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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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9 mai 2011

Le Ravi mène son enquête sur "l'affaire Gaudin"…

une_ravi_85Jean-Claude Gaudin risque de ne pas être content. Dans son numéro de mai, sous la signature du remarquable Xavier Monnier, le Ravi lui taille un vrai costume sur mesure. Six pleines pages qui font le tour de son histoire, sa faconde et ses silences, sa politique et ses arrangements, ses bons et ses mauvais camarades qui lorgnent sa place. Bref, le mensuel raconte "l'affaire Gaudin" en sous-entendant "le système". Avec notamment une révélation sur son étrange déjeuner avec un certain individu pas très recommandable, à savoir Michel Campanella, fiché au grand banditisme et actuellement incarcéré à Luynes (là où se trouve M. Frère). Alors, pour ne pas être en reste, le Ravi dresse aussi un portrait de "Jean-Noël Guérini imperator". Un très beau numéro de mai donc. Avec bien sûr plein d'autres articles et rubriques illustrés de dessins qui décapent comme il faut.

 Le sommaire du n° 85 de mai : 
http://www.leravi.org/spip.php?article1100
Le site du Ravi
http://www.leravi.org/

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2 mai 2011

Torpilles et révélations contre Jean-Noël Guérini

 guerini_torpille

Nouvelle semaine pour rechercher la vérité. Si tant est qu'elle puisse être dénichée ou totalement établie. Mais il ne faut peut-être pas désespérer. Merci de lire tout ce qui suit, rebondissements, surprises et révélations. Car la presse fait son travail.
Suite à l'audition et aux déclarations de Jean-Noël Guérini à Paris, les réactions ammoniaquées n'ont pas tardé. Patrick Mennucci s'est senti visé par la phrase "le co-auteur du rapport qui a tenu le porte-plume de Montebourg".
Devant la commission, Jean-Noël Guérini a expressément répété les termes de son communiqué : "L'attitude hautaine du directeur de campagne, homme à tout faire, composant les listes, écartant les soutiens, écrasant les camarades par sa prétention, sa suffisance et la soi-disant expérience acquise lors de la campagne présidentielle de 2007, a été désastreuse."
Mennucci n'a pas supporté. "Je regrette qu'il manie désormais l'insulte à mon égard. Ce n'est pas digne du PS. En ce qui me concerne, je ne me tiendrai qu'aux faits et me garderai de porter des propos dictés par la méchanceté. Je porte tous les maux de Jean-Noël Guérini. J'ai été accusé d'avoir écrit des lettres anonymes, des SMS et maintenant le rapport. Je ne comprends pas que pour se justifier, il ait besoin de ces attaques mensongères."
Ça chauffe donc. 
Le second à vitupérer Guérini n'est rien moins que Michel Vauzelle lui-même. Peu disert jusqu'ici, y compris lorsqu'il avait été insulté par Alexandre Guérini lors d'écoutes téléphoniques, il s'était toujours retenu de commenter publiquement le climat politique des affaires et des entourloupes au parti socialiste. Mais jeudi, c'en était trop pour lui. Il a donc lâché un communiqué.
"Je m'étonne de leur teneur. Ces propos mensongers et injurieux à mon égard m'obligent à répondre." Revenant sur les différends apparus lors de la campagne des régionales, Vauzelle a précisé : "Je confirme ce que j'avais voulu jusqu'à présent ne réserver qu'au Bureau national, concernant l'attitude destructrice pour la gauche de Jean-Noël Guérini. Cette attitude visait et aurait pu provoquer la défaite de la gauche. Ce que j'ai dit au PS est la vérité et je le redirai point par point devant la commission Richard si elle veut bien m'entendre".
Mais, d'après lui, "la commission aura beaucoup de mal à obtenir la vérité sur la situation réelle de la fédération parce que beaucoup de responsables, d'élus et de militants ont encore aujourd'hui peur d'un système qui risque cependant de porter tort au candidat socialiste lors de l'élection présidentielle." Et une torpille, une.

(Clic sur l'image pour agrandir)
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Et puis, pour que l'effervescence ambiante monte encore d'un cran, Le Point a révélé jeudi que depuis le 7 avril Rémy Barges, le directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini, est poursuivi pour "destruction ou dissimulation d'indices pouvant déterminer la preuve d'un délit" au sujet du changement d'ordinateurs à la veille d'une perquisition dans les locaux du conseil général.
En novembre dernier, entendu comme témoin, il avait en effet expliqué : "Je pense que j'ai paniqué dans la mesure où il y avait un certain nombre d'informations à caractère politique sur ces ordinateurs". Il avait évoqué en particulier des notes concernant "des attributions de logement", "les subventions d'associations", "les alliances politiques"…

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Le bras droit de Guérini poursuivi pour "destruction de preuves"
28 avril 2011 Par Hervé Gattegno

Offensif devant la commission d'enquête interne chargée du fonctionnement du PS des Bouches-du-Rhône, qui l'a entendu hier protester contre les accusations de "clientélisme" et d'"intimidation" portées par Arnaud Montebourg, Jean-Noël Guérini est à nouveau sur la défensive sur le front judiciaire. Le procureur de Marseille, Jacques Dallest, a délivré le 7 avril un réquisitoire supplétif pour "destruction de preuves" contre le principal collaborateur de l'élu socialiste, son directeur de cabinet au conseil général des Bouches-du-Rhône. Celui-ci est soupçonné d'avoir ordonné la destruction des ordinateurs du cabinet de Jean-Noël Guérini à la veille d'une perquisition dans ses locaux.
C'est le juge d'instruction Charles Duchaine, chargé de l'enquête sur l'affaire des marchés publics de l'agglomération marseillaise - dans le cadre de laquelle Alexandre Guérini, frère de l'élu, est incarcéré depuis le 1er décembre 2010 -, qui a demandé l'extension de sa saisine à ces nouvelles charges. Le 20 novembre dernier, lors d'une perquisition au siège du département, que préside Jean-Noël Guérini, les gendarmes avaient découvert que tous les ordinateurs du cabinet et des secrétaires du chef du PS marseillais venaient d'être remplacés. Interrogées durant les jours suivants, les secrétaires de l'élu avaient indiqué que leurs ordinateurs avaient été changés entre le 17 et le 19 novembre sans qu'elles en sachent la raison - ni sur l'ordre de qui.

Réflexe de précaution
Entendu en qualité de témoin le 29 novembre 2010, Rémy Barges, directeur du cabinet de Jean-Noël Guérini au conseil général, avait admis avoir donné en urgence l'ordre de remplacer ces machines, sans toutefois en fournir une raison convaincante. "Je pense que j'ai paniqué, dans la mesure où il y avait un certain nombre d'informations à caractère politique sur ces ordinateurs, notamment des notes sur les subventions d'associations", déclarait-il alors, ajoutant : "Jean-Noël [Guérini] n'a pas été informé de cette décision, que j'ai prise seul en demandant que ce soit effectué rapidement."
Le collaborateur de l'élu affirmait en outre qu'aucun élément "compromettant" n'avait été perdu ou détruit à la faveur de cette substitution, évoquant simplement "des attributions de logements, des notes politiques concernant par exemple les cantons, les alliances politiques, les déclarations des uns et des autres"…
"S'il n'y avait rien de compromettant dans ces ordinateurs, pourquoi les avoir détruits ?
, avaient demandé les gendarmes.
- Par réflexe de précaution, avait assuré M. Barges. Pour éviter que des informations soient diffusées ou que le contenu des ordinateurs puisse être rendu public. Il n'y avait pas de comptes en Suisse dans ces machines."
Sollicité par les enquêteurs, le directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini avait enfin précisé qu'il ne savait pas ce qu'étaient devenus les disques durs des ordinateurs remplacés. Interrogée le même jour, l'assistante particulière de l'élu expliquait pour sa part : "Mon ordinateur a été changé sans que je sache pourquoi et par qui. Je suis arrivée un matin, le technicien était dans mon bureau et j'ai constaté que mon ordinateur avait été changé (….) Je n'ai pas retrouvé les documents qui se trouvaient [dans la mémoire], mais ce n'était pas de grande importance. Je ne me suis pas posé de questions." L'initiative du procureur atteste que la justice est décidée à se montrer plus soupçonneuse.

Enfin, grâce à un article étonnant, bien renseigné et plutôt costaud du Nouvel Observateur paru jeudi 28 avril 2011, on en sait plus désormais sur certaines sources ayant alimenté les soupçons d'Arnaud Montebourg. Voici l'intégralité de cet article.

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La "gorge profonde" de Montebourg et les Guérini

Le PS a lancé son audit sur les dysfonctionnements de sa fédération des Bouches-du-Rhône. Problème : le principal inspirateur de cette opération mains propres a retourné sa veste. Enquête
C'est une scène à la Scorsese, qui a stupéfié sur le coup la petite famille socialiste mar­seillaise, mais qui prend au­jourd'hui toute sa significa­tion. Elle éclaire d'un jour nouveau les au­ditions qui se déroulent depuis une se­maine Rue-de-Solférino pour faire le point sur le fonctionnement de la fédération PS des Bouches-du-Rhône.
Jeudi 17 février dernier, à Allauch dans les faubourgs de Marseille, élus et mili­tants se retrouvent pour un traditionnel repas républicain. Costume sombre et che­mise blanche, Jean-Noël Guérini, le tout ­puissant président du conseil général, plaisante avec ses proches à la table d'honneur quand, soudain, il se lève pour donner une accolade appuyée au député du quartier de l'Estaque, Henri Jibrayel. Un parfum de grand pardon flotte dans le gymnase… Dans l'assistance, certains convives se frottent les yeux en voyant le dernier arrivé s'asseoir el la droite du "père". Voilà bientôt deux ans en effet que tout Marseille les croyait fâchés à mort !
Député et conseiller général des Bouches-du-Rhône, Henri Jibrayel était en effet - jusqu'à la réconciliation d'Allauch… - un des premiers pourfend­eurs du président du conseil général. Il a même été l'un des principaux inspirateurs du fameux rapport qu'Arnaud Montebourg a rédigé pour dénoncer les turpitudes de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. C'est en effet au soir d'une visite effectuée chez lui, à l'Estaque, le 5 juin 2010, que le chevalier blanc du PS, effaré par tout ce que son hôte et ses amis venaient de lui raconter, a décidé de se lancer dans son opération "mains pro­pres". C'était il y a un an. Autant dire un siècle…
Aujourd'hui, la "gorge profonde" de Montebourg est rentrée dans le rang. Pour Jean-Noël Guérini, qui devait venir s'expli­quer cette semaine à Paris devant la com­mission d'enquête mise en place par le PS, c'est une bonne nouvelle. La ré­conciliation en valait la chandelle. Car Henri Jibrayel, quand il est fâché, est plutôt du genre sanguin et bruyant. Cet ancien syndicaliste des PTT, familier des quartiers populaires de Marseille, a grandi en politique auprès de François Bernardini, l'ex-patron du PS local qui fut contraint par la justice à la démission. Le cheveu cranté et les épaules larges, c'est un élu de terrain qui connaît sur le bout des doigts sa circonscription. Les militants mar­seillais se sont habitués à son langage fleuri et à son franc-parler qui lui joue parfois des tours… Comme ce jour où il s'en est pris très vivement aux frères Guérini, lors d'une conversation téléphonique, dans une salle d'embarquement à l'aéroport. "Ce sont des enc…! Ils finiront en prison", hurle-t-il à son interlocuteur devant plusieurs témoins médu­sés. Quelques minutes plus tard, dans l'avion, le voilà qui reprend sa diatribe et s'épanche auprès de sa voisine, la députée PS de Marseille, Sylvie Andrieux. ]ibrayel lui ra­conte qu'il connaît les Guérini depuis qu'il est jeune, qu'ils sont de mèche avec des figures du milieu marseillais, qu'ils ont des comptes à l'étranger… quand soudain, un homme assis à trois sièges de là l'interrompt poliment pour lui dire qu'il a tort de parler de la sorte. "Qui tu es, toi ? lance Jibrayel. "Je suis Olivier Grimaldi, l'avocat d'Alexandre Guerini", répond l'autre. Ambiance…
Au-delà du folklore, Henri Jibrayel est sur­tout un symbole. Il est à la fois le complice et la victime du système clientéliste et autocra­tique mis en place par Jean-Noël Guérini dans les Bouches-du-Rhône depuis douze ans. Car il fut un temps où les deux hommes savaient s'entendre. Sur le dos de leurs petits cama­rades, notamment. Patrick Mennucci, au­jourd'hui maire des 1er et 7e secteurs de Marseille, se souvient encore de sa campagne des législatives en 2002. Candidat PS dans la 4e circonscription de Marseille, il avait alors pour suppléant un conseil­ler général nommé… Henri Jibrayel, jusqu'à ce que ce dernier ne le lâche sur ordre de Jean-Noë! Guérini ! Le pa­tron des socialistes marseillais préfé­rait en effet soutenir un candidat communiste pour des raisons tactiques locales. Pour la petite histoire, Jibrayel ira jusqu'à coller des autocollants déni­grant les affiches où il figurait comme suppléant. "Du jamais-vu dans l'his­toire électorale", commente Mennucci.
Aux municipales 2008 en revanche, rien ne va plus entre Jibrayel et Guérini. Dans la grande tradition mar­seillaise qui veut que la politique soit aussi une affaire de famille, le premier demande au second que son fils figure en bonne place sur la liste dans son arondissement. Faute d'obtenir mieux qu'une 10e place réputée inéligible, le père débarque fou de rage à la perma­nence du numéro un des socialistes marseillais qu'il alpague dans son bu­reau. L'altercation, sans témoins, fait tellement de raffut qu'un policier du GIPN, assigné à la protection de Guérini durant la campagne, se sent obligé de pousser la porte pour séparer les deux hommes. Jibrayel ne le sait pas encore, mais en s'emportant contre le "patron", il vient d'hypothéquer son avenir politique pour longtemps.
A Marseille, en effet, il ne fait pas bon se mettre en travers du chemin du président du conseil général ! La ri­poste de Guérini est aussi immédiate que brutale. Du jour au lendemain, Jibrayel se voit privé de tout : il perd sa délégation ; les berlines aux vitres fumées du conseil général qu'il affection­nait tant lui sont désormais interdites ; les subventions départementales aux associations de son quartier fondent comme neige au soleil ; ses proches sont écartés de tous les postes. Le malheureux n'a même plus un billet pour l'OM à offrir ! Comme un malheur n'arrive jamais seul, Guérini en profite aussi pour promouvoir sa rivale de toujours dans les quartiers Nord de Marseille : Samia Ghali, une proche d'Alexandre Guérini, fait son entrée au Sénat.
En décembre 2009, à la veille de Noël, Jibrayel mis au ban du PS marseillais depuis plus d'un an n'en peut plus. Les larmes aux yeux, il grimpe au neuvième étage du "bateau bleu", le siège du conseil général pour demander une audience à "Jean-Noël". Le président n'est pas là, mais qu'importe : le député de l'Estaque a tout prévu, il sort de son sac une couverture et entame une grève de la faim ! Au bout de quelques heures, pas encore affamé mais mortifié, il menace de se jeter d'un balcon, avant de s'effondrer, victime d'un léger malaise. Pompiers, urgences, hôpital… Heureusement plus de peur que de mal. Dans les travées du conseil général, ses proches alertés menacent de tout casser en représailles. Guérini finira par recevoir Jibrayel. Pour rien. Trois mois plus tard, les deux hommes s'embrouillent de nouveau, toujours à propos du fils Jibrayel, lors de la constitu­tion des listes pour les régionales.
Marginalisé à Marseille, le député se dé­mène à Paris, où il occupe la fonction de vice­-président du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, pour battre le rappel de ses sou­tiens. D'un naturel affable, il a beaucoup de copains chez ses collègues. Il raconte ses mal­heurs à tout le monde, explique que Guérini veut sa peau, donne force dé­tails sur les menaces et les tentatives d'intimidation dont il dit faire l'objet. En fait-il trop ? Ses amis s'inquiètent réellement pour son sort. Montebourg est le premier à mordre à l'hameçon en juin 2010. Mais un mois plus tard, c'est au tour de Jean-Marc Ayrault, le patron des députés PS, de descendre en per­sonne à l'Estaque avec quelques parle­mentaires pour "réconforter" son ami. Jean-Noël Guérini reçoit le message cinq sur cinq, mais rien n'y fait. A l'au­tomne, le président du conseil général signe une paix des braves avec ses vieux ennemis, mais pas avec JibrayeI. Pis, il laisse même planer le doute sur le renouvellement de son investiture pour 2012 dans sa circonscription.
Le député de l'Estaque se sent pris au piège. Il tente le tout pour le tout, y compris de s'incruster un mardi soir au bureau national du PS pour essayer de parler à Martine Aubry et à son pre­mier lieutenant, François Lamy. A l'Assemblée, il distribue à qui veut les lire des photocopies du moindre article mettant en cause les Guérini. Mais une fois dans son bureau, il écrit à "Jean-­Noël" pour implorer son pardon et lui demander un rendez-vous, au plus vite.
Il lui faudra attendre jusqu'au 18 janvier dernier pour l'obtenir. Enfin ! Ce jour-la, c'est Noël pour Jibrayel qui se voit promettre par Guérini devant deux témoins la délégation aux sports, la plus belle du conseil général, l'accès aux berlines et même son investiture pour les prochaines législatives. En gage de bonne volonté, le député offre au patron des socialistes marseillais tous ses petits secrets, ainsi que les SMS et l'enregistrement de plusieurs conversations avec des opposants historiques du président du conseil général. Le marché n'est pas très reluisant, mais il est conclu. Il ne manque plus qu'à le sceller en public. Ce sera pour le 17 février à Allauch…
Tant pis pour Montebourg et son rapport, tant pis aussi pour les quelques socialistes marseillais qui comptaient sur lui pour les aider à faire déguerpir Guérini ! Lors de la réunion du groupe PS au conseil général des Bouches-du-Rhône, qui a précédé la réélection de son président, Henri Jibrayel a annoncé de­vant ses anciens camarades qu'il soutenait "Jean-Noël". "On s'est expliqué entre hommes, a-t-il pris soin de préciser, je te res­pecte, tu me respectes…" Jusqu'au prochain épisode ?
                                                     François Bazin et Matthieu Croissandeau

