joissains forains doigt 24Un touriste qui se promène à Aix n'y verra presque que des illuminations. En revanche, les Aixois qui vivent, travaillent ou passent par le centre ville se rendent bien compte que quelque chose cloche.
Toute la semaine dernière, de vives tensions ont resurgi dans l'air du cours Mirabeau. Sujet de la discorde : la nouvelle révolte des forains du textile qui revendiquent un cadre stable pour leurs jours de déballage pour éviter de subir des changements de lieu au gré des circonstances. Comme c'est encore amèrement le cas en cette période de fin d'année.
Ils ne sont plus d'accord avec la mairie qui leur a assigné de quitter le cours pour l'avenue des Belges. L'installation plus précoce des chalets aura été l'étincelle qui a de nouveau embrasé un conflit pas vraiment éteint.
Le problème ne date pas d'hier. Cela fait des années que, trimballés avec allers-retours du palais de justice au cours Mirabeau, les forains doivent chaque fois s'adapter du mieux qu'ils le peuvent pour exercer leur activité sans trop de dégâts pour les revenus. Une fois, c'était pour cause de travaux autour du palais, une autre, pour cause de problèmes de sécurité de la Cour d'appel, puis pour cause d'installation des chalets.
Comme ils le répètent, ils ont fait de gros efforts - et de grosses dépenses - pour harmoniser leurs étals comme stipulé dans la charte spécifique de "bonne tenue" qui régit le cours. Il y a deux ans, un protocole avait été établi entre la mairie et les syndicats de forains pour occuper le cours le jeudi, retourner au palais le samedi et abandonner un jour de travail le mardi, ce qui représente une perte conséquente en termes de salaire.
L'an dernier, l'expérience du déballage sur l'avenue des Belges a été estimée catastrophique pour leur poche, les clients n'ayant pas suivi le mouvement. Le souhait des forains : pourvoir partager le cours en face des chalets jusqu'en janvier et récupérer le mardi disparu. La mairie rappelle que l'accord ne le prévoit pas. Et a d'abord signifié une fin de non-recevoir à cette option pour des raisons de sécurité. Le ton est alors monté. Et les forains ont décidé de bloquer le centre ville par des opérations escargot.
Pas de dialogue entre les parties et donc gros embouteillages sur un large rayon autour du cours. Maryse Joissains a réagi en demandant au préfet d'interdire les manifestations, provoquant ainsi une nouvelle colère des forains.
Vendredi, cela a dégénéré avec des altercations entre eux et les commerçants des chalets. C'est ce que l'on pourrait appeler la politique du perdant-perdant.
Maryse Joissains a fini par concéder un rendez-vous fixé au 7 décembre auquel devraient notamment participer les représentants des forains et des commerçants, les comités de quartiers et des riverains. L'ordre du jour pourrait ne comporter que le retour du mardi sur le cours. Bilan : sans doute pas de cohabitation chalets / forains puisque, à ce moment-là, les stands festifs ne seront plus là que pour le mois restant. Et, de toute façon, le retour du mardi ne pourrait au mieux s'effectuer que fin janvier après une délibération du conseil municipal.
Ce qui est triste dans cette histoire, c'est qu'il faille toujours en arriver aux extrémités avant d'écouter et de discuter pour rechercher les meilleures solutions. Comme dit ci-dessus, ce feuilleton à épisodes houleux risque de ne pas s'achever la semaine prochaine.
Maryse Joissains, qui, depuis quelques semaines, a beau jeu d'accélérer le rythme de ses réunions de quartiers - nul hasard là-dedans, elle est candidate aux législatives et elle copie la méthode du président-candidat Nicolas Sarkozy qui fait campagne sans le dire - a été incapable d'instaurer un dialogue constructif et de répondre par des issues pérennes aux diverses préoccupations des forains et de pas mal d'Aixois.
Faut-il rappeler ici quelques exemples comme l'absence de conseils de quartiers en violation de la loi de 2002, le manque de considération à l'égard des locataires de Pays d'Aix Habitat laissés face à leurs problèmes, l'inexistence du Plan local d'urbanisme pourtant imposé par la loi en 2000, les péripéties et les conditions de la vente de l'Office de tourisme... La liste serait longue.
Enfin, dans le cas du conflit avec les forains, comment ne pas s'étonner également de la présence sur le cours Mirabeau d'Alain Joissains, qui, que l'on sache, n'est investi d'aucune fonction officielle pour intervenir et qui se permet cependant d'aller les apostropher en pointant un doigt agressif ? (L'image est un détail de la photo publiée par La Provence)

PS : A partir d'aujoud'hui, mais c'est une autre histoire, ce sont les taxis qui prennent la relève pour manifester et bloquer divers axes de circulation de la ville. C'est la conséquence de la guerre entre les taxis traditionnels bénéficiant du monopole de la profession et leurs concurrents (VTC : véhicules de tourisme avec chauffeur) autorisés par la loi du 22 juillet 2009 et pratiquant des tarifs meilleur marché. A pied tout le monde !

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Les forains en viennent aux poings...  

La saga des forains :
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