mardi 12 octobre 2010

Dessine-moi une retraite

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vendredi 18 janvier 2008

BILAN 20 : Maryse Joissains et la laïcité

Copie_de_Joissains

Dessin du mensuel satirique "Le Ravi"

Des faits, rien que des faits

La laïcité est plus que jamais à l'ordre du jour. Nicolas Sarkozy multiplie les déclarations et se prend les pieds dans le tapis. Lire à ce sujet, l'excellent article "Les cinq fautes du président..." par Henri Pena-Ruiz, ci-dessous.

A Aix, Maryse Joissains n'en est pas à une dérive près non plus. La France n'est pas les Etats-Unis. Cela fait plus de 100 ans que notre pays a établi les règles de séparation de l'Eglise et de l'Etat.

On ne peut pas ne pas le remarquer, le maire d'Aix porte en permanence une énorme croix de 7 cm bien visible sur sa poitrine. "C'est parce que c'est esthétique", se justifie-t-elle. Et pourquoi pas, pour faire bonne mesure et aller au bout de cette "logique", compléter son goût pour les belles choses par un bouquet comprenant l'étoile de David, la main de Fathma et un Bouddha, par exemple.

En 2004, elle s'est présentée ornée de cette croix à une réunion publique à l'Hôtel de Ville organisée par l'Observatoire de la laïcité du Pays d'Aix, choquant l'assistance qui lui a posé la question, à laquelle elle a rétorqué comme dit ci-dessus.

Le 8-Mai 2005, en tant que maire, Maryse Joissains a validé un carton officiel municipal pour les cérémonies de la Victoire en précisant bien dans les horaires des manifestations que nous étions "invités à participer à la messe présidée par l'archevêque d'Aix".

Pour la mort du pape, le drapeau français a été mis en berne au fronton de l'Hôtel de Ville pendant une semaine, soit sept fois plus longtemps que ce que préconisait le Préfet.

A la cérémonie des vœux de 2006, elle a remercié publiquement, devant le sous-préfet, les députés, l'inspecteur d'académie, toutes les autorités civiles, militaires et le public, "tous les cultes qui ont dit des prières à l'intention de ma fille atteinte d'une grave maladie", situation qui relève par nature de l'ordre privé.

Au conseil municipal du 31 janvier 2006, elle a proposé de dénommer, sans motivation sérieuse, une minuscule rue "Saint-Georges", débordant ainsi du cadre laïque et neutre en se prononçant pour une dénomination religieuse.

Dans le n° 23 du magazine municipal "Aix en dialogue", un article de la rubrique villages a fait la promotion des activités de l'église en incitant les enfants à aller au catéchisme. Faut-il le rappeler, cela relève également de choix personnels.

Enfin, au conseil municipal du 15 janvier 2007, Maryse Joissains a proposé de dénommer un rond-point "Père Pierre Aguesse" – que j'ai bien connu dans ses activités sociales et son implication dans la vie du Jas de Bouffan et auquel j'ai rendu hommage. J'ai demandé que l'on supprime un membre de phrase en forme de commentaire dans la délibération parce que cela me paraissait outrepasser les prérogatives de notre assemblée communale : "Pierre Aguesse a montré que l'église catholique a sa place dans notre société pour le bien de tous, quelle que soit leur origine sociale pour cette population aux origines multiples."

Pour éviter toute équivoque, je tiens à préciser que je respecte toutes les croyances et toutes les personnes qui choisissent ou pratiquent leurs religions. La France permet l'expression de toutes les confessions, librement, et c'est heureux. Mais vivre ensemble ne signifie pas pour autant transgresser les principes qui fondent notre République laïque ou prendre position en faveur de telle ou telle option religieuse, a fortiori quand on détient un mandat électif ou qu'on représente l'Etat.

             

Lecteur

Les cinq fautes du président…

Ci-après l'article paru dans Le Figaro le 3 janvier 2007, par Henri Pena-Ruiz, philosophe, professeur, écrivain, ancien membre de la commission Stasi sur l'application du principe de laïcité dans la République.

Derniers ouvrages parus : Qu'est-ce que la laïcité ? (Gallimard) et Leçons sur le bonheur (Flammarion).

