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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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16 février 2007

L'oracle Hulot à Marseille : le pacte et le pactole

dechargeNicolas Hulot à Marseille, c'est comme si Tintin rencontrait Pinocchio. Mais, défense de rire. L'intrépide au cœur vert est venu pour un acte symbolique : recueillir la vertueuse signature de Gaudin au bas de son pactole écologique.

En effet, le cas étant exemplaire, il fallait primer Marseille, via sa Communauté urbaine, pour son obstination à construire un incinérateur au bord de Fos qui, comme chacun sait, avait un urgent besoin de ce nouveau trophée polluant.

A l'occasion de la visite du premier écologiste du monde, un collectif d’associations de défense de l’environnement a dénoncé l'hypocrisie du maire et la caution tacite de notre populaire évangélisateur télé. On ne voit vraiment pas pourquoi. Gaudin a des excuses.

Il s'est tellement battu qu'il n'a même pas eu le temps de lire le "pacte écologique" qui prône la concertation et la consultation de la population. C'est donc tout naturellement qu'il a pris sa décision unilatérale de construire l'incinérateur, mettant en danger l'environnement et la santé des habitants tout en leur pourrissant la vie.

Peu importe que les populations de Fos-sur-Mer et de Port-Saint-Louis, consultées par leurs maires respectifs sur le précieux cadeau, se soient déclarées contre à 97%.

Interrogé par la presse, l'oracle Hulot, toujours mi-oui mi-non, a rendu sa sentence : "Ce qui m'intéresse, ce n'est pas ce qui a été fait mais ce qui sera fait demain et si ce sera cohérent avec la signature du pacte. Les associations sont mieux placées que moi pour juger de la cohérence et de la pertinence de cela. Si elles ont ces réserves, j'ai tendance à penser qu'elles ont de bonnes raisons de les avoir. Je comprends la réaction des habitants de Fos et je la partage. Ils auront payé tous les tributs environnementaux de France et de Navarre !"

Ce qu'il a résumé ainsi à la radio : "C'était peut-être la solution de la facilité, mais ce n'est pas la meilleure réponse."

Ces propos d'un courage inouï montrent bien que Hulot se fiche quand même un peu de ce qui se passe. Il veut simplement qu'on lui signe sa bouillie pour sa bouille.

Et qu'on n'aille pas lui chercher querelle dans les informations du jour. Il n'y est pour rien si Total, l'un des principaux financeurs de sa fondation, a engrangé un bénéfice record de 12,6 milliards en 2006. Et si l'annonce est faite au moment même où cette société philanthropique doit faire face à la justice pour les dégâts causés par l'Erika.

Allez, cessons d'être aussi mesquins. C'est vrai, quoi. Ce qui est fait est fait, l'écologie ne commence que demain…

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27 décembre 2006

La hotte et la botte

travailVeille de fête, jour de grande affluence, des salariés de grandes surfaces manifestent. Samedi, c'est devant le centre commercial Carrefour de la Pioline. Certains acheteurs protestent, de plus nombreux comprennent, d'autres soutiennent. Les salariés réclament tout simplement une meilleure rétribution de leur travail. Mettant en parallèle leurs minables salaires et les profits colossaux engrangés dans la hotte des grands groupes, ils font valoir que leur labeur n'est pas récompensé, sinon par un coup de botte au derrière.

Leurs revendications ne sont pourtant pas mirobolantes. Ils veulent juste parler de la précarité de leurs emplois et pouvoir récolter le fruit de leur travail. Quand on sait que 30% des gens qui dorment dans la rue travaillent mais ne peuvent pas payer un loyer, on se dit qu'ils ont bien raison de revendiquer.

27 janvier 2007

SDF : Le maire d'Aix devient la honte de la France

manif_de_soutien

Aix-en-Provence, place de la Rotonde, vendredi après-midi. Malgré le froid, 200 personnes de tous âges, avec une majorité de jeunes, ont participé pendant une heure et demie au rassemblement de soutien aux SDF qui campent depuis plus d'un mois devant l'office de tourisme.

L'appel a été lancé par une quinzaine d'organisations, avec l'accord des sans-abri, sous la bannière des Enfants de Don Quichotte. Un cortège s'est formé avec des banderoles. On pouvait notamment lire : "Une ville qui refuse le dialogue est contre des humains qui sont à terre", "Arrêtons de déplacer les problèmes", "Une table ronde ??!!!??".

J'ai pu observer sur place que les choses se passent dans le calme. Pas de cris, pas de slogans, pas de musique. Escortés par de nombreux policiers, nous avons parcouru le cours Mirabeau pour nous rendre au palais de justice puis à l'hôtel de ville où nous avons fait des haltes.

Indignation, colère, incompréhension sont les sentiments les plus exprimés par les personnes présentes, toutes venues pour témoigner leur solidarité et soutenir la lutte des laissés-pour-compte, abandonnés par la société qui, pourtant, n'est pas avare de bons sentiments.

Pendant ce temps-là, une information courait dans les rangs des manifestants. Le maire se trouvait à une célébration à la cathédrale à la mémoire de l'abbé Pierre. Alors que le problème est criant, sous nos propres yeux, Mme Joissains persiste dans son refus de traiter la situation de manière digne et humaine.

Elle n'a donné aucune suite à une demande de médiation qui pourrait examiner sereinement toutes les hypothèses. Aix est la seule ville de France à agir ainsi. C'est une honte et un scandale.

Treize tentes se trouvent toujours installées au cœur de la ville. Le maire a osé aller en justice pour obtenir leur expulsion. Le tribunal a débouté le maire qui a aussitôt fait appel de la décision. Les SDF demandent une table ronde pour essayer de trouver des solutions durables.

Le texte de l'appel d'Aix

NON À L'EXPULSION DES ENFANTS DE DON QUICHOTTE

Après la mobilisation sur tout le territoire national des Enfants de Don Quichotte, le gouvernement a été obligé de réagir positivement. Il a promis l'instauration d'un droit au logement opposable.

Dans l'immédiat, les tentes des sans-abri sont enlevées du domaine public, mais seulement à chaque fois qu'une solution de relogement durable est retrouvée.

Malheureusement, la municipalité d'Aix-en-Provence n'a pas du tout l'intention de respecter les engagements nationaux. Bien au contraire, elle a pris le parti du déni de droit et de la répression.

Mardi 16 janvier 2007, sa demande d'expulsion des Don Quichotte aixois qui campent devant l'office de tourisme a été rejetée par le Tribunal de Grande Instance d'Aix-en-Provence.

Malgré cela, la commune d'Aix s'entête dans sa politique antisociale et a fait appel de cette décision de justice.

Madame Joissains, après avoir refusé toute médiation, n'envisage aucune solution de relogement. Elle ne veut rien faire contre la misère. Elle veut simplement la cacher à la population.

Les signataires estiment cette attitude parfaitement scandaleuse et refusent qu'Aix-en-Provence soit la ville de France championne de l'exclusion.

* Signataires :

Aix Solidarité, AEMA, ASTI d’Aix, ATTAC Pays d’Aix, ATMF, Cimade, CLCV du Pays d’Aix, DAL du Pays d'Aix, FSU Aix, LCR, LDH Aix, PCF Aix, Partit Occitan, PRG Aix, Verts Aix, PS Aix, SUD Education

* Elus municipaux présents :

Cyril di Méo (Verts), Lucien-Alexandre Castronovo (Parti Radical de Gauche)

30 décembre 2006

SDF : Joissains reste dans l'effet maire

Tentes_SDFLe maire d'Aix a fini par recevoir une délégation de SDF. Ce n'est pas trop tôt et c'est mieux que rien, peut-on penser. Sa solution : demander aux services techniques de la ville d'agrandir les accueils pour les chiens des SDF. Oui, on a bien lu !

Mme Joissains, tout comme le gouvernement qu'elle soutient, n'est décidément pas à la hauteur pour savoir envisager le long terme, ni pour le logement, ni pour les sans-abri. Comme à son habitude, les problèmes, elle ne les découvre que dans l'urgence.

Parler de l'attractivité d'Aix, c'est sans doute bien pour ceux qui ont les moyens. Mais n'avoir rien fait pendant six ans pour prendre en compte tous ceux que notre féroce société laisse dans la rue, ce n'est pas à proprement parler une politique sociale hardie. Sa propagande ne repose en quelque sorte que sur l'effet maire.

21 février 2007

Vidéosurveillance à Aix : un scénario pour série B

videosurveillance

38 caméras : 30 en centre ville, 2 au Sud et 6 pour la zone d'activités de la Pioline. Autant dire que la décision du maire ne va rien résoudre. Au contraire même, les problèmes vont être déplacés à l'extérieur. Exactement comme à Marseille où 180 caméras sont concentrées en centre ville, soit à peine sur 1% du territoire de la ville.

Cela n'a, en rien, empêché les délits pour atteintes aux personnes d'augmenter fortement. Ce sera pareil à Aix. Comme pour les tags qui ont envahi les pourtours de la ville.

