Prof d'anglais retraité
Sous-officier Armée de l'Air
Président assos culture, éducation, social 1978-1989
Correspondant presse locale 1989-1995
Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989
Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001
Parti radical de gauche 1998-2008
Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009
Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020
lucalexcas@aol.com
Même à la louche, qui saurait dire combien de personnes ont vraiment manifesté hier en France ? Tout confondu, si l'on se réfère au total cumulé à partir des chiffres claironnés par les organisateurs respectifs, il y en avait près d'un million. Pour sûr, ce sont les deux plus grosses concentrations parisiennes, le cortège syndical et le meeting de Sarkozy, qui auront raflé la mise. Pour le cortège (mobile), les syndicats ont annoncé 250.000 participants. Pour le meeting (statique), le candidat sortant (j'adore la formule) a cru en comptabiliser 200.000 (plus c'est gros...). Pour le premier, la police a livré ses calculs : 48.000, soit 5 fois moins. Pour le second, la police n'a rien dit mais sur internet de bien mauvais esprits ont rapporté le nombre possible de personnes pouvant tenir par mètre carré à la surface totale de la place du Trocadéro : maximum 50.000. Si nous étions mesquins, nous utiliserions la méthode de la police qui divise par 5 et cela ne donnerait que 40.000. L'effet des images aériennes était certes impressionnant mais on était loin des foules de la coupe du monde 98 sur les Champs-Elysées. Les syndicats ont aussi fait leurs comptes pour les rassemblements régionaux (plus de 250) : 500.000. Allez, disons, 100.000. Et au meeting improvisé de Hollande à Nevers, en l'absence de chiffres mais au vu des images aériennes, estimons le nombre de participants à 5.000. J'allais oublier le meeting de l'extrême-droite : au doigt mouillé retenons quelque chose comme 15.000, cela fera croire à Sarkozy qu'il peut les annexer. Maintenant, les résultats deviennent un peu plus parlants. A droite (Sarkozy + FN), pour les organisateurs, on arriverait à 215.000 personnes, mais à 60.000 selon toute vraisemblance. A gauche (syndicats + Hollande), pour les organisateurs, la mobilisation aurait atteint les 750.000, mais plus probablement autour de 150.000. Quoi que chaque camp a voulu démontrer, la différence est importante et le score reste très favorable à la gauche. Ce n'est pas plus scientifique que les sondages mais ça fait plaisir à constater. Les sondages, enfin certains sondages, parlons-en un peu. Un élu écologiste de Grenoble a réussi à se faire communiquer le nombre et le coût des enquêtes d'opinion commandées par Sarkozy, et payées sur fonds publics par l'Etat, sur des multitudes de sujets, histoire de piloter sa politique à vue. Selon ce courageux élu, rien qu'entre 2007 et 2009, la présidence bananière de la République a fait réaliser pas moins de 264 sondages pour un montant de 6,35 millions d'euros. L'élu parle d'"ivresse sondagière", d'"irrégularités" pour non mises en concurrence et d'utilisation des données par l'UMP. Le plus cocasse est celui qui pose la question suivante où l'on voit le sens aiguisé de l'intérêt général de Sarkozy pour le destin de la France : "Que pensez-vous de son mariage possible avec Carla Bruni ?" Pour conclure, on ne sait pas encore si des enquêtes ont été menées pour tester les éléments de langage à marteler pour aller à la pêche aux voix lepénistes. En revanche, le ministre de la défense, au CV extrême-droitier notoire et condamné en son temps pour complicité de "violence et voies de fait avec armes et préméditation", n'a pas eu beaucoup à se forcer pour affirmer au sujet de la candidate FN qu'il "sera désormais possible de parler de sujets difficiles avec un interlocuteur qui n’est pas bienveillant, mais qui, au moins, n’est pas disqualifié" comme son père. Dans le genre concours de sac à vomi, Sarkozy a du souci à se faire. Mais rêvons, il n'y en a plus que pour quatre jours.
Revenons aujourd'hui encore sur Marine Joissains et ses scandaleux propos au soir du second tour, puis dans les jours qui ont suivi. Relevons d'abord que sa proximité et sa collusion affichées avec l'extrême droite lui ont valu les critiques au demeurant logiques de toute la gauche. Voilà maintenant qu'elle reçoit également des tirs venant de son propre camp, au moins localement. Deux candidats de droite se sont déclarés plus ou moins par surprise sur la 14e circonscription dont elle est l'élue depuis dix ans. Et ces deux candidats ont leurs raisons de s'en prendre à celle qu'ils ont un temps adorée. L'un n'est autre que Michel Boulan, maire de Châteauneuf-le-Rouge, vice-président de la Communauté du Pays d'Aix, qui n'en est pas à sa première vengeance, après avoir été plusieurs fois malmené et mis à l'écart par Joissains. Il ne la nomme plus mais la désigne comme "député sortant". Feu ! Première salve. Il demande à l'UMP de lui retirer son investiture et de l'exclure. "Ce qui s’est passé au soir de la présidentielle et le lendemain avec le recours en annulation a ridiculisé les électeurs UMP." Deuxième salve. Il condamne les mamours dangereux avec le FN. "Je ne veux pas qu’Aix devienne le laboratoire de ce rapprochement contre nature qui ruinera les objectifs de renforcement de l’UMP." Troisième salve. Mieux vaut tard que jamais, Boulan ouvre enfin les yeux et dresse le bilan de son inactivité parlementaire : "Joissainsn’a pas un seul texte de loi à son nom en deux mandats." Quel sera le poids de Boulan qui se présente avec l'étiquette du Nouveau centre, le parti d'Hervé Morin qui vient pourtant de rentrer la tête basse au bercail de la maison-mère de droite ? Peut-être une poignée de voix, mais une poignée de voix qui pourrait suffisamment réduire le résultat de Joissains aux deux tours. L'autre candidat, totalement inattendu, lui, s'appelle Philippe Neveu, l'ex-directeur général des services de la CPA, viré par Joissains au bout de 18 mois, et toujours en procès contre elle. Il fait irruption dans la campagne en se présentant sous les couleurs très droitières des amis de Charles Pasqua. La législative tombe à point - l'occasion a sans doute fait le larron - pour que cette personne, qui a débuté au milieu des années 80 à l'UDF, est passée ensuite pour un proche de l'UMP et maintenant au RPF (Rassemblement pour la France fondé par Charles Pasqua), ait eu envie de se venger, dans le but évident de faire chuter son ancienne patronne. Sa notoriété électorale est nulle mais il se contenterait bien de quelques petites dizaines voire centaines de voix pour affaiblir lui aussi le score de la sortante. Nous allons donc assister les 10 et 17 juin à un combat intra droite où la pitié ne sera pas de mise. Et Marine Joissains dans tout ça ? Ah, elle doit avoir l'air malin avec ses jugements à l'emporte-pièce sur François Hollande dont elle a dit qu'il "n'était pas légitime", qu'il était "un danger pour la République", qu'il était "ridicule" et manquait de "prestance". Notons cependant, au passage, qu'elle était d'ailleurs dans le même ton que celui des Copé et autres fantasques cartomanciens qui avaient dénigré Hollande qui n'avait jamais gouverné et qui n'était pas connu à l'international. Des arguments crétins et sans fondement qui ont été balayés puisque, qu'ils le veuillent ou non, Hollande a été élu président. Va-t-elle, et vont-ils, renier ces mesquineries maintenant que le nouveau président a été accueilli et reconnu de la meilleure façon dès ses premiers déplacements à l'étranger ? Même des organes de presse de droite ont bien été obligés de réviser leurs calembredaines bassement électoralistes. Conclusion, ça va donc canarder sec au sein de la droite jusqu'au 17 juin et surtout après leur défaite à la présidentielle et, d'ici peu, celle des législatives avec des règlements de comptes qui les mettront en pièces. Oui, car la gauche aura aussi la majorité à l'asemblée nationale. Je vous parlerai bientôt aussi du policé député UMP Christian Kert qui n'a pas été en reste pour approuver les propos tordus de sa collègue Marine Joissains. "Le chef doit assumer toutes les responsabilités, même celle de rompre la monotonie du quotidien. Et ça, Maryse sait très bien le faire." Ben voyons ! PS : Histoire de rire un peu, qui a des nouvelles de Claude Allègre ?
Pour le dire familièrement, depuis une semaine, Maryse Joissains s'en prend plein plein la figure. Ses propos outranciers après l'élection de François Hollande et, par conséquent, la raclée de Nicolas Sarkozy, ont eu pour effet direct de susciter une grosse explosion d'articles ravageurs et une riche profusion de commentaires impitoyables, sans doute un record depuis qu'elle est élue. La vidéo de ses déclarations, reprise sur maints supports de télés et sites internet, a été un révélateur sans pareil. Certes, les Aixois et les Provençaux ne sont pas totalement surpris par la série d'énormités et de dingueries proférées. Mais, dans le reste du pays, pour ceux qui ne la connaissaient pas, ne l'avaient jamais entendue s'exprimer ou ne l'avaient jamais vue en portrait, le choc a été brutal. Les réactions, nombreuses, ont été immédiates. Un vrai massacre à la tronçonneuse, avec souvent un détricotage en règle des pseudo-arguments mis en avant par la députée et maire d'Aix pour tenter d'expliquer et de justifier les motifs de sa rage. Beaucoup ont souligné la virulence de ses propos, la comparant à un délire dû à un excès de dévotion au président défait. D'autres ont cru pouvoir diagnostiquer une sorte d'aliénation addictive à l'homme lui-même. Certains ont cependant essayé de chercher les vraies raisons ayant poussé Maryse Joissains à ce déchaînement au tambour censé encore défendre la politique et la personnalité du gourou mis à la porte. Et là, tout converge. Beaucoup y voient que, suite à la déroute de l'ex-majorité, la députée se trouve contrainte de sauver sa place avec les moyens du bord. Son salut ne peut plus venir que d'un cousinage - peut-être avant concubinage - avec l'extrême-droite. C'est d'ailleurs l'hypothèse logique que j'ai aussi évoquée dans mon précédent article. Les tirs et les réflexions ne visent pas que le seul sort de l'élection législative. En effet, en cas de débâcle en juin, Marine Joissains serait immédiatement et par ricochet mise en grand danger pour l'échéance municipale de 2014. Et ça, ce serait évidemment la fin de tout pour ses mandats. Comme dit le bon sens, quand ça veut plus, ça veut plus. Pour ma part, j'aime bien ce bon sens.