   Nicolas Sarkozy a prononcé au Vatican, un discours choquant à plus d'un titre. Soutenir, en somme, que la religion mérite un privilège public car elle seule ouvrirait sur le sens profond de la vie humaine est une profession de foi discriminatoire. Il est regrettable qu'à un tel niveau de responsabilité cinq fautes majeures se conjuguent ainsi.

Une faute morale d'abord.

   Lisons : "Ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme d'intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent." Dénier implicitement l'espérance aux humanistes athées est inadmissible.

   C'est montrer bien peu de respect pour ceux qui fondent leur dévouement pour la solidarité ou la justice sur un humanisme sans référence divine. Ils seront nombreux en France à se sentir blessés par de tels propos. Était-ce bien la peine de rendre hommage au jeune communiste athée Guy Môquet pour ainsi le disqualifier ensuite en lui déniant toute espérance et toute visée du sens ?

   En fait, monsieur le président, vous réduisez indûment la spiritualité à la religion, et la transcendance à la transcendance religieuse. Un jeune héros de la Résistance transcende la peur de mourir pour défendre la liberté, comme le firent tant d'humanistes athées à côté de croyants résistants.

Une faute politique.

   Tout se passe comme si M. Sarkozy était incapable de distinguer ses convictions personnelles de ce qui lui est permis de dire publiquement dans l'exercice de ses fonctions, celles d'un président de la République qui se doit de représenter tous les Français à égalité, sans discrimination ni privilège.

   Si un simple fonctionnaire, un professeur par exemple, commettait une telle confusion dans l'exercice de ses fonctions, il serait à juste titre rappelé au devoir de réserve. Il est regrettable que le chef de l'État ne donne pas l'exemple. Curieux oubli de la déontologie.

Une faute juridique.

   Dans un État de droit, il n'appartient pas aux tenants du pouvoir politique de hiérarchiser les options spirituelles, et de décerner un privilège à une certaine façon de concevoir la vie spirituelle ou l'accomplissement humain. Kant dénonçait le paternalisme des dirigeants politiques qui infantilisent le peuple en valorisant autoritairement une certaine façon de conduire sa vie et sa spiritualité. Des citoyens respectés sont assez grands pour savoir ce qu'ils ont à faire en la matière, et ils n'ont pas besoin de leçons de spiritualité conforme.

   Lisons à nouveau : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur." On est surpris d'une telle hiérarchie éthique entre l'instituteur et le curé. L'école de la République a été inventée pour que les êtres humains puissent se passer de maître.

   Tel est l'honneur des instituteurs et des professeurs. Grâce à l'instruction, l'autonomie éthique de chaque personne se fonde sur son autonomie de jugement. Elle n'a donc pas à être jugée moins bonne que la direction de conscience exercée par des tuteurs moraux. Étrange spiritualité que celle qui veut assujettir la conscience à la croyance !

Une faute historique.

   L'éloge du christianisme comme fondement de civilisation passe sous silence les terribles réalités historiques qui remontent à l'époque où l'Église catholique disposait du pouvoir temporel, puisque le pouvoir politique des princes était alors conçu comme son "bras séculier". L'Occident chrétien peut-il s'enorgueillir du thème religieux du "peuple déicide" qui déboucha sur un antisémitisme particulièrement virulent là où l'Église était très puissante ?

   Les hérésies noyées dans le sang, les guerres de religion avec le massacre de la Saint-Barthélemy (3500 morts en un jour : autant que lors des attentats islamistes du 11 Septembre contre les Twin Towers), les croisades et les bûchers de l'Inquisition (Giordano Bruno brûlé vif en 1600 à Rome), l'Index Librorum Prohibitorum, censure de la culture humaine, l'anathématisation des droits de l'homme et de la liberté de conscience (syllabus de 1864) doivent-ils être oubliés ?

   Les racines de l'Europe ? L'héritage religieux est pour le moins ambigu… L'approche discriminatoire est évidente dès lors que le christianisme est invoqué sans référence aux atrocités mentionnées, alors que les idéaux des Lumières, de l'émancipation collective, et du communisme sont quant à eux stigmatisés à mots couverts au nom de réalités contestables qu'ils auraient engendrées.

