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Jacques Misguich, président de l'association "Jean Zay en Provence",
et Michel Pezet avant l'audience au tribunal de grande instance d'Aix
(Photos perso LAC)

Hier, le Tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence était appelé à se prononcer sur une plainte pour "diffamation". Le motif : la liberté d'opinion et d'expression revendiquée par l'association Jean Zay en Provence Pédagogie Mémoire et Histoire qui avait manifesté dans un tract sa désapprobation au sujet de l'inauguration, début septembre dernier à Peynier, d'un buste de l'ancien sénateur-maire Vincent Delpuech, homme politique contesté pour ses agissements pendant la seconde guerre mondiale.
De nombreux médias en avaient rendu compte. En novembre, la commune et son maire UMP Christian Burle et deux membres de la famille Delpuech avaient assigné l'association à comparaître devant le tribunal. D'abord prévue pour décembre, l'audience a finalement été inscrite à l'ordre du jour d'hier.
Surprise : elle a été reportée au 13 février 2012. La raison est d'ordre formel. La commune a fait valoir que les conclusions de la partie attaquée lui étaient parvenues tardivement, l'empêchant dès lors de disposer à temps de certains élements d'appréciation. Il faudra donc retourner au tribunal.
De fait, étant moi-même présent à l'audience en soutien à l'association, cela ne m'a guère étonné. J'ai pu une nouvelle fois constater cette lenteur de la justice et les conditions matérielles indignes dans lesquelles on lui demande de travailler.
Après être passé par le portique de contrôle détecteur de métaux sous l'œil vigilent de deux policiers, chacun peut ensuite accéder à la salle du premier étage. Et là, c'est le choc. Le lieu d'audience est un espace tout en longueur avec, à un bout, la cour et, à l'autre, le public. L'acoustique est déplorable et il n'y a pas le moindre micro. Autrement dit, il faut deviner ce qui se dit.
La séance a d'abord commencé avec une demi-heure de retard. En moins d'un quart d'heure, tout le monde avait compris cependant que le dossier était reporté.
La Provence, qui avait mobilisé deux journalistes et un photographe, a dû se contenter de recueillir des éléments en interrogeant les parties en coulisses : le président de l'association, les divers soutiens et bien sûr les avocats. On verra ce qu'ils auront bien pu produire dans le journal d'aujourd'hui.
Pour ma part, j'ai eu le plaisir de discuter avec Michel Pezet qui avait accepté de défendre les intérêts de l'association. A la sortie, sa sentence est nette et sans appel : "Voilà encore un tour pour rien, il faudra revenir. Mais neuf mois d'attente, c'est un comble. Voilà ce qu'on appelle la lenteur de la justice." On ne saurait mieux résumer.

Mon précédent article sur l'affaire :
"De Peynier à Aix, la droite extrême est à l'œuvre…"
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/12/21/19931415.html

peynier_communique_tribunal
  
zay
Qui était Jean Zay ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Zay

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Qui était Vincent Delpuech ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Delpuech
(voir en particulier la rubrique "sous le régime de Vichy")

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Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, Ref DELTA 3320,
avec citations du journal “Le Petit Provençal”.... annonçant 
“d’importants perfectionnements” du statut des juifs.
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