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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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8 mai 2007

Et pour les municipales à Aix ?

mairie_aix

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Les élections municipales de 2008 se feront principalement sur la qualité et la pertinence des projets concrets présentés aux Aixois par les différents candidats. La couleur politique et les traditionnels clivages importeront moins que la cohérence des réponses adéquates à apporter aux problèmes que rencontrent nos concitoyens.

De ce point de vue, l'équipe actuelle étant totalement décrédibilisée, les Aixois ne manqueront pas de rechercher une alternative alliant toutes les bonnes volontés sur la base d'un projet et non plus sur celle d'additions d'appareils politiques.

Je crois d'autant plus fort à ce scénario que le bilan de Joissains est considéré par les Aixois comme étant catastrophique et que les défis objectifs à relever pour notre ville nécessitent un projet de ville s'appuyant sur une politique transversale de salut public. C'est ce que me disent les Aixois que je rencontre, quelle que soit leur appartenance politique. Je crois percevoir dans l'importante participation aux deux tours de l'élection présidentielle la première manifestation explicite de ce phénomène. Ces mêmes comportements se renouvelleront au plan local.

La mobilité du choix des électeurs et leur volonté de voir traiter leurs problèmes par des actes et non plus par des paroles expriment un fait majeur. Il placent l'exigence de résultats au tout premier plan, laissant loin derrière le blanc-seing donné aux ambitions personnelles et aux carrières politiques des uns et des autres.

Sans compter que le système électoral est à la fois majoritaire et proportionnel, que des listes peuvent se maintenir à un second tour dans le cadre de triangulaires, voire de quadrangulaires, et que, dans ces cas, qu'il n'est pas nécessaire d'atteindre 50% pour s'assurer une majorité en sièges.

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4 mai 2007

La reine et le fou

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Pour ce débat d'entre deux tours, nous avons assisté à l'affrontement de deux stratégies tout à fait opposées et tout à fait révélatrices.

Pour Ségolène Royal, il s'agissait de montrer qui elle était réellement - compétente et volontaire, pugnace et souriante, à la hauteur du poste - et le moins que l'on puisse dire est qu'elle a atteint son objectif.

Pour Nicolas Sarkozy, il s'agissait au contraire de dissimuler qui il est vraiment - surtout ne pas s'emporter, faire profil bas, jouer la victime chaque fois que l'occasion se présentait - et le moins que l'on puisse dire là aussi est qu'il a également atteint son objectif...

Je m'attendais, dès ce jeudi, à entendre les médias déclarer un "match nul". Les plus audacieux disent que, si éventuellement Ségolène Royal l'a emporté, Nicolas Sarkozy n'a pas perdu. C'est qu'ils confondent le débat et l'élection elle-même. Ils disent "match nul" parce qu'ils supposent, ou s'efforcent de supposer, que les "points marqués" par Ségolène Royal ne seront pas suffisants pour rattraper son prétendu "retard". Ils le supposent, de même qu'ils supposent ce retard à la lecture des sondages, et nous verrons bien ce qu'il en sera.

La seule réalité qui n'est pas supposée, ce sont les points marqués par Ségolène Royal lors de ce débat, et donc son incontestable victoire. Car, que cela suffise ou non pour emporter l'élection, Ségolène Royal a été incontestablement meilleure que Nicolas Sarkozy en entrant dans la confrontation par effraction pour en briser le convenu. Au résultat, le fait même qu'aucun commentateur n'ose tout de même parler d'une victoire de Sarkozy est une victoire pour Royal.

Cela pourrait bien éclairer le choix des Français qui, dimanche soir, auront finalement tranché entre aigreur et repli sur soi d'une part, ouverture d'esprit et volonté d'aller de l'avant de l'autre, deux visages différents pour la France.

13 avril 2007

BILAN 10 : Santé : infarctus interdit à Aix !

hopital

L'hôpital du Pays d'Aix n'est pas une exception. On y rencontre les mêmes problèmes que dans la plupart des centres hospitaliers français. Urgences encombrées, personnel en sous-effectif et sous-payé, réformes au coup par coup, service public en danger, médecine à deux vitesses.

Après une période de déficit chronique et des renflouements par perfusion par l'Agence régionale d'hospitalisation, le centre d'Aix, dont le président de droit est le maire, doit maintenant répondre au Plan pluriannuel d'objectifs et de moyens (PPOM). En gros, après l'application déjà effective des dotations calculées à l'activité – il faut donc faire du chiffre comme on dit dans le langage marchand – l'unité d'Aix va devoir respecter un "quota" d'actes à ne pas dépasser, sous peine de sanctions avec pénalités financières !

Exemples : en 2006, la direction cardiologie a assuré 60% d'actes lourds, avec 617 angioplasties et plus de 400 poses de pacemakers. Désormais, l'ARH contraint l'hôpital à réduire son nombre à 490 actes annuels tout compris. Compris ? Même le directeur de l'hôpital s'en est indigné lors du conseil d'administration du 29 mars, c'est dire.

Oui, mais alors, les gens vont-ils mourir ? Non, le privé les sauvera ! C'est là que se situe le tour de passe-passe. L'équipe cardiologie de la clinique Rambot pratique plus de 1.000 interventions lourdes, qui plus est, sans aucune autorisation sanitaire de l'ARH et donc sans représailles ! Idem pour le service de rééducation fonctionnelle. Actuellement, à l'hôpital, il y a 3.000 passages dans ce service, il faudra les ramener à 1.000 ! Là encore, c'est le privé qui va récupérer le gros reste.

Enfin, il y a déjà quelques mois, au conseil municipal, la situation des lits de maternité a été évoquée. J'ai moi-même dénoncé l'absence d'une carte sanitaire et médicale régionale qui aurait pu donner une cohérence à une politique réfléchie de la santé. Au lieu de cela, les bouleversements se font au coup par coup selon des opportunités commerciales.

J'ai fait observer que la clinique de l'Etoile (qui paraît-il fait aussi des miracles) allait s'agrandir et récupérer des lits de maternité provenant de la clinique Rambot, qui elle-même veut développer la cardiologie. Cela se fait entre privés sans prise en compte du rôle de l'hôpital et à son détriment.

Dans ces conditions de recherche du profit, on s'achemine vers la mort de la belle idée de Sécurité sociale instituée en 1945 par le Conseil national de la Résistance, à moins qu'une nouvelle donne soit instituée grâce à l'élection présidentielle.

Pour ce me concerne, je ne ferai pas confiance à un gouvernement de droite qui n'a qu'une seule envie : poursuivre la casse du système de santé publique.

En attendant, ce n'est pas encore demain la veille que je vais pouvoir faire mon second infarctus.

6 avril 2007

Le Ravi, l'antidote contre Pernaut

ravi_40

Le numéro 40 d'avril est dans les kiosques. Il ne faut pas qu'il y reste ! Alors, il faut se le procurer de toute urgence. Avec Le Ravi, pas de regrets, tout y est vrai, juste, fouillé et satirique. Ne me dites pas que vous préférez boire les paroles de Pernaut sur TF1 ! Ici, pas de pub, pas de courbettes, pas de langue de bois. 2,80€, ce n'est même pas assez cher pour tout ce qu'on y apprend.

