lundi 23 avril 2007

Avec un peu d'intox quand même, non ?

ouf

(Clic sur l'image pour agrandir)

Pour mémoire, voici les trois derniers sondages non publiés de vendredi. On voit que les instituts ne sont pas vraiment d'accord entre eux et que les estimations ne sont pas si proches que ça des vrais résultats.

-- Pour l'Ifop, Nicolas Sarkozy (UMP) fait la course en tête avec 26%, suivi par Ségolène Royal (PS) (23%) et François Bayrou (UDF) (20,5%). Jean-Marie Le Pen (FN) arrive quatrième avec 12% des intentions de vote.

-- Pour BVA, Nicolas Sarkozy arrive premier avec 29%, Ségolène Royal est à 26%, François Bayrou à 17% et Jean-Marie Le Pen à 12,5.

-- Pour CSA, enfin, Nicolas Sarkozy est premier avec 26,5%. Suivent Ségolène Royal avec 25,5%. Pour cet institut, c'est Jean-Marie Le Pen qui arrive troisième avec 16,5% et François Bayrou ferme le carré de tête avec 16%.

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jeudi 12 avril 2007

Et maintenant, un sondage sur... les sondages

Un sondage de la presse gratuite indique que, pour 84% des internautes, les sondages sur la présidentielle ne sont pas crédibles et ne reflètent pas la réalité. Ils ne sont donc que 16% sur les 549 personnes sondées (un échantillon ridiculement faible et bien peu fiable) à penser le contraire. En revanche, aucun internaute sondé n'a mis en doute la crédibilité de ce sondage ! Cela me fait penser à une superbe réplique du film de gangsters "Justin de Marseille" de Maurice Tourneur (1934) où Justin (Antonin Berval) confie à son ami Le Bègue (Pierre Larquey) qu'il dit toujours la vérité : "Quand j'étais petit, j'avais l'habitude de mentir. Et peut-être qu'en ce moment même je suis encore en train de mentir."

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mercredi 28 mars 2007

Nouveaux électeurs : Des surprises à attendre ?

sondages

Les nombreux appels à aller voter ont été entendus. Les listes électorales, arrêtées dans chaque commune au 28 février 2007, révèlent une hausse significative : + 4,2% soit 1,8 million d’électeurs en plus du nombre d’inscrits, selon le ministère de l'intérieur. "Une augmentation toutefois habituelle avant une année d’élection présidentielle", tempère le ministère. Mais tout de même plus forte qu’en 1981 (+ 3,7 %), 1988 (+ 2,1%) et 2002 (2,3 %).

"Outre l’enjeu des scrutins présidentiel et législatif, la hausse s’explique notamment par l’accession à la majorité de classes d’âge plus nombreuses et par les mesures d’incitation à l’inscription", précise le ministère.

"C’est magnifique. Le réveil des consciences, enclenché lors des émeutes en novembre 2005, se poursuit. Les gens ont vraiment compris que les choses pouvaient changer avec leur vote, en étant un acteur de la société, affirme l'association "AC le feu". Ce résultat ne doit pas être imputé aux politiques car ce sont les associations, grâce à leur travail sur le terrain qui ont réveillé les consciences. Aujourd’hui, cet électorat, qui n’était pas attendu, peut peser."

Au total, 44,5 millions de Français pourront voter le 22 avril prochain. Si aucun département ne connaît de diminution du nombre d’inscrits, la hausse du nombre d’inscrits varie d’un département à l’autre.

Comme en 2006, la hausse la plus forte est enregistrée dans certains départements et collectivités d’outre-mer (Mayotte + 11,9 %, Guyane + 11 %, La Réunion + 6,4 %) et dans les départements de la région parisienne, avec une augmentation partout supérieure à 5 %. Paris se détache (+ 9,6 %), devant la Seine-Saint-Denis (+ 8,5 %) et les Hauts-de-Seine (+ 7,9 %).

Les départements du Sud-Est (dont Rhône + 7,1 %, Alpes-Maritimes + 6,5 % et Bouches-du-Rhône + 5,9 %) et, dans une moindre mesure, les départements urbains du Sud et du Sud-Ouest sont les plus dynamiques.

En revanche, plusieurs départements à dominante rurale connaissent des hausses limitées (Creuse + 0,3 %, Haute-Marne + 0,4 %, Cantal + 0,8 %), de même que certains départements plus urbains (Pas-de-Calais + 1,2 %, Seine-Maritime + 2,3 %, Nord + 2,6 %).

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vendredi 23 mars 2007

Sonder ou (se) tromper ? (fin)

sondage

Et si les électeurs créaient la surprise ? (9 et fin)

Dimanche 21 avril 2002. 20h00. Les premières estimations pour le 1er tour des élections présidentielles, livrées sur les chaînes de télévisions par les grands instituts de sondage, s'affichent sur nos écrans. L'exercice, désormais bien rodé, est suivi des premiers commentaires et analyses, qui stigmatisent immanquablement les erreurs des sondeurs, coupables d'avoir sous-estimé tel candidat ou d'avoir intoxiqué les électeurs avec de fausses prévisions. La polémique peut ensuite enfler et se prolonger dans la presse, prompte à mettre les sondages au pilori après en avoir rempli ses colonnes pendant plusieurs mois, tenant en haleine les politiques de tout bord et l'opinion publique, jusqu'à éclipser parfois les programmes des candidats.

