mardi 27 novembre 2012

L'UMP, le cirque le plus drôle du monde

fillon copé élu

Tuerie généralisée entre grands amis à l'UMP ! Voilà maintenant dix jours que la farce tourne à plein régime.
Hier encore, magouille et maquillage aidant, Jean-François Bokassa s'est couronné lui-même président pour la troisième fois. Et, pour la troisième fois aussi, François Fission a scrogneugneuté tel un soldat terrassé.
Ah, elle est belle leur "France forte", n'est-ce pas ? Bourrages d'urnes, tricheries, truandages, comptages et recomptages à géométrie variable, instances internes à la botte, huissiers, foutages de gueule, plaintes annoncées, scissions inévitables. Un Alain Dupé qui rentre chez lui tout cabossé et ridiculisé. Un Nicolas Jacuzzi qui barbote en coulisses, lui qui a laissé le pays en ruines et son parti en miettes. Et ça prétendait vouloir encore gouverner !
Mieux vaut laisser ce bourbier à ceux qui l'ont créé et s'y repaissent. Tenons-nous à grande distance de là et partageons une bonne tranche de rigolade avec cette chronique de l'irrésistible Bernard Mabille diffusée lundi dernier dans la revue de presse mensuelle de Paris Première (groupe M6). (Désolé si quelques secondes de pub précèdent le visionnage de la vidéo)

fillon copé duo comique

fillon copé c'est à moi

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jeudi 22 novembre 2012

UMP : Déchirantes nouvelles scènes de violences conjugales

fillon copé main

"C'est une victoire pour l'UMP, un grand moment de démocratie." Qui a osé ça ?
Indices : elle a gardé les sots et s'est pris quelques rateaux à la justice. Pour faire les pieds à son ancien employeur premier ministre, elle a soutenu son adversaire. Vu ce qui se passe depuis dimanche, une telle déclaration montre que, question discernement, ça ne le fait toujours pas dans sa tête.
Lundi soir, François Fillon semblait avoir admis, un brin râleur tout de même, sa "défaite" face à Jean-François Copé. On pensait que cela allait s'arrêter là. Cocu il était, cocu il s'en irait. Et bien non.
Hier, ses comparses ont découvert que le président proclamé de l'UMP avait gagné de 98 voix en bénéficiant de "l'oubli" de comptage de trois fédérations d'outre-mer. Bien sûr, l'outre-mer, c'est loin, trop loin. Pourtant, l'ajout de leurs votes changeait totalement la donne en garantissant maintenant un avantage de 26 voix à Fillon.
Et dire que, pour une fois, le croque-mort François Lenglet n'y est pour rien puisque personne n'avait eu la lumineuse idée de le consulter pour qu'il leur fournisse ses graphiques habituellement si hilarants annonçant toujours les pires catastrophes.
L'info du jour fut de choc, aussitôt éventée, aussitôt répandue sur toutes les ondes. De quoi se marrer de plus belle. Déclarations par-ci, prises de position par-là, attaques par-ci, défenses par-là, bref, de vraies scènes de violences conjugales d'après divorce. Et le gros remue-ménage s'est emballé jusqu'au soir sur tous les plateaux de télé.
Fillon : "Je renonce à la présidence." Drôle façon de dire les choses : il n'est pas président ! "J'irai jusqu'au bout !" C'est la menace d'aller en justice.
Copé : "Je regrette, je ne pense pas qu'il faille aller à une telle extrêmité. Pourquoi est-ce que tout cela a été validé par tout le monde ? Il y a des règles, il faut les respecter." 
On n'ose imaginer le pugilat s'ils avaient été sur la même chaîne en même temps.
A mon avis, mais je comprendrais tout à fait qu'ils n'en tiennent pas plus compte que des résultats d'outre-mer ou des truandages dans les bureaux de votes, il ne reste guère qu'une seule solution pour départager les deux vrais-faux présidents : le tirage au sort par une main innocente, par exemple celle de Gredine Medrano ou de Acida Denti.
Tiens, je sens qu'on va encore se marrer pendant quelques années…

fillon copé psychodrame ump

fillon copé fin du monde

"L'UMP, famille décomposée avec deux papas" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2012/11/19/25615088.html
"Divorce des deux papas… sans garde alternée de l'UMP" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2012/11/20/25623516.html

