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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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1 juin 2011

Mise en examen de Rémy Bargès, dir'cab de Guérini

 guerini imperator - Copie (2)

Un fusible a fondu avec la mise en examen de son directeur de cabinet. Ce qui amène maintenant à se reposer la question de savoir si Jean-Noël Guérini n'est pas susceptible d'être lui aussi approché par le juge Charles Duchaine.
En décembre, parlant de son frère Alexandre, Jean-Noël avait déclaré "lui, c'est lui, et moi, c'est moi. Je ne suis concerné, ni de près ni de loin, par les affaires et les entreprises de mon frère". Il s'était même réjoui que "le conseil général n'est en aucun cas concerné par les affaires judiciaires" et que son collaborateur Rémy Bargès, entendu comme témoin, "est ressorti libre" après sa convocation chez le juge.
Ce lundi, après sa seconde audition, il en est également ressorti libre mais cette fois avec une mise en examen sur le dos. Voilà donc les déclarations de Jean-Noël Guérini écornées, et même contredites, par ce rebondissement auquel on pouvait toutefois s'attendre dans l'enquête des marchés publics présumés truqués puisque le directeur de cabinet s'entretenait régulièrement au téléphone avec son frère.
Les raisons sont les mêmes que celles divulguées en décembre par Le Point. A savoir, que les ordinateurs des secrétaires du cabinet de Jean-Noël Guérini et de Rémy Bargès lui-même avaient été remplacés à la veille d'une perquisition de locaux du conseil général alors même que Jean-Noël avait été mystérieusement averti en amont de l'existence d'une enquête sur les marchés publics.
Le juge estime qu'il y a soupçon de "destruction de preuves". Il n'a visiblement pas été convaincu par les explications que lui avait fournies Rémy Bargès, "Je pense que j'ai paniqué, dans la mesure où il y avait un certain nombre d'informations à caractère politique sur ces ordinateurs, notamment des notes sur les subventions d'associations", qui avait ajouté : "Jean-Noël n'a pas été informé de cette décision, que j'ai prise seul en demandant que ce soit effectué rapidement."
"Rémy Bargès, a fait savoir son avocat, a nié une quelconque entrave à la justice et destruction de preuves". Qui a raison ? Et jusqu'où, pour ne pas dire jusqu'à qui, peut remonter le fil des soupçons et des accusations ? Le suspense continue...
En attendant, il n'est pas superflu de lire le savoureux portrait que le Ravi de mai a tiré de Jean-Noël Guérini.

logo ravi 2
Guérini imperator
Mai 2011 Par Rafi Hamal

La fédération attend, d'ici fin juin, les conclusions de la commission d'enquête interne au PS suite au rapport Montebourg. Si Jean-Noël Guérini n'est plus président de la "fédé 13", sa triomphale réélection à la tête du Conseil général le conforte comme l'homme fort des socialistes dans les Bouches-du-Rhône. Les dissidences se font discrètes ou sporadiques.
Une fois passé par le tamis des cantonales, "le nouveau Guérini est arrivé" tel un cautère sur une jambe de bois, écrémé de toute autocritique, avec l'aplomb de celui qui a survécu et qui a pansé ses plaies : "Je n'ai jamais douté de ma réélection." Adepte de la résilience, cette capacité à rebondir sur son malheur, le chef supposé naturel des socialistes des Bouches-du-Rhône, dégage une confiance, que la fâcherie avec certains camarades félons ne semble pas contrarier. "Je suis un gros cœur", sourit-il.
Le président du Conseil général sait causer dans le creux de l'oreille des élus. Et, il trouve les mots justes. Désormais, les socialistes du département, le trouillomètre à zéro, préfèrent s'immoler en citant Jaurès, plutôt que d'avouer publiquement qu'ils souhaitent la démission de JNG. "Dans cette affaire, il y a de quoi s'en mettre plein les semelles, estime un habitué du vaisseau bleu. Alors mieux vaut être prudent." Beaucoup étaient d'accord pour braver l'interdit et remettre en cause la légitimité de JNG. Cette conviction a masqué un élément essentiel : la division.
Le silence est d'or
"L'affaire était pliée d'avance, car plus que la détestation de Guérini, les opposants sont incapables de mettre un nom pour les représenter", glisse Franck Dumontel, ex-directeur de cabinet à la Communauté urbaine et au Conseil régional. Pierre Mendès France le martelait : "En démocratie, il faut convaincre." Alors, ça bachote dur autour de Jean-Noël Guérini. Objectif : normaliser les relations. "Maintenant, il faut qu'on ait une démarche d'apaisement", explique Gilbert Gaudin, directeur de la communication au CG13, proche parmi les proches de JNG.
Le président du Conseil général a décidé de joindre le geste à la parole en ouvrant la source aux cadeaux. Le député des quartiers nord, Henri Jibrayel, jusque-là en situation de quarantaine dans la fédé, hérite de la très médiatique délégation des sports. "Maintenant, ça va être plus difficile pour certains de témoigner contre un système qui les met en avant", analyse Jean-David Ciot, premier secrétaire par intérim de la fédération. Le sénateur Guérini a réactualisé le joli slogan de la gauche "l'imagination au pouvoir" en construisant un drôle de meccano après les cantonales.
Désormais, le silence est d'or et chacun cherche à monnayer son mutisme. "C'est la quittance du diable", ironise un élu PS à la solide culture littéraire. Il en est un qui n'a jamais caché sa fidélité à JNG, c'est Rébia Benarioua, conseiller général PS des quartiers nord de Marseille. A l'heure où le sénateur Guérini bégaye à coup de promesses, le fidèle grognard, indisposé par le peu de considération portée à son égard, tient à lui rappeler, aimablement, quelques vérités. "Je dirige désormais la troisième section la plus importante en nombre de militants encartés dans le département. Si certaines promesses ne sont pas tenues, comme mon investiture pour les législatives en 2012, et bien, je ferai parler les chiffres et j'exigerai un référendum interne." De quoi ajouter du trouble à une situation déjà vaseuse !
Fin des mamours
Fini les flagorneries, place aux mots qui fâchent. Ceux tenus par le président de la Communauté urbaine, Eugène Caselli, qui se dit "surpris par les mœurs et la bunkérisation de la fédé". L'ex-homme de confiance de Jean-Noël Guérini est resté pendant plus de 6 ans à la tête de la "fédé 13", avalant avec délectation toutes les couleuvres et faisant preuve d'un catéchisme quasiment pavlovien des directives "guériniennes" jusqu'à la "récompense", la présidence de la Communauté urbaine. Aujourd'hui, Eugène Caselli, qui a rejoint le chœur des amnésiques, a troqué sa vareuse de supplétif pour celle (trop large ?) d'opposant.
"On ne peut pas avoir géré tous les votes internes depuis 2004 et dire qu'aujourd'hui on découvre telle ou telle pratique, c'est de la mauvaise foi !", s'étonne, taquin, Jean-David Ciot. Lorsque la commission viendra auditionner les cadres locaux à Marseille, Eugène Caselli sera celui qui aura le plus à répondre." "Ne jamais injurier l'avenir", c'est dans cet état d'esprit que le président de MPM s'est rendu au domicile de Jean-Noël Guérini, pour un discret petit déjeuner de retrouvailles. Au programme : fin des mamours et mise en place d'un code strict de bonne conduite pour une coopération efficace de collectivité à collectivité. La vie politique est faite d'émouvantes réconciliations !
Quant à Patrick Mennucci, vice-président du Conseil régional, même à mots comptés, il étrille le chef du département : "On est au paroxysme du pouvoir personnel." "Patrick est un peu malhonnête dans cette affaire. Quand il s'agissait de faire élire Ségolène Royal, ce système qu'il dénonce, l'arrangeait bien", attaque Jean-David Ciot. Mais si l'événement a clairement un goût de guerre ouverte, le maire du 1er secteur n'entend pas faire de sa critique un tremplin pour la dissidence. "Je ne claque pas la porte", s'empresse-t-il de préciser à La Provence. "Patrick, c'est un perroquet, il est toujours sur l'épaule de celui qui monte", ironise, un brin vachard, Jean-David Ciot… (1)
Le fond... et la forme
La dissidence a essaimé son pollen jusque dans les dortoirs que sont les sections locales. Pierre Orsatelli, porte-parole d'un collectif de militants baptisé "Renouveau PS 13" qui se réclame de 250 adhérents, juge "qu'il faut changer les pratiques, mettre fin au règne corrupteur de JNG". "Pierre Orsatelli n'a pas eu l'idée tout seul de s'essuyer les pieds sur le Président du Conseil général, explique Jean-David Ciot. Son épouse, Fatima Orsatelli, récemment élue au Conseil régional, est une protégée de Patrick Mennucci." Tiens, tiens. "Jean-David Ciot n'a aucune légitimité, c'est un socialiste d'intérêt qui sert son maître", tonne Orsatelli.
Un cri qui trouve écho chez le sociologue Jean Viard, élu apparenté socialiste à la communauté urbaine qui jugeait "surréaliste que Jean-Noël Guérini se représente à la présidence du Conseil général". Furieux, ce dernier lui répond publiquement : "Viard a la mémoire courte, il a été élu grâce à moi. C'est d'ailleurs le seul qui ait gagné de l'argent durant la campagne des municipales, grâce au livre que nous avons fait ensemble (…). Il m'en veut peut-être, parce qu'il y a un an j'ai mis fin à sa subvention de 190.000 euros…"
Quand le fond se dérobe, il reste la forme ! Marie-Arlette Carlotti aussi a des griefs. Réélue dans le canton des Cinq-Avenues, elle a une crise d'introspection et "s'interroge sur la candidature Guérini". Puis, temporise et finit par voter docilement pour JNG, histoire de ne pas voir son avenir politique dans le rétro : "Martine Aubry nous demande de soutenir Jean-Noël Guérini, je ne vais pas aller contre notre première secrétaire." Désormais, à la fédé, son seul nom constitue un efficace repoussoir…
"Projet et dialogue", c'est le carburant de Jean-David Ciot. Tiré par ses rêves d'un parti meilleur. Le voilà plongé dans les clapotis d'une fédération dont les viscères trônent désormais à ciel ouvert. Avec pour feuille de route, l'ardente obligation de réussir un pari difficile, celui de maintenir la boutique à flot jusqu'au mois de juin et le rapport de la commission d'enquête (2). En attendant, le maire du Puy-Sainte-Réparade aboie et mord ceux qui, à défaut de brandir des idées, exhibent des figures à lapider : "Aujourd'hui, le débat est tronqué par des ambitions personnelles. Tous ceux qui visent des places se mettent à critiquer Guérini et un système dont ils ont bien profité." Renouveler perpétuellement l'espoir puis le décevoir, tel semble être le destin de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône…
(1) Entendu le 27 avril par la commission d'enquête, Jean-­Noël Guérini a chargé Patrick Mennucci, "homme à tout faire (…) écrasant les camarades par sa prétention, sa suffisance…", mais aussi Michel Vauzelle. En retour, le président de la Région a accusé celui du département "d'être au cœur d'un système qui risque de porter tort au candidat socialiste lors de l'élection présidentielle".
(2) La commission d'enquête, composée de huit membres représentant les différentes sensibilités au PS, présidée par l'ancien ministre Alain Richard, doit rendre ses travaux avant le 20 juin.

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15 avril 2011

Comment Guérini continue à faire sa loi…

guerini_commission_enquete
(Clic sur l'image pour agrandir)

La commission nationale d'enquête interne sur le fonctionnement de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône a commencé son travail. Entre autres recherches d'éléments sur la gestion, elle a décidé de convoquer à Paris Arnaud Montebourg le 20 avril et Jean-Noël Guérini le 27. Il ne s'agit donc pas d'une confrontation mais de deux auditions à une semaine d'intervalle l'une de l'autre.
On le sait, Jean-Noël Guérini a quitté son poste de direction de la fédération suite à sa réélection à la présidence du conseil général. Alors que certains membres du parti socialiste réclamaient une direction collégiale, Jean-Noël Guérini a mis en place un premier secrétaire délégué par intérim, Jean-David Ciot, qui exerçait déjà cette fonction.
Le successeur ne sera désigné qu'en juin après les conclusions de la commission d'enquête. Ce qui a fait dire à Patrick Mennucci que ce dernier "n'a aucune espèce d'autonomie par rapport au président du conseil général. Le message est limpide, rien ne change".
Hier, tel un surveillant général du département, Jean-Noël Guérini a dévoilé les récompenses aux élus méritants. Pour les autres, les sanctions ont consisté à ne rien leur donner, à les ignorer ou à les confiner dans un placard.
Marie-Arlette Carlotti semble amère d'avoir dû troquer la délégation aux relations méditerranéennes contre celle aux relations internationales qu'elle avait déjà exercée lors de son tout premier mandat. Elle y voit là une forme de sanction pour une parole trop libre.
Quinze conseillers généraux sont vice-présidents et la totalité des élus majoritaires moins deux ont obtenu des délégations, parfois avec des permutations. Qui sont ces deux ?
Le premier est Michel Tonon, élu à Salon-de-Provence depuis 2008. Il n'avait déjà pas de délégation. Il n'en a pas non plus cette fois-ci. Il faut dire qu'il a été mis en examen il y a un an. Etonnamment, un autre mis en examen dans la même affaire, Jean-Pierre Maggi, réélu il y a un mois dans le canton de Pélissanne, n'a pas eu de mal, lui, à être reconduit dans sa délégation.
Le second porté disparu est Alexandre Medvedowsky qui était en charge des relations entre le conseil général et la communauté du Pays d'Aix. L'organigramme publié hier ne mentionne ni son nom ni aucune délégation. Paie-t-il ainsi le prix de la contestation de la section socialiste aixoise lors du vote pour le candidat unique Guérini à la présidence ? On ne voit pas d'autre explication… 

8 mars 2011

Ça castagne fort entre Montebourg et Guérini

montebourgLe moins que l'on puisse dire, c'est que ça castagne.
Arnaud Montebourg récidive et publie cette fois une lettre ouverte à Martine Aubry (voir le texte intégral ci-dessous). Il ne retire rien de ce qu'il a dit dans son rapport sur la vie de la fédération socialiste dirigée par Jean-Noël Guérini. Au contraire même. Sous un ton qui se veut courtois mais tueur, il en rajoute quelques couches, assurant pouvoir prouver l'ensemble de ses dires.
Alors, vexé, l'assailli réplique aussitôt par une seconde plainte, pour diffamation.
En parallèle, arrive un autre tir. Dans une interview accordée au JDD, un dissident socialiste, Philippe San Marco, se réjouit du rapport Montebourg sur les méthodes de Guérini, déclare en avoir vu un peu trop depuis trop longtemps et met lui aussi des "poings" sur les "i" du nom Guérini (voir en bas de cet article).
Le site Marsactu titre sur "les tartuffes de la rue Solférino". Et le site Agoravox cherche à savoir comment le rapport a bien pu fuiter (voir les deux liens en fin d'article). Quant à l'émission C dans l'air d'hier sur France 5, le sujet était intitulé "Marseille : linge sale en familles".
Il y a donc bien malaise au Parti socialiste. Et cela à seulement deux dimanches des cantonales. Le tout dans une ambiance générale rance avec le procès Chirac et le ramdam sur des sondages censés prédire une élection pestilentielle.
Il ne manque plus que l'annonce par un illuminé d'une fin du monde imminente. A qui se fier pour redresser la barre et régénérer au moins un peu l'air républicain ? Le printemps pourra-t-il à lui seul dépolluer l'atmosphère ? Et si on tirait les cartes pour voir ?

