre le terrorisme, le président fait entériner l'idée que c'est là l'outil ultime pour être protégé. Il pense sans doute que les esprits sont prêts à admettre son initiative habilement inscrite dans le registre subjectif de la sécurité.

Le grand public, bien conditionné à la miniaturisation et à la gadgétisation de la technologie, par exemple les téléphones portables ou les caméras vidéo familiales, assimile ces pratiques à des avancées de confort sans danger.

Il est vrai aussi que la télévision fascine des millions de téléspectateurs en programmant des jeux de téléréalité d'allure anodine où les participants sont filmés en permanence. Ce qui a pour "vertu" première de dédramatiser l'utilisation de caméras dans la vie courante, exactement comme dans les magasins, les banques ou autres lieux sensibles.

Or, la vidéosurveillance policière n'a rien à voir avec ce simulacre télévisuel. Filmer des personnes identifiées à l'écran ne peut pas être comparé avec des objectifs pointés sur des corps d'individus anonymes dans les rues.

Je ne dis pas que la surveillance n'a aucune utilité. Je critique son extension tous azimuts, y compris et surtout là où la présence humaine serait plus efficace.

Derrière cette déshumanisation de l'acte de surveillance se profile une société de contrôle qui a déjà semé ses graines dans divers replis de notre vie. Fichiers de toutes sortes, badges, portails électroniques, empreintes génétiques, traçages des appels téléphoniques et des connexions Internet, contrôles d'identité intempestifs, fouilles au corps a priori, caméras routières, et j'en passe, sont entrés dans les mœurs.

Il s'agit bien désormais de quadriller de manière plus large les espaces publics, les déplacements et les comportements des individus. Cette surveillance, mise en avant sous prétexte d'arme idéale, n'a qu'une portée limitée en terme d'action contre la délinquance ou le terrorisme car elle n'est pas préventive et empêche souvent des interventions en amont. Elle n'ouvre, au mieux, que des possibilités de recherche a posteriori.

Les attentats commis au Royaume Uni, champion mondial de la vidéosurveillance, illustrent bien le côté assez vain de la démarche.

Si l'on n'y prend garde, la mode des caméras de surveillance risque de virer à l'hystérie. Sans parler de toutes les conséquences qu'un usage inconsidéré pourrait avoir à l'encontre du respect de la vie privée.

Faut-il rappeler les propos de Benjamin Franklin : "Qui choisit de sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité n'est, au bout du compte, ni libre ni sécurisé".

"Des caméras peu efficaces pour prévenir la délinquance"

liberation

Ci-après une interview réalisée par Jacky Durand, parue dans Libération du 10 juillet 2007. Maître de conférence à l’université Louis-Pasteur de Strasbourg, Eric Heilmann a analysé avec Marie-Noëlle Mornet les travaux des chercheurs britanniques sur l’impact de la vidéosurveillance (Etude publiée par l’Inhes). Il revient sur les annonces de Nicolas Sarkozy en matière de déploiement de caméras et sur les préoccupations de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.

Partagez-vous l’avis de Nicolas Sarkozy, "impressionné" par la police britannique et ses caméras ?

Je suis étonné qu’il soit aussi peu informé des travaux des chercheurs britanniques qui étudient depuis quinze ans l’efficacité de la vidéosurveillance dans leur pays. Ils concluent tous que les caméras ont apporté rarement la preuve de leur efficacité dans la prévention de la délinquance. Quant à la résolution d’enquêtes, la vidéosurveillance peut accélérer l’obtention de résultats à condition d’être précédée d’un travail de renseignements.

Les caméras ne servent à rien si l’on ne sait pas ce que l’on cherche. Prenez les attentats de Londres, en juillet 2005, c’est parce que la police britannique avait été informée de l’identité potentielle des suspects qu’elle a pu ensuite les reconnaître sur des images. Cela a été possible parce que des centaines d’enquêteurs ont été mobilisés pour visionner 15.000 vidéos. Penser que l’on pourrait mobiliser de telles ressources humaines pour des actes criminels de moindre ampleur serait se moquer du monde.

