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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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6 octobre 2009

"Je viens de m'apercevoir que je suis maire..." (1)

joissainsMaryse Joissains tente de nous la refaire. Cette fois-ci, c'est dans une interview parue dans La Provence d'hier. En gros : "excusez-moi mais je me réveille à l'instant et je viens de m'apercevoir que je suis maire". Et la voilà en train de disserter sur nombre de sujets, comme si, après huit ans de mandat, tout commençait aujourd'hui. La réalité est tout autre, bien entendu.

Mais pour Joissains, il s'agit une fois de plus d'essayer d'endormir les Aixois en laissant espérer l'avènement de grands chantiers qui feront enfin leur bonheur.

Passons sur les alibis des retards pris pour cause d'élections successives et sur les prétendus travers des gestions précédentes (on le redit, huit ans ont passé). Ce qui compte, c'est ce que veut faire la municipalité. "Cette fois, j'ai donné des impératifs de rapidité, de concision et de plus grande présence dans les dossiers". Cela sonne comme un recadrage qui désavoue une méthode qui n'a pas été performante.

Au final, ce qui ressort de cette longue interview, c'est que Joissains semble avoir tiré quelques leçons des critiques qui lui ont été adressées depuis longtemps et, plus particulièrement, pendant la dernière campagne électorale où elle l'a échappé belle. Mais cela n'est pas suffisant car il y a, et il y aura, d'autres gros ratages.

Les illustrations ne manquent pas. Alors, sérions les sujets.

Ÿ Gare routière 

Après avoir fait des simulacres de concertation sur l'ancien projet critiqué pour sa démesure et son inadéquation à une véritable politique des déplacements, après avoir persisté en dépit de tout bon sens pour imposer un modèle pharaonique coûteux et inadapté à l'environnement, Joissains semble désormais se ranger à la réalisation d'un projet moins ostensible qui pourrait être coordonné avec des haltes extra-muros à la Calade et au plan d'Aillane.

Les deux autres mesures annoncées ne sont pas moins significatives : abandon de la trémie sous l'avenue de l'Europe, suppression de la halle et donc pas de grand bâtiment. A la bonne heure. Mais on aura donc déjà dépensé pas mal d'argent pour un premier projet qu'il va falloir remettre à l'ouvrage.

Ÿ OPAC

Le scandale par excellence. Il aura fallu huit ans pour intégrer mentalement que l'office n'a jamais véritablement rempli son rôle : construction d'un nouveau siège mais pas de nouveaux logements, réhabilitations au ralenti ou en panne, gestion désastreuse aboutissant à un déficit jamais vu, cinq changements de directeurs, embauches pléthoriques sans meilleurs résultats ou services rendus aux locataires. Et que dire des annonces répétées à satiété que tout allait mieux, qu'il y avait enfin un plan du patrimoine, que l'office se portait bien, touts choses contredites par des audits sévères de l'Etat.

Joissains, présidente jusqu'ici, a décidé de passer la main. Soit. Car le cumul de fonctions ne permet pas l'efficacité sauf à disposer de journées de 72 heures. Cela ne l'exonère en rien de ses reponsabilités. Mais Joissains semble avoir trouvé la recette du succès : organiser la logistique de l'office comme celle de Darty ! Vous auriez osé, vous, comparer un établissement public à un magasin d'électroménager qui parraine la météo ? Sûr que Joissains va encore essayer de nous vendre du beau temps jusqu'à la fin du mandat. S'il n'y pas une autre annulation d'ici là...

A suivre, demain…

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18 décembre 2009

Foot et politique : Des coups de pied qui se perdent

Lire certaines vérités dans la presse me réjouit et... m'exaspère autant. Prenons le football, par exemple. Pas le simple fait de voir ou de raconter un match. Non. Mais ce qui grouille autour du spectacle dont on magnifie les idoles, les dirigeants, les supporters, les "valeurs" et tout le tintouin. Derrière l'hypnose massive, il y a aussi les tours de passe-passe, les ruses, l'argent bien sûr et les drôles de rapports avec la politique.

On lira ci-après l'avis de la Cour des comptes sur les relations clubs-collectivités et en particulier ce qu'elle dit du cas de l'OM. Le Canard enchaîné fait, lui, un papier sur un chantage aux places de l'OM comme moyen de réduire l'absentéisme d'élus marseillais PS aux séances du conseil municipal. Ce n'est guère mieux que d'avoir inventé de payer des élèves pour qu'ils aillent en classe.

Enfin, on découvrira le point de vue impitoyable de Philippe Bilger, magistrat, sur le foot qui rend fou. Et pour rappel, on pourra relire aussi deux articles que j'ai postés il y a exactement un an sur le trafic des places dites "gratuites" de l'OM.

Allez. Bonne et agréable lecture et n'écornons surtout pas notre moral, ne serait-ce que pour franchir en forme les deux pics à venir du calendrier.

         

(Clic sur l'image pour agrandir)

Dans La Provence du 11 décembre 2009

foot_provence_cour_des_comptes

(Clic sur l'image pour agrandir)

Dans Le Canard enchaîné du 16 décembre 2009

  canard_foot_PS

Le blog de Philippe Bilger :

http://www.philippebilger.com/blog/2009/12/le-foot-rend-fou.html 

Mes articles :

"Et si on parlait des places "gratuites" de l'OM…" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/11/27/11530108.html

"Places "gratuites" de l'OM, aussi dans Libé" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/12/01/11588884.html 

13 juillet 2009

Election municipale : Plus qu'un tour de… listes

Hotel_Ville__bleu_platLa politique n'est pas une science exacte, on ne le sait que trop. Et la plupart des sondages encore moins, surtout s'ils sont orientés. Nous avons maintenant des chiffres sortis des urnes et, même s'ils ne sont que ce qu'ils sont à cause des abstentions, quelles qu'en soient les explications, ce sont eux qui font et feront l'élection.

A l'évidence, Maryse Joissains n'a pas régressé. Bien au contraire, elle conforte substantiellement son assise. En face, la présence de quatre listes opposantes ne pouvait que produire des scores de second rang. C'est ce qui est arrivé.

Malgré des appels rabachés au vote censé être "efficace", détourné des listes à moindre impact, Alexandre Medvedowsky et François-Xavier de Peretti ne font pas le trou qui leur aurait permis de talonner et de bousculer Joissains.

Hervé Guerrera n'étant pas Daniel Cohn-Bendit, mais il n'y a que lui qui ne s'en est pas rendu compte, a péniblement atteint la moitié du résultat des européennes. Quant à Stéphane Salord, sa démarche protestataire chargée de ressentiment n'a recueilli que ce que valent les mouvements d'humeur. Enfin, Nathalie Leconte a été réduite à la plus petite portion qui ne lui permet ni maintien ni fusion pour un second tour (et malheureusement pas de remboursement de frais de campagne).

Quelles hypothèses sont-elles possibles maintenant ?

Ce qui se confirme, c'est le ralliement contraint de Guerrera à Medvedowsky. car il ne peut pas se maintenir n'ayant pas réuni plus de 10% des inscrits. S'il ne faisait pas, S'il se maintenait, cela pourrait être considéré comme un avantage objectif offert à Joissains. Les écologistes ne s'en relèveraient politiquement pas au moins jusqu'à la disparition définitive de la couche d'ozone.

Quant à Leconte, on suppose qu'elle ne peut désormais faire autrement qu'appeler à voter contre Joissains. Difficile en effet de soutenir directement Medvedowsky allié au MoDem ou de se réfugier derrière une posture d'absence de consigne de vote. Salord, lui, a toujours dit qu'aucune voix se portant sur son nom n'irait à Joissains.

Tout cela n'est que la surface des choses. Il reste à voir quelle attitude adopteront les électeurs des évincés. Si, assez naturellement, ceux de Leconte pourraient aller vers Medvedowsky, il n'est pas certain que ce soit en totalité. Si, théoriquement, ceux de Salord se caractérisent par un rejet enragé de Joissains, il n'est pas acquis qu'ils n'aillent pas malgré tout au secours de l'ex-maire, ne serait-ce que parce que ce ne sont pas, et de loin, des électeurs de gauche.

Quelles proportions prendront ces redistributions, la clé du second tour en dépend en partie. Car les électeurs auront la tentation de faire du yoyo en fonction du camp qui parviendra à porter la dynamique victorieuse de second tour. En cas de répartition moitié-moitié, comme cela est probable, des dépouilles des évincés, l'écart entre les deux listes concurrentes du second tour risque d'être serré.

Enfin, car en politique la tentation désespérée de renier sa conscience à vil prix et de jouer son va-tout en versant dans des arrangements contre nature n'étant jamais exclue, le cas de figure d'une intégration circonstancielle de Salord au tandem Medvedowsky / Guerrera serait aussi scandaleux que fatal. Ratifier un tel appoint pour fomenter une addition prétendument payante agirait au contraire comme repoussoir auprès de ceux qui y verraient la preuve d'une trahison des principes et des convictions. Comme si le beffroi de l'Hôtel de ville n'avait pas déjà enduré assez d'ignominies.

12h00 : Guerrera avec Medvedowsky, Leconte pas de consigne de vote

Alors qu'Hervé Guerrera se rallie sans surprise à Medvedowsky, Nathalie Leconte ne donne aucune consigne de vote. Voici deux extraits de sa déclaration. "L’alliance avec le MoDem réalisée par la liste "Tous ensemble pour Aix" non seulement n’était pas nécessaire mais est dangereuse pour l’avenir. Le seul discours "anti-Joissains", même de la part de responsables de droite ne fait pas une politique de gauche. […] Les électrices et les électeurs, face à l’importance de l’enjeu de ce 2ème tour, décideront en toute conscience de leur vote."

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PS (désolé, UMP, ça ne va pas !) : Merci aux milliers de visiteurs/jour qui ont pris d'assaut mon blog pour venir consulter les résultats. Merci aussi aux radios et organes de presse qui m'ont contacté pour compléter leurs informations politiques.

4 décembre 2009

L'affaire qui fait trembler le système Guérini

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L'affaire qui fait trembler le système Guérini

      

Révélations : à Marseille,

un juge enquête sur des marchés douteux.

   

Par Hervé GATTEGNO, envoyé spécial à Marseille

Dossier publié dans Le Point le 26 novembre 2009

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Au bout du fil, la voix est apeurée, presque paniquée : "Je veux bien vous voir, mais pas à mon bureau. Dans un café ? Jamais de la vie ! On va nous voir : Ils l'apprendront dans l'heure qui suit. Mieux vaut sortir de la ville. Retrouvez-moi chez un ami, ce sera plus tranquille : je vous donne l'adresse…" 

Comme ce chef d'entreprise, ceux qui savent les détails de l'affaire dont toute la ville parle ne veulent se confier qu'à l'abri des regards. Elus, patrons ou fonctionnaires, tous font jurer de taire leur nom, d'éviter tout signe distinctif qui les compromettrait. Ici, depuis que la justice menace d'ébranler ce qu'ils appellent "le système", le silence n'est plus d'or mais de plomb. Tant pis pour la légendaire faconde méridionale : si on "tchatche", c'est en rasant les murs.