Marine Joissains vue d'ailleurs : petite sélection...
"De toute façon, je suis au bout. Dans tous les cas, pour la première fois de ma vie, je suis confronté à la fin de ma carrière." "En cas d'échec, j'arrête la politique. Oui, c'est une certitude." "Vous voulez que j'anime des sections UMP ? Je ne mérite pas ça. Je préfère encore le Carmel. Au Carmel au moins, il y a de l'espérance !" "En tout cas, je changerai de vie complètement, vous n'entendrez plus parler de moi !"
Si l'on en juge par les effets à fragmentation de la prestation de François Hollande de dimanche dernier, des effets relatés en long et en large, et souvent commentés favorablement par les médias nationaux mais aussi internationaux, Nicolas Sarkozy semble devoir être désomais contraint de jouer son va-tout. Ses propos rapportés par la presse laissent deviner comme une tonalité de fin de présidence qu'on n'aurait pas imaginée venant de lui. Ces propos, tenus en aparte devant des journalistes, sont-ils un constat enfin lucide d'une défaite inévitable ou un énième enfumage censé faire réagir ses partisans pour qu'ils se mobilisent à fond ? Dans les deux cas, ce n'est pas bien glorieux. En arriver là, alors qu'il n'a cessé d'être en campagne depuis cinq ans et qu'il vient de passer tout le mois de janvier (15 cérémonies au compteur à ce jour !) à faire sa lourde propagande aux frais de la République devant des salles composées de personnes tout droit sorties de cars UMP, c'est à désespérer. Hier encore, il est venu passer deux petites heures à Marseille pour soi-disant présenter ses vœux au monde de la culture en tant que président, et, idiots que nous sommes, pas comme candidat, comme le serine Henri Guaino. La feinte est un peu grosse car au même moment le déclaré candidat François Hollande était dans le Var. Et, savez-vous quoi ? Sarkozy a lu son long discours sans dire un seul mot sur Marseille capitale 2013 ! Gaudin et Muselier ont dû savourer le voyage ! Oui, nous allons vraiment vivre des moments passionnants. Et pour commencer, il sera intéressant de suivre Hollande jeudi soir pendant deux heures sur France 2. Au cours de l'émission, une séquence de trente minutes sera réservée pour un débat avec Alain Juppé. La confrontation sera sans doute de bonne tenue. Puis, dimanche soir, Sarkozy monopolisera toutes les chaînes de télévision pour présenter son catalogue de mesures de replâtrage de la vingt-cinquième heure. Malgré sa stratégie Coué trompe-la-mort, il n'est pas invraisemblable qu'il fasse une grosse audience. Mais comme personne ne le croit plus, on fera semblant de l'écouter. Pour lui, la pente s'est tant raidie qu'il en est réduit au sauve-qui-peut. Et il est fort à craindre que même un recours à un grigri ou à un calendrier maya n'y pourrait rien changer. Son sort est à mille lieues de m'attrister. En revanche, une chose me chagrine jusqu'à m'arracher d'abondants sanglots de crocodile. Ce sont les conséquences inhumaines que devront affronter certains de ses valeureux et lettrés domestiques. Alors, je pose la question essentielle que personne n'a encore eu la bienveillance de poser. Mais que vont donc devenir nos inoubliables grands farceurs Lefebvre, Morano et autre Douillet ? Pourvu que l'Elysée leur ait déjà déniché un sauf-conduit pour aller exercer leurs réels talents sous chapiteau !
C'est Libération qui a tiré le premier avec l'uppercut du jour. Le juge Charles Duchaine a engagé une demande de levée de l'immunité parlementaire de Jean-Noël Guérini. Alors que cette hypothèse n'avait pas encore été envisagée, c'est le refus du président du CG13 de répondre aux questions du magistrat qui aura précipité la riposte. La nouvelle éventée, le parquet général d'Aix-en-Provence n'a pu que la confirmer. La procédure est maintenant enclanchée et va devoir franchir plusieurs étapes. C'est lorsque la demande transmise par le ministère de la justice sera formellement parvenue au Sénat que le président Jean-Pierre Bel devra l'étudier avec tous les membres du bureau pour savoir quelles suites peuvent être données à la requête du juge. Jean-Noël Guérini s'est plaint une fois de plus des fuites qui ont alimenté les médias sur ce nouvel épisode. Il se dit victime de plaies et de bosses sciemment infligées pour le déstabiliser. Ce n'est peut-être pas infondé mais, cette fois-ci, c'est bien lui qui a commencé en empêchant son audition. Hier, sur son blog, il a choisi de laisser ses avocats s'exprimer à sa place : "Les Conseils de Monsieur Jean-Noël Guérini, constatant que cette information judiciaire persistait à se dérouler dans des conditions parfaitement anormales, ont présenté une nouvelle requête en dépaysement. Monsieur Jean-Noël Guérini ne souhaite en aucune façon esquiver le débat de fond et il s’était d’ailleurs expliqué très longuement devant le magistrat instructeur lors de sa première comparution le 8 septembre 2011." Pour ce qui concerne le déssaisissement du magistrat, il y a assez peu de chances qu'il obtienne satisfaction, sa précédente demande qui allait dans le même sens ayant été rejetée par la cour d'appel d'Aix. En l'état des choses, le plus raisonnable pour Jean-Noël Guérini serait de contacter rapidement le juge pour convenir de son audition à laquelle, de toute façon, il ne pourra échapper. Il aurait donc tout intérêt à se rendre volontairement au tribunal plutôt que d'y être contraint par une garde à vue. Jouera-t-il cette carte avant que le Sénat ne décide de lever son immunité qui pourrait envenimer son cas ? En matière de justice, les circonstances aggravantes ne sont jamais accompagnées d'un bouquet de roses.
Mille fois désolé mais il n'y a pas que lui qui aime la France ! Et si on lui racontait aussi chacun à notre tour pourquoi et comment on l'aime la France ? C'est simple à faire. C'est d'abord sans lui. Et sans ses boniments répétés à longueur d'élections. Hier encore, à Marseille, Nicolas Sarkozy a fait du pire Nicolas Sarkozy. Ce fut une souffrance de l'écouter plus démagogue que jamais. De le voir courir la surenchère à l'extrême droite. De le surprendre à mentir comme si nous avions perdu la mémoire de son bilan désastreux. Acculé il est à tenter de refaire le coup de 2007. Coincé il est par le niveau de son impopularité. Terrassé il est par les intentions de vote franchement hostiles à son endroit. Challenger il est devenu alors qu'il est le président sortant. Obligé il est de jouer l'opposant à François Hollande. Oh, il a bien encore quelques réserves d'énergie ou de gesticulations mais ce peuple qu'il dit aimer l'a lâché pour de bon. Et puis, hein, de quelle France forte parle-t-il ? Celle qu'il a mise à terre avec ses résultats mortifères ? Une croissance à 0%, une dette publique à 1.700 milliards, un déficit budgétaire à 90 milliards, un déficit commercial à 70 milliards, des cadeaux fiscaux à 75 milliards, un chômage à 4 millions, un seuil de pauvreté subi par 8 millions de personnes, une augmentation des violences contre les personnes à 17%, une casse en règle de l'éducation, de la santé, de la justice ? Et, voyez-vous ça, le cynique illusionniste Nicolas Sarkozy, en grand copain des riches qu'il n'a jamais cessé d'être, raconte soudain qu'il veut aller à la rencontre du peuple. Pour sûr, il le rencontrera le 6 mai. Et peut-être même avant.
