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(Clic sur l'image pour agrandir) (Photo perso)

Une partie des habitants qui ont participé à la réunion

Pour mercredi, la météo avait annoncé une journée chaude. Cela s'est confirmé et même un peu plus à… Beisson. Après plusieurs semaines de rencontres, le collectif des habitants a organisé une réunion publique plus importante en plein air à laquelle il a invité la presse, des élus et des personnalités. Bonne pioche : il y avait une dizaine d'élus et environ deux cents habitants. Dans un face-à-face inédit, intense et dense de discours, de déclarations et d'interpellations, le grand débat et les échanges ont duré deux pleines heures.

Faisant montre d'un sens aigu de responsabilité, micro en main, les organisateurs ont garanti que chacun pouvait s'exprimer. Après un rappel détaillé et précis des motifs de cette réunion, et une critique en due forme sur l'inexistence totale de contacts avec la mairie, signalant au passage que la pétition qu'ils adresseront à Fadela Amara a déjà recueilli pas loin de 500 signatures (une signature par famille, 600 familles vivant à Beisson), Mabrouk Bekkari et Sellam Hadaoui ont sollicité les intervenants.

Etant le premier orateur, ma tâche a consisté à dresser un historique des décisions et des conditions qui ont jalonné le projet de rénovation du quartier, une façon de fixer le cadre et les bases de la situation complètement bloquée actuellement.

Tout de suite après, c'est Alain Joissains, qui se présente partout comme "conseiller politique bénévole du maire", qui a tenu à s'adresser au public, commençant par excuser Maryse Joissains pour son absence mais "qui m'a demandé de vous saluer". Cette introduction, ressentie comme une provocation, a fait réagir les participants par des huées.

A défaut de réponses précises, il s'est ensuite réfugié dans des considérations assez générales qui n'ont pas manqué de susciter plusieurs interruptions ponctuées de cris, de sifflets et d'apostrophes.

Etrangement, malgré les conflits qui nous opposent lui et moi (notamment au sujet de son contrat de directeur de cabinet annulé par le tribunal administratif suite à ma requête), il s'est cru obligé de citer mon nom pour saluer à cinq reprises l'honnêteté de mes propos quelques minutes plus tôt. Je me serais bien passé de telles louanges mais j'en ai été d'autant plus ravi que, dans sa note aux habitants, Maryse Joissains avait utilisé l'expression "individus notoirement malveillants" pour qualifier les organisateurs des réunions précédentes et ma modeste personne. Il est, n'est-ce pas, plus difficile de tenir de tels propos les yeux dans les yeux que par "note". Mais, glissons.

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(Clic sur l'image pour agrandir) (Merci à HP pour la photo)

Sellam Hadaoui, une vue des personnalités et de quelques habitants

à côté du bâtiment E dont 12 logements et 3 commerces sur 5 ont été murés

Les deux animateurs du débat ont regretté l'absence de Sophie Joissains, déléguée à la politique de la ville et donc chargée du dossier de rénovation. L'adjointe du quartier, présente mais complètement occultée, n'a pas ouvert la bouche. Deux adjoints ont dit quelques mots à sa place.

Au risque de laisser penser qu'elle parlait au nom de l'opposition, Dahbia Draouzia, déléguée à l'enfance, a reconnu des insuffisances de la politique municipale lorsqu'elle était chargée des affaires sociales sous le précédent mandat. Voilà pour les élus de la majorité, qui ont finalement été suppléés par un Alain Joissains non élu et sans rôle officiel quasiment du début à la fin.

Puis, parmi les élus municipaux d'opposition qui se sont déplacés, Fleur Skrivan est revenue sur les graves dysfonctionnements de l'Office HLM, sur le déficit de politique sociale et l'absence de concertation avec les habitants. Elle a insisté sur le fait qu'en tant que conseillère régionale elle était prête à revoir et soutenir le projet si la Ville sortait de ses errements.

Ensuite, c'est François-Xavier de Peretti qui a été invité à s'exprimer. Très remonté contre la gestion calamiteuse de la municipalité, n'hésitant pas à user de mots très sévères, il a décliné tous les thèmes qui, selon lui, depuis huit ans ont abouti à la situation actuelle d'abandon des habitants : manque de démocratie, mépris pour la population, dépense pour le nouveau siège de l'OPH mais rien pour la construction, la réhabilitation et l'entretien des logements et des espaces publics, disparition des commerces et carence d'équipements publics. A voir les visages liquides ou grimaçants de l'équipe du maire et leurs signes de protestation, il était évident que le message de l'élu avait atteint sa cible.

Enfin, des habitants ont pu poser des questions directes et concrètes et faire part de leur fort mécontentement. Plusieurs ont dit qu'ils attendaient un logement depuis quatre ou cinq ans, d'autres ont critiqué le manque d'entretien des immeubles et des espaces verts (marron, en fait). Certains ont réclamé des explications sur ce qui était prévu pour la destruction de bâtiments et leur reconstruction. Pas de réponses. Une dame en colère, encouragée et soutenue par le public, est venue plusieurs fois au micro, reprochant à la mairie de mentir et de ne rien faire pour Beisson.

Après ces âpres échanges, et en forme de conclusion, Mabrouk Bekkari a résumé ce qu'il retenait de cette réunion. Le collectif propose de mettre sur pied des groupes de travail pour rassembler ses propositions, de désigner des représentants comme interlocuteurs des institutions et de procéder à un suivi serré du dossier de rénovation.

Il a souhaité que s'engage une concertation sérieuse pour que soient réellement et utilement pris en compte les besoins des habitants. Face à la mobilisation massive de mercredi, la mairie s'est déclarée prête à jouer le jeu. Les organisateurs ont pris note de cette intention mais "sachez-le, nous serons vigilants, et si rien n'est fait, nous lancerons des actions", ont-ils ajouté, mettant en avant le fait qu'il est quand même regrettable d'avoir à procéder par interpellation sur la place publique pour pouvoir ouvrir un dialogue avec les élus.

Cette fois-ci, les paroles devront être suivies d'actes. L'avertissement vaut d'autant plus que tout le débat s'est déroulé en présence de la presse et de la télé locale TV7 Provence.

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(Clic sur l'image pour agrandir) (Merci à HP pour ce cliché clin d'œil pris à mon insu)

Nous avons été plusieurs à être interviewés par TV7 Provence

Devinette : Saurez-vous identifier la personne en veste grise

vue de dos derrière mon épaule droite ?

La Provence a prévu la parution de son article pour aujourd'hui.

Les reportages de TV7 Provence sont sur son site à partir d'aujourd'hui.

www.tv7provence.com/

Tous mes articles sur Beisson (du plus ancien au plus récent) :

"Rénovation de Beisson : Les habitants accusent…" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/04/23/13481990.html

"Beisson : Maintenant, la colère monte…" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/04/13604546.html

"Beisson et Corsy, la rénovation en panne ?" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/05/13616839.html

"Beisson : Et maintenant la pétition…" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/07/13641111.html 

"Beisson : Joissains se fend d'une note aux habitants" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/14/13722941.html