23 avril 2007

1er tour : Les résultats d'Aix-en-Provence

cascade

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Inscrits :  89.478          Exprimés :  73.374          Blancs / Nuls :  673

Participation :  82,77%          Abstention :  17,23%

SARKOZY :         36,78%   26.986 voix

ROYAL :             25,36%   18.605 voix

BAYROU :          19,78%   14.510 voix

LE PEN :               8,47%     6.217 voix

BESANCENOT :    2,59%     1.899 voix

VOYNET :             1,64%     1.205 voix

VILLIERS :           1,46%     1.068 voix

BOVE :                 1,35%        988 voix

BUFFET :              1,21%        890 voix

LAGUILLER :        0,74%        540 voix

NIHOUS :             0,40%        296 voix

SCHIVARDI :        0,23%        170 voix

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1 mai 2007

Mai 68 obsède encore Sarkozy : pourquoi ?

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40 ans après, mai 68 obsède encore Sarkozy : pourquoi ?

par Gérard Filoche (30 avril 2007), communiqué n°44 de la campagne

"Démocratie et Socialisme pour faire gagner la gauche

Comme Le Pen, Sarkozy – le sortant – s’adresse à "à tous ces sans-grade", "tous ces anonymes", "tous ces gens ordinaires (...) auxquels on ne fait pas attention, que l’on ne veut pas écouter, que l’on ne veut pas entendre".

Sarkozy, l’homme de l’establishment qui gouverne depuis 5 ans (et qui gouvernait déjà avec Balladur), l’homme des petits clans et des petits putschs, des couloirs des banques et des marchands d’armes, des villas et des palais, l’homme des financiers et des fortunes dorées, ose affirmer, a contrario de ce qu’il est : "C’est à vous que je veux rendre le pouvoir (...). Je veux être le candidat du peuple de France et non pas le candidat des médias, des appareils, de tel ou tel intérêt particulier, des intérêts partisans, des sectarismes."

Lui qui tente de voler son élection grâce aux plus puissants bourrages de crâne médiatique, d’imposer des discours provocateurs, bourrés de mensonges, sans crainte des réactions de la grande presse qu’il contrôle ! Sarkozy le candidat des milliardaires du Cac 40, l’ami des Bouygues, Dassault, Lagardère, Rotschild, le petit frère de Guillaume Sarkozy du Medef, celui qui négocie Avantis-Sanofi pour son autre frère François Sarkozy, le maire des salons de Neuilly accuse pêle-mêle la gauche d'avoir prôné "l’assistanat, l’égalitarisme, le nivellement, les 35h". Il fait froid dans le dos.

Car Sarkozy propose de baisser le salaire brut sur lesdites heures supplémentaires qui seraient moins majorées, et moins contrôlées, donc moins payées (c’est déjà, hélas, le champ le plus étendu des délinquances patronales contre les salaires, 9 plaintes sur 10 à l’inspection du travail concernent des heures supplémentaires impayées). Il y a déjà des millions de salariés qui travaillent 45, 50 voire 60h et qui ne gagnent pas beaucoup !

Mais si un salarié avait un doute, il devrait s’attacher à comprendre pourquoi Sarkozy s’en prend aux 8 à 9 millions de salariés qui ont fait grève en mai 68.

Sarkozy augmente les décibels au fur et à mesure que le deuxième tour approche, comme s‘il voulait mettre la barre de plus en plus haut contre les "fraudeurs du métro" et "les fautes des syndicalistes" qu’il place dans le même sac... Il accuse mai 68 d’avoir "imposé le relativisme intellectuel et moral", "liquidé l’école de Jules Ferry", "introduit le cynisme dans la société et dans la politique", "abaissé le niveau moral de la politique" (sic). "La morale, après 1968, on ne pouvait plus en parler."

Selon lui, pour "les héritiers de 1968", "il n’y avait plus aucune différence entre bien et le mal, le beau et le laid, le vrai et le faux, l’élève valait le maître". "Les héritiers de ceux qui, en mai 68, criaient "CRS = SS" prennent systématiquement le parti des voyous, des casseurs et des fraudeurs contre la police". "Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portées par les valeurs de mai 68." "Je veux tourner la page de mai 68 une bonne fois pour toute", se lâche enfin Sarkozy.

Pourquoi une telle haine de la part de cet apprenti caudillo qui devait avoir 13 ans en mai 68 ? Cette tirade hargneuse, hors norme, acharnée, contre un des plus grands mouvements de l’histoire sociale de notre pays, est plus que tout le reste le signal de la grande revanche de l’extrême droite dirigeante de l’Ump !

C’est contre les 8 à 9 millions de grévistes de mai-juin 68 qu’il en a, lui qui ose se faire photographier devant des ouvriers portant le casque de sécurité, pour mieux les berner. S’il va voir "la France qui se lève tôt", c’est pour qu’elle se lève encore plus tôt, se couche plus tard et gagne moins, pour que les profits de ses amis de Neuilly augmentent : tout cela dans une mise en scène que toutes les rédactions en chef de la presse aux ordres orchestrent !

Nul doute que Sarkozy pense la même chose de toutes les luttes sociales, du Conseil national de la Résistance, de mai-juin 36, de la Commune de Paris, des combats pour les journées de 10h puis de 8h, pour les 40h, pour "l’assistanat" de la Sécurité sociale et des retraites par répartition... N’est-ce pas lui qui a assez d’inculture pour mettre dans son clip télévisé : "Le travail, c’est la liberté" (ARBEIT MACHT FREI) ?

En fait, ce que signifie, avec arrogance, l’homme au kärcher, Sarkozy, c’est qu’il veut écraser tout mouvement social de type CIP mars 94, nov-déc 95, retraites printemps 2003, CPE janv-avril 2006, c’est qu’il fera la guerre aux syndicats puisque sa première loi sera contre le droit de grève !

Sarkozy a amalgamé à Bercy, dimanche 29 avril, "la France qui paye toujours pour tous les autres, (...) qui paye pour les fautes des politiques, des technocrates, des syndicalistes, qui paye pour les fraudeurs, qui paye pour les voyous, qui paye pour ceux qui profitent du système, qui paye pour ceux qui demandent toujours et qui ne veulent jamais rien donner". Le lien est clair, dans sa rhétorique et ses objectifs, entre syndicalistes, fraudeurs, voyous... Tout ça, c’est des "racailles". Comme il a fait la chasse aux "racailles", et il le redit ce lundi 30 avril, "aux poignées de voyous qui se croient au-dessus des lois et de la morale", il veut remonter jusqu’à atteindre dans la mémoire ce qu’il doit appeler des "casseurs" de 68...

C’est la même chose pour lui, c’est le peuple dont il feint de se réclamer, les sans grades auxquels il prétend parler et que pourtant il hait du haut de ses talonnettes d’apprenti caudillo. C’est la haine ancestrale des riches contre les "partageux", les "rouges", les "syndicalistes", qu’il a exprimé à Bercy dans son dernier meeting show à l’américaine.

Sarkozy annonce qu’il entend écraser tout mouvement social ! Au kärcher contre les luttes sociales, contre la pègre syndicale !

Que les électeurs protégent dimanche 6 mai la France de la victoire de ce caudillo. Ce serait le pire qui puisse arriver ! Que pas une voix ne manque à Ségolène Royal...