Alors, à quoi cela sert-il de faire de la démagogie électoraliste ultra-sécuritaire ? A Aix, la police nationale a perdu quelque 60 agents en trois ans. En même temps, la police de proximité a été supprimée. Pourtant, la présence humaine en prise directe avec la population est autrement plus sécurisante et efficace. Les postes de police municipale dans les quartiers, dont le maire se gargarise tant, sont… sans policiers.

Depuis sa création, le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), dont les objectifs sont de réfléchir, proposer, coordonner et agir intelligemment, n'a été réuni, avec les élus de l'opposition, qu'une seule et unique fois en séance plénière ! Plus rien depuis 2004 !

Le choix fait par le maire, lundi au conseil municipal, d'installer ces caméras n'est que de la poudre aux yeux. En effet, cela a commencé dès 2002. Depuis lors, le discours a été entretenu par plusieurs bandes-annonces. Son prix initial d'entrée en service était de 1,6M€.

Or, depuis quatre ans, sa programmation n'avait plus été projetée nulle part. Et pour cause. Les budgets en ont empêché la sortie. Au mois de mai 2006, une avant-dernière bande-annonce proclamait qu'elle ne coûterait plus que 1,2M€.

La vérité, c'est que le scénario a été revu à la baisse. Moins d'acteurs – on économisera en supprimant les personnels qui devaient s'en occuper – et les scènes de rue seront enregistrées pour être visionnées par la police seulement le lendemain. Autrement dit, en différé et non plus en direct. L'intervention immédiate en cas de délit constaté ne prendra que… 24 heures. Cela s'appelle se hâter… très lentement.

En revanche, faire son cinéma, c'est bon pour la… propagande.

castronovo_et_di_meo

France_3

Le reportage de France 3 est au début de l'édition de mardi 20 février.

http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b13a_1214part1

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18 février 2007

Loi de 1905 : Questions à un certain candidat

timbre_loi_1905

Henri Pena-Ruiz, philosophe, écrivain, dont le dernier livre paru est "Leçons de bonheur" (Flammarion), était venu à Aix en juin 2005 et à Vitrolles en juin 2006. Ses conférences ont attiré beaucoup de monde. Sa personnalité, la rigueur de sa pensée et ses talents d'orateur ne laissent personne indifférent. Ses écrits et ses propos font autorité. Très pointu sur le thème de la laïcité, il vient de publier (Le Monde 16 février) une contribution éclatante au débat adressée à Sarkozy. Ci-après, quelques extraits.

Monsieur le Ministre, la religion n'est pas un service public.

Voici cinq questions devenues cruciales qui vous permettront, je l'espère, d'en convenir.

Les humanistes athées doivent-ils jouir des mêmes droits que les croyants ?

Dans votre livre "La République et les religions" (Cerf, 2004) vous accordez un privilège à l'option religieuse. […] Ne pensez-vous pas que celui qui ne croit pas au ciel puisse être blessé par votre préférence, aujourd'hui transposée en une politique discriminatoire ?

Quelle égalité s'agit-il de promouvoir ?

[…] Etes-vous donc partisan de la discrimination entre les citoyens selon les options spirituelles dans lesquelles ils se reconnaissent ? L'égalité républicaine se réduirait-elle pour vous à l'égalité des divers croyants, à l'exclusion des humanistes athées ou agnostiques ? Parler de "toilettage" de la loi de séparation de 1905 est un euphémisme trompeur. […]  Renoncer au principe "La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte", c'est plus que toiletter la loi. C'est l'abolir. […]

Quelle priorité pour les pouvoirs publics ?

[…] En République, seul l'intérêt général, commun à tous, portant sur les biens et besoins de portée universelle, mérite financement public. Or, la religion n'est pas un service public, comme l'instruction, la culture ou la santé. Elle n'engage en effet que les fidèles, c'est-à-dire une partie des citoyens seulement. La puissance publique, dont les fonds résultent des impôts payés par des athées autant que par des croyants, n'a donc pas à financer les cultes, pas plus qu'elle n'aurait à financer la diffusion de l'athéisme. En convenez-vous ? L'Etat, jugé trop pauvre pour assurer les finalités sociales des services publics qui concernent tous les citoyens, serait donc assez riche pour financer l'option religieuse, qui pourtant n'en concerne que certains. Révoltant paradoxe : briser la laïcité en même temps que les services publics. […]

Quelle conception de la lutte contre le fanatisme ?

Vous dites vouloir éviter les interventions étrangères, notamment les financements venus de pays peu respectueux des valeurs républicaines et démocratiques. Et vous affirmez qu'en payant, on pourra mieux contrôler. Fausse évidence. Car enfin, quel lien juridique y a-t-il entre le financement et un droit de regard sur les propos des responsables religieux dans les lieux de culte ? […] Ne nous trompons pas de combat. Ce n'est pas l'étranger comme tel qui pose problème à la République, mais celui qui entend s'affranchir de la loi commune pour lui substituer sa loi particulière, qu'elle soit religieuse ou coutumière. […] Seul vaut l'Etat de droit.

Enfin, que resterait-il de la laïcité ?

[…] Dès lors, la République doit-elle renoncer à la laïcité pour satisfaire une minorité ou concentrer les deniers publics sur la redistribution par les services publics, la gratuité des soins, le logement social ou la lutte contre l'échec scolaire, qui concernent tous les hommes, sans distinction de nationalité ou de choix spirituels ? […] Il est évidemment essentiel de permettre aux croyants l'acquisition des terrains qu'ils financeront, et toute discrimination foncière doit être combattue. Si l'on brouille la frontière pourtant nette entre le culturel et le cultuel, on parachève le démantèlement de la loi. Les mots ont un sens, et tout glissement visant à confondre ce qui est distinct est une malhonnêteté. Cela s'appelle du détournement des deniers publics.

Nulle polémique dans de telles interrogations, mais l'inquiétude vive d'un républicain qui n'est pas décidé à admettre de nouveaux empiétements programmés contre la laïcité, à contre-courant des grandes conquêtes de l'esprit de liberté. La conscience citoyenne ne peut que s'insurger.

7 décembre 2006

50, 22, 20 et... 5

box_moneyCette période de l'année voit le retour dans l'actualité des appels à la générosité. Emmaüs a 52 ans, les Restos du cœur en ont 22 et le Téléthon en a 20 ans. Loin de moi l'idée de nier le rôle utile et souvent primordial de toutes les organisations caritatives ou humanitaires. Elles font un travail remarquable, avec sérieux, courage et même abnégation.

Mais ne faudrait-il pas une fois pour toutes se poser la question des politiques publiques que devrait mener l'Etat ?

Bien sûr, les citoyens contribuent nombreux à la solidarité nationale par le biais d'espèces, de chèques, de denrées, de vêtements… Certes, plusieurs gouvernements ont aussi mis en place des déductions fiscales pour inciter à donner. Mais le problème est plus vaste. Il est à la fois politique, économique, social et moral.

L'Etat, attaqué de toutes parts par les tenants du libéralisme et du chacun pour soi, ne garantit plus le minimum vital à beaucoup de nos concitoyens. Près de 6 millions de personnes vivent très mal et, pour une bonne part, sont privées d'emploi. Ceux qui en ont un en bas de l'échelle ont des salaires de misère pour des activités souvent ingrates.

Pendant ce temps, les plus riches engrangent des sommes colossales indécentes par des jeux financiers ou boursiers qui n'ont rien à voir avec le travail produit. Les entreprises multinationales ou nationales font des profits comme cela ne s'est jamais vu, sans toujours les réinvestir dans le circuit économique. L'écart entre les laissés-pour-compte et les pourvus se creuse jusqu'à la béance.

Au milieu, les classes moyennes encore épargnées il y a moins d'une décennie vont bientôt rejoindre la cohorte des plus démunis. Ainsi, au lieu d'une juste rétribution du travail et d'une répartition plus harmonieuse des revenus, on voit s'installer une société éclatée à plusieurs vitesses.

Il n'y a pas lieu de s'étonner ensuite que ces ingrédients puissent alimenter des crises qui se font de plus en plus fréquentes jusqu'à en devenir permanentes et même des révoltes qui éclatent sans crier gare. Quels conflits peuvent surgir d'une telle situation, nul ne le sait.

On le comprend bien, le problème dépasse le seul aspect du niveau de vie. Il est intimement lié à tout ce qui devrait assurer à chacun sa place dans la société. Car il concerne tout à la fois l'emploi, les salaires, le logement, l'éducation et la santé...

L'échéance décisive

Faute d'une démarche volontariste, énergique et décisive de l'Etat pour lutter contre toutes les formes d'exclusion, les conséquences sont dramatiques pour les individus et, en fin de compte, pour la collectivité toute entière. La cohésion sociale n'a plus de fondements et génère des ravages qui laissent des millions de personnes sur le bord de la vie, sans repères et, pire, sans espoir d'un lendemain meilleur. Peu à peu se mettent en place la solitude, la relégation, le surendettement… auxquels s'ajoutent un déni de citoyenneté, l'abstention ou les votes extrêmes.