(Clic sur l'image pour agrandir)
guerini_creseveur

                       Madame la Première Secrétaire, ma chère Martine,
aubryJ'ai préféré garder jusqu'à présent le silence après la publication malheureuse et inappropriée du rapport que je t'avais exclusivement et confidentiellement destiné au mois de décembre, afin de ne pas ajouter au risque de confusion.
Mais la façon dont les dirigeants qui t'entourent et toi-même s'emploient à discréditer mon travail sans condamner d'invraisemblables comportements au sein de la Fédération des Bouches du Rhône me paraît autant désolante que blessante. Cette publication a en outre péniblement interféré dans la campagne pour les élections cantonales que je mène en Saône-et-Loire comme dans d'autres départements.
Ce rapport était ma dernière transmission dans le cadre de mon travail de Secrétaire National à la Rénovation que tu m’avais confié, avant de partir en campagne pour ma candidature dans les primaires de la gauche.
Ce document est né d'une visite à Marseille le 5 juin 2010 afin de présenter aux militants marseillais le programme de rénovation du parti que nous avons adopté ensemble, contenant outre l'organisation des primaires, la fin du cumul des mandats pour nos parlementaires et l'instauration d'une autorité éthique -c'est l'ironie de la situation- au sein du Parti Socialiste. A l'occasion de cette visite de terrain, de nombreux élus et militants marseillais se sont ouverts à moi de faits les plus condamnables et effrayants qu'ils m'ont relatés dans le détail au sujet de cette Fédération et m'ont littéralement supplié de m'en emparer, de t'en avertir, et d'agir au nom de l'honneur du socialisme.
J'ai jugé en conscience, au regard des responsabilités que tu m'avais confiées pour rénover et transformer le parti, au regard de l'exigence et de la rigueur que j'attache toujours à l'exercice de celles-ci, dans le souci de protection des militants et élus des Bouches-du-Rhône sincères et honnêtes, exposés aux méthodes abusives et dangereuses qui m'étaient rapportées, qu'il était de mon devoir de le faire dans l'intérêt de la gauche et de sa réputation morale.
Tu comprendras sûrement que la Rénovation du Parti socialiste ne peut pas être à mes yeux une série de discours creux et sans suite concrète, mais au contraire des actes courageux qui feront entrer le socialisme français dans une nouvelle ère dont nous avons tous besoin.
J'ai donc engagé un processus d'enquête approfondie, qui a duré plusieurs mois, pendant lequel j'ai vu et revu des élus, des militants et des témoins qui ont tous confirmé la situation que j'ai décrite dans le rapport. Je puis donc confirmer que chacune des affirmations contenues dans ce rapport a été méthodiquement et précisément vérifiée et que des éléments de preuves précis et concordants de ce que j'ai décrit dans mon rapport de décembre sont disponibles.
Ces éléments probants concernent la violation caractérisée des statuts du Parti par le Président du Conseil Général de ce Département, la colonisation par des employés du Conseil Général des postes sensibles de la Fédération, le boycott des élections régionales par la Fédération, la distribution de subventions comme outil de pression, les brimades arbitraires sur les élus et citoyens indociles, les menaces physiques sur des hauts fonctionnaires du Conseil Général, et l'intimidation permanente sur certains élus socialistes pour qu'ils se conforment aux intérêts politiques ou financiers de la famille Guérini.
Est-il possible que les socialistes que nous sommes puissions demander des comptes aux abus de pouvoir du sarkozysme, exiger qu'il soit mis fin à la corruption du régime et du pouvoir actuels, notamment dans le soutien, mêlé à l'affairisme, aux dictatures déchues des pays arabes, si nous tolérons en notre sein des comportements aussi condamnables que repoussants ? Le socialisme qui reconstruira la République, après ces années de décomposition, défend une haute idée de la démocratie et doit affirmer ses propres valeurs, y compris contre ceux qui s'en réclameraient tout en les dégradant par leurs actes.
montebourg_sigleComme parlementaire et comme juriste, comme homme d'honneur ou comme socialiste engagé depuis trente années, pouvais-je accepter de me taire devant ces faits évidents et inacceptables qu'on m'implorait d'attester en haut lieu pour enfin tenter les faire cesser ?
Abraham Lincoln, l'un des Présidents fondateurs de la grande démocratie américaine avait prononcé cette phrase qui a toujours guidé mon action : "C'est en gardant le silence alors qu'ils devraient protester, que les hommes deviennent des lâches." Je n'ai pas voulu être ce lâche en fermant les yeux sur les agissements de certains socialistes des Bouches-du-Rhône. Et je ne souhaite pas que le parti dont je suis l'un des leaders soit fait de ce triste bois-là.
Tes collaborateurs zélés ont depuis le mois de décembre commis l'erreur dans cette grave affaire de nous emmener sur le terrain de la loi du silence. Ta haute responsabilité comme Première secrétaire chargée de protéger la réputation du socialisme français est au contraire de conduire une stratégie de délivrance à l'encontre des tables secrètes de ce genre de loi. Tu en as la charge morale vis à vis de l'avenir de nos idées, et tu en as pris l'engagement vis à vis de moi lorsque tu m'as proposé la mission -ni apparente, ni fictive- de rénover nos pratiques et notre mouvement politique.
J'ai retrouvé la lettre que je t'avais destinée par courriel la veille de ma déclaration de candidature aux primaires et qui t'annonçait mon rapport sur les Bouches-du-Rhône. Je t'y écrivais le 19 novembre 2010 : " Ma chère Martine, je veux te remettre les clés de l'organisation des primaires dont je deviens dès demain l'un des acteurs, en te priant de considérer mon dernier rapport de mission à Washington ainsi que la Charte Ethique qui l'accompagne comme véritablement indispensables à notre réussite collective quel que soit notre candidat. J'aurais voulu te transmettre un autre rapport inachevé que je te communiquerai dans la quinzaine. Il s'agit de mes constatations comme Secrétaire à la Rénovation sur les pratiques politiques de nos camarades socialistes dans les Bouches-du-Rhône.
Au mois de septembre, j'avais indiqué à François Lamy que j'avais l'intention de te faire rapport sur ce qu'en toute objectivité aucun Secrétaire National à la Rénovation digne de ce nom ne peut taire dès qu'il en a connaissance. François Lamy m'avait demandé de ne pas déposer ce rapport sur ton bureau. Je le ferai néanmoins, car cela t'aidera à prendre les bonnes décisions vis à vis de la Fédération des Bouches-du-Rhône qui à mes yeux mérite malheureusement un sort semblable à celle de l'Hérault. " Ce rapport te fut porté confidentiellement le 8 décembre.
Je regrette qu'on ait cherché à m'empêcher de produire ce rapport avant même son achèvement, je regrette qu'il ait été prétendu avoir été égaré alors que ma lettre annonçait sans ambages son contenu et ses conclusions, et que lorsqu'il fut enfin et effectivement lu, on s'employa à le combattre. Est-il encore possible d'éviter de constater, non sans une certaine désillusion, que tu parais avoir choisi fâcheusement de détourner le regard ?
Pourtant, refuser de porter comme un fardeau le poids des pratiques des Bouches-du-Rhône nous évitera un handicap persistant pendant l'élection présidentielle qui approche.
Dans la grande offensive que prépare le Front National, dans laquelle vont se jouer le sort et la survie de la République, crois-tu opportun de nous envoyer nous battre sur des béquilles, en maintenant notre solidarité avec des pratiques qui nous déshonorent tous ? Il me paraît de l'intérêt supérieur et commun de tous les socialistes de remédier à cette situation comme nous l'avons fait dans l'Hérault. C'est notre intérêt politique, quel que soit le chemin qu'empruntera la justice, car notre responsabilité de socialistes est de faire cesser les pratiques sulfureuses de la direction de cette Fédération, sans attendre que d'autres le disent à notre place puisqu'il s'agit de pratiques internes au Parti Socialiste dont le juge n'est pas saisi.
Il y a aussi, selon moi, nécessité à faire cesser les violations évidentes de nos statuts selon lesquels on ne peut pas diriger à la fois la Fédération et un Conseil Général. À quoi servirait-il qu'on ait instauré dans le programme de la rénovation une autorité éthique destinée à faire respecter les statuts pour laisser un élu en accointance avec la direction les violer avec allégresse ? Ce serait envoyer un message d'autorisation généralisée de piétinement de nos règles communes.
logo_PS_13Je maintiens donc les conclusions de mon rapport tendant à la mise sous tutelle de la Fédération des Bouches-du-Rhône. Tu viens d'ordonner une commission d'enquête à la demande de Jean‑Noël Guérini. Elle vient bien tard, mais je lui destinerai mes informations si elle est composée de personnalités indépendantes, insensibles aux intérêts politiques en jeu dans ce dossier.
Dans l'attente, je crois indispensable de décider un moratoire de toute prise nouvelle de responsabilités de l'intéressé, notamment à l'issue des élections cantonales, ce que demandent déjà publiquement nos alliés sur place.
Dans une période d'extrême défiance à l'encontre de l'action politique, notre responsabilité n'est à mon sens, ni de différer, ni de minimiser, ni de dissimuler. Elle est au contraire d'affronter la vérité, de la dire et de trancher les nœuds gordiens qui nous entravent depuis des années. Mettre nos actes en conformité avec le désir de probité la plus élémentaire et les attentes du peuple français à l'égard d'un grand parti de gouvernement comme le nôtre supportera-t-il longtemps la soumission à quelques intérêts locaux déliquescents ou l'obéissance à une médiocre frilosité dans une période où il faudra redoubler de courage ?
L'enjeu pour nous tous, socialistes, est de faire surgir dans la population les forces nouvelles qui transformeront avec nous la France. Mais qui veut changer la France doit changer d'abord soi-même, en inventant les pratiques d'un nouveau Parti, débarrassé des oripeaux d'années de compromissions ou d'habitudes détestables. Je décide quant à moi de croire viscéralement -avec tous ceux qui aiment et défendent la beauté exemplaire de la République- dans un mot : honneur. Ton bien dévoué et fidèle Secrétaire National à la Rénovation.
                                                     Arnaud Montebourg  Paris, le 6 mars 2011 

L'interview de Philippe San Marco dans le JDD
(clic sur l'image pour agrandir)
guerini_sanmarco
L'article de Marsactu :
http://www.marsactu.fr/2011/03/07/rapport-montebourg-les-tartuffes-de-la-rue-de-solferino/
Le site Agoravox :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/qui-donc-a-divulgue-le-rapport-90055

26 mars 2011

S'abstenir ? Moi, jamais ! Plutôt mourir oui…

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Absentéisme ? Abstinence ? Non, ici, le mot idoine est abstention ! Qu'il ne faut pas confondre avec un rendez-vous manqué par étourderie.
S'abstenir, c'est le plus souvent signifier sciemment un refus de se déplacer pour aller voter. Les raisons sont très diverses : peu d'intérêt selon le type de scrutin, aucune candidature ne satisfait, dégoût de la politique ou encore manière de protester. Car, on le voit bien, les élections qui enregistrent les participations les plus fortes sont la présidentielle et les municipales, c'est-à-dire le niveau le plus haut et le niveau plus proche.
On ne peut donc pas croire un instant l'argument selon lequel l'électeur ignore qu'il y a un vote. Normalement, même s'il n'a pas écouté les informations ou lu les journaux, quelques jours avant, il reçoit chez lui une enveloppe marron bien neutre contenant les documents des candidats.
On se demande alors, au lieu de rester à la maison, pourquoi il ne vote pas blanc ou nul. Il est vrai que ces suffrages ne sont toujours pas pris en compte comme étant l'expression d'un avis qui en vaut d'autres. Cependant, même sous cette forme, l'électeur pourrait au moins participer en accomplissant un acte citoyen. Et bien non, lors d'élections locales, l'électeur s'abstient fortement.
On l'a encore amèrement constaté dimanche dernier. Et cela risque bien de se renouveler demain.
Des sept cantons les plus proches du pays d'Aix, l'abstention a été la plus haute à Aix-Sud-Ouest : 66,78%, avec 68,58% à Aix même ! Etrange paradoxe, en vérité, car c'est dans ce canton qu'il n'y a pas de candidat frontiste qualifié pour le second tour. Mystère insondable des urnes !
Quand on interroge les élus sur ce sujet, comme l'a fait La Provence, tous déplorent les faibles taux de participation. A la question portant sur des consignes à donner dans les cas de figure où un candidat frontiste est encore en lice, si la gauche, à l'exception des écologistes, a annoncé clairement qu'elle encourage à voter pour l'autre candidat quel qu'il qu'il soit, la droite préfère le "ni ni".
Ainsi, après avoir déclaré, et sans rire, qu'il aurait mieux valu prolonger le mandat des conseillers généraux pour trois ans sans passer par une élection (et pourquoi pas carrément dissoudre le peuple ?) Maryse Joissains fait-elle savoir qu'à ses yeux "la République ne court aucun risque". Ah bon ?
Au niveau national, la droite atteint des sommets de cacophonie et de démagogie : Nicolas Sarkozy et François Fillon en personne vont jusqu'à appeler à l'abstention ! Pensent-ils eux aussi que la République n'est pas en danger et qu'elle peut donc s'accommoder de pareille forfaiture ? Sont-ce les mêmes qui prétendent aider à l'avènement de la démocratie dans les pays qui se battent au péril de leurs vies pour obtenir l'instauration du suffrage universel libre ? Honte et déshonneur à ceux qui prônent la lâcheté et fomentent de tels calculs !
Demain, même si je devais être sur un brancard, j'irai mettre mon bulletiin dans l'urne. Non mais !

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Dimanche soir, les résultats sur le blog dès qu'ils seront disponibles.

