Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
Publicité
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Derniers commentaires
Archives
11 janvier 2012

Projets aixois : Joissains, maire sans boussole (2)

fac mai 2011 1
(Clic sur les images pour agrandir)
L'ancien parking de la faculté de lettres en mai 2011
1. depuis la porte d'entrée avenue Robert-Schuman
2. vu depuis la porte d'entrée chemin du Moulin de Testas
fac mai 2011 2

Note personnelle (vendredi) :
Cet article et le précédent, en forme de revue de sujets aixois, enregistrent depuis lundi un nombre de visites largement au-dessus des moyennes habituelles.
Je vais donc les laisser encore un peu en tête du blog pour en faciliter l'accès direct au premier clic.
Mon clavier me susurre que le prochain article est déjà impatient de leur subtiliser la place d'honneur... 


Si les trois exemples cités dans l'article précédent ont une certaine base de réalité, trois des quatre sélectionnés aujourd'hui sont des projets qui relèvent, eux, de l'hypothétique, voire du virtuel.
Là encore, ce sont des ensembles en soi qui n'entrent dans aucun schéma général d'aménagement. Autrement dit, ce sont des pièces rapportées qui doivent se faire une place dans le puzzle géographique complexe de la commune sans qu'un Plan local d'urbanisme adapté en ait auparavant fixé la stratégie, les conditions et les interactions.
L'Ecole supérieure d'art :
La municipalité a décidé de la délocaliser pour la reconstruire à deux pas de la Fondation Vasarely au Jas de Bouffan. Le hic, c'est que le devenir de l'actuelle école n'est toujours pas réglé. La Ville espère réaliser une opération tiroir : payer le nouvel établissement avec l'argent de la vente de l'ancien.
Or, une question cruciale est posée. Que va devenir le site originel de la rue Emile-Tavan ? Va-t-on le céder pour l'ouvrir à une opération immobilière ? Le CIQ Pasteur et diverses personnalités n'en veulent pas et proposent que les bâtiments soient reconvertis en musée archéologique, un outil qui manque dans une ville où les découvertes sont nombreuses. Ce n'est donc pas encore demain que les étudiants pourront disposer de leur nouveau lieu d'études.
Le pôle judiciaire :
Ce gros dossier a subi les mêmes vicissitudes que beaucoup d'autres. Le planning de reconstruction d'un complexe judiciaire sur le site existant prévoyait un début des travaux pour 2006 et une fin pour 2013. En 2009, la réduction des crédits de l'Etat a fait capoter le projet initial.
Un autre projet, avec relance des toutes les procédures, a été proposé à coût moindre entraînant dès lors un retard conséquent pour l'installation des tribunaux dans de nouveaux locaux. Certains bâtiments ont été démolis et les magistrats rendent encore actuellement la justice dans un site provisoire au Jas de Bouffan. Le projet du ministère de la justice pourrait être validé en ce début d'année mais il ne serait pas achevé avant 2017. Rappelons qu'Aix accueille la seconde cour d'appel de France !
La polyclinique Rambot :
L'établissement privé a acquis des terrains au lieudit les Bornes à Pont de l'Arc au pied du massif du Montaiguet. La Ville a autorisé ce transfert de la polyclinique située en centre ville vers les quartiers sud par une décision de révision simplifiée partielle du POS.
Face à l'annonce du parachutage d'une telle masse de béton dans ce secteur vert à protéger de toute urbanisation destructrice, des riverains et des associations notamment ont contesté devant les tribunaux le bien-fondé de la procédure et pointé les conséquences désastreuses pour la qualité de vie, l'environnement, le paysage et la circulation déjà fortement engorgée.
La Ville s'est engagée à assumer les dépenses pour les infrastructures d'accès et les aménagements routiers mais n'a pas tenu compte de l'impact général sur tout le secteur sud.
La partie est loin d'être jouée. La direction de la polyclinique estimait que le nouvel établissement serait achevé à l'horizon 2011 suite à une période de travaux prévue pour durer entre 24 et 26 mois. Mais, à ce jour, aucune première pierre n'a encore été posée.
Le plan Campus :
Si le pôle académique d'Aix-Marseille semble avoir tiré une assez bonne carte pour améliorer sa vie universitaire, c'est sans doute à cause des conditions indignes d'études et de logement que connaissent étudiants, enseignants et personnels sur l'ensemble du secteur des facultés depuis de longues années. La faculté de lettres d'Aix, en lambeaux, en est une illustration tragique.
De son côté, le Crous a fait des efforts pour rénover un certain nombre de cités universitaires. Mais le manque de studios est criant au point d'obliger certains étudiants à loger parfois dans des bungalows ou des campings.
Quant au projet du plan Campus dépendant essentiellement du concours financier de l'Etat, en cours pour une durée de 10 ans avec une première tranche pour 2014, il prévoit notamment des réhabilitations et la construction de nouveaux bâtiments administratifs et d'enseignement. Par la suite est envisagée une augmentation du nombre de logements étudiants mais ce domaine souffrira toujours d'une insuffisance de l'offre alors que les prix de location dans le privé sont inaccessibles pour beaucoup d'entre eux.

fac novembre 2011 1
(Clic sur les images pour agrandir)
L'ancien parking de la faculté de lettres en novembre 2011
avec son nouveau bâtiment
1. côté avenue Robert-Schuman
2. vu depuis la porte d'entrée chemin du Moulin de Testasfac novembre 2011 2

La première partie sur les projets aixois : 
http://castronovo.canalblog.com/archives/2012/01/09/23200210.html

Publicité
24 octobre 2011

Quand la famille des frères Guérini fait des affaires...

 guerini ravi famille

La primaire est terminée. Mais les Guérini restent toujours d'actualité.
Avec, d'abord, l'enquête préliminaire qui vise Arnaud Montebourg suite à l'une des plaintes de Jean-Noël.
Pour mémoire, dans son fameux rapport au vitriol sur les dysfonctionnements de la fédération PS 13, Montebourg avait fait état de pièces du dossier pénal. Ce qui lui vaut d'être suspecté de "violation du secret de l'enquête et de l'instruction et recel de violation du secret de l'instruction".
La charge sonne étrange quand on sait que c'est la presse qui a publié quantité de ces pièces auxquelles se réfère Montebourg. Mais bon, laissons faire la justice comme dirait le spectral mais néanmoins mis en examen Guérini.
Autre effet collatéral, on le sait, Serge Andréoni n'avait pas pu se rendre pour raisons médicales à la convocation du juge Charles Duchaine. Ce dernier est donc allé directement à son domicile pour lui annoncer sa mise en examen pour "complicité de trafic d'influenece".
Andréoni est soupçonné d'avoir fait désigner un avocat ami, Régis de Castelnau, pour aider Alexandre à régler un litige financier qui l'opposait à la communauté d'agglomération de Salon-de-Provence. Evidemment, Andréoni se dit "extérieur à ce dossier". Quoi qu'il en pense, après Jean-Noël, il est donc le second sénateur à devoir s'expliquer devant la justice.

(Clic sur l'image pour agrandir)
guerini epouse avocate 13 habitat

Ensuite, les affaires appelant les affaires, on a trouvé intéressant de remonter dans le temps et d'éplucher certaines bizarreries liées aux frères Guérini. Comme le monde des bandes est petit, c'est maintenant Martine Aélion, l'épouse de Jean-Noël, qui semble être prise pour cible sur sa participation à une société d'Alexandre et sur son rôle en tant qu'avocate dans l'organisme HLM du département. Ce qui met à la question une éventuelle prise illégale d'intérêt.

(Clic sur les images pour agrandir)
guerini rodillat
guerini rodillat - Copie

Selon le reportage de France 3 Provence Alpes diffusé le 18 octobre et commenté par le bien documenté Jean-François Giorgetti, Alexandre Guérini a fondé sa toute première société, "Rodillat nettoyage", en mai 1982. "Il en est le co-actionnaire à parts égales avec un certain Jean Gaben, une figure du quartier du Panier à Marseille qui serait décédé quelques années après sa dernière incarcération en 1996 pour recel de malfaiteurs. Son fils Roland, lui aussi défavorablement connu des services de police, a été tué lors d'un règlement de comptes sanglant en juillet 2011. En novembre 1984, la mère d'Alexandre remplace Jean Gaben et devient co-propriétaire de la Sarl. En décembre 1987, le capital social est multiplié par 12 et d'autres actionnaires arrivent. Il s'agit essentiellement de membres de la famille Guérini où apparaît le nom de Martine Aélion, épouse de Jean-Noël."

(Clic sur l'image pour agrandir)
guerini canard 19

Enfin, autre élément d'information révélé il y a cinq jours, la "trahison" de Jean-Noël Guérini au sujet du dossier de l'incinérateur de Fos. "Des témoignages accusent Guérini d’avoir secrètement favorisé fin 2005 la construction de l’usine de Fos, à laquelle il était officiellement opposé." La publication de cette nouvelle faisant état du revirement de Guérini a suscité la colère d'un certain nombre d'associations du coin.

guerini gueriniste copie

Comme quoi quand les poubelles sont pleines, ça finit par déborder.

guerini canard primaire 12guerini gueriniste

Les prestations d'avocate de l'épouse de Jean-Noël :
http://www.laprovence.com/article/a-la-une/affaire-guerini-enquete-sur-les-prestations-davocate-de-lepouse-de-jean-noel

Incinérateur de Fos : Jean-Noël était contre... mais il était pour :
http://www.laprovence.com/article/france/incinerateur-la-justice-sur-la-piste-du-coup-de-pouce-cache-de-jean-noel-guerini
Les réactions de colère :
http://www.laprovence.com/article/laffaire-guerini/incinerateur-de-fos-vent-de-colere-contre-le-revirement-de-jean-noel-guerin

5 décembre 2011

Michel Pezet à propos du cas Jean-Noël Guérini

 guerini ravi 90 retrait

Vous l'avez peut-être entendu à la radio ou vu à la télé. Interrogé à deux reprises il y a une quinzaine de jours sur France Bleu Provence et France 3 Provence Alpes, Michel Pezet a eu l'occasion de préciser son point de vue sur le cas de Jean-Noël Guérini.
C'était donc juste un peu avant la décision du bureau national du parti socialiste de désigner lui-même les candidats aux législatives des Bouches-du-Rhône sans passer par un vote des militants (Nous y reviendrons dans un prochain article).
Justifié ou non, ce tour de passe-passe est l'une des conséquences de l'embrouille liée aux affaires des deux frères Guérini. Des affaires qui ont plombé l'ambiance au conseil général et qui, de fait, ont entraîné la mise sous tutelle de la fédération départementale suite aux rudes accusations portées par Arnaud Montebourg et aux conclusions du rapport Richard.
C'est précisément sur les répercussions de cette situation et sur l'ambiance néfaste qui règne au conseil général que Michel Pezet a fait part de ses réflexions.

logo france bleu provence 2
Extraits de l'interview du 16 novembre

France Bleu Provence : La presse raconte que l'ambiance est lourde au conseil général. Dans la presse, Marie-Arlette Carlotti dit qu'elle se demande de quoi ils ont peur, à propos des conseillers généraux qui soutiennent encore Jean-Noël Guérini. Le patron fait peur encore ?
Michel Pezet : Si vous voulez, au début, beaucoup de conseillers généraux n'ont pas cru quand Jean-Noël Guérini s'est prononcé sur son système de défense sur la responsabilité d'autres. Certains, de bonne foi, l'ont cru, d'autres, de bonne foi aussi, disent "après tout pourquoi pas, on a vu des cas où des élus ont été poursuivis et puis ça s'est terminé par rien, donc soutenons-le". Je crois qu'il y a aussi de la part de certains une espèce de reconnaissance sur l'aide qui est apportée à leur commune ou à leur canton ou peut-être à eux-mêmes lorsque quelques proches sont recrutés. C'est vrai que ce n'est pas transparent. Tout ce qui est recrutement doit être soumis à des discussions avec les syndicats, avec ceux qui sont concurrents sur un même poste. Ce n'est pas le rapport amical ou le rapport de clientélisme qui doit être prédominant.
F.B.P. : Vous avez dit que Jean-Noël Guérini devait démissionner, il ne le fait pas. Qu'est-ce qui peut le pousser maintenant à le faire ? Qu'est-ce qui va se passer à votre avis ?
M.P. : Vous voyez, l'assemblée nationale, si elle le veut, peut renverser un gouvernement en votant une motion de censure. Pour un maire ou un président de conseil général, il n'y a aucun texte. Même si une immense majorité disait qu'elle exige son départ, aucun texte ne peut le faire. Cela ne dépend que de la démisson personnelle du président. Dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales, il est indipensable que soit inscrit ce type de réflexion sur une motion de défiance qui pourrait être votée à une majorité renforcée. On est face à ça. Beaucoup d'élus qui, dans les couloirs, le disent tranquilllement s'interrogent "mais qu'est-ce qu'on peut faire ?" Alors, il y a peut-être ceux qui autrefois conseillaient à Jean-Noël Guérini de rester et qui aujourd'hui, je pense, ont conscience qu'à la fois pour lui et pour l'institution, et pour le parti socialiste par rapport à l'élection présidentielle qui se prépare, voient bien qu'on ne peut plus rester dans cette disposition. Mais je dis que le temps de la justice n'a rien à voir avec le temps de l'information que vous donnez à juste titre. On voit qu'il y a un décalé qui est considérable et qui n'est plus supportable. 

4 novembre 2011

Mis au ban par le PS, Guérini persiste et menace

guerini ne demissionne pas"Dans quelle République vivons-nous ?"
Cette question, au ton exclamatif outragé, est posée par Jean-Noël Guérini. Mais pas à lui-même. C'est, au choix, aveugle, cynique ou regrettable.
"Je ne démissionnerai pas et j'accomplirai mon mandat jusqu'au bout." 
Dans le délicat bourbier où il s'est mis, cela ne s'appelle-t-il pas ne pas avoir de figure ? Car aller chercher des poux chez les autres n'est pas une bonne défense. C'est même s'enfoncer un peu plus dans le déshonneur de ses propres turpitudes.
Reprenons un peu. Jean-Noël Guérini s'est remis en selle suite à la décision du tribunal administratif qui a jugé impropre son arrêté de délégation de pouvoirs. Et revoilà le président du conseil général des Bouches-du-Rhône tout regonflé dans sa superbe lançant un "Je suis innocent" assorti de menaces générales : "Si j'ouvre la boîte de Pandore, il y en aura pour tout le monde". On dirait un concours pour savoir qui aurait commis le plus de crapuleries.
Jean-Noël Guérini, mais pas que lui, n'a toujours pas compris, ou fait-il semblant de ne pas comprendre, que le problème que pose sa conduite est éthique. Que les gens en ont assez des politiques, de gauche et de droite, qui sortent du chemin de la vertu publique, et du devoir d'exemplarité qu'imposent les fonctions électives.