   Pourquoi dans un cas délier le projet spirituel de l'histoire réelle, et dans l'autre procéder à l'amalgame ? Si Jésus n'est pas responsable de Torquemada, pourquoi Marx le serait-il de Staline ? De grâce, monsieur le président, ne réécrivez pas l'histoire à sens unique ! Comment par ailleurs osez-vous parler de la Loi de séparation de l'État et des Églises de 1905 comme d'une sorte de violence faite à la religion, alors qu'elle ne fit qu'émanciper l'État de l'Église et l'Église de l'État ?

   Abolir les privilèges publics des religions, c'est tout simplement rappeler que la foi religieuse ne doit engager que les croyants et eux seuls. Si la promotion de l'égalité est une violence, alors le triptyque républicain en est une. Quant aux droits de l'homme d'abord proclamés en Europe, ils proviennent de la théorie du droit naturel, elle-même inspirée de l'humanisme de la philosophie antique et notamment de l'universalisme stoïcien, et non du christianisme. Si on veut à tout prix évoquer les racines, il faut les citer toutes, et de façon équitable.

Une faute culturelle.

   Toute valorisation unilatérale d'une civilisation implicitement assimilée à une religion dominante risque de déboucher sur une logique de choc des civilisations et de guerre des dieux. Il n'est pas judicieux de revenir ainsi à une conception de la nation ou d'un groupe de nations qui exalterait un particularisme religieux, au lieu de mettre en valeur les conquêtes du droit, souvent à rebours des traditions religieuses.

   Comment des peuples ayant vécu avec des choix religieux différents peuvent-ils admettre un tel privilège pour ce qui n'est qu'un particularisme, alors que ce qui vaut dans un espace politique de droit c'est justement la portée universelle de conquêtes effectuées souvent dans le sang et les larmes ? Si l'Europe a une voix audible, ce n'est pas par la valorisation de ses racines religieuses, mais par celle de telles conquêtes.

   La liberté de conscience, l'égalité des droits, l'égalité des sexes, toujours en marche, signent non la supériorité d'une culture, mais la valeur exemplaire de luttes qui peuvent affranchir les cultures, à commencer par la culture dite occidentale, de leurs préjugés.

   Simone de Beauvoir rédigeant "Le Deuxième Sexe" pratiquait cette distanciation salutaire pour l'Occident chrétien. Taslima Nasreen fait de même au Bangladesh pour les théocraties islamistes. La culture, entendue comme émancipation du jugement, délivre ainsi des cultures, entendues comme traditions fermées.

   Assimiler l'individu à son groupe particulier, c'est lui faire courir le risque d'une soumission peu propice à sa liberté. Clouer les peuples à des identités collectives, religieuses ou autres, c'est les détourner de la recherche des droits universels, vecteurs de fraternité comme d'émancipation. Le danger du communautarisme n'est pas loin.

   La laïcité, sans adjectif, ni positive ni négative, ne saurait être défigurée par des propos sans fondements. Elle ne se réduit pas à la liberté de croire ou de ne pas croire accordée avec une certaine condescendance aux "non-croyants". Elle implique la plénitude de l'égalité de traitement, par la République et son président, des athées et des croyants.

   Cette égalité, à l'évidence, est la condition d'une véritable fraternité, dans la référence au bien commun, qui est de tous. Monsieur le président, le résistant catholique Honoré d'Estienne d'Orves et l'humaniste athée Guy Môquet, celui qui croyait au ciel et celui qui n'y croyait pas, ne méritent-ils pas même considération ?

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lundi 7 janvier 2008

BILAN 19 : La disette pour les associations

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(Clic sur les images pour agrandir)

Dessins de Tone / CDM pour "Le Ravi"

Parlons un peu vie associative à Aix. Qui ne connaît Assogora. Depuis près d'un quart de siècle, la rentrée de septembre offre aux associations un moment privilégié pour faire salon sur le cours Mirabeau. A tous points de vue, leur rôle est primordial au sein de la ville. Mais… mais leur vie est souvent en sursis.

Ainsi, a-t-on pu constater que la structure porteuse qu'est "Pays d'Aix Associations" a vu ses moyens stagner à cause d'un soutien insuffisant de la part de la municipalité. Au point qu'au cours d'une assemblée générale, le commissaire aux comptes lui-même n'a pu que confirmer que "la structure est toujours en difficulté".