26 avril 2007

Sextius-Mirabeau avance, la nature recule

Allées provençales : un projet béton

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Il aura donc fallu quinze jours de plus pour que les nouveaux commerces de Sextius-Mirabeau ouvrent au public. La commission de sécurité a donné son autorisation mais, comme on peut le constater sur place, le chantier n'est pas achevé. L'environnement immédiat n'est pas des plus joyeux à voir. Le grand jardin promis en lieu et place d'un immeuble est d'une tristesse infinie. Le maire avait parlé d'un "véritable poumon vert d'un hectare au cœur de la Rotonde". Les maquettes qui avaient été présentées faisaient croire à un lieu magique de verdure. Le constat est plus trivial. Le béton a pris le dessus, c'est le cas de le dire, et les quelques malheureuses plantations qui vont y voir le jour seront enserrées dans des masses grises en forme de dalles. Si c'est cela créer des espaces de convivialité, alors je préfère mes deux mètres carrés de pelouse. Dans les documents de propagande, on a aussi parlé "d'une large perspective liant le cours Mirabeau à la Rotonde et ouvrant sur le quartier Sextius-Mirabeau". Il faudrait user de beaucoup d'imagination pour s'en faire la représentation annoncée.

Boulevard Bonaparte : Des platanes dans les appartements !

platanes

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Avez-vous remarqué ça ? Le trottoir bordant le grand immeuble construit à la place de l'ancien casino municipal est très étroit. On a sans doute voulu offrir plus de superficie pour édifier les logements. Les futurs résidants vont probablement être les seuls Aixois à avoir de la végétation au bord de leurs fenêtres. Quand je dis "au bord", cela veut dire frôlant les fenêtres ! Ce ne sont pas des plantes, ce sont des platanes ! Et lorsque les feuillages auront poussé, ces bienheureux résidants pourront s'adonner depuis leur balcon à une passionnante activité obligatoire : tailler ce qui entre dans leurs appartements. Faute de quoi, et s'ils n'aiment pas le jardinage, il faudra qu'ils s'habituent à une vue vers l'extérieur obstruée par un magma de feuillages. Je ne parle même pas des coups de vent lorsque les feuilles seront mortes.

26 avril 2007

Sarko voulait liquider Chirac, Bayrou a dit non

sudouest

Ce mercredi, le journal Sud-Ouest a rendu publique la réaction de François Bayrou suite à un entretien qu'il avait eu en tête à tête avec Nicolas Sarkozy il y a trois ans. L'agité lui avait proposé un pacte secret de gangster pour liquider Chirac. Bayrou a repoussé les attouchements de l'assaillant. Franchement, on reste pantois. La preuve écrite et sonore est là :

http://www.sudouest.com/250407/une.asp?Article=250407a24133.xml

25 avril 2007

Parisot, neutre ou pleutre ?

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Parisot restera neutre. "Le Medef ne prendra pas position pour un candidat ou un autre", a-t-elle expliqué, sans rire, soulignant que les deux candidats étaient "favorables à l'économie de marché". Pas très courageuse la dame patronnesse pour assumer ouvertement ses préférences, elle qui, à son congrès annuel, avait fait accueillir Sarkozy sous les vivats pendant dix minutes. Voyons la suite ci-après…

28 mars 2007

Les sondages nous jouent deux tours

urnesA moins de 30 jours de l'élection présidentielle, la commission des sondages a incité les médias et l'opinion publique à la plus grande prudence dans l'interprétation des enquêtes, toujours plus nombreuses.

Chargée de veiller à la fiabilité des sondages publiés, "La commission estime nécessaire, eu égard à la place qu'occupent les sondages d'intentions de vote dans la campagne électorale, d'insister sur la prudence avec laquelle les résultats de ces sondages doivent être interprétés".

Elle a avancé deux raisons pour justifier sa mise en garde.

"La première tient aux modalités de constitution des échantillons des personnes interrogées, à la proportion élevée des personnes sondées n'exprimant aucun choix et à celle, parmi les intentions exprimées, des personnes qui déclarent n'être pas sûres de leur choix", précise-t-elle. A moins d'un mois du scrutin, entre 35% et 45% des sondés disent n'avoir pas encore définitivement fait leur choix. Evoquant le nombre de personnes interrogées, le président de la commission, a jugé qu'un échantillon d'au moins 800 à 1.000 personnes constituait une base "correcte".

La seconde raison tient à la marge d'incertitude dont sont affectés les résultats publiés en raison de la taille de l'échantillon et des faibles écarts enregistrés. "Les résultats obtenus par les candidats réalisant, dans les intentions de vote, un score qui n'excède pas, après redressement, un pourcentage de quelques points, ainsi que les écarts de cet ordre qui séparent deux candidats, ne sont pas véritablement significatifs", souligne la commission. "Un 51-49 au second tour n'a pas une signification très forte".

S'agissant des sondages portant sur le second tour, la commission accepte que les instituts publient plusieurs hypothèses lorsque les scores établis pour le premier tour entre plusieurs candidats sont suffisamment proches. "Cette pluralité des hypothèses envisagées est en effet de nature à relativiser la portée des résultats 'second tour' publiés et à inciter à les interpréter avec toute la prudence nécessaire", dit la commission.

L'inflation des sondages enregistrée lors de la campagne présidentielle de 2002 n'a fait que s'accroître en 2007. Au total, 193 sondages ont été effectués pour l'élection il y a cinq ans. On en compte déjà 250 cette année, précise la commission.

Créée en 1977, la commission des sondages est composée de 11 membres – conseillers d'Etat, conseillers auprès de la Cour de cassation, responsables de la Cour des comptes et experts – et ne peut intervenir qu'a posteriori si elle juge le contenu d'un sondage, ou son utilisation par un média, non conforme à la réglementation. La commission peut alors exiger la publication d'une mise au point dans le média incriminé. Une vingtaine de cas semblables se sont produits ces dix dernières années.

15 mars 2007

Sonder ou (se) tromper ?

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Comment sont-ils réalisés ? (2)

La théorie des sondages est basée sur la notion mathématique de probabilités. Elle part du postulat que l'on peut connaître l'opinion d'une population donnée en observant l'opinion d'un petit sous-ensemble de celle-ci, à condition que cet échantillon possède les mêmes caractéristiques que l'ensemble de la population.

Les sondages politiques s'appuient généralement, pour la constitution de l'échantillon à interroger, sur la méthode des quotas. Cette méthode est moins fiable que la méthode théorique du tirage aléatoire. Elle est utilisée pour des impératifs de délais de réalisation et de coûts.

La méthode des quotas consiste à choisir un échantillon qui a la même répartition que la population française, sur plusieurs critères signalétiques. La taille des échantillons utilisés pour ces sondages est, généralement, d’environ 1.000 personnes. Il est à noter que cette même taille d'échantillon est également utilisée très souvent aux Etats-Unis, qui ont pourtant une population de 270 Millions de personnes.

Cela s'explique par le fait que la fiabilité des chiffres obtenus dépend très peu de la taille de la population mère et beaucoup plus de la valeur absolue de la taille de l'échantillon. Ainsi, il faudrait également interroger 1.000 personnes en Belgique ou à Monaco, pour disposer du même niveau de fiabilité.

Notons qu'il existe un autre critère très important pour l'estimation de la fiabilité des résultats : la répartition des réponses. En effet, une répartition de 50-50 implique une marge d'erreur bien plus importante qu'une répartition 80-20, pour une taille d'échantillon donnée.

Notons qu'en théorie, l'utilisation de la méthode des quotas ne permet pas de calculer de manière scientifique une marge d'erreur pour le sondage effectué. Mais en pratique, on considère que cette marge d'erreur est comparable à celle des sondages réalisés avec un tirage aléatoire.