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mardi 20 novembre 2012

Divorce des deux papas... sans garde alternée de l'UMP

fillon copé made in fraude

Après des années de colocation haineuse et tendue qui ont vu les deux papas faire de plus en plus chambre à part, hier soir, lorsqu'une fumée brunâtre s'est élevée au dessus de la grosse commission des juges, le constat de leur divorce a été finalement dressé en présence de nombreux témoins.
La garde alternée de la maisonnée umpesque leur ayant été refusée, Jean-François Copé s'est immédiatement arrogé toute la bicoque et une moitié des adhérents, distribuant des pains au chocolat à pleines poignées.
Quelques minutes plus tard, François Fillon, victime d'une nouvelle fracture et privé de la moindre soupente, a voulu faire bonne mine en s'érigeant en garant de la morale familiale de l'autre moitié, promettant de prêter ses béquilles aux quelques autres éclopés qui se tenaient à ses côtés. Signe qui ne trompe pas, on l'a bien vue, Valérie Pécresse avait perdu son rictus extatique de la veille.
Copé, lui président, a maintenant les mains si libres qu'il a même proposé de les ouvrir en tendant les bras. Fort de son avantage, il va sans doute prendre quelques jours de repos, peut-être en allant d'abord faire trempette dans la piscine de son ami Takieddine, puis en poursuivant sa drague risquée du côté de l'extrême-droite.
Fillon, lui pas président, va désormais disposer de longues journées pour s'adonner à ses passions roulantes en faisant des tours et des tours sur tous les circuits de formule 1 du monde et apprendre aussi enfin à conduire un scooter sans se casser la gueule.
Cela dit, il y a peu de chances que les deux joyeux concurrents se retrouvent nez à nez avant longtemps. L'occasion la plus probable de se rebouffer le foie ne se représentera que lorsqu'arrivera le temps meurtrier de la primaire présidentielle. D'ici là, ils auront eu tout loisir de cogiter sur leur chance de ne pas être à la place de leur vénéré Nicolas Sarkozy qui s'est vu imposer un petit voyage à Bordeaux où un juge l'attend ce jeudi.
Triste et pathétique fin pour l'UMP, alias l'Union Mal Partie. Mais qu'est-ce qu'on se marre encore à gauche ! Et ça, c'est cadeau.

Au fait, quelle légitimité ?

Selon la commission de contrôle électoral, l'écart de voix entre Jean-François Copé et François Fillon s'établirait donc à 98 voix. Cela me rappelle celui de l'élection municipale partielle d'Aix de 2009 qui avait été réduit après passage par le Conseil d'Etat à 142 voix en faveur de Maryse Joissains.
Au-delà de cette comparaison, on se souvient que Copé n'avait pas eu de mots assez durs pour ironiser sur la participation à la primaire citoyenne de gauche.
Il avait alors tenté de minorer ainsi le score de François Hollande : "Si deux millions de votants est 'un score intéressant', seuls '4 Français sur 100' ont voté à ce scrutin." [...] "Ça fait 96% des Français qui pensent que l'élection, c'est l'année prochaine, voilà. Donc, je crois qu'il faut peut-être relativiser un peu tout ça", avant d'ajouter : "Il y avait trois millions de Français à la Braderie de Lille !" 
Or, pour le vote de dimanche, Copé n'a été élu qu'à 50,03% avec seulement 58% de participation, soit à peine plus du quart des adhérents de l'UMP. Que pense-t-il de sa propre légitimité ?
Et qu'en pense aussi Joissains élue ric-rac qui l'a soutenu, elle qui avait proféré ces propos scandaleux : "Même si M. Hollande est proclamé président de la République, je ne pense pas qu'il soit légitime. (...) Par voie de conséquence, je ne me sens pas liée par ce président de la République que j'estime illégitime."
On aimerait bien les entendre aussi fort lorsqu'ils sont eux-mêmes concernés par des scores étriqués.