Descente sur le Vieux-Port
Les bœufs-carottes du PS ont du pain sur la planche ! Après Arnaud Montebourg la se­maine dernière, c'est au tour de Jean-Noël Guérini de venir s'expliquer ce jeudi devant la com­mission mise en place par Martine Aubry pour faire toute la lumière sur le fonctionnement de la fédéra­tion socialiste des Bouches-du-Rhône. Présidé par l'ancien ministre Alain Richard et composé de huit personnalités représentant les différents courants du Parti socialiste, cet aréopage a prévu de rendre ses conclusions le 20 juin prochain. L'enquête ne portera pas sur l'affaire des marchés publics de déchets pré­sumés frauduleux qui vaut à Alexandre Guérini de dormir depuis le mois de décembre en prison. Elle s'intéressera en revanche de prés aux dysfonctionne­rnents du PS local. Pour juger sur pièces, la commis­sion a prévu de se rendre les 4 et 5 mai prochains à Marseille, où elle entendra plus d'une quarantaine d'élus et de militants. Afin de garantir la confiden­tialité et l'indépendance, les auditions ne se déroule­ront pas au siège de la fédération mais dans la salle de conférences d'un hôtel. Plusieurs témoins ont par ailleurs accepté de parler, mais uniquement devant Alain Richard. La confiance règne !
                                                                                                    F. B. et M. C.

28 avril 2011

Jean-Noël Guérini victime d'un complot ?

 guerini_canard_27

Le Canard enchaîné d'hier ne lâche pas le morceau. Moi non plus. Alors, faisons le point.
Ce mercredi, Jean-Noël Guérini a débarqué à Paris, accompagné de Jean-David Ciot, et d'une valise à roulettes de quelque 35 kilos de documents, le poids estimé, selon lui, de sa ligne de défense devant la commission d'enquête du parti socialiste. Mais, c'est connu, plus on en fait, moins ça risque de peser.
A la sortie, il a répondu aux journalistes qui l'attendaient mais on l'a moins vu qu'Arnaud Montebourg qui, la semaine dernière, a pris plaisir à répondre aux invitations sur les plateaux télé. Et même jusqu'à dimanche après-midi où il a encore agité les cloches à son plein pendant le dernier quart d'heure de C politique sur France 5.
Jean-Noël Guérini, lui, n'a pas à proprement parlé du fond du dossier. Il a seulement expliqué que le rapport Montebourg "a été perçu pour ce qu'il est : une agression gratuite, inquisitrice, injustifiée qui jette l'anathème sans la moindre vérification, et qui mélange les genres : calomnie, diffamation, exagération, propos mensongers ; la liste est longue hélas."
Il a ajouté : "Il n'y a pas de domination du conseil général sur la fédération." "Les électeurs ne sont pas des clients." "Le conseil général est reconnu pour ses politiques publiques et sa gestion exemplaire."
Enfin, il a répété à qui veut l'entendre : "Je suis l'instrument d'une campagne visant notre première secrétaire, une campagne de dénigrement, relayée par la droite." Ces propos ont été repris par Jean-David Ciot le soir même sur LCM.
Ça sentait les éléments de langage, comme en use l'Elysée. Il a aussi laissé entendre que "certains responsables politiques de droite et du parti socialiste" devraient se montrer plus mesurés dans cette affaire. Principale cible visée, Patrick Mennucci, soupçonné d'anti-jeu en vue de poser ses jalons pour la municipale marseillaise de 2014.
Il y a quelques jours, sur France 3, ce dernier n'avait pas reculé d'un pouce pour demander encore une fois un autre type de fonctionnement pour la fédération des Bouches-du-Rhône, surtout depuis que Jean-Noël Guérini a quitté la direction et mis en place Jean-David Ciot : "
Ciot n'a aucune espèce d'autonomie par rapport au président du conseil général, rien ne change", s'était-il désolé. Pour lui, la fédération est "au paroxysme du pouvoir personnel", il y a "un système clientéliste qu'il faut changer".
Or, vendredi soir, on a vu le tandem Guérini Ciot faire la paire et échanger des effusions amicales et "familiales" (dixit Guérini) avec Alexandre Medvedowsky qui fêtait à Jouques sa réélection dans le canton de Peyrolles.
Voilà, donc le point de la situation à ce jour. Les 3 et 4 mai, la commission et son président se rendront à Marseille pour auditionner élus et militants.

 guerini_canard_27

Pour compléter ces informations, on pourra aussi prendre connaissance du communiqué pré-rédigé par Jean-Noël Guérini diffusé à l'extérieur à l'intention de la presse pendant son audition par la commission :
http://www.scribd.com/fullscreen/54050177)

Voir également ce qu'en pense Renouveau PS 13 :
(aller à l'article daté du 22 avril)
http://renouveaups13.blogspot.com/2011/04/temoigner-aupres-de-la-commission.html

21 mars 2011

Cantonales 2011 : Résultats du 1er tour en Pays d'Aix

logo_cantonales_mars_2011___CopiePartout, le taux d'abstention est élevé. Conséquence, en Pays d'Aix, il n'y a pas d'élus au premier tour. Le second tour se fera sur la base de duels. André Guinde à Aix sera face au candidat NC et Alexandre Medvedowsky à Peyrolles face au candidat FN.

(Clic sur les images pour agrandir)
(Source : La Provence)
canton_1_guinde_commune_aix
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22 avril 2011

Et maintenant, Guérini et… Ben Ali

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Le titre n'est pas un gag. C'est Mediapart qui en a parlé. Et il ne manquait plus que ça.
Mais dans l'actualité plus récente, ce mercredi, Arnaud Montebourg a été auditionné pendant deux heures par la commission d'enquête à Paris. Sur les huit membres censés représenter l'ensemble des courants internes, certains étaient étrangement absents. A la sortie, Arnaud Montebourg a livré ses impressions à des micros qui l'attendaient rue de Solférino mais également sur un plateau de télé.
Il a évoqué "une ambiance amicale" et a salué "l'écoute attentive" du président de la commission. "J'ai toute confiance dans la commission, dans son honnêteté, pour mettre au jour les faits condamnables que j'ai pu constater dans les Bouches-du-Rhône. J'ai pu détailler les preuves et les faits que j'ai recueillis pendant mon enquête, donner les noms des témoins, donner les sources des informations. 
La gauche ne peut pas se permettre d'enterrer ses propres affaires politico-judiciaires comme elle le reproche, à juste titre, à la droite de faire la même chose. Sinon, elle perdrait toute crédibilité, toute aptitude à vouloir diriger la République. J'ai demandé à ce que l'on prenne des décisions importantes, j'ai défendu l'idée qu'il était nécessaire de mettre sous tutelle la fédération et éventuellement d'envisager une mesure d'éloignement de Jean-Noël Guérini du parti socialiste. Il y a un système Guérini de domination sans partage où le pouvoir et l'argent se sont associés que symbolisent les deux frères Guérini."

On apprend aussi que quelques militants ont livré des informations à Montebourg. J'ai personnellement l'exemple de deux militants aixois qui m'ont récemment confié lui avoir fourni de précieux éléments sur les dysfonctionnements de la fédération des Bouches-du-Rhône.
On raconte qu'Alain Richard, ancien ministre le défense dans le gouvernement de Lionel Jospin, qui préside la commission, a paru surpris de découvrir les méthodes effrayantes et les pratiques calamiteuses employées par Jean-Noël Guérini.
D'ailleurs, La Provence d'hier en remettait une nouvelle couche sur le mystère des fausses factures de La Ciotat, à propos desquelles le Juge Charles Duchaine devait entendre Alexandre dans la journée. On verra bien ce qu'aura à dire Jean-Noël lorsqu'il sera lui-même devant la commission mercredi prochain.

La vidéo de l'interview d'Arnaud Montebourg :
(écouter les 3 premières minutes)
http://www.youtube.com/watch?v=AGS36_PI1pU&feature=player_embedded
L'article de La Provence d'hier :
http://www.laprovence.com/article/region/affaire-des-marches-publics-le-mystere-des-factures-de-la-decharge-de-la-ciotat

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Quand Jean-Noël Guérini invitait à dîner la belle-famille de Ben Ali
4 avril 2011 par Lénaïg Bredoux et Mathieu Magnaudeix

Novembre 2009, le président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, est à Tunis, invité d'honneur du parti de Ben Ali. A son tour, il invite diplomates et hommes d'affaires, dont des membres du clan Trabelsi aujourd'hui poursuivis en Tunisie. Avec en jeu, quelques belles affaires sur le port de Marseille. Révélations.
Début novembre 2009. Le président tunisien Ben Ali vient à peine d'être "réélu" et Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône et patron de la fédération socialiste, est à Tunis.
Il est même l'invité d'honneur du XXIe symposium international du parti du dictateur, le RCD, où il croise aussi Jean-Pierre Sueur, président PS du groupe d'amitié franco-tunisien au Sénat, l'UMP Patrick Ollier ou encore le chercheur spécialiste des relations internationales à l'Iris, Pascal Boniface. 
Pendant ces deux jours – du 2 au 4 novembre –, l'accueil est plus que chaleureux. Selon La Provence, Guérini est même accueilli en "chef d'Etat".
Belhassen Trabelsi, le parrain du clan, sur la liste des invités
Le 2 novembre 2009 au soir, c'est au tour du patron du conseil général des Bouches-du-Rhône de jouer le maître de cérémonie. Au Golfe, un restaurant de la Marsa, la banlieue huppée de Tunis, il invite une quarantaine de convives. C'est lui qui régale. Le gratin diplomatique français a été convié : l'ambassadeur de France de l'époque, Pierre Ménat, le consul général, des conseillers diplomatiques... On croise aussi "des huiles tunisiennes", affirme un témoin, comme le gouverneur de Tunis, et surtout des entrepreneurs. "Il était clair qu'ils étaient là pour faire du business", affirme un autre participant.
Pour nouer des relations économiques dans la Tunisie de Ben Ali, on croise forcément le clan de l'ancien président, singulièrement celui de sa femme, les Trabelsi. Au conseil général des Bouches-du-Rhône, on l'admet sans ambages: "Ce n'était pas en niant cet Etat de l'époque qu'on pouvait faire quoi que ce soit. Les intérêts de la France passaient aussi par là", explique Jean-Marc Buisson, responsable des relations internationales du conseil général.
Si l'on en croit une liste communiquée à Mediapart par ce proche de Guérini, un des personnages les plus emblématiques du régime de l'époque était d'ailleurs l'invité du dîner du 2 novembre : Belhassen Trabelsi, le frère de Leila Ben Ali, l'épouse du dictateur.
Affairiste notoire (aujourd'hui en fuite au Canada), Belhassen Trabelsi a bénéficié de ses liens de parenté avec le dictateur pour s'accaparer des pans entiers de l'économie tunisienne sous Ben Ali, dont il est devenu un des parrains. Via sa compagnie aérienne, iI est notamment le copropriétaire du jet privé dans lequel Michèle Alliot-Marie a embarqué juste avant la chute de Ben Ali.
Pourtant, ce soir du 2 novembre 2009, Belhassen Trabelsi ne paraîtra pas, affirment plusieurs convives. En revanche, selon nos informations, c'est un autre beau-frère de Ben Ali qui aura les honneurs du dîner : Moncef Trabelsi. Ancien photographe ambulant, il est moins connu que le cadet Belhassen, mais lui aussi reconverti dans les affaires à la faveur du mariage de sa sœur avec Ben Ali. Sa spécialité : l'import-export.
"Il était assis à la table d'honneur, pas très loin de Guérini", rapporte un convive qui se souvient très bien de la scène. L'entourage de M. Guérini dément. D'autres témoins, eux, ne se souviennent pas d'avoir vu Moncef Trabelsi ce soir-là : guère surprenant, car il est beaucoup plus discret que le chef de clan Belhassen. Moncef Trabelsi a une carte de visite qui intéresse beaucoup Jean-Noël Guérini : le transport maritime en Méditerranée, et l'activité du port de Marseille, cruciale pour le département des Bouches-du-Rhône. Le conseil général dispose d'ailleurs d'un siège au conseil d'administration du port.
Créée après la Seconde Guerre mondiale par des proches de l'ancien maire Gaston Defferre pour contrer l'influence du PCF dans la zone portuaire, la Socoma est toujours dirigée par un historique du PS local, Charles-Emile Loo. Un intime de Defferre, acteur discret mais crucial des guerres intestines du PS marseillais, que Guérini considère comme son "mentor politique". Depuis des années, Loo, 88 ans, ne s'en cache pas : il veut que Guérini lui succède à la Socoma. "Quand je m'en irai, ce sera lui ou un autre, mais je préférerais que ce soit lui", explique Loo à Mediapart.
Les écoutes téléphoniques réalisées dans le cadre de l'enquête sur le frère de Jean-Noël, Alexandre Guérini, prouvent l'importance de ce poste à la Socoma dans la stratégie politique de Guérini. Lors d'une conversation du 21 juillet 2009 avec un proche d'un autre élu socialiste, Alexandre Guérini affirme à propos de son frère que son "futur mandat de maire et de président de la Socoma aujourd'hui sont liés à jamais". Le rôle dévolu à Jean-Noël Guérini comme président de la Socoma est clair : "faire venir des bateaux, aller voir des maires, aller voir des présidents de la République..." "Un VRP de luxe", renchérit son interlocuteur.
"Aldo", un intermédiaire peu recommandable
Est-ce pour encourager Moncef Trabelsi à revenir commercer à Marseille que Jean-Noël Guérini l'aurait fait, ce soir-là, venir à sa table ? Quelques mois plus tôt, Moncef Trabelsi, avait en tout cas créé Med Sea, une éphémère société de transport maritime pour faire du commerce entre Marseille et Tunis, dont il était PDG, d'après les statuts que nous nous sommes procurés.
La société, associée à un affréteur danois, Scandinavian Shipping, s'était lancée sous le nom de "Fastmed Line" le 8 avril 2009 à raison de trois liaisons hebdomadaires. Elle avait immédiatement affiché des prix cassés destinés à concurrencer les autres compagnies effectuant déjà la liaison : la CMA-CGM mais aussi la compagnie nationale tunisienne, Cotunav (ce qui n'a pas le moins du monde dérangé Trabelsi, beau-frère du chef de l'Etat)...  La tentative avait échoué au bout de quelques mois, victime de la franche riposte commerciale des concurrents.
Or, pendant ces quelques mois d'exploitation, c'est justement la Socoma, la coopérative dont Guérini est entre-temps devenu président, qui a effectué la manutention des navires, comme l'a confirmé à Mediapart le PDG Charles-Emile Loo, qui nous a même envoyé le contrat.
"Nous sommes une coopérative ouvrière indépendante, se défend-il. Nos concurrents avaient refusé Fastmed car ils ont tous des attaches avec les sociétés existantes." Il s'agissait juste, dit Loo, de favoriser la concurrence sur le port. Le patron de la Socoma dit ne pas connaître Moncef Trabelsi, avoir même ignoré qu'il était derrière l'opération. Il dit uniquement avoir rencontré deux fois, dans le cadre de cette transaction, un certain "Aldo", ramené par un agent maritime, Navitrans.
Or, l'"Aldo" en question, de son vrai nom Abderrazak Labiadh, est l'associé de Moncef Trabelsi dans Med Sea. Un personnage sulfureux, au CV fort peu reluisant : il a été poursuivi à partir de 2002 par le gendarme de la bourse américaine, la SEC, puis par la jusitce belge, pour des soupçons de blanchiment à travers une société d'exportation de voitures vers le Maghreb.
Sur le port de Marseille, le drôle d'attelage Labiadh-Trabelsi ne semble avoir gêné personne. Ni Charles-Emile Loo, ni l'agent Navitrans ("Nous avions des garanties financières, il n'y avait aucun souci"), ni le port de Marseille, trop content de faire jouer la concurrence... Contacté, l'entourage de Jean-Noël Guérini dit tout ignorer de ce contrat de la Socoma avec une société du clan Trabelsi. Et dément dans la foulée la présence de Moncef Trabelsi au dîner. Mais les proches du socialiste livrent des versions totalement contradictoires – voire farfelues – sur les autres convives : pour Buisson, du conseil général, Belhassen Trabelsi était présent, ainsi que deux ministres. Faux, "et je suis catégorique", affirme Robert Bismuth.
Membre du bureau de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, Robert Bismuth est une figure du milieu franco-tunisien à Marseille. Il préside notamment une association de coopération entre les deux rives de la Méditerranée, née en 1993 – une initiative qui "s'inscrivait dans le cadre de la Nouvelle Politique Sociale Tunisienne mise en place par le Président Ben Ali dès son élection en 1987", précise le site internet en majuscules. Bismuth défend bec et ongles son camarade Guérini, allant jusqu'à dire que celui-ci a prononcé lors du colloque du RCD dont il était l'invité d'honneur un "discours très courageux". C'est-à-dire ? "Il a dit des choses que les Tunisiens n'ont pas dû entendre souvent. Il a dit qu'il fallait plus de liberté, d'ouverture..." Pourtant, la presse, y compris française, ne s'en souvient pas. Quant au directeur des relations internationales du conseil général, Jean-Marc Buisson, il est bien obligé d'admettre que Guérini n'a rencontré aucun représentant de la société civile lors de ce voyage.