Les marges d'erreurs des valeurs obtenues sont calculées à un niveau de confiance donné (généralement 95%). Ainsi, pour 1.000 personnes interrogées, l'erreur est de +/-3,1%, au seuil de confiance de 95%, pour une réponse donnée par 50% des sondés. Concrètement, cela signifie qu'il y a 95% de chances que si l'on interroge l'ensemble de la population, la proportion de personnes qui donneront cette réponse se situera entre 46,9% et 53,1% de la population.

31 mars 2007

Oh hé, pas d'embrouille, d'accord ?

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Cette fin de semaine, remettons un peu les choses à leur place pour ne pas nous laisser embrouiller le cerveau.

"Ton Christ est juif, ta pizza est italienne, ton café est brésilien, ta voiture est japonaise, ton écriture est latine, tes chiffres sont arabes, tes vacances sont turques, et… tu reproches à ton voisin d'être étranger?"

Julos Beaucarne, artiste belge

16 mars 2007

Les 'trous" de manèges de la fête foraine

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(clic sur chaque photo pour agrandir)

Des Aixois ont attiré mon attention sur les installations de la fête foraine sur l'ancien stade Carcassonne, devenu parc-relais de stationnement. Je suis allé y faire un tour et j'y ai pris les photos ci-dessus.

Le parc de "persuasion" de 250 places dont les travaux ont débuté en juillet 2006 devait être livré fin février 2007 (c'est écrit sur un panneau à l'entrée). Le coût de création affiché est de 1M€ HT, entièrement financé par la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix.

Or, la fête foraine a été, si l'on peut dire, la première bénéficiaire du lieu nouvellement aménagé. Elle est encore en place jusqu'au 25 mars, retardant la mise en service du parc. Où est donc le problème ? Il n'y a qu'à regarder les clichés.

Au départ des manèges, il faudra remettre en état certaines parties du parc, le poids des manèges – plusieurs tonnes – ayant causé des dégâts tant sur les espaces fraîchement goudronnés que sur les emplacements paysagers.

On peut donc doublement s'étonner du calendrier de réalisation du parc. Après le gros œuvre, n'aurait-on pas pu attendre la fin de la fête foraine pour faire les finitions et éviter les dégradations ? Autre question, qui paiera les dépenses pour les reprises de ce qui a été saccagé ? Voir de telles choses me laisse toujours pantois.

21 mars 2007

Aïe, je n'aimerais pas être à leur place

liberation

Dans la chronique Rebonds de Libération du 20 mars, Pierre Marcelle a écrit un article au fer rouge pour dire ce qu'il faut dire. Pour vous en faire savourer la pulpe, j'en ai extrait deux passages particulièrement frappeurs comme je les aime. A déguster lentement, jusqu'au bout…

Raymond, Simone, François…

Flottent dans cette campagne des remugles troublants, queues d'objets potentiels ayant tout pour devenir affaires, mais à propos desquels il semble acquis qu'on ne s'attardera pas. Ainsi des non-dits immobiliers du candidat d'à peu près toutes les droites. Le Canard enchaîné a posé, à propos de Nicolas Sarkozy et de certain promoteur de l'île de la Jatte, des questions auxquelles il ne fut pas répondu ; furent publiés des documents, précis, que nul porte-parole ne réfuta, ni a fortiori le principal intéressé (si j'ose dire). Le Canard, depuis, nasille dans un désert.

Ces questions de gros sous, comme disent ceux qui n'ont pas besoin de les compter, seraient donc d'une vulgarité telle qu'elles ne souffriraient pas qu'on s'y salisse la langue ; celle des candidats, bien sûr, celle des journalistes, dit-on, mais celle aussi ­ hélas, eh oui... ­ des "vraies gens", purs, vertueux et très soucieux d'éthique, mais dont on ne sache pas qu'ils aient jamais trop mégoté leurs suffrages à leurs élus enrichis, et même personnellement enrichis, par des trafics divers (Patrick Balkany, par exemple, bien élu et réélu après sa condamnation pour prise illégale d'intérêts. De ce que l'aujourd'hui encore député maire de Levallois-Perret réclame au Trésor public la remise gracieuse de ses dettes, qui s'émeut ?).

Et puis, y a l'autre... L'autre relent... Je parle de Raymond Barre, et du procès en antisémitisme que lui fit dans Claude Lanzmann (Libération du 6 mars). Et certainement fallait-il que s'y collât le réalisateur de Shoah pour réveiller (Oh, à peine...) quelques souvenirs, sinon une mémoire.

Le temps s'y prête, pourtant. Papon vient de casser sa pipe et Chirac de faire des adieux dans un bilan dont ne restera pour l'histoire (pour les manuels, surtout) que son discours à propos de Vichy, capitale de l'Etat pétainiste français ; et Lucie Aubrac disparaît, mais il faut à Simone Veil une semaine pour prendre ses distances d'avec le Commissariat aux... pardon, le ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration de Nicolas Sarkozy.

Mais d'où vient que les sorties de Barre ne suscitent que la réprobation trop polie d'une inconscience ou d'un inconscient ? Serait-ce dû à l'indulgence qu'on accorde aux vieillards, à la prescription octroyée aux retraités des lambris, ou à la simple charité chrétienne ? Cette dernière, plutôt...

Dans l'antisémitisme que chantonne Raymond Barre, Jésus revient parmi les siens et l'absout. Car il en va de l'antisémitisme comme du cholestérol : il y a le bon et le mauvais. Le mauvais, c'est le nouveau : celui des "gauchistes extrémistes", qu'il veut pourfendre, qui ne confondent pas l'Etat d'Israël avec la judéité. Pour l'ancien, dont le très catholique Bernanos disait que Hitler le "déshonorait", l'époque est moins regardante. Raymond Barre monte ce cheval de retour avec des gants de pécari. Moins "séducteur" que chez Morand, certes, mais de beaux restes, tout de même, et de tradition bien assise.

Quant à Bayrou, s'il n'est partout, on a cru apercevoir son essence apostolique juchée sur un tracteur, labourant la glèbe œcuménique, brisant les mottes de droite et les mottes de gauche pour tracer l'éternel sillon d'une union nationale, sinon d'une révolution.

Allègre et Besson, les voyageurs sans ambages

Et si ces déclarations synchrones de Claude Allègre et d'Eric Besson étaient surtout affaires d'hormones et de vanité blessée ? Allègre, donc, décrète qu'il ne votera pas Royal. Votera-t-il seulement ? N'en dira pas plus. Bougonne de confuses "convictions personnelles de scientifique" et nous dit de nous démerder. Bien... On fera sans lui.

Allègre, on connaissait, Besson, on découvre. L'ex-chargé de l'économie au PS nous fit le mois dernier une sortie nerveuse et bruyante que de zigzagantes accointances avec Sarkozy ne contribuèrent pas à rendre pédagogique. Aujourd'hui, il imprime sa bile dans un livre d'entretiens. Besson non plus ne votera pas Royal, au premier ni au second tour. "Sauf, évidemment (sic), si elle était opposée à Jean-Marie Le Pen." M. Besson est bien bon.