Ce rituel est installé à présent depuis plusieurs élections. Et il est vrai qu'il ne cesse d'être alimenté par les erreurs importantes commises par les sondages, à chaque échéance : municipales de 2001 avec la "vague rose", législatives de 1997 avec la droite donnée gagnante, présidentielles de 1995 avec Chirac considéré comme hors course.

Alors, que penser des sondages politiques de 2007 ? Et si les électeurs créaient la surprise ? Et si l'abstention était importante ? Et si les électeurs choisissaient la cohabitation ? Et si… ?

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jeudi 22 mars 2007

Sonder ou (se) tromper ?

instituts

Un outil de notoriété pour les instituts (8)

Les sondages politiques sont pratiqués en France principalement par six grands instituts : BVA, CSA-TMO, Ifop, Ipsos, Louis Harris et TN Sofres. Cette activité représente avant tout un instrument de notoriété pour ces instituts. Cela leur permet de se faire mieux connaître de leur cible d'entreprises, à l'occasion de la publication de leurs résultats et des partenariats noués avec la presse et les stations de radio et de télévision pour les émissions politiques et les soirées électorales. Ainsi, en 2000, par exemple, les sondages politiques n'ont contribué qu'à environ 3% au chiffre d'affaires d'IPSOS France et à 9% à celui de BVA.

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mercredi 21 mars 2007

Ben... euh... chépa encore...

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Sonder ou (se) tromper ?

sondage_en_question

Des électeurs "mobiles" (7)

Il est également une tendance qui inquiète beaucoup les sondeurs et qui pourrait, si elle se poursuivait dans les prochaines années, achever de décrédibiliser les sondages politiques. Il s’agit de la volatilité de l’électorat et du nombre d’indécis qui atteignent des niveaux inquiétants.

En 2002, à deux semaines du premier tour, il y avait encore 40% d’indécis ou de personnes susceptibles de changer d’avis. Et on estime que plus de 20% des votants vont finalement se décider dans l’isoloir. A cela s’ajoutent le nombre important de candidats et la disparition plus ou moins avérée du clivage gauche droite qui permettait des reports prévisibles entre les deux tours.

Comment arriver dans ces conditions à donner de manière fiable des estimations, surtout lorsque l’élection se joue à 1 ou 0,5 points d’écart ? Même si l’on comprend bien cette difficulté, ni les hommes politiques, ni les journalistes, ni l’opinion publique ne pardonneront aux sondages de s’être trompés.

Car ces sondages sont devenus aujourd’hui les véritables oracles de notre société moderne et les sondeurs des sorciers capables par on ne sait quel pouvoir occulte, de prédire notre avenir. Cette sur-confiance et les déceptions qui découlent des erreurs répétées dans le champ politique risquent de provoquer la mise en question générale de la fiabilité des études et du travail quotidien des 350 instituts d’études hexagonaux.

C’est à se demander si les grands instituts, qui utilisent ces sondages politiques comme un outil de notoriété, ne feraient pas mieux de s’organiser pour en limiter l’utilisation et mieux communiquer sur leurs objectifs et leurs limites.

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mardi 20 mars 2007

Sonder ou (se) tromper ?

difficile

Les biais méthodologiques (6)

Pour être valable, un sondage politique doit être mené avec beaucoup de rigueur, à tous les stades : définition de questions claires et précises, constitution de l'échantillon, formulation des questions, saisie des réponses, retraitements et redressements. Or, des erreurs peuvent s'insérer à chacune de ces étapes, d'autant plus que toutes ces opérations sont réalisées très souvent dans des délais extrêmement courts, sous la pression des événements et des commanditaires.

En supposant que toutes les précautions ont été prises pour éviter les erreurs de base, il est des biais plus difficiles à éviter. Les plus importants sont liés au choix de l'échantillon. En effet, la méthode des quotas qui est utilisée pour choisir l'échantillon peut être mise en œuvre avec plus ou moins de finesse.

Les critères utilisés sont nécessairement peu nombreux, notamment pour des raisons de coût et de simplification. Généralement, on utilise l'âge, le sexe, la catégorie socioprofessionnelle, la catégorie d'agglomération et la région. Pourtant, d'autres critères tel le niveau d'études, le statut marital ou la présence d'enfants sont déterminants dans le comportement de vote.