16 mai 2011

Affaire Guérini : Un magot de 13 M€ saisi par le juge

 guerini_decharge_et_cege

En fin de semaine, l'affaire Alexandre Guérini n'a pu échapper à deux nouveaux rebondissements. Et pas n'importe lesquels.
Il y a eu d'abord le volet crucial concernant le terrain de la décharge du Mentaure de La Ciotat. Deux élus ont apporté des explications sur la passation des marchés publics.
Le maire UMP de La Ciotat, Patrick Boré, a indiqué qu'il avait cherché à obtenir la fermeture du site qui arrivait à saturation. Il tente de s'opposer à son extension sur une parcelle voisine. Peine perdue, le Conseil général use de son droit de préemption sous le prétexte de protection environnementale et le tour est joué. Alexandre Guérini peut se frotter les mains. 
Le second élu PCF, mis en examen et démissionnaire depuis, à confirmer ses dires est Alain Belviso qui présidait l'Agglo d'Aubagne. "Le Conseil général a décidé de préempter dans l'intention de nous revendre le terrain. De mémoire, il a lui-même offert de nous revendre ce terrain qui entrait dans le cadre du Plan départemental des déchets." Cela ouvrait la voie à une extension de la décharge. Et au revoir la défense de l'environnement.
L'autre volet est encore plus spectaculaire. L'obstination méthodique du juge Charles Duchaine pour faire saisir et récupérer des fonds évanouis dans des banques étrangères enregistre un premier gros succès. La prise est belle. Les sommes évoquées s'élèvent à 13,7 millions d'euros placés au Luxembourg et en Suisse. Elles sont assimilées à des actes d'évasion fiscale et de blanchiment.
Selon La Provence, "si une partie provient de marchés publics, obtenus dans les Bouches-du-Rhône et en Haute-Corse dans des conditions parfois douteuses, une autre a été obtenue grâce à des détournements et à des opérations occultes". C'est grâce à des commissions rogatoires internationales et à des perquisitions lancées par le juge que ces sommes ont été mises au jour. Ces fonds sont très largement liés aux décharges, celle de La Ciotat et celle de la Fare, marchés publics obtenus par des sociétés contrôlées par Alexandre Guérini.
Enfin, un autre compte a trait à une activité parallèle. A ce sujet, La Provence rapporte ceci : "Dernier compte bloqué, celui d'un certain David Adda. Si celui-ci fait pour la première fois son apparition dans l'affaire Alexandre Guérini, il affiche un long passé judiciaire : il a déjà été condamné pour des escroqueries aux encarts publicitaires, qui portaient sur plusieurs millions d'euros. Dans les années 90, il a géré des marchés de communication pour le PS 13. Selon nos informations, il est depuis un an en fuite en Israël".
Le juge explore aussi d'autres pistes sur des comptes en Espagne, en Angleterre, au Panama, en Israël et en Asie du Sud-Est. On n'évoque pas encore la Lune ou Mars, mais sait-on jamais. 

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24 mars 2011

Guérini sacrifié par des socialistes mais pas par Aubry

guerini_aubryUne chose est certaine. Même avec moins d'élus socialistes, dimanche soir, le conseil général des Bouches-du-Rhône conservera sa majorité de gauche. En revanche, et malgré les apparences, en coulisses, ça discute pas mal sur la prochaine présidence. Jean-Noël Guérini a annoncé vouloir se porter candidat.
Les élus actuels et ceux qui attendent de l'être dans trois jours ne s'avancent pas trop sur cette question. Sans doute pour ne pas brouiller les esprits avant le second tour. Néanmoins, quelques personnalités se confient pour laisser entendre, voire déclarer ouvertement, que Guérini serait plus avisé de passer la main. Ce dernier a beau dénier l'impact des affaires sur les résultats des élections, personne n'est dupe. Et certains le disent.
Comment ne pas observer que deux élus ont perdu leur siège avec des scores très en-deçà de leur potentiel alors même que la gauche progresse partout ailleurs. Cela s'est souvent opéré au profit des écologistes et du Front de gauche qui n'en espéraient pas tant. Il y a donc bien eu report sur des candidats de gauche. Mais vraisemblablement aussi vers d'autres horizons, par exaspération.
Patrick Mennucci estime que le climat politico-judiciare ambiant autour du PS a influencé le scrutin. Marie-Arlette Carlotti rapporte que pendant la campagne elle a plus entendu parler de morale et d'éthique que de politique.
Michel Pezet, en attente de sa réélection, a été clair : "C'est quand même vrai que ce que nous vivons depuis quelques mois sur les affaires n'était pas fait pour arranger le climat général. Jean-Noël Guérini a tort de sous-estimer ce phénomène qui est réel ; soit les gens sont restés chez eux, soit ils sont venus en se disant : ils commencent à nous fatiguer".
"Il y a des choses qu'il faudra remettre à plat, qu'il faut aborder de façon objective si l'on veut préparer les prochaines échéances, dont la présidentielle, les législatives et les municipales", prévient-il, même si la priorité de la semaine est de "travailler pour essayer de résister à cette vague frontiste". Plus direct, on ne peut pas.
Il y a aussi Philippe San Marco, ex-PS, qui déclare que, "face à une telle déroute, l'homme fort du département, responsable de cet échec, doit démissionner et une autre gouvernance doit se mettre en place".
Quant à Jean Viard, vice-président de la communauté urbaine, il n'y est pas allé par quatre chemins. Dans La Provence, il estime qu'il serait "surréaliste que Jean-Noël Guérini se représente à la présidence du conseil général". Et dans une interview accordée à Marsactu, il enfonce le pieu : "Qu'il renonce à la présidence simplifierait le vote républicain".
Face à ces prises de position, restent les déclarations plutôt surprenantes de Martine Aubry faites hier sur RTL.

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Extraits de l'interview de Martine Aubry par Jean-Michel Aphatie
(Clic sur les images pour agrandir)
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Martine Aubry soutient implicitement la candidature
de Jean-Noël Guérini à la présidence du conseil général des B.d.R 
23 mars 2011 Par Olivier Schmitt

Marseille, prise dans la nasse de "l’affaire Guérini", s’est réveillée lundi matin avec la gueule de bois. Le Parti socialiste a perdu en sept ans, depuis le premier tour des cantonales de 2004, la moitié de son électorat, soit quelque 20.000 voix. Leur premier refuge a été l’abstention puis le vote vert (le porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts, Sébastien Barles, a obtenu 18,65% dans son canton) et le vote Front de gauche (8%). Certains électeurs ont choisi encore le Front national qui sera présent, au deuxième tour, dans les onze cantons de la ville. Un bilan qui dit assez la nécessité pour le Parti socialiste de s’amender dans ce département.
Le président du conseil général, Jean-Noël Guérini, dont le frère Alexandre, figure du socialisme marseillais et chef d’entreprises de collecte et de transformation des déchets, est écroué depuis le 1er décembre 2010 pour des chefs d’inculpation extrêmement graves –"abus de biens sociaux, détournement de biens publics, recel, corruption active, blanchiment en bande organisée et détention de munitions"– est décidé à se représenter à la tête du département. N’ayant pas été entendu par le juge Charles Duchaine dans l’instruction sur les affaires de son frère, il s’estime diffamé par ses détracteurs de droite et de gauche. Il a même porté plainte contre Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation du PS et auteur d’un rapport remis récemment à la direction du PS dans lequel il demandait la "mise sous tutelle" de la fédération socialiste locale.
La seule concession de Jean-Noël Guérini à la suite de ce rapport est l’annonce, non datée, de son retrait du poste de "président" de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, une fonction incompatible avec l’exécutif départemental selon les statuts du PS.
La direction du Parti socialiste ne s’est que très peu exprimé sur cette affaire jusqu’à aujourd’hui. Martine Aubry avait estimé qu’il n’y avait
 "pas de faits" précis dans le rapport Montebourg. La publication dans la presse de nombreuses pièces de l’instruction mettant en lumière les relations des deux frères comme nos informations publiées dans Le Monde du 18 mars pointant les nombreux dysfonctionnements de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône n’ont pas infléchi la position de la première secrétaire.
Voilà plusieurs jours que Le Monde a sollicité la direction nationale du Parti socialiste pour commenter la décision de Jean-Noël Guérini. Silence radio. François Lamy, conseiller politique de Martine Aubry, a refusé de nous répondre. Mais ce matin (mercredi), sur
 RTL, la première secrétaire est sortie de son silence et a choisi de soutenir implicitement M. Guérini. "Moi, je crois d’abord à la présomption d’innocence et je ne suis pas un chevalier blanc. La République, c’est des faits, ce sont des institutions pour les régler. Tant que ces institutions ne se sont pas exprimées, je n’ai personnellement rien à dire. Voilà.", a-t-elle déclaré. Elle ne s’oppose donc pas, en clair, à la candidature de M. Guérini.
Certes, la justice n’a à ce jour rien à lui reprocher. En revanche, les socialistes marseillais supportent de plus en plus mal le régime autocratique et clientéliste qu’il a mis en place à Marseille. Rappelons par exemple que 31 salariés du conseil général ont des responsabilités importantes à la fédération et dans de nombreuses sections. Rappelons encore que lors du scrutin organisé pour le congrès de Reims en novembre 2008, de très nombreuses irrégularités ont été constatées dans les bureaux de vote sans qu’aucune sanction ne s’en suive. Depuis dimanche, Michel Pezet, en ballotage, ou Jean Viard, sociologue qui fut proche de Jean-Noël Guérini, ont demandé explicitement que Jean-Noël Guérini renonce à se représenter. Les écologistes et le Front de gauche ont fait de même.
Martine Aubry a donc choisi de ne pas les entendre. Elle n’a pas même demandé à Jean-Noël Guérini de démissionner de ses fonctions de "premier" fédéral pour se mettre en conformité avec les statuts. Elle n’a pas non plus donné son avis sur les dysfonctionnements avérés de la fédération, attendant les conclusions d’une commission d’enquête interne qui doit rendre ses conclusions en juin. Elle n’a rien dit non plus de l’élimination dans deux cantons du centre de Marseille, très importants dans la perspective des municipales de 2014, de deux proches de Jean-Noël Guérini, Antoine Rouzaud (PRG) et Jocelyn Zeitoun (PS).
"Alors, vous savez, partout où il y a des “affaires”, il est extrêmement normal, je dirais, que le Front national augmente », a-t-elle ajouté sur RTL. On ne saurait mieux dire.

Dans le Canard enchaîné du 23 mars 2011
(Clic sur les images pour agrandir)
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11 mai 2011

Nicolas Sarkozy, côté pile et... côté farce

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Les médias viennent de déverser des tonnes d'articles et de programmes tout en nostalgie du 10 mai 1981 et de François Mitterrand.
Même si avec le temps j'ai personnellement fait mon propre inventaire du bilan, j'y trouve toujours beaucoup d'actes positifs et encore plus de souvenirs de joie.
Après tout, Charles de Gaulle est lui aussi toujours grandiosement fêté pour son rôle historique et parfois moins pour sa politique en tant que président. En 1969, j'ai voté non à son référendum. Mais cela ne m'empêche pas d'être subjugué par le personnage.
Où veux-je en venir avec ce petit préambule ? Justement. Que restera-t-il de la présidence de Nicolas Sarkozy ? Tout indique que sa fin de règne est proche. Pas un jour ne passe sans sa nouvelle dégringolade. A-t-on tout dit sur lui ? Presque. Dans leur grande majorité, les Français savent à qui ils ont (eu) à faire, y compris ceux qui lui ont fait confiance et qui ne la lui renouvelleront plus.
A quelques exceptions près bien, obligées, les médias tirent à boulets rouges sur sa personne, ses frasques, ses comportements de matamore et sa politique.
Venons-en maintenant aux faits que je souhaite souligner ici. Deux exemples.
Le premier concerne son double langage sur la laïcité. C'est un article de Marianne qui y revient à propos de la vente du siège de Météo France à l'église orthodoxe russe. Renversant.
Le second porte sur la fameuse prise d'otage à l'école maternelle de Neuilly et à l'intervention de Sarkozy alors maire. Et c'est Arrêt sur images qui mène l'enquête sur la façon dont l'épopée a été réécrite en manipulant la réalité à l'avantage et avec la complicité du sauveteur. Ahurissant.
M'est avis que, sa présidence terminée, il ne serait pas étonnant que d'autres surprises surgissent de l'obscurité lorsque les langues défaites se seront enfin déliées.

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Pour plaire à Medvedev, Sarkozy oublie la laïcité
29 Avril 2011 par Tefy Andriamanana
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La Russie va financer à grands frais la construction d’une pharaonique cathédrale orthodoxe à Paris. Le terrain lui a été vendu par l'Etat français. Un projet incongru à l’heure où l’on refuse le financement des mosquées par l’étranger.
L’amitié avec Moscou vaut bien une messe et même une cathédrale.
En 2012, une grande cathédrale orthodoxe commencera à être construite à Paris sur le quai Branly, d'où va déménager le siège de Météo France. Le projet comporte aussi un séminaire et un centre culturel. Son architecture sera plus qu'ostentatoire : le site sera coiffé de cinq bulbes dorés et d’un toit en verre de 3000m². Le tout à deux pas de la Tour Eiffel. Les architectes des Bâtiments de France devront d’ailleurs examiner le projet afin de garantir l’harmonie avec l’environnement urbain. Les travaux sont censés finir en 2014. Le projet est évalué à 34,5 millions d’euros… financés par l’Etat russe et des généreux mécènes.
Voilà une vision étrange de la laïcité. Mais bizarrement cette affaire a pris peu de place dans les médias, à l’inverse de la polémique sur les minarets. On compte quelques articles sur le Web, Le Parisien a traité l’affaire en pages locales. C’est pourtant tout une intrigue diplomatique que l'on retrouve à l'origine de ce chantier.
En octobre 2007, lorsque le patriarche de Moscou (décédé en décembre 2008) rencontre Nicolas Sarkozy à Paris. Le religieux réclame que ses ouailles aient un lieu de culte digne de ce nom dans la capitale. Il existe bien une cathédrale orthodoxe sur la rue Daru (8e arrondissement) mais elle dépend du patriarche de Constantinople, autre courant de l’orthodoxie. L’affaire est prise très au sérieux par Moscou, ce qui n'est guère étonnant dans un pays où l’Eglise orthodoxe reste très puissante. 
En septembre 2009, le ministère du Budget lance un appel d’offres pour vendre le site du Quai Branly. Le Canada et surtout l’Arabie Saoudite sont aussi en lice aux côtés de Moscou. Lors du Sommet de Copenhague en décembre 2009, Nicolas Sarkozy et Dimitri Medvedev discutent du sujet. Le président russe lui fait alors part du projet de cathédrale orthodoxe.
Moscou sort le chéquier
Medvedev a-t-il essayé de forcer la main à son homologue français ? Toujours est-il que, selon Le Nouvel Observateur, le chef de l’Etat appelle directement depuis Copenhague Eric Woerth, encore ministre du Budget. Contactés par Marianne2, l’Elysée et le ministère du Budget n’ont pas répondu à nos questions. Finalement, en février 2010, Bercy annonce que l’Etat russe remporte la partie.
Il n'existe aucune communication officielle sur le prix mais on parle d’une somme de 60 millions d’euros au bénéfice du désendettement et du ministère de l’Ecologie. Histoire de remplir ses caisses, l’Etat a ainsi vendu plusieurs de ses bâtiments. Pour 2011, il espèregagner ainsi 400 millions d’euros.
Si la France tire un beau bénéfice économique du projet, Moscou en escompte un beau bénéfice politique. D’ailleurs, le jury qui sélectionné en mars dernier l’équipe d’architectes (Sade et Arch Group) était présidé par Vladimir Kozhin, ex du KGB, directeur du département du patrimoine pour la présidence russe.
Selon Le Nouvel Obs, Le haut fonctionnaire était également à la manœuvre pour influer sur les autorités françaises sur la vente du terrain du quai Branly. C’est également lui qui a signé la vente finale avec Eric Woerth. L'ambassade de Russie a également suivi le dossier, qui a d'ailleurs annoncé lui-même le résultat du concours international d'architectes.
Cette présence permanente de Moscou, de ses hommes et de son argent dans une affaire religieuse en France devrait faire tiquer tous les partisans de la laïcité. Ce chantier prend d’ailleurs une tournure particulière après le débat sur l’Islam voulu par Nicolas Sarkozy. Ce dernier a toujours refusé que de "l’argent de l’étranger" vienne financer les mosquées afin de forger un véritable "Islam de France" débarrassé de toute influence extra-européenne. C’est souhaitable si on veut éviter que les religieux deviennent des relais politiques. Pourtant, lorsque Moscou sort le chéquier pour avoir son Eglise, on ne dit rien. A croire que les derniers partisans de la laïcité, tels des moines, respectent amplement leur vœu de silence.