Jamais depuis 1990, date où nous l'avions créée, l'association n'avait connu pareille disette. Ses manques de moyens l'ont contrainte à modifier son fonctionnement, y compris en licenciant des personnels ou en recourant à 50% d'emplois précaires. La cause est double : la baisse des subventions et les retards dans les mandatements.

Est-ce là la manière dont on remercie le bénévolat, le dévouement de citoyens engagés au service des autres, le sens de la solidarité et l'idée même de mieux vivre ensemble ?

Ce n'est pas la première fois que la vie associative subit des contrecoups. Dans plusieurs secteurs (musiques pour les jeunes, manifestations culturelles, vie de quartier…), le manque d'aide a parfois conduit à des problèmes budgétaires, à la réduction d'activités, et pour le pire, à la disparition pure et simple d'associations.

En revanche, d'autres structures, créées de toutes pièces et sur commande politique, ont monopolisé outrageusement les subventions. L'exemple de l'énorme gaspillage d'argent concentré par le CECDC (Centre européen de création et de développement culturel) du Jas de Bouffan montre les mauvais choix faits par la Ville. Pendant quatre ans, elle s'est entêtée à privilégier cette structure, en la menant au fiasco, en lui accordant d'importantes sommes  au détriment de petites associations porteuses de projets de proximité.

On estime que le mairie d'Aix reçoit en moyenne un millier de demandes de subvention chaque année. En 2006, elle en a financé 682 contre 1007 en 2005. Quant à la Communauté du Pays d'Aix, en 2006, il y a eu 866 demandes et la CPA a répondu favorablement à 628 d'entre elles.

A Aix, le budget pour les associations s'élève à environ 13M€ et à la CPA à 10M€. Mais, les grosses structures, culturelles et sportives notamment, au nombre d'une cinquantaine, se taillent la part du lion avec 3/4 de ces deux montants : Festival, Théâtre, Centre chorégraphique, manifestations de prestige, grands clubs sportifs… Pour les centaines d'autres associations (en vérité, on évalue le nombre d'associations à 3500 à Aix), il ne reste donc plus que 1/4 des budgets.

Or, les petites associations ont peu de moyens en termes de cofinancement et de participation des usagers, en particulier celles qui œuvrent dans les domaines social, éducatif, de la solidarité et des quartiers. Pour bon nombre d'entre elles, il est difficile de salarier des intervenants. Pourtant, ces secteurs jouent un rôle conséquent dans l'économie sociale et l'emploi.

A l'avenir, il faudra remettre à plat toute la politique liée aux différentes formes d'aides liées à la vie associative. Cette dernière mérite vraiment mieux.

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mercredi 7 novembre 2007

BILAN 17 : Patrimoine : Juste pour la façade

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Place d'Albertas : Un seul immeuble ravalé

Et si on parlait un peu de patrimoine ? Faisons un petit saut dans le temps. En 2001, Maryse Joissains devait sans doute ignorer le sens de ce mot. Dans son document de campagne, elle proposait "d'encourager la rénovation des façades du centre ville, de les illuminer et, plus particulièrement, en période de fête". Un point, c'est tout.

Sa ligne politique ne tenait donc qu'en deux mots, "façade" et "illumination", qui en révèlent aujourd'hui toute la vacuité et la loufoquerie... Car, au-delà des projets lancés par notre municipalité, on n'a pas vu grand-chose.

Cela fait plus de trois ans qu'on nous annonce que la rénovation de la place d'Albertas, c'est fait ! Oui, mais non, il suffit de se rendre sur place pour constater qu'un seul immeuble a été ravalé (voir photo). On nous dit maintenant que tout sera fini en 2008. Attendons de voir...

Autre projet claironné sur les toits, le maire décrétait aussi la réhabilitation de la place des Cardeurs. De plan en maquette, le processus n'a pas bougé d'un pouce. Il faut dire que les riverains et les commerçants se sont sentis mis à l'écart d'une concertation qui les regardait pourtant au premier chef. Ils l'ont fait savoir, bruyamment. Le projet a été remis à plus tard. La place a  toujours le même mauvais visage, en dépit des travaux entrepris pour remplacer des réseaux souterrains. Là encore, une simple promenade en dira plus au passant.