Sondage du 17 février 2012 BVA / Presse régionale / Orange / RTL
Ils sont de gauche et ils sont tous les deux mis en examen. Mais pour des raisons différentes. L'un est toujours président du conseil général. L'autre est députée et investie pour les législatives de juin. Ces jours-ci, la justice est de nouveau à leurs trousses. Pour parfaire le tableau, on a appris qu'il y a aussi une enquête sur les HLM de la droite. Mercredi matin, Jean-Noël Guérini était de nouveau convoqué par le juge Charles Duchaine. Le menu du jour prévoyait une confrontation avec Rémy Bargès, son directeur de cabinet, pour des explications sur la disparition d'ordinateurs. Si ce dernier ne s'est pas dérobé, en revanche, Guérini a refusé de répondre aux questions du juge qui a donc annulé son audition. Guérini s'est lamenté des fuites de sa convocation dans la presse et a même décidé de porter plainte en demandant le dépaysement de l'enquête. Pourtant, on s'en souvient, depuis le début de toutes les affaires liées à son frère Alexandre, Jean-Noël avait déclaré ne pas craindre d'être entendu par le juge, ajoutant qu'il se ferait un plaisir de lui fournir toutes les explications souhaitées. Redoutait-il d'être face à Bargès qui l'avait protégé dans un premier temps mais avait changé de version ensuite ? Alors, hier, contrairement à ses mines réjouies trahissant la composition théâtrale devant les caméras, il a non seulement boudé le magistrat mais aussi les médias qui l'attendaient à la sortie du tribunal, sans lâcher un seul mot. Il était colère, comme on dit. Mais il serait surprenant que le juge Duchaine en reste là. Autre mauvaise pioche pour le président du CG13, il y a une semaine, le tribunal administratif de Marseille a également jugé illégal son second arrêté délégant à un conseiller général la totalité de ses pouvoirs, au moment de son retrait temporaire après sa mise en examen. Et puis, jeudi, La Provence en a remis une couche sur un drôle d'épisode survenu en 2010 entre Guérini et le général Marc Mondoulet, le chef de la gendarmerie de la région. Les deux hommes s'étaient rencontrés à l'inauguration de la caserne de Rousset. Au cours d'un tête-à-tête, Guérini avait demandé au général d'écarter un de ses officiers qui dirigeait l'enquête sur les sociétés d'Alexandre. Jean-Noël lui aurait confié "Je sais que cet officier a eu de nombreux contacts téléphoniques avec l'avocat de Renaud Muselier", indiquant qu'il en détenait les preuves. Le ton de la conversation tournant vinaigrette, le général aurait coupé court à l'entretien, non sans avoir démenti tout lien entre l'officier et Muselier. Comme il le répète à l'envi, Guérini est persuadé que beaucoup de ses déboires ont pour origine son accusateur politique. Pourtant, à ce jour, rien allant dans son sens n'a pu être établi, lui-même n'ayant jamais fourni ses preuves. Examinons maintenant le second cas, celui de la députée Sylvie Andrieux. Comme 23 autres personnes, elle avait été mise en examen en juillet 2008 pour l'affaire des subventions que sa délégation au conseil régional aurait accordées entre 2005 et 2007, pour une somme totale de 700.000 euros, à des associations à caractère fictif. La conseillère régionale Sylvie Andrieux a toujours nié être impliquée dans ces malversations. A l'évidence, la justice est d'un avis contraire puisque le procureur de la République de Marseille demande au juge qui a mené l'enquête le renvoi de la députée devant le tribunal correctionnel. Comment le parti socialiste, déjà très critiqué pour la gestion aveugle du cas Guérini, a-t-il pu renouveler à Andrieux son investiture pour juin ? Cette duplicité est inacceptable. Enfin, revenons au cas de Renaud Muselier. Selon Xavier Monnier du site Bakchich, "Le juge marseillais Franck Landou est saisi d'une information judiciaire visant Habitat Marseille Provence, l'office de logement social de la ville de Marseille." Il y avait déjà les frasques d'Alexandre Guérini autour et au sein de Treize Habitat qui dépend du département, et les interrogations sur les marchés juridiques obtenus par l'épouse de Jean-Noël. Il y a maintenant les soupçons sur les marchés publics réalisés sans appel d'offre ni mise en concurrence à HMP qui ont donné lieu à l'audition de l'épouse de Muselier, chargée des contentieux à l'office. Un partout, serait-on tenté d'écrire. Mais hélas, il ne s'agit pas d'une compétition sportive. On parle là d'organismes publics censés gérer le logement social en toute honnêteté et en totale transparence. Ici encore, l'éthique en politique a de gros progrès à faire.
Grosse baston à Marseille. C'est Patrick Mennucci entouré de son équipe de militants en tournée pour les campagnes présidentielle et législative qui en ont fait les frais. Une dizaine d'agresseurs cagoulés et bien outillés leur ont balancé des projectiles et s'en sont pris physiquement à quelques personnes, avec violence. Ce n'était pas une simple rixe, comme cela semble être devenu stupidement la mode au moindre petit regard innocent de travers immédiatement jugé agressif. Non, en arrière-plan de ce rodéo en plein jour, il faut y voir une conséquence de l'ambiance politique pourrie qui règne depuis les règlements de compte directs ou indirects liés aux affaires judiciaires touchant les frères Guérini. A la vue du futur candidat Mennucci dans un secteur tout "dévoué" à Jean-Noël, les attaquants ont balancé "Ici, c'est à Guérini !". Encore heureux qu'il n'y ait pas eu des coups de feu. Mais sait-on jamais, hein ? Sur son blog, Jean-Noël Guérini a publié ce message : "Je condamne avec la plus extrême fermeté ces agissements inqualifiables. [...] Mon nom aurait été prononcé par les agresseurs. Je m’en étonne et si cela est avéré, je considère ces insinuations intolérables et inacceptables. Je ne peux admettre ni cautionner que mon nom soit associé à des faits d’une telle gravité. Pour l’heure, mes pensées vont aux personnes agressées à qui je souhaite un prompt rétablissement." Bonne réaction, certes, il faudra maintenant rechercher ceux qui ont mené ce raid. D'autant que Patrick Mennucci relate que ce n'est pas la première fois, même si la fois précédente n'a pas atteint ce degré de gravité. Pendant ce temps, la justice suit son cours dans les liaisons obscures qui ont mis au grand jour les affaires. Là encore, à partir d'une lettre anonyme qu'ils ont reçue, les magistrats s'intéressent aux conditions du départ de Jean-David Ciot du cabinet de Jean-Noël Guérini. Ils souhaitent en savoir plus sur sa position administrative et les sommes qu'il a perçues en 2011. Est-ce une méchante dénonciation pour régler des comptes ou y a-t-il eu des arrangements amiables, sachant que Ciot ne pouvait pas rester l'employé du CG13 alors qu'il s'apprêtait à être candidat aux législatives ? Décidément, il n'y a pas que les égouts qui dégagent de drôles d'odeurs.
Si ce que laissent penser les sondages - mais soyons très méfiants - trouve un prolongement dans les urnes dès ce dimanche, alors notre pays pourrait ne plus ressembler à ce qu'il a été pendant ces cinq dernières années. Il tarde d'entendre les arguments des différents partis, qu'ils soient heureux ou mal en point. Si Nicolas Sarkozy n'est pas en tête, ou même s'il l'était, et si ses chances de refaire son retard sont pour l'instant hypothétiques, il sera surtout intéressant de décortiquer les déclarations de son entourage. En cas de situation de sauve-qui-peut, une des dernières insultes de ce camp pourrait être que les Français n'auraient décidément pas compris le message du président sortant. Du côté droit, on jouera à l'espoir d'une mobilisation de dernière minute. Du côté gauche, on s'efforcera de ne pas s'emballer pour ne pas vendre la peau de l'ours. Il sera tout aussi, et surtout, intéressant d'observer les visages, les réactions, les énervements, les fausses postures de sagesse et de prudence. Cela a commencé hier avec le gnan-gnan victimaire de Sarkozy geignant sur le fait d'être seul contre les neuf autres candidats. Comme si, pour ce premier tour, chacun des neuf autres n'était pas tout aussi seul contre tous les autres. Sur le temps de parole accordé à égalité, il s'est plaint d'être mis au même rang que chaque candidat. Rayon mauvaise foi, difficile de faire mieux. Car, à y regarder de près, ce temps n'a été imposé que pendant les deux semaines de la campagne officielle alors que cela fait cinq ans qu'on voit jusqu'à plus soif ce président sur toutes les chaînes pour dire une chose et toujours son contraire.
Chaque électeur a normalement reçu à domicile les documents et les bulletins de vote. Une chose m'a frappé. Six candidats, dont quatre de gauche, nous fixent dans les yeux, quatre portent leur regard vers la droite semblant se tourner vers l'avenir. En tout cas, tous sont photographiés en très gros plan. L'équipe de Sarkozy avait annoncé l'envoi d'une lettre de 36 pages tirée à plusieurs millions d'exemplaires. Personnellement, je n'ai rien trouvé dans ma boîte. Je l'ai donc parcourue sur internet. Avantage, cela m'a évité une perte de temps pour la lui renvoyer à son palais ou la recycler dans une boîte bleue. Voilà, chers lecteurs, en cette veille de premier tour, j'ai livré quelques impressions plutôt superficielles parce qu'il me semble qu'il n'y pas grand-chose à rajouter à ces longs mois de campagne électorale. Attendons maintenant dimanche soir qui sera un autre moment passionnant. P.S. : Comme en 2007 où j'avais déjà connaître mon choix, je précise ici que, pour ce scrutin, je voterai pour François Hollande.
Après tout, convenons-en, ces moments n'arrivent que tous les cinq ans (avant c'était sept). Alors, j'ai décidé de ne rien rater de la campagne électorale, même si ça frise un peu la surdose effrénée. Comme ce week-end par exemple où j'ai tenu à voir in extenso les meetings diffusés à la télé et sur internet. On n'en doutera sûrement pas ici, je me suis déjà fait une petite et même une grande idée sur la candidature qui aura ma préférence. Mais, je veux continuer à observer ce que disent les autres concurrents. Samedi et dimanche, j'ai donc ingurgité quatre meetings et quatre longues heures d'images. Précision : j'ai exclus le cas de la candidate qui ne recueillera jamais ma voix. *Jean-Luc Mélenchon à Marseille (1h20) sur internet Foule des grandes occasions sur la plage du Prado. Jean-Luc Mélenchon est un authentique tribun, et sans conteste le meilleur de tous les candidats dans le genre. Phrasé et inflexions gaulliens. Paroles lyriques et formules choc. Energie débordante et maîtrise de l'événement. * François Bayrou à Marseille (1h15) sur internet Petites centaines de militants enfermés au Silo. François Bayrou manie la langue française avec pureté. Phrasé lentissime voire quelque peu décourageant. Voix quasi monotone de bout en bout. Rares envolées tribuniciennes. Suscite parfois l'ennui malgré une certaine singularité des constats et des propositions. * Nicolas Sarkozy à Paris (35mn) à la télé De très gros milliers de participants à la Concorde. Nicolas Sarkozy surjoue son discours. Phrasé oratoire clair et scandé mais citations trop savantes à contre-emploi de l'image du personnage. Paroles aggressives et ton systématiquement caricatural. Gestuelle permanente et convulsive semblant précéder une explosion. * François Hollande à Paris (50mn) à la télé De très gros milliers de participants à Vincennes. François Hollande est un orateur de bonne tenue. Vocabulaire à valeur positive. Débit parfois précipité et phrasé inégal. Voix un peu cassée. Sens de la formule et humour assassin. Aggressivité très modérée. Inflexions et gestuelle mimétiques mitterrandiennes.