"L'UMP, famille décomposée avec deux papas" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2012/11/19/25615088.html

fillon copé crac

fillon copé résultat définitif

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lundi 19 novembre 2012

L'UMP, famille décomposée avec deux papas

fillon copé résultats

gif mort de rire

Je n'avais pas l'intention de faire une place à cet événement. Mais, hier soir, voyant l'explosion se profiler puis survenir en direct sur la TNT la bien nommée, je me suis dit que cela valait peut-être la peine d'y consentir quelques lignes, comme une façon de rendre un peu la monnaie en petites pièces.
L'UMP a perdu la seule élection qu'elle était pourtant sûre de gagner depuis des années. Et, au moment des résultats, les candidats et leurs soutiens ont fini par balancer tout leur fiel. Pour la gauche, c'est un régal. Du miel plein pot.
On avait connu l'épisode des deux présidents ivoriens. L'UMP vient d'en incarner sa version avec l'annonce de deux califes auto-qualifiés. Dur retour de bâton. C'est cette même droite qui s'était foutue du congrès socialiste de Reims. C'est cette même droite qui avait dit pis que pendre sur la primaire citoyenne allant jusqu'à l'accabler de soupçons de fichage des votants. C'est cette même droite qui ne cesse de rodomonter avec arrogance sur les couacs des ministres et de vociférer à l'Assemblée et au Sénat, menaçant d'en appeler à la rue alors qu'au pouvoir elle affirmait que ce n'est pas la rue qui décide.
Et les voilà tous embarqués dans la plus comique des situations, le barboteur de la piscine de Takieddine Jean-François Copé d'abord et le scooteuriste imprudent François Fillon ensuite se déclarant tous deux victorieux du combat de coqs qu'ils viennent de mener. C'est moi que j'ai gagné, j'ai plus de voix que lui, et c'est moi que je serai président dans cinq ans. Non, c'est moi que j'ai gagné, j'ai tout recompté, et c'est moi que j'irai à l'Elysée. Il fallait voir Valérie Pécresse gloussant d'une béatitude idiote. On se marre. Et on n'a pas fini.
L'UMP avait déjà bouffé son grand chapeau en mai et en juin. Hier soir, l'UMP a aussi éclaté en morceaux. Dénonciation de fraudes, d'irrégularités, de bourrage d'urnes, de salade niçoise, menaces de recours. Pas de résultat, pas de chocolat. La droite décomplexée est devenue la droite décomposée.
Conséquences. La gauche de gouvernement va pouvoir se gausser devant les divisions et la débâcle de cette opposition qui ne cesse d'incanter l'union, la transparence, la responsabilité. On se marre.
Par l'effet communicant de la vase, on va vite observer qu'il y aura trois droites encore plus concurrentes qu'avant, avec les pseudo-centristes de droite qui récupéreront de nouveaux réfugiés, la droite "umpesque" qui sera coincée au milieu et l'extrême-droite qui annexera les sinistrés du massacre. On se marre.
Allez, un dernier petit sarcasme pour la (dé)route : ce sont bien ces gens qui ont gouverné la France pendant dix ans !