Mon précédent article sur ce sujet :
"Les pions de Medvedowsky et l'espion de Medvedev" 
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/06/04/18122405.html

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Super Sarko face à Human Bomb :
les réécritures successives de l'épopée.
En 2001 et 2005, des récits de la prise d'otages moins glorieux qu'en 2011 
29 avril 2011 par Sébastien Rochat
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Ah, quelle belle affiche ! Souvenez-vous du face-à-face entre Super Sarko et Human Bomb. C'était en 1993, un individu qui se faisait appeler Human Bomb avait pris en otage une classe de maternelle à Neuilly-sur-Seine et menaçait de tout faire exploser.
Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly et ministre du budget dans le gouvernement Balladur, avait lui-même négocié avec "HB". Les pompiers présents sur place avaient filmé ces 46 heures de prise d'otages, et notamment Sarkozy portant à bout de bras les enfants qu'il avait réussi à faire sortir. 
La suite est connue : Erick Schmitt, alias "HB", est tué lors de l'assaut du RAID et Sarkozy, le sauveur d’enfants, a décollé dans les sondages après cette prise d’otages.
Depuis 1993, plusieurs documentaires ont relaté l'épisode. Mais plus les années passent, plus les récits de cette affaire ont effacé les critiques à l’égard de Sarkozy. L'émission "Un jour un destin", diffusée le 27 avril sur France 2, atteint le comble du révisionnisme sur les épisodes les plus controversés du comportement de Sarkozy, qui s'est mis en scène en sauveteur d'enfants, et a failli tout compromettre en perdant son sang-froid.

Lire la suite ici :
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3963

10 mai 2011

Peynier : Procès en diffamation sur l'affaire Delpuech

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(Clic sur l'image pour agrandir)
Jacques Misguich, président de l'association "Jean Zay en Provence",
et Michel Pezet avant l'audience au tribunal de grande instance d'Aix
(Photos perso LAC)

Hier, le Tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence était appelé à se prononcer sur une plainte pour "diffamation". Le motif : la liberté d'opinion et d'expression revendiquée par l'association Jean Zay en Provence Pédagogie Mémoire et Histoire qui avait manifesté dans un tract sa désapprobation au sujet de l'inauguration, début septembre dernier à Peynier, d'un buste de l'ancien sénateur-maire Vincent Delpuech, homme politique contesté pour ses agissements pendant la seconde guerre mondiale.
De nombreux médias en avaient rendu compte. En novembre, la commune et son maire UMP Christian Burle et deux membres de la famille Delpuech avaient assigné l'association à comparaître devant le tribunal. D'abord prévue pour décembre, l'audience a finalement été inscrite à l'ordre du jour d'hier.
Surprise : elle a été reportée au 13 février 2012. La raison est d'ordre formel. La commune a fait valoir que les conclusions de la partie attaquée lui étaient parvenues tardivement, l'empêchant dès lors de disposer à temps de certains élements d'appréciation. Il faudra donc retourner au tribunal.
De fait, étant moi-même présent à l'audience en soutien à l'association, cela ne m'a guère étonné. J'ai pu une nouvelle fois constater cette lenteur de la justice et les conditions matérielles indignes dans lesquelles on lui demande de travailler.
Après être passé par le portique de contrôle détecteur de métaux sous l'œil vigilent de deux policiers, chacun peut ensuite accéder à la salle du premier étage. Et là, c'est le choc. Le lieu d'audience est un espace tout en longueur avec, à un bout, la cour et, à l'autre, le public. L'acoustique est déplorable et il n'y a pas le moindre micro. Autrement dit, il faut deviner ce qui se dit.
La séance a d'abord commencé avec une demi-heure de retard. En moins d'un quart d'heure, tout le monde avait compris cependant que le dossier était reporté.
La Provence, qui avait mobilisé deux journalistes et un photographe, a dû se contenter de recueillir des éléments en interrogeant les parties en coulisses : le président de l'association, les divers soutiens et bien sûr les avocats. On verra ce qu'ils auront bien pu produire dans le journal d'aujourd'hui.
Pour ma part, j'ai eu le plaisir de discuter avec Michel Pezet qui avait accepté de défendre les intérêts de l'association. A la sortie, sa sentence est nette et sans appel : "Voilà encore un tour pour rien, il faudra revenir. Mais neuf mois d'attente, c'est un comble. Voilà ce qu'on appelle la lenteur de la justice." On ne saurait mieux résumer.

Mon précédent article sur l'affaire :
"De Peynier à Aix, la droite extrême est à l'œuvre…"
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/12/21/19931415.html

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Qui était Jean Zay ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Zay

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Qui était Vincent Delpuech ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Delpuech
(voir en particulier la rubrique "sous le régime de Vichy")

(Clic sur les images pour agrandir)
Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, Ref DELTA 3320,
avec citations du journal “Le Petit Provençal”.... annonçant 
“d’importants perfectionnements” du statut des juifs.
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6 mai 2011

Le Canard et Mediapart : Tirs croisés sur les Guérini

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Dans l'affaire Guérini, Le Canard enchaîné se distingue en instillant ici et là ses petites doses de venin. Coïncidence des dates aussi, ses deux articles annoncés en une paraissent pile au second jour de la tenue de la commission d'enquête du parti socialiste à Marseille.
L'hebdomadaire satirique fait un bon résumé de la situation et produit un encadré qui vaut son pesant de népotisme clientéliste. Où il ironise à fond sur le "socialisme familial" qui a cours à la fédération des Bouches-du-Rhône. C'est assassin à souhait. Et sans doute bien peu contestable.
Hier aussi, Mediapart a publié un article très documenté dont je vous livre la quasi intégralité. Le titre en dit déjà assez pour inciter à une lecture attentive dont on ne peut sortir qu'héberlué.
Personnellement, je me pose la question suivante : au vu de tous ces éléments, est-il encore possible que Jean-Noël Guérini puisse échapper, au minimum, à une audition par le juge Charles Duchaine ?
Dernière gourmandise, pendant deux jours, le site Marsactu a collé aux basques de la commission d'enquête et de ses "visiteurs". Sa narration des événements mérite d'être consultée (voir les liens en bas d'article).

Le titre en première page du Canard enchaîné de ce mercredi
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(Clic sur les images pour agrandir)
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Affaire Guérini :
des marchés publics confiés au grand banditisme
4 Mai 2011 Par Louise Fessard

[…] Les enquêteurs semblent cette fois s'intéresser aux nombreux marchés publics attribués par le Conseil général et ses satellites à plusieurs entreprises proches de Bernard Barresi, arrêté avec les frères Campanella en juin 2010 sur un yacht de la Côte d'Azur, après dix-huit ans de cavale. Condamné par contumace en novembre 1994 à vingt ans de réclusion pour l'attaque d'un fourgon blindé près de Mulhouse, Bernard Barresi a été mis en examen en juin 2010 pour, entre autres, exploitation de jeux de hasard, blanchiment, extorsions de fonds et association de malfaiteurs en vue de la commission de faits de vol avec arme, et incarcéré dans la foulée.
Au croisement des enquêtes du juge Charles Duchaine sur les marchés publics de Haute-Corse et des Bouches-du-Rhône et de celle du juge Philippe Dorcet sur le grand banditisme, les soupçons se focalisent notamment sur ABT, une société de BTP créée en 2001. Ses cogérants, Patrick Boudemaghe et Damien Amoretti, tous deux mis en examen dans l'affaire des marchés truqués corses, étaient proches d'Alexandre Guérini, qui avait fait appel à eux pour des travaux à la décharge du Mentaure (La Ciotat). Avec fausses factures et évasion fiscale des profits vers des comptes à l'étranger à la clef.
Damien Amoretti, à qui Alexandre Guérini a reconnu vouer une "affection particulière", a été de 2006 à 2007 l'unique associé de la SMA Développement, une des sociétés d'Alexandre Guérini actionnaire pour moitié de la SMA Vautubières, qui exploite la très lucrative décharge de La Fare Les Oliviers. Alexandre Guérini a par ailleurs affirmé au juge Duchaine avoir fait la connaissance de Patrick Boudemaghe au début des années 2000 lors de travaux de maçonnerie dans sa cossue villa marseillaise (appartenant officiellement à sa compagne).
Damien Amoretti et Patrick Boudemaghe étaient par ailleurs en contact régulier avec Bernard Barresi. Ce dernier, de retour dans la région marseillaise depuis janvier 2010 et se sachant sur écoutes, appelait Patrick Boudemaghe, alors installé en Espagne pour affaires, depuis des cabines téléphoniques afin de régler les affaires courantes.
"Mon argent, je le gagne sur les travaux et les commissions que je prends aux artisans et aux sociétés que je fais travailler, lorsque je suis le chantier", a expliqué Bernard Barresi le 3 mars 2011 au juge Philippe Dorcet. Ces chantiers sur lesquels Bernard Barresi prélevait sa "commission" étaient pour la plupart financés par des collectivités territoriales.
Le chiffre d'affaires d'ABT (20,5 millions d'euros cumulés entre 2005 et 2008), qui a employé selon les enquêteurs jusqu'à 66 personnes, dépendait en effet quasi exclusivement de marchés publics obtenus avec les collectivités locales des Bouches-du-Rhône.
Le plus souvent, ces marchés n'étaient pas passés directement par le Conseil général mais par des organismes publics satellites, présidés par des fidèles de Jean-Noël Guérini et où son frère Alexandre avait ses entrées : Treize Développement, le maître d'ouvrage des grands projets immobiliers du département, le service départemental d'incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (SDIS 13), l'office HLM du département Treize Habitat, le syndicat mixte de l'Arbois en charge du développement d'un technopôle dédié à l'environnement sur 205 hectares au sud d'Aix-en-Provence (respectivement présidés par les conseillers généraux PS, Antoine Rouzaud, Jean-Pierre Maggi, Jean-François Noyes, Alexandre Medwedovsky), etc. 
En 2006, c'est ABT qui est choisie pour construire le centre de secours de La Ciotat (SDIS 13), puis la gendarmerie d'Orgon pour un montant de 1,8 million d'euros (Treize Développement) et qui assure le gros œuvre de la construction de la cantine d'un collège marseillais (Treize Développement). En juin 2007, nouveau jackpot, ABT remporte trois lots pour la construction d'un bâtiment sur le technopôle de l'Arbois, pour un montant de plus de 1,6 million d'euros.
En 2008, ABT réaménage pour le Conseil général le club senior marseillais de Saint-Jérôme pour 143.000 euros. En février 2009 le bailleur social 13 Habitat lui confie des travaux d'entretien sur des HLM (Arles-Port, Saint Louis du Rhône-Miramas-Martigues) pour 232.426 euros. 13 Habitat où Alexandre Guérini était comme chez lui et avait, entre autres, sur un simple coup de téléphone, obtenu en septembre 2009 un logement pour l'ex-compagne de Bernard Barresi. 
En liquidation judiciaire depuis novembre 2010, la société ABT était domiciliée à Gardanne, au 835, Petit Chemin d'Aix, un des lieux de planque de Bernard Barresi, qui hébergeait aussi Alba Sécurité, la société de gardiennage de sa compagne Carole Serrano. Alba Sécurité, qui a été perquisitionnée mardi 3 mai par les gendarmes, avait également les faveurs du conseil général.
L'entreprise assurait le gardiennage des archives départementales de Marseille pour 300.000 à 1 million d'euros par an (avril 2006), du centre Afpa de Marseille-Saint Jérôme pour 40.000 euros (octobre 2007), de chantiers et cités HLM de 13 Habitat pour 1 million d'euros (juin 2008) et de plusieurs sites du conseil général pour 4,2 millions d'euros (marchés attribués en novembre 2008 et août 2009). Pour la petite histoire, Alba Sécurité fournissait également les soirs de match des centaines de stadiers au Vélodrome géré par la Ville de Marseille.
Comment ces sociétés liées au grand banditisme ont-elles pu obtenir autant de marchés publics de la part d'organismes dépendant du conseil général des Bouches-du-Rhône ? Ancien directeur général des services du conseil général, Vincent Potier avait dénoncé, lors de son audition par les gendarmes en novembre 2009, le "court-circuitage en provenance du cabinet" de Jean Noël Guérini sur ces "outils extérieurs au Conseil général".
Pour nombre de ses gros investissements immobiliers, notamment en matière de construction-rénovation de collèges, le conseil général donnait ainsi mandat à la Sem Treize Développement, créée en 2002, afin de préparer les appels d'offres, choisir les jurys d'architectes et mener les travaux. "
Concernant Treize Développement, on nous faisait comprendre qu'en le choisissant comme support technique, on obtiendrait des subventions", témoigne aujourd'hui Corinne Lucchini, conseillère municipale UMP à Rognac et ancienne vice-présidente de la communauté d'agglomération Agglopole Provence, à l'ouest des Bouches-du-Rhône.
L'ex-directeur de la Sem Treize Développement Jean-Marc Nabitz, proche d'Alexandre Guérini, est aujourd'hui introuvable (certains le disent en Israël). "Je ne l'ai plus eu au téléphone depuis deux ans", confirme Patrick Mennucci, le maire PS du secteur 1er/7e arrondissements de Marseille, qui était, jusqu'en 2008, employé de Treize Développement. Patrick Mennucci s'occupait pour la Sem de la commercialisation de la ZAC du Domaine de la gare, aux abords de la gare TGV d'Aix-en-Provence. Il tombe aujourd'hui des nues en découvrant l'obtention en 2007 par ABT d'un marché public sur une autre zone du technopôle (le petit Domaine de l'Arbois) pour la construction d'un bâtiment.
Jean-Marc Nabitz, qui s'occupait déjà de déchets lorsqu'il était directeur général adjoint du conseil général au début des années 2000, a joué, à la tête de Treize Développement, un rôle primordial dans l'élaboration du plan départemental d'élimination des déchets ménagers de 2006. Plan qui insistait sur le développement de la méthanisation dans le département comme une alternative à l'incinération. D'après les conversations interceptées par les gendarmes, Alexandre Guérini n'hésitait pas à faire appel à ses compétences pour obtenir des précisions techniques sur l'incinérateur de Fos-sur-Mer, grand concurrent d'un projet de méthanisation qu'il voulait monter avec l'intercommunalité San Ouest Provence.
Plus compromettant encore, en juillet 2009, Jean-Marc Nabitz a obtenu, par son entreprise de conseil 3N Concept, un marché de l'Agglomération d'Aubagne pour assurer la maîtrise d'ouvrage d'un nouveau projet d'extension et de création d'un centre de tri sur la décharge du Mentaure. Une décharge exploitée par une société d'Alexandre Guérini et dont le Conseil général avait préempté une partie du terrain dans des conditions ahurissantes révélées par La Provence.
Le 24 novembre 2004, la commission permanente du conseil général lançait la préemption d'un terrain adjacent à la décharge au nom de "la préservation de la qualité des sites, des paysages et des milieux naturels" et, dans la foulée, accordait une subvention de 2,5 millions d'euros pour "la création d'un centre de stockage des déchets ultimes à La Ciotat" sur ce même terrain. Deux délibérations pour le moins contradictoires !
Jean-Noël Guérini a-t-il senti le vent tourner pour Treize Développement ? En juillet 2010, le président du Conseil général a fait voter, en toute discrétion, la création d'une société publique locale (le nouvel outil des collectivités locales) Terra Treize, à qui a depuis été confiée la maîtrise d'ouvrage de travaux dans quatre collèges du département. Une tâche habituellement réservée à la Sem Treize Développement.
Grâce à un groupement d'intérêt économique, les moyens matériels et humains des deux sociétés ont été mutualisés. Même mission, mêmes moyens, mêmes acteurs (on retrouve l'ex-conseiller général Antoine Rouzaud, ex-président de Treize Développement, à la tête de Terra Treize), la création de cette SPL est-elle une façon d'enterrer discrètement la Sem Treize développement, suspectée de favoritisme par la justice ? Pas de réponse du côté de Treize Développement dont l'ex-président Antoine Rouzaud (l'un des deux conseillers généraux socialistes marseillais non réélus aux cantonales de 2011) est injoignable.
"On est dans un fonctionnement où les choses sont toutes décidées au cabinet de Jean-Noël Guérini et nous ne sommes pas associés à la gestion, estime Maurice Rey, le seul conseiller général d'opposition membre du conseil d'administration de Treize Développement et Terra Treize. Je trouve anormal qu'une société comme ABT ait, selon La Provence, eu autant de marchés, à hauteur du quart du budget de Treize Développement entre 2005 et 2008 et que son ex-directeur, Jean-Marc Nabitz, ait aujourd'hui disparu."
A 13 Habitat, autre institution perquisitionnée par les gendarmes, le changement de président après les cantonales de 2011 n'a pas révolutionné les mœurs. Malgré des demandes répétées, aucun élu d'opposition ne participe au conseil d'administration, jusqu'ici présidé par le conseiller général PS Jean-François Noyes, ancien directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini.
En janvier 2011, Jean-François Noyes justifiait les nombreuses interventions d'Alexandre Guérini dans la gestion de l'office en invoquant l'histoire familiale : "Le père d'Alexandre Guérini a fait toute sa carrière à l'office, son frère a été président de l'office pendant dix ans et lui-même a travaillé pour l'Opac, il a d'ailleurs toujours des marchés à l'Opac, dont un pour débarrasser les communs et les caves, je crois. (...) Alexandre Guérini connaît beaucoup de monde à l'Opac, certains depuis 25 ans, et il a des amis qui souhaitent lui faire plaisir."
Sans surprise, le nouveau président de 13 Habitat, le conseiller général Christophe Masse, émarge lui au fan club d'Alexandre Guérini sur Facebook.
Cet article a été réalisé grâce à la collaboration de Pierre-Julien Bouniol. Marseillais, il s'est retrouvé, un peu par hasard, employé de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône comme secrétaire général pendant quelques mois. Depuis, il n'a de cesse d'enquêter sur le fonctionnement du PS dans ce département.