Hier, les télés n'ont retransmis que les deux meetings des candidats probables du second tour. La proximité de leurs diffusions favorisait la comparaison immédiate. Hollande devait s'exprimer à 15h30 et Sarkozy à 16h. Surprise, le second a avancé sa prise de parole à 15h30 pour s'imposer sur les écrans. En conséquence, le premier a retardé la sienne de 15 minutes et son passage sur les chaînes a été relayé en différé. Selon moi, Hollande y aura gagné au change. Son discours centré sur l'espoir de créer l'événement au soir du 6 mai ("Je suis prêt") est venu en contre-point de celui du sortant donnant l'impression de jouer son va-tout dans un ultime appel au secours ("Aidez-moi !"). A-t-il conscience que sa fin est proche, lui dont la personnalité et la politique sont rejetées depuis son élection comme en attestent ses défaites à tous les scrutins intermédiaires ? Cela en a tout l'air mais il ne peut encore l'avouer en public et résiste en essayant de se persuader du contraire et de convaincre une foule qu'il ne faut pas démobiliser. Sa prestation d'hier était-elle son avant-dernière montée sur scène avant celle de l'entre deux tours ? Les plus récents sondages à une semaine du premier tour, sans "les croisements de courbes" qu'il espérait provoquer par incantation, laissent penser que sa chute est scellée. Hollande et Sarkozy n'ignorent pas que les indécis et les abstentionnistes peuvent fausser la donne. Ils ont donc fait appel à eux pour venir renforcer leurs scores respectifs et tenter de faire la différence. Au final, il est fort probable que, même si la participation est supérieure à ce que les instituts de sondage prévoient, chacun des deux finalistes en aura sa part au moins au premier tour. Et cela ne changera guère la photo d'arrivée qui paraît déjà être prête pour figurer dans les livres d'Histoire. Pour finir, un petit mot sur Mélenchon et Bayrou. Mélenchon a bel et bien réussi sa gageure de créer la surprise de cette campagne présidentielle. Mais, disons-le avec lucidité, le positionnement idéologique qu'il défend a peu de chances de pouvoir s'élargir majoritairement à tout l'électorat social-démocrate, sans parler des franges mobiles qui font généralement basculer une élection d'un camp à l'autre. En revanche, son influence sera décisive pour la victoire de la gauche au second tour et pour une représentation plus marquée de sa sensibilité aux législatives qui suivront. Bayrou pensait certainement rejouer le scénario du troisième homme (voire mieux) de 2007, allant jusqu'à penser d'ailleurs que, comme ce fut le cas pour Mitterrand et pour Chirac, la troisième fois serait la bonne. Or, non seulement il ne parvient nullement à enclancher une dynamique forte mais il n'a pas vu venir le score inédit de Mélenchon et celui du niveau de Le Pen qui lui disputent la place. Enfin, comme il l'a encore ré-édité hier, il a prétendu pouvoir susciter et réunir une majorité centrale en puisant à gauche et à droite, en contradiction totale avec ses critiques systématiques et sans nuances contre la gauche et contre la droite. Vivement dimanche pour en être fixés.
Des chiffres qui parlent ? 117.00 internautes, dont 15.400 connectés en simultané au plus fort, ont suivi le discours de Sarkozy à la Concorde, contre 167.800, dont 25.200 connectés en simultané, qui ont suivi celui de Hollande sur l’esplanade du château de Vincennes, indique l'hébergeur vidéo Dailymotion dans deux messages diffusés sur Twitter vers 17h.
Consulter un sondage et mettre un bulletin dans l'urne, ce n'est évidemment pas du tout la même chose. Alors qu'on ne vote qu'une fois le jour d'une élection, les instituts eux publient des centaines de sondages durant de longs mois avant l'échéance pour évaluer les intentions de vote. On peut légitimement se poser cette question : les sondages font-ils l'opinion et l'influencent-ils ? Les sondages, disent les instituts, n'ont pas de vocation prédictive mais semblent avoir un impact. J'ai lu dans une revue que les sondages, c'est un peu comme la météo. Elle annonce le temps qu'il va faire et les conduites humaines en sont affectées. Ainsi, si ni la météo ni le sondage ne prédisent avec certitude, tous deux influent sur les comportements. Par exemple, un candidat crédité de peu de voix ne sera-t-il pas moins crédible et moins attractif pour les électeurs ? De nombreux politologues insistent sur le fait que la parution des sondages, y compris accompagnée de marges d'erreurs, sert le "vote utile" même si les instituts s'en défendent. Alors, face à cette avalanche de chiffres qui se substituent tout au long de la campagne électorale aux urnes réelles, l'électeur peut-il vraiment se faire une opinion en toute indépendance ? Comment peut-il s'abstraire des informations qui lui ont été mises dans le crâne sans qu'il n'en ait rien voulu ? Son esprit critique ne s'en trouve-t-il pas altéré au moment d'en extraire une analyse pure fondée sur des critères objectifs ? Là réside sans doute tout le mystère des alchimies qui font une élection.
Origines des sondages
L'idée de "saisir l'opinion" a vu le jour aux Etats-Unis au début du 19e siècle. Il s'agissait alors de ce que l'on nommait des "votes de paille" (straw votes) qui consistaient en découpant un bulletin dans un journal à appuyer un candidat à l'élection. C'est ensuite au milieu du 20e siècle que la démarche s'est voulue plus scientifique en reposant sur un échantillonnage représentatif. En 1936, l'American Institute of Public Opinion prévoit l'élection de Roosevelt et signe l'avènement de la "science de l'opinion". En France, Jean Stoetzel est le premier, en 1938, à s'intéresser à la démarche prédictive qu'il appelle "sondage", et il fonde l'IFOP. D'autres lui succèdent dans les années 45-60, organismes publics (INSEE, INED) ou instituts privés (SECED, SOFRES, Nielsen...) qui livrent des statistiques et évaluent les fluctuations de l'opinion publique. Les instituts de sondage sont nombreux et leur activité intense. Véritable manne financière, les sondages ont d'ailleurs constitué une part considérable des dépenses de l'Elysée durant le quinquennat. L'activité des instituts se déploie en premier lieu au niveau commercial. Et c'est à ce titre qu'elle est la plus lucrative. C'est en revanche, le volet politique qui assure la notoriété des instituts qui lui consacrent par conséquent une attention particulière.
J'ai été sondé ! Mais...
A ma grande surprise, car c'était la première fois de ma vie, j'ai été récemment contacté pour un sondage IPSOS par téléphone. Je suppose que cette demande a abouti chez moi selon une méthode aléatoire puisque je ne fais partie d'aucun panel antérieurement sélectionné. La correspondante au bout du fil m'a indiqué que cela nécessiterait une petite quinzaine de minutes. Outre mes intentions de vote, elle m'a précisé que, pour valider mes réponses, cette enquête comportait également et préalablement un questionnaire personnalisé détaillé et non anonyme. Autrement dit, on me demandait de fournir des éléments sur moi-même, ma famille, mes ressources, mes conditions de vie, et même mes goûts (sans me dire lesquels). J'ai soupçonné là que, sous le couvert d'un sondage politique, la démarche était vraiment excessive sinon même intrusive car elle liait aussi une visée purement commerciale, les informations recueillies pouvant très bien ensuite être fournies ou vendues à des organismes publicitaires. Au bout d'une minute, j'ai donc refusé tout net d'aller plus loin dans la conversation.
Nicolas Sarkozy est déjà un ex-président mais lui se voit encore gagnant. Il paraît donc qu'il a un projet et qu'il doit l'annoncer ce jeudi ! Il serait temps en effet. Avec tout ce qu'on a vu pendant cinq ans, et même dix, que peut-il bien faire de neuf qu'on ne sache déjà ? Il va probablement tenter un dernier gros coup d'esbroufe. Comme d'habitude. J'ai envie de dire, je le dis, non merci. En réalité, pendant ses jours comptés, il aura beau "plastronner, fanfaronner, claironner", comme a ironisé hier François Hollande, on le connaît trop, il ne pourra pas se refaire. Il suffit de se rappeler 2007 pour se rendre compte qu'il n'a jamais changé. Tout ce que l'on présageait est advenu. Seuls ceux qui ont voté pour lui voulaient y croire qui n'avaient pas perçu les illusions. Beaucoup en reviennent et c'est tant mieux. Vu ses piètres résultats, il ne mérite pas de doubler sa casse, si l'on peut dire. Quoi qu'en exposent les divers sondages et leurs marges d'erreurs, Sarkozy et la droite vont devoir traverser la déprime de la défaite. C'est écrit. Une majorité de Français veut de la justice, du respect et de la dignité, toutes choses que Sarkozy a foulées aux pieds depuis trop longtemps. L'heure d'une conception républicaine de la présidence approche. Et tiens, soyons magnanimes, on ne souhaite même pas à ce sortant suffisant et insuffisant de finir comme Giscard sous les crachats.
Pour tracer un portrait de Nicolas Sarkozy...
Deux extraits de mes articles de 2006 et 2007
"Sarkozy : les méchants et les gentils" La démagogie est l'art de plaire au peuple. Le but est que le peuple nous veuille du bien (nous donne son suffrage). Ça ne signifie pas qu'on veuille du bien au peuple, bien au contraire. Cette argumentation est en grande partie fondée sur la peur de l'autre. Nous vivons dans une société de plus en plus individualiste. C'est chacun pour sa gueule, l'enfer c'est les autres. A partir de ce constat, il est très facile de jouer sur cette corde pour exprimer haut et fort ce que les gens veulent entendre. Sarkozy est dangereux. Il a une véritable capacité à si bien maquiller ses véritables intentions. Non seulement elles en deviennent attractives, mais semblent comme expurgées de leur vraie nature et des menaces qu'elles font en réalité peser sur ceux-là mêmes qui, de bonne foi, se laissent séduire. Pourtant, la mécanique est toute simple, et c'est cette simplicité même qui rend le discours si redoutable, tellement efficace. Voyons comment cela fonctionne : 1. Il y a deux catégories de Français, c'est la base du discours de Sarkozy, opposer deux France, toujours, l'une, la France des "assistés", la mauvaise, fantasmée, qu'il faut stigmatiser, l'autre, la France qui travaille, la bonne, qu'il faut aider à prospérer ; 2. Vous faites partie des gentils, c'est la deuxième phase. L'auditoire doit être convaincu qu'il est dans le camp à qui l'on va faire du bien ; 3. Les uns (les méchants) mangent sur le dos des autres (les gentils). Tout ce qui ne va pas pour vous vient de l'existence de l'autre qui vous fait du mal ; 4. "Je n'accepte pas" les agissements des méchants (ils profitent de vous) : si je suis élu, je saurai être ferme (Sarkozy dit beaucoup qu'il "n'accepte pas" ; on remarquera qu'il prend bien garde de ne pas être plus précis) ; 5. "Je veux" privilégier les gentils (ils sont méritants) : il y aura des privilèges et c'est à vous que je les réserve, puisque vous faites partie du camp des gentils, je suis de votre côté, votez pour moi. CQFD. Le raisonnement de Sarkozy est on ne peut plus évident. Pour chacun d'entre nous, le méchant c'est l'autre, c'est bien humain. Il suffit donc de déclamer avec force et emphase qu'on fera une politique favorisant les gentils et qu'on sera intraitable avec les méchants pour que tout le monde applaudisse. Cela revient à comprendre son discours de la façon suivante : "Je ferai une politique qui favorisera les uns et sera intraitable avec les autres". Considérant alors que cet homme ne fait pas mystère de son attachement au libéralisme, considérant par ailleurs la politique que mène la droite depuis cinq ans, on peut aisément deviner qui sont en réalité "les uns" (les quelques-uns) et qui sont en réalité "les autres" (tous les autres). Derrière le discours, le fond des intentions : diminuer les charges des entreprises, diminuer les prestations sociales et mettre à mal notre régime de solidarité... ce qui pénalisera le plus grand nombre, contrairement à ce que cherche à nous faire croire Sarkozy.