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7 avril 2011

Qui croit au débat racoleur de l'UMP sur la laïcité ?

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Pour donner le ton, Claude Guéant a forcé sur le son. En provoquant un faux débat, Jean-François Copé a livré un mauvais combat. Imaginée nationale, sa convention sur la laïcité (et surtout sur l'Islam) a tourné au seul conclave UMP. La honte ! Une honte retransmise en direct sur la chaîne parlementaire.
Dehors, des bataillons de CRS. Et dans la salle, un public composé pour un bon tiers de journalistes et pour le reste de religieux, de militants, de salariés du parti, de parlementaires et de quelques ministres soucieux de ne pas se faire engueuler par le chef.
Mais il manquait quelques grosses pointures genre premier ministre, présidents de l'assemblée nationale et du sénat. Normal, c'était mardi et ils avaient tennis avec renvois de balles gros calibres.
Pendant ce temps, des députés, Patrick Devedjian, Jean Leonetti, Bernard Debré, ayant préféré rester à l'assemblée nationale, se répandaient dans les couloirs pour dégommer le débat.
A noter que, après avoir harponné Eric Zemmour qui n'avait opposé aucune résistance lors d'une réunion de la droite populaire, Copé a récidivé hier en garnissant sa tribune avec Christophe Barbier qui lui aussi, toute déontologie ingurgitée, a trouvé normal d'aller servir le calice à la majorité. Etrange pour un journaliste qui prône la neutralité en matière religieuse mais range son postérieur sur un fauteuil de complaisance.
Enfin, même si des représentants religieux ont pris la parole mardi, pour mémoire, l'ensemble des six grandes religions de France s'étaient prononcées contre la tenue de ce débat sur la laïcité.
Bon, cette page hideuse de racolage politique via une forme de procès de la laïcité est maintenant tournée. Il n'y a plus qu'à attendre ce que Nicolas Sarkozy va bien pouvoir nous sortir d'autre pour escamoter les vraies questions qui préoccupent la population.

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Laïcité, identité, élevez le débat !
6 avril 2011 Tribune par Jean-Michel Baylet, président du PRG

Les Français sont en droit de se demander si la droite qui se dit républicaine est encore capable d’entendre les messages qu’ils lui envoient.
Voici un an, le gouvernement et l’UMP avaient été obligés de mettre un terme piteux au fameux débat sur "l’identité nationale", un débat qui n’avait servi que d’exutoire à la xénophobie et au racisme. Calamiteuses pour la majorité, les élections régionales avaient démontré d’une part son rejet massif par le pays au profit de la gauche, d’autre part les bénéfices encaissés par l’extrême droite après une campagne dominée par l’islamophobie.
Aveugle devant ces leçons claires, le chef de l’Etat vient de lancer un nouveau chantier à conduire par l’UMP sur la place des religions dans la République et la compatibilité de l’Islam avec la laïcité. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’extrême droite n’hésite pas à se poser désormais en garante des principes laïques et procède aux amalgames que le pouvoir encourage entre immigration, islamisme, communautarisme et peurs sociales. Ces débats sont indignes de notre pays. L’identité républicaine et la laïcité française valent beaucoup mieux que cela.
La règle laïque n’est certes pas constitutive à elle seule de notre identité collective mais elle en est le principe vertébral. Elle est parfaitement simple et efficace. Tous les appels à une laïcité "positive", "ouverte" ou "modernisée" ne sont que des tentatives pour affaiblir ce principe posé par le législateur depuis un siècle. Résumons : la loi doit respecter la foi mais la foi ne doit pas dicter la loi.
C’est-à-dire que, loin d’être une pensée de combat braquée contre les religions, la laïcité est d’abord la garantie de la liberté des choix de conscience et aussi le rempart de neutralité absolue qui doit protéger toutes les institutions publiques – et au premier rang l’école – des influences confessionnelles mais également économiques et partisanes. Il n’y a là rien à "moderniser". C’est faire fausse route, si l’on est de bonne foi, que d’ouvrir un débat public sur la place de l’Islam en France et sur son organisation.
D’abord parce que la République laïque n’a pas à décompter les adeptes des différentes croyances. Ensuite et surtout parce que nul ne doit être assigné, selon son origine ou sa couleur de peau, à une religion sauf à soumettre précisément la pensée publique aux diktats religieux de tous ordres. En même temps qu’il s’érige en gendarme de l’Islam, le Président de la République relance le débat sur l’identité française dressant, après Madame Merkel et Monsieur Cameron, l’acte de décès du multiculturalisme.
Pour leur part, les radicaux ont toujours été hostiles au multiculturalisme lorsqu’il est une manifestation du communautarisme. Contrairement à une vision anglo-saxonne, la République n’est pas une mosaïque de communautés dont la loi mesurerait les influences et n’en exprimerait en somme que le plus petit dénominateur commun.
Pour autant l’identité n’est pas l’uniformité. Et l’identité collective de notre pays est, comme elle l’a toujours été et comme elle doit le rester multiculturelle.
Il faudrait revenir à Renan pour rappeler à M. Sarkozy que, dans la conception qui fait honneur à la France, la nationalité n’est pas l’addition d’une race, d’un territoire, d’une religion, pas même d’une langue mais la volonté librement exprimée d’un avenir commun sous l’éclairage de valeurs simples, et selon nous universelles : autonomie du sujet, égalité en droits, démocratie dans l’organisation politique.
Dans notre conception, la République est donc un projet magnifique en ce qu’il n’est pas achevé. Notre Histoire, grand récit collectif, n’est pas une nostalgie, un musée de l’égoïsme. Notre langue n’est pas une langue morte et intangible. Notre communauté n’est pas une maison fermée, voire un bunker. Notre identité n’est pas un nivellement ; elle s’est enrichie et s’enrichira encore de tous les apports qui la redéfinissent constamment dans le respect des règles communes. Ce mouvement ne s’arrêtera pas.
Les radicaux ont le plus grand respect pour la Nation. Mais ils ne réduisent pas l’identité républicaine à une idéologie nationale. Les collectivités de base, les territoires participent à cette identité. L’Europe est elle aussi une grande maison commune. Et l’universalisme, offert au monde par la France au XVIIIe siècle, ne peut être oublié dans un quelconque repli peureux ou calculateur.
C’est pourquoi le Parti Radical de Gauche entend redonner sens aux débats que la droite a si mal engagés. Le 16 avril prochain, il invitera tous les Républicains sincères, qu’ils soient de gauche ou de droite, à une grande rencontre sur le thème de l’identité républicaine. Quand d’autres multiplient les anathèmes et les exclusions, les radicaux veulent rappeler que la tolérance et l’ouverture à l’autre sont au cœur du projet républicain.

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La tribune des six grandes religions :
http://www.leparisien.fr/societe/toutes-les-religions-contre-le-debat-sur-la-laicite-29-03-2011-1383927.php
"L'UMP dégrade la laïcité" :
http://owni.fr/2011/04/05/ump-degrade-la-laicite/

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Deux excellents articles :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/31/ne-touchons-pas-a-la-loi-de-1905_1501509_3232.html
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/01/il-ne-faut-pas-confondre-probleme-social-et-question-religieuse_1501789_3232.html

16 mars 2011

Les classements de mon blog en mars par Wikio

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Ce n'est pas un sondage. Le moteur de recherche Wikio est un portail d'information qui fouille les sites et les blogs qui traitent l'actualité. Il produit ses classements mensuels selon une sélection de critères qui lui appartiennent.
Certains pensent que ce n'est pas fiable. D'autres estiment qu'il faut bien s'appuyer sur quelque chose.
En tout état de cause, des articles affichés sur le portail de Wikio amènent plus de lecteurs. Et les classements peuvent en inciter d'autres à cliquer.
Pour ma part, sans en tirer des motifs ridicules d'une quelconque gloire, je préfère voir mon blog grimper l'échelle qu'en descendre. Le classement de ce mois (pour l'activité de février) est sans doute à mettre en parallèle avec l'augmentation sensible des connexions constatées aussi dans mes statistiques. 

2 mars 2011

Affaire Guérini : Quelques silences qui en disent long

guerini_moi_cest_moi_ravi_82En l'état de l'enquête, a-t-on vraiment tout dit sur l'affaire Guérini ? Pas sûr. Et il est même assez probable que la poursuite et l'approfondissement des investigations par le juge Charles Duchaine ne manqueront pas de dévoiler de nouveaux éléments.
C'est ce qui pousse nombre de personnes à la méfiance et à garder bouche cousue.
Par exemple, rares sont les élus qui livrent un avis sur le remue-ménage qui secoue la vie locale depuis plusieurs mois.
Rares aussi sont les adhérents ou militants des partis politiques, en particulier ceux du parti socialiste, qui osent briser le silence. Et pourtant, ils sont loin de ne pas savoir ou de n'en rien penser. J'en ai pour preuve quelques confidences personnelles que me font certains par confiance mais que je ne peux malheureusement pas citer ici.
Dans son édition de février, le Ravi a interrogé quelques élus ou membres locaux de partis politiques. On pourra en prendre connaissance dans l'article ci-après.
Par ailleurs, l'affaire a donné lieu à pas mal d'articles ou de dossiers dans divers journaux, magazines et sites internet. Le dernier en date est le billet de Daniel Schneidermann sur Arrêt sur images. Où l'éditorialiste fait mine de s'interroger sur ce qui peut bien motiver le fait que l'on parle peu d'un personnage haut, très haut placé. (Voir en fin d'article)
Enfin, c'est à découvrir dans sa parution d'aujourd'hui, l'hebdo Les InRockuptibles balance un article intitulé "Le juge qui fait peur à Marseille".