Ce qu'ils chuchotent ? De sombres histoires d'appels d'offres truqués, de signatures extorquées, de politiques achetés et de procédures falsifiées. Le récit d'épisodes troubles qui pourraient éclabousser de hautes personnalités. Exagération marseillaise, cette version provençale de "Main basse sur la ville" ? Peut-être pas. Rassuré sur son anonymat, loin des oreilles indiscrètes, le même chef d'entreprise raconte :

"J'ai été convoqué dans un bureau avant l'appel d'offres auquel je concourais. On m'a expliqué que le marché serait divisé en lots et comment les lots seraient répartis entre les quatre candidats. Je n'avais guère le choix : j'ai dû accepter des contreparties. Embaucher des employés qu'on m'a recommandés, promettre de contribuer à des campagnes électorales à venir…

– Rien de plus ?

(Il baisse les yeux)

Qui est ce "on" qui vous aurait convoqué ?

– L'un de ceux dont tout le monde parle.

– Alors, pourquoi ne pas dire son nom ?

– Je ne suis pas un délateur. Et on va m'accuser de complicité. Mais qu'on me dise comment j'aurais dû faire !

– Vous auriez pu alerter la justice sur-le-champ…

– Si je suis appelé à témoigner, je parlerai. Enfin, je crois …" 

D'autres témoins privilégiés l'assurent : qu'une brèche s'ouvre et les révélations vont pleuvoir. Signe avant-coureur de l'orage attendu : alors qu'un imbroglio dans le choix d'une société d'enlèvement des ordures répandait des effluves nauséabonds sur la ville, un reportage de la chaîne locale de France 3 au ton inhabituellement corrosif annonçait, la semaine dernière, l'ouverture d'une enquête judiciaire sur les marchés publics de la communauté urbaine. Le commentaire mettait en avant l'implication de Jean-Noël Guérini, le puissant président (PS) du conseil général des Bouches-du-Rhône, et le rôle joué en coulisse par son frère Alexan­dre, homme d'affaires prospère et patron de plusieurs déchetteries dans le département.

"Insinuations malveillantes", a répondu le baron socialiste marseillais. Mais il se retranche depuis dans son bureau, repousse toutes les sollicitations – y compris celles du Point – et limite ses apparitions publiques. Vendredi soir, il a écourté une remise de médailles du travail au siège du département : plusieurs élus présents assurent l'avoir vu trembler en lisant son discours. Quelques instants plus tard, il assistait seul au match OM-PSG. La victoire de l'équipe marseillaise n'a pas suffi à le dérider.

Officiellement, l'information judiciaire qui inquiète le clan Guérini est ouverte contre X. Mais les qualifications retenues laissent clairement augurer la mise en cause de décideurs locaux : "Atteinte à la liberté d'accès et à l'égalité des candidats dans les marchés publics, trafic d'influence et détournement de fonds publics", a écrit le quotidien régional La Provence. S'y ajoutent les délits de "corruption", "prise illégale d'intérêt" et "blanchiment d'argent", plus lourds encore de suspicions. Quant à la cible des investigations en cours, elle ne fait plus de doute depuis la révélation (par lepoint.fr) des perquisitions, conduites le 19 novembre au domicile et dans les bureaux d'Alexandre Guérini lui-même. De nombreux documents comptables y ont été saisis ainsi qu'une Mercedes. Certains éléments pourraient révéler des abus de biens sociaux au préjudice de ses sociétés : SMA Vautubière,  SMA Energie, SMA Environnement, SMA Développement.

Entourées du plus grand secret depuis leur origine – un courrier anonyme adressé à la justice au début de l'année –, les recherches remontent en fait au mois de février. D'abord dans le cadre d'une enquête préliminaire ordonnée par le procureur de Marseille Jacques Dallest. Rompu à la gestion des affaires délicates, cet ancien chef du parquet d'Ajaccio, qui lança jadis les poursuites contre le préfet Bonnet, saisit les gendarmes de la section de recherches. Ceux-ci établissent des surveillances discrètes sur Alexandre Guérini et plusieurs de ses proches, examinent leurs comptes bancaires, scrutent leur train de vie.

Des écoutes téléphoniques sont mises en place : elles sont assez fructueuses pour justifier l'ouverture d'une information judiciaire, le 14 avril suivant. Le dossier, qui porte notamment sur des marchés de traitement des déchets et sur les agréments donnés à des maisons de retraite, est alors confié au juge d'instruction financier Charles Duchaîne.

Ecoutes téléphoniques.

Sous son autorité, les gendarmes continuent, des mois durant, d'espionner les appels téléphoniques de leur groupe de suspects. Il leur suffit de tendre l'oreille et de noter. Des lieux de rendez-vous, des noms, des chiffres. "Un secret, écrivait Pagnol, ce n'est pas quelque chose qui ne se raconte pas. C'est une chose qu'on se raconte à voix basse, et séparément." A plus forte raison quand on ignore que la ligne est surveillée.

Ainsi les enquêteurs savaient-ils, le jour des perquisitions, qu'Alexandre Guérini se trouvait à ce moment-là au Brésil – quand nombre de ses amis le croyaient aux Etats-Unis. De même connaissaient-ils l'adresse d'un petit appartement HLM qu'il loue toujours dans le quartier des Catalans et dont ils ont aussi forcé la porte : le premier logement qu'occupèrent ses parents, à peine débarqués de Corse en 1956, et obtenu grâce à l'intervention d'un oncle conseiller général.

En un demi-siècle, les deux fils Guérini ont grandi. Chacun de son côté, mais toujours proches. Jean-Noël a pris la lumière ; Alexandre est devenu son ombre. L'aîné a collectionné les mandats et les honneurs, le cadet s'est lancé dans les affaires. Dans leur tandem, il y a le madré et le rugueux, celui qui charme et celui qui impressionne.

Leurs trajectoires sont restées liées. Quand Jean-Noël présidait l'office HLM, Alexandre dirigeait une petite société d'entretien qui révisait la plomberie des immeubles. Et, quand le premier prit du poids au sein de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, le second entra au conseil fédéral et à la commission des adhésions ; sa voix compte toujours dans le choix des investitures au moment des élections. "Parfois, elle compte même double", ricane un élu. Seule sa passion pour le turf semble toute personnelle : il a acquis au moins trois chevaux de course (Vent du Sud, Lord du Sud et Irish Heroes) et figuré parmi les meilleurs éleveurs français.

Reconverti dans le traitement des ordures ménagères, Alexandre Guérini sait en tout cas lier la politique à l'intérêt de ses affaires. Durant les municipales de 2008, il lui est ainsi arrivé de délaisser son frère ­dont il était pourtant le directeur de campagne à Marseille – pour assurer avec l'aide d'un groupe de militants la défaite du maire de La Fare-les-Oliviers, petit bourg des environs de Sa­lon-de-Provence où il possède une décharge ; l'édile en avait refusé l'agrandissement…

Quatre ans auparavant, un épisode moins visible s'était joué à La Ciotat, où il détient un autre dépôt d'ordures – au travers de la société SMA – dont il réclamait l'extension. Le conseil général des Bouches-du-Rhône a exercé son droit de préemption sur le terrain voisin au titre de "la politique de protection des espaces naturels sensibles" et de "la préservation de la qualité des paysages", selon une délibération du 22 novembre 2004 signée… Jean-Noël Gué­rini. Mais le département a ensuite cédé le terrain à la communauté de communes Auba­gne-La Ciotat, qui a donné son feu vert à l'agrandissement de la décharge.

Discrétion. 

Les anciens propriétaires du terrain ont alors saisi la justice pour dénoncer cette manœuvre. "La protection des espaces verts n'a été qu'un vil prétexte pour justifier la préemption, dont l'objet a été détourné au profit de l'extension de la décharge publique", écrivait au tribunal leur avocat. Avec cette allusion explicite : "La personnalité du fondateur de SMA et sa détention du capital attirent l'attention"… Six ans après, la procédure est toujours en cours.

De cela comme du reste, Alexandre Guérini ne veut pas parler. Discret jusqu'à l'obsession, lui qui a toujours pris soin d'éviter les photographes même les soirs d'élection – et qui ne laisse pas même entendre sa voix sur son répondeur téléphonique semble s'être fait invisible. "Il attend sa convocation par les gendarmes", souffle un de ses proches. Il a renoncé à son projet de figurer sur la liste du PS aux régionales du mois de mars et ne répond plus aux appels sur son portable (sollicité à plusieurs reprises par Le Point, il n'a donné aucune suite à nos demandes d'entretien).

Peu avant les perquisitions, il avait réservé ses (maigres) déclarations à une publication confidentielle au nom évocateur : Bak­chich Hebdo. Il s'y flattait de son influence au point de prétendre pouvoir "faire un élu" d'un colleur d'affiches, mais se décrivait comme "un petit qui se bat contre les gros". D'évidence un autoportrait d'une modestie excessive.

A eux deux, les Guérini contrôlent sans partage le PS local comme jadis leurs homonymes gangsters (sans lien de parenté avec eux, mais originaires du même village corse de Calenzana) gouvernaient le milieu marseillais. Défait aux municipales de 2008 par le député (UMP) Renaud Muselier dans le 3e secteur de la ville, le président du conseil général a dû renoncer – pour cette fois – à ravir la mairie à Jean-Claude Gaudin. Mais il a pris sa revanche en réussissant un coup de force : minoritaire en voix, la gauche s'est emparée de la présidence de la communauté urbaine, qui détient aujourd'hui le vrai pouvoir sur les grands investissements locaux, des transports à la propreté et au traitement des eaux et des déchets.

Revirement.

Il y a installé un homme à lui : Eugène Caselli, ancien guichetier de la Caisse d'épargne au tempérament affable, à qui il a adjoint d'office plusieurs collaborateurs de confiance – dont le directeur de cabinet Franck Du­montel, mis en examen par ailleurs dans l'affaire des subventions détournées au conseil régional. Et, pour rompre avec les années Gaudin, une réorganisation des services techniques a aussitôt suivi, supervisée par Alexandre Guérini en personne.

Conséquence : plusieurs dirigeants phocéens de Force ouvrière, syndicat ultra-majoritaire parmi les employés municipaux et les éboueurs, ont été nommés à des postes clés – au passage, le conseil général a racheté la villa de l'un d'entre eux. Dans le même temps, Jean-Noël Guérini opérait un revirement spectaculaire sur les dossiers de la propreté, au cœur des affrontements de la dernière campagne municipale.

Le leader du PS est ainsi revenu sur son serment d'abolir la règle ancestrale du "fini-parti", qui permet aux agents de cesser le travail à la fin de leur tournée et non en vertu d'un horaire. Plus stupéfiant encore : il a levé son opposition au projet d'incinérateur de Fos-sur-Mer, lancé par Gaudin pour éliminer les tonnes de déchets de l'agglomération mar­seillaise et dont le chantier est presque achevé ; il avait pourtant promis haut et fort de l'arrêter au nom du principe de précaution.