Les caméras ont tout de même des répercussions ?

La vidéosurveillance peut provoquer un déplacement de la délinquance et un changement des modes opératoires des auteurs d’infraction. Les vols de voitures ont lieu en périphérie après l’installation de caméras au centre-ville. Les cambriolages surviennent la nuit au lieu de la journée. Quand la vidéosurveillance donne quelques résultats, elle est accompagnée d’autres moyens de prévention comme l’amélioration de l’éclairage et la limitation du nombre d’accès dans un parking. Dans aucun cas, la vidéosurveillance n’est une mesure à tout faire.

Partagez-vous les craintes de la Cnil sur l’avènement d’"une société de surveillance" ?

Oui, on assiste à une banalisation à l’égard de cette quincaillerie sécuritaire (caméras, badges.) qui connaît un développement incroyable sans que cela suscite de réactions d’ampleur dans l’opinion publique. J’y vois deux raisons majeures.

Premièrement, il y a une sorte d’enchantement technologique qui peut donner l’illusion que les machines font mieux que l’homme.

Deuxièmement, il y a l’émergence d’une autre conception de la vie privée, liée au développement de la téléréalité. Ces émissions, où les gens se font filmer sous toutes les coutures, développent une esthétique sécuritaire. Ça ne choque plus grand monde de se livrer au regard des autres. Les frontières entre espaces public et privé ne sont plus les mêmes qu’il y a trente ans quand la loi informatique et libertés a été adoptée.

A l’époque, on redoutait "Big Brother". Aujourd’hui avec le développement des réseaux informatiques, des caméras sur Internet, chacun peut se livrer, se dévoiler.

12 octobre 2007

Officiel : Les municipales auront lieu les 9 et 16 mars

urne_1

Les élections municipales auront lieu les dimanches 9 et 16 mars 2008. Pour cause d'élections nationales, elles avaient été reportées d'un an. Le mandat actuel aura donc exceptionnellement duré 7 ans au lieu de 6. Le prochain ne sera que de 5 ans pour revenir au rythme fixe de six ans.

Les mêmes jours, se dérouleront les élections cantonales pour les cantons renouvelables. Aix est concernée : seront remis en jeu les cantons Centre et Nord-Est (Aix Sud-Ouest a été renouvelé en 2004).

La nouveauté sera l'obligation de présenter désormais chaque candidature avec un(e) suppléant(e), sur le principe de l'élection des députés, afin d'éviter des élections partielles en cours de mandat.

La mairie et les deux cantons sortants sont détenus par l'UMP. Les enjeux sont donc importants et le défi de changer de couleur politique aux deux élections est possible. En tous cas, nous mènerons la bataille avec vigueur pour qu'il en soit ainsi.

Pour ce qui est des municipales, et si l'on s'en tient aux données actuellement connues, le premier tour comprendra plusieurs listes. En revanche, il est fort probable que le second tour se jouera en triangulaire, contrairement à ce qui s'est passé en 2001 qui a été marquée par un duel gauche / droite.

11 octobre 2007

A Aix aussi, nous avons une bonne maire

Joissains

Coup sur coup, en deux jours, la mairie a tenté de faire le poing.

Lundi, Maryse Joissains a commis un acte de déliquance en faisant poser sur l'A51 des panneaux géants avec ce délicat message, censé exprimer sa colère contre la saleté de l'autoroute : "Scandaleux ! La propreté de la voie que vous empruntez est de la compétence de l'Etat. Signé : la Ville d'Aix-en-Provence".

Triste spectacle, les couleurs criardes étaient plus moches que les détritus. La DIR (Direction interrégionale des routes) les a fait enlever quelques heures après.

Deux commentaires. Un, Maryse Joissains ferait mieux de regarder l'état des rues d'Aix avant de se dresser en maire la morale. Deux, cette farce sent trop le calcul électoral prémédité visant à prendre les devants pour camoufler une incapacité à assurer la propreté de la ville.