fillon copé globe

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mercredi 14 novembre 2012

Hollande, une conférence digne et pertinente

hollande ayrault

Il a descendu un escalier, a fait quelques pas vers son pupitre et a commencé son discours debout pour une conférence de presse de deux heures et demie, dont 45 minutes en prologue aux 32 questions des journalistes sur de nombreux sujets que l'on pourra retrouver en détail dans les médias d'aujourd'hui.
Au final, sa prestation télévisée a confirmé, si besoin en était, mon opinion sur la façon d'être et de se conduire de François Hollande. A aucun moment, mes yeux n'ont été agressés par des grimaces compulsives ou des gesticulations bouffonnes. A aucun moment, mes oreilles n'ont été étourdies par des menaces de matamore ou des tonalités d'arrogance. A aucun moment, mon cerveau n'a eu à endurer des fanfaronnades de cirque ou des outrances de suffisance. En un mot, la conférence de presse de François Hollande a été normale. Rien de spectaculaire sur la forme, même pas un incongru "avec Valérie, c'est du sérieux !".
Sur le fond, l'objectif du président de la République n'était pas de faire quelques annonces à la mode frénétique et irritante de qui l'on sait et que l'on a trop vu, mais bien, comme il l'avait indiqué durant sa campagne, de venir tous les six mois face aux médias rendre compte de son action et l'expliquer aux Français.
Dans son premier exercice du genre d'hier, j'ai trouvé que François Hollande était à l'aise et qu'il a bien su manier les mots pour exposer sa conception du pouvoir et les articulations de la politique qu'il a engagée au plan national et international.
Chacun en pensera ce qu'il voudra. Quant à moi, je ne regrette pas d'avoir serré la main de cet homme au meeting de mars à Marseille.

Hier, les propos de François Hollande ont été pacifiques. En revanche, à droite, la guerre interne ne fait que commencer. Et le vote de dimanche ne sera qu'un faux armistice de plus…

fillon copé

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vendredi 9 novembre 2012

Non à tout cumul de mandats !

logo marianne république française

C'est aujourd'hui que l'ancien premier ministre Lionel Jospin remet le rapport de la commission de rénovation et de déontologie de la vie publique.
Ce document est le résultat du travail accompli à la demande de François Hollande visant à faire des propositions sur plusieurs thèmes. Cette première étape sera suivie dès mardi prochain d'une audition de Lionel Jospin par la commission des lois de l'Assemblée nationale.
Le débat sera alors vraiment ouvert jusqu'à la validation d'un projet de loi par le conseil des ministres puis d'une présentation et d'un vote par les députés et les sénateurs. Les délais ne pourront aller au-delà de mars prochain sachant que, pour qu'elle puisse s'appliquer, la loi devra être entérinée et décrétée au moins un an avant les élections municipales. 

16h00 : Actualisation : Voir plus bas le rapport complet 

Voici les thèmes de travail de la commission Jospin : 
1. Election présidentielle : 
* parrainage des candidats 
* financement de la campagne 
* expression des candidats dans les médias 
* articulation du calendrier des élections législatives avec celui de l'élection présidentielle 
2. Statut juridictionnel du chef de l'Etat 
3. Cour de justice de la République
4. Ministres : cumul des mandats
5. Parlementaires : cumul des mandats
6. Mode de scrutin des élections législatives et sénatoriales 
7. Déontologie et conflits d'intérêts pour : 
* les parlementaires 
* les membres du Gouvernement et les collaborateurs des cabinets ministériels 
* les titulaires de certains emplois supérieurs de l'Etat 