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La commission d'enquête racontée en deux épisodes :
http://www.marsactu.fr/2011/05/04/48-heures-a-lholiday-inn-episode-1-le-casting/
http://www.marsactu.fr/2011/05/05/48-heures-a-lholiday-inn-episode-2-le-storytelling/

20 mars 2011

Cantonales 2011 : Premier tour et... gags à gogo

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Quel(le)s candidat(e)s pourront ce soir se réjouir de l'arrivée du printemps ? Avec quels scores et surtout avec quel taux d'abstention ? La loi prévoit que peuvent se maintenir pour le second tour les candidats ayant atteint 12,50% des inscrits. Il va donc y avoir beaucoup d'éliminés.
Si, par exemple, l'abstention tourne autour de 50%, cela veut dire que, pour concourir dimanche prochain, il faut avoir réuni 25% des inscrits. C'est mission quasi impossible. Le code électoral a bien sûr tenu compte de ce risque en permettant aux deux meilleurs scores, si peu représentatifs qu'ils soient, d'être quand même qualifiés pour le second tour.
Il ne faut donc pas se fier aux pourcentages des votants qui paraîtront supérieurs. Exemple : avec une abstention de 50%, un candidat qui aurait obtenu 20% des votants ne sera pas forcément retenu s'il est en dessous des 12,50% des inscrits ou si d'autres candidats ont fait de meilleurs résultats. L'hypothèse d'un important désintérêt des électeurs pour les cantonales n'étant pas exclue, on assistera vraisemblablement à un nombre élevé de duels, avec des candidats repêchés en quelque sorte.
Je n'ai pas de conseil à donner aux visteurs du blog mais, en ce qui me concerne, je me rendrai à mon bureau de vote comme je l'ai toujours fait sans aucune exception à ce jour depuis ma majorité. Ce droit me permet d'ouvrir légitimement ma bouche, si je veux, quand je veux, pour ou contre qui je veux. Et d'ailleurs, je ne vais pas m'en priver dans l'instant.
Je vote dans le canton Aix-Sud-Ouest. J'ai reçu la fameuse enveloppe marron à domicile. J'ai lu, j'ai comparé et j'ai parfois sursauté. Il y a cinq candidats dont deux femmes. Rien à redire là-dessus, ni sur le nombre raisonnable de postulants, ni sur l'équilibre homme-femme.
En revanche, certain(e)s candidat(e)s apparaissent comme de vrais amateurs. J'en veux pour preuve leur laïus à côté de la plaque. On y trouve des phrases creuses interchangeables entre candidats et, pire, un mélange total de pseudo propositions n'ayant absolument rien à voir avec les compétences d'un conseil général. C'est du remplissage quand ce n'est pas de l'imposture.
Constatant cela, la question que je me pose est la suivante : est-ce de l'arnaque, de la manipulation ou tout bêtement une ignorance totale des institutions dans lesquelles ils prétendent vouloir agir ?
Le document le plus insensé est celui d'un jeune candidat qui ne signale pas le nom de sa remplaçante, n'adresse aucun mot aux électeurs et ne présente aucun, vraiment aucun élément d'un quelconque programme départemental. Au verso, c'est la tête de son parti qui s'exprime pour égréner un alignement de propositions nationales démagogiques. M'est avis que tous les candidats de ce parti ont dû éditer le même type de document dans toute la France.
Un autre candidat livre des phrases à rendre jaloux le vide sidéral. Et, lorsqu'il esquisse des propostions ronflantes, il mélange tout avec tout, ne craignant pas d'évoquer la sécurité, qui relève de l'Etat, ou une meilleure gestion des crèches, qui est du ressort des communes. Embrouillons, embrouillons, c'est bien connu, l'électeur n'est qu'un votant idiot !
Passons maintenant à la forme. Etonnamment, si les cinq candidats font bien figurer les deux dates des 20 et 27 mars, un d'entre d'eux semble plus pessimiste en ne mentionnant que le premier tour. Quant au secteur géographique du canton, on a l'impression que certains n'en ont même pas une idée réelle puisqu'ils ne citent pas ou pas du tout tous les quartiers pourtant bien identifiés. Ainsi, le mien, oui, le mien comme chacun désigne le sien, n'apparaît que sur deux documents. Là, c'est trop !
Poursuivons avec les bulletins de vote eux-mêmes, aux dimensions réglementées (148X105) mais à l'orientation laissée au libre choix. Quatre ont donc opté pour le format paysage et un seul pour le format portrait. Ce dernier a sans doute estimé qu'en se distinguant ainsi des autres il ne pourrait échapper à l'œil des électeurs. Bien joué ! Mais là encore, étrangement, ce bulletin ne comporte que la date "mars 2011" sans mention des jours.
Celui qui n'avait pas mentionné les dates sur sa grande page les rappelle cependant sur son bulletin. Mais, attention aux invalidations au cas où un électeur aurait l'idée de placer dans l'enveloppe la "profession de foi" au lieu du bulletin. Une jurisprudence célèbre, qui trouve sa pleine origine à Aix, admet bien ce cas de figure comme  étant l'expression d'un vote valable, à la condition que tous les renseignements obligatoires sur un bulletin y figurent aussi. Ce même candidat cumule donc l'absence du nom de sa remplaçante et celle des dates du scrutin. Ouille !
Ultimes cocasseries, certains candidats désignent leurs seconds par le mot "remplaçant" (terme correct en vigueur depuis 2008) et d'autres par le mot "suppléant" (terme désormais réservé aux députés). Sur leurs bulletins, trois candidats emploient "remplaçant" et deux "suppléant". Et comme il fallait bien que quelqu'un s'avise de casser la baraque à fond, une candidature est allée jusqu'à utiliser "remplaçant" sur sa "profession de foi" et "suppléant" sur son bulletin. C'est pourtant "élections pour un champion", non ?
Allez, bon vote quand même !
Dimanche prochain, je vous parlerai peut-être des fautes de français, des erreurs orthographiques et même, si, si, de quelques phrases bien bancales.

Ce soir, les résultats sur le blog dès qu'ils seront disponibles.

18 avril 2011

V'Hello d'Aix : Le coûteux rétro-pédalage de Joissains

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Les V'Hello d'Aix ont fini par crever. La décision de résilier le marché du dispositif vélos et stations de vélos a été entérinée par le conseil municipal de lundi dernier. Ce n'est pas trop tôt. Et, en bout de course, à défaut de faire rouler les vélos, c'est la Ville qui s'est fait rouler par JC Decaux.
Les premiers appels d'offres avaient été lancés en 2005. Et l'installation effective avait débuté mi-2007. Il a donc fallu l'équivalent de la durée d'un mandat municipal pour que Maryse Joissains reconnaisse le fiasco de l'opération et fasse un véritable rétro-pédalage.
En février 2010, à la suite d'un rapport cinglant de la Chambre régionale des comptes, elle prétendait pouvoir mettre en place "une série d'actions destinées à relancer l'utilisation des vélos", avec notamment "l'étude de la réimplantation de certaines stations" ou encore "la réalisation de nouvelles pistes cyclables dans le cadre du Plan de déplacements urbains de la communauté d'agglomération". C'était déjà beaucoup trop tard, impossible de redresser le guidon, l'embardée était inévitable.
On se pose alors bien des questions. Dont celle-ci : pourquoi cet entêtement alors que les alertes avaient été émises dès le début du processus ? On nous avait dit aussi que la Ville allait tenter de renégocier un coût à la baisse avec la société Decaux. Peine perdue, un contrat est un contrat.
Lundi, Jean Chorro, admettait : "une chose était sûre, ça a coûté très très cher à la collectivité de résilier le contrat même en payant des indemnités de rupture qui seront à négocier bien entendu et il faudra quand même attirer l'attention de Decaux en disant que c'est lui l'homme de l'art et c'est lui qui aurait dû faire les études préliminaires". Mais la pirouette va avoir du mal prendre.
En 2005, j'étais membre de la commission d'appel d'offres et j'avais fait de sévères observations sur le choix de la nature juridique du marché qui aurait dû être scindé en deux, le mobilier urbain d'un côté en marché public, les vélos de l'autre en délégation de service public. J'avais même alerté le sous-préfet (voir la lettre explicative ICI
). La Ville m'avait répondu que toutes les études nécessaires et toutes les simulations avaient été menées.
Tenter maintenant de faire endosser ces reponsabilités par Decaux, qui n'est pas exempt de reproches par ailleurs, paraît totalement fumeux, illusoire et même plutôt malhonnête. La résiliation partielle unilatérale du contrat va devoir passer par les tribunaux et entraîner de fortes dépenses, y compris celles de remise en état des trottoirs et des chaussées !

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On lira ci-après deux articles que j'avais produits dans Aix en dialogue et un autre article sur mon blog.

Aix en dialogue, septembre 2006

Les vélos de la discorde
Changer les abribus et renouveler les panneaux électroniques d'information, pourquoi pas ? En soi, cette amélioration visant à donner une image plus agréable et plus fonctionnelle de ces mobiliers et à informer correctement n'est pas incongrue. Là où les choses prennent un autre tour, c'est lorsqu'on examine la forme de la procédure utilisée. Car, à ce marché, la municipalité a conjoint un autre projet – un service de prêt de vélos – artificiellement lié au premier.
Pour comprendre, il faut savoir que le premier est un marché public fondé sur une concurrence pour laquelle la ville paie et n'encaisse rien. Pour le second, la perception de recettes alimentées par les usagers nécessite une délégation de service public accordée à un concessionnaire qui se substitue à la ville. Les deux marchés auraient donc dû être traités de manière distincte.
S'il est vrai que certaines villes ont adopté un système comparable, a contrario la ville de Marseille, prudente, a préféré retirer un dossier du même type. A nos yeux, en effet, cela ne tient pas la route juridiquement parlant. Un seul dossier présenté avec un mélange de deux procédures différentes limite très fortement la concurrence. Il aboutit à la candidature unique – cela a été le cas – puisque la rédaction du cahier des charges ne peut s'appuyer que sur les données connues émanant du plus apte à répondre à cette double exigence !
Petits vélos
Si les deux aspects du dossier ci-dessus avaient été considérés séparément, celui des vélos aurait eu un impact plus grand pour le public. Encore aurait-il fallu le mettre en conformité et en cohérence avec les dispositions globales du Plan de déplacements urbains et notamment le "schéma vélo" qui a fait l'objet d'un rapport mais n'a jamais été voté ou appliqué sur l'ensemble de la Communauté d'Agglomération du Pays d'Aix, un schéma déclinable dans chaque commune. Au lieu de cela, le problème, traité de manière isolée et fragmentaire, est plutôt mal… enfourché.

Aix en dialogue, juillet 2007

V’Hello ou comment gâcher une bonne idée
La Ville d’Aix a décidé de mettre en place un service de vélos sur le modèle lyonnais. L’idée est a priori intéressante tant la réussite lyonnaise est parlante. On pourrait donc s'en féliciter si l’application de cette idée n’était dévoyée.
Le grand Lyon avec ses 450.000 habitants propose 3.000 vélos, soit 1 vélo pour 150 habitants. Et ça roule tellement bien qu’ils envisagent d'augmenter le nombre à 5.000. A Aix, il y aura 220 vélos pour 150.000 habitants, en contrepartie de la publicité couverte par le marché public. Cela fait 1 vélo pour 682 habitants, soit 5 fois moins qu'à Lyon. On peut donc s’interroger sur le poids de cette nouvelle installation.
Sur l’implantation des bornes vélos, force est de constater que la Ville d’Aix a tenu à limiter leur localisation dans l’hyper centre. Alors que l’on aurait pu s’attendre à ce que les quartiers ou les parcs relais soient concernés afin de réduire l’usage de la voiture au profit du vélo, rien de tel n'a été mis en place. V’Hello risque donc d’être plus un gadget touristique qu’un moyen de transport pour les Aixois.
Mais ce qui jette un doute sur la pertinence réelle de cette installation, c’est l’absence de politique vélo qu’elle cache. Ainsi, aujourd’hui, les couloirs de bus restent interdits aux vélos, certaines zones urbaines sont interdites à la circulation vélo (comme les "Allées provençales"), aucun schéma vélo n’a été réalisé alors qu’une étude commandée par la Communauté du Pays d’Aix est dans les tiroirs depuis 3 ans, aucune piste cyclable protégeant les cyclistes n’a été construite.
En matière de transport, on ne nous mène pas à vélo… mais en bateau.