Abordons maintenant la maison de Darius Milhaud, dite Logis du Bras d'Or. N'y allant pas par quatre chemins, et avec la même inconscience, Maryse Joissains voulait tout simplement la faire disparaître. Il a fallu la forte mobilisation d'associations de défense du patrimoine pour contrer le projet de destruction de ce lieu emblématique. Nous avons nous-mêmes relayé cette bataille au sein du conseil municipal. La conservation a pu être obtenue par le classement de la bâtisse aux monuments historiques.

Enfin, ces derniers temps, les procédures judiciaires qui affectent la Fondation Vasarely ont remis à l'ordre du jour l'état d'abandon de ce centre culturel. A ce sujet, n'ayant jamais froid aux yeux, Maryse Joissains a déclaré avec la même emphase : "Je tiens à réaffirmer que la Ville d'Aix continuera à être dans la dynamique (oui, oui, elle a osé employer ce mot !) qui devrait (admirons le beau conditionnel) permettre que ce site retrouve toute sa splendeur". Magnifiques incantations mais bien piètres résultats !

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samedi 15 septembre 2007

BILAN 15 : Sports à Aix : Un bilan hors-jeu

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Le sport, c'est bien connu, fonde son éthique sur le fair-play. Le maire d'Aix en manque un peu. Elle présente un dossier évidemment flatteur, censé "retracer" le bilan politique de l'équipe municipale. Il y a pourtant hors-jeu caractérisé…

Le fair-play, c'est la bonne conduite, la considération due à l'adversaire et le respect des règles. Dans le cas contraire, l'arbitre siffle et se fait fort de résoudre les litiges.

Selon nous, un certain nombre de prétendues avancées de l'activité sportive à Aix et en pays d'Aix ne doivent rien à l'équipe de Maryse Joissains, sinon – soyons beaux joueurs – celles s'inscrivant dans la continuité d'une action engagée bien des années avant.

En termes d'infrastructures, la quasi-totalité des équipements collectifs préexistait. Les constructions d'envergure de la dernière décennie – comme le complexe du Val de l'Arc, le Gymnase Cournand ou encore la piscine des quartiers Sud – ont été le fait de notre équipe. Les réhabilitations ou restructurations de certains stades et la reconstruction du gymnase du Jas étaient déjà programmées. Donc, pas de véritables nouveautés.

Que quelques aménagements aient vu le jour depuis six ans, nous voulons bien l'admettre. Mais, ils ne représentent pas à eux seuls des réponses à la hauteur des enjeux et des besoins sans cesse croissants de nos concitoyens désireux de donner vie à leurs passions. En témoigne le Salon annuel des sports de septembre que nous avons aussi initié.

L'accueil des enfants et des jeunes – et donc beaucoup de scolaires – s'est toujours pratiqué et nous avions même mis en place des dispositifs de toutes sortes leur facilitant l'accès réel, quelles que soient leurs conditions sociales (la carte Surf en fut le pionnier).

Pour tous les autres adeptes de sports, et notamment les adhérents d'associations et de clubs, y compris dans les quartiers excentrés, jamais auparavant, il n'avait été fait un tel effort en petits équipements de proximité, en aides financières et en accompagnement des initiatives. Nous n'en tirons aucune fierté inconsidérée, conscients que nous sommes d'avoir contribué à rattraper les retards des municipalités précédentes et à entamer un processus de développement adapté aux attentes et aux pratiques.

A l'heure actuelle, l'aide au sport de masse est escamotée au profit des activités d'élite. Pour résumer la situation, un seul exemple suffit : trois-quarts des subventions vont à une vingtaine de grandes structures. Le quart restant est misérablement partagé par plus de 500 clubs ou associations. Le grand chantier d'une politique en faveur de l'activité physique et sportive reste donc à ouvrir.

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vendredi 15 juin 2007

BILAN 13 : Savez-vous compter vos sous ?

sousLors du dernier conseil municipal, en l'absence du maire, l'adjoint aux finances a présenté le compte administratif de l'année 2006.

Evidemment, il s'est auto-félicité des résultats mais en a attribué les grands mérites à Joissains.

On l'aurait cru sur parole.

A l'entendre, l'équipe municipale est formidable, tout va bien et la Ville avance.