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Un conflit juridico-politique intéressé

L'enquête visant le frère de Jean-Noël Guérini, président du Conseil général du "13" s'invite avec fracas dans la campagne des cantonales.
"J'invite les électeurs de gauche à voter NPA ou Front de gauche, bref pour tous les candidats non issus du système Guérini !" Bruno Gilles, secrétaire adjoint de l'UMP des Bouches-du-Rhône, à la manœuvre aux cantonales, sonne la charge. "Aller voter PS, c'est cautionner les affaires ju­diciaires en cours !", poursuit le sénateur-maire. La présomption d'innocence ? "J'y suis attaché mais il ne faut pas être des oies blanches. Il n'y a pas un seul domaine de compétence de Marseille Provence Métropole ou du Conseil général qui échappe aux soupçons." L'UMP 13 s'est choisi un slogan de campagne : "le choix de l'honnêteté". "Nous avons eu plus de facilité à le faire accepter par nos troupes que celles du PS à assumer un bandeau "avec Jean-Noël Guérini", martèle Bruno Gilles.
Alexandre Guérini est mis en en examen pour "abus de biens sociaux, détournement de fonds et de biens publics, recel, corruption active, trafic d'influence" sans être condamné. Jean-Noël, son frère, n'a pas été entendu par la justice. Le Conseil général qu'il préside est pour l'instant officiellement épargné. Mais les auditions de justice, qui s'étalent dans la presse, témoignent de l'interventionnisme d'A!exandre dans les institutions gérées par le PS. Et une question agite le landerneau politique et médiatique : y-a-t-il eu conflit d'intérêt entre les activités présumées frauduleuses d'Alexandre et son frère, Jean-Noël ? Bruno Gilles, toujours, sans pincettes : "Décharges, déchets, SDIS (sapeurs-pompiers), maisons de re­traite, 13 Habitat (logement social), cela fait beaucoup d'endroits où Alexandre Guérini est présent. Je ne peux pas croire une seconde, si les accusations graves s'avèrent vraies, que ces faits aient pu avoir lieu sans que son propre frère soit au courant."
Cela cogne dur à gauche aussi ! "Chaque jour qui passe nous apporte de nouvelles révélations sur le système de dé­tournement de fonds publics mis en place et les liens entre­tenus avec le milieu", dénonce un communiqué du NPA intitulé "rompre avec le système Guérini". "Nous ne disons pas que Jean-Noël est coupable de quoi que ce soit, mais le système clientéliste que nous dénonçons depuis des années est mis à jour", confirme Cédric Bottero, porte-parole du NPA. Trop c'est trop pour le PS ! "Le frère de Jean-­Noël Guérini, c'est son frère, lui c'est lui. La justice passera, tranchera, condamnera ou disculpera. Mais instrumentali­ser l'enquête en cours, c'est une politique de suspicion et d'amalgame", dénonce Jean-David Ciot.
Premier secrétaire délégué de la fédération socialiste, il contre-attaque : "En violant le droit à la présomption d'in­nocence sur le registre de la caricature et du "tous pour­ris", l'UMP ne joue pas en faveur de la démocratie. La droite refuse de débattre sur les grands enjeux et les compétences du département. En dégoûtant les gens d'aller voter, l'UMP impacte l'ensemble de la classe politique." Tout en se revendi­quant "d'une autre classe", Pierre Dharréville, 1er secrétaire du PCF, condamne lui aussi l'exploitation des affaires.
"Je ne suis pas juge. Nos propositions sont politiques, comme celles en faveur de la transparence de l'attribution des marchés publics." Manque de chance pour les communistes, le seul élu mis en examen, à ce jour, par le juge Duchaine, est un des leurs, le président de l'Agglomération du Pays d'Aubagne. "Rien ne me permet de douter de l'honnêteté et de la probité d'Alain Belviso", tranche Pierre Dharréville.
"A trop jouer avec le feu, l'UMP risque de se brûler, estime Christophe Madrolle du Modem. Sa stratégie va béné­ficier au vote contestataire, un peu à Europe Ecologie (EE) mais surtout au FN." Sébastien Barles, can­didat EE dans un can­ton disputé, attend lui aussi que "la justice soit passée pour se déterminer". Mais plaide pour des mesures "afin d'éviter le clientélisme, comme la critérisation des aides publiques…" Tout en s'étonnant de la virulence de l'UMP : "Renaud Muselier, secrétaire départemental, est un spécialiste de l'évasion fiscale ! En termes de conflit d'intérês, son opération immobilière à île Maurice, alors qu'il était secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, c'est quelque chose ! Comment peut-il jouer ensuite les che­valiers blancs ?" Reste une certitude. Après le scrutin, le pré­sident du Conseil général sera toujours… Jean-Noël Guérini.
                                                                                            Michel Gairaud

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28 février 2011

L'effarant système Guérini : Des liens avec la pègre…

guerini_lepointAvec un peu de patience, on finira bien par tout savoir. Quand on voit le séisme politique que Le Canard enchaîné a une fois de plus provoqué au sommet de l'Etat, il faut se réjouir que la presse aille mettre son bec dans tout ce qui barbote en eaux poisseuses. 
Le Point a publié mercredi un autre dossier de cinq pages sur l'affaire Guérini. Et ça y va ! Le magazine n'hésite pas à parler de "pègre locale", de "crime organisé" et de "gangsters". La veille de la parution, son auteur, Hervé Gattegno, répondait sur RMC aux questions de Jean-Jacques Bourdin. 

L'effarant système Guérini

L'enquête sur les marchés publics de l'agglomération marseillaise connaît de nouveaux développements - que vous révélez dans le Point. Elle dévoile des liens entre certains élus et la pègre locale. Pour vous, à Marseille, c'est la République qui est menacée.
Ce qui se passe dans la deuxième ville de France est particulièrement inquiétant. C'est une situation qui est plus proche des compromissions et des pratiques occultes du sud de l'Italie que des canons de l'éthique républicaine. Au départ, il y a des soupçons de malversations sur les marchés d'enlèvement des ordures et de traitement des déchets. En deux ans, l'enquête s'est élargie et Alexandre Guérini, le propre frère de Jean-Noël Guérini, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, l'un des hommes politiques les plus importants de cette région et le chef du PS marseillais, apparaît maintenant au centre d'un réseau qui intervenait sur de nombreuses décisions publiques dans les collectivités contrôlées par les socialistes : le département donc, et aussi la communauté urbaine de Marseille.
 
Donc c'est une énorme affaire de corruption. Pourquoi pensez-vous que ça va au-delà ?
Parce qu'il y a dans ce dossier des ingrédients qu'on croyait inimaginables depuis longtemps en France. D'abord, un pouvoir bâti sur la peur. Des fonctionnaires et même des élus témoignent qu'ils ont subi des pressions, des intimidations. Le président de la communauté urbaine de Marseille Eugène Caselli - qui a été placé en garde à vue au début du mois - a raconté qu'Alexandre Guérini installait un climat de menace, qu'il avait placé ses hommes aux postes clés pour intervenir sur les appels d'offres et qu'eux-mêmes avaient parfois peur pour leur sécurité. L'autre élément effarant, ce sont les connexions qui apparaissent avec le crime organisé. Avec par exemple des écoutes téléphoniques qui prouvent que des gangsters marseillais s'intéressaient aux autorisations des maisons de retraite, qui relevaient du conseil général. Et qu'on intervenait en leur faveur.
 
On va encore dire qu'à Marseille, ce sont des pratiques qui ont toujours existé... 
Justement, c'est bien ça qui est insupportable. C'est qu'il y a dans cette affaire une sorte de validation des clichés qui déshonorent la ville. Après les grèves à répétition qui en ont fait une ville économiquement sinistrée, Marseille a besoin de tout sauf de ça. Alors c'est vrai qu'il y a eu des précédents - toujours dans le Midi : Gaston Defferre traitait avec les voyous. À Nice, Jacques Médecin s'est appuyé jusqu'à la fin des années 80 sur des réseaux semi-mafieux. Et dans le Var, après l'assassinat de la députée Yann Piat, en 1994, une opération "mains propres" avait mis hors circuit une génération d'élus compromis. Il faudrait aujourd'hui des moyens similaires à Marseille. Donc une volonté politique. Pour l'instant, on ne la voit pas. Pas assez.
Vous voulez dire que l'enquête pourrait être étouffée ?
Étouffée non, mais ralentie, entravée. Privée de moyens. Et déconsidérée par la classe politique marseillaise - à une ou deux exceptions près. C'est vrai qu'on est en pleine campagne pour les cantonales, ce qui n'arrange rien. Et que Jean-Noël Guérini joue son maintien à la tête du département des Bouches-du-Rhône, ce qui n'est pas facile quand on a un frère en prison. Il est bien sûr présumé innocent, mais dans son intérêt - et dans celui de tous les Marseillais - il faudrait que le juge puisse l'entendre rapidement. Parce qu'il n'y a rien de pire qu'une enquête qui s'arrête à mi-chemin. Il faut maintenant que l'enquête aille jusqu'au bout. Qu'on sorte des suspicions - quitte à porter de vraies accusations. Et qu'on considère désormais qu'il ne s'agit plus d'une affaire marseillaise, mais d'une exigence nationale.

(Clic sur l'image pour agrandir)
Un autre article du Point lié aux affaires marseillaises
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22 février 2011

Affaire Guérini : Mais qu'en pense le parti socialiste ?

guerini_canardA chaque jour sa petite ou grande surprise. Hier, c'était l'annonce de la démission d'Alain Belviso de tous ses mandats électifs et principalement de la présidence de la Communauté d'agglomération du Pays d'Aubagne et de l'Etoile.
Mis en examen mi-janvier pour "détournement de fonds publics et complicité de détournement de biens publics", placé sous contrôle judiciaire levé un mois après, il avait repris sa fonction.
Or, dans une lettre rendue publique, il expliquait hier :
"Je souffre trop, je souffre tellement que j'en suis malade, de subir l'acharnement à mon égard et à l'égard de la Communauté d'agglomération (...) La présomption d'innocence comme le secret de l'instruction censés être garantis à toute personne soupçonnée par la justice, ont laissé la place à la mise au pilori médiatique, judiciaire, politique."
On peut le croire sur parole. Mais il doit bien avoir une responsabilité dans tout ça, sinon on ne voit pas pourquoi la justice cherche à comprendre ce qui s'est passé lors de l'acquisition du terrain et dans le cadre du marché de la décharge du Mentaure à La Ciotat.
Alain Belviso "était" un élu issu du PCF. Pour le reste des protagonistes de l'affaire Alexandre Guérini, ce sont surtout des membres du parti socialiste qui font la une. Et, au fait, que pense le PS de cette ambiance vinaigre ? Mediapart a fait un tour d'horizon…

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Affaire Guérini : le PS regarde-t-il ailleurs ?
18 février 2011 par Stéphane Alliès

De l'omerta en milieu socialiste. «L'affaire Guérini frère» qui agite en ce moment Marseille ne semble pas préoccuper outre mesure les dirigeants du PS. Alors que les investigations judiciaires laissent chaque jour apparaître la réalité d'un système clientéliste à grande échelle, la rue de Solférino ne souhaite pas en rajouter.
La preuve : Arnaud Montebourg, seul ténor à s'être exprimé sur la situation politico-judiciaire, affirme avoir remis en novembre un rapport à la direction du PS sur l'état de la fédération des Bouches-du-Rhône. Or «l'entourage direct de la première secrétaire a refusé ne serait-ce que d'accuser réception de ce rapport», explique le candidat socialiste aux primaires et secrétaire national à la rénovation socialiste.
Réponse de François Lamy, député de l'Essonne et conseiller spécial de Martine Aubry : «Montebourg m'a dit qu'il avait l'intention de faire un rapport, mais il ne m'a jamais rien remis. Et puis je me demande ce qu'il pourrait y avoir dedans. Il ne s'agit pas d'être seulement déclamatoire sur cette question...» Et Montebourg de répliquer : «Je confirme mes dires, mais s'il ne l'a plus, je vais le lui renvoyer.»
De son côté, Jean-Noël Guérini ne s'est pas départi de sa stratégie offensive, consistant à s'en prendre à la presse et aux fuites opportunes qui l'alimentent, à un mois des élections cantonales. Et ce, malgré la révélation par France-3 de nouvelles écoutes qui, contrairement à ce qu'il a toujours affirmé, laissent entendre qu'il était au courant de l'enquête en cours sur son frère Alexandre (entrepreneur spécialisé dans la collecte et le traitement des déchets), dès avril 2009.
Jusqu'ici, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône a toujours bénéficié d'une grande mansuétude de la part de ses camarades hiérarques. Exemple, quand il s'est auto-proclamé «président» de la fédération, un titre qui n'existe normalement pas dans les statuts du PS, après avoir été élu premier fédéral bien que les mêmes statuts l'empêchent, et sans que Martine Aubry y trouve à redire.
Une mansuétude au niveau de la chape de plomb qui règne sur la vie interne locale, où aucune contestation n'est franchement tolérée et où seuls deux élus d'importance, le maire du 1er secteur de Marseille Patrick Mennucci et le député des quartiers Nord Henri Jibrayel, font figure de “non-alignés” dans la cité phocéenne, un statut qui les placardise autant qu'il entretient leur silence sur Guérini. Une première voix s'est exprimée localement : celle de Jean-Claude Bosher, militant dans la 7e section de Marseille, qui n'hésite pas à comparer le «guérinisme» à un «benalisme départemental».
Note : Toutes les personnes citées dans cet article ont été jointes ce vendredi par téléphone. Jean-Louis Bianco (proche de Ségolène Royal et président du conseil général et député des Alpes de Haute-Provence), ainsi que Vincent Peillon (soutien de Dominique Strauss-Kahn, ex-Royal, et eurodéputé de la région Sud-Est) n'ont pas répondu à mes appels, messages et textos. Renaud Muselier a été jointe par ma collègue Louise Fessard, qui suit les développements judiciaires de «l'affaire Guérini».

«La fédération est nickel»

PS_LargeChez les dirigeants nationaux du PS, les Bouches-du-Rhône sont souvent l'occasion de récits nombreux en “off”, toujours sur le ton de l'anecdote sympathique et «avé l'assent». Qui pour une négociation sous le signe de l'OM, afin d'obtenir au moins 10% à un congrès quand on ne vous en promet que 6%. Qui pour une soirée avec des jolies femmes au bord d'une piscine. Qui pour le récit du refus de s'opposer affirmé par un récalcitrant local, car «je ne suis pas une balance»... Mais au-delà des sourires et des pagnolades qui arrangent ceux qui n'aiment voir dans les Bouches-du-Rhône qu'une «spécificité bien particulière, sudiste quoi!», quid de la réprobation de fond ?
On pensait la trouver chez Razzy Hammadi, secrétaire national proche de Benoît Hamon et toulonnais d'origine. Mais non : «Il faut laisser la justice faire son travail, pour que soit établie la vérité. Je suis profondément choqué par ces fuites sciemment organisées.» Mais encore ? «Je n'ai rien à ajouter.»
Pour Renaud Muselier, l'un des chefs de file de l'UMP, qui n'a pu que constater l'habileté et le pouvoir d'influence de Guérini quand il perdit la présidence de la communauté urbaine de Marseille (alors que la droite était majoritaire), la raison est simple : «Martine Aubry a dealé les voix du PS des Bouches-du-Rhône en vue des primaires.» L'argument ne semble guère valable, puisque lesdites primaires seront ouvertes à qui veut et non plus aux seuls adhérents socialistes. S'il a pu expliquer la bienveillance de ceux que l'homme fort bucco-rhodanien a pu soutenir (notamment François Hollande à la tête du PS jusqu'en 2005, puis Ségolène Royal à la primaire présidentielle puis jusqu'au congrès de Reims en 2008), il ne tient plus forcément aujourd'hui.
«Les relations sont normalisées avec lui, car ils (à la “fédé”) n'aiment pas franchement être dans l'opposition au PS», explique un conseiller d'Aubry. «Mais on est très éloignés d'eux, et il semble quand même que Jean-Noël soit devenu un peu moins “violent” depuis quelque temps, dans ses relations avec les autres», confie-t-il, avant d'expliquer qu'«aucun dispositif particulier» n'a été imaginé à Solférino autour de «l'affaire Guérini».
Député proche de la première secrétaire, François Lamy minimise de son côté les péripéties actuellement rencontrées par l'un des plus emblématiques barons socialistes : «Ce qui doit nous préoccuper, c'est le lien entre le PS et une possible affaire. Or, peut-être qu'il y aura des problèmes d'affaires personnelles, mais quand on a pris la direction, les Bouches-du-Rhône ont fait l'objet d'un examen minutieux de notre expert-comptable, et la fédération est nickel.» Pour Lamy, il n'y a donc pas de «problème interne», et il estime devoir s'en tenir là. «On a beaucoup parlé de cette “fédé” et de son mode de fonctionnement assez particulier. Mais ça n'a rien à voir avec l'Hérault, où il y avait des dysfonctionnements de trésorerie et de cartes, estime-t-il. Après, qu'il y ait des familles entières ou des employés municipaux qui soient adhérents, ce n'est pas répréhensible en soi.»