"L'avenir appartient à ceux qui votent Sarkozy" Le roi de la provocation et de l'agitation mentale n'a plus aucun tabou. Il dégaine sa haine ordinaire et sa science foireuse jusqu'à la nausée. Son crâne bas de plafond barbote dans la vase. Ah ! Mes pauvres amis ! Enfin, c'est fait, nous allons gagner plus, en travaillant plus et plus longtemps. Nous pourrons faire toutes les heures supplémentaires que nous voulons. On aura même la chance de choisir de turbiner le dimanche. La télé, c'est tellement crétin ce jour-là. Comme la grève sera bannie, plus personne ne sera pris en otage. Et nous n'aurons plus de retenue sur notre salaire. Il n'y a pas de petit gain. Nous n'aurons pas non plus besoin de RTT. A quoi ça sert de vouloir être en famille ou de se cultiver ? Nous n'y perdrons pas au change. Notre mérite sera reconnu et fortement récompensé. Et que ceux qui ne trouvent pas de travail ne viennent pas se plaindre. C'est quand même bien leur faute, non ? Ils n'ont qu'à accepter n'importe quel petit boulot à durée déterminée qui les mettrait sur la bonne route, comme tout le monde. Et puis, rien n'interdira plus qu'ils alignent les larbineries l'une après l'autre jusqu'à la retraite. Surtout, qu'ils ne comptent pas sur les allocations chômage, ça ne dure qu'un temps. S'ils refusent de bosser, ces profiteurs, le pire les attend. A la retraite, ils ne toucheront que des clopinettes. Pour la santé, c'est beaucoup plus simple. S'ils ne peuvent plus se soigner, ils n'ont qu'à faire un effort, quoi ! Si ce n'est pas un scandale de tomber malade ! Il ne manquerait plus aussi qu'ils veuillent un logement, tiens. Ils n'ont qu'à dormir dans de gros cartons. Ou mieux, ils n'ont qu'à économiser pour louer une tente et puis en devenir propriétaire. La chose a été testée, ça marche. Enfin, qu'ils n'aggravent pas leur cas. S'ils volent la moindre pomme, gare à eux. Ils seront embastillés, sans procès. En tôle, ils n'auront aucun contact avec des gens riches qui pourraient leur donner des conseils. Les friqués qui fraudent aux impôts ou qui s'en mettent plein les poches sur le dos des pue-la-sueur n'ont que du sursis si (et quand) ils se font pincer. Quoi ? Vous bronchez ? Vous êtes contre tout ça ? Non, franchement, vous ne trouvez pas que vous êtes un peu rétrograde de gauche. Allez, allez, mettez-vous bien ça dans la tête : être moderne, c'est être pour la rupture. C'est ne plus confondre SDF et ISF. Que je n'aie pas à vous le répéter : l'avenir appartient à ceux qui votent Sarkozy.
Sarkozy et le syndrome d'hubris, la maladie du pouvoir
Perte du sens des réalités, intolérance à la contradiction, actions à l'emporte-pièce, obsession de sa propre image et abus de pouvoir : tels sont quelques-uns des symptômes d'une maladie mentale récemment répertoriée qui se développerait durant l'exercice du pouvoir. C'est le syndrome d'hubris. Il comprend 14 critères, dont, selon David Owen, son concepteur, ancien ministre travailliste britannique des affaires étrangères (1977-1979), il suffirait d'en remplir 3 ou 4 pour que le diagnostic puisse être posé.
Alors qu'il s'apprêtait à monter en voiture, il a décidé de rebrousser chemin pour serrer les mains des militants UMP présents. Bain de foule, poignées de main à la volée. Parmi elles, celle d'un jeune homme, qui profite de la proximité du président pour l'insulter : "Pauvre con, pauvre con, on va te faire la mort dans les urnes", hurle-t-il. Le candidat-président reste stoïque, s'éloigne tout en continuant de lancer des "merci merci" en saisissant les mains se tendant vers lui. Derrière lui, le jeune homme est interpellé. Il est aussitôt neutralisé par des policiers en civil qui l’ont vite relâché.
Un document exceptionnel diffusé en 2005
Des résistants parlent de la France et de l'idéal politique. Des vérités aussi vivaces qu'en 1944, aussi fortes que la Déclaration des droits de l'homme !
Humour : Mai 2012
Un jour de mai 2012, un vieux monsieur est assis sur un banc face à la grille du Coq du Palais de l'Elysée... Après quelques minutes, il se lève et va voir le Garde Républicain posté à l'entrée et lui demande : - Bonjour monsieur, j'aimerais visiter l'Elysée et rencontrer le président Nicolas Sarkozy. Le Garde Républicain lui répond : - Monsieur Sarkozy n'est plus président et il n'habite plus ici. Le vieux monsieur s'en va sans dire un mot... Le lendemain, le vieux monsieur est encore assis sur le banc... Il se lève, va voir le Garde Républicain et lui demande : - Je veux visiter l'Elysée et rencontrer le président Nicolas Sarkozy. Le soldat lui dit : - Monsieur Sarkozy n'est plus président et il n'habite plus ici... Le vieux monsieur s'en va sans dire un mot... Pour une troisième journée consécutive, le vieux monsieur est assis sur le même banc et regarde toujours l'Elysée. Il se lève enfin et va voir le Garde Républicain et lui demande à nouveau : - J'aimerais visiter l'Elysée et rencontrer le président Nicolas Sarkozy. Le pauvre Garde Républicain ne sait plus trop quoi dire... - Monsieur, ça fait 3 jours que vous me demandez de rencontrer Monsieur Sarkozy et ça fait 3 jours que je vous dis que Monsieur Sarkozy n'est plus président et qu'il n'habite plus ici... Est-ce qu'il y a quelque chose que vous ne comprenez pas ? - Non... Non..., dit le vieux monsieur, c'est juste que ça me fait tellement plaisir de vous l'entendre répéter... Alors, le Garde Républicain s'est mis au garde-à-vous, l'a salué et lui a dit : - A demain, monsieur.
On le sait, en mai 2005, alors que j'étais conseiller municipal d'opposition, j'avais contesté la légalité du contrat signé par Maryse Joissains recrutant Alain Joissains comme collaborateur de cabinet, d'abord en tant que conseiller spécial du maire puis en tant que directeur de cabinet pour la période allant de 2001 à 2008. Selon moi, l'indice appliqué au calcul de la rémunération accordée était excessif et contrevenait dès lors à la loi de 1984 régissant la Fonction publique territoriale. Très récemment, un autre pas a été franchi dans le cadre de la procédure de mon pourvoi en Conseil d'Etat contre l'arrêt de la Cour d'appel de Marseille annulant le jugement du Tribunal administratif qui avait fait pourtant droit à ma requête. En décembre dernier, la Ville d'Aix-en-Provence a reçu copie de mon pourvoi qui a officiellement été enregistré au greffe du Conseil d'Etat. La Ville est donc désormais en possession de l'ensemble des éléments du dossier et va pouvoir formuler ses réponses. Comme la loi l'ordonne, le maire est tenu de présenter régulièrement un rapport dressant la liste de tous les arrêtés qui relèvent de sa compétence, notamment ceux qui ont trait à des procédures judiciaires. Ces informations dues aux élus ne nécessitent aucun vote lorsqu'il s'agit d'actions en défense et non de demandes d'autorisation d'ester en justice à l'initiative expresse du maire. C'est ainsi que, lors de la séance publique du conseil municipal du 23 janvier, Maryse Joissains a donc présenté le compte-rendu le plus récent. Parmi la longue liste des arrêtés, figurait celui qu'elle a signé pour exercer la défense de la Ville et demander l'inscription de la rémunération de son avocat au budget municipal. Comme je le fais aujourd'hui encore, je continuerai de publier toute autre nouvelle information sur l'évolution de la procédure.
(Clic sur l'image pour agrandir) Détail du contrat initial entre Alain Joissains et Maryse Joissains
Note personnelle : Suite à mon article de décembre, de nouvelles personnes ont proposé d'apporter leur soutien amical, moral et financier à ma démarche engagée devant les tribunaux il y a déjà presque sept ans. Que ces personnes trouvent ici l'expression de ma sincère gratitude. Par souci de transparence, j'indique qu'à ce jour les contributions avoisinent 20% du total des dépenses. Encore merci à chacun et à ceux qui souhaiteraient aussi participer (me contacter par mail en cliquant en haut à gauche sous ma photo).