La tâche de la commission est copieuse, c'est le moins que l'on puisse dire.
Vu le chamboulement que les futures décisions vont provoquer dans les mauvaises habitudes de certains élus, nul doute que les réactions seront nombreuses. Cela a déjà bien commencé. Et l'on va entendre les rouspéteurs, les outrés, les anti-tout, bref, tous ceux qui regardent d'abord leurs intérêts avant de se demander quels bénéfices la consolidation de démocratie peut en tirer.
Comme on peut s'y attendre, la plupart des grosses empoignades porteront sur le thème du cumul des mandats. Or, ce n'est pas faire de l'anti-parlementarisme ou de la démagogie que d'affirmer qu'une grande majorité de citoyens ne supportent plus les cumulards et sont favorables à une clarification du rôle des élus.
Pour ma part, je suis adepte de mesures radicales allant jusqu'à l'interdiction totale de tout cumul. Autrement dit, je suis pour le mandat unique, quel qu'il soit, à tous les niveaux. Ayant été moi-même été élu, et un temps adjoint au maire d'Aix, on ne me fera jamais croire que l'on peut mener de front plusieurs mandats à la fois.
L'honnêteté commande de l'admettre. La réalité montre qu'un élu ne peut pas être totalement assidu partout, participer à toutes ses obligations et connaître ou étudier sérieusement tous les dossiers. Celle ou celui qui prétend le contraire se moque du monde.
Certains, et ils sont nombreux à le clamer par peur de perdre leurs avantages de tous ordres, mettent en avant l'idée saugrenue, et à mes yeux irrecevable, qu'un parlementaire qui cumule une fonction locale serait plus efficace grâce à un ancrage de terrain. La bonne blague ! La France est l'une des dernières, sinon la dernière des grandes démocraties à autoriser cette confiscation des pouvoirs par quelques-uns.
A les suivre, cela signifierait que les parlementaires qui ne cumulent pas seraient des incapables et même des nuls. Or, il y a déjà des élus qui n'exercent qu'une seule fonction et, ce n'est pas un hasard, la plupart du temps, ce sont eux qui sont plus présents et les plus actifs. Que l'on sache, dans les pays européens où le cumul est totalement banni, les élus n'en produisent pas moins un bon travail et leurs pays ne s'en portent pas plus mal.
D'ailleurs, mais j'ignore si la commission y a songé, il serait souhaitable que les règles changent également pour l'indemnisation des élus. Au lieu de privilégier un système de retenue non dissuasive des indemnités seulement en cas d'absences répétées, il paraîtrait plus judicieux de ne rémunérer les élus qu'au prorata de leurs présences effectives et complètes aux convocations, réunions, commissions et séances des assemblées entrant dans le cadre de leurs obligations. Pour sûr, le nombre d'imposteurs et de fumistes diminuerait illico.
J'ose encore espérer que la grande réforme annoncée ira le plus loin possible et en profondeur, au risque de devoir attendre encore longtemps une autre occasion d'assainir et de rénover utilement et moralement nos institutions plutôt sclérosées.

La commission Jospin
(Cliquer aussi sur les onglets)
http://www.commission-rdvp.gouv.fr/index.html

Le rapport Jospin (version intégrale)
http://www.commission-rdvp.gouv.fr/Rapport_Commission_RDVP.pdf

cumul des mandats en france

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mercredi 7 novembre 2012

Avec Obama réélu, Il est deux fois en Amérique !

obama 2012 president

Le grand événement historique de 2008 s'étant reproduit en ce soir du 6 novembre, il faudrait maintenant s'aviser de tourner une autre version du fameux film "Il était une fois en Amérique".
Déjouant toutes les prévisions sondagières le donnant à 50/50, Barack Obama a très nettement réussi sa réélection à la présidence des Etats-Unis. Avec ce nouvel arc-en-ciel d'espoir, on pourra peut-être respirer un peu mieux pendant encore quatre autres années.

Toute la nuit, le site de CNN a projeté en direct
au sommet de l'Empire State Building
les images de la progression des résultats
aux couleurs des deux candidats.
  
Capture d'écran à 3h00 (heure française)