Sur mon blog, mars 2010

Rapport de la Chambre régionale des comptes
Le dispositif V'Hello
Il s'apparente autant à une opération de promotion de l'image de la collectivité qu'à la mise en place d'un véritable service à la population. Les possibilités de mise en concurrence du dispositif V'Hello ont été restreintes en raison de son intégration au marché relevant du mobilier urbain (un seul candidat : JC Decaux). Il en résulte un coût annuel pour la collectivité de 3.000€ par vélo. Le choix de la collectivité s'explique d'autant moins que le poids des prestations relatives aux vélos représente 73,5% des prestations totales. 
On constate une sous-utilisation des vélos pour la première année de fonctionnement du dispositif et donc un niveau de recettes de location très faible. Cette sous-utilisation est liée à une publicité insuffisante, à une mauvaise implantation de certaines stations de vélos et aux difficultés de déplacement dans le centre historique. Une meilleure analyse des besoins avec une mise en concurrence séparée du marché de mobilier urbain aurait sans doute permis de mettre en place un dispositif mieux adapté et moins coûteux.
Mon commentaire
Coûteux et peu rigoureux…
La Chambre a relevé l'incongruité du dispositif V'Hello. Comme je l'avais souligné en son temps, l'appel d'offres unique aurait dû faire l'objet de deux marchés distincts : l'un pour les vélos, l'autre pour le mobilier urbain. En regroupant les deux, la municipalité a ainsi réduit la mise en concurrence à la seule candidature susceptible d'y répondre sous cette forme, JC Decaux. Ce qui en résulta sans surprise.
L'os, c'est que la Chambre régionale des comptes pointe à son tour la mauvaise affaire faite par la Ville :
 "Une meilleure analyse des besoins avec une mise en concurrence séparée du marché de mobilier urbain aurait sans doute permis de mettre en place un dispositif mieux adapté et moins coûteux". 

19 mars 2011

Les maux croisés de Montebourg et des Guérini

guerini_maux_croises 

Le froid, le show et l'ombre. L'actualité est faite de paradoxes.
Comme il s'y était engagé, Arnaud Montebourg a remis au tribunal de police son dossier visant à apporter les preuves de son enquête. Soit, nous dit-on, rien moins que 174 pages, 44 pièces, 20 témoignages et 1 enregistrement sonore. On espère bien savoir quels sont ces vingt témoins qui risquent le bannissement pour avoir bronché.
Dans un tout autre décor, Jean-Noël Guérini a réussi à serrer la main à Nicolas Sarkozy en visite sur le plateau de Vitrolles. Ils n'avaient aucune raison de ne pas le faire, ils ont des amis communs : Bernard Squarcini et Christian Frémont, l'un du rayon police, l'autre ancien préfet promu directeur de cabinet présidentiel. On a les accointances qu'on peut.
Enfin, ombre au tableau, Alexandre Guérini y restera puisqu'il s'est vu refuser encore une fois sa demande de remise en liberté. Une nouvelle n'arrivant jamais seule, il lui a aussi été notifié que sa détention provisoire allait bénéficier d'un généreux rab de quatre mois.
C'était le petit résumé du jour. Mais Le Monde d'hier a livré encore deux pleines pages assez robustes sur l'affaire Guérini avec une interview de Jean-Noël. 

14 avril 2011

Une rue Marcelle Isoard fondatrice du carnaval d'Aix

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(Clic sur l'image pour agrandir)
(Photo perso et montage LAC)

J'étais samedi à l'inauguration d'un nom de rue au Sud de la ville. Très précisément sur la petite route des Milles à proximité du grand local où se confectionnent depuis de nombreuses années les chars du carnaval. La Ville a donc décidé d'honorer celle qui est à l'origine de la renaissance de cet événement populaire : Marcelle Isoard.
Cette amie, disparue il y a déjà un an et demi, était un exemple de ténacité et de générosité. Ce qui lui a permis de vaincre tous les obstacles et de rétablir avec une équipe de bénévoles acharnés cette tradition festive et colorée selon des méthodes et des techniques puisées aux sources historiques.
L'hommage rendu à la mémoire de la fondatrice du carnaval qui présida le comité officiel jusqu'en 2009 est donc un acte de justice et de reconnaissance à son égard.
Il y avait là sa sœur, sa fille et la famille. Le lieu choisi est modeste et la cérémonie fut simple, à son image.
Maryse Joissains, bien qu'arrivée un peu en retard, a souligné l'œuvre de Marcelle qui siégea comme elle au conseil municipal de 1983 à 1989, et comme moi-même élu dans l'opposition.
Malgré des soubresauts, le carnaval est toujours là. Désormais, grâce à ce nom d'une rue d'Aix, tous ceux qui l'apprécient pourront se souvenir longtemps de la remarquable personnalité qui l'a créé. 

14 avril 2011

Mon blog classé par Wikio et lu en plusieurs langues

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(Clic sur l'image pour agrandir)
Les classements sont datés d'avril mais concernent l'activité de mars

On ne tient pas un blog pour ne pas être lu. Ou alors on ne voit pas bien quel en serait l'intérêt. Le mien a de la chance. Celle de figurer dans les classements établis par Wikio. Et celle d'être consulté par des lecteurs de langues étrangères qui n'hésitent pas à se servir d'un outil de traduction (parfois approximative) qui correspond à la leur pour alunir sur mes pages. Pas une semaine sans la visite de plusieurs internautes de pays voisins ou, plus surprenant, d'autres continents.
L'espace administrateur de Canalblog permet en effet de repérer diverses données, dont la provenance des visites hors de France. Je pense que mon nom de famille y est pour quelque chose, étant très répandu en Italie, en Espagne, en Belgique, en Tunisie, en Amérique latine, au Canada et aux Etats-Unis. Mais de là à imaginer des connexions venues du Japon ou de Russie, cela ne laisse pas de m'étonner.
Je voulais aujourd'hui, en forme de clin d'œil, vous faire part de ces scores et de ces petites curiosités qui me réjouissent autant que vos visites. Et je vous en remercie sincèrement. A demain.

(Clic sur l'image pour agrandir)
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13 avril 2011

Guérini : Entre clientélisme et conflit d'intérêts

guerini_jn___CopieQue dira finalement la commission d'enquête menée par la direction nationale du parti socialiste ? En coulisses, il se dit qu'il n'en sortira pas grand-chose.
Certains s'appuient sur les déclarations timorées de Martine Aubry. Ils n'imaginent pas un instant la livraison d'un rapport au vitriol venant contredire sa ligne séparant la vie de la fédération et l'action éventuelle de la justice à l'encontre de Jean-Noël Guérini.
D'autres estiment que les prises de position affichées par certaines personnalités depuis quelques jours ne pourront pas être écartées, surtout si ces personnes sont entendues par les enquêteurs socialistes ou si elles fournissent de leur propre chef des témoignages écrits sur les dysfonctionnements qu'elles ont constatées.
Une chose est sûre, l'ambiance a évolué. On parle maintenant plus clairement face aux journalistes. Patrick Mennucci et Eugène Caselli ont ouvert la voie, et de quelle manière !
La prétendue façade de bonne entente et d'unité exhibée aux militants et aux électeurs s'est fissurée. On n'en est pas au lynchage mais les gants de boxe sont à portée de main. Il ne faut cependant pas s'attendre à une bronca générale. Les affidés et les bien servis continueront à se taire. Pour espérer la mise à plat d'un système cadenessé et opaque (lire ci-dessous les deux articles de la semaine dernière), il ne faudra donc compter que sur ceux qui ont le moins à perdre ou qui possèdent encore une dose de courage.

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A Marseille, le clientélisme reste roi
8 avril 2011 par Xavier Monnier

Malgré les soupçons qui pèsent sur sa gestion, Jean-Noël Guérini a été réélu à la présidence du conseil général. Pour préserver leurs intérêts, rares furent les socialistes à s’y opposer.
Le putsch a échoué. Malgré la tempête judiciaire qui s'annonce autour du conseil général. Malgré le rapport Montebourg, qui dénonce le fonctionnement de cette fédération socialiste. Malgré un clientélisme à tous crins (attributions de logements, d'emplois, de subventions...) dénoncé par la presse. Bien qu'Alexandre Guérini, frère de..., soit mis en examen dans une affaire de marchés présumés frauduleux.
Jean-Noël Guérini, tout-puissant patron socialiste du département des Bouches-du-Rhône, a été triomphalement réélu président : 40 voix pour, 17 contre. Aucune abstention. Silence dans les rangs, furie dans les bancs. Le 31 mars dans l'hémicycle, la foule nombreuse des partisans de Guérini a fait la claque. Et le frais réélu a même brandi un trophée : Charles-Emile Loo, 90 ans. Le dernier baron du defferrisme a lancé une violente diatribe contre la "gesticulation" et la "nullité" des adversaires de son poulain.
Au soir du deuxième tour, une réunion s'est pourtant tenue entre cinq ténors locaux pour trouver une alternative. Avec le soutien de Montebourg, devenu une sorte d'antéchrist pour les soutiens de Guérini, ils ont compté et recompté les conseillers généraux socialistes susceptibles de lâcher "Nono".
"Au maximum, on en a compté huit à douze, peste l'un d'eux, on a vite compris que ce ne serait pas jouable." D'autant qu'entre les cinq séditieux, peu d'atomes crochus, sinon de petites ambitions personnelles : qui pour sa circonscription de député que Guérini rechigne à lui donner, qui pour sa mairie vacillante. Une alliance de (mauvaise) circonstance, et aucune volonté de s'élever à visage découvert.
Le coup de grâce : un coup de fil d'Aubry disant qu'elle soutenait Guérini
Alors ce fut un silence cruel. Seulement perturbé par deux conseillers généraux, Michel Pezet et Marie-Arlette Carlotti. Le premier, dirigeant de la fédération dans les années 80 et avocat, a osé poser la question du maintien de Guérini à son poste. La seconde s'est permis d'écrire qu'elle ne donnerait pas de blanc-seing au président Guérini. Positions réitérées lors de la réunion du groupe socialiste au conseil général, qui devait discuter de l'opportunité de reconduire Guérini.
"Ils se sont retrouvés à trois, pendant que les vingt-sept autres faisaient allégeance. L'un remerciant Guérini de lui avoir rendu sa voiture de fonction, l'autre d'être venu à l'enterrement de sa femme", témoigne un des participants, anonyme et pas plus téméraire qu'un autre.
Pour les opposants, le coup de grâce est venu de Paris. "Guérini nous a dit qu'il avait reçu un coup de fil d'Aubry, et qu'elle le soutenait, même s'il était mis en examen. Le seuil de tolérance est fixé à un renvoi devant un tribunal. Cela a calmé tout le monde, des conseillers généraux jusqu'à la fédération."
Souvent véhément contre la mainmise de Guérini sur le socialisme marseillais, au point de baptiser l'hôtel du département "Pyongyang", l'ancien codirecteur de campagne de Ségolène Royal, Patrick Mennucci, s'est montré fort discret. Patrick "le courageux", comme raillent les guérinistes, s'est borné à lancer un appel pour... Dominique Strauss-Kahn, le matin même de l'élection de Guérini.
Tout juste réélus, les conseillers généraux attendent leur récompense. Le 14 avril sera discuté le budget du deuxième département le plus riche de France. L'enveloppe de l'aide aux communes, qu'aucun critère ne pilote, s'élève à 160 millions d'euros par an...
"Je ne soupçonnais pas un tel degré de lâcheté, s'étonne un membre du premier cercle de Guérini. Désormais, c'est le juge qui va décider de l'avenir."
A Marseille, la politique n'a pas trouvé d'issue. Le quatrième tour des cantonales sera judiciaire.

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(Clic sur l'image pour agrandir)
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14 mars 2011

Complément d'enquête : Le pouvoir des Guérini

logo_complement_enquete_petitLe magazine de France 2 s'attaque ce soir à de multiples sujets concernant abus, affaires et corruption. La question posée est donc : est-il encore possible de parler de transparence et surtout de "République irréprochable" ?
Parmi les reportages annoncés : les voyages de Michèle Alliot-Marie, le train de vie du Sénat, les cigares de Christian Blanc et les notes de frais des députés. Le programme fait aussi une place à l'affaire Guérini. Une émission à ne pas rater…

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4 février 2011

Eugène Caselli respire et la droite s'époumone

guerini_accordeonEugène Caselli est finalement ressorti libre des locaux de la gendarmerie de Marseille, aucune charge n'ayant été retenue contre lui.
Après coup, on est amené à se demander si son interpellation à son domicile et sa garde à vue prolongée ne relevaient pas plutôt d'une belle mise en scène calculée, d'autant que les médias avaient été prévenus de l'opération.
Les trois autres personnes interpellées aussi en liaison avec l'affaire Alexandre Guérini sont sorties libres. (gag : agrandir l'image !)
Reste maintenant à s'interroger sur les propos tenus par Jean-Claude Gaudin hier matin sur France Bleu Provence. Jusqu'ici peu disert, le maire de Marseille s'est-il emballé trop vite en imaginant une décision judiciaire comparable à celle qui a touché Alain Belviso, président de l'Agglomération d'Aubagne, mis en examen à l'issue de sa garde à vue ? "S'il advenait que le sort qui a été réservé à Aubagne au président de l'agglomération soit le même pour le président de la communauté urbaine, cela poserait un problème politique grave de gouvernance et de gestion de l'institution."
Voulait-il dire que la présidence par intérim devrait être assurée par le premier vice-président de MPM, à savoir Renaud Muselier ? Ce dernier, qui s'est montré revanchard depuis qu'il a été trahi par certains de ses collègues de droite et qu'il a raté la marche pour diriger la communauté urbaine, en a peut-être rêvé comme un juste retour des choses. Mais, c'est encore raté pour lui.
Effet de calendrier, hier, lors de la présentation des candidats de droite aux cantonales, jouant à "monsieur propre“, Renaud Muselier a été égal à lui-même : "Nous nous présentons en toute transparence devant nos électeurs […] avec notre famille politique qui dirige la ville depuis quinze ans avec honneur sans jamais aucun problème d'image ou de justice […] avec des élus qui respectent les lois et les règles de la République, donc qui sont honnêtes".
Faut-il le rappeler, c'est ce même Renaud Muselier qui avait fait de bonnes affaires dans l'immobilier en encourageant une évasion fiscale. D'où sans doute le besoin de mener la campagne électorale de mars avec ce slogan tout indiqué "Le choix de l'honnêteté".
Voilà, on attend maintenant de savoir quels seront les prochains événements judiciaires et politiques et quel impact ils auront sur les résultats électoraux.  