En attendant, il fait tout pour qu'elle n'y soit pas. En ce domaine, il amènera les mieux disposés à son endroit (je n'en suis pas) à se demander d'où il parle, et pourquoi si tard. Son libelle dépeint Ségolène Royal en intrigante harpie, cuisinière de "quelque chose de poisseux et consensuel", saturnienne Mère Ubu "que sa propre gloire motive", qui "use et abuse de démagogie", "instrumentalise le féminisme" et "construit un pouvoir personnel". Rien moins !

Il parle "sans passion aucune" (sic), éructe de plus belle un réquisitoire effarant que sa seule parole prétend étayer. Et c'est si pesant et si vulgaire qu'on se prend soudain à se demander ce qu'il prit vendredi au Monde de reproduire, de ces crachats haineux, une page entière.

16 mars 2007

La sécurité nous a à l'œil mais… pas à l'œil

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Les caméras gagnent du terrain. Le conseil municipal de Marseille doit examiner lundi l'installation de 29 caméras vidéo supplémentaires dans le centre-ville pour surveiller la voie publique. La mairie avait déjà implanté "à titre expérimental", il y a quatre ans, cinq caméras à Noailles (1er), puis autant l'année suivante rue Saint-Ferréol (1er). Pour quel bilan ? "C'est un élément de lutte contre la délinquance", estime la mairie.

"Noailles est toujours aussi sale et il y a toujours autant de petits dealers, rétorque le groupe PS au conseil municipal. On se demande s'il y a quelqu'un qui regarde ces caméras." Opposition et associations de riverains réclament "une évaluation de l'expérience Noailles/Saint-Ferréol." Ombre et lumière.

La mairie avait commandé et reçu fin 2003 un rapport d'un cabinet d'experts, mais ne l'avait pas communiqué aux élus. Selon La Marseillaise, qui en publie des extraits, le verdict est sévère : "Pas de modifications spectaculaires dans Noailles après l'installation des caméras. [...] Qu'elles soient pour ou contre, toutes les personnes rencontrées jugent la vidéosurveillance inefficace". L'adjoint UMP au maire à la Sécurité, réfute ces conclusions : "Cette étude n'est pas pertinente vu le petit nombre de caméras à l'époque."

Dans son rapport d'orientation budgétaire 2007, la mairie fixe un objectif à long terme de 180 caméras et d'un système de récupération des images du PC circulation. Les 29 nouvelles caméras devraient être installées d'ici à 2009. L'emplacement exact des caméras de voie publique devrait être élaboré avec un bureau d'études. "Il faut aussi faire un travail avec la police nationale, qu'elle ait le réflexe de faire appel à la vidéoprotection", explique l'adjoint au maire.

"Cela ne peut être efficace que s'il y a une vraie police de proximité, qui n'existe pas actuellement", estime le groupe municipal PS. Les agents derrière les écrans du futur centre de télésurveillance ne devraient pas être des policiers municipaux, mais des fonctionnaires formés, selon la mairie. Pour plus d'efficacité, l'installation des caméras et du réseau doit être confiée à une société, et non deux comme pour le système testé à Noailles.

Cette affaire me fait penser à la mairie d'Aix qui s'engage dans un système tout aussi hasardeux. Vive la sécurité qui nous a à l'œil mais pas à l'œil !

28 mars 2007

Nouveaux électeurs : Des surprises à attendre ?

sondages

Les nombreux appels à aller voter ont été entendus. Les listes électorales, arrêtées dans chaque commune au 28 février 2007, révèlent une hausse significative : + 4,2% soit 1,8 million d’électeurs en plus du nombre d’inscrits, selon le ministère de l'intérieur. "Une augmentation toutefois habituelle avant une année d’élection présidentielle", tempère le ministère. Mais tout de même plus forte qu’en 1981 (+ 3,7 %), 1988 (+ 2,1%) et 2002 (2,3 %).

"Outre l’enjeu des scrutins présidentiel et législatif, la hausse s’explique notamment par l’accession à la majorité de classes d’âge plus nombreuses et par les mesures d’incitation à l’inscription", précise le ministère.

"C’est magnifique. Le réveil des consciences, enclenché lors des émeutes en novembre 2005, se poursuit. Les gens ont vraiment compris que les choses pouvaient changer avec leur vote, en étant un acteur de la société, affirme l'association "AC le feu". Ce résultat ne doit pas être imputé aux politiques car ce sont les associations, grâce à leur travail sur le terrain qui ont réveillé les consciences. Aujourd’hui, cet électorat, qui n’était pas attendu, peut peser."

Au total, 44,5 millions de Français pourront voter le 22 avril prochain. Si aucun département ne connaît de diminution du nombre d’inscrits, la hausse du nombre d’inscrits varie d’un département à l’autre.

Comme en 2006, la hausse la plus forte est enregistrée dans certains départements et collectivités d’outre-mer (Mayotte + 11,9 %, Guyane + 11 %, La Réunion + 6,4 %) et dans les départements de la région parisienne, avec une augmentation partout supérieure à 5 %. Paris se détache (+ 9,6 %), devant la Seine-Saint-Denis (+ 8,5 %) et les Hauts-de-Seine (+ 7,9 %).

Les départements du Sud-Est (dont Rhône + 7,1 %, Alpes-Maritimes + 6,5 % et Bouches-du-Rhône + 5,9 %) et, dans une moindre mesure, les départements urbains du Sud et du Sud-Ouest sont les plus dynamiques.

En revanche, plusieurs départements à dominante rurale connaissent des hausses limitées (Creuse + 0,3 %, Haute-Marne + 0,4 %, Cantal + 0,8 %), de même que certains départements plus urbains (Pas-de-Calais + 1,2 %, Seine-Maritime + 2,3 %, Nord + 2,6 %).

27 mars 2007

Point de vue : Les deux Nations

drapeau

Drapeau français et "Marseillaise". Faux débat ou surenchère démagogique ? Cela ne sent pas bon. Est-ce vraiment là ce qu'attendent les Français ? Il faut vite revenir à l'essentiel : la lutte contre le chômage, les salaires, le logement, la cohésion nationale, la dette, l'environnement, l'Europe… les sujets ne manquent pas. Voici le point de vue sur l'idée de nation du Parti Radical de Gauche exprimé par Bernard Castagnède, notre porte-parole, le 25 mars.

L'indifférence à la question de l'identité nationale, marquée par ceux là qui font commerce de ne pas prendre parti, révèle une lourde incompréhension de la crise que traverse notre pays.

La France s'est profondément transformée. Engagée dans la construction de l'Europe, elle s'est en même temps décentralisée. Brassée par les puissants flux migratoires nés de son histoire récente, elle a le besoin vital de retrouver l'unité et le lien social qu'assure le sentiment d'appartenance à une même communauté nationale.

Il ne faut cependant pas se tromper de nation.

Il y a la nation que revendique l'extrême droite, et à laquelle songent, en dépit de vaines précautions, les conservateurs de toutes nuances : la nation repli sur soi, la nation refus des autres, la nation contre l'Europe et contre les libertés locales, la nation fauteur d'aventures extérieures et de révoltes intérieures.

A laquelle il faut opposer la nouvelle nation française :

-- celle qui est unie par une langue admirable, y compris lorsque elle accepte tous les autres langages régionaux ou familiaux ;

-- celle qui a pour emblème le drapeau tricolore, parce ce que c'est celui de Valmy et du triomphe de la liberté contre les tyrans, comme celui de tous les "indigènes de la République" venus de terres lointaines pour vaincre au même combat ;

-- celle de "La Marseillaise" que doivent entonner, parce que c'est leur hymne national, tous ceux qui font les succès de la France.