15 février 2011

Affaire des déchets : Au tour de Jean-Noël Guérini ?

guerini_armes_chasseUne cartouche après l'autre, si l'on peut dire. (Clic ci-contre)
C'est au tour du journal
Le Parisien de ce matin d'y aller d'une publication de bribes de phrases tirées de conversations sur écoute entre les frères Guérini (voir ci-dessous). Et là cela semble se compliquer un peu pour Jean-Noël. C'est sans doute ce que laissait déjà entendre Le Canard enchaîné de la semaine dernière (lire ci-dessous).
Alors qu'Eugène Caselli disait être "serein et déterminé" en présidant vendredi la séance du conseil de Marseille Provence Métropole, le même jour, était rejetée une nouvelle fois la demande de remise en liberté formulée par Alexandre Guérini, qui considère être "un prisonnier politique".
D'un côté, Renaud Muselier a continué à se distinguer en intervenant un peu seul sur les dysfonctionnements de MPM.
De l'autre, Laurence Vichnievsky a livré à La Provence et à Mediapart son appréciation sur le climat des affaires sur les marchés publics présumés truqués.
"Ce que je constate est que cette enquête a été l'occasion de mettre en lumière des réseaux d'influence dans l'attribution des postes au sein des collectivités publiques ou des organismes qu'elles gèrent et dans l'attribution des marchés. Cette affaire caractérise le clientélisme." Et d'ajouter: "Je voudrais une réaction des partis politiques et de leurs états-majors pour qu'ils ne se contentent pas de dénoncer leur adversaire et qu'ils mettent de l'ordre dans leurs propres troupes. Ensuite, que les électeurs réagissent, car c'est aussi à eux de faire le tri. […] J'ai aussi dit, et ça m'a été reproché, que cela ne me semble pas une bonne idée que Jean-Noël Guérini soit à nouveau élu président du conseil général des Bouches-du-Rhône."

(Clic sur l'image pour agrandir)
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Des écoutes compromettantes pour les frères Guérini

Des enregistrements téléphoniques montrent que Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du Rhône, serait intervenu en faveur de son frère Alexandre, un homme d’affaires actuellement écroué.
Depuis le début de l’instruction menée par le juge Charles Duchaine sur des marchés publics présumés frauduleux dans les Bouches-du-Rhône, le nom de Jean-Noël Guérini, président du conseil général (PS), n’apparaissait qu’en tant que frère d’Alexandre Guérini.
Ce dernier, chef d’entreprise spécialisé dans la collecte et le traitement des déchets a été mis en examen début décembre pour "abus de biens sociaux, détournement de biens publics, recel et blanchiment, corruption active et détention de munition", puis placé en détention.
Une redevance qui aurait été diminuée de moitié
Mais à travers des écoutes téléphoniques versées la semaine dernière au dossier du juge, et que Le Parisien - Aujourd’hui en France s’est procurées, le nom du président de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, la troisième de France, figure pour la première fois en tant qu’acteur.
Alors qu’il expliquait encore au mois de janvier, lors de ses vœux à la presse, "ne pas se mêler des affaires de son frère", ces écoutes réalisées à l’été 2009 par les gendarmes, montrent que le président élu est bien intervenu pour aider son frère. Tandis qu’Alexandre Guérini tente de faire nommer un de ses amis comme avocat de la communauté Agglopole Provence pour négocier plus facilement avec elle une baisse de redevance portant sur l’utilisation d’une décharge, il appelle d’abord des élus de l’institution. Il les somme de choisir l’avocat de son choix, puis, pour être sûr que le message est bien passé, Alexandre téléphone à Jean-Noël afin qu’il règle son dossier. Résultat, l’avocat voulu est nommé. Quant à la redevance d’Alexandre Guérini, elle aurait été diminuée de moitié.
Joint, hier soir, le cabinet de Jean-Noël Guérini nous a répondu "ne pas vouloir s’exprimer sur des écoutes dont nous n’avons pas connaissance et qui sont protégées par le secret d’une enquête judiciaire en cours". Du côté de la fédération socialiste de Marseille, quelques voix dénoncent une "manipulation politique" à la veille des élections cantonales des 20 et 27 mars.
Aujourd’hui, une employée de l’Opac, Antoinette Camilleri, est convoquée par le juge Duchaine. Soupçonnée d’avoir attribué des logements HLM aux proches d’Alexandre Guérini, elle pourrait être à son tour mise en examen.

« Ça y est, il m’a dit que le dossier était réglé »

Extrait d'une conversation entre Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône, et son frère Alexandre
Le "schmilblick", comme l’appelle Alexandre Guérini, se noue au cœur d’un chaud été marseillais. Fin juillet 2009, le frère du président du conseil général Jean-Noël Guérini est furieux. L’homme d’affaires, qui dirige la SMA Vautubière, société chargée par l’Agglopole Provence (qui regroupe dix-sept communes dont Salon-de-Provence et Berre-l’Etang) d’exploiter la décharge de la Fare-des-Oliviers, juge la redevance reversée à l’agglo trop élevée.
Il se heurte alors au directeur général des services, Jean-Michel Rey, qui refuse de négocier à l’amiable une baisse du prix payé par Alexandre Guérini.
Les écoutes téléphoniques montrent qu’Alexandre Guérini s’est alors employé à faire désigner son ami Régis de Castelnau comme avocat de l’Agglopole Provence. C’est-à-dire comme représentant de la partie adverse…
Entre le 7 août et le 10 septembre 2009, il a multiplié les échanges avec des élus de l’Agglopole pour faire pression, jusqu’à ce son frère Jean-Noël Guérini règle le dossier et lui confirme de vive voix que le dossier "était réglé".
Extraits des écoutes téléphoniques.
7 AOÛT 2009. Alexandre Guérini appelle son avocat, Olivier Grimaldi.
Il lui expose son plan pour obtenir une baisse de sa redevance. "J’ai envie de leur faire prendre Castelnau, parce que Rey il veut pas", dit-il. Puis ensuite, "on négocie avec notre ami de Castelnau, tu as compris le schmilblick ?" Grimaldi acquiesce, mais les deux hommes craignent que les élus, connaissant la proximité entre Castelnau et l’homme d’affaires, refusent. "Il faut qu’on leur mette la pression dessus à ces enc…", conclut Alexandre, qui prévoit d’aller voir le maire de Berre, Serge Andréoni (PS), premier vice-président de l’Agglopole Provence et sénateur.
7 AOÛT PEU AVANT 20 HEURES. Alexandre Guérini appelle Régis de Castelnau.
Il commence par déplorer le manque de coopération du directeur général de l’Agglopole, alors même qu’il dit l’avoir "fait nommer administrateur territorial".
"Tu vas imprimer une pression politique pour que l’accord se fasse"
, ordonne ensuite le chef d’entreprise à celui qui doit devenir l’avocat de la partie adverse. Ce dernier n’y voit aucune objection.
3 SEPTEMBRE VERS 19 HEURES. Alexandre Guérini appelle le maire de Berre-l’Etang.
La conversation atteste que les élus ne sont guère difficiles à convaincre. "Il fera le choix que tu souhaitais pour défendre la chose", dit Serge Andréoni, le maire de Berre-l’Etang. "Il", c’est Michel Tonon, le maire de Salon-de-Provence et le président de l’Agglopole.
Si "schmilblick" semble prendre forme, Alexandre Guérini paraît pourtant redouter la décision finale des élus de l’agglomération.
10 SEPTEMBRE À 9 H 19. Alexandre Guérini appelle son frère Jean-Noël.
Il lui laisse ce message. "Je sais que tu reçois Tonon avec Serge en fin de matinée je pense, heu, essaye de prendre Serge à part, heu […] ouais, tu prends Serge à part deux secondes et tu lui dis : règle ce problème avec mon frère. Tu lui dis […] règle-moi ce problème avec mon frère, je compte sur toi. Tu lui dis que ça, hein, je t’embrasse".
10 SEPTEMBRE À 14 HEURES. Alexandre rappelle Jean-Noël Guérini.
Entre-temps, celui-ci a tenté de le joindre. "Bon, ben ça y est, je l’ai vu", lui explique Jean-Noël. Il m’a dit que c’était réglé, voilà ce qu’il m’a dit." Régis de Castelnau a finalement bien été nommé par l’Agglopole Provence pour se charger du dossier. D’abord portée devant le tribunal administratif, l’affaire s’est finalement réglée grâce à des négociations. La redevance payée par Alexandre Guérini qui s’élevait à un million d’euros par an aurait été rabaissée à 500 000 €.

Quand Alexandre voulait éviter des ennuis à Jean-Noël

Il existerait un volet "maison de retraite" au sein de l’instruction menée par le juge Charles Duchaine sur les marchés publics présumés frauduleux dans les Bouches-du-Rhône. Mais aucun marché précis n’a pour le moment été officiellement désigné.
Une conversation enregistrée par les gendarmes le 27 juillet 2009 à 11h48 entre Alexandre Guérini et Rémy Barges, le directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini, montre le rôle considérable joué par le frère du président du conseil général des Bouches-du-Rhône dans une institution où il n’a jamais été élu :
Alexandre Guérini. "Dis-moi, il faudrait que tu te renseignes auprès de B., tu sais à la Ddass, là. (…) Il faudrait que tu te renseignes si l’entreprise Senior Santé a déposé un dossier de maison de retraite à La Ciotat.
Rémy Barges. D’accord.
A. G. Et s’ils l’ont déposé, il faut absolument pas leur donner l’autorisation parce que heu, c’est des mecs qui vont, qui vont emmerder Jean-Noël ça. D’accord.
R.B. Ok, je me renseigne et je te dis quoi.
Quelques minutes plus tard, nouveau coup de téléphone.
A.G. Ce serait bien qu’on regarde toutes les demandes qui ont été faites sur le territoire de La Ciotat.
R.B. Ok, je fais un point complet et je te dis quoi dans l’après-midi."

7 mars 2011

Affaire Guérini : Qui est le juge Charles Duchaine ?

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Dessin de Oliv' paru dans Bakchich

Il est le grand secoueur de cocotier qui a provoqué le grabuge dans les entrelacs de l'affaire Alexandre Guérini. Il ne donne pas d'interview. Il ne s'exprime pas dans les journaux. Et sa tête n'est pas connue de tout le monde. Mais, vu les remous que crée chacune de ses décisions, on sent en lui la pugnacité de l'homme résolu à ne rien lâcher. Et il semble bien qu'il ait sa propre méthode pour avancer un pas après l'autre dans son enquête au long cours.
On finirait par l'admirer tant il paraît vouloir aller au bout de cette affaire et de bien d'autres pour rendre justice face à des conduites qui manquent d'exemplarité.
Il sait certainement que chaque étape franchie déclenchera inévitablement des réactions contradictoires. Avec, d'un côté, celles qui appprouvent qu'un juge ne faiblisse pas dans la recherche de la vérité. Et de l'autre, celles des protagonistes ou de leurs proches qui subissent ou craignent la contrainte de répondre de leurs délits présumés devant la loi. Avec l'affaire Guérini, tous les ingrédients sont là pour qu'un jour la littérature et/ou le cinéma s'en emparent. Alors, qui est donc ce juge Charles Duchaine ?
Voici le récit qu'a publié le magazine Les InRockuptibles la semaine dernière sous la signature du jeune et très brillant Xavier Monnier, ex-cofondateur de Bakchich.

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Le juge qui voulait nettoyer les ordures
2 mars 2011 par Xavier Monnier

Les entrepreneurs véreux et le détournement d'offres publiques, c'est sa spécialité. Depuis deux ans, Charles Duchaine fouille le marché des poubelles de Marseille, verrouillé par Alexandre Guérini, le frère du sénateur PS. Une affaire à la hauteur de son ambition.
A Marseille, même les résultats de l'OM passent au second plan. Les élus locaux s'angoissent et l'histoire remue la ville depuis deux ans : avant de quitter son poste après un septennat d'exercice, le juge d'instruction Charles Duchaine voudrait boucler la plus grande affaire des vingt dernières années, celle que le magistrat et ses gendarmes ont nommée "Guernica".
Le dossier concerne les marchés présumés truqués du département, et particulièrement du traitement des déchets, avec détournement d'offres publiques : il paraît aussi complexe que le chef-d'œuvre de Picasso. De grands noms, de Marseille à Paris, jusqu'à l'Elysée, affleurent au fil de la procédure. L'histoire s'enclenche après une lettre anonyme datée du 2 février 2009, qui dénonce des malversations présumées des frères Guérini, Alexandre et Jean-Noël, responsables du Parti socialiste marseillais des années 2000 et natifs de Calenzana, en Haute-Corse.
Jean-Noël est sénateur, président du conseil général, secrétaire de la fédération socialiste, le plus visible des deux. Alexandre, dit Alex, grande gueule et businessman, s'occupe, lui, du marché des ordures, pèse sur l'attribution des marchés publics, la bonne tenue du parti. On le soupçonne de relations avec des milieux louches. La lettre anonyme, neuf pages, dénonce un système qui oppresse la ville à cause de la passivité du monde politique, droite et gauche confondues. Il y a danger à se saisir de l'affaire vu ses dimensions politiques locales et nationales.
Le directeur de cabinet de Sarkozy, Christian Frémont, a officié comme préfet de la ville ; Bernard Squarcini, à la tête de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), comme préfet de police. Suez et Veolia possèdent de nombreux marchés dans la ville, que certains s'amusent à nommer 'Veolialand". Qu'importe. Duchaine, passionné de sports mécaniques, adore les frissons. Haute stature, le magistrat arrive toujours au palais à moto.
Il ouvre le dossier le 16 avril 2009. Le 27 avril, il trouve sur son bureau la retranscription d'une conversation entre Jean-Noël et Alexandre Guérini.
Jean-Noël : "… Il me dit bon, il me dit, l'enquête préliminaire sera ouverte. A mon avis, ça doit être pour les décharges, Alex.
Alexandre : Hé, qu'est-ce que tu veux que ce soit ?
Jean-Noël : Hum, mais de toute façon au bout de trois ans y a prescription, ils peuvent rien faire […]
Alexandre : Ouais, dis-moi… Euh… Demande le service que c'est quand même.
Jean-Noël : Oui, oui, demain, hein.
Alexandre : Avec précision, bien sûr, demain."
Traduction : Jean-Noël Guérini apprend à son frère Alexandre que la justice vient d'ouvrir une enquête contre eux à la suite d'un courrier anonyme.
Leur informateur se trouve alors à Madrid où Nicolas Sarkozy effectue une visite. A ses côtés, Renaud Muselier, député UMP de Marseille, alias "la dinde" ou "le docteur" dans les écoutes, que les frères soupçonnent d'avoir envoyé la lettre anonyme. Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, Bernard Squarcini et un général de gendarmerie accompagnent aussi le président de la République.
A 48 ans, "Duduche", comme on le surnomme, est devenu un spécialiste des dossiers financiers complexes qui mélangent politiques, mafieux, entrepreneurs véreux et marchés publics. Un champ vaste, dense et bouillant que laboure le juge paysan. Et à Marseille, la terre est fertile. Entre influence corse, chaleur méditerranéenne et clientélisme atavique, les dossiers s'empilent. Le juge est devenu une curiosité de la ville.
En janvier 2008, déjà, il avait fait emprisonner Jean-Christophe Angélini, un élu corse, à la sortie d'un restaurant parisien où il déjeunait avec le "Squale", surnom de Bernard Squarcini. Quelques jours après, Eric-Marie de Ficquelmont, ami d'enfance de Frédéric Péchenard était arrêté puis relâché sans charge. Tout ce beau monde figurait dans le dossier de la SMS, une entreprise de sécurité montée par un ancien nationaliste, Antoine Nivaggioni, soupçonné d'avoir truqué des marchés publics. "Le juge n'est pas diplomate, sourit aujourd'hui un de ses collègues de l'instruction. Quand il tape, il tape." Ça agace en haut lieu.
A l'époque, Duchaine avait convoqué le personnel des RG pour audition : les renseignements généraux étaient soupçonnés d'avoir alerté Nivaggioni de l'avancée de l'enquête, et celui-ci avait disparu pendant dix-huit mois. Dans le bureau du juge, on trouvait alors des flics corses, réputés proches de Squarcini, et le futur préfet de police de l'île de Beauté, Jean-François Lelièvre. Ce genre de remue-ménage n'émeut guère le juge.
L'affaire Guérini n'arrange rien à sa réputation et à ses rapports avec Bernard Squarcini. Le 8 octobre 2009, sept mois après l'ouverture de l'enquête, Alexandre Guérini reçoit un texto de son avocat Olivier Grimaldi. "Le Squale' a dit que tout était écrasé et que des coups de fils avaient été passés."
Proche de Jean-Noël Guérini, avec qui il a effectué sa rééducation cardiaque, le directeur du renseignement Squarcini n'a vu que deux fois Alexandre, selon ce dernier. Mais en audition, l'avocat fait une drôle de déclaration : ''Alexandre Guérini était très inquiet au regard des articles de presse qui sortaient, je pense qu'il a essayé de s'informer auprès des services de M. Squarcini." Etrange, car le 8 octobre 2009, la presse n'a encore publié aucun article sur une instruction qui ne sera dévoilée que le 17 novembre suivant. Et le nom de Squarcini n'apparaît pas dans les écoutes. Pas de preuve, seulement un soupçon.