Héraut de la contestation contre l'incinérateur, le conseiller général Antoine Rouzaud, autre pilier du système Guérini, a même été fait vice-président de la communauté urbaine et délégué à la propreté, l'assainissement et les déchets. Les élus socialistes opposés à l'incinérateur ont parlé de "trahison". On les a fait rentrer dans le rang. Et l'audit commandé par la collectivité sur ce dossier délicat a été confié à un cabinet d'avocats travaillant pour le conseil général…

Au début du mois, c'est le même Rouzaud qui a involontairement mis le feu aux poudres. En déplorant publiquement que les élus de la commission d'appel d'offres aient refusé d'accorder l'un des juteux marchés des poubelles du centre-ville à la société Bronzo (filiale de Veolia), pourtant désignée par le rapport des services techniques, il a donné le signal du soupçon. Comment les fonctionnaires auraient-ils pu préférer une offre supérieure de 4 millions d'euros à celle du principal concurrent (le groupe danois ISS), qui s'engageait à mobiliser 50 agents de plus ? "Le rapport des services, c'est le point névralgique sur lequel je n'ai aucune prise, admet François-Noël Bernardi, président (socialiste) de la commission d'appel d'offres. Je me porte garant des travaux de ma commission, mais uniquement de cela…" 

"Gomorra".

Résultat : les employés de Bronzo ont bloqué le ramassage des ordures durant six jours et Eugène Caselli, après avoir prétendu saisir la justice, a déclaré l'appel d'offres "sans suite" au nom de "l'intérêt général" – autrement dit le marché a été annulé. Dans l'intervalle se répandait un récit troublant : au cours d'une réunion du PS départemental à Berre ­l'Etang, Caselli et Guérini se seraient violemment disputés au sujet de ce dossier. "Je n'irai pas en prison pour vous !" aurait lancé le premier devant plusieurs élus médusés. Rapportés par Le Canard enchaîné, ces propos ont été démentis par Guérini. Mais Caselli, lui, n'en a rien fait. Plusieurs témoins assurent au Point l'avoir entendu ajouter ce jour-là : "Je ne veux pas que ma mère voie ma photo dans le journal à la page des faits divers…"

Le 9 novembre, en pleine séance du conseil de la communauté urbaine, dans l'hémicycle du palais du Pharo qui surplombe le Vieux-Port, Renaud Muselier, le leader de l'opposition, est allé encore plus loin. "Nous sommes à Marseille, pas à Naples !" s'est-il exclamé avant de déposer, théâtral, sur le bureau d'Eugène Caselli un exemplaire de "Gomorra", le livre de Roberto Saviano qui décrit la corruption des marchés napolitains – et notamment ceux du traitement des déchets – par la Camorra. Ulcéré, Caselli a jeté le livre par terre. La scène a rapidement fait le tour de Marseille.

Depuis, les langues ont commencé à se délier. Dans la ville intriguée, les premiers soubresauts de l'enquête accélèrent la propagation des rumeurs comme une poussée de mistral. Personne ne jurerait que ce vent-là suffira à chasser tous les nuages. Ni que l'affaire ne s'achèvera pas par une tempête.

3 décembre 2009

Perquisitions et élections sèment un vent de panique

Petit rattrapage pour qui aurait raté l'édito de Jean-Laurent Bernard hier matin sur France Bleu Provence. Intéressant.

logo_france_bleu_provenceBonjour.

L'avalanche judiciaire qui semble menacer une partie non négligeable de la vie publique en Provence a semé un joli vent de panique dans l'ensemble de la classe politique. Les descentes de police pour saisir des documents et du matériel informatique ne signifient pas qu'il y a culpabilité, mais au moins enquête. Ni vous ni moi n'avons l'habitude d'être réveillés par des fonctionnaires assermentés qui viendraient retourner nos logements en emportant avec eux des éléments potentiellement troublants.

Et lorsque certains élus balaient d'un revers de main ces perquisitions arguant qu'elles ne signifient rien, ils oublient un peu vite qu'elles ne sont pas banales. Elles sont même extra ordinaires. Au sens premier du mot.

Dans des entreprises, des mairies, conseil général ou communauté urbaine, les juges fouillent depuis des mois d'un bout à l'autre de la région. Le Parti socialiste et l'UMP serrent les dents en espérant passer à travers les gouttes. On peut aussi être dubitatif devant cette brusque accélération de la machine judiciaire, les élections approchent, souhaitons juste que la sacro-sainte indépendance de la justice ne soit pas calquée sur le rythme électoral.

Ensuite, sauf si les personnes qui font l'objet d'une surveillance sont totalement innocentes, celles et ceux qui se savent plus ou moins dans l'illégalité, pour rester pudique, prennent forcément des précautions. Et en plus, tout se sait.

Donc, les téléphones sur écoute et autres disques durs d'ordinateurs ne sont pas une découverte. Pourtant les enquêteurs semblent y trouver des indices, des preuves qui permettent année après année de faire tomber des tricheurs ou des truands.

L'omerta qui fait l'unanimité dans la classe politique régionale depuis le début de cette démonstration de force judiciaire témoigne moins d'un malaise que d'une espèce d'autoprotection. Se garder d'accabler son adversaire. Pas forcément par crainte de se retrouver un jour dans la position de l'arroseur arrosé, mais tout simplement parce que si la justice fait tomber un concurrent, inutile d'en rajouter, seul le résultat compte en politique.

Bonne journée. 

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25 novembre 2009

Tract ordurier : Les curieux propos de Joissains...

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"Je dispose de quatre témoignages qui ont été rédigés sous contrôle d'huissier."  […] "Aujourd'hui, je sais qui a écrit ce tract et l'a diffusé. Je me donne une dizaine de jours pour saisir le Parquet. Je déposerai plainte contre X mais je donnerai des noms."

Ainsi s'est exprimée Maryse Joissains dans La Provence samedi dernier au sujet de ce qui a contribué à envenimer puis à faire annuler l'élection municipale de mars 2008.

A première lecture, ces déclarations faites à l'indicatif visent à établir que l'énigme est résolue : l'ex-candidate redevenue maire sait qui a écrit le tract et elle donnera des noms. Il ne reste plus à la justice qu'à confondre le ou les auteurs et à juger.

En relisant bien, cela sonne étrangement. Et le doute s'installe. Reprenons donc les expressions une à une.

"Je dispose de quatre témoignages" : selon Joissains, plusieurs personnes auraient entendu dire, vu, ou su qui était à l'origine du tract. Questions. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps, et surtout après la décision du Conseil d'Etat de juin 2009 qui a annulé l'élection municipale de mars 2008, pour témoigner ? Qui sont ces quatre personnes ? Qui les a retrouvées ou contactées et comment, sauf à penser qu'elles auraient agi spontanément et concomitamment après l'annulation ?

"Aujourd'hui" : est-ce à dire qu'il a fallu plus d'un an et demi pour obtenir et réunir ces présumés éléments de preuve ?

"Je sais qui a écrit ce tract et l'a diffusé" : dire cela signifie par conséquent que le ou les auteurs et les diffuseurs sont identifiés, avec certitude et nommément. Pour mémoire, les deux plaintes initiales respectives de Maryse Joissains et de François-Xavier De Peretti n'avaient pas abouti faute d'éléments probants. On avait aussi cru comprendre qu'en défense au tribunal administratif puis au Conseil d'Etat, Joissains avait plaidé une diffusion nulle ou, à tout le moins, très restreinte. Alors, il faudrait savoir.

"Je me donne une dizaine de jours pour saisir le Parquet" : Joissains doute-t-elle ou agite-t-elle une menace ? Si elle détient des preuves, pourquoi ne pas agir sans perdre de temps ?

"Je déposerai plainte contre X mais je donnerai des noms" : cette annonce-là est peut-être la phrase la plus inouïe. A-t-on jamais vu quelqu'un qui connaît les noms des responsables (on ne peut imaginer qu'il s'agisse de ceux des témoins) porter plainte contre X ?

Au final, que faut-il comprendre et comment interpréter ces déclarations ?

N'auraient-elles pas, simple hasard bien sûr, un certain rapport avec la perspective de la prochaine décision du tribunal administratif portant sur l'annulation, ou pas, de l'élection de juillet ? Ne serait-ce pas là une manière de prendre les devants pour jouer une fois de plus l'intimidation, puis la victimisation ? Ou encore une grossière manœuvre de communication tendant à créer un climat à trois semaines de la décision du tribunal, voire, pour plus tard, si le Conseil d'Etat devait statuer une nouvelle fois, puisque Joissains déclare maintenant qu'elle "ira devant lui" le cas échéant ?

Réagissant à ces propos, De Peretti, visé par le tract au premier chef tout comme certains de ses colistiers, a émis deux hypothèses.

gif_bombe"Si les témoignages sont crédibles, je la remercie de pouvoir m'aider à débusquer ceux qui ont fait cela. En revanche, s'il s'agit d'une procédure incertaine, d'une manœuvre politique qui n'a pour but que d'influencer l'opinion aixoise ou le juge administratif chargé d'examiner le nouveau recours, je lui promets une disqualification morale, judiciaire et politique. Sans précédent."

On ne saurait mieux dire. A mon avis, ça sent fort la poudre noire…

21 juillet 2009

Election : ELLE n'a pas perdu, IL n'a pas gagné (2)

gif_ordinateurJ'ai bien lu tous les commentaires suscités par mon article d'hier. Pas de problème, chacun a le droit de s'exprimer et mon blog le permet. Mon intention pour cette suite annoncée est de continuer à "faire parler la boîte noire", seul moyen à mes yeux de ne pas tourner autour des urnes sans en regarder le fond.

Que je sache, je n'ai contesté à personne un quelconque droit à soutenir le candidat de son choix. A ce titre, ma liberté n'est pas moins légitime de dire ce que je pense et de faire ma propre sélection, selon ce que me dicte mon devoir.

Les allégations ou "accusations" me prêtant l'idée que j'aurais simplement favorisé l'élection de Maryse Joissains n'ont aucun fondement. Pas plus que celles qui laissent entendre que j'aurais saboté le score d'Alexandre Medvedowsky.

Ce serait en effet m'accorder plus de mérite ou d'influence que je n'en ai. Je n'ai, à ce jour, jamais changé de camp. De gauche, je suis, de gauche, je reste. Depuis le terme de mon long mandat d'élu il y a quelque seize mois, je me sens délié de tout contrat à respecter, ce qui me laisse encore plus de latitude pour m'exprimer de manière libre et indépendante.

A ce propos, je signale encore une fois que je n'étais pas candidat à cette élection et que je n'ai rien réclamé à personne. J'aurais peut-être pu être utile mais personne ne me l'a demandé. En revanche, par la bande, on m'a rapporté qu'on ne voulait pas de ma personne sur une liste de socialistes. Qu'ils se rassurent, moi non plus je ne voulais pas de ceux-là.

Si d'aucuns pensent que j'ai agi par aigreur ou ressentiment, je tiens à leur dire que je dors bien et que j'ai de quoi faire depuis ma récente retraite que je ne crois pas avoir usurpée. Mais je n'étais visiblement pas le seul à être indésirable. L'explication qui est le plus souvent revenue à mes oreilles était ma candidature à la cantonale de l'an dernier. Comme si être candidat était devenu un délit ! Mais, ce sont là de petites choses et cela passe largement au-dessus de ma tête.

Dedans, on ne me veut pas, dehors, on m'en veut !

Or, voilà qu'à l'issue du scrutin de dimanche, il en est qui tentent de m'attribuer une responsabilité dans la défaite de Medvedowsky, à quelques voix près, par la mise sous influence de certains lecteurs parmi mes nombreux visiteurs. Que je sache, je ne suis pas un gourou qui obtiendrait qu'on lui obéît en leur supprimant tout esprit critique. Je résume : dedans, on ne me veut pas, dehors, on m'en veut. Drôle d'idée, assurément.