Mardi, Alains Joissains a traité avec mépris les nombreux personnels des écoles et des cantines venus manifester dans la cour de l'Hôtel de ville pour réclamer un entretien avec le maire au sujet de leurs conditions de travail.

Le directeur de cabinet a cru bon de leur servir son habituelle mauvaise tambouille en jouant les durs… sous les huées.

Il proposait un rendez-vous jeudi 18 octobre à 19h, rendez-vous refusé par les personnels : "Nous ne sommes pas au service de la mairie 24h sur 24. D'ailleurs, vous n'avez pas la légitimité pour nous recevoir."

Et puis, coup de théâtre : la secrétaire de "la" chef apparaît dans la cour, téléphone à la main, et annonce une rencontre avec le maire vendredi 19 à 11h30.

Bon, je vois bien qu'il vous prend une envie de vous gondoler mais, faut-il s'en souvenir, en 2001, il a bien dû se trouver des Aixois pour choisir pareil équipage, non ?

10 octobre 2007

Aix-Marseille : Mauvais plan pour les étudiants

universite_aix_marseille

On aura beau crier au loup, on pourra tordre la réalité comme on veut, Aix et Marseille ne sont pas à la hauteur, loin s'en faut. Sur 31 grandes agglomérations universitaires françaises, Aix-Marseille se classe 17ème. La dynamique n'est pas au rendez-vous. Le jugement est sans appel. Poitiers tient la tête et Rouen est bonne dernière.

S'il existe bien chez nous une grande diversité de l'offre d'études comme dans pas mal d'autres centres, Aix-Marseille connaît surtout des carences structurelles qui risquent de nous pénaliser longtemps encore.

Une large étude menée par Ipsos fait apparaître que ce sont les agglomérations moyennes qui séduisent les étudiants. L'attrait repose sur la qualité de vie mesurée à partir de plusieurs critères : l'offre de formation globale, les offres de logement et le réseau des transports.

Pour l'offre de formation, si Aix-Marseille occupe le 4ème rang, en revanche, elle cale au 25ème avec seulement 5,4% d'étudiants par rapport à la population globale de l'agglomération. Montpellier est à la première place avec 13% et Toulon à la dernière avec 2,4%.

Pour l'offre et le coût du logement, Aix-Marseille se situe à la 23ème place, Nancy à la première et Toulon à la dernière.

Pour les transports, dont l'utilisation est liée à la rareté et au coût des logements, Aix-Marseille est 13ème. Paris est largement première et Valenciennes clôt la liste.

Autrement dit, malgré sa renommée et ses atouts, Aix-Marseille cumule de gros retards. Aix-en-Provence a malheureusement sa part dans les mauvais chiffres. En effet, ce n'est un secret pour personne, notre ville connaît une forte crise du logement universitaire qui pousse les étudiants à aller vers Marseille, elle-même, loin du peloton de tête...

3 juin 2007

En juin, "Le Ravi" offre une bouée

une_ravi_42

(Clic sur l'image pour agrandir)

Encore un beau numéro ce mois-ci. "Le Ravi" s'est peint en bleu pour tenter de conjurer la vague des législatives. On y trouve de très bonnes analyses sur les enjeux des élections et, évidemment, de nombreuses chroniques dont la pertinence le dispute à l'humour. A vos kiosques ! 2,80€ seulement. Et ne venez pas me dire que vous n'avez pas cette misère en poche !

6 octobre 2007

Le Ravi d'octobre en grande forme

une_ravi_45

Le n° 45 d'octobre (2,80€) vient de sortir, toujours aussi impertinent ! On y trouve de bons dossiers sur les enjeux des municipales dans les grandes villes de la région, des brèves, des dessins drôles et plein de mignardises dont on aurait tort de se priver. Un article sur la polémique qui avait secoué le lycée militaire il y a quelques années cite deux de mes déclarations alors qu'aucun autre élu interrogé n'a accepté de s'exprimer sur ce sujet. Courez vite l'acheter.

2 octobre 2007

Logement à Aix et en Pays d'Aix : Tout reste à faire

logement_sarko_boutin

(Clic sur l'image pour agrandir)

Aix est à la traîne.