Petit rappel sur les bonnes affaires de Renaud Muselier :
http://www.bakchich.info/Les-petites-affaires-de-Monsieur,12174.html

6 avril 2011

Système Guérini : En attendant le tome 2…

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Quand il n'y en a plus, il y en a encore ! C'est au moins vrai pour le traitement de faveur éhontément démesuré que ce blog réserve depuis un bon moment à la saga Guérini.
Aujourd'hui, on prendra connaissance de deux brèves parues dans le Ravi d'avril mais aussi de l'article complet et détaillé publié lundi par Libé Marseille sous la signature de son nouveau responsable régional, Olivier Bertrand.
Je conseille vivement à mes chers visiteurs de le lire sans se préoccuper de sa longueur. Car c'est précisément cette exhaustivité qui en fait sa valeur. Et qui offre une mise en perspective claire et une vision globale et articulée des épisodes qui s'accumulent au fil des jours.
Personnellement, je ne regrette vraiment pas la poignée de minutes dévolues à cette lecture. Ce serait bête de s'en priver.

(Clic sur l'image pour agrandir)
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"La saga Guérini à charge et à décharges"
:
http://www.libemarseille.fr/henry/2011/04/la-saga-gu%C3%A9rini-%C3%A0-charge-et-%C3%A0-d%C3%A9charges.html

4 avril 2011

Y aura-t-il un troisième tour pour les frères Guérini ?

guerini_ravi_84_guerini_1erL'aîné a été réélu président du conseil général pour trois ans, le cadet s'est vu confirmer une nouvelle fois son maintien en détention.
Que serait-il passé si Jean-Noël Guérini avait fait partie des élus renouvelables ? N'aurait-il pas été la cible des électeurs ? Aurait-il été réélu ?
La physionomie du conseil général aurait pu être toute autre. Mais cela n'a pas été le cas. Alors, le juge Charles Duchaine est-il susceptible de changer la donne, par exemple en convoquant Jean-Noël Guérini ? Lui seul le sait.
Si l'on regarde du côté de Martine Aubry, il ne semble pas que la commission d'enquête interne du parti socialiste aille jusqu'à l'exclure vu qu'il a quitté la direction de la fédération et que, jusqu'à plus ample informé, la justice ne lui a encore rien reproché.
On a appris en fin de semaine que Martine Aubry avait retourné à Arnaud Montebourg son dossier de preuves dans le procès en diffamation intenté par Jean-Noël Guérini. "Je constate avec étonnement à la lecture du sommaire, qu'outre ton rapport, figurent des copies de procès-verbaux de police et des retranscriptions d'écoutes téléphoniques provenant à l'évidence d'une procédure judiciaire en cours. Ignorant comment ces documents sont parvenus entre tes mains en violation du secret de l'enquête et de l'instruction, et ne sachant si tu as requis et obtenu l'autorisation des autorités judiciaires pour les produire, je ne puis en l'état que te les retourner immédiatement, me refusant à les conserver et aussi à prendre connaissance de leurs contenus."
Tout cela est bien étonnant. Au moment de l'affaire Georges Frêche, la première secrétaire n'avait pas hésité à prononcer son exclusion. La semaine dernière encore, le parti a décidé de porter plainte pour "abus de confiance" contre Robert Navarro, sénateur et ancien premer secrétaire de la fédération de l'Hérault, après la découverte de nombreuses factures réglées pendant plusieurs mois par la fédération sans lien avec son fonctionnement. Pour mémoire, Robert Navarro avait été exclu en même temps que Georges Frêche et la fédération avait été mise sous tutelle. Certes, on pourra toujours dire que Jean-Noël Guérini n'a pas été inquiété par la justice.
Mais, d'après Le Point, une nouvelle piste semble se faire jour. Quant à Alexandre Guérini, c'est le JDD qui s'y est collé en parlant des drôles de factures de sa villa.

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La nouvelle piste de l'affaire Guérini
30 mars 2011 par Hervé Gattegno

L'étau se resserre autour de Jean-Noël Guérini, le président sortant du conseil général. Si le PS garde le conseil général des Bouches-du-Rhône, son président, Jean-Noël Guérini, sort affaibli d'une campagne marquée par les "affaires". Le 8 mars, en pleine campagne des cantonales, le procureur a délivré un nouveau réquisitoire supplétif pour "détournement de fonds publics" à propos de subventions accordées par le département à un syndicat de police - et dénoncées à la justice par un courrier anonyme assorti de documents bancaires. 
Les auditions d'Alexandre Guérini, écroué le 1er décembre, trahissent en outre l'intérêt du magistrat pour le rôle de l'élu.
Une écoute de 2009 atteste que Jean-Noël Guérini avait prévenu son frère de l'enquête judiciaire, tout en l'assurant que les faits seraient "prescrits". "Il s'agissait à l'évidence de faits dont vous aviez l'un et l'autre conscience qu'ils étaient répréhensibles", a relevé le juge. "Je n'en ai aucun souvenir", a répondu Alexandre Guérini.
Questionné sur ses interventions pour faire attribuer emplois et logements HLM à ses protégés, celui-ci a revendiqué "un rôle politique dans la cité" et affirmé, bravache : "Je me substitue aux élus dits de proximité. Je suis élu dans le coeur des gens et dès le premier tour..." Pour son frère, le troisième tour des cantonales pourrait se jouer au palais de justice.

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Les drôles de factures de la villa Guérini
26 Mars 2011 par Laurent Valdiguié

Entendu par le juge Duchaine, Alexandre Guérini peine à s’expliquer. Riche à millions, mais propriétaire de rien. Le juge Charles Duchaine se casse les dents sur l’énigme Guérini. Patron de sociétés exploitant des décharges, "monsieur Alexandre", le frère du président du conseil général des Bouches-du-Rhône, a réalisé ces dernières années de très juteuses opérations financières.
Entendu le 14 mars dernier, il a éludé la plupart des questions, refusant même de signer certaines pages d’un procès-verbal digne d’un dialogue des films d’Audiard. Exemple : "En 2001, vous avez revendu la SMA et par conséquent la Somedis pour environ 25 millions d’euros à Veolia. Sur cette vente, vous affirmez que 20 millions d’euros vous ont été reversés sur un compte au Luxembourg et qu’il vous resterait aujourd’hui 6 millions d’euros. Vous auriez donc dépensé 14 millions d’euros en 9 ans, soit un peu plus de 1,5 million d’euros par an, pour être tout à fait précis un peu moins de 130.000 euros par mois. Comment avez-vous dépensé cette somme, sachant que vous n’êtes officiellement propriétaire d’aucun bien ?", commence le juge Duchaine. Réponse sèche du mis en examen : "J’ai dépensé cet argent..."
Le magistrat a beau revenir à la charge, s’interroger sur une vente de l’ordre de 33 millions d’euros, et "une différence de 8 millions". "Oui, peut-être", répond laconiquement Guérini. "Comment l’expliquez-vous? – C’est une erreur." "C’est quoi cette différence de 8 millions d’euros?", insiste le juge. "Mais monsieur, on peut se tromper dans la vie, est-ce que c’est un délit de commettre une erreur ?", ironise le frère Guérini.
Difficile, dans ce maquis, de savoir où est passé l’argent. "Je m’en fous", "je n’en sais rien", "je ne me rappelle pas", répond aussi Alexandre Guérini à des questions sur une société "Petite Ourse", créée pour acheter une première maison à 9,25 millions de francs à Marseille en 1996. L’autre maison, celle où Alexandre Guérini vivait au moment de son arrestation, est une somptueuse villa située dans le quartier chic, face à la mer. Officiellement, la maison est au nom de la compagne de Guérini, Jeannie Peretti.
"L’analyse de ses comptes bancaires révèle qu’elle n’a pas la ressource nécessaire pour acquérir un tel bien", fait remarquer le juge. Les enquêteurs ont mis à jour un drôle de montage. Jeannie Peretti a obtenu "un prêt" de son compagnon de 3 millions de francs, puis un autre de 500.000 francs de ses parents, puis un troisième de 450.000 francs d’un dirigeant de la société Somedis rachetée par la SMA… "Vous a-t-elle remboursé ?", questionne le magistrat. "Pas encore..."
Autre curiosité, les déclarations successives du vendeur de la villa, Roland S., qui a d’abord affirmé avoir touché "trois millions en espèces d’Alexandre Guérini", avant de revenir sur sa déposition expliquant avoir été payé sous forme de "prêt", puis, dans une troisième version, "prétextant avoir été perturbé lors de ses dépositions précédentes par des problèmes familiaux", et avoir finalement touché un chèque de Guérini.
"Tout laisse à penser que vous seriez intervenu auprès de Roland S. pour l’inciter à changer sa version initiale", assène Charles Duchaine. Pas d’explication de Guérini. Le magistrat poursuit : "Des photographies ont été faites de l’ensemble de la propriété et présentées à Roland S. Il confirme que la villa a été entièrement réhabilitée, à savoir que seuls les murs porteurs ont été conservés." Pourtant, aucune facture de travaux, estimés à "plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’euros", n’a été retrouvée. Dans le dossier judiciaire, des dizaines de photos montrent la piscine intérieure et son jacuzzi, la piscine extérieure avec ses rochers, la salle de cinéma, la salle orientale, les chambres à coucher luxueuses et rococo… Tout semble neuf. "Mme Peretti a fait des travaux dans sa maison et m’a demandé de lui prêter de l’argent", réplique Alexandre Guérini. Pour l’heure, le juge Duchaine n’en saura pas plus.

31 mars 2011

Votes Guérini : "Renouveau PS 13" parle de fraudes

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Soupçons de fraude mardi lors du vote des militants socialistes pour la désignation du candidat à la présidence du conseil général des Bouches-du-Rhône. Ce n'est pas un poisson d'avril avant l'heure. C'est du moins ce qu'affirme le groupe Renouveau PS 13 qui a publié les résultats de vingt sections. Et en a commentés quelques-uns dont celui de l'image ci-dessus.
Globalement parlant, les chiffres enregistrés dans ces sections ne sont pas franchement en adéquation avec ceux affichés par la Fédération pour l'ensemble des sections. Mais les relevés effectués par Renouveau PS 13 sont certifiés.
Ce qui importe finalement, c'est ce que disent ces résultats. On observe d'énormes différences dans la participation variant de 0 à 78,57% et dans les suffrages exprimés allant de 0 à 97,50%. On peut dès lors s'interroger sur les disparités criantes d'une section à l'autre.
Comme le suggérait un lecteur sous mon article d'hier, il faut peut-être chercher s'il n'y aurait pas quelques liens pour services rendus ou à rendre entre certains militants choyés et des élus de divers secteurs municipaux ou conseillers généraux de chaque canton.
S'il y a des volontaires pour retrouver des noms, les commentaires sont ouverts. Quoi qu'il en soit, chacun est libre d'en déduire ce qu'il voudra.
Pour le reste, on verra bien dans la journée comment s'est déroulée la séance inaugurale du conseil général, surtout s'il y a des surprises.

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5 mars 2011

La plainte de Guérini contre le rapport Montebourg

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Jean-Noël Guérini n'est pas content. Il l'a vite fait savoir, bras en colère, sourcils circonflexes et mots de représailles, à la poignée de militants qui lui ont tous claqué la bise jeudi soir lors d'une réunion électorale à Gignac-la-Nerthe.
Pour lui, Arnaud Montebourg se prend pour un "procureur, son attitude digne d'un inquisiteur est inacceptable". Le texte de son rapport est "mensonger, calomnieux et diffamatoire". Ouille, ça pique ! Et il porte plainte contre Montebourg. Même méthode que pour les plaintes déjà engagées contre les médias qui ont dévoilé les conversations entre les deux frères Guérini. Il faut bien se défendre.
Dans les journées de jeudi et vendredi, les réactions n'ont pas tardé. Jean-David Ciot, premier secrétaire fédéral délégué, a tenu une conférence de presse pour tirer de côté et même en face. C'est la droite qui manipulerait en collusion avec Montebourg. Pas moins.
Patrick Mennucci, lui, pense aux cantonales et, sauve-qui-peut, défend tous les candidats qui sont honnêtes et qui travaillent. Mais, étrangement, on ne l'a pas entendu prononcer le nom de Jean-Noël Guérini ou alors cela nous échappé.
Eugène Caselli s'est contenté d'emboîter le pas à François Lamy, proche de Martine Aubry, qui a indiqué qu'"il n'y a pas d'éléments précis dans ce rapport". Puisqu'il le dit.
Dans le genre qui se ferait tuer pour sauver le parti, Razzy Hammadi, proche de Benoît Hamon, a déclaré qu'"il ne lâcherait pas un camarade innocent, sali mais en aucun cas coupable". Puis, ce fut au tour de Harlem Désir de faire savoir, en déviant du sujet, que "Jean-Noël Guérini n'est en rien mis en cause" dans l'affaire de son frère. Quant à Pierre Moscovici, il a fait dans le laconique : "ces accusations ne reposent sur rien." Fermez le ban. Ségolène Royal, elle qui avait été soutenue par Guérini, exige un parti "exemplaire" et "irréprochable".
Mais deux ou trois voix en ont dit un peu plus. Stéphane Le Foll, proche de François Hollande, estime que le rapport Montebourg "pointe un certain nombre de problèmes". Allez, encore un effort ! Jean-Marc Ayrault demande qu'"un collège de personnalitrés indépendantes se rende sur place et rende compte aux instances dirigeantes". Pour un apéro ? Malek Boutih va plus loin : "On est à quinze jours des cantonales, ce n'est peut-être pas le moment de trancher à vif", "mais je ne pense pas qu'on puisse dire 'circulez, y a rien à voir'". Oh l'imprudent !
Enfin, on attendait la réaction de Martine Aubry en personne, alors qu'on la sentait dans le déni. "Il n'y a pas de faits dans le rapport Montebourg". Elle a donc dû le lire. Mais, pressée de toutes parts, elle a finalement concédé que "bien sûr, il y aura une commission d'enquête puisqu'elle est demandée". On devine par qui.
Par communiqué, Jean-Noël Guérini s'exprime ainsi : "Conformément à nos statuts (ah, il se conforme aux statuts maintenant ?), j'ai demandé officiellement à Martine Aubry d'engager un audit spécifique de la fédération socialiste afin de faire taire, une bonne fois pour toute, les médisances et la calomnie". "
Ce contrôle permettra de mettre un terme aux rumeurs mensongères et malveillantes relayées par la presse à la suite de la publication d'un pseudo-rapport rédigé par Arnaud Montebourg".
Notons la richesse du vocabulaire : "collège de personnalités indépendantes", "commission d'enquête", "audit", "contrôle", alors que, selon Guérini, le rapport Montebourg tiendrait du "réquisitoire" et relèverait de "l'Inquisition".
Côté droite marseillaise, Renaud Muselier se répand en champion "c'est-moi-le-premier-qui-a-dit". "C'est la première fois qu'un rapport explique ce qui se passe dans le PS des Bouches-du-Rhône, ce que tout le monde sait mais que personne n'ose dire ou écrire. Nous, nous le disons depuis longtemps et Jean-Claude Gaudin a rappelé lors de la dernière campagne des sénatoriales que «le mode d'emploi de Jean-Noël Guérini est le chéquier ou le revolver» !"
C'est vrai que l'UMP lave particulièrement blanc. Il n'y a jamais eu de bagarres internes, de soupçons de fraude, de conflits d'intérêts et, miel du miel, des condamnations de ministres.

