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Les médias et les blogs en ont parlé

Postures équivoques, comportements sournois, phrases crapoteuses, la confusion des esprits est entretenue à dessein. Depuis trois ans, on mêle tout, immigration et criminalité, identité nationale et citoyenneté. Et maintenant laïcité et occupation.
L'extrême droite, mais aussi des ministres en exercice, prétendent ainsi parler au nom de l'ensemble d'un pays qui serait silencieux mais n'en penserait pas moins. Dans l'espoir, bien sûr, de ramener des électeurs égarés, en caressant sans honte les instincts les plus vils de l'être humain.
Notre région n'est pas exempte, loin s'en faut, de ces ignominies plus ou moins ouvertement exprimées. Faut-il rappeler encore que dans les années 80, Jean-Claude Gaudin lui-même fit une alliance avec le FN et en lui confiant plusieurs vice-présidences pour gouverner le conseil régional.
Ces dernières années, et récemment encore, comment ne pas signaler les opinions outrageantes, allant parfois jusqu'à faire l'objet de propositions de lois, émanant d'Eric Ciotti, de Christian Estrosi, de Lionnel Luca ou de Thierry Mariani. Ce dernier n'a-t-il pas lancé un Collectif de la Droite populaire réunissant 35 députés dont 5 des Bouches-du-Rhône, parmi lesquels, Richard Mallié et Maryse Joissains, avec l'ambition affichée de concurrencer l'extrême droite sur son terrain visqueux.
Ici, en pays d'Aix, le démarchage se fait plus perfide car les initiatives s'opèrent derrière des masques. Avant cette fin d'année, je veux donc revenir aujourd'hui sur quelques faits qui, pour isolés qu'ils paraissent, sont pourtant bien constitutifs d'un ensemble clairement identifiable.

L'affaire du buste de la discorde à Peynier
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Mi-septembre, comme l'ont fait certains blogs, la presse, la télévision et des radios, j'avais rapporté la controverse née de l'inauguration du buste d'un ancien sénateur-maire de Peynier, un homme au passé trouble pendant l'Occupation.
Ce jour-là, côte à côte, se trouvaient entre autres Jean-Claude Gaudin, Maryse Joissains et Christian Burle, maire de Peynier et suppléant de Maryse Joissains. La population locale ne s'est pas déplacée pour ce qui devait être un hommage symbolique à Vincent Delpuech.
Défendant la vie et l'œuvre de Jean Zay, ministre de l'éducation et de la culture de 1936 à 1939, résistant abattu par des miliciens en 1944, l'Association Jean Zay en Provence, Pédagogie, Mémoire et Histoire avait récusé cette initiative. Depuis, l'association a été assignée par le maire de Peynier et la famille Delpuech à comparaître devant le tribunal correctionnel pour "diffamation" !
Etrangement, aucun des médias et blogs (dont le mien) qui avaient relayé l'information n'a été inquiété, si l'on peut dire les choses ainsi. Si tous ces relais sont extérieurs à Peynier, il n'en est pas de même pour un blogueur citoyen de ladite commune qui avait critiqué le même événement. Et qui pourrait lui-même être l'objet potentiel d'intimidations si l'on en croit les propos d'un adjoint au maire rapportés par la presse. Bravo la liberté d'expression.

Maryse Joissains sur la ligne du Front

S'agissant du positionnement politique de Maryse Joissains, les exemples d'écarts qui ne doivent certainement rien au hasard se multiplient. Son adhésion au Collectif de la Droite populaire ne fait qu'entériner un parcours tendant à l'extrême.
Sa présence à Peynier aux côtés de son suppléant à l'Assemblée nationale n'a rien de fortuit non plus. Prenant la parole, Maryse Joissains a réécrit l'Histoire en attribuant des vertus à Vincent Delpuech : "à un moment trouble de la République, il a continué à exercer ses fonctions dans l'honneur". Drôle de sens de l'honneur pour quelqu'un qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain.
En comparaison, à Aix, il y a quelques semaines, sciemment aucun élu de son bord n'était présent à la Cité du livre lors de la venue de Stéphane Hessel.
La Provence rapporte que, au conseil municipal de novembre, elle a déclaré à ce sujet : "Il y a des personnes qui ne sont pas souhaitables dans une ville à un certain moment. Hessel est tout sauf un modéré." Quand on connaît le parcours de ce résistant, qui a participé à la rédaction de la Déclaration des droits de l'homme aux côtés de René Cassin, on se dit que, décidément, Maryse Joissains a la mémoire borgne et l'hommage tristement sélectif.
Plus tôt, en mars, à l'occasion d'une évocation historique sur l'Algérie au Pasino, elle a fait citoyen d'honneur, un chanteur d'extrême droite.
Enfin, pour l'instant serait-on tenté de dire, il y a un mois, on apprenait que la Semepa avait recruté Damien Bariller comme directeur de la communication. Ce n'est pas un inconnu. Il a été conseiller municipal FN d'Aix de 1995 à 2001 (aléa de la répartition des places, il était mon voisin de table au conseil municipal !), puis a rejoint la formation politique de Bruno Mégret. L'épouse de ce dernier l'a engagé à la mairie de Vitrolles.
Pour mémoire, à Aix, sa récente nomination à la Semepa n'est une première. Dans les années 70-80, la mairie de l'époque avait recruté comme directeur général Dominique Gajas, cadre du FN, tête liste à l'élection municipale de 1983. Lors de l'alternance entre 1989 et 2001, il ne l'est plus. En 2001, Maryse Joissains le fait revenir comme consultant.
La boucle est donc presque bouclée. Concernant le cas de Maryse Joissains, il n'est pas inutile de rappeler tous ces faits et effets.  

"Gaudin va-t-il honorer un collaborateur ?" :
http://boulesteix.blog.lemonde.fr/2010/09/01/gaudin-va-t-il-honorer-un-collaborateur/

"Droite extrême : Joissains, Gaudin et leurs copains" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/09/15/19066424.html