Ça, c'est la vitrine… En revanche, pour ce qui est du fond de commerce… c'est un peu vide !

Reprenons donc quelques éléments qui en diront plus sur la réalité de la situation. En 2006, le budget s'est élevé à 250M€, une somme en stagnation depuis au moins trois ans.

Le fonctionnement représente 66% et l'investissement 34%. Ces chiffres expriment un manque manifeste de dynamisme de la Ville.

Pour ce qui est du fonctionnement, la part de la masse salariale est de 54%. C'est évidemment beaucoup trop. Le reste sert aux services rendus aux Aixois, si l'on peut dire.

A l'intérieur de cette enveloppe, on trouve des informations stupéfiantes. La Caisse nationale d'allocations familiales se désengage et la Ville perd 500.000€. Ce seront donc moins de moyens consacrés à la petite enfance.

En revanche, le maire a continué a assurer sa propagande en consacrant 2,4M€ à la communication.

Elle a aussi dépensé 274.310€ pour frais de justice et notamment pour un certain nombre de procès fantaisistes que le maire perd et que les Aixois doivent donc payer de leur poche. C'est devenu une très fâcheuse habitude.

Concernant l'investissement, ce n'est pas très reluisant non plus. Ce qui était prévu au budget primitif n'a été réalisé qu'à 80%. Alors, on se demande si la Ville a une politique de développement en propre.

La part des investissements transférés à la Communauté d'agglomération du pays d'Aix est supportée par les autres communes qui commencent d'ailleurs à s'en plaindre ouvertement.

Après avoir totalisé l'exercice de l'année, que reste-t-il à reporter sur l'année 2007 ? Pas grand-chose, 6M€. On comprend mieux pourquoi certaines opérations n'ont pas été menées à terme malgré le recours à l'emprunt pour 15,5M€.

Le budget supplémentaire que la Ville présentera d'ici peu (bizarrement, pour la première fois, il ne l'a pas été en même temps que le compte administratif… sans doute pour éviter des débats trop criants de vérité pendant les élections) n'offrira pas de nouvelles marges de manœuvre pour agir.

Faut-il encore épiloguer ?

Les problèmes demeurent, l'exemple le plus significatif étant l'absence de construction de logements sociaux.

Finalement, pour Joissains, être maire, cela consiste à demander à son adjoint aux finances de gérer la Ville comme un épicier plutôt que comme un entrepreneur.

C'est bien beau de décorer la devanture du négoce et de l'illuminer avec de gros néons, il est plus difficile de maquiller la pénurie des étagères.

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mercredi 6 juin 2007

BILAN 12 : Moins d'enfants dans les écoles d'Aix

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Chaque année, le conseil municipal est informé par l'Inspection académique des modifications qui toucheront les écoles à la rentrée suivante. En mai, nous avons constaté que le mouvement de la prochaine année prenait une ampleur sans précédent.

10 classes fermeront définitivement en élémentaire et 5 en maternelle. Pour compenser, la ville bénéficiera de 2 ouvertures. La situation est donc préoccupante, d'autant qu'à la rentrée dernière 12 classes étaient déjà passées à la trappe, ce qui porte à 20 les classes supprimées depuis six ans.

Ce qui est surprenant pour Aix, si l'on peut dire, c'est que cette tendance est à l'inverse de celle enregistrée au niveau national (+ 1,4% en primaire) et touche quasiment tous les quartiers. A la rentrée, les enfants scolarisés par la commune seront moins de 10.000 (dans 76 écoles).

Or, de 1990 à 2000, la population aixoise avait crû de 10.000 habitants et, si cette progression s'est ralentie depuis, elle n'a pas enfourché la marche arrière. Que se passe-t-il donc ?

Il faut d'abord éliminer l'argument d'un afflux dans les écoles privées : rien de spectaculaire. En revanche, et c'est ce que nous avons dit, si les effectifs baissent, c'est d'abord et surtout parce que la ville accueille de plus en plus de personnes dont les enfants sont assez grands. Les jeunes couples ne trouvent pas de logement correspondant à leurs moyens et évitent donc de s'installer à Aix.