URGENT 16h00 : Ne vont plus lui rester que les yeux pour pleurer. En tout cas, Jean-Noël Guérini ne va pas être content. C'était inéluctable. Et donc attendu. Le Sénat, à majorité de gauche et à dominante socialiste, a levé cet après-midi son immunité parlementaire de sénateur sur demande du juge Charles Duchaine. Guérini avait bien tenté lors de sa dernière conférence de presse de laisser croire qu'après son audition au tribunal la requête du juge était devenue sans objet. Le bureau du Sénat en a décidé autrement. Et voilà que l'élu se retrouve désormais dépouillé de son bouclier protecteur. Il pourra se consoler, son collègue, Robert Navarro, sénateur de l'Hérault, a subi le même sort, lui qui risque aussi d'être mis en examen. Nul doute que l'un comme l'autre vont continuer à clamer leur innocence et à crier au harcèlement.
Cette fois-ci, que va bien pouvoir déterrer le juge Charles Duchaine du plateau de l'europôle de l'Arbois ? Il a déjà beaucoup enquêté à Marseille. Il a biné les terrains de la décharge de La Ciotat. Il a humé les pestilences de l'Etang de Berre. Et il a récemment fouillé dans les autorisations de créations de maisons de retraite en Pays d'Aix. Avec tous les résultats que l'on sait, dont des dizaines de mises en examen. Voilà maintenant qu'il entreprend d'aller défricher un nouveau gros morceau, celui du technopôle d'Aix. En cause dans ce dossier, un autre marché public pour lequel Alexandre Guérini aurait eu une influence décisive. Alexandre Guérini,Alexandre Medvedowsky, Jean-Louis Aubert, Olivier Sana Après une série de perquisitions menées en février, le juge passe cette semaine à l'étape au-dessus, les auditions de témoins. Trois viennent d'être annoncées. Aujourd'hui même, celle de Jean-Louis Jaubert, directeur de l'établissement de 2006 à 2010. Jeudi, celle d'Olivier Sana, directeur actuel. Et, vendredi, celle d'Alexandre Medvedowsky, président depuis 1998. Et alors ? Et bien, le juge Duchaine veut comprendre comment une société liée au banditisme a pu remporter un marché de travaux publics sur le site en 2007. Le magistrat est convaincu qu'Alexandre Guérini a fait pression pour que le contrat de l'ancien directeur soit prolongé d'une année alors qu'Alexandre Medvedowsky avait décidé de le licencier. Quel intérêt pouvait avoir Alexandre Guérini à conserver l'homme en place ? Ce blog a déjà relaté cette affaire en décembre dernier. J'avais tenté de montrer que les influences sur les marchés pouvaient avoir eu un certain rapport avec des contreparties visant à soutenir des ambitions politiques. Les détails sont dans l'article en lien ci-dessous. Maintenant, poursuivons avec d'autres éléments récents eux aussi en relation avec les affaires. Jean-Noël Guérini Toujours dans sa nouvelle stratégie de risposte, Jean-Noël Guérini a publié coup sur coup deux communiqués. Le premier, la semaine dernière, en forme de lettre ouverte intitulée "Je demande des comptes !". Sa teneur est la même que celle de sa dernière conférence presse. Le second date d'hier et s'intitule "Que la vérité éclate !". Il y reproduit trois courriers adressés respectivement au ministre de la justice, au ministre de l'intérieur et au directeur général de la gendarmerie nationale. Ces trois lettres reprennent les questions qu'il dit se poser sur les dysfonctionnements des services de l'Etat enquêtant sur son cas. Il dit attendre des réponses claires de leur part. Pas sûr qu'ils les obtiennent. Mais il aura essayé. Bernard Squarcini Suites aux informations parues dans la presse et le concernant, Bernard Squarcini a lui aussi réagi pour nier les accusations portées contre lui. Le directeur de la DCRI rejette en bloc toute idée de favoritisme à l'égard d'un de ses fils qui aurait bénéficié d'une conséquente augmentation de salaire par l'entremise de Jean Noël Guérini. Des écoutes téléphoniques semblent pourtant démontrer l'inverse. La justice fera le tri. Patrick Mennucci Un autre cas commence à faire parler de lui, celui de Patrick Mennucci au sujet des conditions d'accès à un emploi au sein de Treize Développement dont il a été le salarié pendant plusieurs années. Evidemment, sa réaction n'a pas tardé. Contacté par Bakchich, Patrick Mennucci a répondu : "Mais j'ai fait acte auprès du président de la SEM, Antoine Rouzaud et de Jean-Marc Nabitz. J'ai les diplômes qu'il faut pour occuper ce genre d'emploi. Si on me demande des explications je les donnerai avec plaisir." Là encore,seul le juge, s'il le décide, pourra l'interroger. Renaud Muselier Enfin, sans doute motivé lui aussi par la tactique de la contre-attaque face aux soupçons liés aux activités d'avocate de son épouse au sein de Habitat Marseille Provence, c'est au tour de Renaud Muselier de se fendre d'une lettre ouverte au ton ironique publiée hier et adressée à François Hollande, et, hasard des hasards, à quelques heures du meeting de ce dernier au Dôme à Marseille, à quelques mètres du conseil général. Sur quoi ? Sur les affaires Guérini et le laisser-faire du parti socialiste. A le lire, on laverait plus blanc à l'UMP, histoire peut-être de chasser les mauvaises odeurs à tout prix. Comme les astronomes, les juges n'ont certainement pas fini de découvrir de nouvelles galaxies, qu'elles soient géantes ou naines.
"Avec tout ce que vous m'avez mis sur la gueule ! Depuis deux ans et demi, j'en prends plein la gueule !" Ainsi Jean-Noël Guérini a-t-il répondu aux journalistes présents à la longue conférence de presse qu'il a tenue hier après-midi à Marseille, une sorte de séance d'explication qu'il avait lui-même annoncée vendredi dès la fin de son audition par le juge Charles Duchaine. Dans un premier temps, Jean-Noël Guérini s'est appliqué à faire une lecture quasi scolaire de 14 feuillets par lesquels il s'est attaché à tout contester tout en rappelant qu'il n'a fait l'objet d'aucune accusation d'enrichissement personnel. En gros, comme pour retourner maintenant la situation à son avantage, il demande des comptes à la justice qu'il estime atteinte de graves dysfonctionnements. A cette occasion, il dit avoir réitéré sa requête de dépaysement de l’enquête. Pour compléter sa défense, son avocat, Dominique Mattéi, assis à côté de lui, a fourni des explications sur les aspects juridiques de la procédure en cours. Notamment à propos de la décharge du Mentaure, une affaire qui serait désormais sous le coup de la prescription. Belle bravade mais peut-être pas forcément concluante. Sur la demande de levée de son immunité parlementaire, Guérini a déclaré qu'"elle n'a désormais plus de sens" et qu'elle est donc devenue sans objet et puisqu'il s'est finalement rendu à la convocation fixée par le juge. On verra le 15 mars s'il aura convaincu le bureau du Sénat. Puis, Guérini s'en est pris avec insistance à ceux qui, selon lui, lui veulent du mal. "Je suis face à un complot politique. Je veux savoir qui est à la manœuvre." Tout le monde comprend, même s'il ne prononce pas son nom, qu'il soupçonne fortement Renaud Muselier d'avoir manigancé contre lui. Attendons la réaction de celui qu'il appelle "mon adversaire politique". Dans un second temps, les médias locaux et nationaux présents ont pu poser des questions, Mattéi assurant les réponses juridiques sur la procédure en cours, Guérini apportant les réponses politiques. Interrogé sur une éventuelle mise en minorité lors du vote du budget du conseil général le 23 mars, Guérini a assuré que sa "majorité est solide et il ne manquera pas une voix sur ce vote". Enfin, à propos d'un sondage réalisé à la demande même du conseil général "en novembre en pleine crise" (Guérini dixit) mais dévoilé récemment, on a appris que, en un an, les "bonnes intentions" sur l'image de Guérini avaient chuté de 60 à 28% avec 61% de "mauvaises opinions". "Moi, je me félicite de ce sondage, je croyais que je devais avoir 2% ou 1% comme Villepin." Selon La Provence, concernant la gestion de "l'argent confié au Département", le total des "bien géré" n'était plus que de 37% en novembre, deux fois moins qu'en 2008. Conséquence : pour la première fois depuis 1998, une majorité des sondés (55%) considère "qu'il faut, pour les prochaines années, changer en profondeur l'action du CG13". Conclusion : hier, Jean-Noël Guérini a voulu passer à la contre-attaque médiatique en essayant de démonter les accusations qui lui ont valu une mise en examen, tout en cherchant à renverser la vapeur en évoquant une manipulation et un complot politiques ourdis contre lui et dont le seul but serait de le dégager. C'était le millième épisode du feuilleton...
Comment un président des riches peut-il se muer en candidat du peuple sans en avoir l'air ? Nicolas Sarkozy tente de le faire croire en simulant un mode de vie qui aurait été sa marque de fabrique sans qu'on ne s'en aperçoive. Pour en démontrer toute l'inanité, plutôt que mille discours, rien ne vaut une bonne parodie. Groland, summum des farces et attrapes, s'est mis en quatre pour faire œuvre utile de pédagogie (voir la vidéo). Alors, rions de bon cœur mais en nous posant les bonnes questions. Après ça, restera-t-il encore des crédules dans la salle ?
Cela va faire du bruit. En mars, deux forums mondiaux de l'eau, l'un in, l'autre off, vont se tenir simultanément à Marseille, ville de mer hautement concernée. Le Ravi plonge sa tête dans ce dossier vital pour les décennies à venir. Les élections n'étant plus très loin, le mensuel leur consacre plusieurs articles qui feront réfléchir. On trouvera aussi diverses autres rubriques sur la politique et des sujets locaux sur Aix, Pertuis, Istres, Gap et Avignon. A ne pas rater non plus une riche enquête sur les influences plus ou moins occultes du syndicat FO dans les institutions que sont la Ville de Marseille et sa communauté urbaine. Enfin, il serait dommage de se priver des autres ravissements du journal que sont les brèves et les dessins qui offrent de souriantes respirations, comme pour nous dire que c'est déjà le printemps avant le printemps.