Pas de Plan local de l'urbanisme, clé du développement et de la maîtrise des territoires.

Pas de Plan local de l'habitat ambitieux, outil essentiel pour la construction de logements répondant à la diversité des demandes.

Pas de réserves foncières, nerf de la guerre pour tasser le prix des terrains.

Pas d'édification de logements sociaux publics, moyen primordial pour accueillir les familles ou les étudiants les plus modestes.

Mauvaise gestion de l'Office public Pays d'Aix Habitat, fer de lance d'une démarche sociale retombée en jachère. Pour preuve, les multiples plaintes de locataires liées à l'explosion inexpliquée des charges qu'on leur réclame.

Découragement néfaste pour l'économie. Faute de pouvoir loger leurs cadres et leurs salariés à bon prix, de nouvelles entreprises évitent notre territoire. D'autres installées ici depuis longtemps le fuient.

Rabougrissement de notre vocation universitaire. Sans offres suffisantes de logements, nos étudiants vident nos campus et rejoignent Marseille.

Les exemples du déclin sont légion.

Alors que, depuis six ans, elle tient tous les leviers de la décision sans les actionner, Maryse Joissains porte une lourde responsabilité face à la situation catastrophique du Pays d'Aix en général et d'Aix en particulier.

Qu'on ne vienne pas nous dire que l'on n'y peut rien.

La dynamique de développement enclanchée dans les années 90, qui a vu près de 10.000 habitants nouveaux et des milliers d'entreprises nous rejoindre, a été freinée, à la fois par manque de volonté politique et par inaptitude à relever les défis.

En matière de carence de logements, Aix a malheureusement fini par coller à la triste image de notre pays.

      

Ce qu'en dit la Fondation Abbé Pierre

          

Il y a quinze jours, la Fondation Abbé Pierre a estimé que, malgré la relance de la construction de logement en France, la situation est "préoccupante". "L'effort de construction" s'est orienté vers "les catégories sociales aux ressources les plus élevées", note-t-elle, alors que plus de 1,3 million de demandes de logements sont en attente.

Or, ajoute-t-elle, "la demande sociale est à ce jour particulièrement forte, avec plus de 1.300.000 dossiers en attente". Et selon l'association, "seuls 35.000 logements véritablement sociaux (...) ont été bâtis en 2006".

"Cette grave distorsion entre l'offre produite et les besoins des ménages est par ailleurs aggravée par une baisse sensible de la mobilité au sein du parc social", poursuit la Fondation Abbé Pierre.

Ainsi, entre 2001 et 2006, "le 'turn over' a chuté de manière spectaculaire, contribuant ainsi à réduire l'offre disponible. Durant cette période, le taux de mobilité est passé de 11,4% à 9,4%, ce qui équivaut à restreindre cette offre de quelque 90.000 logements, soit près de trois ans de construction au rythme actuel".

"La relance de la construction est, dès lors, trompeuse", souligne la Fondation. "Les tendances actuellement constatées ne laissent aucunement entrevoir une résolution de la crise, mais bien plutôt une aggravation. Si elles venaient à se confirmer, la situation du logement en France connaîtrait une évolution dramatique pour nombre de ménages en recherche d'une solution à leur besoin".

Voilà, tout est dit. Tout est à faire.

29 septembre 2007

Sarkozy : "Je n'ai jamais bu une goutte d'alcool !"

roi_du_monde

(Clic sur l'image pour agrandir)

Vrai ou faux ? A l'ONU, parlant aux journalistes, le président est revenu sur le fameux épisode où la télévision belge montrait son air vaseux lors de sa conférence de presse après une entrevue avec Poutine.

Voyez plutôt cette vidéo (2mn 6s) qui nous permet de boire ses paroles…

http://www.dailymotion.com/video/x32zl2_sarkozy-menteur-alcoolise_politics

27 septembre 2007

Pays d'Aix : L'UMP en mode ventilateur

ventilateur

Christian Kert, futur maire de Ventabren ?