Les aurais-je apportées ces 187 voix manquantes si j'avais été de la liste et aurais-je été la personne qui aurait fait basculer le vote provoquant ainsi la chute de Joissains, aucune analyse sérieuse ne pourra le démontrer. Ai-je, par ailleurs, un seul instant appelé à voter en faveur de Joissains ? Que l'on trouve une trace pour me contredire. Bien au contraire, je n'ai pris aucune position de vote sur mon blog, ni pour une liste ni pour une autre (ce qui ne m'a pas empêché de voter en mon âme et conscience). Est-ce prôner l'abstention comme on me l'a écrit ?

En revanche, il est vrai que je me suis efforcé de rapporter et de commenter à ma manière ce qui se passait pendant la campagne toutes listes confondues. On me reproche de ne pas avoir soutenu la liste Medvedowsky, ce qui laisse entendre que j'aurais fait le jeu de Joissains. Ai-je besoin de rappeler, et désolé d'avoir à le faire, que si quelqu'un l'a particulièrement combattue et pourfendue sans répit ni repos, c'est bien moi.

A l'exception de mon jeune collègue Cyril Di Méo qui a fait annuler le PDU (Plan de déplacements urbains) et de Stéphane Salord qui a obtenu l'invalidation de l'élection, où sont ceux qui sont allés jusque devant les tribunaux ? C'est par le tribunal administratif que j'ai fait réformer le régime indemnitaire des employés municipaux. C'est encore devant la même juridiction que j'ai fait annuler le contrat illégal de l'ex-directeur de cabinet du maire (l'appel est en cours).

Je n'ai jamais fait marche arrière. Je n'ai jamais pantouflé au conseil municipal. J'ai été présent sans interruption et j'ai étudié tous les dossiers. Tous les articles encore consultables sur mon blog sont là pour en témoigner. Qu'on les relise. L'intermittence et l'absence ne sont pas mon genre, si vous voyez ce que je veux dire. Disant cela, je ne cherche pas à me justifier, je veux simplement rafraîchir la mémoire des oublieux.

Blog à part

Peut-on m'accuser d'avoir livré au jour le jour les informations que je pouvais avoir sur la campagne ? Ce n'est pas parce que d'autres blogs ont cessé d'émettre que je devais en faire autant. On aurait aussi voulu que je présente les programmes du candidat Medvedowsky. Là, c'est trop me demander. Cela fait trois ans que je parle de tous les problèmes aixois (regardez toutes les rubriques classées de chaque côté de cette page ou alors créez vos propres blogs et écrivez, on verra…).

Pourquoi les sites de campagne ont-ils été si pauvres et si peu détaillés ? Ils se sont contentés, le plus souvent, de faire paresseusement du copié-collé d'articles de presse à leur avantage, mettre des vidéos faites par d'autres et surtout de verrouiller les commentaires. Etait-ce si difficile de trouver une personne dédiée au fonctionnement d'internet ? Alors, chacun son écran et les votes auraient été bien gardés. Heureusement qu'une télé locale et un blog vidéo ont assuré, comme on dit.

A suivre…

Coup de pouce

On me signale la création d'un nouveau blog original. Caius Sextius Calvinus est de retour après 2000 ans d'absence et observe la vie politique d'Aqua-Sextia… Merci de lui prodiguer vos chaleureuses et bienveillantes acclamations à la romaine :

http://aiximperator.over-blog.com/

7 mai 2009

Beisson : Et maintenant la pétition...

Voir début du dossier jeudi 23 avril, puis lundi 4 mai et mardi 5 mai

         

Nouvelle grande affluence à la deuxième réunion publique hier en fin d'après-midi à Beisson où les habitants ont activement participé au débat sur le devenir de leur quartier. Le collectif qui s'est mis en place a proposé le lancement d'une pétition qui sera envoyée à la mairie et surtout à Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la politique de la ville.

D'ores et déjà, les organisateurs sont en train de collecter tous les documents sur le projet qui était prévu dans le cadre de la rénovation urbaine et les différentes étapes qui ont mené à la situation de panne actuelle. Ils comptent ainsi constituer un dossier pour ouvrir le dialogue et obtenir des explications claires sur les décisions prises ou à prendre par la mairie.

La réunion d'hier a été un véritable exercice de démocratie directe où bon nombre de personnes se sont engagées à prendre des responsabilités pour que rien ne se fasse sans eux. D'autres réunions sont envisagées d'ici peu pour que le débat soit mis sur la place publique.

Le collectif sait que ce qui s'est dit hier sera sûrement rapporté en haut lieu par une ou deux personnes venues en service plus ou moins commandé. En attendant les prochaines réunions, pour éclairer un peu plus le contexte de ce qui motive les habitants de Beisson à agir, je publie ci-après une déclaration de Fadela Amara et un article du Canard enchaîné qui ne peut qu'interroger sur le sort réservé au plan banlieues.

Une déclaration de Fadela Amara le 19 juin 2008 qui laisse rêveur

La secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville, Fadela Amara, affirme que les mesures du plan Banlieues, qui sera présenté dans la journée, sont "solides", applicables en l'état et qu'elles "fer(ont) changer les choses rapidement", dans un entretien au quotidien gratuit Métro. Au total, "au moins un milliard d'euros" lui seront consacrés, précise-t-elle.

Elle évoque aussi une "politique de la ville sur mesure, clairement orientée vers les citoyens des quartiers sensibles", et dont l'ambition est "de faire des quartiers populaires le vivier de l'élite de demain". "C'est l'ensemble du gouvernement qui s'investit en faveur des banlieues", se félicite-t-elle, notant que "jusqu'à la dernière minute, des ministres ont rajouté des mesures".

L'interview compète ici :

http://www.metrofrance.com/x/metro/2008/06/19/o7NMf7RKIKbo/index.xml

Fadela Amara contredite par Le Canard enchaîné…

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(Clic sur l'image pour agrandir)

L'article du Canard enchaîné du 16 juillet 2008

18 novembre 2009

A l'aérodrome des Milles, c'est plus décibel la vie !

gif_helicoptereDu déni de démocratie ? En voici un autre bel exemple. Cela a débuté il y a 9 ans. Les nuisances sonores de l'aérodrome des Milles préoccupent les riverains qui refusent toute extension du site et intensification du trafic aérien au-dessus de leurs têtes. Leurs tympans et leurs nerfs n'en peuvent plus. Ils se sont donc organisés pour défendre leur point de vue.

Des promesses leur ont été faites. Elles n'ont pas été tenues. Des engagements ont été pris par les autorités publiques et par certains élus, au premier rang desquels Maryse Joissains. Ils ont été contournés.

Les choses ayant pris ce tour, les riverains ont désormais décidé de contester par voie de recours auprès du tribunal administratif. Ils s'opposent au passage en force d'une charte qui risque de leur rendre la vie encore plus insupportable.

Voici le communiqué qu'ils ont diffusé pour en expliquer les motifs.

Lancement de deux procédures judiciaires

Les associations, Les 1000 Décibels, association intercommunale agréée pour l'environnement, AECV d'Eguilles, agréée pour l'environnement, EVE de Ventabren, ADEQVP de Simiane, portent à votre connaissance les informations suivantes :

Devant l’attitude constante de déni de démocratie des autorités en charge du devenir de l’aérodrome des Milles nos associations se sont vu contraintes de faire déposer deux recours au Tribunal administratif :

à Le premier à l'encontre de M. le Sous-Préfet d'Aix-en-Provence pour non respect, dans le cadre de la charte, du principe de confiance légitime instauré par les lois européennes.

à Le second contre la Présidente de la CPA pour contournement et violation de la loi.

Exposé des motifs

Ÿ Nos quatre associations œuvrent depuis 9 ans contre toute extension d'activités sur l'aérodrome des Milles au nom des 15.548 signataires d'une pétition homologuée par huissier. Lesquels signataires refusent cette extension afin de ne pas être victimes des pollutions phoniques et aériennes que de nouveaux aéronefs (réacteurs et hélicoptères) généreraient sur une zone très fortement enclavée et située dans la quatrième région la plus polluée d'Europe (après Athènes, Barcelone et Gênes).

Ÿ Après ces neuf années de discussions stériles tant du côté Direction générale de l'aviation civile / Sous-Préfecture que du côté Communauté d'Agglomération du Pays d'Aix, rien de concret n’a été obtenu pour éviter l’arrivée massive de nuisances nouvelles. La volonté de satellisation de l’aérodrome à Marignane avec toutes ses conséquences reste l’objectif de la DGAC et de certains politiques, l’opposition des riverains étant constamment méprisée.

Ÿ Du côté CPA, sa présidente, la Député Maire Maryse Joissains-Masini, après s'être engagée par écrit contre toute extension en 2001 pour se faire élire, n'a pas hésité à chercher à contourner ses engagements et les lois pour valider en 2009 la charte d'extension.

Ÿ Du côté Sous-Préfecture, la charte minoritaire (9 signatures sur 21) et entachée d'irrégularités a été déclarée valide dès fin 2008 avec mise en place de son comité de suivi.

Ÿ Toutes ces irrégularités vont à l'encontre du respect de la démocratie et de la volonté majoritaire des riverains : conserver l’activité de sport et de loisir, à l’exclusion de toute autre et, en particulier, du trafic d’aviation d’affaires et d’hélicoptères. Ces faits nous ont obligés à faire déposer, de guerre lasse, les deux recours cités plus haut, via deux avocats spécialisés.

Conclusion

Nous continuons à demander une Charte :

- Prenant en compte explicitement le devenir de l’aérodrome des Milles à travers un arrêté de restriction, et non pas  la gestion au jour le jour des nuisances ajoutées subrepticement,

- Respectant :

1. La Charte de l’Environnement votée par le Parlement réuni en Congrès, à Versailles, le 1er mars 2005 qui stipule dans son article premier : "Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et favorable à sa santé". Dans le cas de l’aérodrome des Milles, ce droit concerne les 100.000 résidents menacés par les nuisances nouvelles auxquelles la charte voudrait ouvrir la porte.

2. Les accords du Grenelle de l’Environnement relatifs à la limitation des pollutions de tous ordres.

Détails et documents sur : www.1000db.fr 

17 avril 2009

Mais d'où vient ce nom de Châteauneuf ? Surprise…

En forme de clin d'œil, je livre à votre amicale curiosité cet article paru le 27 août 1994 dans feu le journal "Le Méridional", édition d'Aix. On comprendra aisément qu'il était tentant de faire figurer ce document en bonne place parmi tant d'autres dans le chapitre "origine du nom" de mon album généalogique. Bonne lecture…

chateauneuf_article

(Clic sur l'image pour agrandir)

15 juillet 2009

Election municipale : Attrape-tout et fourre-tout ?

gif_puzzleAprès la fausse pause du 14-Juillet, la phase courte et décisive, qui s'ouvre aujourd'hui pour se terminer dimanche, est le résultat d'une série de palabres entre des listes contraintes à la fusion. Avec ses 34%, Alexandre Medvedowsky ne pouvait que "discuter" avec les écologistes qui lui imposent une dizaine de colistiers qui feront dégager d'anciens sélectionnés. Chez Hervé Guerrera, 45 personnes qui n'auront fait qu'une portion d'aller vont donc faire retour au champ qui n'est plus de bataille.