Coup de théâtre à Peynier. Et gros coup d'éponge sur l'affaire du buste controversé dédié à Vincent Delpuech. Après s'être obstiné dans une démarche aussi ahurissante qu'inconséquente au regard de faits historiques avérés sur des périodes du passé de Vincent Delpuech, le maire UMP, Christian Burle, vient d'abandonner le procès en diffamation contre l'Association Jean Zay en Provence - Pédagogie, Mémoire et Histoire. Mais l'information ne figure pas sur le site de la mairie. Et c'est l'association qui en fait la diffusion par un communiqué. Pour mémoire, l'audience initiale du 9 mai 2011 avait été purement et simplement reportée au 13 février 2012, avec, d'ici là, la tenue de trois audiences relais fixées aux 27 juin, 17 août et 14 novembre. C'est donc à cette dernière audience avant le vrai procès que la mairie a finalement battu en retraite en ravalant sa plainte. Voici le communiqué :
La Commune de Peynier jette l'éponge
A l'audience du Tribunal Correctionnel d'Aix-en-Provence du 14 novembre 2011, la Commune de Peynier, en la personne de son maire Christian Burle, s'est désistée purement et simplement de son action en diffamation dirigée contre l'Association Jean Zay en Provence à qui elle reprochait d'avoir critiqué sa décision d'ériger en 2010 un buste à la mémoire de Vincent Delpuech. Cet ancien maire de Peynier, incarcéré à la Libération, a été pendant toute l'occupation administrateur de différents journaux considérés comme ayant servi les intérêts de l'ennemi. Manifestement, la Commune n'a pas voulu revenir sur une période obscure de l'histoire locale qui ne valorisait pas l'image de Vincent Delpuech. A la Libération, celui-ci avait été incarcéré et avait été frappé d'inéligibilité pendant deux ans. L'Association Jean Zay en Provence qui défend la mémoire de la Résistance s'était opposée à ce que l'on élève une statue à Vincent Delpuech, en rappelant simplement son passif politique pendant l'occupation comme cela avait été publié au Journal Officiel par René Cassin, président du Jury d'Honneur. En se désistant de son action pénale, la Commune reconnaît indirectement le bien-fondé des objections de l'Association Jean Zay en Provence. Pour l’Association, Jacques Misguich, Président
Comme on peut l'imaginer, je me réjouis de cette victoire républicaine et félicite vivement l'association Jean Zay en Provence pour son courage et sa ténacité. J'ai donc grand plaisir à relayer cette information sur un sujet évoqué sur mon blog à plusieurs reprises. J'invite chacun à relire les différents épisodes de cette affaire ainsi que l'excellent dossier publié sur le blog de mon collègue et ami Jean-Luc Gach. Car rien ne doit rester dans l'ombre. Toutes les vérités sont à (r)établir pour que jamais on n'oublie les forfaitures et les crapuleries de l'Histoire que certains s'évertuent à occulter pour s'en accommoder.
Une amie me disait il y a peu "bizarre, on ne parle plus des frères Guérini". Je lui ai répondu "t'inquiète, ça ne va pas tarder..." Et Jean-Noël Guérini est réapparu pour ses vœux de l'année aux personnels du conseil général puis à la presse. Mais, le devançant quelque peu, le juge Charles Duchaine a repris investigations, convocations, gardes à vue et mises en examen. Avec toujours dans sa visée, les multiples affaires d'Alexandre et les relations avec son frère dans le cadre de ses responsabilités de président du CG13. Résultat, la plus grosse prise concrétisée ces derniers jours a été celle de Jean-François Noyes, conseiller général, et surtout ancien président de l'office HLM Treize Habitat, qui, à son tour, vient d'être mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue d'un trafic d'influence et recel de trafic d'influence" pour avoir fermé les yeux sur les interventions d'Alexandre Guérini au sein de l'office. L'autre tâche du juge a consisté à dénouer un peu plus et un peu mieux encore les très nombreuses interrogations sur les centaines de milliers d'euros qui auraient circulé de manière non justifée pour faciliter la réalisation d'un projet de maison de retraite médicalisée à Vauvenargues où l'on soupçonne l'influence occulte de personnes liées au banditisme présumées proches d'Alexandre Guérini. Si certains mystères livrent peu à peu de surprenantes parts de secrets trop bien et trop longtemps entretenus, en revanche, à chaque progression des enquêtes, le contexte général devient très complexe. N'en déplaise aux protagonistes directs ou indirects des affaires qui ont éclaté depuis qu'Alexandre a été démasqué, on a la confirmation de l'existence d'un véritable système parallèle, une sorte de gros cercle fermé, qui cherchait à échapper aux règles des marchés publics, aux obligations des élus et à la transparence démocratique.
De la gonflette pour s'incruster
Bien conscient que la longue traque judiciaire va se poursuivre, en fin de semaine dernière, devant les parterres garnis d'invités, Jean-Noël Guérini a ouvert le rideau des cérémonies de vœux, avec à ses côtés Jean-François Noyes, les deux mis en examen faisant la paire. Et là, il a rejoué et surjoué, dans son style tantôt jovial tantôt théâtral mais toujours de commande, la mise en scène de sa partition bien connue (bientôt usée ?) du parfait innocent, répétant, peut-être pour essayer de s'en convaincre lui-même, que "le dossier judiciaire ne concerne en rien le conseil général". Preuve, selon lui bien sûr, que le destin de sa modeste personne et sa vie politique d'élu ne pourraient souffrir le moindre dommage, il est même allé cette fois jusqu'à vouloir (se) persuader de son invincibilté. Et, poussant le défi comme certains font de la gonflette, il a affirmé "Je resterai jusqu'en 2014 et au-delà". Par ailleurs, interrogé sur sa présence au cours de la campagne présidentielle de François Hollande, Jean-Noël Guérini a indiqué qu'il ferait campagne pour lui à titre personnel mais qu'il se tiendrait en retrait, "je ne me montrerai pas à côté de lui", car, dit-il, il ne veut pas que les médias interpellent le candidat sur les affaires. Pour une fois, on se dit qu'il a bien raison mais c'est surtout parce qu'on a dû lui faire comprendre qu'il n'était pas franchement désiré. Pendant ce temps, Eugène Caselli, qui devrait bientôt rencontrer Jean-Noël Guérini pour parler du plan quinquennal entre le CG13 et MPM, commence lui aussi - ce type de hasard est toujours étonnant ! - à se sentir pousser de grandes ailes pour envisager d'être un postulant légitime à l'élection municipale en 2014 : "A partir du poste que j'occupe, glisse-t-il, compte tenu des engagements et des projets portés par MPM et compte tenu de mon positionnement politique particulier, vous vous doutez que je ne peux pas me désintéresser du rendez-vous des prochaines élections municipales." [...] "J'aurai ma place dans le débat, nous verrons bien qui sera le mieux placé." Et voilà, les paris sont déjà ouverts pour 2014 !
Hier soir, mon choix n'a pas été difficile. D'abord, parce que je ne regarde plus télé Bouygues depuis de longues années. Ensuite, parce qu'entendre Nicolas Sarkozy parler de peuple, c'est aussi grossier que proférer des "casse-toi, pauv' c...". Enfin, parce qu'à la même heure, j'ai préféré suivre intégralement le discours de François Hollande en direct de Rouen. Je n'ai donc eu connaissance de ce qu'a dit le futur ancien président que plus tard sur France 3. Et, bien m'en a pris, je n'avais rien raté d'important. Heu, pardon, il y avait quelques phrases plutôt vaudevillesques. Celle-ci : "Si les Français me font confiance, le second quinquennat ne sera pas conforme au premier." Celles-là : "Ne pas solliciiter à nouveau la confiance des Français, ça serait comme un abandon de poste. Est-ce qu'on peut imaginer le capitaine d'un navire dont le bateau serait en pleine tempête dire 'ben non, je suis fatigué, je renonce' ?" M'est avis qu'il persiste à nous prendre pour des demeurés. S'il était réélu, nous dit-il, il serait un autre. Pourtant, il veut simplement continuer, non ? Et puis, comment ne pas rire quand il utilise la métaphore du navire, lui, l'expert en yacht et en pirogue depuis 2007 ? D'ici peu, il pourrait bien rajouter à sa panoplie le modèle Titanic ! Ses communicants ont commis une grosse faute. Leur slogan aurait dû être "La France morte".
600 raisons de ne pas voter Sarkozy
Pour voir les catégories de raisons répertoriées, cliquer "mensonges". On peut aussi les faire défiler l'une après l'autre à l'aide de la flèche noire.
Ce soir, Nicolas Sarkozy reconnaîtra qu'il est candidat. A vrai dire, le suspense n'a jamais existé. Son temps de parole sera enfin décompté comme tel. Idem pour toutes ses dépenses. D'ailleurs, saisie deux fois par le PS, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques avait estimé que le coût de certaines manifestations pourrait être "réintégré ultérieurement au compte de campagne". Face à l'offensive et aux critiques, l'Elysée s'est dit prêt à le faire. Les principaux griefs concernaient les déplacements du président au cours desquels il tenait des propos électoraux de candidat. On devrait pouvoir juger sur pièce dès sa visite de demain à Annecy en tant que président. Et on mesurera la différence lors de sa venue au rassemblement organisé par l'UMP dimanche à Marseille. Les échanges plus frontaux vont donc démarrer entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, mais aussi avec les candidats ayant les signatures. Le personnage aura beau s'évertuer à se remuer dans tous les sens, rien ne pourra porter à croire qu'il serait désormais meilleur que pendant ces cinq années de casse, d'indignité et de mépris infligées aux Français. L'heure de son bilan arrive. Si ce n'est déjà celle de sa défaite et de son départ.