Les élections ne seront pas une aventure de tout repos. A Ventabren, on sait que Claude Filippi a du mouron à se faire. Après les remous au sein de son conseil municipal et les reproches de plus en plus insistants qu'on adresse au maire, la donne pourrait bien prendre une autre tournure.

Il se murmure que le député Christian Kert (UMP), autrefois premier adjoint à Salon, serait pressenti pour mener une liste. La manœuvre est censée avoir un double avantage : se débarrasser de Filippi et tenter de redonner du crédit à Maryse Joissains au sein de la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix.

C'est ce qui s'appelle un coup politique. Reste à savoir si les électeurs sont disposés à reconduire une majorité de droite en Pays d'Aix.

Bruno Genzana, son passé ne passe pas

Lors du colloque sur l'habitat et les transports, Bruno Genzana a fait preuve d'un courage… qu'on ne lui connaissait pas. Après six années passées au côté de Maryse Joissains à défendre une politique rabougrie de l'habitat à laquelle eux seuls croyaient, après avoir servi leur propagande à grandes brassées, il s'est laissé aller à faire repentance sur l'insuffisance de sa propre action. Plus hypocrite, tu ne trouves pas.

Enclanchant à fond le mode ventilateur ("très sincèrement", "du fond de mon cœur", "je vous l'accorde bien volontiers"…), Genzana s'adapte aux auditoires mais ne met jamais ses votes en conformité avec sa parole, qui on le voit, n'est jamais une.

Au cours de la même journée, il a aussi répété qu'il avait changé d'avis sur le projet de la Duranne, admettant maintenant que le développement d'Aix ne pouvait se faire qu'à partir de ce nouveau quartier. Là encore, il n'aura mis que six ans pour prendre conscience du manque criant de logements.

Genzana prétendait mettre l'avenir d'Aix en ateliers ; il ferait mieux de se repasser son inaction passée en boucle.

7 juillet 2007

BILAN 14 : Gare routière d'Aix, la foire aux mirages

gare_routiere

(Clic sur l'image pour agrandir)

Maquette volumétrique du projet sur l'avenue de l'Europe

A entendre le message officiel de Jean Chorro, premier adjoint chargé des grands travaux et des transports, c'est comme si elle était déjà construite. Mais non. La gare routière nouvelle mouture n'est pas pour demain.

La dernière réunion de concertation présentant le projet du bijou en toc a eu lieu mercredi soir au Centre des Congrès.

Vidéo, plans, maquette, dépliants, explications techniques, rien n'a manqué pour tenter d'éblouir la centaine de personnes qui assistaient au raout.

Petit retour en arrière : en 2001, Joissains avait dit que "l'emplacement actuel était aberrant". Elle se faisait fort de trouver un autre lieu. Après avoir fait le tour des terrains d'Aix, elle a choisi... de ne rien déménager. Bon, passons.

Alors, que propose-t-elle maintenant ? Un projet pharaonique en plein cœur de la ville. On nous assure qu'il est beau, qu'il limite le bruit et la pollution, qu'il est "pensé" (attendez pour rire, c'est plus loin) et qu'il résoudra les problèmes des déplacements, j'exagère à peine.

Maintenant, reprenons un certain nombre de points du projet.

-- il ne fait finalement que substituer un schéma définitif propre à l'actuel aménagement provisoire peu satisfaisant,

-- il fait l'impasse sur la pertinence du lieu et les enjeux cruciaux régionaux incluant l'agglomération marseillaise, l'étang de Berre, les Alpes et la Côte d'Azur,

-- il est en totale déconnexion des logiques d'habitat déjà insuffisantes contenues dans le Plan local de l'habitat (PLH) et en contradiction flagrante avec les objectifs bien modestes énoncés dans le Plan de déplacements urbains (PDU), notamment ceux liés aux grandes liaisons routières et ferroviaires pour desservir les lieux d'habitation des usagers et de travail dans les zones d'activités,