Par ailleurs, les critères utilisés peuvent eux-mêmes se heurter à une réalité plus complexe. Ainsi, la catégorie "Inactifs", qui regroupe quasiment le tiers de la population française, est souvent traitée en bloc. Or, on retrouve dans cette catégorie des populations très diverses (femmes au foyer, jeunes sans emploi, retraités). Et même lorsque ces sous-catégories sont prises en compte séparément, il est difficile de gérer des paramètres encore plus fins mais très déterminants dans les intentions de votes, telle l'ancienne profession des retraités, par exemple.

Toujours concernant le respect de la représentativité de l'échantillon, on constate qu'un nombre croissant de personnes refusent de répondre aux enquêtes téléphoniques, surtout lorsqu'il s'agit de questions aussi engageantes que celles des sondages politiques. Les populations qui répondent le plus volontiers ont souvent un niveau d’étude supérieur et portent de l’intérêt à la vie politique. Les abstentionnistes, jeunes et autres blasés de la politique se retrouvent donc sous-représentés.

Tout cela fait que les quotas sont plus difficiles à atteindre et que la tendance devient forte d'utiliser la méthode du redressement d'échantillons pour effectuer les rattrapages nécessaires (avec un risque d'erreur d'autant plus important que le redressement affecte des coefficients forts à certaines catégories peu interrogées).

A ces biais habituels s'ajoutent de nouvelles difficultés, auxquelles les instituts de sondages vont devoir répondre dans les années à venir pour assurer la fiabilité de leurs résultats. Ainsi, si le téléphone, média privilégié pour les sondages d'opinion, assure actuellement une représentativité satisfaisante, un phénomène nouveau suscite quelques interrogations : la multiplication des téléphones portables. En effet, de plus en plus de Français se désabonnent de leur ligne fixe au profit de numéros mobiles. Or il n'existe pas aujourd'hui un annuaire exhaustif des téléphones mobiles. En outre, il est plus difficile d'administrer une enquête sur mobile que sur une ligne fixe.

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lundi 19 mars 2007

Sonder ou (se) tromper ?

utilisation_sondage

Pourquoi leur arrive-t-il de se tromper ? (5)

Avant d'aborder les erreurs liées à la technique même des sondages, il faut commencer par pointer un élément qui renforce la méfiance vis-à-vis des sondages : la présentation inexacte des résultats par les hommes politiques qui les citent et les journalistes qui les présentent. Ces derniers préfèrent d’ailleurs se charger de communiquer les résultats de manière claire et animée, plutôt que de confier cette tâche à des sondeurs souvent techniques, précautionneux et finalement ennuyeux.

Le manque de rigueur dans l'énoncé des résultats s'exprime de plusieurs manières :

-- les questions posées sont souvent mal retranscrites, alors que l'on sait très bien que les chiffres donnés ne valent que pour la question posée. Ainsi, lorsque l'on demande aux Français s'ils ont une bonne opinion d'une personnalité, cela ne signifie pas que ceux qui répondent positivement vont voter pour cette personnalité, son parti ou sa tendance politique.

-- la mauvaise maîtrise de la notion même de pourcentage se traduit par des raccourcis surprenants : on additionne des pourcentages qui portent sur des bases différentes ; on compare également des évolutions sur des éléments non comparables. C'est ainsi qu'on arrive à dire que l'on a gagné des électeurs d'un suffrage à l'autre alors qu'en valeur absolue, le recul est très important. Inversement, lorsqu'il s'agit de mentionner un nombre d'électeurs, on applique le pourcentage de votants sur l'ensemble de la population, pour obtenir des valeurs marquantes (10% de votes ne représentent pas 6 millions de bulletins de vote).

-- enfin, très peu de précautions sont prises dans l'énoncé des chiffres. Certains pourcentages sont donnés avec jusqu'à deux chiffres après la virgule, ce qui est complètement ridicule lorsque l'on sait que la marge d'erreur se situe au minimum à 2% sur un échantillon de 1000 personnes.

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samedi 17 mars 2007

Sonder ou (se) tromper ?

sondage_Chirac_2007

Le redressement des résultats (4)

Avant de pouvoir être publiés, les intentions de vote recueillies auprès des sondés doivent obligatoirement faire l'objet de redressements et de corrections. En effet, dans ce domaine plus que dans d'autres, les répondants ont tendance à tricher avec la réalité et à ne pas exprimer avec franchise leurs choix. C'est le cas notamment des partisans des mouvements extrêmes et des abstentionnistes (dont une bonne partie n'avouera pas son intention de ne pas aller voter).

Pour pouvoir effectuer les rectifications nécessaires, les sondeurs demandent généralement aux personnes interrogées d'indiquer le vote qu'ils ont effectué lors de précédentes échéances. Certains candidats comme Le Pen obtiennent un score déclaratif inférieur à leur score effectif : si 10% des personnes interrogées indiquent qu'elles ont voté pour lui aux précédentes élections alors que son score était de 15%, les intentions de vote pour l'élection à venir sont redressées dans ces proportions.

Mais comme on peut l'imaginer, ces redressements ont des limites, notamment en ce qui concerne les candidats atypiques n’ayant pas un historique permettant de faire ce type d'extrapolations (Chevènement, par exemple).

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