"Je ne démissionnerai pas"


"Je ne démissionnerai pas de la présidence"... par france3provencealpes

La direction nationale du parti socialiste a enfin voulu faire un pas vers la mise au ban de Guérini, en demandant sa démission mais sans aller jusqu'au courage de prononcer une sanction franche en cas de refus. "Le Bureau national a demandé la mise en retrait de M. Guérini et d'en tirer toutes les conséquences en terme d'exécutif, de présidence et de participation au groupe socialiste au Sénat et au conseil général", a déclaré Benoît Hamon.
Au cours de sa conférence de presse d'hier, Guérini s'en est encore défendu en avançant que son parti n'a pas à se mêler de sa présidence d'une collectivité souveraine et en clamant que sa légitimité lui venait des électeurs. Il oublie de dire que c'est avec l'investiture et les moyens du parti qui l'a fait roi.
Au conseil général, pour l'instant, ils sont peu nombreux ceux qui ont osé braver le mutisme qui sied à la servilité. Avec, en pointe, Marie-Arlette Carlotti : "Sa faute est, en se maintenant coûte que coûte à la tête de l'exécutif départemental, de ne pas assumer ses responsabilités et de mettre en danger le parti et l'institution." Michel Pezet, lui, a estimé que "Guérini doit prendre du champ", et a formulé l'espoir qu'"une expression claire soit définie au bureau national".
Depuis quelques jours, la pression exercée sur Guérini est montée d'un gros cran. La question qui reste en suspens est celle de savoir quand pourrait intervenir le point de bascule qui permettrait un retournement majoritaire et salutaire de cette situation grotesque de soutien complice et irresponsable à l'égard de Guérini.
Ce qui fait dire à Guérini que c'est "la droite mais aussi quelques socialistes locaux" qui veulent sa déchéance politique. Il est vrai que, depuis quelques jours, à l'occasion de la sortie de son livre, "Le système Guérini", Renaud Muselier est invité dans les médias pour se gausser des mésaventures des frères Guérini et des reproches judiciaires qui leur sont adressés.
Mercredi, dans des termes déjà entendus sur les ondes, assurant en quelque sorte son propre service de promo pour le livre, il a opportunément posé une question orale un brin téléphonée au gouvernement, à laquelle la ministre du budget s'est fait un plaisir de répondre à l'unisson.
L'approche de l'élection présidentielle n'étant pas exempte de leurs considérations, ce dialogue entre comparses n'a pas manqué de faire diversion vers le candidat François Hollande et d'épargner le gros bataillon de ministres, de parlementaires et de membres de l'entourage direct de Nicolas Sarkozy inquiétés par la justice, mis en examen ou condamnés.
Or, l'argumentation de Renaud Muselier n'est pas loin de friser la malhonnêteté intellectuelle. Car le cas Guérini comporte deux volets distincts. Celui qui relève de son appartenance au parti socialiste et donc d'une appréciation statutaire interne et certainement pas de la justice. Et celui qui est lié à sa fonction de président élu d'une collectivité, ce qui le rend responsable de tous ses actes accomplis dans ce cadre et pouvant donc être poursuivis par un juge en cas de manquement avéré à la loi.
Muselier se fait donneur de leçons en tentant l'amalgame entre les deux volets, comme si l'UMP à Marseille et dans le département ne pratiquait pas elle aussi, par exemple, le clientélisme à tout-va.
Oui, au fait, "dans quelle République vivons-nous ?" En voilà une question qu'elle est bonne !
Concluons (forcément provisoirement) avec ce communiqué de presse du collectif Renouveau PS13 :
"Ce soir, après 9 mois de lutte, Renouveau PS13 se félicite de la décision du bureau national de notre Parti socialiste qui entérine une partie de notre feuille de route en faveur de la fin du système clientéliste et népotique mis en place et dirigé par M. Guérini.
Signifié à la presse dès l’annonce de la décision du bureau national de notre Parti socialiste, le refus de M. Guérini de démissionner de ses fonctions le situe, maintenant plus clairement que jamais, dans le cadre d’une aventure personnelle.
Que M. Guérini choisisse de terminer sa carrière dans le déshonneur de l’ultime trahison du parti auquel il doit tous ses mandats et toute sa carrière politique, est son problème. Le nôtre reste de le voir coupé au plus vite des moyens du Conseil général dont il use pour se maintenir à la tête d’un système clientéliste à l'opposé de nos valeurs.
Pour cette raison, Renouveau PS13 appelle ce soir la direction fédérale du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône, l’ensemble des élus socialistes du Conseil général, ainsi que l’ensemble des élus socialistes des Bouches-du-Rhône et des militants socialistes de conviction à unir leurs efforts pour obtenir le départ de M. Guérini de la présidence du Conseil général."

logo renouveau PS 13
Une analyse lucide 
La lettre n° 8 de Renouveau PS13
(2 novembre 2011) :
https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=explorer&chrome=true&srcid=0ByEiYrMzRwvdNWVlYWZhODgtNzJkYy00ZTAzLWI3OGUtNzZlN2VhZjA3ZmY1&hl=en_US

logo marsactu
http://www.marsactu.fr/2011/11/03/jean-noel-guerini-jattends-toujours-lappel-de-martine-aubry/

Le cas Renaud Muselier
http://www.marsactu.fr/2011/10/27/on-a-lu-pour-vous-le-systeme-guerini-de-renaud-muselier/

Mes piqûres de rappel
"Le petit cabanon de Muselier"
:
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/11/05/19519459.html
"Micro-partis et maxi-fric et les cas Muselier / Gaudin" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/10/11/19296355.html

26 octobre 2011

Farce : Guérini revient... sans être jamais parti !

guerini ravi 89

Ça vire à la grosse farce. Jean-Noël Guérini obligé de reprendre la gouverne du bateau bleu. Peuchère, un peu comme une victime qui serait condamnée aux travaux forcés.
Sous le coup de la décision rendue hier par le tribunal administratif de Marseille, Guérini va donc retrouver, malgré lui, ses fonctions de président du conseil général des Bouches-du-Rhône. En effet, les juges ont suspendu son second arrêté daté du 19 septembre instituant la délégation temporaire de ses pouvoirs à l'un de ses vice-présidents. Ils ont estimé que "cela créait un doute sérieux quant à la légalité de la décision", c'est-à-dire créant une insécurité juridique pouvant engendrer une illégalité des actes pris par le remplaçant.
C'est la seconde fois que l'arrêté de Guérini est donc retoqué, le premier arrêté, celui du 8 septembre, avait été annulé par le préfet.
A l'origine des deux requêtes administratives, on trouve Martine Vassal, présidente du groupe UMP-NC du CG 13. Et bien lui en a pris tant la situation de JNG paraissait loufoque. Faussement entre parenthèses de la direction du département, il devait refaire surface incessament après sept petites semaines de mise en "retrait" plus ou moins forcée.
Et qu'en dit-il, la main sur le cœur et sans rire ? "Cette décision m'oblige à anticiper un retour qui était programmé pour le 2 novembre. [...] A la suite de ma mise en examen, j’ai pris le temps d’organiser ma défense afin de démontrer mon innocence. Aujourd’hui j’entends, avec confiance, continuer mon travail avec les élus de ma majorité qui gèrent avec rigueur et compétence le Conseil général. [...] Il importe, plus que jamais, de creuser le sillon de la justice sociale et de la solidarité, en refusant avec fermeté l’instrumentalisation politique d’une instruction dans laquelle le Conseil général n’est en rien impliqué."
On est donc censé le croire et aller pleurnicher ailleurs.
Hier même, La Provence rapportait déjà des propos d'un autre ton : "Je reviens en pleine forme après avoir pris du recul. Ils vont me supporter trois ans, que ce soit l'opposition de droite et certains de mes amis socialistes." Nous voilà fixés sur le recul et la légendaire pseudo sérénité de Guérini.
Et maintenant, que va faire la direction nationale du PS ?
Martine Aubry avait déclaré que Jean-Noël Guérini devait se mettre en retrait du parti et de ses fonctions. Harlem Désir avait enfoncé le clou en lui demandant aussi de démissionner, ajoutant pendant la primaire qu'"il l'a fait pour ce qui concerne le PS, la demande qui lui est faite, c'est de ne plus présider le conseil général". Les deux, ainsi que François Hollande, avaient laissé entendre que, dans le cas contraire, ce serait le parti socialiste qui prendrait la décision.
Contacté hier par La Provence, Arnaud Montebourg a quant à lui redemandé "la destitution de Jean-Noël Guérini. Tout ce que j'ai pu dire jusque-là sur lui est d'une triste actualité. On ne va pas supporter ce genre de situation pendant des mois et des mois".
Sollicité aussi par Marsactu, il a déclaré : "Les élus socialistes peuvent et doivent contraindre Jean-Noël Guérini à quitter ses fonctions en créant un groupe socialiste nouveau qui se désolidarisera de l’exécutif et s’affranchira de ces pratiques condamnables. Privé de majorité, l’intéressé ne pourra que quitter ses fonctions. Nous ne pouvons plus accepter l’arrogance d’un élu qui prétend continuer à gérer 2 millards d’euros en étant poursuivi par la justice pour association de malfaiteurs, situation inédite et portant atteinte à l’image nationale des socialistes. Pour ma part, comme secrétaire national de la rénovation je demanderai au bureau national et à la première secrétaire de prendre une nouvelle fois ses responsabilités".
Enfin, autre grief, celui de Renouveau PS 13 qui, à propos de la rénovation de la fédération, a publié sur son site une note indiquant que "les vieilles habitudes sont toujours là". Prenant l'exemple de la dernière réunion du conseil fédéral prévue le 20 octobre à 19 heures et convoquée par Jean-David Ciot, des membres arrivés à l'heure ont constaté que la réunion était déjà terminée !
Selon eux, la réunion avait été avancée "pour que les oreilles indiscrètes ne puissent pas entendre ce qu'il se dit ou les empêcher de distribuer des tracts". Quant à l'ordre du jour qui comportait trois points, il a été réduit à un seul, celui de la primaire, excluant celui de la rénovation et de la présentation du calendrier de sa mise en œuvre "renvoyé aux calendes grecques, on va continuer combien de temps comme ça ?"
Pendant ce temps-là, Renaud Muselier sort opportunément un livre intitulé... "Le système Guérini".


Conseil Général: Guérini récupère les pleins... par LCM

Publicité
8 décembre 2011

Forains du textile : La réunion avec la mairie a foiré !

 marche textile aix

Comme on pouvait s'y attendre, faute d'accord, la réunion qui s'est tenue hier après-midi en mairie, suite aux demandes accompagnées de manifestations des forains du textile il y a quinze jours, n'a donné aucun résultat.
Selon le communiqué que Maryse Joissains avait fait paraître à ce moment-là, "Cette phase de concertation débutera le 7 décembre avec les représentants des commerçants, des riverains, des forains, des CIQ…".
Sur la base de cet engagement, les forains avaient accepté de suspendre leur mouvement et misaient sur cette réunion pour faire part de leurs revendications et essayer de trouver un compromis.
Comme je l'avais subodoré dans mon article du 28 novembre, il était illusoire d'imaginer que, compte tenu des délais restants pour la présence des chalets sur le cours Mirabeau, leur cohabitation avec les stands des forains serait autorisée.
Dès lors, il ne restait donc plus qu'un point réel à l'ordre du jour : le retour du marché sur le cours le mardi.
Or, toute modification du protocole existant fixant les dates et lieux pour la tenue des marchés doit obligatoirement passer par le vote d'une délibération du conseil municipal. Au mieux, laissait-on entendre, ce ne pourrait être que celui de janvier.
Alors, que s'est-il passé hier ? Selon la mairie, "A l’issue des discussions, il est apparu qu’aucun consensus ne s’est dégagé entre les forains du marché textile, du marché à la brocante et des maraîchers". Et la Ville d'ajouter que, en l'absence de Maryse Joissains qui se trouvait à Paris, quatre élus étaient présents, dont Jules Susini, ainsi que "des représentants de la fédération de l’industrie hôtelière, du syndicat de commerçants APACA, et des CIQ Mazarin et Cœur de ville".
Bel effort, pourrait-on dire. Seulement voilà, sur instruction du maire, qui était tenue au courant des discussions, "il a été décidé d'élargir la concertation à l'ensemble des CIQ centre-ville ainsi qu'aux commerçants sédentaires". Comment comprendre qu'une réunion de ce type, au demeurant programmée suffisamment tôt, n'ait pas prévu cette forme de concertation plus complète ? N'était-ce finalement qu'un artifice de plus pour retarder encore la résolution des problèmes ?
"Une prochaine réunion aura lieu en janvier", annonce la mairie sans précision de date. On voit mal comment le conseil municipal pourrait ensuite éventuellement se prononcer courant janvier pour répondre aux demandes des forains.
Les manifestations vont-elles reprendre ? En tout cas, échaudés comme ils le sont, les forains semblaient y penser puisque, par précaution, un préavis d'opération escargot avait été déposé en sous-préfecture pour une possible nouvelle action immédiate.

"Aix : La nouvelle révolte des forains du textile" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2011/11/28/22828891.html

29 septembre 2011

La rose pour la gauche, les épines pour Sarkozy

 sarko primaires

Pendant qu'à droite les dagues s'aiguisent et se plantent dans le dos, que les convocations chez les juges prospèrent comme les algues pourries, à gauche on échange devant les télés. Bon, il y a bien le cirque Guérini. Mais à côté de ce qui se passe en face et dans les sphères du pouvoir, c'est presque une guignolade.
Hier, le deuxième débat entre les candidats à la primaire a été plus intéressant encore que le premier. 150 minutes qui ont permis à chacun de faire la réclame de ses idées, sans toutefois, malgré quelques piques, en venir aux poings. Comme de juste, ça sentait donc la rose.
Sarkozy a dû sûrement se dire qu'il fallait qu'il se penche maintenant sérieusement sur cette fleur qu'il ne semble pas avoir vu pousser à ce point. Après le passage à gauche du Sénat et la probable élection d'un président du même teint samedi, le jardiner de l'Elysée risque bien de devoir se coltiner tout un rosier au printemps.