obama CNN empire  
Capture d'écran à 5h20

obama CNN empire state

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lundi 29 octobre 2012

PS : Un congrès convenu mais utile

ps congrès rose

Une fois l'élection présidentielle passée, quelles peuvent être les audiences des congrès, conventions, batailles internes ou autres vrais ou faux débats des partis politiques ? Que peut bien retenir un électeur, même intéressé, des grands discours des uns et des autres. A en juger par les chiffres minables du passage sur France 2 des deux candidats de l'UMP à la conquête du poste de calife, l'engouement semble avoir déserté les téléspectateurs.
De même, quel impact peut avoir eu le congrès du PS de ce dernier weekend sur ceux qui ont regardé les quelques secondes diffusées dans les journaux télévisés ou qui ont suivi en partie ou intégralement (comme je l'ai fait) la retransmission sur la Chaîne parlementaire ?
Le désintérêt, le détachement ou l'indifférence trouvent sans doute leur origine dans l'idée que les jeux essentiels en termes électoraux ayant été faits en mai et juin, il n'était plus aussi crucial de consacrer trop de son temps à des débats sans possibilités de choix ou de sanctions pouvant influer ou décider de l'avenir jusqu'à une prochaine échéance capitale. Or, c'est là l'erreur. Qu'on ait opté pour un camp ou pour l'autre, voter le jour dit ne suffit pas. C'est précisément durant toute la période entre deux élections que tout se joue. C'est ce qui m'a toujours passionné, souvent jusqu'à la soif de n'en perdre aucune goutte.
Maintenant, revenons au congrès de Toulouse. Des surprises de fond, il n'y en a pas eu ou si peu. On avait certes bien compris que tout avait été réglé bien avant : la désignation du nouveau secrétaire national du parti et la teneur des discours de soutien indéfectible adressés au président de la République, au premier ministre et à l'ensemble du gouvernement.
Certains orateurs, par trop zélés, n'ont pas hésité à en faire au-delà du nécessaire et du suffisant en s'exposant dans des allégeances qui laissaient entrevoir les ficelles. L'unanimité affichée semblait un peu factice, surtout quand on sait tout ce que la bataille de la primaire avait dégorgé d'inimitiés, de critiques mutuelles et de mots assassins entre les divers courants.
C'est la règle, m'objectera-t-on. Je ne conteste pas le besoin de se montrer unis après les affrontements, surtout après avoir regagné le pouvoir. Ce que j'ai un peu de mal à admettre, ce sont les excès d'éloges et de lèche qu'on a entendus de la part de certains ministres ou responsables du parti, de ceux qui cherchent à bien se faire voir, de ceux qui sont encore en attente d'une place ou de ceux qui espèrent se faire connaître pour assouvir une ambition.
A mon avis, de tous les discours prononcés ces trois jours, peu ont emprunté des chemin nouveaux ou iconoclastes.
Selon moi, la prise de parole la plus originale et la plus démarquée a été celle d'Emmanuel Maurel, dont la motion avait atteint 13%, qui a osé rappeler avec un allant grinçant quelques vérités parfois escamotées. Sa parole était directe, vive et rafraîchissante.
L'intervention de Martine Aubry était, quant à elle, très offensive et sans fioritures, créant ainsi une forme de surprise alors qu'elle quittait sa fonction. Peut-être a-t-elle voulu faire comprendre qu'il fallait encore compter avec elle pour un éventuel rôle au poste de premier ministre lorsque le temps s'y prêtera.
Enfin, la troisième personne qui a détonné, c'est Harlem Désir, qu'on disait sans charisme et quelque peu moutonnier. On l'a vu s'emporter jusqu'à trop hurler et puis, s'en rendant compte, redescendre d'un ton, tout en continuant à lancer des attaques en formules bien calibrées contre la droite. Son discours a été pugnace et argumenté pour défendre les projets et l'action du gouvernement.
Alors, disons-le, même si ce congrès post-électoral n'a pas semblé vibrer comme les meetings de la campagne électorale, il aura au moins eu son utilité pour riposter aux invectives sinon à la démagogie de l'opposition.
                                                                                                      A suivre…

Deux articles intelligents (et drôles) sur le congrès

logo bakchich

http://www.bakchich.info/france/2012/10/26/nuances-de-rose-61873

logo rue89 bis

http://www.rue89.com/rue89-politique/2012/10/27/toulouse-le-retour-de-royal-et-le-croque-monsieur-socialiste-236574

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mercredi 24 octobre 2012

Les baïonnettes d'Obama contre Romney

obama romney caricature(Clic sur l'image pour agrandir)