Duchaine aime les gros coups de filet, les enquêtes médiatiques
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Après les multiples révélations dans la presse sur ses discussions avec son frère Alexandre, Jean-Noël a porté plainte pour violation du secret de l'instruction.
"Nous avions déposé plainte le 6 février, précise son avocat Me Dominique Mattei, nous l'avons à nouveau fait en nous étonnant que notre première action n'ait eu aucun effet. Au moins la, une enquête préliminaire a été ouverte le 19 février, et confiée à la police judiciaire."
Or, Duchaine se trouve en mauvais termes avec les policiers. Un haut flic marseillais qui a bloqué l'une des enquêtes du juge est dans le collimateur de l'Inspection générale de la police (IGPN). Ce commissaire a des rapports un peu trop proches avec les malfrats de la région. De la porosité, comme on dit à Marseille. Il peste ostensiblement contre le magistrat dans les couloirs de l'Evêché, le commissariat central de Marseille.
"Il est presque impossible de dessaisir Duchaine", tempère un avocat impliqué dans le dossier. De toute façon, le parquet le soutient totalement. Le procureur de Marseille Jacques Dallest dit souvent "qu'il peut être caractériel, mais que s'il n'y avait que des juges comme lui, les affaires aboutiraient plus souvent".
Duchaine est un colérique et ne le cache pas. Bien des avocats ou des prévenus ont été témoins de ses sautes d'humeur ou ses coups de gueule contre les journalistes qui bénéficient des fuites… "C'est à cause de gens comme ça qu'on se retrouve avec des morts dans les dossiers", déclara-t-il un jour devant des avocats médusés.

Peut-on écarter Duchaine par une promotion ?
Le magistrat se montre assez honnête pour avouer que sa carrière ne le laisse pas insensible. Un avocat bien en cour à l'Elysée lui a proposé un poste dans le privé. Duchaine a refusé : "Franchement, s'ils veulent m'acheter, ils pourraient y mettre les moyens", a-t-il blagué devant un collègue parisien.
Duchaine espérait obtenir la direction de l'Agence de recouvrement des avoirs saisis et confisqués, qui sert à gérer les biens issus du grand banditisme. On la lui a refusée malgré une promesse et sa participation à la rédaction du texte de loi qui institue l'agence. "C'est un juriste fin, un professionnel foncièrement honnête, explique un avocat de la galaxie Guérini. Mais c'est un être complexe, dépité devant le manque de moyens de la justice et parfois ses lenteurs, ses dysfonctionnements."
On peut s'en rendre compte en lisant son livre titré Juge à Monaco (Michel Lafon). Charles Duchaine y raconte son expérience de magistrat détaché dans la principauté entre 1994 et 1999. Il parle de sa famille (marié, deux enfants), rend hommage à sa greffière, et se révolte contre la justice de classe, mais dévoile son goût pour les grands coups de filets, les enquêtes médiatiques qui parfois le rendent "excité comme un gamin". Mégalo ? "Non, aveuglé par le goût du résultat", dit ce même avocat.
A Monaco, il se fera fort de boucler la première enquête pour blanchiment avéré dans le micro-Etat. Ce sera sa seule satisfaction. Daniel Ducruet, l'ancien époux de la princesse Stéphanie de Monaco, le fera condamner pour diffamation à la parution du livre.
Cette volonté de sortir des affaires lui a valu une violente campagne de sa hiérarchie. Ironie de l'histoire, son ancien supérieur, Jean-Pierre Picca, est aujourd'hui le conseiller justice de Nicolas Sarkozy - et a donc un pouvoir sur la promotion des juges. Sur l'avenir de Duchaine, les paris sont ouverts. Quelle affaire va-t-il encore débusquer ? Quel homme politique va-t-il convoquer ? Et surtout, où va-t-il partir ?

3 mars 2011

Le rapport Montebourg qui assassine la "Fédé PS 13"

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Joli éclat médiatique réalisé par Le Point. L'hebdomadaire a mis en ligne le rapport assassin d'Arnaud Montebourg sur les pratiques de la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. Ce rapport rédigé en décembre avait été adressé à Martine Aubry qui avait assuré qu'elle ne l'avait pas reçu.
D'où un nouvel envoi doublé cette fois-ci d'une diffusion qui aurait dû demeurer confidentielle. Et qui évoque par là même et sans ambages les dysfonctionnements du Conseil général et le rôle omnipotent de Jean-Noël Guérini.
Beaucoup d'éléments cités dans le rapport sont connus, notamment dans notre région. Cependant, ce qui donne à ce document une force terrible, c'est, d'une part, l'alerte transmise en interne au parti socialiste, et d'autre part, la publication d'informations qui, par essence, n'auraient jamais dû fuiter par voie de presse. Mais voilà, maintenant au moins le silence est rompu et tout est devenu public.
On peut penser ce que l'on veut du personnage Arnaud Montebourg mais, jusqu'à plus ample informé, il est quand même bien le seul à avoir osé. Le texte de ce brûlot comporte de rudes constats mais aussi des préconisations pour remédier à "ces graves anomalies" comme il les nomme.
Dans mon billet de mercredi, je parlais de "silences qui en disent long". On a maintenant une compilation de faits qui étaient jusqu'à présent chuchotés quand ils n'étaient pas carrément occultés ou démentis. Voici donc le rapport intégral qui va créer une belle zizanie tant au niveau local qu'au niveau national.
Cela risque fort de provoquer des dégâts, sur le cours terme avec les cantonales dans quinze jours, sur le moyen terme avec les primaires et à plus long terme avec la présidentielle et les législatives. Mais tant pis. Surtout pour ceux qui n'ont aucun scrupule pour contrevenir à des conduites exemplaires.
A Aix, par exemple, qui ne se rappelle le coup de force qui a vu les trois sections socialistes être fusionnées en une seule contre l'avis d'une majorité de leurs militants ? Va-t-on aussi enfin savoir qui a été embauché ici par piston pour services rendus ou à rendre et qui a profité là de complaisances de toutes sortes pour une aide magouillée ? Chaque chose en son temps…

RAPPORT DE CONSTATATION SUR LES PRATIQUES
DE LA FEDERATION SOCIALISTE DES BOUCHES-DU-RHONE

La Fédération des Bouches-du-Rhône est historiquement connue pour faire l'objet de pratiques contestables qui ont déjà donné lieu dans le passé à de sérieuses remises en ordre : fausses cartes, trucage des scrutins, pressions sur les militants, utilisation des collectivités locales comme outil de compression du débat démocratique.
A la suite d'un voyage dans les Bouches-du-Rhône au mois de juin 2010, et particulièrement à Marseille, il m'a paru nécessaire de relater et de transcrire certaines pratiques incompatibles avec l'idéal socialiste et en infraction directe et frontale avec les statuts de notre parti.
Ce document confidentiel est destiné au Premier secrétariat du Parti Socialiste. Il a pour but d'alerter sur ces graves anomalies qui pourraient conduire à compromettre la direction du parti, si celle-ci ne donnait pas de suite à ce présent document, avec les pratiques les plus contestables de cette Fédération.
Un secrétaire national chargé de la Rénovation, placé dans la situation de devoir constater de telles pratiques est dans l'impossibilité morale et politique, non seulement de se taire mais de les taire à la direction politique de son parti, dès lors que le programme de rénovation initié avec l'aide de la direction issue de Congrès de Reims observe des objectifs sincères et authentiques.

1. Une démocratie pluraliste inexistante

Tout le système fédéral est construit autour de la domination du Conseil général sur le parti. Le Conseil général, machine à distribuer des postes d'élus ou d'employés, est utilisé comme instrument clientéliste, non pas aux fins de développer le parti, combattre la droite, faire rayonner nos valeurs et notre idéal, mais tout au contraire à asseoir sans partage le pouvoir de son président sur le parti, sur les autres collectivités locales, que ce soit l'agglomération marseillaise ou, jusques et y compris, la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
L'argent public y est notoirement utilisé pour faire pression sur les élus socialistes afin de s'assurer de leur soutien sans faille -pour ne pas dire leur docilité- quand il ne s'agit pas de leur silence, là où, au contraire, le parti qui est chargé de délivrer les investitures, devrait pouvoir organiser le débat et le contrôle des élus socialistes afin de discuter avec les militants, des orientations politiques de leurs grands élus. Le cabinet du président du Conseil général est ainsi devenu le lieu de contrôle de la vie militante dont l'essentiel de l'activité consiste à s'assurer la fidélité aveugle des responsables de sections ou des cadres fédéraux de notre parti.
Le Premier secrétaire fédéral, Eugène Caselli, a pendant plusieurs années été mis en quelque sorte sous le contrôle d'un des membres du cabinet du président du Conseil Général, lequel est devenu premier secrétaire délégué après le Congrès de Reims, dont il a dû être inséparablement flanqué.
On peut indiquer pour justice que si, pendant toutes ces années, la Fédération a cherché à exercer son légitime contrepoids à l'égard du Conseil général et de son président, néanmoins, le cabinet du Conseil général a toujours considéré la Fédération comme son apanage et son bien.

2. La violation des statuts et l'autoproclamation d'un «président» de Fédération

A l'issue du Congrès de Reims, le Premier secrétaire fédéral des Bouches-du-Rhône, Eugène Caselli, devenu, en 2008, président de la Communauté Urbaine Marseillaise, avait été reconduit, par le vote au suffrage universel, Premier secrétaire fédéral.
Considérant que ce contrôle politique du président du Conseil général était insuffisant sur la Fédération, notre camarade Jean-Noël Guérini s'est auto-proclamé président de la Fédération socialiste des Bouches du Rhône, un poste qui n'existe pas dans les statuts, au cours d'un Conseil fédéral réuni le 5 février 2010 à Marseille. Plusieurs secrétaires fédéraux ont témoigné que la salle était en majorité composée de personnes qui ne sont pas membres du Conseil fédéral et pour la plupart employées du Conseil général. Cette réunion, qui s'était tenue en l'absence de la plupart des élus importants du département, a conduit à «l'élection» d'un président de la Fédération après que notre camarade Eugène Caselli a décidé de démissionner subitement.
Cette prise de pouvoir sur le parti par le président du Conseil général constitue une violation caractérisée des statuts car la présidence d'une Fédération n'existe pas dans nos statuts. Le seul poste réglementaire est celui de président du Conseil fédéral qui est un poste assurant exclusivement les délibérations de l'organe délibérant du parti, le Conseil fédéral, et ne confère, de quelque manière que ce soit, aucune prérogative exécutive que les statuts réservent au Premier secrétaire fédéral ou par délégation aux secrétaires fédéraux. Pourtant, Jean-Noël Guérini se comporte en Premier secrétaire fédéral puisqu'il signe désormais les circulaires, disposant de pouvoirs qu'il ne peut pas exercer dans la légalité du parti.
Par ailleurs, un Premier secrétaire fédéral ne peut qu'être élu au suffrage universel des militants, ce que l'intéressé n'a jamais sollicité. Enfin, l'article 16-2 des statuts du Parti Socialiste dispose : «A l'échelon départemental, les fonctions de président du Conseil général sont incompatibles avec celles de Premier secrétaire fédéral». Ainsi, Jean Noël Guérini ne peut pas exercer les fonctions qu'il prétend aujourd'hui exercer. Il est en conséquence en situation d'usurpation de poste et de violation caractérisée de nos statuts qui devraient justifier sa destitution automatique par les instances nationales.

3. Un système de pression féodal reposant sur l'intimidation et la peur

logo_CG13Le contrôle sans limite de Jean-Noël Guérini sur le parti s’exerce par la mise en place systématique à la direction des sections marseillaises d'employés du Conseil général, substituant aux règles de pluralisme appartenant à la tradition du parti, celle d'un clientélisme féodal où la soumission et le culte du chef ont désormais cours : 13 des 18 secteurs marseillais sont directement contrôlés de cette façon.
Le poids acquis du Conseil Général sur le parti pèse extrêmement lourd sur les élus tant l’obtention des subventions pour des associations locales est malheureusement liée au degré de fidélité que les élus ont à l’égard du président. Ainsi, j'ai pu recueillir des témoignages relatant l'utilisation des moyens publics retirés ou attribués au gré des humeurs arbitraires du président, non pas en fonction de la pertinence des projets portés par les élus ou leurs partenaires associatifs, mais en fonction du degré d'allégeance ou de résistance au pouvoir exercé par ledit président du Conseil général : ainsi, régulièrement des conseillers généraux sont en disgrâce, puis en fonction de l’intérêt du moment, reviennent au premier plan, leurs moyens et les subventions qu'ils demandent sont restreintes, jusqu'à ce qu'ils fassent à nouveau allégeance.
Ce système de domination sans limite peut conduire aux dérives les plus graves dans l'usage de l'argent public, car il fait disparaître toute forme de contrôle politique ou administratif interne aux collectivités sur l'argent public, et peut conduire à la confusion entre l'exercice du pouvoir et l'appropriation personnelle de ce dernier. Ce système a d'ores et déjà conduit à des dérives particulièrement préoccupantes, qui ont amené le secrétariat national à la Rénovation à saisir d'initiative le Premier secrétariat en raison du risque pesant sur l'image nationale des socialistes à ne pas réagir : un élu résistant aux méthodes du président m'a fait part de faits de menaces physiques et d'intimidations de la part d'un homme armé se présentant comme défenseur des intérêts du président du Conseil général. Un haut fonctionnaire du Conseil général des Bouches-du-Rhône a expliqué à l'un de ses collègues et confident qu'il avait lui même été menacé ainsi que son épouse et ses enfants, parce qu'il avait refusé de suivre certaines procédures peu orthodoxes. A chaque fois ce sont des hommes apeurés qui s'expriment, ce point m'ayant sensiblement frappé.
C'est pourquoi j'ai pris en conscience de socialiste la décision de saisir la plus haute instance du parti afin qu'elle mette un terme à de si graves agissements incompatibles avec l'idéal et les valeurs socialistes. Depuis l'ouverture d'une information judiciaire sur les marchés publics passés dans les Bouches-du-Rhône, les pressions et les menaces sur les camarades se sont généralisées.
Le 17 mars 2010, au cours d'une réunion de groupe des élus PS, Jean-Noël Guérini affirma, en défiant la loi, disposer d'écoutes et de SMS démontrant que certains camarades l’auraient dénoncé dans les affaires politico-judiciaires en cours.
Ce 17 mars 2010 à l'invitation de la sénatrice Samia Ghali, à la mairie des 15e et 16e arrondissements de Marseille, s'est tenue cette réunion du groupe des élus socialistes du conseil municipal, que préside Patrick Mennucci. Ce dernier a appelé les élus un par un avec une mention de «présence obligatoire car Jean-Noël Guérini est là», alors qu'il venait de démissionner du conseil municipal pour cause de cumul des mandats, exerçant à l'occasion une ingérence manifeste dans les débats municipaux, lesquels auraient dû se dérouler indépendamment des intérêts du Conseil général et de son président.
Les débats s'éternisèrent, la séance durant plusieurs heures. Au moment où Eugène Caselli, président de la Communauté Urbaine de Marseille, rendait compte de la grève qui a paralysé une société chargée de la collecte des ordures, ISS, Jean-Noël Guérini, président du Conseil général, face à des élus stupéfaits, évoqua les lettres anonymes qui ont entraîné les investigations de la justice : "Je connais les responsables", lança-t-il. Puis, il s'en prit à ceux de nos camarades qu'il considérerait trop bavards avec la presse : "Je sais avec qui vous parlez, je sais quels journalistes vous voyez, j'ai même le texte de vos SMS...". Il évoqua également des relevés d'écoutes téléphoniques qu'il aurait en sa possession et accusa deux de nos camarades directement, François Noël Bernardi, le président de la commission des marchés de la Communauté Urbaine de Marseille et Patrick Mennucci, président du groupe «Faire Gagner Marseille» d'être actionnaires de Bakchich, le site d'information satirique qui a révélé l'existence de l'enquête sur les marchés publics.