1 décembre 2011

Joissains, Aix, Pertuis et les hôpitaux en réanimation

 hopital fusion aix pertuis

Pour la carte sanitaire, que se passe-t-il actuellement du côté de l'hôpital public ?  
On le sait, le Centre hospitalier du Pays d'Aix et l'hôpital de Pertuis ont décidé de fusionner et d'œuvrer sous une même entité juridique. L'idée était de permettre une mutualisation et une économie des moyens techniques et humains, et une performance accrue.
L'Agence régionale sanitaire, mise en place par la loi contestée dite "Hôpital, patients, santé et territoires", avait approuvé la démarche qui répondait selon elle à la constitution d'une "Communauté hospitaliaire de territoire". Pour cela, l'ARS devait apporter les 2 millions d'euros nécessaires pour couvrir le déficit de l'hôpital de Pertuis.
Au mois de juillet dernier, Maryse Joissains avait fait voter par sa seule majorité, l'opposition ayant voté contre, une délibération donnant un avis favorable à la fusion. Or, voilà qu'un arrêté publié en septembre par l'ARS prenait acte de cet avis de la Ville d'Aix, pour rendre la fusion effective dès janvier 2012, mais sans en préciser les conditions financières.
Maryse Joissains estime maintenant avoir été trompée, oubliant au passage les observations préventives des élus d'opposition qui l'avaient avertie.
Début novembre, comme elle en a pris l'habitude, elle a fait voter une délibération l'autorisant à attaquer l'arrêté de l'ARS. Pas sûr qu'elle parvienne au résultat qu'elle espère, l'Etat comptant faire supporter ses "réformes" par les hôpitaux eux-mêmes qui devront se perfuser. Par exemple, en réduisant les effectifs et en alourdissant encore plus les tâches des personnels en poste.
C'est bien ce qui est d'ailleurs programmé dans bon nombre d'hôpitaux publics. Et ceux de Paris en savent quelque chose. La mention spéciale revient aux services d'urgence qui sont débordés un peu partout sur le territoire français avec une fréquentation croissante des patients et des personnes n'ayant plus les moyens de consulter ailleurs.
Et ce ne sont pas la fermeture annoncée pour cessation de paiement (il leut faut une aide d'urgence de 4 millions d'euros) de 11 centres de santé mutualistes dans les Bouches-du-Rhône (créés dans les années 60) et les nouvelles taxes sur les médicaments qui vont arranger les choses. A noter que, selon ces centres, une personne sur quatre renonce aux soins et un patient sur deux soigné dans les centres n'est pas pourtant mutualiste.

Manifestation du 8 novembre pour le droit à la santé


Manifestation pour sauver les centres de santé par villegardanne

19 octobre 2011

Le Ravi d'octobre, c'est du vrai bio !

une ravi 89Ce mois d'octobre, le Ravi est de plain-pied dans l'actualité. Avec notamment son gros dossier sur le mouvement des "indignés", ceux de la rue, ceux qui manifestent sur les places et ceux des salariés en péril ou déjà licenciés. Les témoignages recueillis en disent plus long que toutes les exégèses et les palabres inefficaces.
Ce numéro fait aussi la part belle à la vie politique. Marine Le Pen, Jean-Claude Gaudin, Renaud Muselier et Jean-Noël Guérini risquent de faire la grimace. On découvrira également des sujets sur l'environnement et le sort des déchets nucléaires, l'éducation et l'hôpital.
Le Ravi, c'est beaucoup d'articles locaux, des brèves et des dessins grinçants de vérité. Je le répète chaque mois, un bon repas vaut mieux que dix mauvais. Idem pour la presse. Il serait dommage de se priver d'un journal qui ne confond pas lecteurs et clients.

Le sommaire du n° 89 :
http://www.leravi.org/spip.php?article1181
Le site rénové du Ravi (avec des infos régulièrement actualisées) :
http://www.leravi.org/

ravi votez 

13 octobre 2011

La gauche fait sa primaire, Sarkozy réagit en primaire

 primaire sarko en rogne

Au sujet de la primaire, il a cru bon de mettre son petit grain de sel. Mais comme le ridicule ne le tue pas, il est encore vivant. Nicolas Sarkozy a-t-il regardé le dernier débat d'hier soir ? On le lui souhaite car il aurait pu se rendre compte que ses propos étaient à côté de la plaque.
D'abord, s'il y en un qui ne peut se croire digne de Charles de Gaulle, c'est bien lui. De Gaulle a voulu une élection présidentielle au suffrage universel et fait inscrire dans la constitution le rôle des partis politiques. En cela, la primaire organisée à gauche n'a rien de répréhensible, bien au contraire, s'agissant d'un mode direct d'expression populaire allant au-delà d'un parti et visant à sélectionner un candidat à la présidentielle.
Et puis, de toute façon, de quoi se mêle Sarkozy ? On ne lui a rien demandé dans cette affaire où un parti a décidé d'utiliser la méthode qui lui convient pour désigner son candidat.
Effet comique garanti, ce sont ses propres amis ou soutiens qui ont pris le contrepied en approuvant finalement le processus de la primaire.
Dans le lot, il y en a un qui a même fait très fort. L'ancien ministre Alain Lambert (ex-UMP, non étiqueté) a balancé une réjouissante réplique : "L’idée du général de Gaulle, c’était d’instaurer une élection présidentielle à deux tours. Pas à quatre tours. Ni d’aller au Fouquet’s le soir, ni sur un yacht le lendemain, ni d’emmener Bigard chez le Pape, ni de nommer son fils à la Défense, ni de "casser les pauvres cons".
Et d’ajouter : "A un manifestant qui lui cria "mort aux cons !", de Gaulle répondit "vaste programme". Autre culture. Autre temps. Ne faisons pas trop parler le Général, il n’est pas sûr qu’il serait fasciné par la gouvernance actuelle." Fin de la salve.
Un autre, Lionnel Luca, de la Droite populaire concurrente du FN, y est aussi allé de son analyse, lucide à souhait et poétique comme du Bigard : "Si les primaires de gauche foutent le bordel à droite, c'est un peu dommage. C'était pas prévu comme cela. On attendait le bordel à gauche et c'est le bordel à droite." Un délice !
Quoi qu'il en pense, et on se fiche de ce qu'il pense, dans six mois, Sarkozy devra se coltiner la primaire de l'élection présidentielle. Une bonne leçon qui le fera peut-être progresser mais ce sera déjà et heureusement trop tard pour lui.

  primaire arnaud avec moi

Revenons au débat d'hier soir. A mon avis, par comparaison avec les deux premiers, il a sans doute été celui qui a permis les développements les plus détaillés puisque les deux postulants en présence ont disposé de plus de temps.
La séquence d'hier soir aura-t-elle une influence sur le choix des électeurs dimanche, par exemple en changeant l'ordre d'arrivée ? Personnellement, j'en doute. Il me paraît que la tendance favorable à François Hollande va plutôt s'accentuer. Si jusqu'à hier on pouvait encore estimer que le total des voix des candidats éliminés était susceptible de se répartir assez équitablement entre lui et Martine Aubry, l'arithmétique aurait été à l'avantage du premier. Mais, les ralliements de trois d'entre eux au mieux placé semblent maintenant ouvrir la voie à un écart plus significatif.
Il ne m'étonnerait pas que plus de la moitié des électeurs d'Arnaud Montebourg rejoigne le même mouvement. Si l'on ne peut en avoir la certitude absolue, selon moi, ces éléments pourraient cependant utilement amplifier le score du gagnant. Et lui assurer une dynamique croissante jusqu'à la confrontation finale.
Pour finir, et le sage n'ignore pas qu'il n'est jamais recommandé de se laisser submerger par un optimisme béat, la nature inédite de cette primaire ne fournit aucun indice sur la participation au second tour. Y aura-t-il plus de votants, ou moins ? Ceux qui auront perdu leur candidat reporteront-ils systématiquement leurs voix ? Ou s'en désintéresseront-ils ? Seront-ils remplacés par de nouveaux venus ? Dans quelles proportions et pour qui ?
Vite ! Que les urnes s'ouvrent dimanche !

Petit coup de gueule : Le français pour ceux qui le maltraitent
Jusqu'à preuve du contraire, pour exprimer la qualité d'un partisan, la règle commune est claire : on doit dire un socialiste, un communiste, un centriste, un sarkozyste (hou !), un gaulliste, un mitterrandiste...
Or, voilà que la plupart des journaux, télés, radios ou sites internet utilisent le mot "hollandais" pour classer les supporters de François. On se demande bien ce que les Pays-Bas viennent faire ici ? Pourtant, c'est bien le vocable "hollandistes" qui devrait logiquement s'imposer, non ?
A ne pas confondre non plus avec les suffixes en "en" et en "ien" qui qualifient une nature ou un caractère : gaullien, giscardien, mitterrandien, phocéen...
Je me souviens que, dans le même ordre de confusion, certains disaient, et disent encore, giscardien au lieu de giscardiste et pompidolien au lieu de pompidoliste, sans doute parce que la sonorité de ces mots dérange quelque peu l'oreille. Mais ce n'est pas une raison, l'erreur est du même acabit. Ci dit.

Je recommande la lecture de ces deux articles :
http://www.lepoint.fr/politique/parti-pris/le-contresens-volontaire-de-nicolas-sarkozy-12-10-2011-1383483_222.php
http://droite.blogs.liberation.fr/alain_auffray/2011/10/pas-%C3%A7a-pas-lui-nicolas-sarkozy-ne-devrait-pas-se-poser-en-h%C3%A9ritier-du-g%C3%A9n%C3%A9ral-de-gaulle-et-en-garant-de-lesprit-de-l.html

14 novembre 2011

Guérini comme Berlusconi ?

guerini charlie 9

La tentation est grande. Berlusconi a fini par lâcher. Question : Guérini pourra-t-il longtemps encore lancer ses bravades ? Ses menaces de ne pas co-financer deux projets de Marseille Provence Métropole ne sont-elles pas les coups de trop ?
Voilà que, tout requinqué qu'il se croit, Jean-Noël Guérini balance publiquement une lettre envoyée à Eugène Caselli pour contester le contrat qu'il a lui-même signé comme partenaire de projets liés à l'avenir de Marseille (requalification du Vieux-Port et extension d'une ligne de métro). Ça sent honteusement le règlement de comptes sur le dos des Marseillais.
Ce qui a fait violemment réagir Patrick Mennucci qui se sent évidemment visé par la lettre de Guérini puisqu'elle touche à des financements sur son secteur : "Il a déclaré la guerre aux Marseillais. Pour moi, cette lettre est une stupéfaction absolue. Je m'adresse à mes camarades conseillers généraux socialistes et notamment à ceux de Marseille pour leur demander s'ils vont laisser faire cela. Je leur demande de se réunir pour savoir s'ils acceptent ce diktat et que ce type de lettre soit adressé à un autre camarade, Eugène Caselli, mettant en cause des investissements majeurs pour notre ville."
Et puis, il y a aussi ces drôles de manières découvertes par deux élues, Janine Ecochard et Marie-Arlette Carlotti. En l'occurrence, une affichette injurieuse à leur encontre placardée à un poste d'accueil du bâteau bleu.
Le site internet de La Provence rapporte : "Marie-Arlette Carlotti et moi-même avons demandé au procureur de la République de diligenter une enquête car, conjointement, nous avons fait l'objet de propos insultants et menaçants. Nous avons également informé les instances de notre parti de cette démarche." Faut-il voir dans cette menée guérinienne une intimidation répondant aux appels insistants des deux élues à la démission de Guérini ? En tout cas, c'est ce qui vient en premier à l'esprit.
Décidément, la fumée cache à peine le feu. D'autant que la justice suisse aussi fait un déplacement vers Marseille pour croiser ses investigations avec celles du juge Charles Duchaine dans le cadre des affaires de fonds transférés sur des comptes suisses par Alexandre.
Autre révélation : au cours de son audition pour mise en examen par le juge, Serge Andréoni a laissé entendre que, sur le dossier des marchés présumés truqués de l'Agglo de Salon, lors d'une de ses rencontres avec Jean-Noël Guérini, ce dernier faisait bien allusion à un arrangement trouvé pour régler le problème qui favorisait Alexandre.
Dans un autre genre, on lira les trois articles ci-après, du Canard, de Bakchich et celui paru dans le Ravi de novembre sur les contestations d'employés du conseil général mécontents et en grève contre le sens d'une réorganisation des services, une réorganisation qui, selon eux, signe une régression de l'aide sociale.
Alors, y a-t-il une chance que le sort de Guérini rime avec celui de Berlusconi ?
Allez, un peu de courage, quoi !