Les débats télévisés sont clos, place aux derniers meetings.
La troisième confrontation entre Barack Obama et Mitt Romney s'est déroulée à l'Université de Lynn à Boca Raton en Floride. Et elle a été assez rude pour le candidat républicain. Le président sortant ne l'a aucunement épargné sur le thème de la politique étrangère (disons plutôt la façon très américaine de la voir comme, par exemple, avec une absence totale de mention de l'Europe) où il a l'avantage de l'expérience engrangée en quatre ans de mandat.
Les thèmes officiels du débat portaient sur le rôle des États-Unis dans le monde, la guerre en Afghanistan et la relation avec le Pakistan, les changements au Proche-Orient et le nouveau visage du terrorisme et les relations avec la Chine.
A vrai dire, ce dernier débat de 96 minutes n'a pas toujours été à la hauteur avec une redondance de lieux communs, des explications imprécises et des passages hors sujet lorsque les candidats sont revenus sur des questions économiques déjà traitées dans les précédents débats.
Les échanges ont cependant permis à Barack Obama de ne pas mâcher ses mots. Il a présenté son adversaire comme étant incompétent et indécis en politique étrangère, n'hésitant pas à dire que son adversaire est "nul" en ce domaine. Il n'a pas manqué d'agiter son trophée de guerre, l'élimination de Ben Laden. Cela faisant, Barack Obama a tenté de peaufiner son image d’homme de paix, et de président économe qui a mis fin à la guerre d'Irak après une décennie de guerres coûteuses.
Et puis, il y a eu ce moment cinglant où, sans avoir l'air d'y toucher, il moque le côté vieillot de Mitt Romney en lui précisant que le temps "des chevaux et des baïonnettes" est fini, lorsque celui-ci s'attaque aux baisses d'effectifs et de moyens de l'armée américaine. Le président n'est pas allé jusqu'à lui parler de flèches, de catapultes ou de gourdins mais son attaque était déjà suffisamment ironique et assassine comme ça.
Ce débat sur la politique étrangère est une figure imposée à chaque élection présidentielle. Il arrive souvent en dernier à la veille du scrutin. Le sortant y trouve toujours un moyen habile de faire la différence avec un novice.

obama sondage CNN 22(Clic sur l'image pour agrandir)

De plus, comme le montrent les sondages réalisés à chaud, Barack Obama a marqué des points et cela peut jouer en termes de dynamique finale.
CBS News indique que 53% des téléspectateurs estiment qu'Obama a remporté le débat, 23% que c'est Romney qui l'a remporté, les 24 % restants estiment qu'il y a match nul. CNN donne Obama gagnant avec 48% contre 40% pour Romney. Un sondage Public Policy Polling auprès des électeurs de 11 Etats susceptibles de basculer donne l'avantage au président, 53% contre 42% pour Romney.

obama mots utilisés

Au premier débat, les deux candidats étaient cantonnés debout derrière un pupitre. Au deuxième, on leur avait fourni des tabourets avec une totale liberté de mouvements. Lundi, on leur a donné l'occasion d'être assis dans de confortables fauteuils placés dans la courbe d'une table en forme de demi-lune face à l'unique journaliste chargé de poser les questions et d'animer la soirée.
Pour cet ultime débat, diffusé sur 11 chaînes américaines, toujours en présence d'un public trié sur le volet et sommé de ne pas manifester la moindre réaction, Barack Obama avait choisi de porter une cravate bleue et Mitt Romney une cravate rouge, les couleurs de leurs partis respectifs comme lors du premier débat.
Certains médias, soucieux de pousser l'analyse formelle et technique des trois confrontations, sont allés jusqu'à calculer le nombre total de mots prononcés : 17.177 le 3 octobre, 18.979 le 16 et 17.908 le 22. Voilà des statistiques qui, même si elles sont fiables et font la joie de leurs initiateurs, n'apportent strictement rien à la campagne électorale et n'auront aucun impact sur le résultat final de l'élection qui se jouera le 6 novembre. Une élection qui, selon mon petit doigt, verra la réélection de Barack Obama.

