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La dernière actualité chassant l'avant-dernière, l'information au jour le jour se présente parfois en forme de sujets cloisonnés, chacun semblant se suffire à lui-même. Alors, on laisse filer et il ne nous vient pas toujours à l'idée de rechercher si certains événements en apparence isolés ne feraient pas en fait partie d'un ensemble susceptible de receler quelques messages plus significatifs.
Pourquoi cette entrée en matière, me dira-t-on. Et bien voici. Dans le contexte écœurant qui s'est installé en France, engendré par certaines postures politiques extrêmes, une brochette d'élus du côté de chez nous n'éprouve pas plus de révulsion à endosser le même habit gris lorsqu'il s'agit d'aller pêcher des voix en eaux boueuses.
Il y a quelque dix jours, l'inauguration controversée d'un buste dédié à un ancien sénateur-maire de Peynier, disparu en 1966, un homme au passé trouble pendant l'Occupation, a réuni sur une même photo quelques édiles que les mêmes relents attirent. Nommons-les.
Il y avait Jean-Claude Gaudin, qui a évoqué son amitié pour Vincent Delpuech, tout en redisant son admiration pour celui "dont nous sommes tous les héritiers politiques". Non, pas tous, monsieur Gaudin, vous c'est sûr. Admirable cette filiation qui lui avait déjà inspiré son amitié avec le FN pour diriger la région de 1986 à 1992 en lui confiant plusieurs vice-présidences et en passant des accords de désistement réciproques pour les législatives de 1988.
Il y avait Bruno Genzana, qui, faut-il le rappeler, au Conseil général préside un groupe de trois élus qui a recyclé et blanchi l'ancien maire de Marignane, ex-frontiste puis ex-mégrétiste.
Il y avait Maryse Joissains, qui a rejoué son sketch d'ancienne, très ancienne, adhérente du Parti radical, façon de proclamer ses vertus humanistes. Mais aussi pour signifier qu'il fallait absoudre le défunt du buste membre comme elle dudit parti car "à un moment trouble de la République, il a continué à exercer ses fonctions dans l'honneur". Sauf que, l'honorable trépassé a été tout sauf un résistant. Sauf que, aussi, Maryse Joissains a longtemps vilipendé tous les partis puis s'est convertie à l'UMP qui lui a fait entendre des voix qu'elle a cueillies.
Et que désormais, elle va encore plus loin dans le reniement des valeurs radicales. C'est ainsi qu'elle a rejoint le collectif dit de La Droite populaire, une marque, pur hasard bien sûr, qui peut se confondre avec celle d'un mouvement identitaire et nationaliste d'extrême droite déjà existant.
L'initiateur du collectif de 35 députés UMP est Thierry Mariani. Celui-là même qui, entre autres propositions humanistes, voulait des tests ADN et des statistiques raciales et ethniques.
Maryse Joissains peut y côtoyer aussi quelques sympathiques bienfaiteurs, tels Christian Vanneste qui s'est illustré en particulier pour ses propos homophobes, Lionnel Luca, favorable à l'abrogation de l'article sur l'enseignement sur l'esclavage, et à la peine de mort comme son copain azuréen, le deux-roues Christian Estrosi, qui était également hostile au PACS.
Au milieu de ces gens de bonne compagnie, on trouve aussi Richard Mallié, favorable lui à la pratique légale de l'esclavage le dimanche. Belle brochette, disais-je. Mais revenons à Peynier. Son maire, Christian Burle, ne joue pas tout seul dans une cour à part. Non, il est aussi le suppléant de Maryse Joissains à l'Assemblée nationale.
Voilà, tous les artistes sont en place, la pièce peut continuer, le message est clair. N'y cherchons pas d'actes manqués, il n'y en a pas. Ils sont tous parfaitement volontaires.