4. Une Fédération hostile aux intérêts de la gauche durant les Elections Régionales

logo_PS_13_federationComme l’avait souligné le Président de Région, Michel Vauzelle, lors d’un Bureau national à l'issue des élections régionales de mars 2010, la campagne qu'il menait a été victime d’un boycott ouvert et public de la Fédération des Bouches-du-Rhône et du Conseil général, qui aurait pu être beaucoup plus dévastateur si Michel Vauzelle n’était pas aussi bien implanté dans la région PACA.
Le Premier secrétaire fédéral et ses représentants ne participaient que très rarement aux réunions de direction de campagne réunissant de manière hebdomadaire les Fédérations composant la région.
La Fédération des Bouches-du-Rhône n’a participé à aucune des actions de campagne, la direction de campagne s’appuyant uniquement sur les candidats des Bouches-du-Rhône et les quelques sections volontaires. Le Premier secrétaire fédéral ainsi que le président de la Fédération ont été très absents des différentes visites organisées pour le candidat.
Enfin la direction de campagne a eu les pires difficultés à régler les problèmes financiers liés à la campagne, la Fédération des Bouches-du-Rhône refusant de reverser la contribution des élus des Bouches-du-Rhône pour la campagne.
La même Fédération a boycotté le meeting de Michel Vauzelle, le 11 mars au Dock des suds. Jean-Noël Guérini et Eugène Caselli étaient absents et expliquèrent à la presse que : "Nous ne sommes pas allés à ce meeting parce qu'on n'était pas très content de ce qui s'était passé sur les listes". La volonté de nuisance était telle que des cars de militants ont même été décommandés au dernier moment sur ordre de la Fédération.

5. Une opposition molle à la droite locale et nationale au détriment du Parti

Chacun connaît l'entente notoire et quasi parfaite entre Jean-Claude Gaudin, le chef local de l'UMP, et Jean-Noël Guérini. Aucune position de nos camarades maires de Secteur (combat sur la création de garderies du soir dans les écoles, dans les investissements en matière de politique de la ville, sur l’importance de réhabiliter les équipements sportifs de proximité avant d’investir dans une patinoire, …) n’a été soutenue par Jean-Noël Guérini pour afficher nos différences de points de vue concernant la gestion d’une municipalité, comme s'il existait un partage des territoires entre le Conseil général et le Maire de Marseille.
Afin de protéger des équilibres à la communauté urbaine, la Fédération et le Conseil général tentèrent d’empêcher la création de sections nouvelles du Parti Socialiste comme à Saint-Victoret où nous avons une trentaine de militants qui ont été obligés de passer par le national pour pouvoir se constituer en section.

6. Une mise sous tutelle indispensable de la Fédération des Bouches-du-Rhône

Si la direction du parti n'a pas de compétence pour juger du bon respect de la loi républicaine par les dirigeants de la Fédération dans leur comportement à la tête de leur collectivité, ce qui revient exclusivement à la justice -heureusement saisie en l'espèce-, il n'en reste pas moins que celle-ci a une responsabilité particulière et directe en ne faisant pas cesser la douce tolérance à l'égard de pratiques qui nous déshonorent collectivement et rendent impossible l'adhésion à nos valeurs, nos projets et notre idéal. Je suggère au Premier secrétariat de saisir le Bureau National d'une mise sous tutelle de la Fédération emportant destitution de droit des dirigeants actuels de la Fédération des Bouches-du-Rhône. Le plus vite sera le mieux au vu des menaces judiciaires qui pèsent sur les intéressés. J'apporterai mon entier soutien aux initiatives de la Direction nationale pour mettre fin à ces dérives.
                                                                  Fait à Paris, le 8 décembre 2010.

18 février 2011

Mais qui donc veut tant de mal à Jean-Noël Guérini ?

guerini_caricatureHier soir, Jean-Noël Guérini a parlé. Beaucoup. Mais attention, surtout pas de méprise avec de quelconques aveux. Non, non, à Allauch, il s'est posé en victime : "je suis le coupable idéal". Et a surtout fait un long discours pour rassurer les militants socialistes. Ne répétant que ce qu'il a finalement déjà dit plusieurs fois, y compris qu'il téléphonait à son frère, qu'il allait porter plainte contre X (on n'est jamais trop défensif) pour violation et recel du secret de l'instruction et qu'il était prêt, le cas échéant, à être entendu par le juge, sa prestation n'a pas surpris.
Les attaques contre Renaud Muselier et Bruno Gilles, qu'il n'a pas nommés, ne sont pas non plus des nouveautés. Au milieu de tout ça, des témoins présents ont noté l'absence de Michel Vauzelle et d'Eugène Caselli. Aïe...

Le discours de Guérini à Allauch le 17 février :
http://www.jn-guerini.fr/wp-content/uploads/2011/02/17fev2011-jng.pdf

La semaine qui vient pourrait réserver des surprises sismiques. En attendant, voici quelques autres lectures stupéfiantes sur un personnage qui joue les fantômes.

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Le mystérieux informateur des frères Guérini
18 février 2011 par Violette Lazard

Des écoutes montrent que le président du conseil général des Bouches-du-Rhône était informé des avancées de l’enquête visant son frère Alexandre.
Il aura fallu une dizaine de jours à Jean-Noël Guérini, président (PS) du conseil général des Bouches-du-Rhône pour être informé qu’une enquête était ouverte au tribunal de Marseille concernant son frère. Alors que la lettre confiant au juge Charles Duchaine le soin d’ouvrir une instruction sur des marchés publics présumés frauduleux date du 16 avril, Jean-Noël Guérini est averti le 27 du même mois.
La presse n’a encore jamais évoqué l’affaire.
Pourtant, des écoutes téléphoniques, des relevés de SMS ainsi que des auditions que «le Parisien» et «Aujourd’hui en France» a pu consulter, montrent que l’élu a été averti par un mystérieux ami. Et que son frère, Alexandre Guérini, mis en examen et incarcéré depuis le début du mois de décembre dans le cadre de cette affaire, s’est également renseigné à plusieurs reprises sur l’avancée de l’enquête le concernant.
Un coup de fil de Madrid
Le lundi 27 avril, Alexandre Guérini appelle son frère à 13 heures. «Bon, il t’a appelé ton ami ?» s’enquiert-il. Jean-Noël lui répond :
 «Il (NDLR : l’ami) me dit : Faudra que je te voie rapidement parce que (...) le docteur cherche des poisses. On t’expliquera pour ton frère.» Les Guérini parlent alors tantôt en corse, tantôt en Français.
Le «docteur» qui cherche des «poisses» est Renaud Muselier (UMP), le dauphin de Jean-Claude Gaudin à la mairie de Marseille et médecin de profession.
Alexandre s’énerve, mais rassure son frère : «Je n’ai rien à me reprocher.» «Il va me rappeler, euh… dans l’après-midi s’il peut, de Madrid», ajoute mystérieusement le patron de la troisième fédération PS de France. Et il ajoute : «Tu es censé ne pas le savoir. Moi, je suis censé ne pas le savoir.»
Enfin, Jean-Noël Guérini conclut : «Je saurai tout demain. Dans les détails.» Le mystérieux informateur va effectivement rappeler Jean-Noël Guérini pour lui confier que «ça avance bien au ministère de la Justice» et que «l’enquête est lancée». Mais son nom n’est jamais prononcé.
«On peut cependant émettre quelques hypothèses, se risque une source proche du dossier. Car le 27 avril 2009 n’est pas un jour anodin… pour Madrid.»
 Nicolas Sarkozy est alors en visite officielle dans cette ville. Il est accompagné de dizaines de diplomates, hauts fonctionnaires, chefs d’entreprise. Dans cette délégation figure aussi «des grands responsables de la police car il a été question de terrorisme basque», poursuit cette source proche de l’affaire. Frédéric Péchenard, directeur général de la police, était par exemple présent. Ainsi que Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur, ancien préfet de Marseille, qui, à ce titre, connaît Jean-Noël Guérini.
Des SMS évoquant le Squale
L'échange de textos se déroule six mois plus tard, le 6 octobre 2009. L’enquête judiciaire a avancé et plusieurs journaux se sont emparés du sujet. Alexandre Guérini échange alors quelques troublants SMS avec Olivier Grimaldi, son avocat. «Le Squale a dit que tout était (mot incompréhensible) et que des coups de fil avaient été passés.»
Le Squale : le surnom de Bernard Squarcini.
«A qui il a dit ça ?», demande l’avocat. «A JCHP.» Soit Jean-Claude Hoang-Phu, responsable syndical Unité-Police-FO marseillais. A l’évocation de deux SMS, Olivier Grimaldi livre cette explication : «Seul Alexandre Guérini contacte les services de M. Squarcini pour se renseigner sur son affaire.» «Je ne sais rien de ce dossier et je ne veux rien savoir.»

Bernard Squarcini patron de la DCRI

Surnommé le Squale, Bernard Squarcini est cité par Alexandre Guérini dans des SMS comme étant une source d’informations sur son affaire judiciaire en cours. Le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur nie avoir informé les frères Guérini sur une affaire sur laquelle il n’avait aucun renseignement.
Quelles sont vos relations avec Jean-Noël Guérini ?
Bernard Squarcini
. J’ai passé trois ans et demi à Marseille en tant que préfet de police. Evidemment, je connais Jean-Noël Guérini.
L’avez-vous informé, lui ou son frère Alexandre Guérini, sur l’avancée de cette affaire en cours ?
Je n’ai appelé personne pour obtenir des informations sur cette affaire. C’est un dossier sur lequel je ne sais rien et je ne veux rien en savoir. Rappelons qu’il est mené par les gendarmes et non par la police. Je n’ai donc aucune information privilégiée qui pourrait être utile à qui que ce soit.
Comment expliquer l’existence de SMS faisant référence au Squale ?
Je ne l’explique pas. Je n’ai jamais donné d’informations. D’ailleurs, ces SMS sont échangés entre Alexandre Guérini et son avocat. Pas avec moi! On cite mon nom, on me fait donc dire des choses, mais c’est tout.
En avril 2007, un coup de téléphone est passé depuis Madrid, où vous étiez présent, pour informer Jean-Noël Guérini de l’avancée de l’enquête.
Ce n’est pas moi qui l’ai passé. Je peux même vous dire que lors de ce déplacement, je suis resté quasiment en permanence avec Renaud Muselier (NDLR: l’adversaire politique UMP de Jean-Noël Guérini qui était présent en tant que président du Conseil culturel de l’union pour la Méditerranée) !

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10 décembre 2010

Le Ravi de décembre se déchaîne une fois de plus

une_ravi_80Mois après mois, Le Ravi y va régulièrement de ses informations approfondies.
Ce mois-ci, il livre une enquête complète de cinq pages sur l'extrême droite dans notre région. On aurait tort de ne pas s'y intéresser vu les risques que pourrait malheureusement encourager le climat social et politique ambiant.
Dans ce n° 80, le mensuel couvre aussi bien sûr dans un style très direct et sans langue de bois de très nombreux autres sujets avec articles, interviews, portraits, dessins, brèves et humour.

Sommaire du n° 80 de décembre (2,80€) :
http://www.leravi.org/spip.php?article1066
Le site du Ravi :

http://www.leravi.org/

Comme c'est le joli temps des cadeaux, il n'est jamais trop tard, n'est-ce pas, pour s'offrir un abonnement ou en offrir un à des êtres chers ou amis. C'est avec plaisir que je relaie ici l'appel de la rédaction pour soutenir le journal en s'abonnant.

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9 décembre 2010

Jean-Claude Gaudin et ses vrais bons "ennamis"…

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Comme certains se gaussent des déclarations décalées ou des rivalités sournoises entre postulants socialistes au château élyséen ! Pourtant, la droite ferait mieux de mesurer la taille de sa propre poutre dans l'œil.
Au niveau national, est-ce vraiment signe d'unité parfaite que ces dissidences affichées ou souterraines, ces cacophonies permanentes à l'UMP, à ses flancs ou aux centres ? Et là, juste à côté de chez nous, à Marseille par exemple, comment peut-on croire un instant à une entente sans nuages, à un respect mutuel, bref, à un amour fou ?
La lecture de l'édito d'hier de Jean-Laurent Bernard sur France Bleu Provence fait bien le tour de la question. Les armes de l'ambition et de la trahison ne demandent qu'à parler. Jean-Claude Gaudin va devoir compter ses vrais bons "ennamis". Il est à craindre pour lui que d'ici trois ans les doigts d'une seule main ne suffiront plus.
Guy Teissier s'est déjà frité plusieurs fois avec lui sur divers sujets. Il pense depuis longtemps être son successeur naturel. Jean-Claude Gaudin le lui laisse croire malicieusement. Ne serait-ce que pour saboter les prétentions au beau fauteuil de maire d'un Renaud Muselier qui s'y rêve déjà installé au moins par mérite sinon par héritage. Aux élections régionales de 2004, ce dernier n'avait-il pas osé le slogan "Fils de Provence Alpes Côte d'Azur".
Impatient comme jamais, voilà qu'il récidive. "Aujourd'hui, après avoir connu trois tickets Gaudin-Muselier, des mandats locaux, nationaux et ministériels, je me positionne pour 2014. Car j'ai une compétence sur cette ville, j'ai construit un parcours qui me permettra de fabriquer une équipe et un projet." C'est ce qu'il déclarait il y a une dizaine de jours dans une interview pleine page de La Provence.
Plus cocasse, il ajoutait : "Jean-Claude Gaudin a raison de ne rien s'interdire et je l'aiderai dans tous ses choix. Mais, moi non plus, je ne m'interdis rien. Nous faisons équipe depuis 1995. Cela ne va pas commencer aujourd'hui." C'est à se demander s'il est naïf ou s'il le fait exprès car c'est plutôt mal parti pour lui.
Décidément, cette ville n'a pas un Vieux-Port tranquille.