En quelques mots, la ville est à court de logements accessibles. Aix "vieillit" et c'est une première en dépit des apparences trompeuses qu'offre la présence de plusieurs dizaines milliers d'étudiants. C'est là que l'on voit les résultats d'une politique municipale qui ne se donne pas les outils de développement pour l'ensemble de la population actuelle et à venir.

Plus la peine de faire de longs discours sur la responsabilité de l'équipe municipale dirigée par Joissains.

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lundi 14 mai 2007

BILAN 11 : Se déplacer et se garer, la loi de l'absurde

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Panneaux géants et bourrage de crâne. La mairie d'Aix ne recule devant rien pour annoncer l'ouverture du parking Rotonde. L'opération séduction n'est pourtant pas aussi rutilante que cela. D'abord, le fait même de créer un parking de 1.800 places en centre ville montre une incohérence en terme de vision urbaine.

Circulation alourdie, pollution aggravée, nuisances sonores décuplées, découragement à l'utilisation de moyens collectifs et alternatifs de transport ne sont pas pris en compte et sont en totale contradiction avec les objectifs et les dispositions du Plan de déplacements urbains.

Ensuite, la concentration intra-muros du stationnement est peu compatible, sinon incohérente, avec la mise en place de parcs relais en périphérie. Alors que la demande des "tout voiture" est toujours grande, la mairie et la communauté d'agglomération encouragent de facto les automobilistes à ne pas à renoncer à ce moyen de locomotion dont on sait depuis longtemps qu'il représente une large majorité des déplacements de moins de 5 kms.

Enfin, le maire d'Aix fait croire que le parking Rotonde offre 1.800 places "nouvelles", sous-entendues supplémentaires. La vérité est que ce nombre est le parfait équivalent de celui des places supprimées sur les emplacements des précédents parkings de fortune (parkings Coq et ancienne gare routière) et des places de surface éliminées au centre et sur le périphérique. Il s'agit donc plus d'une substitution que d'une véritable création.

On aurait pu investir plus avantageusement les fonds engagés pour le grand parking pour développer des parcs relais judicieusement répartis aux entrées de ville, pour élargir l'offre en transports en commun non polluants et pour promouvoir des modes doux. On aurait alors incité les Aixois et les visiteurs à être des citoyens plus responsables et plus respectueux du cadre de vie et du patrimoine.

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vendredi 13 avril 2007

BILAN 10 : Santé : infarctus interdit à Aix !

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L'hôpital du Pays d'Aix n'est pas une exception. On y rencontre les mêmes problèmes que dans la plupart des centres hospitaliers français. Urgences encombrées, personnel en sous-effectif et sous-payé, réformes au coup par coup, service public en danger, médecine à deux vitesses.

Après une période de déficit chronique et des renflouements par perfusion par l'Agence régionale d'hospitalisation, le centre d'Aix, dont le président de droit est le maire, doit maintenant répondre au Plan pluriannuel d'objectifs et de moyens (PPOM). En gros, après l'application déjà effective des dotations calculées à l'activité – il faut donc faire du chiffre comme on dit dans le langage marchand – l'unité d'Aix va devoir respecter un "quota" d'actes à ne pas dépasser, sous peine de sanctions avec pénalités financières !

Exemples : en 2006, la direction cardiologie a assuré 60% d'actes lourds, avec 617 angioplasties et plus de 400 poses de pacemakers. Désormais, l'ARH contraint l'hôpital à réduire son nombre à 490 actes annuels tout compris. Compris ? Même le directeur de l'hôpital s'en est indigné lors du conseil d'administration du 29 mars, c'est dire.

Oui, mais alors, les gens vont-ils mourir ? Non, le privé les sauvera ! C'est là que se situe le tour de passe-passe. L'équipe cardiologie de la clinique Rambot pratique plus de 1.000 interventions lourdes, qui plus est, sans aucune autorisation sanitaire de l'ARH et donc sans représailles ! Idem pour le service de rééducation fonctionnelle. Actuellement, à l'hôpital, il y a 3.000 passages dans ce service, il faudra les ramener à 1.000 ! Là encore, c'est le privé qui va récupérer le gros reste.

Enfin, il y a déjà quelques mois, au conseil municipal, la situation des lits de maternité a été évoquée. J'ai moi-même dénoncé l'absence d'une carte sanitaire et médicale régionale qui aurait pu donner une cohérence à une politique réfléchie de la santé. Au lieu de cela, les bouleversements se font au coup par coup selon des opportunités commerciales.