-- il s'exonère de toute réflexion sur l'avenir urbanistique du pays d'Aix forcément appelé à évoluer et pour lequel la mutation obligatoire du Plan d'occupation des sols (POS) en Plan local de l'urbanisme (PLU) n'a pas été entreprise depuis six ans et dont la décision se trouve repoussée, en dépit des besoins et du bon sens, au prochain mandat municipal,

-- il n'envisage pas les indispensables moyens fonciers pour des pôles périphériques diversifiés judicieusement répartis sur le territoire de la Communauté d'agglomération du pays d'Aix (CPA) qui pourraient faire du site actuel un lieu de transit au lieu de le vouer à un rôle de pôle central,

-- il s'articule mal avec la gare SNCF pourtant proche,

-- il consacre l'entrée massive de véhicules motorisés dans l'hyper centre, déjà aggravée par la présence de parkings surdimensionnés et par des flux de circulation déjà saturés sur les avenues du secteur,

-- il prévoit une superficie couvrant toute la largeur de l'avenue de l'Europe (170m de long sur 40m de large),

-- il imagine un passage souterrain (une trémie) dans le sens est-ouest sous la gare (un quart du coût du projet), supprimant une des voies  d'accès au parking Méjanes (vous pouvez commencer à rire mais pas encore aux éclats),

-- il programme une remise à deux voies de la rue Lapierre (parallèle nord de l'avenue de l'Europe) qui permettrait l'accès au parking et qui rendrait donc inutile... la percée souterraine (n'hésitez pas ici à amplifier votre rire),

-- il est annoncé pour l'année 2011 mais sur la base d'années 1, 2, 3 et 4 au lieu d'années 2008, 2009, 2010 et 2011 car, en cas de retard, on pourra toujours déclarer que la nouvelle année 1 sera, par exemple, 2010 (ne vous gênez plus pour vous esclaffer),

-- il indique que la dépense prévue à ce jour est de 28 millions d'euros hors taxes. L'expérience montre qu'à la date effective de réalisation de nombre de projets, les surcoûts actualisés peuvent atteindre jusqu'à 50% (là, vous devriez réfréner un peu votre rire car c'est avec votre argent).

En résumé, au vu des lourdes carences qui entourent ce choix, je considère que cette annonce surréaliste manque de vision globale, d'ambition et d'adéquation aux grands enjeux liés à l'avenir d'Aix et du pays d'Aix. Je n'y vois là qu'une énième tentative de propagande électorale visant à camoufler les inepties d'une équipe municipale et communautaire en mal de souffle et d'ambition.

                                                   

Pour consulter la présentation idyllique du projet par la CPA :

http://www.agglo-paysdaix.fr/sites/gareroutiere/concertation.php

22 septembre 2007

Christiane Taubira dans le débat sur la loi Hortefeux

test_ADN

(Clic sur l'image pour agrandir)

La loi relative "à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile" a été votée à l'Assemblée nationale. Christiane Taubira, députée PRG, est intervenue dans le débat au cours de la séance du mardi 18 septembre 2007. Voici le texte de sa prise de parole : des vérités bonnes à entendre et un cri humaniste.

Après dix-sept textes, dont quatorze ces cinq dernières années, relatifs à l’entrée et au séjour des étrangers, au droit d’asile, au code de la nationalité, à la validation des mariages, à l’emploi de certaines catégories d’étrangers – autant d’obsessions qui produisent des lois aussi bavardes qu’inefficaces – que pourrait-il nous rester à vous dire, Monsieur le ministre – si du moins l’on débattait de bonne foi ?

Cette majorité, fascinée par les tests scientifiques, les manipule comme le feraient des auteurs de bandes dessinées, ou des apprentis sorciers ignorants de la bioéthique. Il faut dire que le Président de la République, lorsqu’il était candidat, avait provoqué une première secousse par ses déclarations sur la prédestination au suicide et à la pédocriminalité !

Sous prétexte d’encadrer, en fait d’enserrer, le regroupement familial et malgré de pathétiques déclarations de bienveillance, vous ajoutez de nouvelles mesures de police en lieu et place des mesures de cohésion culturelle et sociale qui ramèneraient la présence de quelques dizaines de milliers d’immigrés à sa juste mesure.