Ce n'est pas la charité – qui, par nature, est sans fin puisque qu'elle ne peut apporter qu'un soulagement provisoire – qui soignera notre société malade. Seule la voie retrouvée de la politique permettra de conférer à tous et à chacun la part de dignité qui élève l'homme.

Dans 5 mois, l'élection présidentielle ne pourra pas éluder plus longtemps le vrai débat sur le devenir de notre société. Le choix que nous ferons devra prendre en compte cette réalité, éviter tous les expédients et s'attaquer à la racine du mal.

Je n'étonnerai pas en disant que je ne fais pas confiance à la droite qui a nourri sans vergogne la casse sociale durable pendant qu'elle a promu les nantis les plus cyniques. Je me prononce pour une politique de gauche, dans la lignée des décisions fondatrices qui ont forgé notre histoire. Celles qui ont permis le progrès et qui ont toujours cherché à assurer l'épanouissement de l'individu en organisant la société. Pour ce défi, plus une minute à perdre.

1 février 2007

Camp des Milles : qu'un arc-en-ciel se lève…

"Si l'écho de leurs voix faiblit, nous périrons." Paul Eluard

Rouges les tuiles, rouge le sang, noire la honte. Le camp d'internement des Milles a révélé la bestialité et la folie de l'homme. Le combat mené depuis de longues années pour en faire enfin un lieu de mémoire et de pédagogie vient sans doute de trouver son issue. L'Etat a donc décidé de contribuer aussi à l'édification du  Mémorial.

Que les générations présentes et futures soient prises d'effroi en le visitant pour que plus jamais la bête ne refasse surface. Saluons les défenseurs de la dignité qui ont obtenu cette juste reconnaissance au nom de tous les innocents, de tous les disparus et de tous les torturés. Avec eux, nous ne sommes qu'un seul être.

Qu'un arc-en-ciel se lève sur la fraternité et sur les consciences.

camp_des_Milles

31 janvier 2007

Christiane Taubira, le respect de la République

Taubira_livreChristiane Taubira ne déçoit jamais, ni par son art oratoire, ni par son écriture. L'ouvrage qu'elle vient de publier porte sa signature comme une griffe. Son histoire, son parcours et sa pensée sont des repères qui touchent à l'universel. C'est une femme politique hors du commun, à l’origine de la loi du 10 mai 2001 qui reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Comme un étendard, elle met en avant les valeurs fondatrices de la République. Grâce à sa vaste culture et à sa profonde réflexion, grâce à sa rage et à son enthousiasme, elle livre ici le meilleur d'elle-même. Ses propos sans langue de bois et sans concession font chaud au cœur et redonnent du sens à la politique. Fulgurant. (Editions La Découverte, 2007)

Pour mettre en appétit, en voici quelques pépites.

** Le libre-arbitre : "Sur son destin, au moment où l'on décide ce que l'on fait de ce que l'on est, en cette occurrence, la souveraineté est pleine et entière." […] "J'ai choisi de l'empoigner, de ne laisser nulle circonstance ni personne me la dérober, même la grignoter." […] "Les siècles ne naissent pas de l'arithmétique des almanachs humains. Ainsi en est-il de l'être qui ne naît pas à l'instant de sa naissance."

** L'existence visible des différences : "Cette évidence suffit-elle, en dépit de ce que nous enseigne la science, pour laisser trôner le mot race dans la Constitution française ?" […] "La question de la différence n'est pas biologique, elle est politique et elle ne saurait être traitée sans un préalable éthique et philosophique."

** La Terre : "Ayant grandi et parcouru le monde, j'ai compris que chaque coin de terre est la Terre et que c'est partout qu'il faut la faire éclore."

** La gauche : "C'est ainsi que, longtemps, je me suis prévenue contre la gauche. Mais bien qu'elle soit de plus en plus exaspérante, de moins en moins conquérante, de plus en plus bavarde, de moins en moins généreuse, la gauche reste cette famille de pensée dont on peut, dont on doit attendre qu'elle préfère la solidarité à l'égoïsme, la justice à la compétition, le lien social à la méfiance."

** La politique : "Oui, j'aime la politique, celle qui pousse à se mêler de la vie de la cité, à hauteur du village autant que de la planète, celle qui fait chevaucher l'espoir avec l'entêtement des laboureurs à contre-saison." […] "Avec son principe d'égalité, son utopie d'indivision, son postulat démocratique, la République, cette façon bien imparfaite mais tellement séduisante de faire société, reste le lieu de ce devenir."

3 février 2009

"Globe de cristal" pour Anaïs, les boules pour... Carla

anais

Le sujet peut paraître léger mais il y a quelque raison à l'évoquer. Hier soir, la télé diffusait la cérémonie annuelle des "Globes de cristal". Les trophées étaient attribués dans une quinzaine de catégories artistiques, chacune mettant en compétition cinq sélectionnés.

Pour la catégorie de la meilleure interprète chanson, la gagnante n'est autre que la jeune et pétillante aixoise Anaïs.

Nous serons certainement un certain nombre à nous réjouir de cette récompense. En effet, nous connaissons bien sa maman qui a été candidate à nos côtés sur la liste municipale menée par Michel Pezet. Nous la félicitons donc chaleureusement pour la persévérance et le succès grandissant de sa fille.

Et puis, relevons un détail. L'exploit d'Anaïs ne passera pas inaperçu car, parmi les concurrentes, il y avait la déjà confirmée Vanessa Paradis et... une très incertaine Carla Bruni.

Il y en a UN au moins qui ne devrait pas trop la ramener pour une fois.

28 janvier 2007

La culture accessible à tous ? Le débat est ouvert

Aix_en_live

Aix en live

Mais que veulent-ils ? Vendredi et samedi, un regroupement d'associations œuvrant dans les musiques actuelles a tenu une réunion à la salle du Bois de l'Aune au Jas de Bouffan. Un collectif s'est mis en place sous le nom de "Aix en live" afin d'avoir plus d"impact. Leur revendication ? Etre respectées, écoutées et surtout entendues par les politiques.

Y aurait-il problème ? Oui, assurément.

Elles manquent de lieux de proximité pour donner libre cours à leurs activités. Les financements jouent du yoyo. Une année, elles reçoivent des aides, une autre, on les leur retire. Elles doivent donc s'adapter aux sautes d'humeur de la municipalité. Elles estiment qu'en ne les prenant pas assez en considération, qu'en ne respectant pas les bénévoles, les artistes amateurs ou professionnels et les publics, la culture à Aix est à double vitesse.

Elles dénoncent alors la disproportion des moyens accordés aux grandes institutions et les dépenses pharaoniques pour les gros équipements. A l'inverse, les responsables de ces associations doivent se contenter de la portion congrue alors que, font-ils remarquer, chaque année ils touchent un public aussi nombreux. Ils considèrent qu'ils jouent un rôle important auprès des jeunes. Le constat est on ne peut plus clair.

Samedi après-midi, ils ont invité les élus et les partis politiques à venir réfléchir ensemble et à en discuter avec eux à partir de questions qui leur avaient été adressées. Nous étions huit de gauche et un seul de droite, Salord, adjoint à la vie culturelle d'Aix. Inutile d'en rajouter, d'autant qu'au bout d'une heure quelques-uns sont partis et surtout le seul élu qui pouvait agir sans tarder auprès de la mairie. Nous n'étions plus que deux élus présents. On ne peut donc pas donner tort à la critique des associations sur le manque de considération à leur égard.

Le débat a cependant eu lieu. Les échanges ont duré quatre heures et ils ont été fructueux. L'état des lieux a bien montré que tout est dans tout, les thèmes ne pouvant être traités indépendamment les uns des autres. C'est pourquoi poser la question des politiques publiques en direction de la jeunesse renvoie à l'éducation, la formation, l'emploi, l'accès à la culture, la citoyenneté, l'épanouissement des individus, tous ingrédients constitutifs du "vivre ensemble".

L'idée est de donner de la cohérence à une démarche qui prenne en compte la globalité des enjeux. A l'évidence, l'intérêt porté par le public présent encourage les organisateurs qui ont programmé une autre réunion fin mars.

Le collectif Aix en live www.aixenlive.com est composé de :

Aix Qui ? www.classrock.com 

Café-Musiques La Fonderie www.fonderie-aix.com

L'EMA / MJC Prévert

Comparses et Sons,

Musical Riot www.musicalriot.org

6 novembre 2006

Spécial Aix

RAVI_WEB

Sympa ! "Le Ravi" crèche à Aix ! En ce mois de novembre, le mensuel régional d'infos et satire se penche sur notre ville. Sept pleines pages consacrées à la vie politique aixoise, cela ne se refuse pas (en kiosque, 2 petits euros). En couverture, le santon lève les bras. Nous fera-t-il tomber les nôtres ? A découvrir, à lire et à diffuser sans modération.