                                             Mise à jour 14h00 :
Après de longs mois de silence sur le sujet alors que seul Renaud Muselier s'est montré offensif, Jean-Claude Gaudin a déclaré ce matin qu'il faut que Jean-Noël Guérini démissionne. Cette prise de position plus marquée intervient quelques heures seulement après une lettre d'Eugène Caselli adressée aux conseillers généraux sous le titre "Indignez-vous !" (Voir liens ci-dessous)
La pression semble donc se faire plus forte d'autant que Libération publie de nouveaux relevés d'écoutes sur des conversations entre membres du cabinet de Guérini, où il apparaît qu'ils se sentent manipulés et trahis depuis longtemps par l'encore président du conseil général.

logo marsactu
http://www.marsactu.fr/2011/11/14/caselli-a-lassaut-de-la-maison-guerini/
http://www.marsactu.fr/2011/11/14/gaudin-appellent-guerini-a-demissionner-et-socialistes-et-communistes-a-le-lacher/
logo libe marseille
http://www.libemarseille.fr/henry/2011/11/gu%C3%A9rini-les-conseillers-g%C3%A9n%C3%A9raux-appel%C3%A9s-la-r%C3%A9volte.html

logo ravi bon
 
Guérini bon élève de Sarkozy
 
guerini ravi 900001

Le régime sec de la RGPP chère à Nicolas Sarkozy gagne les collectivités, y compris à gauche.
Exemple au conseil général des Bouches-du-Rhône
Jeudi 13 octobre, 8 heures, à l'entrée du siège du conseil général des Bouches-du-Rhône (CG13) à Marseille. Une dizaine de salariés de la maison de la solidarité des Flamands (quartiers Nord de Marseille), financée par la collectivité, est rassemblée autour d'une table de camping où trônent thermos, brioches, tracts et pétitions.
Soutenus par la CGT et la FSU, ils en sont à leur deuxième semaine de grève. Tous dénoncent un manque de moyens humains et financiers. "La population se paupérise et les enfants sont en souffrance extrême. Quarante à soixante ne sont carrément pas suivis, ce qui place le CG dans l'illégalité", tacle Nathalie, une assistante sociale.
"C'est le social à l'épreuve de la performance"
Derrière ce combat flotte un petit parfum de réforme générale des politiques publiques (RGPP). Depuis deux ans, l'institution présidée par le sénateur socialiste Jean-Noël Guérini est en pleine réorganisation. L'une de ses premières décisions a été de privatiser l'insertion (le Ravi n°61).
A l'image de quelques bons soldats UMP, comme le Marseillais Jean-Claude Gaudin et sa RGMM (Réforme générale des moyens municipaux) lancée en 2009, le "mis en examen" dans l'affaire "Guernica" s'est converti au catéchisme sarkozyste. "On n'y est pas encore, mais ça y ressemble. Il y a des choses que l'on retrouve", acquiesce l'assistante sociale des Flamands. Exemple que ne renierait pas l'omniprésident : "L'individualisation de la prime de reliquat" (La prime de reliquat, de 50 euros, est désormais attribuée au mérite au lieu d'être partagée entre tous).
Les syndicalistes sont sur la même longueur d'onde. S'ils assurent qu'il n'y a pas de suppression d'emplois, ils évoquent en revanche "la logique" de la RGPP. "Depuis deux ans, le travail social très administratif est privilégié", explique Michèle Ghiandoni de la FSU.
"On nous parle qualité d'accueil, par exemple. C'est-à-dire qu'il faut répondre avant la quatrième sonnerie au téléphone et dans les trois jours à un message. Tout ceci au détriment du travail de fond, de la prévention, précise une responsable de la CGT. La collectivité privatise un certain nombre de nos missions, comme l'insertion ou les enquêtes d'adoption, avec une politique d'affichage et de résultats à court terme. C'est le social à l'épreuve de la performance."
Patrick Gérard, le psychologue des Flamands, assène : "On est sur une politique gestionnaire, qui ignore la réalité des gens et les salariés, qui doivent faire le deuil du travail en équipe et de leur profession." Profs, inspecteurs du travail ou flics ne disent pas autre chose...
Secrétaire général de la FSU-SDU 13 du CG 13, Bruno Bidet est plus nuancé. Selon lui, le problème relève surtout d'un manque de vision à long terme sur sa principale compétence, la solidarité et l'action sociale. Son inquiétude porte aussi sur l'application de la réforme territoriale sans réforme fiscale pour la financer.
Mais le secrétaire général de la FSU-SDU 13 dénonce également "une gestion comptable abandonnée par les élus à l'administration", une "restructuration en pôles", la mise en place de la "polyvalence des travailleurs sociaux". "On voit les similitudes avec la RGPP, mais dans notre action et notre discours, on préfère s'en tenir à notre employeur, poursuit-il. Tout le monde ne comprend pas ce qu'est la politique libérale de Sarkozy". C'est peut-être le problème.
                                                                               Jean-François Poupelin

logo canard
   
(Clic sur l'image pour agrandir)
guerini canard 9

La lettre de Guérini à Caselli :
https://dl.dropbox.com/0/view/of4r0d1jozw5pi7/Intemperies/Echange%20JNG-EC.pdf
La réponse de Caselli :
https://dl.dropbox.com/0/view/yx2xzrz5btcpzzb/Intemperies/Echange%20EC-JNg.pdf

logo bakchich
L'aide aux communes du CG13 dans le viseur de la justice :

http://www.bakchich.info/L-aide-aux-communes-du-CG-13-dans,13154.html

7 novembre 2011

Elus : Urgence pour un statut et de vraies sanctions

parlement européen deputes
Scènes vues au parlement européen...
(Clic sur l'image pour agrandir)

(Merci à Alain DV de m'avoir fait suivre ces images)

Les choses doivent être dites. Et foin l'idée que certaines vérités alimenteraient des sentiments anti-parlementaristes teintés d'un tous-des-pourris, tous-des-voleurs ou d'autres médisances généralisées. Car, en France, par exemple, sur les quelque 500.000 élus, seule une bien infime partie est corrompue.
Même si l'on estime que les cumuls de mandats et de fonctions sont néfastes et critiquables, ceux qui consacrent leur temps exclusivement et pleinement à une responsabilité unique méritent une contrepartie financière convenable. La condition est qu'ils soient assidus et qu'ils exercent à fond l'engagement pris devant les électeurs.
Par mon expérience d'ancien élu, je peux témoigner que j'ai vu des élus présents, parfois jusqu'à l'abnégation, j'en atteste, pour accomplir leur travail sérieusement. A l'inverse, malheureusement, j'ai aussi vu des cyniques se moquer du monde jusqu'à l'imposture. Cela m'a toujours choqué et me choque encore.
Quelles leçons tirer ?
On en parle souvent mais on attend l'avènement d'un statut sérieux des élus qui fixerait des règles éthiques et des sanctions exemplaires. Faute de quoi, les citoyens continueront à rejeter la politique et à nourrir l'abstentionnisme.
L'exemple de certaines démocraties comme celles des pays nordiques pourrait servir de base pour rénover les pratiques et donner de l'air frais à l'exercice consciencieux et désintéressé du pouvoir.
Le mandat unique, la limitation à deux mandats successifs et l'inéligibilité à vie des élus ayant été condamnés seraient déjà un énorme progrès. Cela éviterait à certains de se croire indéfiniment propriétaires de leur charge. Cela permettrait d'assurer un renouvellement plus fréquent des représentants du peuple, de pousser un plus grand nombre de citoyens à s'investir dans la vie publique et à prendre part aux décisions de la vie démocratique. 
C'est désolant à dire mais les élections au suffrage universel n'ont encore pas une vertu maximale de légitimation raisonnable puisqu'elles contribuent à favoriser les potentats qui font de la captation et de l'accumulation des pouvoirs le but majeur de leurs carrières.
Dans le système actuel, si des avancées ont été enregistrées pour une certaine parité hommes femmes dans les collectivités élues par listes, on est encore très loin du compte pour les scrutins uninominaux détournés au profit des hommes.
De même, si des sanctions financières ont été instituées et appliquées aux élus parlementaires qui sèchent des séances, les barêmes disciplinaires en cours ne découragent que très insuffisamment les adeptes des assemblées buissonnières.
En ce qui concerne les collectivités territoriales, si les règlements intérieurs en général ont bien prévu des clauses d'exclusion pour absences à plus de trois séances successives, il est extrêmement rare que les constats, quand l'évidence saute aux yeux, soient suivis d'effet. Pire, ils ne comportent jamais de sanctions touchant aux indemnités des élus. C'est pourtant dans ces collectivités qu'on trouve 99% des élus du pays.
Une mesure de bon sens pour tous les élus consisterait à inverser le processus de la sanction : au lieu d'opérer des retenues à rebours à partir d'un certain nombre d'absences, il faudrait tout simplement conditionner et aligner le montant des indemnités sur les présences effectives et la participation aux activités pour la durée des séances. Autrement dit, le principe serait de considérer qu'un travail non fait ne sera pas gratifié. Voilà qui en ferait réfléchir quelques-uns.
Ultime question : alors, on commence quand ? Dès 2012 ?

Scandale au parlement européen :
Pointage bidon pour un maximum de pognon

En 2009, une équipe de télé allemande filme l’enregistrement le vendredi matin des députés européens. En gros, ils viennent signer leur présence ("pointer") afin de toucher 284 euros pour la journée, avant de repartir illico. Ils ont déjà les valises à la main. Malaise profond quand on les filme… A ne pas rater : la députée verte allemande qui essaye désespérément de se planquer dans l’ascenseur (à 3′45).

(Clic sur l'image pour agrandir)
dati canard 2

10 octobre 2011

Primaire : Hollande ou Aubry... pour dégager Sarkozy

 primaire baudry sarko

2,5 millions de votants. L'expérience de la primaire est réussie. Reste à confirmer le mouvement dimanche prochain. Il y aura forcément un vainqueur (pourquoi n'y a-t-il pas de féminin à ce nom ?).
Dans l'attente des prises de position des candidats recalés, le second tour semble pour l'instant s'annoncer plus serré que prévu. Des tendances se sont pourtant fait jour.
François Hollande s'est placé en tête, Martine Aubry vient juste après lui et Arnaud Montebourg a fait un grand bond.
Ségolène Royal a dégringolé. Elle aura peut-être enfin compris hier soir qu'elle vivait dans l'illusion et que ses 17 millions de voix en 2007 n'étaient pas toutes par adhésion à sa personne mais en rejet de Nicolas Sarkozy.
Quant à Manuel Valls, il a échoué à convaincre qu'il pouvait représenter la gauche. Enfin, Jean-Michel Baylet n'a pas obtenu plus que ne le prévoyaient les sondages.
Personnellement, je me réjouis de la bonne mobilisation électorale d'hier qui me donne l'impression de préfigurer ce que sera l'élection présidentielle dans six mois pour dégager le locataire de l'Elysée.
Hier, en allant voter, j'ai eu le plaisir de constater l'ambiance chaleureuse qui avait envahi le bureau de vote. J'y ai rencontré des militants, des sympathisants, des amis et même des voisins très motivés et prêts à ne rien lâcher jusqu'à l'année prochaine. C'est encourageant.
Je me mets à rêver qu'il ne paraît plus inimaginable d'obliger Sarkozy de commencer dès maintenant à préparer valises, cartons et... layette.

 sarko compte elysee

Résultats définitifs d'Aix-en-Provence
(Source La Provence)
Suffrages exprimés : 6.630
François Hollande :       35,35%
Martine Aubry :             29,92%
Arnaud Montebourg :    20,32%
Manuel Valls :                  7,32%
Ségolène Royal :             6,62%
Jean-Michel Baylet :        0,47% 

Résultats provisoires de Marseille et des Bouches-du-Rhône
(Source Marsactu)
Environ 50.000 votants
François Hollande :       36%    37%
Martine Aubry :             32%    29%
Arnaud Montebourg :    23%    20%
On observera le "gros" score de ce dernier à Marseille, un résultat manifestement lié à l'effet anti-Guérini.

28 octobre 2011

Jean-Noël Guérini... et la guerre de succession

 guerini ravi 89 successeur

En voyant Jean-Noël Guérini faire son pseudo retour au conseil général, il me revient à l'esprit une perle entendue pendant mon service national : "Le soldat X est sorti de la caserne en marchant à reculons pour faire croire qu'il rentrait."
C'est Guérini lui-même qui, le 10 septembre, juste après sa mise en examen, déclarait au sujet de son éloignement de la présidence du conseil général : "Je n'y viendrai que deux heures par semaine. Vous me verrez plus rarement tant que je n'aurai pas eu gain de cause dans ma défense. Je ne participerai plus à aucune manifestation officielle."
Et toujours lui qui, le 26 octobre avouait à propos de la présidence : "Je ne l'avais jamais vraiment abandonnée. J'y allais tous les jours. Mais là, je reviens."

(Clic sur l'image pour agrandir)
guerini prov 26

Il n'en a pas fallu plus pour faire grimper d'un cran la constestation plus ou moins contenue de quelques-uns.
Et c'est la conseillère générale Marie-Arlette Carlotti qui a tiré la première en se désolidarisant de son "patron" dont elle juge que le retrait était "fictif". Elle a donc écrit une lettre à tous ses collègues et en a adressé copie à la direction nationale.
"Notre vie politique est rythmée depuis deux ans par les affaires judiciaires qui prennent le pas sur le débat d’idées et polluent nos relations... Le Conseil général fonctionne heureusement grâce à la qualité de ses services, de ses cadres et de ses salariés... Des salariés du département qui n’ont rien à voir avec les affaires et qui continuent de servir leurs concitoyens avec efficacité... 
La majorité de gauche s’est investie dans des politiques publiques innovantes et audacieuses, chaque délégué réalise un travail considérable. Et pourtant, pour l’opinion publique, le Conseil général des Bouches-du-Rhône c’est avant tout "l’affaire Guérini". C’est une injustice que nos devons réparer...
J'appelle tous mes collègues qui veulent mettre fin à cette situation à lui demander, dignement, dans le respect de sa personne mais fermement, sa démission de la présidence.
Je demande à notre première secrétaire (Martine Aubry) et au bureau national de notre parti d'appuyer cette démarche, conforme aux déclarations sans ambiguïté du premier secrétaire par intérim (Harlem Désir) et de l'ensemble de nos responsables nationaux pendant les primaires".
Sa faute est, en se maintenant coûte que coûte à la tête de l'exécutif départemental, de ne pas assumer ses responsabilités et de mettre en danger le parti et l'institution. Je ne peux en aucune manière cautionner cette attitude. Si la situation restait figée, je souhaite que le Bureau National du PS examine son exclusion et nous permette de créer un groupe socialiste avec tous ceux qui adhéreront aux décisions du Parti."
C'est clair, lucide et courageux.
Dans la même veine, le collectif Renouveau PS13 publie un communiqué intitulé : "Entre mensonges, arrogance et menaces à peine voilées, M. Guérini choisit de poursuivre une aventure personnelle qui met en danger son parti et l'institution qu'il préside."
C'est carré et direct.
"Six semaines après sa mise en examen pour prise illégale d’intérêt, trafic d’influence et association de malfaiteurs, M. Guérini a donc tombé le masque hier, avouant explicitement qu’il ne s’était jamais éloigné de ses fonctions de président du Conseil général, ni n'avait eu l’intention de le faire.
En mettant son propre Parti dans une situation politique intenable, M. Guérini poursuit maintenant une aventure personnelle.
Renouveau PS13 demande au Parti socialiste de tenir ses engagements, d’exiger la démission de M. Guérini et de mettre en oeuvre les moyens adéquats pour l’obtenir, notamment en agissant auprès de ceux des conseillers généraux socialistes qui lui apportent encore un soutien aveugle et servile.
Renouveau PS13 demande à l’ensemble des conseillers généraux socialistes de se désolidariser d’un individu qui mène maintenant une aventure personnelle et de prendre conscience, en plein lancement de la campagne présidentielle, de la responsabilité qui est la leur face à l’opinion publique."
D'autres conseillers généraux et militants vont-ils emboîter le pas ? On parle de Michel Pezet, de Janine Ecochard et d'Hervé Cherubini. C'est un début mais cela ne fait pas le compte. Alors, Marie-Arlette Carlotti ajoute : "Beaucoup ne se mouillent pas en public, mais attendent qu'il tombe tout seul"