Avec ce quinquennat finissant, la question de l'éthique en politique se pose plus que jamais. Et avec quelle acuité ! Les cas de manquement à l'exemplarité ne concernent pas que les hautes sphères de pouvoir. Comme on peut le constater, la vie publique locale regorge elle aussi de règles de conduite dévoyées. Hélas ! Qui peut contester qu'il existe une grave crise de confiance des citoyens envers les institutions et le personnel politique ? La "chose publique" est devenue l'objet de désintérêt ou de rejet, notamment lorsqu'il s'agit de participer à des élections. Les affaires et les scandales de quelques-uns sont une des causes de cette désaffection des électeurs. Mais ils n'expliquent pas tout. Les citoyens s'interrogent surtout sur l'incapacité de leurs représentants à agir sur le réel. On constate donc une sorte de rupture de la relation normale et directe que devraient entretenir les élus avec les citoyens. La crise semble profonde car elle est la crise du sens même de la politique. Un sondage publié par Le Monde (2 février) indique que "les Français estiment que l'éthique recule en politique". "Les Français ne sont pas convaincus de la moralité des hommes et des femmes politiques. Il ne se trouve que 22% des personnes interrogées pour considérer que tous les politiques ou la plupart d'entre eux respectent les grandes règles de la morale." Un vrai coup de massue ! Autre constat sévère et sans appel, "près de trois Français sur cinq (58%) jugent que les gouvernants et les élus confondent leurs intérêts personnels et leurs responsabilités publiques davantage aujourd'hui qu'il y a vingt ans". La cause est-elle désespérée voire irréversible ? La justice, quand elle n'est pas entravée au plus haut niveau, parvient tant bien que mal à débusquer les malhonnêtes. Mais beaucoup de malversations restent cependant insuffisamment sanctionnées ou demeurent parfois inexplorées. Le pire, c'est lorsque leurs auteurs et leurs complices agissent dans l'opacité la plus complète, prenant garde de ne pas prêter le flanc à la moindre suspicion et donc à la moindre enquête. Les citoyens ont leur rôle à jouer, et même le devoir d'aider la justice à faire le grand ménage. Certes, ce n'est pas simple mais il est toujours possible d'informer les autorités de police et de justice. L'un des exemples les plus probants en la matière est celui mis en place par l'association Anticor qui a engagé une veille permanente, une démarche déterminée et des actions vigoureuses pour lutter contre la corruption sous toutes ses formes. Alors, faisons en sorte que politique rime enfin avec éthique.
(Clic sur l'image pour agrandir) La Provence du samedi passe à 2 euros pour Aix et Arles, cobayes du supplément "People Hebdo" !
Un choc ! Samedi dernier, en achetant La Provence, j'ai eu un choc. D'abord, le prix est passé à 2 euros au lieu de 1,60. La raison, on la trouvait dans un encadré placé en une. Et ce fut mon second choc. On apprenait que le journal aurait écouté ses lecteurs qui auraient "appelé de leurs vœux" l'ajout d'un magazine dit "People Hebdo" qui "parle autrement des stars que vous aimez"(sic). Ma première réaction a été d'en rire. La seconde a été de lire la totalité de la note signée du directeur de la publication. Là, je me suis assis. Et j'ai feuilleté les 52 pages de cet immense "cadeau". Sur l'instant, j'ai cru qu'on m'avait téléporté dans le salon de mon coiffeur préféré. Mais non, c'était impossible, j'y étais allé il y a seulement deux semaines. J'y avais vu les piles de ces magazines trafiqués et sans intérêt (au moins, pour ce qui me concerne) qui font leur beurre avec des photos et des publicités plein les pages pour appâter le gogo. Et puis, mon coiffeur, lui, n'en fait pas payer la curiosité et ne contraint personne à bouffer du "people" même en attendant de passer sur le fauteuil. Mais là, être obligé de se farcir 52 pages chaque samedi sans avoir rien demandé et en payant 40 centimes de rab pour du néant, c'est un comble. J'ai appris par mon marchand de journaux préféré (aussi) que La Provence avait lancé cette "nouveauté" uniquement à Aix et à Arles. Ah bon, me suis-je fait. On nous aurait donc fait cette fleur en avant-première pour tester notre capacité à nous instruire ? Et les lecteurs des dix autres éditions locales alors ? Ne les prendrait-on pas par hasard pour des abrutis qui ne méritent pas d'être traités comme des êtres avides de la vie des "stars" ? A moins, chose plus probable, que les Aixois et les Arlésiens ne soient pour l'instant que les cobayes d'une opération qui ne tardera pas à être généralisée.
Décervelage ?
J'ai cherché, et je cherche encore, à comprendre ce que peut bien signifier tout cela. Je suis allé regarder "l'ours" en page 2, c'est-à-dire le petit pavé qui recense les noms et adresses de l'éditeur et de l'imprimeur, et le nom des collaborateurs ayant participé à la fabrication du magazine. Et là, surprise. Alors qu'en une le supplément est estampillé "La Provence", il est écrit en toutes lettres que la société éditrice s'appelle "France régions participations", que son siège est celui du Groupe Hersant Media à Paris. Seul point commun avec La Provence, son président-directeur général et directeur de publication en est Philippe Hersant, également propriétaire de bon nombre d'autres journaux régionaux. J'avais bien entendu dire que La Provence souffrait régulièrement de pertes de lecteurs. En 2011, par exemple, le journal a connu une baisse des ventes de 5% (source OJD). J'avais aussi lu que, pour des raisons stratégiques, le Groupe Hersant Media allait se rapprocher et même fusionner avec le groupe de presse belge Rossel. J'avais bien remarqué depuis quelques temps que La Provence faisait une publicité "Offre privilège" pour une livraison à domicile, là encore dans le but de redresser la barre. J'en ai d'ailleurs eu un brin de confirmation hier alors que j'allais en grande surface. Dans la galerie marchande, j'ai aperçu un stand siglé La Provence tenu par deux personnes. De mémoire, c'était bien la première fois que je voyais ça. Alors, curieux comme je le suis, j'ai entrerpis de discuter avec l'un des deux jeunes hommes, au demeurant fort sympathiques. "Oui, m'a-t-il dit, on fait de la promo pour fidéliser les acheteurs". Et, a-t-il ajouté, "cela peut aider à créer jusqu'à 8 emplois de livreurs". Tout en discutant, mais sans évidemment lui en faire reproche personnellement, je lui ai dit que le supplément de samedi dernier était lamentable et frisait même pas mal l'arnaque au prix. "Beaucoup de gens nous disent ça. Mais, nous, on n'y peut rien." D'accord, mais alors que faire ? Dois-je maintenant m'abstenir d'acheter le journal du samedi avec ses autres suppléments, TV magazine et Version Fémina (autre prétexte à maquillage publicitaire à chaque page) ? Ou dois-je refuser d'entériner ce chantage mercantile qui force la main, le portefeuille et l'esprit ? Ce n'est pas sans tristesse que je pose ces questions car ma grande passion pour la presse écrite a commencé dès l'âge de 10 ans. Depuis, j'ai beaucoup lu et eu aussi tout loisir de trier dans tout ce qui est proposé. J'ai, par exemple, abandonné tout achat d'hebdomadaires nationaux farcis de publicités parfaitement intrusives et indigestes visant à nourrir les réflexes de consommation. Comme on s'en est sans doute rendu compte à la lecture de ce blog, j'ai une faveur particulière pour la presse sans publicité, une presse que je soutiens, ne serait-ce qu'en allant l'acheter. Il faut que je prenne vite ma décision. Aïe, demain, c'est samedi !
La première mouture date de 2005 pour une réalisation en 2011. Raté !
La presse locale, en l'occurrence La Provence, a publié une page sur les chantiers en cours ou à venir annoncés par la mairie d'Aix-en-Provence. Mais il est intéressant de noter que, en l'absence totale d'un Plan local d'urbanisme cohérent et digne de ce nom, il ne s'agit essentiellement que d'opérations dont le caractère spécifique n'entre aucunement dans le cadre d'une vision réfléchie du développement maîtrisé de la ville. Pour la plupart, les chantiers en question font fi de tous les aspects et enjeux qu'il serait nécessaire de prendre compte pour répondre aux besoins fondamentaux et concrets de la vie des habitants. En dehors de l'agrandissement du parc relais du Krypton et de la réalisation du pôle d'échanges du Plan d'Aillane qui constituent une sorte de rattrapage pour une incitation à stationner en périphérie de la ville et un délestage de circulation vers les transports en commun, les autres sujets concernent des mutations de l'existant. Et encore, les dates d'éventuel achèvement ont un parfum de communication. Prenons quelques exemples. Corsy et Beisson : L'élaboration du projet de rénovation des deux cités, les incertitudes financières et les atermoiements ont fait reculer sa finalisation qui totalisera bientôt une dizaine d'années. Annoncée pour 2011, puis pour 2014, la rénovation est promise à une nouvelle échéance maintenant prévue pour 2015. Les habitants eux-mêmes ont beaucoup protesté pour en savoir plus et être associés à la démarche de rénovation, notamment au moment où les contributions de l'Etat pour la politique de la ville ont commencé à fondre. A l'heure actuelle, les crédits dévolus à la rénovation urbaine résultent d'un des engagements lancés par le gouvernement en 2004 et des promesses échevelées faites par Nicolas Sarkozy en 2007 pour un plan Marshall des banlieues qui a vu ses budgets taillés à la hache d'année en année (voir lien ci-dessous). La gare routière : Des panneaux avaient été apposés dès 2005 pour annoncer le projet pharaonique d'une nouvelle gare routière opérationnelle fin 2011 sur le site actuel. Une élection municipale annulée étant passée par là et de nombreuses critiques aussi, le projet a été revu à la baisse. On ne parle plus de la même envergure. Quand sortira donc de terre le nouvel équipement ? On nous parle de fin 2013, soit avec deux années de retard. Office de tourisme : Là encore, le nouvel établissement qui était annoncé pour la fin du premier mandat de Maryse Joissains aura mis quelque sept ans à voir le jour alors que le sort de l'ancien est très contesté. L'équipement a été vendu à une société à la condition qu'elle conserve le bâti. Or, le projet a subi de substantielles modifications qui changent de fait la base juridique du marché. Une récente délibération du conseil municipal a suscité l'étonnement en entérinant sa destruction complète accompagnée de la vente d'un espace public à la société acquéreuse. Manifestement contraire aux procédures de mise en concurrence, la décision vient d'être attaquée par l'opposition au tribunal administratif. Il faudra donc patienter avant de récolter les fruits de la cession. A suivre...