26 janvier 2007

Sans vouloir vous offusquer, Nicolas Sarkozy

LogoLeMondeJ'ai aimé cet article dans Le Monde du 19 janvier, signé Pierre-Louis Basse, écrivain, auteur de "Guy Môquet, une enfance fusillée" (Stock, 2000). Dense, bien ciselé, il remet en place l'imposteur Sarkozy, usurpateur de l'Histoire…

Cher Nicolas Sarkozy, c'est un joli message que vous avez tenu à nous envoyer depuis la porte de Versailles. Je dis "nous" pour désigner ma famille, voyez-vous, une famille qui se situe plutôt à gauche, depuis plusieurs décennies. Il faut dire que la politique ne déteste pas ce genre de tournants. Je comprends cela. On s'échauffe un peu, on s'emballe, l'air du temps vous pousse à prendre quelques risques verbaux – aidés en cela par des intellectuels touchés eux aussi par votre charisme – et hop ! le temps d'un meeting, c'est toute l'histoire de notre pays que vous parvenez à ramasser dans votre manche. Bien joué président. Très fort.

Hier, Doc Gynéco, le vide et la frime, Pascal Sevran, et ce soir, Jaurès... Hugo... Mandel... La tête me tourne. C'est fou n'est-ce pas, ce que la société du spectacle peut avoir comme talents. Tous ces noms. Ces visages marqués au coin de la générosité. Le don de soi. Jusqu'à ce jeune homme de 17 ans, Guy Môquet (Le Monde du 16 janvier), fusillé évanoui, le 22 octobre 1941, avec 26 autres de ses camarades, tandis qu'un soleil d'hiver cinglait le camp de Choisel à Châteaubriant. Je n'en crois pas mes yeux. Franchement, je trouve que TF1 a été trop court dimanche soir. A force de culpabiliser, d'imaginer qu'ils en font trop pour vous dans la campagne, ils ont manqué l'essentiel. "J'ai changé", dites-vous, avec de vrais trémolos dans la voix. Ça n'est plus un changement, cher Nicolas Sarkozy, c'est une révolution. Certes, une révolution "de palais". Mais une révolution tout de même !

Votre discours, je l'ai entièrement relu. C'est important la relecture. En creux, il y a tout de même ces petites habitudes. Ces tics qui reviennent, tapis dans l'ombre et rabattent légèrement le caquet du lyrisme. D'abord, l'empathie et la mémoire : "Ma France... Ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas... Celle des travailleurs qui ont cru à Jaurès et à Blum..." Ne manquaient plus à l'appel que Louise Michel, Gabriel Péri ou Georges Politzer. Mon dieu, que fait la gauche ? Sur le coup, j'ai cru à une lecture publique de l'Aragon du Roman inachevé. Presque du Jean Ferrat dans le texte.

Grâce à vous, cher Nicolas Sarkozy, une fin de l'histoire est revisitée. Tous ces grands chênes, debout, derrière vous seul ! Une République des justes. Et puis j'ai fini par réagir. On se pince. Vous savez, comme lorsque nous sortons d'un étrange sommeil. Cette sieste assassine qui nous fait perdre le nord. Plus loin en effet, j'ai bien lu : "Cette gauche immobile qui ne respecte plus le travail... Cette République virtuelle qui veut donner un diplôme à tout le monde..."

Alors, j'ai fini par remonter à ma propre surface. J'avoue que j'ai rêvé le temps d'un verbatim... Je me suis brusquement rappelé ce que me confiait mon grand-père, évadé de Châteaubriant avec Auguste Delaune, un mois après la fusillade, repris, déporté à Mauthausen, et copain de votre nouveau héros, le jeune Guy Môquet : "En 1936, me disait Pierre, tu sais, la droite française, dont une partie non négligeable épousera la collaboration, les fameux capitulards, traitait le ministre Léo Lagrange, créateur des colonies de vacances, de ministre de la paresse..."

Et là, voyez-vous, tout est remonté. Tout, je vous assure. Un courant revenu de loin. J'avoue. Je me suis laissé porter par la vague de ma mémoire de gauche. Les premiers congés payés ; La Baule pour les prolos, un salaire digne pour le travail des femmes, et, plus tard, les accords de Grenelle au printemps 1968 ; le smic, revalorisé, dès 1981, l'abolition de la peine de mort. Une sorte d'inventaire. Tout cela, cher Nicolas Sarkozy, obtenu grâce à des luttes. Des avancées, comme on disait à la maison, jamais offertes. Toujours conquises. Je dois dire aussi, sans vouloir vous offusquer, m'être brutalement rappelé votre difficulté en direct, à commenter la mort du dictateur chilien, Augusto Pinochet. Votre silence m'est apparu assourdissant. Les crimes de droite, impulsés directement par l'administration américaine de l'époque, ne vaudraient-ils pas ceux de gauche ?

Vous aurez noté ma bienveillance à ne pas souligner vos propos malheureux sur cette banlieue où je vis et qui méritait d'autres égards que le simple vocable de "Kärcher". Cette banlieue d'où partirent, cher président, tant de jeunes résistants, armée des ombres de la première heure, dans les brumes de la porte de la Chapelle, Aubervilliers ou St-Ouen. Impossible, n'est-ce pas, dans un tel cortège, d'oublier ces figures étrangères au visage glabre et noir de barbe mal rasée, que déjà l'on stigmatisait sur ces affiches rouges placardées sur les murs de Paris... Missac Manouchian, le tourneur arménien des usines Citroën, Rino Della Negra, le footballeur du Red Star, Joseph Boczov, Stanislas Kubacki, Marcel Rayman... tous fusillés le 21 février 1944 au mont Valérien.

"Le courage, écrivez-vous, consiste à surmonter sa peur..." Oserais-je vous rappeler qu'en plusieurs décennies Neuilly, votre premier grand bastion politique, a presque ignoré le logement social ? C'est ce qu'il y a de terrible dans les familles politiques, cher Nicolas Sarkozy : elles résistent au temps. Et au spectacle. J'aime assez cette phrase de François Mauriac, au soir de sa vie, lorsqu'il évoque la répartition des rôles dans le soulèvement contre l'envahisseur. Une période dont vous avez fait la matrice de votre discours, porte de Versailles : "La classe ouvrière française, dans ses profondeurs, est seule à être restée fidèle à la patrie profanée." Il serait temps que la gauche s'en souvienne.

26 décembre 2006

Le miel et le fiel

MisereAix, place de la Rotonde. Paris, canal Saint-Martin. Lieux emblématiques, lieux dramatiques. Les SDF ne sont pas à la fête. Tentes et cartons prennent des couleurs, sans-abri et miséreux prennent des coups. Pour eux l'indignité, pour nous la honte. L'Etat se débine, les associations réagissent. On estime à 1 million les personnes sans logement et à 100 000 celles qui sont à la rue, sans compter tous les mal-logés. La cause n'est pas météorologique, elle est sociale.

Pourtant, le message proclamé tous les 17 octobre depuis 1987 est le suivant : "Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré." Belles paroles. Dans ce domaine, la solidarité des autorités est largement moins manifeste que celle des bénévoles.

Les dernières impostures en date nous viennent de l'agitation électorale qui voit les promesses mielleuses se multiplier. Le champion est Sarkozy. Peut-on, par exemple, le croire quand il annonce "zéro SDF en 2008" ? Ne s'adresse-t-il pas plutôt à des électeurs qu'il faut convaincre qu'à ces gens plongés dans la survie. La potion magique ressemble plus à de la soupe coagulée.

Les cas parisien et aixois ne sont-ils pas suffisants pour comprendre que l'on se fout de notre gueule et surtout que l'on méprise ceux qui n'ont rien. A Aix même, les SDF ont été évacués. Le centre-ville est un trop beau décor pour que quelques manants puissent le gâcher.

A l'Arbois, une famille de Roms, dont la situation juridique est certes très complexe, n'a reçu aucun secours d'urgence pendant plusieurs jours. Seule la mobilisation associative a permis de mettre une caravane à sa disposition par le biais d'Emmaüs.

Interrogée sur ce sujet en conseil municipal, Mme Joissains, à l'unisson de son gouvernement UMP, s'est réfugiée dans une inertie scandaleuse en repoussant toute solution, y compris provisoire. Ce rejet de toute considération humaine déshonore Aix où de nombreuses associations œuvrent sans relâche pour apporter un peu de douceur aux déshérités. Tous aux abris !