La nouvelle nation française, c'est une histoire aux regards croisés des héritiers de tous ses acteurs, une société plurielle rassemblée par une devise républicaine en action, des différences à l'abri du principe commun de laïcité, des espérances également servies par l'école publique, des garanties assurées à tous par un modèle social partagé.

La nouvelle nation française est celle qui est ouverte au monde, qui croit au succès de la grande aventure européenne, et veut laisser pleinement vivre toutes les cultures locales. Cette nation là n'a nul besoin d'un Ministère pour en marquer l'identité face aux soi-disant périls d'une immigration menaçante.

La nouvelle nation française est le désir d'avenir d'une société où auront triomphé les principes de la République.

26 mars 2007

Le rêve passe… Aix devient ville de ces ânes

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(Clic sur chaque photo pour agrandir)

Voici le grandiose spectacle que j'ai découvert ce dimanche en empruntant l'avenue Pierre Brossolette jusqu'au rond point de Pont de l'Arc. Il y a quelques années, y trônait une fontaine qui n'avait jamais fonctionné depuis sa création. Lorsque j'étais adjoint du quartier, je l'avais fait remplacer par un aménagement fleuri. L'image du secteur s'était améliorée.

Alors, hier matin, est-ce parce que le printemps s'est installé que des feuilles de papier ont poussé sur tous les poteaux métalliques ? Si c'était là un des effets du réchauffement climatique et des conséquences inattendues qu'il provoque, il y aurait de quoi s'inquiéter. Mais, non, c'est le laxisme de la mairie qui en est la cause.

Pire, l'UMP, parti du maire, étale sauvagement, tel un marchand de tapis, la photo de son candidat en plusieurs exemplaires sur les panneaux directionnels et d'information municipale.

Aix, ville de Cézanne ? C'était un rêve.

14 mars 2007

Sonder ou (se) tromper ?

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(L'annonce du sondage Roosevelt et le portrait de George Gallup)

J'ai trouvé ça sur le net. Il s'agit d'une série d'articles qui sondent les sondages. C'est bien fait et on y apprend pas mal de choses sur ce qui, en France, est devenu un vrai sport. Mais qui a eu l'idée des sondages ? A quoi servent-ils ? Comment sont-ils fabriqués ? Est-ce du bidonnage ? Sont-ils fiables ? Font-ils l'opinion ? Que disent-ils ? Découvrons le premier article… La suite chaque jour sur votre blog préféré, le mien !

Un peu d’histoire (1)

Avant d'aborder la méthode des sondages, intéressons-nous un peu à leur genèse. Les politiques naissent vraiment en 1936, à l'occasion de l'élection présidentielle américaine. Roosevelt, président depuis 1932, se présente pour un second mandat contre London. La presse américaine affirme que London va gagner, après avoir eu recours, comme à l'habitude depuis le début du 19ème siècle, à ce que l'on appelle les "straw votes" (votes de paille).

Cette technique consiste, pour les journaux, à demander à leurs lecteurs de renvoyer un coupon mentionnant leur choix. Ainsi, le Literary Digest reçoit près de 2 millions de réponses qui pronostiquent la victoire de London. De son côté, George Gallup, qui vient de créer en 1935 l'un des premiers instituts de sondages, pronostique la victoire de Roosevelt, en interrogeant un échantillon représentatif de 4.000 personnes seulement. L'élection lui donne raison.

Dès 1938, Jean Stoetzel, créateur de l'IFOP (Institut Français de l'Opinion Publique) importe cette technique en France et la désigne par le mot "sondage", à consonance scientifique. Mais c'est en 1965 seulement que les instituts de sondage réalisent pour la première fois une estimation de vote le soir de l'élection présidentielle. Les Français découvrent à 20 heures, que le Général de Gaulle est mis en ballottage par François Mitterrand. Cette date marque l'entrée en force des sondages dans le paysage politique français.

La nouveauté en cette année 2007 est que ces sondages vont pouvoir être publiés, y compris dans la semaine précédent les élections (jusqu'au vendredi minuit). En effet, la loi de 1977 qui interdisait toute publication pendant la semaine précédant les élections a été mise à mal par les nouvelles technologies de la communication. On se rappelle tous le sondage sur le second tour des élections présidentielles de 1995 publié dans la semaine de l'élection sur le site Internet de "La Tribune de Genève". De même, les sites de la presse française ont placé, lors des législatives de 1997, des liens vers des sites étrangers présentant les derniers sondages préélectoraux.

Dans un arrêt de septembre 2001, la Cour de Cassation a jugé que la loi de 1977 était contraire à la Convention européenne des droits de l'Homme, au nom du droit à l'information. Le Parlement en a tiré les conclusions, en légalisant, le 7 février dernier la publication des sondages jusqu'au vendredi minuit précédant l'élection.

7 avril 2007

Chirac nous aime et cela change tout

amourChirac ne se représente pas. Et nous quitte là en nous adressant une vraie déclaration d'amour dont personne ne soupçonnait l'intensité. Malpropres que nous sommes, nous allions l'éconduire. Il avait un cœur et nous avions nos raisons, comme nous incite à le croire ce superbe billet d'humeur signé Alexis Chabot, paru dans L'Université Syndicaliste Mag.

"On s'imagine que les politiques, monstres froids, assoiffés de pouvoir, mégalomanes, loin du monde, loin des réalités, méprisant les vraies gens dont ils ont oublié jusqu'au visage et jusqu'à la voix, manquent de cœur.

C'est faux.

Le premier d'entre eux, l'inamovible, le conquérant incessant, l'affamé perpétuel, la promesse faite homme, le président devenu sa propre marionnette, nous aimait et nous ne le savions pas.

Ingrats, les chômeurs. Ingrats, les jeunes à l'avenir incertain, ingrats les vieux aux retraites minuscules, ingrats les précaires, ingrats les mal-logés, ingrats les fonctionnaires, ingrats les juges, ingrats les mécontents éternels, les professionnels de l'insatisfaction.

Car l'essentiel est ailleurs. Nous savons maintenant que la politique n'est ni affaire de salaires, ni affaire d'emploi, de logement ou de formation, nous savons maintenant que la politique ne se juge pas à l'aune des résultats, des engagements tenus, des solutions apportées.

Mais non : il nous aime et cela change tout, le reste n'est que mauvaise littérature.

Certains auront peut-être aperçu, qui hantait la déclaration surréaliste de notre amoureux transi, le fantôme de Jacques Lacan expliquant, pince sans rire : "L'amour, c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas."

5 avril 2007

Fête foraine : Chorro en habit de Zorro

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La fête foraine a plié manèges, non sans laisser quelques traces. Mais que chacun se rassure, Chorro va y veiller en jouant à Zorro pour que tout rentre dans l'ordre à la pointe de son épée et... à l'aide d'huissiers. Des riverains du quartier lui ont envoyé dire qu'ils n'étaient pas contents de ce qu'ils ont vu et vécu. Lui, se félicite de la qualité de ses décisions rusées et promet qu'il n'en coûtera pas un centime aux Aixois, à part... le prix déjà payé pour le parking et ce qui relève de l'entretien par les services municipaux. Même pas le coût d'une pioche miraculeuse à la "Pêche aux canards". La seule chose que personne ne pourra lui reprocher, c'est qu'à cette fête, pour ce qui est des bonimenteurs, Chorro n'aura eu à souffrir d'aucune concurrence digne de la sienne.