Du côté de l'équipe Medvedowsky, on entend dire que tout s'est passé facilement et clairement – ce sont toujours des mots servis dans la plus pure langue de bois pour simuler l'absence d'anicroches. De l'autre côté, celui des écologistes, on tient à faire savoir ouvertement dans une langue verte qu'il a fallu menacer au point de rompre les tractations, c'est-à-dire les marchandages sur le nombre de colistiers et de postes, pour arracher la partie leur garantissant une survie.

Restait à régler le cas Stéphane Salord. Au soir du premier tour, faisant un gros appel du pied droit à Medvedowsky, il déclarait : "Si on n'a pas la naissance d'une coalition positive constructive, pas un fourre-tout, Maryse Joissains peut gagner. Si le seul mot d'ordre est tout sauf Joissains, ça ne suffit pas. Il faut un supplément d'âme, c'est-à-dire une liste unique qui regroupe toutes les sensibilités." "Je verrais bien mes idées dans cette liste unique".

Lundi en soirée, après avoir assez longuement rencontré Medvedowsky, il appelait "à voter contre Joissains", ajoutant "Ma position n'est pas politique mais citoyenne et morale". Puis, "j'ai choisi le retrait pur et simple de ma liste". Avec 7%, il lui était interdit de se maintenir seul, alors mieux vaut faire croire qu'on ne subit pas mais qu'on "choisit", par sacrifice.

Sans doute parce que son intégration dans la liste Medvedowsky aurait agi comme un repoussoir pour pas mal d'électeurs, Salord a embrayé : "Nous appelons à voter pour la liste de rassemblement de Medvedowsky, qui me semble de nature à répondre aux besoins de cette ville. Je pense que Joissains peut être battue. Je le souhaite, pour que son système s'effondre".

On ne connaissait pas Salord positionné ailleurs qu'à droite. Etrange qu'il puisse ainsi penser que ses idées mises en avant pendant sept ans auprès de Joissains se sont envolées au point de prôner maintenant un soutien à ceux qui étaient en face de lui.

Mais après tout, la tâche ne lui a-t-elle pas été facilitée par un accueil à peine calculé par ces derniers, via une stratégie "attrape-tout" qui laisse perplexe quant à l'assise de la ligne politique et à la fermeté des convictions et des appartenances habituellement assénées par le comité d'accueil. Enfin, dans un communiqué plutôt alambiqué, Nathalie Leconte fait savoir lundi à son tour qu'elle ne formulait aucune consigne et que "les électeurs qui on voté pour sa liste décideront en toute conscience de leur vote". Hier, le PC seul, l'un des trois partis de la liste, affirmait le contraire, sans doute pour éviter des retours de flamme de la part du PS lors des futures alliances régionales.

On voit là, après une soirée de rencontres, de contacts et de déclarations, qu'est apparue, volens nolens, une sorte de front anti-Joissains, alors même que tous les opposants à l'ex-maire juraient il y a encore quelques jours qu'il n'en était pas question et que le débat devait porter essentiellement sur le projet pour Aix.

Sur ce point, il est légitime aussi de se demander si, au gré des gages accordés pour des entrées dans la liste, le projet ne ressemble pas en fait à une sorte de fourre-tout, un puzzle dont les pièces venues d'un autre jeu et les originales déjà issues de deux casse-têtes ont du mal à s'emboîter les unes aux autres.

Amis, décidément, nous vivons des instants historiques passionnants !

Parabole culinaire

Soit un panier contenant des œufs rose clair et orange, puis un deuxième avec une moins que douzaine d'œufs verts délavés et enfin deux œufs sans coquille qui viennent compléter - pour brouiller ? - la baroque omelette. Que penser de cette recette façon nouvelle cuisine qui met à sa carte un plat épais et peut-être un peu lourd pour l'estomac ?

En face, la cuisinière en chef nous ressort le même menu réchauffé avec des œufs carrés moins frais stockés dans un seul et même panier depuis un an, accompagné de la même mayonnaise. Comment s'y reconnaître dans tout ça ?

Est-ce pour cela que dimanche dernier plus de la moitié des électeurs ont envoyé tous les candidats aller se faire cuire un œuf ? Dur, dur…

10 novembre 2009

On veut tout savoir sur l'argent des élus

gif_billet_500_eurosParcourant le net, je suis tombé sur le site d'un député qui a décidé de livrer tous les détails sur ce qu'il gagne et fait de son argent. Le sujet est sensible car on entend plus souvent des propos à l'emporte-pièce que des réactions étayées. "Tous pourris", "la place doit être bonne", "ils s'en mettent plein les poches", "il n'y a aucune transparence"…

En l'absence de précisions, on peut toujours penser que les parlementaires, ou autres élus d'ailleurs, sont trop payés. Ou y aller de ses critiques pour les sommes que la République leur verse. On pourra ne pas être d'accord avec ma façon de voir mais j'estime que tout élu a droit à une contrepartie décente pour la tâche qu'il accomplit.

Je veux citer ici mon petit cas personnel. Au cours de mes années d'élu, la seule fois où j'ai reçu des indemnités à peu près satisfaisantes a été lorsque j'ai été adjoint dans une majorité. Pendant cette période, j'ai pu décider de travailler à mi-temps afin de me consacrer convenablement à la fois à ma vie professionnelle et à mon mandat d'élu.

Pourtant, ces indemnités ne couvraient pas totalement mes pertes de salaire. Mais c'était un choix. Je l'ai assumé. Bien sûr, j'ai conscience qu'il n'est pas toujours aisé pour tout élu (ou futur élu) d'envisager ce type de solution, ce qui est une injustice car une situation financière fragile ne devrait pas ôter à quiconque le droit et la possibilité d'accéder à un mandat.

Lors de mes mandats dans l'opposition, les indemnités pour les élus de la minorité (instaurées seulement à partir de 1989 à Aix) ne se sont élevées pour les sept dernières années qu'à environ 300 euros par mois (soit un billet de 10 par jour !) pour une durée de travail assez conséquente quand on s'investit complètement. Vu la somme dérisoire, impossible donc de me mettre professionnellement à temps partiel. Je ne raconte tout cela qu'à titre d'exemple pour illustrer le cas d'un élu de base.

gif_billetsHabituellement, les parlementaires ne sont pas très bavards, ils se font même très "pudiques" lorsqu'on aborde la question. Il est donc intéressant de prendre connaissance des explications que donne Jean-Jacques Urvoas pour son mandat national et l'usage qu'il fait de ses indemnités. Un peu de transparence ne fait pas de mal. Récemment, Noël Mamère a aussi publié ses comptes.

Le problème est que si l'Etat ne tait rien sur les indemnités des parlementaires, rien n'oblige ces derniers à en informer directement les citoyens. L'information serait pourtant salutaire, d'autant que le cumul des mandats et les situations obtenues par piston aggravent l'opacité et alimentent l'anti-parlementarisme.

Cela prendra du temps avant de mettre tout à plat mais la clarté passe par la création d'un statut pour tous les élus, tous les fonctionnaires et tous les emplois rémunérés par de l'argent public, et par la publication de tous les comptes. Pour le secteur privé, à voir les niveaux outranciers des rémunérations du haut du panier divulgués un peu plus chaque jour depuis leur emballement indécent, un cadre législatif ne serait pas non plus de trop. Ne désespérons pas...

Les comptes du député PS Jean-Jacques Urvoas :

http://assemblee.blogs.liberation.fr/urvoas/2009/07/le-prix-de-la-transparence.html 

Les comptes du député Verts François de Rugy :

(clic sur "Finances du député" en bas de page pour lire sa déclaration détaillée) :

http://www.francoisderugy.fr/post/2009/10/23/Transparence 

Et enfin, un moment de grande drôlerie (3'32"),

la vraie interview de Jean Sarkozy :

http://tv.lepost.fr/2009/10/28/1763574_voici-la-vraie-interview-de-jean-sarkozy-sur-france-2.html

6 novembre 2009

Je blogue depuis 3 ans, pour être au net avec vous…

Merci pour vos commentaires et vos sympathiques encouragements.

Mon_blog_a_3_ans

         

gif_prehistorique

Evitons les statistiques. Flatteuses peut-être mais trop rébarbatives. A mes yeux, un blog doit avant tout être un support du verbe, pas du chiffre.

Voilà donc trois ans ce jour qu'il est apparu sur le net. Avec des intentions et une envie de faire au mieux. Il aurait pu connaître le sort de tant d'initiatives lancées sur un coup de cœur et vite envolées par manque de temps ou de matière, ou par simple lassitude.

Tenir un blog, c'est comme entretenir une plante. Sans cesse aller quérir de l'eau, sinon rien ne pousse. Il faut donc puiser et encore puiser, parfois même s'épuiser, pour assurer un bon maintien. Alors, combien de temps encore durera la nappe nourricière, je l'ignore. Ce que je sais, c'est que, faisant le constat aujourd'hui, je serai allé au-delà de mes doutes quant à cette survie de trois années.

A cette heure anniversaire, l'envie de coucher mes mots pour en faire le lit de ma prose ne m'a pas abandonné. Car l'exercice est profitable, d'abord pour soi-même. Et pour les autres peut-être, si on s'efforce de ne pas trop les ennuyer.

Les nombreux visiteurs de jour et, plus héroïque, de nuit (si, si, je vous assure) qui viennent butiner et deviser sur mes épanchements de toutes sortes ne me sont pas indifférents. Ce sont eux qui apportent autant d'eau aux racines pour qu'elles ne meurent et autant d'aide à mes épaules pour qu'elles ne flanchent. Encore une fois, merci de cette confiance qui n'empêche en rien l'usage de l'esprit critique.

Depuis le premier jour, ce blog se veut un espace de liberté. Il continuera ainsi. Dites-le autour de vous et diffusez-en l'adresse sans retenue. Et puis revenez, seuls ou bien accompagnés, l'écran vous est ouvert, vous y êtes les bienvenus.

Clin d'œil : Savez-vous vraiment presque tout sur LAC ? (Clic sur ma photo)

6 avril 2009

Joissains se sent "en mission" : C'est ça... impossible !

joissains_ravi_en_pied

(Clic sur l'image pour agrandir) Dessin de Charmag dans "Le Ravi"

Chic, me suis-je réjoui, les projets concrets de Maryse Joissains avancent. C'est du moins ce que pouvaient laisser penser ses mots, "En politique, je me sens en mission", qui font le titre de l'article paru dans La Provence le 2 avril (journaliste : Alexandra Ducamp). Et puis, me ravisant à la vue des mains jointes sur la photo qui illustre l'événement, je me suis dit que "en mission" pouvait tout aussi bien avoir un sens mystique. Ce n'est pas loin. C'est Mireille Dumas qui va être contente.

Car, dans l'article de haut de page, Maryse Joissains verse dans la confession à ras bord et les états d'âme débordants. D'abord, elle s'en veut, dit-elle, d'avoir continué à être politiquement "idéaliste et crédule". Ensuite, elle confie : "Je vois le monde comme je voudrais qu'il soit, pas comme il est." […] "Ma conception de la société fait que j'ai été profondément déçue. Je me suis totalement remise en question et je suis toujours dans cette optique."