 (Clic sur l'image pour agrandir)
guerini prov 27

     La décison du tribunal administratif sur la délégation de pouvoirs : 
                            guerini_ordonnance_TA_25.10.2011

       
Pour comprendre ce qui se trame en coulisses sur une éventuelle succession, voici l'article publié par le Ravi ce mois d'octobre.

logo ravi bon
Guérini : La guerre de succession est déclarée

Cerné par la justice, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône refuse de démissionner tout en essayant de garder la maîtrise de sa succession. Enquête chez les socialistes du "13" en pleine tempête.
Par Rafi Hamal

Jean-Noël Guérini ressemble à Buster Keaton, dans la célèbre scène où celui-ci s'accroche désespérément aux aiguilles d'une horloge. Le sénateur est désormais suspendu au temps de la justice. 4 h 30 d'audition, le 8 septembre, et quatre questions ont suffi au juge Charles Duchaine pour trancher : mise en examen pour "prise illégale d'intérêt, trafic d'influence et association de malfaiteurs". En toile de fond, une vaste affaire de marchés publics supposés frauduleux, dans laquelle son frère, Alexandre, a également été mis en examen. Depuis deux ans, ce maelstrom judiciaire a emporté, pêle-mêle, des affairistes, des malfrats et des politiciens dont les rondes complices ont été largement rapportées dans la presse. Tout un engrenage qui a vu le patron incontesté des socialistes des Bouches-du-Rhône passer au statut de "boulet moral", selon l'expression du premier secrétaire du PS par intérim, Harlem Désir.
Jean-Noël Guérini, criant à "l'acharnement et au complot", s'activant à usiner une image de victime collatérale des primaires, s'est donc mis en congé du Parti socialiste. Il a officiellement transmis "tous ses pouvoirs" à son premier vice-président, Daniel Conte, créant au passage des difficultés juridiques. Mais il refuse de démissionner de la présidence du conseil général comme le réclame pourtant avec force Harlem Désir. "Jusqu'à la fin des primaires, le 16 octobre, ce sera, pour Jean-Noël Guérini, la meilleure attitude à avoir", analyse Gérard-José Mattei, nouveau directeur de cabinet de Michel Vauzelle, le président socialiste du conseil régional. En temporisant, "JNG", même cabossé, veut garder la maîtrise en choisissant "son successeur". Un billard à trois bandes, qui a démarré, selon certains proches témoignant toujours sous le sceau de l'anonymat, au moment des cantonales.
La chasse aux mauvaises pensées
Daniel Conte, fatigué, n'était alors pas très chaud pour rempiler, mais roublard, Jean-Noël aurait ardemment encouragé le doyen du CG. "Guérini savait très bien qu'il allait être mis en examen. Il savait aussi que sous la pression, il serait obligé de prendre un peu de recul pour donner le change ; alors il a préféré anticiper et choisir la meilleure marionnette", décrypte un habitué du vaisseau bleu. "C'est un écran de fumée, Guérini tire toujours les ficelles", confirme la conseillère générale PS Marie-Arlette Carlotti. "C'est un jeu à triple tiroir avec double fond", peste Philippe Sanmarco, "x-socialiste rallié à l'UMP. L'armure morale en bandoulière, le chef de file de Convention citoyenne s'indigne "de ces petits arrangements permanents dans certains appareils politiques".
C'est au conseil général que le fumet de ces "arrangements" est le plus capiteux avec la désignation du maire de Mallemort, Daniel Conte, désormais président consort. Pour sa première sortie, le 10 septembre, il a servi un discours lénifiant : "Rien ne change, j'ai une continuité à assurer ; pas de style à imprimer." Et concernant le clientélisme tant décrié dans l'institution départementale ? Réponse du pittoresque président par intérim : "Le clientélisme ? Je ne suis pas de Marseille !" Sur des airs de "On s'est connus, on s'est reconnus", la secte heureuse des Guérinistes reprend en chœur le thème du "complot politique" tout en se voulant sereine. "On a dit beaucoup et n'importe quoi", assure le sénateur-maire d'Allauch, Roland Povinelli. "Maintenant, des explications vont pouvoir être apportées et chacun verra", répond en écho Mario Martinet, conseiller général socialiste du canton de Berre-l'Étang.
"Faire la chasse aux mauvaises pensées", c'est la nouvelle mission de Jean-David Ciot, promu successeur de Guérini à la chefferie de la Fédé 13. Le maire PS du Puy Sainte-Réparade tente de faire passer des petits matins frisquets pour de grands soirs : "Jean-Noël a pris une sage décision, il va pouvoir préparer sa défense sereinement sans gêner les primaires. Les militants n'ont pas perdu confiance, ni en lui, ni dans le parti, on se doit d'être unis." Hum... Les dernières révélations de la justice semblent avoir sorti de leurs torpeurs les plus assoupis. Janine Écochard, conseillère générale depuis 1998, trouve des accents de Louise Michel, pour demander, outrée, "la démission et non le retrait" de celui qu'elle a servi depuis plus de deux mandats. La gravité de l'affaire aurait-elle mérité un réveil moins tardif ? "Comme tout le monde, j'ai appris certaines choses dans la presse", glisse l'élue qui, le 31 mars dernier, avait tout de même donné sa voix pour la réélection à la présidence du CG, comme l'ensemble des conseillers socialistes, d'un Guérini déjà dans la tourmente !
"Les socialistes à Marseille doivent faire preuve de courage, mais s'ils sont soutenus par leur parti à Paris, ce sera plus facile", déclare, à Libé, Patrick Mennucci, maire socialiste du premier secteur de Marseille. Mais attention, les aigrefins sont priés d'enrubanner leurs propos de multiples précautions. Et pour cause, la vieille garde guériniste, disposée façon escadrille de chasse, n'hésite pas à fondre sur les intrépides. "JNG est traîné dans la boue par des camarades. Moi, je n'ai jamais été son conseiller ou son directeur de campagne, comme Mennucci, qui le critique aujourd'hui", glisse Rébia Bénarioua, conseiller général des quartiers Nord. "Qu'ils s'en aillent, ils ont profité du système et maintenant ils critiquent. Eh bien qu'ils s'en aillent ! Mennucci comme les autres", s'emporte Daniel Conte, manifestement agacé. "Durant l'affaire Urba, le parti a été solidaire avec tous les élus mis en cause : Écochard et Pezet, entre autres. Ils semblent l'oublier aujourd'hui", se désole Jean-David Ciot.
La lutte des places
Sachant d'expérience se coltiner avec les réalités troubles, le taiseux Théo Balalas, l'allure chaloupée, ne s'en laisse pas conter. "Beaucoup font leur numéro dans cette histoire", déclare l'ex-militant du FN, ex-responsable des adhésions à la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, toujours membre du bureau fédéral. Invité à s'épancher sur son vague à l'âme, l'ancien membre de l'OAS., toujours membre à jour de cotisation de l'Adimad (*), association "nostalgérique" d'extrême droite, embraye, le sourire carnassier : "Monsieur, si je racontais toutes les histoires du PS 13, je ferais du Balzac en 36 volumes." Mais encore ? "Je n'ai plus rien à dire, compris ?" C'est le propre des esprits visionnaires d'aller à l'essentiel ! Malek Boutih, membre du bureau national du PS, réclame désormais l'exclusion de Théo Balalas car "un facho n'a pas sa place au PS" (La Provence, le 20/09). Il était temps !
Autre coup du sort, deux proches de JNG sont inquiétés par la justice. Le sénateur socialiste et maire de Berre-l'Etang, Serge Andréoni, est convoqué le 14 septembre pour des faits présumés de complicité de trafic d'influence. Il échappe alors provisoirement au juge pour raison de santé. La cour d'appel d'Aix-en-Provence a pour sa part condamné, mercredi 7 septembre, à deux ans de prison ferme, cinq ans d'inéligibilité et 100.000 euros d'amende, Bernard Granié, président socialiste du Syndicat d'agglomération nouvelle (San) Ouest Provence. Histoire de rajouter un peu plus de trouble à une situation déjà vaseuse, François Bernardini, maire d'Istres et vice-président du San, annonce vouloir adhérer à nouveau à la Fédé 13 après en avoir été exclu en 2001. Il est aujourd'hui un candidat potentiel à la succession de Granié.
Au CG13, ils sont un certain nombre, malgré l'exiguïté du sentier qui mène au fauteuil de président, à rêver. "Non, je ne suis pas dans cet état d'esprit, il y a déjà un président. Mais, je ne dis pas que je n'en suis pas capable", minaude Christophe Masse. "On est passé de la lutte des classes à la lutte des places !", observe, taquin, Franck Dumontel, ex-directeur de cabinet à la communauté urbaine et au conseil régional, aujourd'hui consultant-conseil. Qui, alors, pour succéder à Jean-Noël Guérini ? Jean-David Ciot esquisse "les deux futurs possibles" pour le CG : "L'avenir, ce sont des élus plus jeunes comme Gachon, le maire de Vitrolles, ou Mario Martinet, celui de Berre-l'Étang". Mais gare ! Jean-Noël Guérini, a prévenu qu'il allait se défendre "comme un lion".
(*) Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l'Algérie française

26 septembre 2011

Sénat : Guérini et compagnie n'y fichent rien !

guerini senat
(Clic sur l'image pour agrandir) 

Comme pour les députés, un site vient d'établir un classement fondé sur l'activité des sénateurs. Surprise, sans en être une, dans les dernières places, on trouve la bande à Guérini.
En partant du bas du classement général, Samia Ghali occupe la 21e place avec seulement 7 semaines de présence sur 40. Quant à Jean-Noël Guérini, il est à la 9e avec 2 semaines. Tout près, Serge Andréoni figure à la 8e avec 1 semaine et Roland Povinelli à la 4e avec 1 semaine.
La honte.
A ce niveau d'imposture, il ne manquerait plus qu'ils soient absents pour l'élection d'un président de gauche du Sénat samedi prochain !

logo senateurs
Toutes les infos sur le site :
http://www.nossenateurs.fr/

29 septembre 2011

Jean-Noël Guérini est-il vraiment fréquentable ?

guerini berre
(Clic sur l'image pour agrandir)

Lors du débat télévisé d'hier, le nom de Jean-Noël Guérini a tinté une fois de plus. Arnaud Montebourg lui a encore réglé son compte, obligeant Martine Aubry à faire une grosse grimace lors de sa réponse.
Et ce n'est pas fini. Pour sa visite aujourd'hui à Marseille, Montebourg a souhaité une protection policière. Cela a évidemment fait réagir vertement Guérini sur son blog. Pas jolie jolie la réaction. C'est même petit pied. Tout comme le communiqué de la même eau publié par Jean-David Ciot au nom de la fédération que lui a léguée son maître.
Par ailleurs, l'actualité ne lâche pas non plus le président du conseil général. On a appris qu'il comptait se rendre à Paris pour voter pour Jean-Pierre Bel. La Provence rapporte un propos de Jean-Noël, "je suis redevenu fréquentable". Allusion aux coups de fil qu'il reçoit de la direction nationale du PS pour que sa voix ne s'égare pas samedi.
Mais c'est le dernier morceau de pain blanc. Car la saga des deux frères continue de dérouler son fil.
Hier, le juge Charles Duchaine a procédé à la confrontation de deux acteurs des affaires liées à Alexandre Guérini. Tous deux incarcérés, Raymond Bartolini et Patrick Boudemaghe, ont eu à s'expliquer sur divers marchés et les tours de passe-passe de sommes occultes. On sent bien que le juge a fermement l'intention de montrer que ses griefs d'"association de malfaiteurs" ne sont pas pure fantaisie.
Pour le reste, il faut lire l'article de Xavier Monnier dans Bakchich qui raconte dans le menu détail tout ce qui se passe à Berre-L'Etang. Et celui d'Hervé Gattegno dans Le Point sur les déclarations de Jean-Marc Nabitz au juge. C'est bien simple, le bonhomme ne se retient plus et crache un à un tous les quignons en citant les frères Guérini. Ce pain est bien noir...

logo guerini blog
http://www.jn-guerini.fr/2011/09/28/deplacement-d%E2%80%99arnaud-montebourg-a-marseille/

logo bakchich
http://www.bakchich.info/Au-Milieu-couve-l-Etang-de-Berre,13057.html

logo le point
http://www.lepoint.fr/politique/le-repenti-qui-accuse-le-systeme-guerini-28-09-2011-1378470_20.php

Guérini pas fréquentable pour la Fête du livre à Aix...
Son nom a déjà disparu...