10 novembre 2006

Je n'ai jamais fait de la moto, moi !

motocoureur_smallLe journal "La Provence" de ce vendredi a fait paraître une info pour annoncer la naissance de mon blog. Il y avait deux erreurs. Malgré tous mes efforts, je ne me reconnais absolument pas dans la photo publiée. C'est sûrement celle de quelqu'un d'autre. Et pour cause, je ne fais pas de la moto, je suis un coureur de fond au kilométrage conséquent, compteur non trafiqué. Ensuite, l'adresse de mon blog a été agrémentée d'un http:// inutile puisqu'on peut y accéder directement en tapant castronovo.canalblog.com. Cette rallonge a coupé canalblog en deux par un trait de renvoi à la ligne. L'adresse devient donc inaccessible. Bon, ce n'est pas grave. Le journal va sans doute faire un rectificatif par lui-même. Mes réseaux ont en revanche bien fonctionné : en trois jours, ce sont quelque 110 visiteurs qui ont découvert le blog, un nombre qui a "enflé" de jour en jour, contrairement à ma tête qui, elle, a gardé une taille normale, avec mon vrai... visage.

24 janvier 2007

En rire pour ne pas en pleurer…

Voeux_maire

Bonna année à toussa, surtout bonna santé, c'est ça qui compta le plussa.

Ah ! Les belles cérémonies de vœux ! Le monde est beau, c'est grâce à moi. Certes, tout n'est pas parfait, il reste encore beaucoup à faire. Vous avez vu mon bilan ? Eh bien, vous pouvez compter sur moi pour faire le boulot.

Et hop, vite le buffet, sinon ce ne serait pas des vœux ! Après avoir bu les paroles, allons trinquer à l'avenir radieux. Bon, admettons que cela plaise, chacun fait comme il veut.

Pourtant, me reviennent en mémoire quelques bribes d'annonces parmi beaucoup d'autres qui devaient changer la face d'Aix.

La tour rouge de Sextius : pas belle, je vais la faire repeindre aux couleurs de la Provence. Toujours écarlate, la tour !

Le Museum d'Histoire naturelle : pas bien là, je vais le délocaliser à Châteauneuf-le-rouge pour en faire un Museum des sciences. Toujours à sa place, le museum, on attendra le siècle prochain peut-être !

Le siège de la CPA : pas pratique l'actuel, je vais en construire un autre grandiose. Toujours dans les cartons, le projet, il n'y a plus d'argent.

Le grand jardin de la Rotonde : pas de verdure à cet endroit, je vais vous faire un parc dont vous me direz des nouvelles. Toujours du béton autour des arbres. Quoi, ça ne vous plaît pas ?

L'habitat social : pas assez à Aix, je vais vous donner des appartements, moi. Toujours le grand néant, le logement, vous croyez que j'ai une baguette magique ou quoi ?

Le thermalisme : pas fini, je vais vous en trouver de l'eau, il n'y a qu'à creuser. Toujours en panne sèche, les sources, le temps que l'eau coule sous les ponts.

La population : y a déjà assez de monde à Aix, je ne veux pas d'une ville qui grandisse trop. Toujours croissante, la démographie, je n'y suis pour rien, les gens viennent s'installer sans que je puisse contrôler quoi que ce soit. Ne vous fichez pas de ma pomme en plus.

Bon, j'arrête là pour aujourd'hui. J'ai un point de côté. Je ne sais pas si c'est parce que je me retiens d'en rire ou d'en pleurer… Meilleurs vœux à tous, on n'y pense plus, on regardera ça de plus près l'année prochaine.

Ah, j'allais oublier. Les sans-abri : pas bien ces gens-là, je vais les faire expulser en moins de deux. Toujours sous les tentes, les miséreux, ils ont franchi le cap de l'année et moi j'ai perdu au tribunal, je ne suis pas avocate et maire pour rien quand même.

20 décembre 2006

Mme le maire est-elle encore le maître à bord ?

En direct de l'Hôtel de ville comme si vous y étiez !

Hotel_Ville__WEB_rouge_vifUn sablier n'aurait pas suffi. Une séance de plus de six heures d'horloge, programmée "officiellement" à 18h, commencée tout aussi "officiellement" à 18h30 ! Ne cherchez pas à comprendre, c'est comme ça la logique du maire.

L'ordre du jour comportait 72 rapports, cinq ont été retirés et un dernier ajouté en procédure d'urgence. Pourquoi donc autant de temps ? Parce que, sans les trois questions d'actualité posées par l'opposition (deux sur les dangers des antennes relais, une sur un problème concernant les berges de l'Arc), il n'y aurait eu que le débat obligatoire sur les orientations budgétaires et deux ou trois autres dossiers qui méritaient d'être discutés.

Quatre rapports sur l'urbanisme ont été reportés pour cause d'absence de l'élu concerné, personne d'autre, pas même le maire, n'étant assez au courant pour en présenter les détails ! C'est assez révélateur du niveau d'information dans lequel on tient tous les autres élus de la majorité !

Enfin, un autre débat n'aura toujours pas pu se tenir, celui sur le bilan social du fonctionnement municipal. Cela tourne même à la farce. Le document a été distribué en septembre. La discussion a été inscrite à notre demande pour novembre mais madame le maire, absente à la séance publique, avait fait savoir qu'elle aurait lieu en décembre. Or, ce lundi, le débat a été renvoyé encore une fois pour cause de durée excessive de séance. Ce sera donc pour janvier, avant le vrai débat sur le budget primitif pour 2007.

Dents longues mais langue taiseuse

Chaque conseil municipal est un tel fouillis que plus personne ne s'y reconnaît. Au bout de près de six ans de mandat, le maire n'a toujours pas appris à conduire un ordre du jour. Dans le brouhaha, les cris et les rires, voire les ricanements, elle s'emmêle les pinceaux en permanence, elle confond tout.

Faisant présenter plusieurs dossiers en même temps, elle demande ensuite de les voter l'un après l'autre. On ne sait plus ce qui se vote ou pas, on ne sait plus ce qu'on vote non plus. D'où une perte de temps inutile alors qu'il serait de simple bon sens de suivre systématiquement l'ordre du jour ! Je n'ose même pas imaginer ce que le public présent dans la salle peut bien comprendre à ce fatras.

Pour avoir une idée exacte de l'ambiance, il faut y ajouter les diatribes enflammées de certains élus touchés au vif par les interventions de l'opposition et qui ne supportent pas la moindre contradiction. A l'inverse, mais le calcul est trop perceptible, d'autres élus font les momies et cachent une langue taiseuse derrière de bien longues dents. Ceux-là se pensent un destin à leur mesure. Il ne peut désormais leur échapper, il leur est dû.

Pour être à la hauteur de leur ambition personnelle, car leur tour n'a que trop tardé, ils préfèrent s'afficher sur tous les murs – à quel prix ? – pour dire combien ils aiment notre ville grâce leur cœur hypertrophié. Car, qu'on se le dise bien, personne ne peut l'aimer plus qu'eux, puisque eux, comme par hasard, sont… candidats à la mairie ! Ils disent avoir un projet et une équipe prêts à prendre la relève contre n'importe quel prétendant et, par sous-entendu bien compris, surtout contre le maire de leur même camp ! Si le courage étouffait, cela se saurait.

D'autres, plus modestes, qui font encore nombre au moment des votes – mais pour combien de temps ? – confient à qui peut les entendre qu'on leur fait bien des misères et qu'on ne les y reprendra plus. Là, une question me taraude : le maire a-t-elle encore une majorité dans sa majorité ? En tout cas, même dans les coulisses, il y a une forte odeur de roussi de fin de règne. Il n'y a plus qu'à souffler un petit coup et une seule pièce peut faire effondrer toutes les autres.

Le fond à portée de la rame

Pour couronner le tout, quelques expressions notées ce lundi soir au fil des dossiers en diront plus sur la capacité supposée du maire à maîtriser le gouvernail. "Je ne savais pas…", "Je n'ai pas la science infuse…", "Je ne peux pas être au courant de tout…", "Je n'avais pas vu cet aspect…", "J'avais confondu…", "Y a-t-il quelqu'un qui puisse m'expliquer ?", "Je ne sais plus où j'en suis…", "Aujourd'hui, j'ai serré 650 mains, alors je ne tiens plus…", et, réagissant à mes observations sur un dossier aux bases fragiles selon moi, "Ce que tu me dis m'inquiètes…". On se demande si le maire étudie ses dossiers ou si elle participe aux conseils des adjoints lorsque les rapports sont examinés une première fois. A certains moments, elle interroge les fonctionnaires, quand ces derniers ne viennent pas spontanément à la rescousse.

Les élus eux-mêmes font pareil car ils n'ont pas toujours la connaissance des détails pour expliquer les dossiers qu'ils sont censés présenter. Pour certains, on ne sait plus s'ils ont encore une délégation ou pas, s'ils n'en ont pas été privés pour  incompétence ou par représailles. Cela s'est déjà vu à plusieurs reprises, entraînant la redistribution de responsabilités en fonction du nombre et du degré des courbettes faites ou non au maire.