P.S. 1 (cruauté des sigles) : Alexandre Guérini n'aime pas la prison
On le sait, Alexandre Guérini n'a pas envie de rester en prison. Son avocat a donc déposé une demande auprès de la cour d'appel d'Aix-en-Provence pour qu'on le remette en liberté. L'appel du placement en détention a donc été examiné mercredi par la chambre d'instruction. Le parquet a requis le maintien en détention. Il serait étonnant que la décision qui sera finalement rendue lundi soit favorable. Nouvelle attente.
P.S. 2 : Un élu UMP allume une autre mèche
Intéressante déclaration d'un membre de la commission d'appel d'offres de la communauté urbaine de Marseille… Bon, au moins celui-là, c'est sûr, ne rêve pas d'être un jour calife.

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24 décembre 2010

Et si on faisait une petite pause ?

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Allez, je crois qu'il est temps. Mais avant de passer en mode pause, voici encore un peu de prose. Du léger. Avec trois petits clins d'œil.
D'abord, avec le tableau de classements de mon blog portant sur l'activité du mois de novembre et édité par le site Wikio début décembre. Pourquoi le dissimuler, ces nouveaux chiffres ne me laissent pas insensible. Car c'est un peu comme si mon clavier tant mis à contribution se voyait octroyer un bien sympathique accessit.
Mais, cela ne fait pas tout. Aussi, m'en voudrais-je d'omettre de remercier encore tous les lecteurs réguliers ou de passage, et même les visiteurs parfois égarés, qui assurent au blog une audience quotidienne sans cesse croissante. Une progression qui s'explique sans doute aussi par la place plus large faite à des sujets débordant les limites du pays d'Aix.
Ensuite, avec cette brève du Ravi de décembre dont le titre m'a fait sourire.

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Enfin, petit retour en arrière de quelques jours avec ce billet caustique d'Alexandra Ducamp, qui a si bien résumé ce que je pense aussi fort qu'elle sur le niveau de ridicule franchi par certains élus.

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Voilà, maintenant, vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale… jusqu'au prochain billet.

31 janvier 2011

Joissains et Estrosi font dans l'opérette

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Comme à son habitude, Maryse Joissains voulait faire un coup politique pour qu'Aix soit dotée d'un appendice de décision universitaire. Elle en a fait un objet de chantage incongru en temporisant sur l'adhésion de la Communauté du Pays d'Aix et de la Ville à Marseille 2013, adhésion qui a finalement été entérinée.
Résultat : si notre ville a obtenu le siège du Pôle de recherche et d'enseignement supérieur (Pres), elle n'accueillera de fait qu'un outil technique et stratégique de l'université unique, un outil parmi tant d'autres. C'est toujours ça, dira-t-on, mais le compte n'y est pas.
A ce stade, nous n'en sommes qu'à un protocole d'accord consenti par les trois présidents d'université pour calmer le jeu. Le vrai siège administratif et décisionnel sera à Marseille.
Il y a peu aussi, Christian Estrosi a tenté un coup de force pour faire entrer la prise en compte de la liaison Nice-Vintimille dans les études de la LGV des métropoles. Si l'initiative est intéressante en soi, la manière utilisée par le maire de Nice a été cavalière.
Or, voilà que Maryse Joissains se prend à pourfendre "le comportement puéril" de son collègue, estimant que "ce chantage est indigne d'un ancien ministre" qui "manque de respect envers les élus et les représentants de l'Etat". "Il nous a joué la sérénade de rupture, avec ses airs de diva. Tout le monde est tombé des nues, nous nous sommes crus à l'opérette. Conditionner la réalisation du tronçon vers l'Italie à la participation de Nice et des Alpes maritimes au programme LGV n'a pas de sens. Qu'il fasse du chantage à la LGV, c'est un coup d'esbroufe".
Il est courant de dire que "c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité". Il me semble que, dans le cas présent, on n'est pas très loin d'un "c'est le roquefort qui dit au camembert tu pues". Car c'est évident, les deux comparses de l'UMP ont usé d'un même stratagème pour faire parler d'eux. Et vive l'opérette à deux voix !

27 janvier 2011

Alexandre Guérini : HLM, site web, service incendie

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Quand il n'y en a plus, il y en a encore ! Rien qu'hier, nous avons été très gâtés avec trois informations dans la même journée !
Un, Alexandre Guérini va devoir restituer son logement HLM indûment occupé.
Deux, il lance un site internet, News of Marseille, qui fait déjà beaucoup jaser. Mais c'est sans doute par besoin depuis sa cellule de nouer des contacts -virtuels- avec le monde extérieur.
Trois, Le Canard enchaîné raconte quelques joyeusetés sur le SDIS où, comme par hasard, apparaît aussi son nom.
Quand ça déborde, ça déborde ! Si ça continue comme ça, gros est à parier que le nombre d'épisodes de Plus belle la vie risque d'être vite concurrencé par celui de la saga Guérini.
Le mieux est de lire les articles qui rapportent ces informations avec force détails.

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Le site de Marsactu et l'article qui a révélé l'info :

http://www.marsactu.fr/2011/01/25/apres-les-poubelles-alexandre-guerini-investit-dans-linfo-sur-internet/

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L'article de Mediapart :
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L'article du Canard enchaîné :
(Clic sur l'image pour agrandir)
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26 janvier 2011

Comment Alexandre Guérini faisait la loi…

logo_mediapart_entierAi-je besoin de faire observer que les informations les plus importantes et les plus détaillées sur l'affaire Alexandre Guérini sont plutôt diffusées par des médias sans publicité tels que Bakchich, Mediapart, Le Canard enchaîné, Le Ravi, pour ne citer que les plus connus.
Seule exception, et pour cause puisqu'il s'agit du journal régional, La Provence a aussi publié des pages très complètes sur le dossier.
Ensuite, au niveau national, on trouve des journaux comme Le Journal du Dimanche et des magazines comme L'Express, Le Point et Le Nouvel Observateur qui ont consacré un ou deux bons articles sur la saga.
Lundi, j'ai mis en ligne l'édifiant article du Canard enchaîné de mercredi dernier. Aujourd'hui, c'est au tour de l'article intégral de Mediapart paru le 20 janvier.
J'engage les lecteurs du blog à le parcourir dans sa totalité. Les transcriptions des conversations téléphoniques entre Alexandre Guérini et ses contacts révèlent l'ampleur des magouilles qui gangrènent la vie publique. On voudrait croire à un scénario à la Audiard mais il ne s'agit pas ici de dialogues cinématographiques.
Pour ceux parmi mes amis qui pourraient s'étonner de ma propension à relayer tous ces dévoiements touchant la gauche, je précise que, surtout parce que c'est mon camp, je ne saurais taire mon dégoût et ma colère pas plus que lorsque je vois les combines de la droite. Je trouve tout cela inacceptable. Ouste, du balai !

(Clic sur chaque image pour agrandir)
(Pour un meilleur confort de lecture, j'ai découpé l'article en plusieurs parties)
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Et aussi sur Bakchich : "Marseille, l'enquête hoquette" :
http://www.bakchich.info/Marseille-l-enquete-hoquette,12832.html
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14 décembre 2010

Affaire Guérini : C'est l'histoire du fil et de la pelote

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(Clic sur les images pour agrandir)

Dans sa livraison de mercredi dernier, Le Canard enchaîné a publié une demi-page sur l'affaire Alexandre Guérini. Sous l'article principal intitulé "Le clan Guérini mis à nu", l'hebdomadaire nous gratifie également de deux encadrés sur d'autres faces cachées du dossier. Morale de l'histoire, si l'on peut dire, quand on tire le premier fil, le risque est grand de voir débouler toute la pelote. C'est à lire…

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14 janvier 2011

Le Ravi de plâtre attribué à Maryse Joissains

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Tout le monde connaît cette récompense annuelle qui distingue des maires et qu'on nomme les "Marianne d'or". Un peu comme la Légion d'honneur, il faut savoir qu'on ne décerne pas forcément cette distinction pour de vrais mérites mais par appuis bien compris.
Il existe aussi une autre façon, plus désopilante celle-là, d'honorer de valeureuses personnalités médiatiques. Par exemple, le fameux attentat pâtissier, entartage primesautier à souhait et parfois répété de leur portrait en présence de caméras pressenties pour immortaliser la surprise d'un copieux lancer de crème fouettée.
Dans un autre registre, guère institutionnel mais surtout moins tâchant, une idée a germé dans l'esprit de l'équipe du journal le Ravi : attribuer mensuellement un trophée à une personne s'étant fait remarquer par son inimitable singularité. Là, pas de contestation possible, les critères de sélection sont sérieux et tous les motifs retenus sont avérés.
En ce mois de janvier tout neuf tout beau, honneur est donc rendu pour la seconde fois à Maryse Joissains ! 

15 novembre 2010

Sarkozy rétrécit encore un peu plus à chaque ravage

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Un exploit. Six mois pour un remaniement qui ne nécessitait finalement que cinq minutes. Mais bon. Le dénouement de la pièce étant connu d'avance, le personnage de l'Elysée a voulu faire croire à un suspense censé annoncer du changement.
Dimanche soir, Nicolas Sarkozy s'est encore livré à un spectacle de série Z façon comique de répétition. Comme disait l'autre, c'est même à ça qu'on le reconnaît. Au final, il ressort un peu plus rétréci de ce lavage de cerveau.
Résultat de cette bunkérisation : un bon concentré droitier, un retour des vieilles lunes du RPR, une compression des autres composantes politiques, une éjection des faux-nez et la fermeture d'une pseudo ouverture…
L'entrée d'Alain Juppé va rappeler les heureux souvenirs de 1995. La sortie de Jean-Louis Borloo met fin à une imposture sociale. On évince un Eric Woerth qui avait "le soutien total du président" et dont on disait qu'il ne posait pourtant aucun problème et on garde un Brice Hortefeux malgré sa condamnation en justice.
Pour le reste, alors que certains sont promus ou permutés avec retouche des intitulés des ministères, d'autres font du surplace. Quelques faux nouveaux décrochent la timbale et une quinzaine de têtes sont carrément virées. Et tiens, on échange un Christian Estrosi et un duo issu d'un ex-mouvement d'extrême droite, Patrick Devedjian et Hervé Novelli, contre un Thierry Mariani qui a lui aussi tout pour incarner la droite extrême.
Et puis, il y a la surprise qui réjouit et va enhardir tous les humoristes en vogue, le désopilant Frédéric Lefebvre, fin aboyeur attitré des faits et actes du sarkozisme, qui réussit son entrée grâce à ses sorties si l'on peut dire.
Voilà à quoi on peut s'en tenir pour les artistes appelés à jouer la comédie du pouvoir ou pour aller voir ailleurs si Sarkozy n'y serait pas. Pas sûr donc que les citoyens se contentent ou s'intéressent à ces changements de personnes une fois la nouvelle diffusée. Car, hier, rien n'a laissé entrevoir une quelconque perspective politique de renouveau pour la vie quotidienne des Français.
Le président étant toujours le même, le premier ministre s'étant en quelque sorte auto-reconduit, il est plus que probable que l'état de catastrophe politique va perdurer. Du coup, ayant opté pour un équipage à visées purement électoralistes et s'obstinant dans le pourquoi-modifier-une-politique-qui-mécontente, Sarkozy est en train de réussir dans ce qu'il sait le mieux faire, rétrécir un peu plus à chacun de ses ravages. Vivement 2012 pour que les électeurs puissent enfin à leur tour faire la grande lessive et tout éponger.

(Clic sur l'image pour agrandir)
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P.S. (en forme de... RPR) :
1.
La pièce de dimanche sera rejouée par son auteur en one-man show dans la semaine sur toutes les télés.
2. Contrairement à Thierry Mariani, Maryse Joissains, qui fait pourtant partie du même Collectif de la droite populaire, n'a pas été appelée au gouvernement pour cause d'opposition au projet de réforme des collectivités territoriales. Malgré son soutien à Nicolas Sarkozy et son appartenance à l'UMP pour raison désintéressée d'investiture, on devine ses deux autres déceptions : la dégringolade de son copain radical Jean-Louis Borloo et l'exclusion de sa copine Fadela Amara… qu'elle ne reverra pas à Aix.
3. Pour finir, retenons aussi une larmette pour le départ d'Hervé Morin et la peine qui doit certainement affecter le dénommé Bruno Genzana récemment reconverti et adoubé par le président du Nouveau centre (la droite avec un faux-nez). 

26 novembre 2010

Les arrière-cuisines qui font les mauvais appétits

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En regardant hier soir l'émission Envoyé spécial, j'ai pensé à ce qu'on nous servait aussi dans certains restaurants aixois. Car on ne voit pas pourquoi Aix échapperait au phénomène. Le reportage m'a estomaqué. Et c'est bien le mot. Certes, ce n'est pas la première fois que le sujet est traité, autre mot juste.
Mais là, la proportion d'établissements qui usent de subterfuges de laboratoire pour tromper la clientèle semble occuper désormais tout l'espace. Au point, nous dit-on, qu'il a fallu créer un label de maître cuisinier pour essayer de garantir une qualité se voulant irréprochable. A l'heure actuelle, sur 80.000 restaurants, à peine un millier l'ont demandé et obtenu. Aïe, aïe, aïe !
J'avais bien quelques gros soupçons sur certaines enseignes, que j'ai toujours évitées. Et je ne parle pas que des lieux de restauration rapide ou des divers commerces qui écoulent sans honte du surgelé et du congelé et qu'ont hélas aussi rejoints de nombreuses boulangeries qui ne méritent plus leur nom depuis mauvaise lurette. Ah, leurs horribles produits industriels, ces pains mous et sans goût et ces croissants en caoutchouc et sans miettes !
Mais, ceci posé, comment être sûr à 100% de ce qui nous attend quand on entre dans un restaurant ? Surtout s'il a toutes les apparences de l'attrait qu'un affichage de prix moins ordinaires semble valider pour décourager tout sentiment d'arnaque sur la marchandise.
Hier, on nous a montré un espèce de dessert au chocolat qui s'est révélé n'être que le résultat d'une composition totalement chimique. Beurk ! Si on ose user de telles pratiques, il y a de grands risques que le reste ne soit net non plus. La preuve, des restaurants n'hésitent même plus à fourguer les "recettes" des grandes surfaces avec des plats conditionnés qui dilatent leur butin commercial et qui ruinent les estomacs. Des plats en forme de magma indigeste camouflés sous les promesses affriolantes et vertueuses des étiquettes.
Allez, que cela ne vous gâche pas trop l'appétit !

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26 novembre 2010

La Provence renvoie Christian Kert à ses aigreurs

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Mercredi, j'ai parlé du billet du blog de Christian Kert qui règle sèchement son compte à Bruno Genzana qui s'est mis en tête de lui piquer sa place.
Alors, hier, ça n'a pas loupé. La Provence a renvoyé à ses aigreurs le député qui s'est aussi hasardé à cingler la presse locale en l'accusant de parti pris.
Voilà, maintenant, on attend la suite de la part du "pauvre Bruno" si cordialement fracassé par son ex-collègue. Car, disons-le net, il ne serait point héroïque de se dérober à pareilles estocades.

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