guerini pas frequentable

18 juillet 2011

Guérini, Aubry, Hollande et le vote de la Fédé PS 13

guerini canard 13

La fédération socialiste des Bouches-du-Rhône a-t-elle guéri ? Le rapport Richard a-t-il contenté tout le monde ? Pas sûr.
D'un côté, Jean-Noël Guérini s'est dit pleinement satisfait. Il n'avait pas grand-chose à se reprocher, avait-il seriné. Et voilà que maintenant il revendique avoir toujours voulu anticiper les changements qu'on lui préconise.
Dans une interview à La Marseillaise mardi dernier, il a osé ceci.
Quelle est votre réaction sur le contenu du rapport de la commission présidée par Alain Richard ?
"J’ai voulu cette commission. Dans ses conclusions, Alain Richard propose un contrat de rénovation qui s’applique à notre fédération comme, d’ailleurs, à l’ensemble des fédérations socialistes. Depuis longtemps, je suis préoccupé par un certain nombre de chantiers de rénovation proposés, comme la taille des sections, les rapports entre le PS et les institutions, la vie démocratique. Je l’ai déjà dit : le parti doit se refonder. C’est pourquoi je suis heureux que la fédération des Bouches-du-Rhône soit le laboratoire de ce renouveau.
Qui soutiendrez-vous pour diriger la fédération ?
J’apporte mon soutien à Jean-David Ciot. Il s’agira de mettre en place une direction collégiale qui reflètera la diversité qui s’exprime dans le parti.
Comment avez-vous vécu ces quatre mois d’enquête ?
Avec courage, avec patience et avec espoir. Le tapage de Montebourg ne nous a pas aidés quelques jours avant les cantonales. C’est un Rastignac qui parle aux caméras comme Narcisse soucieux de sa seule image. Il a été un allié objectif de la droite et les réserves qu’il a émises sur le rapport Richard ne l’honorent guère. Quant à ses porte-valises locaux, leur ressentiment est inversement proportionnel à leur représentativité." 
D'un autre côté, jeudi dernier, Martine Aubry a livré son sentiment à La Provence.
Quel est votre regard sur la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône qui vient de faire l'objet d'une commission d'enquête interne et d'un rapport ? 
"Certains mélangent le fonctionnement de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône et une affaire judiciaire qui concerne le frère de Jean-Noël Guérini, président du Conseil général, et qui doit être traitée par la justice. En ce qui concerne la fédération des Bouches-du-Rhône, j'ai confié à Alain Richard, dont tout le monde reconnaît l'intégrité et le sérieux, le soin d'analyser ce fonctionnement. Il a mis le doigt sur certains dysfonctionnements comme des sections trop importantes ou animées par des salariés du Conseil général. Il a fait des propositions sur un contrat de rénovation que les leaders socialistes de la fédération ont accepté. Cela va nous servir pour d'autres fédérations. La fédération des Bouches-du-Rhône est très active et populaire, il fallait des fonctionnements différents et une organisation différente. Mais il faut arrêter de jeter en permanence un voile négatif sur ce qu'elle est."
Comme disait l'autre, il n'y a donc "pas mort d'homme". Et vogue la galère.
Le son est bien différent à Renouveau PS 13. Voici ce qu'on trouve sur leur site.

(Clic sur chacune des trois parties pour agrandir)
renouveau PS 13 12
renouveau PS 13 12
renouveau PS 13 12

Et puis on a appris en dernière minute que deux candidats aixois, Patrice Poli et Guillaume Guerre, vont tenter leur chance à l'élection pour le poste de premier secrétaire de la fédération.
Ils sont favorables à la candidature de François Hollande alors que Jean-David Ciot et Jean-Noël Guérini, qui jouent aux énigmatiques, voteront, pas de doute, pour Martine Aubry. Une histoire de prêtés et de rendus, quoi.
Il suffit de lire ces quelques lignes du Canard enchaîné de mercredi pour s'en convaincre : ça joue du pipeau et du trombone à coups pas vraiment lisses.

(Clic sur les images pour agrandir)
guerini canard 13 
   
guerini canard 13 

La profession de foi de Patrice Poli est ICI.

11 juin 2011

Les Guérini en une dans la mare aux canards

guerini canard une 8

La pente et la côte. L'une donne le vertige et l'autre se fait raide.
Cette semaine encore, Le Canard enchaîné nous régale avec un nouveau titre à la une sur Guérini. Dans sa mare aux canards, la fameuse page 2, une brève ironise sur Alexandre à propos de son site internet. Et, en page 3, l'article annoncé détaille les trouvailles de la justice suisse sur des comptes jusque là obscurs où l'on trouve Veolia et ses bonnes affaires.
Il n'est pas jusqu'à Jean-Laurent Bernard de France Bleu Provence de laisser entendre que Jean-Noël serait de moins en moins soutenu par son entourage.
Ce qui explique sans doute pourquoi le président du conseil général a boudé la cérémonie de pose de la première pierre du futur stade vélodrome, qui a prôné le boycott avec pour prétexte l'absence de son nom sur les cartons d'invitation mais plus vraisemblablement pour fâcherie contre ce que la presse continue à écrire sur lui, exemple encore avec Le Point de cette semaine. Ce qui a fait tiquer Jean-Claude Gaudin.
Autre cocasserie mais sans rapport avec la politique, le président de l'OM, lui, était bien présent mais a été lourdé quelques petites heures après.
Quant à la commission d'enquête sur la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, La Provence révèle que les conclusions seraient mi-chèvre mi-chou. Pas de tutelle mais mise en place d'une commission de rénovation des pratiques, le tout mené par Jean-David Ciot. Arnaud Montebourg sera peut-être à demi satisfait d'avoir rédigé son rapport vu que certaines de ses observations ont été retenues.
Martine Aubry, elle, n'aura fait qu'une moitié de chemin sans se mettre à dos trop de monde, l'appui de la fédé 13 lui étant nécessaire pour sa candidature dont personne ne doute plus.
Il ne reste plus qu'à lire ce qui suit.

(Clic sur les images pour agrandir)
guerini canard newsof 8
guerini canard veolia 8
guerini canard veolia 8
guerini paradis fiscaux
logo france bleu provence 2
edito jean laurent bernard 9 

30 mai 2011

A. Guérini : Des photocopieurs qui impressionnent !

 guerini gif 4

Au départ, on pourrait croire à une banale histoire de photocopieurs. Mais comme il s'agit d'un marché public conséquent, forcément, ça finit par impressionner.
Et c'est ce que nous raconte dans le détail cet article de Mediapart qui a fouillé et reconstitué les dessous du processus jusqu'à l'attribution du marché où circule le nom d'Alexandre Guérini.
C'est d'ailleurs précisément ce qui semble avoir motivé la perquisition d'un service de la mairie de Berre-l'Etang la semaine dernière par les gendarmes missionnés par le juge Charles Duchaine.
On a beau être presque rompu aux révélations et aux découvertes de cette affaire judiciaire et à ses ramifications politiques, voilà encore un recoin qui laisse bien perplexe. Et puis, en attente du 20 juin, date annoncée pour la publication des conclusions de la commission d'enquête sur la fédération des Bouches-du-Rhône, il est utile de lire ce qu'en dit le collectif Renouveau PS 13 dans la dernière livraison de sa lettre du 23 mai (voir extrait en fin d'article).

logo mediapart entier
Affaire Guérini :
les marchés de photocopieurs dans le viseur des gendarmes
27 Mai 2011 Par Pierre-Julien Bouniol et Louise Fessard

Dans le cadre de l'information judiciaire sur les marchés publics dans les Bouches-du-Rhône, les gendarmes de la section de recherche ont perquisitionné, mercredi 25 mai, dans les locaux de la mairie de Berre-l'Etang. Ce fief socialiste de 14.000 habitants (et quelque 400 cartes PS, d'après Gérard Frisoni, secrétaire de la section) a pour maire Serge Andréoni, sénateur PS proche du président du Conseil général, Jean-Noël Guérini.
Arrivés aux alentours de 9 heures, les gendarmes ont, selon Raymond Bartolini, adjoint au maire qui était présent, "demandé les documents relatifs aux marchés 2009, 2010 et 2011 passés avec Prodotec".
Prodotec est une société marseillaise de reprographie soupçonnée par le juge Duchaine d'avoir remporté frauduleusement des marchés publics grâce à l'intervention d'Alexandre Guérini.
Toujours selon cet élu, les gendarmes sont repartis les mains vides, car le dernier marché public passé par la Ville avec cette société spécialisée dans la commercialisation et l'entretien des photocopieurs remontait à 2008, pour un montant inférieur à 10.000 euros. "Je suis tout à fait tranquille, a de son côté réagi Gérard Frisoni, premier adjoint au maire. Les gendarmes peuvent venir quand ils veulent, on donnera tout ce qu'ils demandent."
Le 22 janvier 2010, le juge Duchaine, qui enquête depuis avril 2009 sur l'affaire Alexandre Guérini, avait demandé au procureur de la République d'être saisi de faits nouveaux "concernant la vente par la SA Prodotec de matériels de reprographie dans le cadre de l'obtention d'un marché public passé par la mairie de Berre ou l'Agglopole Provence (communauté d'agglomération qui coiffe la ville - ndlr)". Ces faits sont susceptibles, selon lui, d'être qualifiés de trafic d'influence, favoritisme, et corruption active et passive.
Les écoutes effectuées en 2009 ont effet permis aux gendarmes de surprendre de nombreuses conversations (plus de 53 contacts entre mai et début juillet 2009) entre Alexandre Guérini, frère du président du conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini, et Sylvain Benarouche, le PDG de Prodotec, surnommé "la Photocopieuse" par l'intéressé. Un fonctionnaire du conseil général était également de la partie.
Des conversations elliptiques ("Ne parle pas au téléphone", rappelle à plusieurs reprises Alexandre Guérini à ses interlocuteurs) et des SMS plus ou moins explicites : "Pour le photocopieur les chiffres sont bons", le 11 juin 2009, ou encore "Je gère au mieux mais dans les escadrilles de cons, la photocopieuse est pilote de la cupidité", le 29 juin 2009. Les gendarmes suspectent Alexandre Guérini et ce fonctionnaire d'avoir été rétribués par Sylvain Benarouche en raison de leurs interventions en sa faveur.
Le 11 juin 2009, Alexandre Guérini prévient ainsi le chef d'entreprise qu'un "ami" ("que je t'avais présenté à l'époque là et vous étiez deux sur l'affaire là...", précise-t-il), lui "a dit qu'il allait te faire gagner à toi, il m'a dit qu'il allait te faire gagner". "Moi je serais toi, je lui enverrais un Sms tu vois (...) et il te parlera de tes photocopieurs", conseille-t-il à Sylvain Benarouche. 
Le 23 juillet 2009, Alexandre Guérini informe cette fois le fonctionnaire du conseil général que le PDG de Prodotec vient "de lui en donner une partie et l'autre partie sera pour mercredi prochain".
Le 19 juin 2009, une rencontre, photographiée par les gendarmes, a même lieu sur le parking d'un hôtel Sofitel, à l'aéroport de Marignane, entre Sylvain Benarouche, Alexandre Guérini et une personne identifiée comme un élu de l'Agglopole Provence. Contacté par Mediapart, ce dernier ne se souvient plus de cet étrange rendez-vous sur un parking, mais affirme qu'à l'époque Sylvain Benarouche voulait acquérir un immeuble à Berre pour installer un supermarché Lidl et qu'il l'a peut-être rencontré "par hasard" à ce sujet. "Je n'ai pas de commentaires à faire", a déclaré quant à lui Sylvain Benarouche, joint jeudi soir au téléphone.
Si Berre-l'Etang n'a pas passé de marché avec Prodotec en 2009, en revanche l'entreprise était candidate à sa propre succession sur un marché de location et de maintenance des photocopieurs lancé le 7 mai 2009 par l'Agglopole Provence. Et elle l'a remporté pour 131.733 euros en décembre 2009 dans des conditions curieuses.
Une première procédure qui classait Prodotec troisième sur quatre candidats (Konica Minolta, Ricoh France et Aitec Bureautique) a été annulée, à la suite d'une observation de l'inspecteur de la DGCCRF selon qui aucun des candidats ne répondait à l'une des exigences techniques (un détail sur la vitesse de copie couleur).
Lors de la deuxième procédure lancée le 15 octobre 2009, trois entreprises déposent des offres mais, surprise, à part Prodotec, aucune des sociétés présentes au premier tour ne candidate, même Konica Minolta qui avait pourtant fait la meilleure offre. Prodotec remporte le marché en proposant un prix inférieur de 30.000 euros à sa précédente offre (et très proche de celui qu'avait fait Konica Minolta).
"Nous avons soupçonné que quelque chose s'était passé entre la première et la deuxième procédure, mais nous ne pouvons rien prouver", commente un fonctionnaire de l'Agglopole Provence, qui préfère rester anonyme.
Prodotec, société concessionnaire de Sharp au chiffre d'affaires de plus de 9 millions d'euros en 2008, a eu, ces dernières années, de nombreux marchés publics avec des collectivités de gauche du département (entre autres le conseil général, l'Agglopole Provence, la communauté urbaine de Marseille, le syndicat d'agglomération nouvelle de Ouest-Provence, Salon-de-Provence, Aubagne, Miramas, Rousset, Istres, etc.). L'entreprise a également équipé la fédération PS des Bouches-du-Rhône.
Après l'ouverture d'une instruction pénale en Suisse en décembre 2010, les enquêteurs avaient découvert, dans une filiale suisse de l'Israeli Discount Bank, un compte au nom de Sylvain Benarouche, sur lequel a été séquestré 1,7 million d'euros. Ils ont également relevé de nombreuses transactions avec quatre autres comptes ouverts dans la même banque par Alexandre Guérini.
Le 20 juillet 2009 dans une conversation avec Alexandre Guérini interceptée par les gendarmes, sa compagne Jeannie Peretti avait lancé à propos d'un dîner chez Sylvain Benarouche auquel ils n'étaient pas invités : "Je voulais te dire que Jean-Noël non plus n'était pas invité." Elle poursuit citant l'amie qui lui a donné cette information : "Comme ils n'ont pas invité Jeannie et Alexandre, donc ils en ont déduit qu'il choisissait un autre chemin pour (rires) avoir peut-être des marchés autres qu'au CG."
Questionné le 17 février 2011 par le juge sur cette phrase intrigante, Alexandre Guérini a répondu : "Ni moi ni Jeannie Peretti n'avons aucun pouvoir pour attribuer ou pour favoriser l'attribution d'un marché auprès du conseil général." Et ailleurs ?