Cela a été le cas, trois exemples parmi d'autres, pour la délégation culture morcelée en huit, pour la délégation aux pistes cyclables accordée à un élu dissident mais sans aucun bureau ni moyens et pour les animations comme le Carnaval qui ont été confiées à trois élus successifs. Pour réagir à ce genre de fantaisie, et par pure plaisanterie, j'avais suggéré au maire que nous ne serions pas étonnés qu'un jour elle nous informât de la création d'une délégation aux affaires portuaires et maritimes aixoises. Et bien, je n'étais pas loin du vrai.

Lundi soir, une discussion s'est engagée au sujet d'un projet privé sur un terrain inondable près de l'Arc. Il était intitulé "Aix Plage". Cela ne s'invente pas ! Moi, je verrais cette affaire d'un bon œil car elle est bien à l'image de cette majorité qui, à force de mener les Aixois en bateau et de ramer à contre-courant, n'a cessé de couler. Après une telle croisière, il ne reste plus qu'à toucher le fond.

(A suivre prochainement, les dossiers débattus au conseil municipal)

24 décembre 2006

Robert Fabre, l'exemple humaniste

Robert_FabreLa mort de Robert Fabre touche l'ensemble des Radicaux de Gauche. Et, bien au-delà, tous ceux qui ont compris ce que la politique au service de la République veut dire. Une cohérence absolue entre éthique scrupuleuse et pratique intransigeante conjuguant honnêteté et dignité. Avec lui, l'action n'était possible que par un contrat clair avec les citoyens s'appuyant sur la tolérance, la fraternité et l'attention aux autres.

Dans sa ville de Villefranche-de-Rouergue, les citoyens lui ont renouvelé une confiance sans faille. Maire pendant 30 ans, conseiller général pendant 25 ans et député pendant 15 ans, il a n'a cessé de faire valoir le radicalisme humaniste. Médiateur de la République puis membre du Conseil constitutionnel, il a aussi joué un rôle national prépondérant.

Il était le président fondateur de notre Mouvement devenu ensuite notre Parti. Pour nous, élus et militants, l'exemple de son engagement éclaire toujours le sens de notre action.

Jean-Michel Baylet, président du PRG a déclaré : "Il avait ancré le radicalisme dans son courant historique : la gauche. Il était profondément attaché à l'unité de celle-ci, car il savait que c'est par le rassemblement qu'on pouvait gagner". M. Baylet a salué en Robert Fabre "un de (ses) pères en politique qui, avec Maurice Faure, ont guidé (ses) premiers pas". "Robert Fabre enfin était pétri d'un humanisme radical. Pour lui, le progrès et l'homme étaient indissociables dans tout projet de société. Elu du Rouergue, il faisait partie de ces rares hommes politiques qui, tout en exerçant des fonctions nationales, connaissaient parfaitement la France profonde et savaient en écouter la sagesse".

(Consulter aussi le lien du PRG, rubriques "Actualités" et "Le PRG".)

28 décembre 2006

Les fleurs et les pleurs

clavierDes fleurs pour les uns, des pleurs pour les autres. La sélection culturelle est devenue sans pitié pour les artisans de base. Ainsi, en va-t-il en Pays d'Aix. Plusieurs associations de promotion de musiques actuelles œuvrant en direction des jeunes sont quasiment ignorées par la mairie et la communauté d'agglomération.

D'autres, comme le Centre européen de création et de développement culturel du Jas de Bouffan, ont droit aux gros cadeaux. Ce n'est pas une affirmation gratuite, si l'on peut dire. Un premier audit n'a-t-il pas déjà établi que le CECDC est très contesté tant dans son fonctionnement que pour le budget de plus d'1M€dont il dispose.

Partant d'un constat global, l'association "Entre Peaux" a récemment fait paraître ses réflexions et ses propositions pour tenter d'obtenir une assise contractuelle. Elle revendique une politique adaptée à la demande, un réajustement cohérent des subventions et des lieux de vie et d'expression pour les pratiques. Elle met en avant ses initiatives, son savoir-faire et le rôle d'apprentissage que constitue la musique ouverte à un large public.

Notre ville et le Pays d'Aix comptent plusieurs milliers de jeunes et d'étudiants. N'est-ce pas leur faire injure que de ne pas les prendre au sérieux ? Le débat a pourtant été lancé par les associations depuis plusieurs années. Il n'a toujours pas trouvé la bonne oreille du côté des institutions locales.

Les demandeurs ne comptent pas en rester là. Cela devrait même prendre de l'ampleur dans les semaines qui viennent. Pour ma part, je suivrai ce dossier avec la plus grande attention tant sur le terrain qu'en conseil municipal.

Pour plus de détails, voir sur le site : www.entre-peaux.fr

30 juillet 2009

CPA : Une reconquête aux dessous nauséeux…

Carte_CPA

J'ai fait état mardi des conditions particulières dans lesquelles la séance plénière de la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix devait se tenir hier. La réunion n'a pas vraiment fait le plein. En effet, Maryse Joissains a été élue présidente avec 119 voix sur 120 exprimées (134 votants). Or, la CPA compte 143 élus. Il manque donc 23 votes. Les élus aixois démissionnaires ne sont que 6. Par conséquent, les autres défections sont à chercher ailleurs. On va le voir.

Dès le 24 juillet (à 19h11), Joissains, pas encore intronisée maire, a envoyé un fax aux maires de la communauté : "Dans la perspective du Conseil communautaire le 29 juillet prochain et afin de préparer cette séance, Mme Maryse Joissains organise une réunion de travail avec les maires composant notre Communauté le lundi 27 juillet 2009 à 17 heures…"

L'intention ne souffre d'aucune critique. On se dit, tiens, les 34 maires ont enfin droit à une consultation démocratique. Et bien non, la réalité n'est pas celle que l'on croit. Cet affectueux et attendrissant message ne s'adressait en fait qu'aux maires qui n'ont pas cru bon de manifester un soutien à la candidate à la mairie d'Aix.

Autrement dit, ce n'est ni plus ni moins qu'une forme d'intimidation dont on imagine ce qu'elle peut receler de chantage ou de marchandage sur les moyens dont la future présidente entend user arbitrairement selon que l'on plie l'échine ou pas : vice-présidences, délégations et/ou soutiens budgétaires.

Pirouette hypocrite et enfumante de Joissains expliquant le vote d'hier censé être le reflet de son attitude vertueuse ("tueuse" ?) à l'égard de TOUS les maires : "Ce n'est pas une surprise, j'avais rencontré les maires avant et ma réélection s'est faite dans le respect des identités de chacun".

A l'évidence, le coup de force au conseil municipal de dimanche n'était qu'une autre illustration d'une volonté de pouvoir autocratique et discriminatoire. Moralité : 50,22% des électeurs sont contents, 49,78% peuvent aller s'acheter une corde.

11 décembre 2006

Développement économique : un avis à la hauteur

vue_du_pays_d_aixPour s'informer sur la vie publique, il existe sur le Pays d'Aix un outil d'expertise qu'il est fort instructif de consulter. Les informations ci-après sont extraites du site du Conseil de Développement du Pays d'Aix qui vient de donner un avis négatif sur le Schéma de Développement Economique de la Communauté d'Agglomération du Pays d'Aix. Edifiant…

Le 17 octobre 2006, l'assemblée plénière du Conseil de Développement du Pays d’Aix a rendu un avis négatif sur le Schéma de Développement Economique. Et cela en réponse à la demande du 5 janvier 2006 de la Présidente de la CPA, Mme Joissains.

Sans remettre en cause la qualité technique du document présenté, il a considéré que celui-ci devait répondre plus clairement au diagnostic et aux enjeux développés dans le Projet d’Agglomération, ainsi qu’aux choix prioritaires des élus exprimés dans d’autres documents stratégiques communautaires.

Le Schéma de Développement Economique doit, sur la base du rythme de croissance passé, afficher une ambition pour les années à venir, et contribuer à définir un objectif de croissance économique pour le territoire avec un niveau d’emploi correspondant. Il ne peut se contenter de mettre en avant un ensemble de moyens et présenter une liste d’outils sans afficher d’objectifs prioritaires.

Le Conseil de Développement souhaite que les axes identifiés du Schéma de Développement Economique se déclinent dans les orientations budgétaires de la Communauté et insiste sur la nécessité d’un développement économique dynamique et maîtrisé, éclairé par une ambition partagée autour d’objectifs précis. Voici quelques exemples d'objectifs :
- favoriser un développement économique au service de l’emploi s’appuyant sur une cohérence habitat/transport,
- mettre en place un plan à cinq ans pour l’habitat et le logement,
- réaliser un réseau structurant et efficace de transports collectifs,
- développer une politique foncière adaptée aux besoins du Pays d’Aix,
- promouvoir l’enseignement supérieur, la recherche et les pôles de compétences,
- forger une identité du Pays d’Aix,
- fournir un accès aux technologies de l’information et de communication pour tous, avec la mise en œuvre du projet Haut Débit,
- soutenir activement les PME et des TPE, fortement créatrices d’emploi,
- soutenir les associations.
Le Conseil de Développement attache une attention particulière aux démarches d’évaluation des politiques publiques et notamment au suivi des indicateurs en matière d’emploi et d’insertion, de création d’entreprises, du produit de la taxe professionnelle, de requalification, etc. Le choix des indicateurs doit traduire les priorités politiques que la Communauté du Pays d’Aix entend mettre en œuvre.