Et de poursuivre dans la même eau : "En politique, je me sens en mission mais j'ai moins de certitudes, alors j'avance plus lentement. J'ai pris beaucoup de recul. Aujourd'hui, j'ai davantage la culture de territoire et un sens de la responsabilité beaucoup plus aigu. Pour moi, les élus ne doivent pas être là pour les bénéfices ou les carrières mais pour préparer le monde de demain." Fortes affirmations qui semblent tout droit être les conséquences des dérives du premier mandat. Quant à la volonté d'agir plus lentement, sous-entendu après mûre réflexion, ce n'est pas le bilan ci-dessous qui pourra personnellement m'en convaincre.

"Moi, je suis assez folle pour dire..."

Suivent trois "encadrés" assez renversants où Maryse Joissains livre son opinion sur la nature des relations qu'elle entretient avec ses collaborateurs, ses élus, sa fille Sophie et... Jean-Noël Guerini. Cela vaut le détour, si l'on peut dire. Entre démagogie, sentiments et vulgarité, on ne sait que choisir.

Si elle dit bien s'entendre avec le président du conseil général parce que "c'est très corse", elle s'estime victime d'une pression du même quand il lui demande de lui restituer l'Archevêché ou d'accepter de participer au syndicat mixte des transports au niveau départemental. Et qu'envisage-t-elle pour protester ? Rien moins que l'acte incivique ainsi formulé : "Moi, je suis assez folle pour dire aux Aixois de ne plus payer les impôts au conseil général".

Reprenant l'habituel mensonge "et je ferai le compte de tout ce qui est mis dans les communes socialistes" alors que le CG13 n'a jamais autant abondé financièrement à Aix, elle conclut toute en finesse avec "Mais moi, je ne resterai pas à poil".

C'est dans ce langage aussi fleuri que celui d'un certain président de la République que Maryse Joissains fait également un sort à certains de ses collaborateurs des services réorganisés de la Ville et de la Communauté du pays d'Aix : "La connerie, je ne supporte pas. Je ne peux pas avoir des collaborateurs cons. Je peux avoir des collaborateurs qui ont tous les défauts, mais pas des cons. Bon, j'en ai bien un qui est pas fut'-fut' ou deux. Avec eux, j'ai vraiment du mal mais ils remplissent d'autres offices…"

Les élus - faut-il rappeler que c'est le maire qui les choisit - en prennent aussi plein leur grade. Certains ne seraient pas à la hauteur. Mais à qui la faute ? "Cette année, il a fallu aussi mettre en place les nouveaux élus. On avait l'habitude de travailler ensemble et je me retrouve avec des élus auxquels il faut expliquer les choses. Certains réussissent et d'autres réussissent moins. Il va falloir faire des ajustements. Certains se sentent moins bien dans leurs délégations que d'autres. On va voir si on peut permuter certains, notamment à la CPA". J'ai décrit ici même, il y a quelques jours, la cacophonie qui dure depuis sept ans !

Quant à Sophie, Maryse Joissains estime que "potentiellement, elle peut être mon successeur". […] "Je n'ai jamais imaginé passer le relais à qui que soit en cours de mandat. Sauf si le Président me propose le ministère de l'Intérieur, le seul qui me plairait. Alors là, je passe le témoin à la personne la plus compétente. Mais ça n'arrivera pas". C'est vrai, quoi, on se disait bien qu'il manquait quelque chose au sein du gouvernement Fillon : un peu de veine comique, par exemple.

Pour finir, il faut avoir lu la partie de l'interview faisant le point sur les "projets". Un vrai dépôt de bilan ! Je reproduis ci-après le texte intégral en y glissant quelques commentaires entre parenthèses… 

"Maintenant, on affine"

Vous dites "avoir pris du recul" et "avancer plus lentement". Est-ce à dire que vous avez tenu compte des critiques de l'opposition qui vous reproche un manque de cohérence?

Si j'avais été précédée par des gens ayant une vision de l'avenir (Les plus grands projets qui ont refaçonné la ville ont été accomplis par Jean-François Picheral, jusqu'à ses derniers, achevés par Maryse Joissains), j'aurais pu aller plus vite : pour Sextius-Mirabeau ou les parkings, je n'ai pas eu le choix (Ah ! Un aveu quand même !). Eux avaient travaillé pendant des années sans Schéma de cohérence territoriale ni Plan local d'urbanisme, qui sont des notions nouvelles. (Huit ans ont passé depuis la création des SCOT et des PLU instaurés dans le cadre de la loi SRU du 13 décembre 2000. De très nombreuses grandes villes les ont mis en place depuis belle lurette.). Ils n'avaient pas d'urbaniste sur La Duranne par exemple, nous sommes en train d'en choisir un (Durant le premier mandat, Maryse Joissains a défiguré le projet de la Duranne dans la plus grande improvisation. C'est maintenant qu'elle s'aperçoit qu'il faut un urbaniste. Mais que pourra-t-il faire sans PLU ?). J'ai comblé les manques. Maintenant, on affine. Aujourd'hui que les parcs de stationnement sont en place, on va appliquer une véritable politique de circulation entre les parkings et les zones d'activités et l'hyper-centre (Le Plan de déplacements urbains, PDU, ayant été annulé par le Tribunal administratif, il faudrait peut-être d'abord en refaire un autre, non ?). On va recoudre le centre-ville, en quelque sorte. On prendra aussi en compte les énergies nouvelles, notamment sur le chauffage urbain, cela permettra avec la crise de réduire les charges. Concernant la gestion des déchets, je veux qu'en 2014, nous soyons les plus performants de France (C'est vrai ça, Aix aime bien battre les records. N'est-elle pas déjà la plus "performante" pour la pollution ?).

A quoi avez-vous consacré cette première année de mandat ?

Nous avons fait le point sur les grands chantiers : la gare routière a pris du retard parce qu'on a recommencé la concertation mais les travaux vont commencer (Le projet n'était qu'une annonce électorale avec une concertation bidon. Il a été contesté de toutes parts dès le début mais la mairie a fait croire qu'il était en voie de réalisation.). Nous travaillons aussi à la délocalisation du conservatoire, sur le projet de l'école d'art et du nouvel office de tourisme (Cette vente scandaleuse du patrimoine public n'est en réalité qu'un prétexte pour renflouer les caisses de la Ville !). A côté de cela, fin 2010, on va sortir le SCOT (Dix ans après sa création !). Entre-temps, la LGV, Atmel et la mission gouvernementale, venue pour organiser les territoires autour de Cadarache, ont perturbé notre calendrier (Bla bla bla, cela ne date que de quelques mois.). La cité judiciaire a pris du temps aussi. Je me suis battue pour un nouveau tribunal et, pof, Paris nous l'enlève (C'est le gouvernement que soutient Maryse Joissains en votant toutes ses lois qui est incapable de tenir ses engagements.). Le dossier de l'Anru pour la requalification de Corsy et Beisson, c'est pareil… Ce n'est pas de ma faute s'il y a un fonctionnaire de la Ville qui n'a pas fait son travail (Ben voyons ! C'est encore un fonctionnaire qui va porter le chapeau !). J'ai dû reprendre le dossier (Dès 2005, nous avions attiré l'attention de Maryse Joissains sur ce dossier mais elle l'avait quand même fait voter. Depuis deux ans, l'Etat n'a cessé de réduire les moyens pour de nombreux projets en France.). J'ai été reçue par Fadela Amara, qui va faire passer le dossier dans une deuxième mouture exceptionnelle (On verra ce qu'on verra.). Cette année, on a bétonné en restructurant les crèches (La Ville a décidé la gestion indirecte plutôt que la mise en place d'une véritable politique publique de la petite enfance.), Pays d'Aix Habitat (Pour qui connaît sa situation encore catastrophique, c'est le summum du tragi-comique !). Aujourd'hui, nous sommes dans une phase opérationnelle. Nous allons créer une SPLA (Société publique locale d'aménagement), une sorte de Semepa uniquement communautaire. Cette nouvelle société d'économie mixte fonctionnera comme le privé, cela permettra d'aller plus vite dans les choix, les procédures. Elle sera mise en place à la fin de l'année et prendra en charge les grands travaux (Pour ceux qui l'ignoreraient, la Semepa est déjà une société communautaire qui fonctionne comme le privé et qui a déjà en charge les grands travaux ! Quel est donc le véritable objectif d'en créer une seconde ?). Nous voulons aussi faire une maison de la famille à la Zac et une halle des sports près du cimetière américain (De nouveaux projets à enterrer, peut-être ?).

13 janvier 2025

Mairie d’Aix : Les employés contestent le nouveau régime indemnitaire

ROUGE. Le dossier des retraites et des salaires continue de faire débat. A Aix, un dossier, et non des moindres, fait de nouveau l’objet de contestations par le personnel municipal mécontent du projet inégalitaire de la mairie. Explications...
 

Même manifestation en 2007
 

Petit retour en fin 2024. A l’évidence, pour ceux qui penseraient que Sophie Joissains mène une gestion différente de celle de sa maman, il n’y a aucun doute qu’elle en a hérité la plupart des travers. L’actualité politique locale en a fourni l'exemple au conseil municipal de décembre d’une durée qui a battu tous les records, 11 heures et 30 minutes !
Il s'agit du régime indemnitaire des employés. Comme en 2004 et en 2017, sous les cris et les sifflets, les fonctionnaires ont manifesté leur désapprobation à son propos malgré une nouvelle dotation d’un million d’euros censée récompenser leur travail. Le conflit porte sur son mode d’attribution.
Le régime indemnitaire ne concerne pas le salaire en tant que tel mais les primes liées par exemple aux fonctions exercées, au sujétions ou à l’expertise et à l’engagement personnel. On le comprend, ces mesures, qui a priori semblent légitimes pour toute tâche effectuée, doivent remplir certains critères considérés comme incontestables. Mais est-ce vraiment le cas ? Les syndicats estiment que non.
Sophie Joissains, elle, avait déclaré : "Nous avons voulu revoir ce régime afin qu’il soit plus clair et plus lisible ; qu’il garantisse l’équité et la sécurisation des évolutions salariales et le développement de l’attractivité de la ville et la fidélisation des agents".
Ce n’est ni la vision ni le constat qu’en ont et font les employés : "Il n’existe pas d’égalité entre les filières. Ce budget demande une nouvelle répartition. Les femmes gagnent 8% de moins que les hommes à la mairie d’Aix". Ils réclament donc de la transparence jugeant qu’il n’y a pas eu assez de concertation. Selon eux, ce document entraînera une aggravation des inégalités. Ils reconnaissent cependant qu’il y a quelques bonnes choses comme par exemple un effort plus important en direction des policiers municipaux afin de tenir compte du fait qu’ils sont plus exposés physiquement et juridiquement. Mais dans l'ensemble, l'impression est forte que la manière de procéder fait plus penser à des récompenses à la tête du client plutôt qu'à des attributions à caractère objectif.
Pourquoi vous demandez-vous, ai-je dit, que les méthodes entre mère et fille n'ont pas changé ? Mon souvenir est vivace de la bataille que j'avais menée sur le même sujet en 2004, la refonte quasi entière du régime indemnitaire par Maryse Joissains. J'avais saisi le sous-préfet sur les dispositions illégales et injustes du projet. Le sous-préfet avait demandé à la mairie d'en revoir la teneur. Parallèlement, j'avais déposé la même requête au Tribunal administratif pour en faire corriger toutes les travers. Entre-temps, avant la décision du T.A. de 2007, et pour ne pas faire appel du décision favorable au bien-fondé de mes critiques, la Ville avait déjà entrepris de présenter une autre rédaction du projet et par conséquent une nouvelle délibération plus équitable.