Ce gouvernement a conservé l’habileté d’habillage du précédent, qui présentait le CPE dans une loi pour l’égalité des chances, la violation du secret médical, et dans une loi sur la prévention, une tentative d’enrôler les travailleurs sociaux comme auxiliaires des policiers et délateurs !

Nous avons eu aussi la loi contre la récidive, avec des peines plancher, concept antidémocratique emprunté à un pays qui avait criminalisé la pauvreté, la couleur et l’engagement militant, et en était revenu. Vous pratiquez ainsi le « haut travesti » sémantique comme d‘autres la haute couture (Exclamations sur les bancs du groupe UMP).

Vous essayez de faire croire que la souveraineté de la France est en jeu pour banaliser l’hérésie politique et l’indigence éthique que représente ce ministère de confusion, d’imposture et d’inhospitalité (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche ; exclamations sur les bancs du groupe UMP).

Quant aux mesures honorables que comporte ce texte, elles sont imposées par la Cour européenne des droits de l’homme.

Il serait facile d’ironiser si le texte s’y prêtait. S’il suffisait d’un stage de deux mois sur les valeurs de la République pour assurer l’égalité entre les hommes et les femmes, nous serions débarrassés depuis longtemps des violences conjugales qui frappent des femmes dont le conjoint a parfois fréquenté vingt ans les écoles de la République, voire les grandes écoles ! (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche) Et il n’y aurait pas besoin de ces lois qui ne réussissent pas à supprimer l’écart de 27 % entre les salaires des hommes et des femmes…

Il faut avoir bien peu de considération pour les leçons de l’histoire pour croire comme vous en la force des murs. Les hommes partiront tant que n’auront pas disparu les causes qui les mettent en mouvement : la pauvreté, les inégalités, la fragmentation des territoires en fiefs que les transnationales préfèrent à des États souverains.

Croyez-vous faire peur à certains ? Vous vous trompez. La détresse, la nécessité de survivre, l’amour tout simplement leur donneront toujours une ruse d’avance sur vous. En revanche, vous créez des périls pour la France, en laquelle vous semblez avoir une confiance très modérée.

Dans les outremers, la situation est très différente, et nous avons d’autant plus de mérite de ne piétiner ni nos principes ni notre éthique. Nous gardons en mémoire la diversité de nos origines, amérindiennes, africaines, européennes, asiatiques, et nous savons que c’est la confiance en la vie et la sagesse des hommes qui ont produit nos société créoles qui concilient des identités diverses, des traits sociaux caribéens, ou amazoniens dans mon cas, une éducation et des institutions françaises, une relation privilégiée à l’Europe.

En Guyane, l’esbroufe n’est plus de mise. Dites-nous donc combien d’adolescents, scolarisés depuis plusieurs années, ne peuvent se présenter aux examens. Combien d’expulsés le sont deux fois, trois fois la même année ? Combien pèsent sur les budgets publics des mises en scène comme les descentes sur les chantiers d’orpaillage après que les trois quarts des clandestins se sont évanouis dans la nature ? Qui évalue les effets dévastateurs des contrôles en mer au cours desquels la marine nationale finit par être intimidée par des bateaux de pêche fraudeurs ? Ces démonstrations musclées sont en contradiction avec la construction d’un pont sur le fleuve Oyapok.

Qui en paiera le prix ? Renoncez à ces moeurs tapageuses et ridicules. Une question de cette ampleur ne relève pas de vous, Monsieur le ministre. Il faut la confier au ministère des affaires étrangères. Ce dont le monde a besoin, c’est de dialogue et de coopération, non de ces déclarations récurrentes d’hostilité qui sèment le ressentiment.

"L’univers rétréci, tel est la menace", écrivait Victor Segalen, et Léopold Sedar Senghor implorait : "Seigneur, pardonne à la France qui dit la voie droite, mais chemine par des sentiers obliques". (Applaudissements prolongés bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine).

Pour consulter la loi votée :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/ta/ta0026.asp

Publicité
Publicité
Suivre sur Twitter
Publicité