Moment d'ironie cinglante (sous-titré en français)

L'intégralité du débat en anglais

La transcription intégrale du débat en français
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2012/10/23/verbatim-la-transcription-du-troisieme-debat-obama-romney_1779488_829254.html

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jeudi 18 octobre 2012

Comme attendu, Barack Obama aplatit Mitt Romney

obama training(Clic sur l'image pour agrandir)

Mardi soir, Barack Obama et Mitt Romney se sont revus. Pendant 97 minutes.
Quelques jours avant, ce sont les candidats à la vice-présidence, Joe Biden et Paul Ryan, qui avaient croisé le fer. Ce fut là un face-à-face du genre féroce, le vice-président en titre ayant beaucoup houspillé et moqué son concurrent avec force sourires, franches rigolades et estocades à la hache.
Pour leur deuxième débat (combat ?), comme chacun pouvait s'y attendre, les prétendants au poste suprême ont révisé la batterie de leurs arguments et ajusté leurs comportements en fonction des observations qui avaient été adressées à l'un et à l'autre lors du premier débat.
Cette fois, dès la première minute, Barack Obama a pris les choses en main, y allant franco pour essayer de réduire dès le départ et avec beaucoup plus de pugnacité toute prétention de son adversaire. Les médias à l'affut attendaient cette montée en puissance pour lui accorder un avantage.
Face à la pression et aux propos précis de Barack Obama, Mitt Romney n'a pas vraiment pu fignoler l'image assez lisse qu'il avait voulu livrer de lui-même lors de la première confrontation. Le président sortant lui a renvoyé à la figure bon nombre de ses mensonges sur l'emploi, la fiscalité et la politique étrangère (traitée en seulement 20 mn en bout de la prestation) faisant ainsi nettement apparaître la superficialité et l'inconsistance des propositions de son interlocuteur.
Le troisième débat de lundi prochain en Floride risque fort d'être cruel pour celui qui se voit déjà à la Maison blanche.
Mais revenons à cette soirée de mardi. La retransmission était télévisée depuis l'université d'Hofstra, à Hempstead, près de New York, toujours selon une mise en scène soignée même si le décor a changé. Les deux candidats ne sont plus côte à côte derrière un pupitre mais peuvent évoluer sur l'estrade en s'interpellant, quasiment dans un corps à corps sportif, comme s'ils allaient échanger des coups à la manière de boxeurs disposant de leurs tabourets respectifs sur un ring placé face à l'œil arbitral et impartial de la présentatrice.
Vestimentairement, le seul détail qui a vraiment varié pour faire la distinction d'un débat à l'autre, c'est la stratégie affichée pour la couleur des cravates, rouge pour Barack Obama, bleue pour Mitt Romney, un choix inverse de celui de début octobre. C'est sûr, leurs équipes de conseillers s'espionnent !
Quant au public, qui n'avait pas le droit de réagir ou d'applaudir, il était installé sur des gradins encerclant de près les deux candidats. Les personnes, une dizaine en tout, qui ont posé des questions ciblées en lisant leurs notes, avaient forcément été sélectionnées avec l'accord des deux candidats.

obama sondage CNN 16 octobre(Clic sur l'image pour agrandir)

A l'issue du débat, les grandes chaînes de télévision ont rendu leur habituel verdict sondagier sur l'affrontement.
Hors les indécis, pour CNN, Obama obtient 46% et Romney 39%. Pour CBS, c'est 37% pour le premier et 30% pour le second. Mais, selon les lecteurs du Washington Post, Obama a gagné par un score de 71%. A signaler enfin que ce débat a suscité 7,2 millions de tweets contre 10,3 millions le 3 octobre. Le débat Biden / Ryan n'en avait généré que 4 petits millions.
La suite le 22 octobre avec en ligne de mire l'heure de vérité que sera l'élection du 6 novembre.

L'intégralité du débat

La transcription de larges extraits du débat en français
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2012/10/17/verbatim-la-transcription-du-deuxieme-debat-obama-romney_1776506_829254.html

"Alors, comme ça, Obama aurait déjà perdu ?"
http://castronovo.canalblog.com/archives/2012/10/05/25254475.html

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