Pour en savoir plus

Le Conseil de Développement, qui ne comprend pas d'élus, est une représentation de la société civile organisée du Pays d'Aix dans le processus d'élaboration et de mise en œuvre du Projet d'Agglomération, qui fixe les axes stratégiques de développement du territoire pour les quinze années à venir. Il est composé de 143 membres, répartis au sein de quatre collèges : Associations (32), Entreprises (32), Personnalités Qualifiées (47), Salariés (32).

Mis en place en 2002, le Conseil de développement est l'expression d'une démocratie participative ayant statutairement une grande autonomie. Grâce à des moyens d'études et d'expertises, il constitue une force de proposition auprès des élus qui disposent du pouvoir de décision. Il se veut le lien privilégié entre la société civile et les décideurs politiques. Il fait preuve d'une forte capacité d'écoute et de dialogue. Il assure la transparence de ses méthodes de travail.
Il affirme et défend les principes d'une vision globale du territoire du Pays d'Aix, de la cohérence des projets et de la recherche permanente de l'intérêt général.
Les membres se réunissent au sein de 4 groupes de travail :

Groupe 1 : Aménagement de l'Espace
Groupe 2 : Développement et Valorisation des Services au Public
Groupe 3 : Développement Economique et Emploi
Groupe 4 : Développement et Valorisation de la Vie Locale

Il a vocation à :

- donner un avis pertinent sur les projets de la Communauté d'Agglomération du Pays d'Aix
- assurer le suivi et l’évaluation des politiques qui en découlent
- se saisir de nouveaux projets et interpeller les élus communautaires
- faire valoir ses propres avis fondés sur l’expression des différentes composantes de la société civile

Ses membres s’engagent dans une démarche volontariste et de progrès dans le respect de chacun.

A signaler que ce n'est pas la première fois que le Conseil juge avec sévérité les décisions voulues par Mme Joissains. L'an dernier, un rapport avait établi les insuffisances des arbitrages sur les orientations budgétaires de la CPA.

13 décembre 2006

Antennes relais : la question au Conseil municipal

Pour une réglementation de la pose des antennes de téléphonie mobile

Madame le maire,

questionVous venez d’être interpellée ces derniers jours par les riverains de 3 quartiers d’Aix (Encagnane, Cuques et Bd Charrier), qui ont vécu comme une violence l’installation d’antennes de téléphonie mobile sur leurs lieux de vie. La presse a relayé largement leur inquiétude légitime. Pour notre part, élus de l’opposition, nous souhaitons un débat et une prise de conscience politique.

Quel constat pouvons-nous faire ? Quelles sont à ce jour les obligations des opérateurs ?

On ne peut que regretter une réglementation peu contraignante.

1. En effet il n’existe aucun règlement national obligeant les opérateurs à l’information des habitants en cas d’implantation d’antennes relais.

2. Il est cependant obligatoire d’avoir l’accord à l’unanimité des propriétaires du bâtiment où l’antenne sera installée.

Première mesure discriminatoire : Pourquoi les locataires sont-ils exclus de la décision, alors que ce sont eux qui vont subir les éventuelles nuisances ? De même pour les voisins directs dans le cas d’installation sur un terrain privé.

3. Pas d’obligation de déclaration de travaux ou de permis de construire si l’antenne ne dépasse pas 4m.

4. En vertu du décret du 3 mai 2002, les émissions électromagnétiques sont limitées à 41 volts/m pour les antennes de 900 Mhz, 58 volts/m pour celles de 1800 Mhz et 61 volts/m pour les plus puissantes que l’on appelle UMTS, mesures critiquées sur les fondements sanitaires par le Parlement européen (rapport Tamino 1999) qui a incité de nombreux pays comme l’Italie, la Belgique, l’Angleterre, les Etats-Unis, le Canada, la Nouvelle Zélande… à adopter des mesures d’émissions moins importantes.

Ce même décret indique aussi que les antennes situées dans un rayon de 100m d’un établissement particulier (crèche, école, hôpital) doivent avoir les émissions les plus faibles possibles tout en préservant la qualité du service rendu mais il n’est absolument pas interdit comme beaucoup de gens le croient d’implanter une antenne à moins de 100m d’un tel établissement.

Face à ce constat tellement en faveur des opérateurs, nous voulons faire valoir :

1. que l’expertise scientifique concluant à la non dangerosité des antennes est décrédibilisée : Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) remet en cause l’expertise de l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale (AFSSE).

D’ailleurs les principales sociétés d’assurances ont résolu la difficulté d’évaluation du risque engendré par ces antennes en fixant une prime maximum pour tous les sinistres couverts au titre d’une année civile, qu’il s’agisse de la responsabilité civile liée à l’exploitation, à celle liées aux travaux ou encore à celle "résultant des dommages causés par les champs électromagnétiques" et le dédommagement est dérisoire en cas de problèmes sanitaires. Que feront les victimes mal ou pas indemnisées ? Je vous laisse, Madame le Maire, le soin de la réponse.

2. Je voudrais aussi déplorer que certaines pathologies reconnues par l’OMS, la Suède, la Grande Bretagne comme l’électrosensibilité et la sensibilité électromagnétique, ne sont pas reconnues en France (effet sur le système nerveux, sur le système immunitaire, sur le système endocrinien)

3. Enfin pour prendre en compte le principe de précaution et sortir de la maîtrise totale, le législateur a inscrit ce principe dans la Charte de l’environnement adoptée au Sénat en juin 2004 et au parlement en février 2005. Cette charte est désormais "adossée" à notre Constitution.

4. Certaines villes comme Paris ont signé une charte avec les opérateurs. Elle instaure un seuil d’exposition maximale du public à 2 volts/m sur 24h. Cette charte ne limite pas le débat aux aspects techniques ou scientifiques, mais prend en compte l’aspect social, à savoir l’acceptation par les habitants.

D’autres villes se sont aussi positionnées fermement face aux opérateurs pour limiter les émissions, réglementer la distance, réglementer les obligations administratives, la durée du bail consenti. De même, une proposition de loi a été présentée à l’Assemblée nationale le 13 juillet 2005 (cette proposition n’a pas encore été retenue).

Nous comptons sur votre détermination pour faire aboutir cette loi à l’Assemblée nationale avec vos collègues élus.

En attendant une réglementation nationale, êtes-vous prête, comme le maire de Paris, à proposer aux Aixois une charte entre la ville et les opérateurs pour dire haut et fort qu’à Aix la qualité de vie sera préservée, que la technique doit être au service des hommes et des femmes soucieux de leur environnement et décidés à ne pas subir cette expansion continue de la sphère marchande qui veut faire de l’homme un consommateur infantile.

Vous êtes élue locale et nationale et les Aixois attendent de vous l’application du principe de précaution : votre volonté politique sera-t-elle le reflet de vos convictions ?

Danielle RUMANI-ELBEZ

Lucien-Alexandre CASTRONOVO

Conseillers municipaux PRG

11 mars 2009

"Le Ravi" taille un costard aux promesses électorales

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Lire "Le Ravi", c'est découvrir l'information sous une approche originale à travers un regard décapant. C'est aller derrière l'apparence pour en révéler les dessous, les dessus et les milieux. Le n° 61 de mars ne déroge pas à la saine démarche que le mensuel met en pratique depuis cinq ans.

Ce mois-ci, il insiste sur le droit de suite que beaucoup de médias oublient une fois l'actualité du jour éteinte. Pourtant, de temps en temps, il est bon de se rafraîchir la mémoire en faisant des points de situation. "Le Ravi" s'y emploie cette fois-ci en revenant par exemple sur les promesses électorales des municipales. Les surprises ne manquent pas.

S'il n'y avait qu'une seule bonne raison de se procurer ce numéro, ce serait celle-là. Mais, évidemment, l'attrait tient aussi aux portraits de nos politiques locaux, aux dossiers concernant les décisions politiques incongrues, aux fabuleux dessins et à l'humour caustique dont "Le Ravi" s'est fait une spécialité.

Le sommaire du n° 61 de mars :

http://www.leravi.org/article.php3?id_article=725 

Le site :

http://www.leravi.org/

11 février 2009

Le jeu mortel des chiffres et des dettes...

A nos mouchoirs ! Les caisses de l'Etat sont vides. La France trinque à plein goulot. Interrogeons-nous. Que se passerait-il si un foyer français avait des dettes qu'il serait incapable de rembourser à la fin de sa vie active ? Et s'il continuait de mener un train de vie d'enfer en augmentant ses dépenses en ne remboursant plus ses crédits bancaires ?