Rappel de mon action entre 2004 et 2007 
"Régime indemnitaire : La décision du Tribunal administratif" : http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/07/31/5767165.html
 

23 juillet 2007

Ah, d'accord ! Si tout est permis maintenant, alors…

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Ouverture de Plan de Campagne : Opération enfumage

Une seule des quatre enseignes contraintes de fermer ce dimanche a fini par tirer le rideau. Les autres ont estimé qu'ils n'avaient rien à faire de la loi.

Peut-on honnêtement penser que des employeurs qui ne respectent pas les décisions de justice puissent avoir un brin de considération pour leurs salariés ? Comment faire confiance à des gens qui usent de tous les moyens pour le seul profit ?

Le cynisme de l'un des grands magasins est allé jusqu'à publier une pleine page de publicité dans la presse pour faire savoir qu'il serait ouvert. Les salariés, si l'on peut les nommer ainsi, sont les dindons de la farce car ils ne sont, pour la plupart, que des CDD et ne gagnent qu'entre 70 et 100€ de prime par dimanche travaillé.

On verra mardi si le préfet ose accorder de nouvelles dérogations, qui seront de nouveau attaquées, pour une prolongation au-delà du 27 juillet, date limite des précédentes.

Je profite de ce sujet pour apporter une précision omise dans un précédent billet concernant l'embrouille entre Joissains et Gaudin. Contrairement à ce qu'affirme Joissains, la décision de la CPA prise en juillet 2004 pour une réhabilitation de la zone commerciale ne relève pas d'un sursaut personnel ou d'une volonté quelconque de sa part mais bel et bien d'une injonction faite par le préfet Frémont lui ordonnant de produire un schéma général avec programmation annuelle de travaux. Je ferme le ban.

Logements à Coudoux : Opération camouflage

La Communauté du pays d'Aix met le paquet pour communiquer. Y compris pour maquiller des décisions scandaleuses en une prétendue politique de la réussite. Elle vient d'acheter le relais de la poste de Coudoux pour en faire quelques logements.

Si l'idée n'est pas mauvaise, en revanche, dire que c'est grâce aux pénalités versées par les communes qui ne respectent pas les 20% de logements sociaux, c'est faire prendre des vessies pour des lanternes. Ces pénalités ne représentent pas grand-chose puisqu'une partie leur est remboursée par la CPA, qui les encourage donc malheureusement à ne pas progresser.

Les choses s'aggravent quand on sait que le Plan local de l'habitat (PLH) n'est pas assez ambitieux face à la pénurie de logements publics et aux nécessités du développement économique du Pays d'Aix.

Par exemple, comment va-t-on répondre à l'arrivée d'ITER et à l'implantation d'entreprises sur notre territoire ? Des cadres et des employés ne peuvent pas se loger et vont donc ailleurs.

Enfin, le déficit en logements sociaux publics est criant (5.000 familles en attente à Aix). La chaîne du logement ne peut se satisfaire de logements intermédiaires ou haut de gamme. La volonté politique est absente et la démarche de la CPA est timorée.

Non seulement, la CPA actuelle prend le problème à l'envers mais, en plus, elle tente de faire croire le contraire.

13 juin 2007

Fillon inaugure le TGV… en avion !

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(Clic sur l'image pour agrandir)

"Le premier ministre François Fillon a inauguré le TGV-Est samedi 9 juin.

Et terminé cette inauguration par un discours à vous tirer les larmes écologiques du corps sur les bienfaits et les avantages du train sur toute autre mode de transport.

Sauf que, contrairement à ce qu’ont raconté les journalistes à qui les services de communication de Matignon l’avaient raconté, le premier ministre a fait semblant d’être dans la voiture de queue et n’a pas fait le trajet en train : il est monté discrètement à bord lors d’un arrêt à la gare Lorraine, descendant d’un avion spécial, quelques kilomètres avant le terminus, de façon à être accueilli en fanfare à l’arrivée.

Belles images garanties ; grosse émission de gaz à effet de serre garanti aussi.

Il a fallu une indiscrétion pour que ce mensonge soit révélé deux jours plus tard.

Autrement dit, faut pas confondre la communication avec la réalité.

Quand à la présidente de la SNCF, madame Idrac, sans doute peu convaincue des avantages écologiques de ses trains, elle a fait la même chose, gagnant le Luxembourg, une des stations de ce TGV inaugural, en avion.

Elle appelle cela, tout comme pour Fillon, une fois les supercheries dévoilées : un voyage "multimodal". C’est-t-y pas beau comme expression ?

On se demande jusqu’à quand les politiques continueront à mentir de cette sorte ?

Peut-être jusqu’au moment où les télévisions donneront autant d’importance aux mensonges qu’à la communication.

A part cela, ce n’est pas la biodiversité qui s’annonce à l’Assemblée Nationale…"

Article tiré du blog de Claude-Marie Vadrot :

http://horreurecologique.blogspot.com

8 juin 2007

Joissains, députée de l'extrême, maire à la traîne

Le bilan très spécial de qui vous savez

joissains

Qu'a-t-elle promis ? Qu'a-t-elle fait ? Quels pouvoirs a-t-elle eus ? Qu'en a-t-elle fait ?

Si les Aixois commencent à percevoir l'état de leur ville, il n'en est peut-être pas de même du rôle de Maryse Joissains Masini à l'assemblée nationale.

Le cumul des mandats et des fonctions ne permet pas de faire face à tout, d'être présent partout et d'être efficace partout. Alors, forcément, il y a des trous. Béants.

Comme députée depuis 5 ans, Joissains a un bilan encore plus insuffisant qu'en tant que maire d'Aix, présidente de la Communauté d'agglomération, présidente de l'OPAC Pays d'Aix Habitat et on en passe.

Parce qu'elle a la main dessus, les sites Internet de la mairie, de la députée et, depuis quelques temps, de la candidate aux législatives font la part belle à l'œuvre qu'elle aurait accomplie. Si l'on a la curiosité d'aller voir le site de l'assemblée nationale, les choses sont moins reluisantes.

Joissains n'est pas la députée qu'elle dit avoir été.

Oui, bon, elle a enfourché certains de ses thèmes chéris et obsessionnels : insécurité... nationalité française... défense des animaux... Mais, elle a surtout joué de la corde populiste, démagogique et rétrograde dans la droite ligne de Sarkozy.

Dans sa profession de foi de candidate, elle se vante d'avoir agi en faveur de grandes décisions. Manque de chance, elles n'ont souvent pas dépendu d'elle mais de l'Etat (ITER, sapeurs-pompiers, pôles de compétitivité…) qui y a associé de nombreux partenaires dont les collectivités régionale et départementale qui déboursent beaucoup plus que la Ville ou la CPA et même parfois que l'Etat.

Elle dit aussi avoir fait des propositions pour le logement HLM et là, vu son bilan négatif à Aix, on commence à se gondoler. Rappelons donc qu'en tant que maire, elle n'a construit que 12 logements HLM en six ans.

Mais voyons la suite…

Casaque bleue

Au début de son mandat de maire, trompant les Aixois en se présentant sans étiquette (ce qui veut dire… à droite), elle pourfendait les partis. Un an après, elle devenait députée avec… l'investiture UMP.

Ayant donc endossé la casaque bleue, elle s'en est aussi pris à peu près à tout le monde : plaintes contre les syndicats, contre la presse, contre les SDF, multiplication des procès à un coût élevé pour la Ville. Elle n'a cessé d'augmenter les frais de propagande à sa gloire en piochant dans la poche des Aixois.

Dans une déclaration pompeuse intitulée "Mon combat pour la France" censée appeler au vote Sarkozy, elle ne craignait pas d'écrire : "La France est endettée d’une manière scandaleuse et nous devrions avoir honte de laisser cet héritage à nos enfants." Avec ce qu'annonce le président depuis son élection, ça craint en effet.

On pourra lire ou relire dans les colonnes de ce blog quelques exemples des frasques de Joissains et de sa manière de gérer la ville.

Alors, qu'a-t-elle fait comme députée ?

Elle a voté la quasi-totalité des lois Raffarin et Villepin, dont évidemment les plus anti-sociales d'entre elles.

Elle n'a été l'auteur d'aucun rapport contrairement à la plupart de ses collègues qui en ont produits jusqu'à 30 ou 40.

Elle est membre de plusieurs groupes d'études mais on ne saura jamais ce qu'elle a fait changer en France. Plus comique, elle a fait partie du groupe "construction et logement" ! A Paris, même imposture qu'à Aix !

Le site de l'assemblée nationale répertorie 330 questions écrites, 10 questions orales, 223 propositions de loi comportant le nom de Joissains comme cosignataire. Seulement 20 sont réellement présentées par elle.

assemblee_nationale

Propositions de loi

Pour saisir l'état d'esprit du travail de la députée, voici quelques exemples de ses propositions de loi :

   - (N°2646/9.11.05/M.Joissains) visant à l'intégration directe dans la fonction publique territoriale des directeurs ou des chefs de cabinet des collectivités territoriales (on pense évidemment bien à "quelqu'un" de son entourage, mais, bizarrement cette proposition n'est pas signalée sur le site de la candidate parmi les 20 dont elle fière)

http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion2646.asp

   - (N°1802/22.09.04/N°1309/17.12.03/MJ) autorisant les communes et leurs groupements à proposer aux demandeurs d’emplois et aux bénéficiaires du RMI, un emploi correspondant à leur niveau de qualification pour réaliser des activités d’intérêt général (pour travailler à l'œil)

   - (N°1182/4.11.03/MJ) portant modification de la loi relative à la réduction du temps de travail (pour un retour aux 39 heures, si, si, on a bien lu)

   - (N°2390/21.06.05/M.J.) tendant à renforcer les règles pour l’obtention de la nationalité française (pas Français, tu peux crever)

   - (N°2689/23.11.05/MJ) visant à renforcer les conditions pour l’obtention du RMI (réservé aux Français, sinon tu peux crever une seconde fois)

   - (N°2645/9.11.05/MJ) visant à augmenter le nombre d’adjoints réglementaires et spéciaux dans les communes de grande superficie (pour récompenser sans doute quelques élus nécessiteux et besogneux disposant encore de boîtes de cirage à utiliser avant 2008)

   - (N°175/1.08.02/N°3231/28.06.05/MJ) sur la procédure d’expulsion des gens du voyage stationnant en dehors des aires d’accueil (des gens qui gâchent le paysage comme ces infâmes sans-abri)

Cosignature de propositions de loi

Joissains a aussi cosigné des propositions de loi présentées par certains de ses collègues UMP :

   - (N°1653/8.06.04/T.Mariani) visant à instituer un statut des collaborateurs de cabinet des autorités territoriales (bis repetita, pour que "le collaborateur" du maire puisse bénéficier d'un logement et d'une voiture de fonction et de frais de représentation, mais faut pas exagérer, pour le Fouquet's, faut être président au moins)

http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion1653.asp

   - (N°2499/13.07.05/L.Luca) visant à supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune (rebelote)

   - (N°1302/17.12.03/L.Hénart) portant sur le respect du principe de laïcité dans les établissements d'enseignement public (contre les signes religieux ostentatoires mais Joissains arbore en permanence une immense croix bien visible au cou, y compris au conseil municipal, lieu républicain et laïque par excellence)

   - (N°1521/8.04.04/R.Dell'Agnola) tendant à rétablir la peine de mort pour les auteurs d'actes de terrorisme "dès qu'aura pris effet la dénonciation du protocole n°6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales concernant l'abolition de la peine de mort" (rien que ça, et au vote solennel du 19 février 2007 sur l'inscription de l'abolition de la peine de mort dans la Constitution, Joissains s'est abstenue !)

place

Questions écrites

Joissains a aussi pas mal phosphoré par courrier. Elle a posé 330 questions écrites (avec quelques redites) aux ministres en charge de délégations dont 9 au premier ministre.