1 avril 2007

Carnaval : La lettre qui démasque la mairie

diableLe 2 mars, le Comité Officiel du Carnaval d'Aix écrivait au maire pour lui signifier que l'association ne pouvait participer au défilé du 1er avril pour des raisons budgétaires, la subvention annuelle ne lui ayant pas été versée à temps. Suite à des articles parus dans La Provence relatant les difficultés du comité pour mener à bien sa tâche, l'adjointe nouvellement chargée de ce dossier, a tenu des propos qui ont choqué le comité.

Sa présidente fondatrice, Marcelle Isoard, a adressé une mise au point que je retranscris in extenso, ci-après. Au conseil municipal du 26 mars, j'ai moi-même dénoncé la mascarade de la mairie, la gestion calamiteuse du dossier et le bricolage des initiatives lancées dans l'urgence par Joissains pour montrer un semblant de carnaval.

"Les propos tenus par l'adjointe au maire, Patricia Larnaudie, à l'encontre du Comité Officiel du Carnaval d'Aix ont suscité une grande émotion chez l'ensemble des bénévoles de notre association qui, chaque année, consacrent l'essentiel de leur énergie et de leurs loisirs à la réussite du carnaval.

Ceux-ci ne peuvent tolérer les accusations à peine voilées d'incompétence de l'association à gérer l'ensemble du carnaval alors même que tel est le cas depuis 22 ans sans que le moindre reproche n'ait jamais été ni adressé ni reçu.

Par ailleurs, c'est avec une mauvaise foi choquante que l'adjointe susnommée, que nous n'avons jamais rencontrée et qui n'a pas participé à la moindre réunion préparatoire, tente de faire croire que le carnaval coûterait moins cher sans notre intervention.

Elle s'appuie sur une comparaison avec le budget de l'année 2004, année du vingtième anniversaire, au cours de laquelle notre comité avait organisé le "mercredi des enfants" avec spectacle et goûter, une animation le samedi après-midi dans les rues de la ville, puis le corso et le bal le dimanche, de 10 heures à 20 heures, soit pendant trois jours !!!

Le comité rappelle qu'il a depuis plusieurs mois participé activement à la préparation du carnaval 2007, avançant de ses propres deniers le coût de la réalisation de 6 chars (et non 5) sans recevoir la moindre subvention de la mairie. C'est dans cette situation difficile et inédite que, faute de pouvoir payer les peintures des chars et les costumes, notre comité a décidé de suspendre provisoirement sa participation.

La municipalité a alors profité d'une situation qu'elle a elle-même créée pour briser une coutume locale bien ancrée en faisant aujourd'hui appel à une association étrangère.

Le Comité du Carnaval d'Aix ne peut que regretter cette rupture avec une tradition séculaire très appréciée des Aixois."

23 mars 2007

Sonder ou (se) tromper ? (fin)

sondage

Et si les électeurs créaient la surprise ? (9 et fin)

Dimanche 21 avril 2002. 20h00. Les premières estimations pour le 1er tour des élections présidentielles, livrées sur les chaînes de télévisions par les grands instituts de sondage, s'affichent sur nos écrans. L'exercice, désormais bien rodé, est suivi des premiers commentaires et analyses, qui stigmatisent immanquablement les erreurs des sondeurs, coupables d'avoir sous-estimé tel candidat ou d'avoir intoxiqué les électeurs avec de fausses prévisions. La polémique peut ensuite enfler et se prolonger dans la presse, prompte à mettre les sondages au pilori après en avoir rempli ses colonnes pendant plusieurs mois, tenant en haleine les politiques de tout bord et l'opinion publique, jusqu'à éclipser parfois les programmes des candidats.

Ce rituel est installé à présent depuis plusieurs élections. Et il est vrai qu'il ne cesse d'être alimenté par les erreurs importantes commises par les sondages, à chaque échéance : municipales de 2001 avec la "vague rose", législatives de 1997 avec la droite donnée gagnante, présidentielles de 1995 avec Chirac considéré comme hors course.

Alors, que penser des sondages politiques de 2007 ? Et si les électeurs créaient la surprise ? Et si l'abstention était importante ? Et si les électeurs choisissaient la cohabitation ? Et si… ?

27 février 2007

Un César en forme de bâton

Pascale_FerranLe conflit des intermittents du spectacle terminé ? Pas vraiment. Samedi, à la remise des César, la gagnante du meilleur film a rappelé que leur statut fait toujours l'objet d'une polémique.

On s'en souvient, le conflit a connu son pic à l'été 2003 (bientôt un quinquennat !) avec l'annulation de plusieurs manifestations dont le Festival d'art lyrique d'Aix et le Festival d'Avignon.

De report en report, de fausses concertations en coups tordus, le gouvernement s'est laissé dicter sa loi par les exigences du Medef. Sa "réforme" n'est évidemment pas satisfaisante.

Ce n'est pas un cas isolé. Comment ne pas y voir clairement la même "logique" que pour le CPE, les gros accrocs au Code du travail pour y introduire la flexibilité et la précarité et, cynisme jusqu'au-boutiste, la casse programmée du Code lui-même.

Mettant en avant la douloureuse situation des intermittents, Pascale Ferran s'est lancée dans une défense de la spécificité française. Le statut des intermittents "unique au monde et pendant longtemps remarquable (...) permettait d'atténuer un peu la très grande disparité des revenus dans les métiers artistiques", a dit la cinéaste. Or il est en train de "passer d'un système mutualisé à un système capitalisé", ce qui "change tout".

La lauréate en a profité pour élargir le débat aux enjeux publics de la culture et notamment pour le cinéma. D'une voix posée mais ferme, elle a poursuivi par une attaque du mode de financement des films et plaidé pour une politique active en faveur de la culture.

Elle a incriminé la "fracture récente" qui s'insinue entre "des films de plus en plus riches, et des films extrêmement pauvres". Ce décalage croissant "trahit l'héritage des plus grands cinéastes français".

"Peut-être est-il temps de se battre méthodiquement pour refonder les systèmes de solidarité mis à mal et restaurer les conditions de production et de distribution de films qui, tout en donnant à voir la complexité du monde, allient ambition artistique et plaisir du spectacle", a-t-elle poursuivi.

"Nous n'y arriverons pas sans une forme de volonté politique, d'où qu'elle vienne", concluant avec ironie : "Rassurons-nous, il reste 55 jours aux candidats à l'élection présidentielle pour oser prononcer le mot “culture".

Son intervention a été très applaudie.

3 août 2009

Election : Analyse comparée des scrutins 2001-2009

Un citoyen aixois, que je remercie de m'autoriser à publier, m'a fait parvenir cette analyse que je trouve très intéressante. Il s'est penché sur les résultats enregistrés dans les bureaux de vote ce mois de juillet et les a comparés à ceux de 2001 qui présentaient le même type de confrontation, à savoir un duel au second tour.