L'Etat a le droit (!) de laisser courir mais les citoyens n'ont qu'à payer. L'Etat estime que ce qui est "valable" pour lui ne l'est pas pour les citoyens. Crise, récession, déficit, dette, chômage, pouvoir d'achat mis à mal, tout le monde est à la gorge. Grosse panique au gouvernement : il ne cesse de refaire ses calculs. Est-ce grave, docteur ? Oui, nous sommes en phase finale !

Le récent rapport 2009 de la Cour des comptes ne dit pas autre chose : "L'impact principal de la crise concernera les recettes publiques et atteindra sans doute son plein effet en 2010. Les déficits seront aussi accrus par les mesures prises pour financer le secteur bancaire et relancer l'activité. La dette publique de la France pourrait atteindre près de 85% du PIB en 2012. Force est de constater que la France aborde la récession dans une situation plus mauvaise qu'au début des récessions précédentes, qui étaient pourtant de moindre ampleur. L'effet total sera fort mais en principe temporaire sur le déficit ; il sera  en revanche massif et durable sur la dette". 

Quelques données pour ne pas mourir idiot

Ÿ Le déficit du budget de l’Etat n'a cessé de se creuser. Pour 2009, dès le mois de décembre 2008, le ministre du budget a annoncé que le gouvernement tablait sur un déficit de 79,3 milliards d'euros (prenant en compte les mesures de relance) contre 57,6 initialement prévus dans le projet de loi de finances. Il avait déjà atteint 60,7 milliards d’euros fin 2008, soit 8 milliards de plus qu'en 2007.

Ÿ Le gouvernement a donc rehaussé sa prévision de déficit public à 4,4% du PIB (Produit intérieur brut) au lieu de 3,9% (taux encore supérieur aux 3% imposés par l'Europe).

Ÿ En 2009, la dette publique devrait frôler les 69% du PIB. En 2007, elle atteignait 64%. Lors de la récession de 1993, elle n'était "que" de 40%.

Ÿ En 2008, la France a enregistré un nouveau déficit record du commerce extérieur de 55,7 milliards d'euros contre 40,6 milliards établi en 2007. Cette tendance devrait se poursuivre en 2009 (rappel : 24,2 milliards en 2005).

Ÿ Selon le gouvernement, la suppression annoncée de la taxe professionnelle (TP) coûterait 8 milliards mais les maires estiment qu'elle s'élèverait à 28 milliards. Les chiffres divergent comme pour le nombre de manifestants les jours de grève !

Ÿ Il n'est pas inutile de rappeler que 73% des investissements publics sont réalisés par les collectivités locales, grâce notamment à la taxe professionnelle.

Ÿ En 2009, comme en 2008, les dotations versées par l'Etat aux collectivités locales seront deux fois inférieures au taux de l'inflation. Ces restrictions financières seront donc un manque à gagner au niveau des services rendus aux citoyens.

            

NB : Les critères de Maastricht – un déficit public inférieur à 3% du PIB et une dette publique inférieure à 60% du PIB – permettent d’évaluer la soutenabilité des finances publiques et de comparer les situations budgétaires des Etats membres de l’Union européenne.

Quelques chiffres à retenir de 2008

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(Clic sur l'image pour agrandir) Dessin de Charb

Ÿ Nombre de chômeurs : 217.000 personnes ont perdu leur emploi l'an dernier, on en compte donc 2.114.300 fin décembre (il s'agit du nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie 1, c'est-à-dire les personnes à la recherche d'un emploi à temps plein et à durée indéterminée).

Ÿ "Chômage caché" : les non inscrits ou les personnes radiéés des listes portent le total des sans emploi à plus de 4 millions. 

Ÿ Chômage : 8,5% de la population active et on risque de dépasser 10% en 2010

Ÿ Inflation : 2,8%

Ÿ Croissance : 0,7%, et une perspective de croissance négative en 2009

Ÿ Mal logés : 3,5 millions de personnes

Quelques engagements de Sarkozy en 2007

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(Clic sur l'image pour agrandir) Dessin de Tartrais

Ÿ "Je rétablirai l'équilibre des comptes publics d'ici 2012."

Ÿ "J'irai chercher la croissance avec les dents."

Ÿ "Je réduirai le chômage à 5%."

Ÿ "J'agirai pour le pouvoir d'achat."

Ÿ "Je veux une France des propriétaires."

Ÿ "D'ici deux ans, je veux que plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir ou d'y mourir de froid."

20 juillet 2009

Election : ELLE n'a pas perdu, IL n'a pas gagné (1)

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Elle n'a pas perdu. C'est bien ce résultat chirurgical qui a émergé des urnes. Faut-il aller lui trouver des poux qu'on n'aurait pas accepté qu'on nous cherche. Quand on ne gagne pas, on ne gagne pas, ce n'est pas (que) la faute des autres.

En admettant que Maryse Joissains aurait dû être battue, par exemple par rejet de ce qu'elle représente, si elle ne l'a pas été, c'est que cela ne faisait pas le poids en face. A-t-elle été réélue par défaut ? Vraisemblablement. Et même explication : il a manqué un quelque chose de fort aux oppositions pour qu'elles ne redeviennent pas l'opposition. Même avec seulement 187 voix d'écart, n'importe qui aurait crié victoire. Le problème n'est donc pas là.

Il n'est pas non plus dans la durée très courte de la campagne. Toutes les listes ont eu la même. Preuve que cela n'a pas causé de préjudice, au premier tour, les quatre listes d'opposition totalisaient un bon 56,69%. En une semaine, elles ont perdu un peu plus de 7%. Sur le papier, la liste d'Alexandre Medvedowsky, après fusion avec celle d'Hervé Guerrera, avait un potentiel arithmétique de 44,38%. Mais, des électeurs de ces deux listes ont disparu entre les deux tours. Cela aurait pu être compensé par les électeurs de Nathalie Leconte et de Stéphane Salord. Or, là non plus, les reports ne se sont pas faits intégralement. Une triple érosion s'est donc opérée dans la stratégie du front anti-Joissains.

Avoir estimé possible et judicieux de mettre en faisceau plusieurs lignes à objectifs politiques divergents voire antagonistes n'a pas totalement convaincu les électeurs. Et donc, la dynamique lancée par l'accord PS/MoDem et prétendument ressentie au soir du premier tour n'a pas été suffisante pour creuser l'écart avec le score de Maryse Joissains. L'empilement de soutiens plus ou moins clairement exprimés ensuite n'a pu suppléer le retard de premier tour. A contrario, Maryse Joissains n'a pas eu à se plier à des additions contraintes de cet ordre. Elle ne pouvait que grimper grâce à la configuration de duel au second tour.

Arithmétique et dynamique

On pourra ergoter sur la campagne brève, sur le rôle néfaste de l'abstention, sur le nombre de procurations, sur les messages agressifs de certains tracts, sur tout ce qu'on veut, Alexandre Medvedowsky aurait mauvais jeu de mettre en avant ces prétextes pour expliquer qu'il a encore perdu. Car, au soir du premier tour et toute la semaine, toute sa liste n'a cessé de se réjouir d'un mouvement d'espérance et d'une dynamique qui lui paraissaient porteurs et favorables.

C'est sans compter qu'en politique arithmétique et dynamique ne font pas toujours bon ménage et provoquent parfois, pour quelques voix déficientes, une humiliation de plus. Les causes sont à rechercher également ailleurs. J'y reviendrai demain plus en détail. D'ores et déjà, il faut au minimum signaler que c'est la stratégie d'avant le premier tour qui est à mettre en cause.

L'ossature inachevée de la composante PS de la liste, présentée cependant comme ayant été remise en ordre, les soustractions et les refus d'élargissement de la base, le changement brutal de cap et d'alliance et, non des moindres, l'adoption d'une nouvelle configuration moquée, vilipendée et rejetée il y a quinze mois ont contribué à affaiblir la mobilisation et à écorner sa crédibilité. L'adjonction de forces proches politiquement n'a pu pallier et réparer ces lacunes originelles.

Et, comme si cela ne suffisait pas, d'un tour à l'autre, les choses se sont aggravées par l'annonce des renforts ambigus de la gauche de la gauche et des soutiens incongrus et de circonstance de la liste divers droite.

A suivre…

PS (si, si, ça existe encore) : Pour patienter, si votre gourmandise est au moins égale à la mienne, vous pouvez relire mes articles précédents où je n'avais quasiment rien caché du possible drame.

Message perso : Merci, une fois de plus, aux très très nombreux visiteurs réguliers et occasionnels qui viennent consulter le blog. J'espère que mes écrits ne leur donnent pas mal à la tête ! Pour ne rien rater, le mieux est de placer l'adresse dans les favoris. Par la même occasion, on peut la diffuser à des listes de contacts qui n'ont pas encore découvert ce drôle de monde "enchanteur"...

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