Extrait de la lettre de Renouveau PS 13 du 23 mai :
(Clic sur l'image pour agrandir)
PS 13 extrait lettre
L'intégralité de la lettre :
https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=explorer&chrome=true&srcid=0ByEiYrMzRwvdZmVlMDlmNmYtY2U0ZS00ZWJkLTk1ODQtOGVhMTVkMzIzNTE4&hl=fr&pli=1

5 juillet 2011

Maryse Joissains, vraie adepte de "sorts extrêmes"

sarko roms
(Clic sur l'image pour agrandir)

Maryse Joissains dit et fait par petites touches. Et, au final, cela donne des prises de position politiquement rétrogrades et électoralement populistes. Deux exemples récents en offrent une illustration parfaite. Maryse Joissains est bien digne du collectif qu'elle a rejoint, celui dit de la Droite populaire où elle côtoie quelques collègues députés extrêmisants qui ne font pas dans la dentelle.

sarko roms 3sarko roms 2
(Clic sur chaque image pour agrandir)

1. Au dernier conseil municipal, Maryse Joissains a présenté une motion - qui ne vaut pas délibération applicable et ne finira somme toute qu'en une énième lettre adressée au président de la République - aussi crasse que surréaliste demandant le rétablissement des frontières à l'intérieur même de l'Europe. En clair, il faudrait suspendre les accords de Schengen qui, selon elle, ne feraient plus l'affaire.
Et pourquoi donc messieurs dames ? Mais voyons, à cause de certaines populations (jamais nommées mais on devine à la description qui en est faite qu'il s'agit des Roms) qui font rien qu'embêter Aix-en-Provence qui devient une victime. Quel hasard en pré-période électorale présidentielle et législative !
Au cours du débat qui a suivi, des élus de la majorité se sont lâchés : la Roumanie organise "l'exportation de la misère et des pauvres qui viennent mettre la panique chez nous", "on est le pays des droits de l'Homme, d'accord, mais il faut raison garder", "les enfants qui font la mendicité sont drogués" et "on les élève à faire ça", "ces gens ne travaillent pas, nos émigrés italiens, qui nous ont un peu envahis, ont toujours travaillé, eux". Quelle honte de tenir de tels propos !
       Le texte de la motion et le résultat du vote du conseil municipal : 
                                           delib_2645_MOTION

 sarko mariage homo

2. Le 14 juin, les députés étaient appelés à voter sur une proposition de loi d'origine socialiste visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe. Dans sa très grande majorité, la droite a rejeté le texte. Parmi les "contre", il ne fallait pas s'étonner de compter Maryse Joissains.
Pour mémoire, la même bataille avait eu lieu il y a douze ans lors de l'instauration du Pacs. Depuis, cette avancée sociétale s'est imposée à tous et surtout aux couples hétérosexuels (95% des pacsés sont hétérosexuels et 5% homosexuels).
Interrogée par Le Point lors du numéro spécial paru le 23 juin et consacré au "cas Joissains", Maryse Joissains a déclaré : "Il faut peut-être améliorer le Pacs pour qu'il ait les mêmes effets patrimoniaux que le mariage, mais ce dernier doit demeurer un sacrement en vue de procréer." C'est une façon de voir certes, mais sans doute pas compatible avec l'argumentation laïque et réaliste qu'on attend d'un parlementaire.
                             Le détail des votes du 14 juin 2011 :
          
http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0773.asp
                Le détail des votes sur le Pacs du 9 décembre 1998 :

          
http://www.assemblee-nationale.fr/11/scrutins/jo0155.asp

 joissains peine mort

Et puis, terminons avec cet autre rappel plus ancien. Alors que tout le monde sait que l'abolition de la peine de mort est entrée en vigueur en Europe depuis 1985 et qu'elle a été inscrite au Traité européen de 2008 (*), on entend encore des parlementaires et des candidats (enfin, surtout une certaine candidate) aux plus hautes fonctions agiter ce grelot pour rameuter les gogos.
Voilà donc Maryse Joissains bien partie pour accepter quelques futures alliances. Zemmour, sors de ce corps !
(
*) Article II-62 du Traité européen de 2008 :
"1. Toute personne a droit à la vie." 
"2. Nul ne peut être condamné à la peine de mort, ni exécuté."
Avec le Protocole n° 6, l'Europe est passée d'une situation de tolérance de la mort légale à sa prohibition. Elle a fait de l'interdiction l'une de ses valeurs cardinales au même titre que le respect du pluralisme démocratique et l'Etat de droit. Le rejet de la peine de mort s'inscrit ainsi comme l'une des pierres angulaires de l'identité européenne et l'une des valeursuniverselles du continent.

Deux articles pour rafraîchir la mémoire :
"Droite extrême : Joissains, Gaudin et leurs copains" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/09/15/19066424.html
"De Peynier à Aix, la droite extrême est à l'œuvre" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/12/21/19931415.html

8 avril 2011

Ping pong : Les Guérini, Aubry, le PS et les affaires

 guerini_creseveur_2

Les élections cantonales sont passées. D'autres se préparent. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas exercer entre les échéances un droit de suffrage permanent en continuant à relater ce qui se dit ou s'écrit sur les frères Guérini. Surtout quand c'est Jean-Noël lui-même qui répond en direct, comme il l'a fait hier matin pendant sept minutes sur France Inter, à des questions de Pascale Clark.
Mardi, c'est La Provence qui rapportait les réactions de Martine Aubry sur le cas du président du conseil général. Et puis hier, le journal produisait un nouvel article concernant l'existence de documents troublants sur la décharge de La Ciotat. On ne peut que le constater, les pages de cette histoire n'ont pas encore toutes été écrites.

Les points essentiels de l'interview de Jean-Noël Guérini sur France Inter
Les primaires socialistes :
"elles sont tout à fait légales. Organisons les primaires telles qu’elles ont été conçues par le parti socialiste. Il a toutes les autorisations, y compris de la CNIL" ;
Le rapport Montebourg : "totalement grossier, mensonger et diffamatoire", rappelant avoir porté plainte contre son auteur ;
L’organisation de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône : "je demande aux instances nationales du PS d’organiser l’élection du prochain premier secrétaire départemental, comme ça, il ne pourra pas y avoir de contestation", "quant à la fédération, il y a une commission d’enquête présidée par Alain Richard qui arrivera dans quelques jours. Cette commission a été diligentée à ma demande. Les portes et les fenêtres de la fédération sont ouvertes" ;
L’instruction judiciaire concernant son frère Alexandre : "il n’y a pas d’affaire Jean-Noël Guérini. Si mon frère a commis des infractions, il devra en rendre compte. Pour ma part, je fournirai toutes les explications et toutes les précisions au juge en charge de cette affaire, s’il souhaite m’entendre."

logo_france_inter
Ecouter l'intégralité de l'interview du jeudi 7 avril 2011 :
http://www.dailymotion.com/video/xi05ee_interview-de-jean-noel-guerini-france-inter-le-7-avril-2011_news#from=embed

logo_laprovence
La Provence mercredi 6 avril 2011
Martine Aubry défend la "présomption d'innocence"

A l'issue de la présentation des 30 mesures du PS pour la présidentielle 2012, hier, la première secrétaire du PS s'est exprimée sur les affaires internes du parti, notamment celles concernant les fédérations des Bouches-du-Rhône et de l'Hérault.
Martine Aubry pense-t-elle que l'affaire Guérini puisse faire l'objet d'un enjeu dans le cadre la campagne des primaires ? Elle a rappelé la règle du jeu - "On ne se tire pas de balles dans le pied des uns et des autres. On défend notre projet..." - avant, finalement, d'accepter de parler des "affaires".
En Languedoc-Roussillon, les choses ont été rondement menées : "Après avoir travaillé de mars à septembre avec une commission d'enquête, nous avons trouvé des petits problèmes de démocratie interne, de gouvernance, dans quatre fédérations sur cinq et on a remis les choses au point. Mais dans l'Hérault, on a découvert des choses plus graves et à l'issue du travail de la commission d'enquête, on a décidé de mettre sous tutelle la fédération de l'Hérault."
Concernant l'affaire Guérini, Martine Aubry a défendu, une fois encore, la présomption d'innocence : "J'entends des tas de choses mais la justice ne s'est pas encore prononcée dans un dossier où personne ne sait rien.
D'un autre côté, il y a le fonctionnement de la fédération sur lequel je n'ai aucun fait précis. Arnaud Montebourg ne nous a donné aucun élément précis, il a tenu un discours. Mais quand on prend une décision comme on l'a fait dans le Languedoc-Roussillon, c'est parce qu'il y a des faits et des faits prouvés, pas un discours général.
Donc nous avons mis en place une commission d'enquête. J'avais dit que je la mettrai en place dès après les cantonales. Le deuxième tour, c'était dimanche et le mardi suivant, la commission était en place."
 L'affaire ne concerne, pour Martine Aubry, qu'Alexandre Guérini "qui est en prison".
"Si on me disait, assure la leader socialiste, que Jean-Noël Guérini a fait ça et l'a reconnu, je serais la première à dire qu'il faut en tirer les conséquences. Mais aujourd'hui, on n'a pas de faits. Je dis pas qu'il n'y en a pas, je ne défends rien : je dis qu'il faut attendre. Quand la police et la justice prendront une décision, nous en prendrons une à notre tour. Mais faire de la mousse en allant à l'encontre de la présomption d'innocence sans apporter aucun élément, ce n'est pas bien."
Un tacle direct à l'encontre d'Arnaud Montebourg, auteur du rapport sur le fonctionnement de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, dont elle ne prend pas "au sérieux" la candidature aux primaires de son parti en vue de la présidentielle de 2012. Sérieux, dans la bouche de la première secrétaire voulant dire que c'est une candidature qui se dégonflerait.
Car, quand on lui demande s'il y aura des défections après qu'elle a dit qu'il n'y aurait que "deux ou trois candidats aux primaires", elle répond : "Bien sûr." D'ailleurs, elle a salué l'annonce de la candidature de François Hollande : "C'est très bien qu'il se présente. Il est totalement légitime et c'est une candidature sérieuse."
Comprendre : lui ira jusqu'au bout. Et elle ? "Si je suis candidate, je vous le dirai."

logo_laprovence
La Provence jeudi 7 avril 2011
Affaire Alexandre Guérini :
nouveaux documents troublants sur la décharge

Des délibérations contradictoires sur une décharge adressées à la justice.
A quelques minutes d'intervalle, sur un même dossier, des élus peuvent-ils voter blanc puis noir ? L'affaire des marchés truqués des Bouches-du-Rhône, que le juge Charles Duchaine instruit depuis 2009, prouve que oui.
Selon nos informations, les enquêteurs sont sur le point de recevoir d'un service de l'État des documents pour le moins intrigants : il s'agit de deux délibérations totalement contradictoires, que La Provence s'est procurée.
Adoptées le 22 novembre 2004 par la commission permanente du Conseil général, elles portent sur l'extension de la décharge du Mentaure à La Ciotat. A l'époque, la dimension schizophrénique de ces deux décisions avait échappé au contrôle de légalité exercé par la préfecture.
Connue depuis le début de l'instruction, l'une apparaît comme opposée à cette extension. Inédite à ce jour, l'autre montre que l'institution dirigée par Jean-Noël Guérini soutenait fermement cette extension, au point d'accorder ce jour-là près de 2,5 millions d'euros de subventions pour le projet. Frère du président PS du CG 13, Alexandre Guérini se trouvait au coeur du projet en tant que responsable de la SMAE, société spécialisée dans le traitement des déchets venait de remporter le marché de l'aménagement et de l'exploitation de la décharge.
Tout commence les 11 février et 12 mai 2004 lorsque l'Agglo d'Aubagne, qui possède la décharge du Mentaure, vote des demandes de subventions auprès du Conseil général pour la réhabilitation du site et "la création d'un centre de stockage des déchets ultimes à La Ciotat". Lancé quelques années plus tôt, ce programme prévoit notamment d'agrandir la décharge sur un terrain voisin, que possède la famille Semaire.
Le 22 novembre, cachée dans les annexes d'une convention avec l'Ademe, la somme de 2.485.005 euros est discrètement attribuée par le Département, sur un chantier d'un montant de 6,65 millions d'euros (*), un chantier financé par les collectivités, ce que le juge Charles Duchaine considère comme des conditions extrêmement favorables pour la SMAE.
Vente forcée
Mais là où l'affaire prend un tour singulier, c'est que ce même 22 novembre, les mêmes conseillers généraux réunis au même endroit lancent la préemption par le CG 13 pour 76.000 euros du fameux terrain Semaire. Comme la délibération le rapporte, cette décision est prise au nom de "la préservation de la qualité des sites, des paysages et des milieux naturels". Les enquêteurs soupçonnent en fait un moyen de forcer le propriétaire de la parcelle à la vendre et donc de favoriser à terme la SMAE : quelques années plus tard, des tonnes d'ordures échoueront effectivement là.
Bref, ces deux délibérations antagonistes sur le dossier du Mentaure fragilisent singulièrement la défense de Jean-Noël Guérini : questionné par la presse sur le volet préemption de la propriété Semaire pour des motifs environnementaux, il a toujours répondu avoir agi "à la demande du préfet", ce qui n'a jamais été confirmé par les services de l'État. Une position d'autant plus difficile à tenir à la lumière du soutien financier accordé dans le même temps à l'extension de la décharge, d'autant que l'attribution d'une subvention qui bénéficiait à une société de son frère renforce les soupçons de conflit d'intérêts.
Dernier point qui ne manquera pas d'intéresser les gendarmes en charge de l'enquête, les failles éventuelles des contrôleurs du Département sur la manière dont ont été utilisés, à La Ciotat, les 2,48 millions d'euros de subventions. L'enquête a en effet montré que les travaux du centre de stockage des déchets ultimes ont été l'occasion de quelque 2,2 millions de fausses factures, la SMAE d'Alexandre Guérini ayant fait appel à des sous-traitants liés avec le grand banditisme, alors qu'elle devait réaliser elle-même le chantier.
(*) Les gendarmes ont relevé qu'en raison de plusieurs avenants au marché, "le coût final sera de 8.029.326 euros".
                                                               Fred Guilledoux et Denis Trossero

1 juillet 2011

Affaire Guérini : La justice décoche ses coups...