J'ai fait observer que la clinique de l'Etoile (qui paraît-il fait aussi des miracles) allait s'agrandir et récupérer des lits de maternité provenant de la clinique Rambot, qui elle-même veut développer la cardiologie. Cela se fait entre privés sans prise en compte du rôle de l'hôpital et à son détriment.

Dans ces conditions de recherche du profit, on s'achemine vers la mort de la belle idée de Sécurité sociale instituée en 1945 par le Conseil national de la Résistance, à moins qu'une nouvelle donne soit instituée grâce à l'élection présidentielle.

Pour ce me concerne, je ne ferai pas confiance à un gouvernement de droite qui n'a qu'une seule envie : poursuivre la casse du système de santé publique.

En attendant, ce n'est pas encore demain la veille que je vais pouvoir faire mon second infarctus.

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samedi 3 mars 2007

BILAN 6 : La culture à Aix victime du coup du revolver

Culture

Une année Cézanne plein pot. Mais des pans entiers de l'action culturelle laissés en jachère. Voire liquidés dans ses ferments et ses outils. Est-ce une politique digne de ce nom ? La municipalité crie cocorico. La réalité est différente. Etat des lieux de la déconfiture…

A la fin des années 70, le maire d'alors, actuel directeur de cabinet de Mme Joissains, liquidait le "Relais culturel du Sud-Est", structure bouillonnante d'idées et d'initiatives, devenue en peu de temps un haut lieu de la création artistique et de l’intelligence. On découvre aujourd’hui comme un air de famille dans la politique culturelle suivie par la municipalité.

Depuis six ans, la ligne est plutôt brisée. Pas un seul, mais une demi-douzaine d'élus sont chargés du secteur culturel. Allez y comprendre quelque chose ! Bravo pour la cohérence. Ce ne sont pas quelques initiatives montées ici et là pour donner le change qui font une politique culturelle.

Pendant ce temps là, dans les quartiers, on se demande comment peut survivre "Class-Rock", un projet génial, des tarifs réduits pour les jeunes, des concerts et… des subventions qui ne suivent pas. Depuis six ans, les associations de musiques actuelles se battent pour faire reconnaître leur identité et leur savoir-faire en direction de la jeunesse.

Dans la même charrette, "Danse à Aix" disparaît, le Carnaval traditionnel est remplacé par un défilé de masques sans chars que le public boude et, cette année, il est prévu une nouvelle mouture qui a tout de l'arnaque. Exit aussi l’ex-cinéma du projet Sextius-Mirabeau, liquidé l'Office des fêtes et de la culture, disparues la MJC Bellegarde et l'éducation populaire.

Ah, mais tout n'est pas perdu pour tout le monde. Au Jas de Bouffan, le Centre européen de création et de développement culturel ramasse la mise et dispose d'un budget de plus d'1 M€. Cette année, les subventions sont en baisse. Il faut dire que, irrégularités et opacité étant devenues des habitudes, le CECDC a été épinglé sur son étrange fonctionnement.

Heureusement, il reste quelques projets de culture solidement implantés par Jean-François Picheral : Centre Chorégraphique National de Preljocaj, Théâtre du Jeu de Paume, Bibliothèque Méjanes, Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, Archives Départementales, extension du musée Granet, programmation de la grande salle de spectacles et initiative de l’exposition Cézanne.

Mais attention, quel devenir pour l’Ecole supérieure d'Art et le Conservatoire de musique en termes de projets et de financements ? Que faire pour cacher cette détresse culturelle qui confine au désert en hiver ? Tout concentrer sur Cézanne et consacrer le budget d’un an de pratique culturelle à Aix pour une énorme manifestation qui a beaucoup plu certes aux touristes pendant trois mois ?

Privilégier une seule structure discutable au Jas de Bouffan monopolisant les subventions au détriment des petites associations ? Menacer les intermittents du spectacle et porter plainte contre ceux qui défendent les outils d'intérêt général ? Tout est à revoir.

Voilà un état des lieux qui devrait suffire à comprendre que la municipalité manie le revolver. Les Aixois auront à y réfléchir lors des prochaines échéances.

Posté par CASTRONOVO à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]