Parmi celles-ci, on y déniche des demandes qui dépassent l'entendement :

   - (N°15969/7.03.03/MJ) suppression de l'impôt sur la fortune (Aix est une des villes où il y a un fort pourcentage de revenus payant l'ISF)

   - (N°20496/23.06.03/MJ) ouverture dominicale pour les zones commerciales (bravo pour la casse du code du travail à Plan de Campagne, comme par hasard)

   - (N°23314/4.08.03/MJ) gel de l'embauche de nouveaux fonctionnaires (mais le maire demande des policiers)

   - (N°970/7.12.04/MJ) augmentation des effectifs de la police nationale à Aix (résultat : il y en a moins que lorsqu'elle a été élue maire)

Questions orales

Elle a posé 10 questions orales lors des séances télévisées de questions au gouvernement.

Mais lors des grands débats sur les projets de loi du gouvernement, on ne trouve trace de ses interventions que dans une vingtaine de séances.

Mais n'allons pas croire que c'était pour y faire de longs développements. Non, cela se résume à des exclamations de un à quatre mots !

Par exemple, lors de la séance du mardi 7 novembre 2006 portant discussion de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2007 sur le chapitre "de la sécurité et de la sécurité sociale".

Pendant près de trois heures, alors que nombre de députés de toutes appartenances s'expriment longuement, Joissains est à sa place. Et que dit-elle ?

Voici le florilège de ses propos réactifs, figurant au compte rendu intégral de la séance.

     - Très juste !

       - Cette comparaison est ridicule !

         - Absolument !

           - Tout à fait !

             - Bien sûr !

               - Eh oui !

                 - Très bien !

                   - Très juste !

                     - C’est lamentable !

                       - Désinformation !

http://www.assemblee-nationale.fr/12/cri/2006-2007/20070037.asp

14 juin 2007

La justice fait des siennes

Les Don Quichotte à l'abandon

Le tribunal d'instance a ordonné aux sans-abri de décamper de la place Jeanne d'Arc. Cette décision fait suite au nouvel appel contre eux par Joissains. Je le répète ici, le maire n'a jamais voulu entamer un vrai dialogue ni proposer de solution pratique pour résoudre au mieux ce problème.

Elle prétend même que c'est à l'Etat et au Conseil général de se pencher sur cette situation.

Elle ajoute, sans même se rendre compte du ridicule, que ces gens-là ne sont pas prioritaires pour l'attribution de logements, vu les milliers de demandes en attente à Aix. Bel aveu d'une politique interrompue dans la construction de logements sociaux publics.

Où est l'humanisme dont se réclame ce maire à longueur de discours ?

Que va devenir Chirac ?

capitaine_abandonne

(Clic sur l'image pour agrandir)

Le Canard enchaîné balance sur Chirac. Dati déclare qu'elle ne sait rien (on s'en était aperçu…). Le parquet de Paris dément toute convocation de l'ex-président. Pourtant, il semble bien que le bonhomme qui "nous aime tant" ne soit pas tout blanc.

Debbasch relâché

On marche sur la tête. Les médias informent de la décision de Sarkozy de créer des "peines plancher" pour tout récidiviste. Sont bien sûr visés les petits délinquants qui auront volé un œuf. Pendant ce temps, de gros poissons bénéficient de mesures qui laissent pantois. Debbasch, condamné à de la prison et à de lourdes amendes dans l'affaire Vasarely, et faisant l'objet d'un mandat de recherche international, a été arrêté en Belgique puis relâché alors que le France pouvait le faire extrader.

Après ça, allez expliquer qu'il n'y a pas deux poids deux mesures et que la justice est juste !

14 juillet 2007

Cadeau : "Ma France", de et par Jean Ferrat

Jean_Ferrat

En cette journée républicaine, quelques instants de poésie à partager :

http://www.dailymotion.com/related/910138/video/xyrzk_ferrat-ma-france 

(si nécessaire, augmenter le volume du son de l'ordinateur)

                      De plaines en forêts de vallons en collines

                      Du printemps qui va naître à tes mortes saisons

                      De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine

                      Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson 

                        Ma France
                      Au grand soleil d'été qui courbe la Provence

                      Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche

                      Quelque chose dans l'air a cette transparence

                      Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche 

                        Ma France
                      Cet air de liberté au-delà des frontières

                      Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige

                      Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige

                      Elle répond toujours du nom de Robespierre 

                        Ma France
                      Celle du vieil Hugo tonnant de son exil

                      Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines

                      Celle qui construisit de ses mains vos usines

                      Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille 

                        Ma France
                      Picasso tient le monde au bout de sa palette

                      Des lèvres d'Eluard s'envolent des colombes

                      Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes

                      De dire qu'il est temps que le malheur succombe 

                        Ma France
                      Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une

                      Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs

                      En remplissant l'histoire et ses fosses communes

                      Que je chante à jamais celle des travailleurs 

                        Ma France
                      Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches

                      Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien

                      Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche

                      A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain 

                        Ma France
                      Qu'elle monte des mines descende des collines

                      Celle qui chante en moi la belle la rebelle

                      Elle tient l'avenir serré dans ses mains fines

                      Celle de trente-six à soixante-huit chandelles 

                        Ma France

27 juin 2007

Chirac : La vérité si je mens

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(Clic sur les images pour agrandir)

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Redevenu simple citoyen depuis le 17 juin, le très sémillant Jacques Chirac devrait être entendu par la justice en tant que témoin assisté (entre le simple témoin et le mis en examen) avant le 15 septembre dans le cadre d'une enquête sur des emplois fictifs du RPR datant de l'époque où il était maire de Paris. C'est ce qu'a déclaré l’avocat de l'ancien président de la République.

Je suis très inquiet pour sa "Santé"...

9 juillet 2007

Prochain conseil municipal : 9 juillet

Hotel_de_VilleLa prochaine séance publique

du conseil municipal

se tiendra

Lundi 9 juillet à 17h30

à l'Hôtel de Ville d'Aix

Après deux mois sans séance pour cause d'élections, le conseil municipal se réunira ce lundi pour examiner quelque 127 rapports ! Il risque de faire chaud dans le Salle des Etats de Provence. Mais, pas de quoi être inquiet. Certains élus nous ont habitués à faire du vent.

Parmi les dossiers inscrits à l'ordre du jour, il sera question du budget supplémentaire et de l'annulation de 6,8M€ de garanties d'emprunts pour des opérations de réhabilitation et de construction déprogrammées par l'OPAC Pays d'Aix Habitat.

On parlera aussi d'opérations d'urbanisme, de patrimoine, de subventions diverses et encore de procès. Nombre d'autres affaires courantes ne devraient pas prendre trop de temps.

Ce conseil d'avant l'été sera suivi d'une pause avant la période, déjà ouverte et présente dans tous les esprits, des prochaines échéances municipales. On pourra quand même y vérifier qui observera qui du coin de l'œil ou les yeux dans les yeux…

27 juin 2007

Justice : La cour d'appel d'Aix touchée ?

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Alors qu'on s'apprête à mettre en chantier le renouveau de notre Tribunal de grande instance pour une période de six ans, la ministre de la justice veut toucher à la carte judicaire qui, selon elle, est inchangée depuis 1958.

Elle a demandé lundi aux hauts magistrats de lui faire parvenir leurs propositions sur sa refonte, ce qui veut dire des redéploiements géographiques et de moyens (exemples : spécialisation de certains sites, regroupements par type de contentieux ou encore audiences foraines, c'est-à-dire itinérantes).

En gros, l'idée de la ministre serait de n'avoir plus qu'une Cour d'appel par région et un Tribunal de grande instance par département. Actuellement, il y a 35 cours et 181 tribunaux.

De nombreux avocats ont réagi en faisant grève par crainte de voir disparaître leurs tribunaux.

Pour mémoire, depuis 1986 et à plusieurs reprises, la Cour d'appel d'Aix a fait l'objet de diverses demandes de démembrement, notamment de la part de la Ville de Nice qui aurait vu d'un bon œil la création d'une cour chez elle.

Si la réforme de la ministre ne fait pas l'unanimité car elle risque d'éloigner les justiciables des lieux de décision, elle semble au moins préserver l'unicité de notre cour aixoise.

24 juin 2007

Le nez de Chirac

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Questions cruciales ! Doit-il ou ne doit-il pas ? Peut-il ou ne peut-il pas ? Et veut-il ou ne veut-il pas ?

Jacques Chirac a annoncé vendredi qu'il ne témoignerait pas devant la justice dans l'affaire Clearstream.

En revanche, par le biais d'un communiqué, il s'est dit prêt à s’expliquer sur des dossiers antérieurs à sa prise de fonction de Président de la République en 1995, mais pas sur ceux qui concernent la période de son mandat, comme prévu dans la Constitution…

On se demande bien ce qu'on pourrait lui reprocher. Juppé et d'autres ont payé à sa place. Et il s'est arrangé pour tout border avant de quitter la présidence. Il aurait pourtant beaucoup de choses à raconter. Dirait-il tout ce qu'il sait ? Il faudrait observer son nez…

3 juillet 2007

Le Bac à 3€, sinon rien !

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Toutes les informations concernant la publication des résultats au profit de sociétés privées ont été confirmées hier lundi.

Ayant participé moi-même à un jury, j'ai appris dès 9h00 que la liste des lauréats ne serait affichée qu'à 18h30, alors que les travaux du jury se sont terminés à 13h00 et qu'il était possible de les afficher dès 14h00.

La presse, les radios et les télés ont beaucoup parlé de cette arnaque toute la journée.

Des lycéens, crédules ou impatients et on les comprend, se sont précipités sur les sites payants tôt dans l'après-midi. Après avoir été dépouillés d'un minimum de 3,60€, un écran affichait que les résultats n'étaient pas encore disponibles. Mais dès 16h30, soit deux heures avant les sites publics gratuits et les affichages aux portes des centres d'examen, des listes apparaissaient sur les sites arnaqueurs.

Cette situation, qui fait des notes d'examens un produit commercial, a beaucoup choqué, notamment car elle a fait payer aux candidats une communication anticipée des résultats qui auraient dû ne relever que de la prérogative de l'Education nationale.

Petit rappel : pour le Bac 2006, l'entreprise France-Examens avait enregistré près de 1,2 million d'appels, 800.000 appels vocaux et 500.000 SMS. Sur la base moyenne de 3€, combien de millions d'euros ont changé de mains ? 

Ce lundi, à minuit, le site du rectorat d'Aix-Marseille, ouvert à 18h30, n'avait toujours pas publié les listes générales des résultats et ne communiquait que les résultats individuels.

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