 guerini ravi 86 alex

Dans l'affaire Alexandre Guérini, ça continue de rosser de toutes parts ! Gardes à vue, détails sur les marchés, relations douteuses, arrangements, provocations, un vrai festival.
C'est à se demander si Jean-Noël Guérini peut encore se déclarer "serein" et dormir sans faire de cauchemars tant ses journées doivent être hantées par le bruit des pas des gendarmes qui se rapprochent de lui.
Voici une première compilation bien fournie des plus récentes livraisons de la presse. (La suite demain)

logo laprovence
"Affaire Barresi-Campanella :
audition du bras droit de Jean-Noël Guérini"
http://www.laprovence.com/article/a-la-une/affaire-barresi-campanella-audition-du-bras-droit-de-jean-noel-guerini
"Provocation ou inconscience ?
Alexandre Guérini s'invite en préfecture..." 
http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/provocation-ou-inconscience-alexandre-guerini-sinvite-en-prefecture
"Affaire Barresi :
la PJ multiplie les investigations sur la maison de retraite"
:
http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/affaire-barresi-la-pj-multiplie-les-investigations-sur-la-maison-de-retraite

logo france 3 prov alpes - Copie
"Marseille : 3 gardes à vue"
(Une vidéo de 1'29")
http://provence-alpes.france3.fr/info/marseille--l-enquete-se-poursuit-69471889.html?onglet=videos

logo canard
(Clic sur les images pour agrandir)
guerini bonne mere canard 29
 
  
guerini bonne mere canard 29 

19 mai 2011

Alexandre Guérini libéré… et le PS 13 en délibéré

guerini_alex_boulet___CopieYoupi ! Hier après-midi, les portes de la prison se sont ouvertes. Mais, contrairement au barnum américain, la sortie s'est faite sans images. Après six mois à l'ombre et plusieurs tentatives infructueuses, Alexandre Guérini a enfin obtenu sa levée d'écrou.
Il en a payé le prix, tout provisoire, celui d'une caution à 300.000 euros sans doute puisés directement dans sa propre cagnotte. Il aura cependant à respecter quelques obligations. Notamment, vu qu'il est privé de passeport, de ne pas s'aventurer à aller humer d'autres parfums que ceux de notre territoire.
Il ne pourra pas non plus entrer en contact avec les personnes concernées par les affaires liées aux siennes. Il reste également mis en examen et c'est évidemment ce qui est le plus fâcheux pour lui puisqu'il devra bien répondre un jour ou l'autre des chefs d'accusation que le juge Charles Duchaine lui a signifiés.
Des broutilles ? Que non. Il demeure soupçonné d'"abus de biens sociaux" commis au préjudice d'une de ses sociétés, de "détournement de biens publics", de "recel de détournement de fonds publics", de "corruption active", de"blanchiment en bande organisée des délits d'abus de biens sociaux et de détournement de fonds et biens publics" et de "détention illégale d'arme ou élément d'arme de la première catégorie" (un chargeur de pistolet automatique).
Mais ce n'est sans doute pas tout. Les écoutes opérées sur ses conversations téléphoniques ont révélé de multiples facettes de ses comportements dans divers dossiers dont certains ont déjà donné lieu à l'ouverture de procédures judiciaires.
Et puis, d'autres surprises pourraient encore alourdir son dossier : par exemple, transferts d'argent vers l'étranger, influences voire pressions sur des collectivités territoriales et des organismes institutionnels.
logo_PS_13_federationPendant ce temps, la commission d'enquête interne du parti socialiste a poursuivi ses auditions au sujet du fonctionnement de la fédération des Bouches-du-Rhône. La Provence précise qu'Alain Richard a rencontré Michel Vauzelle en tête-à-tête.
A propos des tensions entre lui et Jean-Noël Guérini au moment des élections régionales, Michel Vauzelle a déclaré : "J'ai rappelé certaines méthodes que je n'ai pas comprises, le fait notamment que l'on décommande des bus de militants pour un meeting. J'ai également insisté sur le fait que tout le monde ne s'est pas exprimé dans les Bouches-du-Rhône, certains ayant peur de perdre un emploi ou une subvention du Conseil général". Cela a au moins le mérite d'être clair et contredit la position exposée par Jean-Noël Guérini dans son communiqué après sa propre audition à Paris.
D'autres socialistes ont aussi été auditionnés par la commission. Patrick Mennucci a ainsi résumé son entrevue mais il en a sans doute dit plus : "J'ai essayé de me projeter vers l'avenir. Dans la situation où est le PS après l'affaire DSK, il est évident que la fédération doit rentrer dans le rang en respectant un peu plus la diversité en interne."
Parmi les personnes qui se sont aussi rendues à Paris mardi et mercredi, La Provence précise : "l'Aixois Alexandre Medvedowsky et le Marseillais François-Noël Bernardi. Les questions, très précises, de la commission, portent pour beaucoup sur le poids anormal de certaines sections ou les bizarreries relevées lors de scrutins. D'autres entretiens sont prévus d'ici la fin du mois, avec le premier secrétaire fédéral par intérim Jean-David Ciot, le maire d'Allauch Roland Povinelli et le député Henri Jibrayel".
Patrick Mennucci a raison, il est grand temps de remettre un peu d'ordre. 

26 juin 2011

Le ténor Charles Castronovo enfin au Festival d'Aix !

 logo festival aix

Hourra ! Il va chanter en chair et en os sur le cours Mirabeau ! La venue du ténor américain Charles Castronovo à Aix est une grande première alors qu'il s'est déjà produit à Paris et à Toulouse et dans le monde entier.
En septembre 2009, il incarnait Vincent dans Mireille de Gounod, opéra retransmis en direct par France 3 depuis le palais Garnier.
Pour sa 63ème édition, le Festival d'Aix-en-Provence l'a donc invité pour huit représentations de La Traviata au théâtre de l'Archevêché aux côtés de Natalie Dessay. Les prix des places restant élevés (30 à 240 €), il sera cependant possible d'accéder au spectacle grâce à Arte qui le diffuse en direct le samedi 16 juillet à 21h30.
Et pour avoir un avant-goût de ces instants magiques, la Ville et le Festival ont eu la bonne idée d'offrir un concert gratuit avec les vrais artistes mardi 28 juin à 21h30 sur le cours Mirabeau. Même si toutes les places sur gradins sont déjà réservées, on pourra quand même tenter sa chance autour pour se laisser bercer par les flots de la puissante musique verdienne.

 charles castro aix

Qui est Charles Castronovo ? Il est né à New York il y a 36 ans d'un père sicilien et d'une mère équatorienne. Il a grandi en Californie. Sa carrière a vraiment débuté en 1998. Il a épousé la soprano sibérienne Ekaterina Siurina. Ils ont un enfant prénommé Alessandro et âgé de 4 ans.
Charles Castronovo chante avec une excellente diction aussi bien en italien qu'en anglais, en français, en espagnol ou en allemand, et n'hésite pas à se produire également sur scène pour des concerts de chansons napolitaines et siciliennes traditionnelles. 

Sa biographie :
http://www.charlescastronovo.com/biography-fr.html

Alors, avanti la musica ! Diverses vidéos sur internet permettent de le découvrir dans tous ses talents et en tous lieux du monde. En voici cinq échantillons. (Ne pas hésiter à basculer plein écran.)

Dans La Traviata de Verdi
à San Francisco en 2009
(en répétition)

Dans Mireille de Gounod
au palais Garnier en 2009

Dans La Sonnambula de Donizetti
à Moscou en 2006

(Ah ! le nom du ténor prononcé avec l'accent russe par la voix off !)

Dans Werther de Massenet
à Moscou en 2006

Dans L'Elixir d'amour de Donizetti
avec Ekaterina Siurina à Moscou en 2006

17 mai 2011

La justice suisse veut entendre Alexandre Guérini

argent_sale_blanchimentLes questions sont assez simples mais les réponses sont plutôt complexes. Où est passé le magot ? Comment a-t-il pu fuguer vers l'étranger ?
Hier, mon article portait sur les 13,7 millions d'euros que le juge Charles Duchaine, tel un moderne Sherlock Holmes, a réussi à faire saisir dans le cadre du trafic opéré via des sociétés contrôlées par Alexandre Guérini.
Cela tombe bien, Mediapart publie à son tour une enquête approfondie sur le sujet. Et y ajoute une information non ébruitée jusqu'ici : la justice suisse veut elle aussi entendre Alexandre Guérini. Voici donc ce complément d'information…

logo_mediapart_entier
La justice suisse veut entendre Alexandre Guérini
16 Mai 2011 Par Louise Fessard

L'affaire des marchés truqués des Bouches-du-Rhône et de Haute-Corse prend un tour international. On vient d'apprendre que le ministère public suisse a ainsi ouvert dès le 14 décembre 2010 une instruction pénale contre l'entrepreneur marseillais, pour soupçons de blanchiment d'argent. 
Les enquêteurs suisses ont repéré plusieurs "relations bancaires contrôlées par Alexandre Guérini et consorts (...) dont les avoirs déposés pourraient être d'origine criminelle". Dans une lettre du 14 avril 2011 au juge marseillais Charles Duchaine en charge de l'information judiciaire, le ministère public suisse demande à entendre Alexandre Guérini, ainsi que sept autres protagonistes du dossier. L'instruction suisse a notamment permis d'identifier quatre comptes ouverts, entre octobre 2005 et février 2007, par le patron de décharges auprès de l'Israel Discount Bank (filiale suisse de la troisième banque israélienne).
Un montant de 5,8 millions d'euros a été séquestré sur l'un d'eux. Fin septembre 2010, deux mois avant sa mise en examen et en détention provisoire, Alexandre Guérini aurait, selon l'enquête suisse, précipitamment cherché à transférer cette somme sur un compte au Liban au nom de sa compagne, Jeannie Peretti.
"Alexandre Guérini n'ayant pas pu apporter les clarifications nécessaires, l'opération n'a pas été exécutée par la banque", précisent les enquêteurs suisses. Ils ont relevé de nombreuses transactions entre les comptes contrôlés par Alexandre Guérini et quatre autres comptes ouverts à l'Israeli Discount Bank par plusieurs entrepreneurs marseillais. Parmi eux, Sylvain Benarouche, le PDG de Prodotec, une entreprise de reprographie soupçonnée par le juge Duchaine d'avoir remporté frauduleusement des marchés publics grâce à l'intervention d'Alexandre Guérini. 
Les enquêteurs suisses s'interrogent sur la provenance des 1,7 million d'euros séquestrés sur le compte de Sylvain Benarouche. Officiellement, selon le profil client du compte, ces fonds "auraient pour origine le salaire et les dividendes touchés par Sylvain Bennarouche (sic) notamment en lien avec ses sociétés Prodotec et Jegre et du revenu de ses sociétés de course". 
On retrouve aussi des transactions avec des comptes au nom du propriétaire marseillais d'une société en gros de vêtement de sport, ainsi que d'un éditeur marseillais, David Adda, condamné en 2010 à six ans de prison et 500.000 euros d'amende pour des escroqueries aux encarts publicitaires. David Adda a, selon La Provence, "géré des marchés de communication pour le PS 13" dans les années 1990.
Les comptes d'Alexandre Guérini étaient également en relation avec ceux, ouverts à Lugano (Suisse), par deux entrepreneurs liés au grand banditisme et mis en examen, Patrick Boudemaghe, extradé d'Espagne et écroué en France fin 2010, et Damien Amoretti qui a été remis en liberté.
Difficile de démêler l'imbroglio de ces transactions, mais les investigations de Tracfin, l'organisme chargé de la lutte contre le blanchiment d'argent, permettent de comprendre comment l'argent obtenu (de façon plus ou moins frauduleuse) grâce à des marchés publics rejoignait ensuite sous forme de généreux dividendes les comptes de sociétés étrangères. Le tout à des fins d'évasion fiscale et/ou de blanchiment.
SMA Développement et SMA Environnement, les sociétés d'Alexandre Guérini qui exploitent les décharges de La-Fare-les-Oliviers et de La Ciotat, étaient, à des niveaux divers, contrôlées par deux sociétés luxembourgeoises, Immo G Investissement et Sud Investissement, elle-même détenue à 100% par une société panaméenne (Satelite Astro Corporation). Ce sont ainsi plus de 2,7 millions d'euros de "dividendes", officiellement issus de l'exploitation de deux décharges, qui, entre 2007 et 2010, ont atterri sur les comptes luxembourgeois de ces deux sociétés.
Des dividendes qui "correspondent donc, en tout ou partie, à des fonds publics détournés" puisque "la SMA Environnement faisait supporter à la collectivité publique le coût du transport et du traitement de déchets d'origine privée par ailleurs déjà facturés à des particuliers ou à des entreprises", rappelle le juge Duchaine dans une lettre aux autorités judiciaires luxembourgeoises, lors de l'envoi en avril 2010 d'une commission rogatoire internationale. 
Parmi les ayants droit des sociétés panaméennes actionnaires de la SMA Développement (Tareo et Farman qui ont ensuite cédé leurs parts à Satelite Astro Corporation), les enquêteurs français sont tombés sur Patrick Boudemaghe, un proche d'Alexandre Guérini et gérant de l'entreprise de travaux publics ABT, elle aussi soupçonnée d'avoir remporté de façon frauduleuse plusieurs marchés publics.
Est également concernée une autre connaissance d'Alexandre Guérini, Jean-Marc Nabitz, l'ex-patron de Treize Développement, la société d'économie mixte du département qui a réalisé le plan départemental d'élimination de déchets ménagers. C'est-à-dire que le 30 janvier 2006, le conseil général des Bouches-du-Rhône a approuvé un document stratégique sur les déchets (emplacement des décharges, choix des techniques, etc.) réalisé par un proche d'Alexandre Guérini, qui, le 18 mai suivant, devenait bénéficiaire d'une société panaméenne actionnaire de l'entreprise qui exploite la décharge de La-Fare-les-Oliviers.
Entendu par le juge le 21 avril 2011, Alexandre Guérini ne s'"explique pas comment il (Jean-Marc Nabitz, ndlr) a pu être bénéficiaire économique de la société Taréo". Il ne comprend pas non plus pourquoi un de ses collaborateurs, Damien Amoretti, "a fait tout ce montage en vendant à Sud Investissement" ses parts de la SMA Développement.
"Ce n'est pas moi qui ai incité Damien Amoretti à réaliser un tel montage et je vous assure que je n'en suis pas le bénéficiaire, a-t-il affirmé au juge. Quel serait l'intérêt pour moi d'en être le bénéficiaire comme vous le pensez ?"
Interrogée par les services de la police luxembourgeoise, l'avocate administratrice luxembourgeoise d'Immo G Investissement et de Sud Investissement a mis en avant le respect du secret professionnel. A la suite de la découverte dans son cabinet d'une correspondance et d'une note d'honoraire adressées à un avocat marseillais, le cabinet de ce dernier a été perquisitionné le 18 mars 2011.

Publicité
Publicité
Suivre sur Twitter
Publicité