"Il n'y a pas de faits", ah bon ?

gif_eruptionQuant aux pratiques côté socialiste, il est pour le moins risqué d'affirmer que tout serait clair.
Harlem Désir, interrogé sur les accusations de clientélisme, a répondu n'avoir "pas d'informations de cette nature". Sur l'existence de fausses cartes et trucage de scrutin évoqués par Montebourg, il a souligné que "depuis que Martine Aubry est arrivée à la tête du PS les fichiers d'adhérents ont été nettoyés" et que "50.000 noms de personnes qui ne renouvelaient pas leur cotisation ont été rayés des listes". "Même dans les Bouches-du-Rhône, on a vu diminuer à partir de là le nombre de gens qui étaient enregistrés, c'est une fédération qui fonctionne." On est heureux d'apprendre que ces gens votaient juste avant ! Il a ajouté toutefois que s'il s'avère qu'il y a "des problèmes dans cette fédération, nous prendrons nos responsabiliés".
C'est bien de cela qu'il s'agit entre autres dans le rapport Montebourg. Et pas de la réponse en pirouette de François Lamy : "
Les comptes de la fédération ont été expertisés, comme pour toutes nos fédérations, il n'y a aucun problème."
Jean-David Ciot élargit la défense contre l'idée d'opacité en estimant que "tous les éléments ayant trait à la vie départementale du PS sont publics, vérifiables et contrôlables". Alors, allons-y pour des contrôles !
Pour rappel, on s'étonne encore par exemple de la dissolution de sections "mal votantes" à Marseille et de la fusion de sections à Aix. On ne peut que s'interroger aussi, à lire les retranscriptions d'écoutes sur l'affaire Guérini, sur les pressions, les menaces, les recrutements, les mises au placard ou le favortisime avec passerelles entre les collectivités et le parti socialiste.
Quant aux conditions de déroulement de vote, qui ont encore cours lors d'élections internes, sans même un petit semblant d'isoloir, sans urne transparente, sans émargement ou sans surveillance, et avec fausses cartes persistantes, sont-elles vraiment révolues ? Tout récemment encore des militants m'en ont fait la confidence.
Et puis, n'est-ce pas un fait anormal de voir Jean-Noël Guérini s'être fait désigner "président" de la fédération départementale en incompatibilité totale, selon les statuts, avec sa fonction de président du conseil général et aussi d'apprendre que la direction nationale du PS a validé le coup ?
"Il n'y a pas de faits." Ah bon ?

Merci aux visiteurs qui ont commenté l'article de jeudi et à ceux qui ont diffusé des liens vers le blog.

Un éclairant petit retour en arrière :
"Votes PS : Les urnes ont-elles tout dit ?" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/11/24/11489928.html
Lire aussi sur le site Marsactu :
http://www.marsactu.fr/2011/03/04/petits-votes-entre-amis-a-la-federation-ps-des-bouches-du-rhone/
Et sur le site Libé Marseille :
http://www.libemarseille.fr/henry/2011/03/le-ps-se-d%C3%A9chire-sur-les-affaires-gu%C3%A9rini.html

28 février 2011

Sarkozy : Panique à bord et vol plané grotesque

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Mon grand écran de télé m'ayant menacé de se faire imploser si je m'avisais d'y faire apparaître le chef, il a fallu demander à mon petit poste de radio pourri de se dévouer pour me permettre au moins d'écouter son discours en mini-format. Mal m'en a quand même pris. Car ça grésillait un max.
Oui, mais qu'a-t-il dit ? Rien. Sinon que, pour camoufler la panique à bord, il a poussivement cherché à barbouiller ses propres fautes et celles de ses ministres en délayant le tout dans des semblants géo-politico-stratégiques.
N'étant jamais à court d'un pitoyable paradoxe, en deux paragraphes, Nicolas Sarkozy a d'abord déclaré que "ces révolutions arabes ouvrent une ère nouvelle dans nos relations avec ces pays dont nous sommes si proches par l'histoire et par la géographie. Ce changement est historique. Nous ne devons pas en avoir peur. Il porte en lui une formidable espérance car il s'est accompli au nom des valeurs qui nous sont les plus chères, celles des droits de l'homme et de la démocratie."
Puis, en piètre concurrent du FN, il a prévenu que "le sort de ces mouvements est encore incertain" et "nous savons ce que pourraient être les conséquences de telles tragédies sur des flux migratoires devenus incontrôlables et sur le terrorisme."
Voilà, on y est, dans le sauve-qui-peut-la-campagne-électorale-approche. Son vol plané est tellement gras, gros, grossi, grotesque qu'il est impossible de croire un instant à son jeu de chaises cacophoniques ou de mettre un voile sur son Alliot-Marie éjectée en plein crash, son Hortefeux mis à l'ombre, son Longuet ressorti de la naphtaline d'ex-Occident et son Ollier s'accommodant finalement d'être victime d'une séparation conjugale…
Bon, seul point positif hier soir, et c'est toujours ça de pris, Sarkozy n'a pas eu le culot de se prétendre de gauche. Alors, courage !

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18 mars 2011

Quel sort pour Jean-Noël Guérini ? Stop ou encore ?

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Avez-vous comme moi entendu la brève diffusée par France 3 Provence Alpes hier soir ? Selon Patrick Mennucci, Jean-Noël Guérini quitterait sa fonction à la tête de la fédération du PS juste après les cantonales. Tiens, tiens, mais n'était-ce pas ce que demandait en partie le rapport d'Arnaud Montebourg ? Bon, c'est déjà ça.
Or, voilà que dans les coulisses du conseil général et du parti socialiste, d'autres surprises pourraient aussi voir le jour, notamment juste après les cantonales, au moment du vote pour la présidence du département.
Si Jean-Noël Guérini a pris l'initiative de faire voter les militants -mais il semble que certains n'aient pas été invités à y participer !-, c'est probablement pour tenter de cadenasser l'appareil.
Dans les coins, il se murmure avec insistance qu'un coup à la Caselli lors de l'élection à la présidence de Marseille Provence Métropole n'est pas exclu. On se souvient comment Renaud Muselier s'était fait souffler la place grâce à la défection de quelques maires de droite qui donnèrent une majorité à la gauche.
Ce scénario pourrait cette fois se dérouler au sein du cercle socialiste pour élire un président qui ne sera de toute façon que de transition pour trois ans puisque la réforme des collectivités, si elle devait être appliquée en cas d'échec de la gauche à la présidentielle, instituerait la fusion des départements et des régions.
L'hypothèse de l'éviction de Jean-Noël Guérini n'est pas si farfelue. On s'est étonné des réactions timorées de Martine Aubry après le rapport Montebourg. Mais cette prudence cache peut-être une fine stratégie politique, sachant que la commission d'enquête ne livrera ses conclusions qu'en juin.
Peut-être Martine Aubry voit-elle plus loin. Imaginons un départ de Jean-Noël Guérini. Martine Aubry pourrait se prévaloir d'avoir fait le ménage, comme on dit, au sein de la fédération des Bouches-du-Rhône. Et, le hasard faisant bien les choses, à un an de la présidentielle pour laquelle elle pourrait être la candidate. En somme, ce serait un coup de billard à trois bandes.
pezet_raviLa Provence de mardi a bien évoqué cette option, titrant même "Guérini seul candidat PS à la présidence de conseil général ?"
En effet, rien n'interdit à tout conseiller général de se porter candidat, formalité qui ne relève pas du choix d'un parti mais de l'assemblée départementale elle-même.
On ne sait pas bien ce qui peut se passer mais quelque chose paraît se tramer déjà dans le dos de Guérini. Oui, ici et là, quelques rares bouches critiques s'ouvrent (voir ci-dessous) tandis que d'autres osent glisser certains noms susceptibles de représenter une solution de recours pour le remplacer.
Et à tout serviteur tout honneur, c'est Michel Pezet qui semble rallier les suffrages même s'il fait malice de s'en défendre. Ainsi, sur l'initiative de Jean-Noël Guérini de procéder à une élection interne à la fédération socialiste, laisse-t-il tomber : "Cette consultation réglementaire ne me semble pas la plus appropriée." […] "Que mon nom circule est sympathique. J'en prends acte. Mais à chaque chose suffit son temps." Il ne dit pas non, donc.
Pour mémoire, Michel Pezet n'est pas une personnalité sans expérience. A part un poste de ministre qu'il aurait mérité d'obtenir, il a été président de la région et député. Il a aussi été premier secrétaire de la fédération. C'est déjà lui qui voulait changer les méthodes en modernisant le fonctionnement de la fédération et ouvrir la voie à la réforme du système clientéliste qui, selon ses propres mots de l'époque, "mine le fonctionnement démocratique de la collectivité et lui coûte plus qu'il ne lui rapporte."
Actuellement, Michel Pezet est toujours conseiller général et il se représente dimanche dans son canton. Alors, patience. C'est dit.

(Clic sur chaque image pour agrandir)
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11 mars 2011

Aix : Condamnations pour "Espace agir ensemble"

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La justice est souvent lente à rendre ses décisions. Et les personnes qui ont subi des préjudices ont du mal à se relever surtout quand elles sont ruinées en perdant leur outil de travail. Le cas présent ne date d'hier. Il remonte à 2007, lorsqu'ont été détectés des problèmes de fonctionnement et à plus loin encore pour l'origine de l'établissement dont il est question.
En 2007 donc, la pépinière d'entreprises Espace agir ensemble (EAE), association Loi 1901 fondée en 1999 à Vitrolles par Stéphane Salord, rapatriée à Aix en 2001 mais toujours présidée par lui-même jusqu'en 2007, visait à créer des emplois via des dispositifs ayant vocation à aider de jeunes chômeurs dans la création d'entreprises.
Stéphane Salord, devenu adjoint au maire délégué aux affaires économiques à la Ville d'Aix et à la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix, passa le relais en cours de mandat à des personnes choisies par lui.
Soudain, on se rendit compte que la structure connaissait de gros problèmes de dysfonctionnement qui s'aggravèrent au fil des mois. Au point que la CPA apporta des aides pour colmater les brèches.
Et puis, un jour, on s'aperçut qu'il y avait de bien bizarres choses dans la gestion même de l'association, dont un passif de 324.000 euros. Et ce fut la fin brutale des subventionnements avec liquidation subite en octobre 2007. Que s'était-il donc passé ?
La presse locale avait relaté cette situation et d'autres événements aussi étranges (dont un mystérieux vol ordinateurs) qui survinrent quelques jours après dans les locaux de la pépinière. Si l'on n'a plus ou peu entendu parler de cette affaire depuis, en revanche, diverses plaintes contre les dirigeants ont été déposées par la CPA et par les structures hébergées.
Le 2 mars dernier, le tribunal correctionnel d'Aix a rendu des décisions et prononcé des condamnations avec sursis et amendes pour emploi fictif et abus de confiance (voir ci-dessous l'article de La Marseillaise, La Provence n'a rien publié à ce jour).
Si la CPA peut maintenant récupérer une partie des fonds perdus, les véritables victimes, spoliées et complètement ruinées, n'ont pas encore pu obtenir raison de leurs déboires et ont donc décidé d'interjeter appel pour faire valoir leurs droits à indemnisation. On en est là.
Pour mémoire, cette histoire ressemble à un autre cas qui avait fait grand bruit et que j'avais dénoncé lorsque j'étais encore conseiller municipal, une saga que j'ai abondamment relatée sur le blog (voir le lien ci-dessous), celle de l'énorme scandale financier du CECDC (Centre européen de création et de développement culturel) du Jas Bouffan, lui aussi initié par Stéphane Salord. Malgré les mensonges répétés de l'adjoint et de la municipalité de Maryse Joissains sur la viabilité et le bon fonctionnement de la structure, le centre a fini par fermer et être liquidé dans la plus grande opacité.
Si la lumière a un peu été faite pour le cas EAE, des questions restent néanmoins sans réponse. Où est passé l'argent public ? Pourquoi les dirigeants de la CPA ne cherchent-ils pas à savoir ? Etrange, n'est-ce pas ?

Résumé des décisions du Tribunal correctionnel d'Aix le 2 mars 2011 :
Le tribunal correctionnel d'Aix a déclaré l'ex-directrice de la pépinière, coupable d’abus de confiance par l'emploi fictif (de mai 2002 à juin 2005) de son fils et elle écope de 6 mois de prison avec sursis. Le fils écope de 4 mois de prison avec sursis pour ce recel.
La Communauté du Pays d’Aix se voit allouer 27.000 euros de dommages et intérêts, somme mise solidairement à la charge de la mère et du fils. Le mari, président de la structure, est également condamné pour abus de confiance et écope de 2.500 euros d’amende et 2.100 euros de dommages et intérêts, équivalent au montant de son détournement. Trois autres prévenus sont relaxés.

(Clic sur chaque image pour agrandir)
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L'article de La Marseillaise du 3 mars 2011 : 
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Mon article sur tous les éléments de cette affaire
(avec articles de presse) :
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http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/03/16/12987810.html
   
Le récit de l'affaire sur le site Plassans2009 :
http://plassans2009.hautetfort.com/archive/2011/03/08/un-caillou-dans-l-escarpin-de-la-marquise-1-2.html

En décembre 2006, la présentation de EAE par Stéphane Salord, vice-président de la CPA, dans le tome 1 de ce document de 124 pages (extraits des pages 5 et 9)
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EAE figurait dans l'édition 2004 du Guide de création d'entreprises (extrait de la page 60) du Conseil général 13 (cofinanceur)
EAE_3_CG13 

15 février 2011

Le "Ravi" de février écrase les hypermarchés

une_ravi_82Le Ravi de ce mois (2,80€) publie un très bon dossier d'enquête sur l'ensemble des zones commerciales qui non seulement rendent esclaves mais "écrasent aussi nos vies". Oui, de quoi réfléchir à nos propres responsabilités et à celles des pouvoirs publics. Les informations révélées par le mensuel ne laisseront personne indifférent. Mais il n'y a pas que cela. On trouve également une nuée d'articles sur la politique (dont l'affaire Guérini), des échos sur la vie locale, une bande dessinée sur l'imposante construction illégale au patelin du canonique Drucker et d'autres dessous pas très propres de certains bons copinages entre coquins. Et comme chaque mois, le tout est agrémenté de ludiques rubriques et de surprenantes caricatures qui réjouissent les neurones.
Moi, les 28 pages, je les savoure en une cuillerée. C'est une de mes potions.

(Clic sur l'image pour agrandir)
guerini_ravi_82

Le site du Ravi :
http://www.leravi.org/
Le sommaire du n° 82 de février :
http://www.leravi.org/spip.php?article1083

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