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Medvedowsky et Joissains (dessins de Trax et Ch. Lopez dans "Le Ravi")

Les duels électoraux à Aix-en-Provence :

Petite analyse comparative 2001-2009

Une première analyse, globale et rapide, des résultats des élections de juillet 2009 à Aix peut conduire à une analyse erronée de l’évolution de l’électorat du 1er au 2e tour. En effet, avec 43.972 votants au 2e tour contre 39.199 au 1er tour, on dénombre bien près de 5.000 votants supplémentaires. La liste Medvedowsky-De Peretti-Guerrera a bien obtenu 21.430 voix au 2e tour, tout près de la somme des 21.917 voix recueillies par les 4 listes qui ont appelé à voter contre Maryse Joissains au 2e tour. Et certains ont pu en déduire qu'Alexandre Medvedowsky et François-Xavier De Peretti avaient "rassemblé" et que la victoire, étroite (187 voix) de Joissains était due aux 5.000 électeurs supplémentaires du 2e tour (en laissant sous-entendre qu’il y avait eu tripatouillage en particulier grâce aux 4.000 procurations) ; laissons les juges apprécier.

Mais l’analyse est bien trop sommaire : reprenons-la en analysant les résultats de chaque bureau de vote entre les 2 tours et en les comparant aux résultats de l’élection de 2001 qui fut, comme en 2009, un duel entre Maryse Joissains et une tête de liste de Gauche : Jean-François Picheral en 2001, Alexandre Medvedowsky en 2009. Cette comparaison est plus judicieuse que le parallèle avec les dernières élections européennes qui sont d’une autre nature.

1ère observation : au 2e tour de 2009 ont été comptabilisés 925 bulletins blancs ou nuls, soit 2,5%, sans oublier les nombreux électeurs du 1er tour qui n’ont pas voté au 2e, ainsi que les assesseurs ont pu le constater sur les listes d’émargement. On peut en déduire, ces chiffres paraissant plus importants dans les bureaux où Nathalie Leconte a fait ses meilleurs scores, qu’une partie des électeurs de l’extrême-gauche n’a pas voté au 2e tour pour Medvedowsky.

2e observation : l’analyse comparative, bureau par bureau, indique clairement qu’au moins 50% des voix de Stéphane Salord sont allées à Joissains dans tous les bureaux de vote : ce qui est logique sociologiquement et politiquement.

3e observation : même dans les bureaux où Salord a été très faible au 1er tour, on constate une déperdition supplémentaire de 3 ou 4% des voix écologistes vers Joissains. Ceci permet de déterminer un indice de report au 2e tour des voix vers la liste Joissains qui calcule le % approximatif des électeurs de Salord (au-dessus de 50% de son total du 1er tour) additionnés aux électeurs de Guerrera qui se sont reportés au 2e tour sur Joissains. Cet indice varie de -2,4 à +7,7% selon les bureaux.

En dressant la carte, par bureaux, des votes Medvedowsky et Joissains au 2e tour et de Picheral au 2e tour de 2001, on constate une accentuation du divorce politique et sociologique dans la ville d’Aix : 39 bureaux ont donné la majorité à Medvedowsky et 47 à Joissains. 

L’électorat majoritaire de la liste Medvedowsky accentue encore la concentration déjà observée en 2001 :

Ÿ un petit noyau, traditionnellement à gauche, au cœur de la vieille ville : bureaux 1, 2, 3, 6, 83.

Ÿ un fort noyau de 6 bureaux dans les quartiers populaires des immeubles des quartiers Nord et Nord-Est, avec de fortes progressions par rapport aux résultats de Picheral en 2001 : +12% à Beisson, +8% à Jules-Isaac, +16% à la Pinette.

Ÿ un très fort noyau homogène, de 17 bureaux, des quartiers Ouest (Encagnane et Jas-de-Bouffan) où pas un bureau n’a voté majoritairement pour Joissains ! Plusieurs bureaux ont été gagnés par Medvedowsky par rapport au vote pour Picheral de 2001, avec des taux de progression moyens ou importants (+14% au bureau 17),

Ÿ enfin une couronne de 5 bureaux des quartiers Sud de la ville, depuis le bureau 38 du Val St-André jusqu’au Pigonnet et au Pont de l’Arc où l’électorat de Medvedowsky a progressé de 1 à 6%, surtout aux Fenouillères et au Pigonnet : ce rejet de Joissains dans ces quartiers est peut-être lié à la gare routière, au Plan Campus et au projet de clinique au Montaiguet ?

Ÿ 2 bureaux aux Milles et 2 sur le plateau de Puyricard complètent ces fiefs de la liste Medvedowsky, avec une progression notable de 9 points au bureau 42.

Par contre, la liste Medvedowsky 2009 a perdu de nombreux bureaux, et en %, au profit de Joissains dans tous les autres quartiers de la ville (47 bureaux) :

Ÿ les quartiers résidentiels de l’Ouest et du Nord, y compris les Granettes (-7%),

Ÿ les quartiers résidentiels de l’Est, dont la Torse,

Ÿ les quartiers Sud et Est du centre-ville dont une partie du Pigonnet qui votait Picheral,

Ÿ les villages de Luynes, de Couteron, 4 bureaux sur 6 des Milles et 6 bureaux sur 8 du plateau de Celony-Puyricard.

D’ailleurs, c’est dans ces bureaux où Joissains a obtenu la majorité au 2e tour qu’on trouve les indices maxima de report de voix de Salord-Guerrera (avec des maxima de 4,8 à 7 aux Granettes, au Rocher du Dragon, à Puyricard, cours des Alpes, Beauregard, la Chartreuse, Prêcheurs, Jules-Ferry, Salliers, rue de la Molle et aux bureaux 65 et 80 des Milles), ce qui signifie une meilleure mobilisation de l’électorat Joissains dans les quartiers traditionnellement à droite. Ainsi, l’influence des 5.000 votants supplémentaires du 2e tour ne doit pas être négligée mais, étant très proche entre tous les bureaux (différence de 1,5% maximum), on ne peut que constater que les nouveaux électeurs se sont répartis entre les 2 listes candidates du 2e tour.

En conclusion, le scrutin municipal de juillet 2009 démontre à nouveau la coupure sociologique, territoriale et politique de la ville d’Aix qui reste majoritairement à droite. Certes, la droite a reculé par rapport aux élections législatives, de 57 à 50%, mais le rejet de Joissains n’est pas suffisant pour permettre à l’opposition de dépasser la barre des 50%.

La gauche aixoise reste à son étiage de 42-43%, obtenu par Medvedowsky au 2e tour de 2008. L’apport du MoDem, avec De Peretti, n’a pas dépassé les 7-8% déjà obtenus aux élections européennes. Et les voix de la vengeance de Salord sont restées marginales.

Le résultat est, pour l’opposition, plus mauvais que celui de Picheral en 2001, dernier duel comparable, puisque Picheral avait réalisé 49,5% lorsque De Peretti et Salord avaient noué leur alliance avec Joissains ! Ce scrutin montre aussi que l’électorat écologiste ne vote pas totalement à gauche, ce dont on se doutait après leurs 21% aux élections européennes.

L’alliance entre le PS, le MoDem et les écologistes au 2e tour 2009 aurait dû être gagnante, et elle peut l’être pour l’avenir ; encore faudrait-il qu’elle ait à sa tête, comme l’étaient Ciccolini, Philibert ou Picheral, un homme ou une femme capable de rassembler tous les socialistes et toute la gauche et inspirant confiance par son projet et son image aux centristes et aux républicains de progrès qui sont nécessaires pour dégager à Aix une majorité nouvelle. Puissent le PS et la Gauche en tirer les leçons et les conclusions qui s’imposent s’ils veulent emporter à nouveau la confiance et l’espoir d’une majorité d’Aixois.

(Auteur : Pierre DARLES, 22 juillet 2009)

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