mardi 24 avril 2007

Brèves du front aixois

Genzana complote, Joissains veut le réduire en compote

Je le disais ici le 17 avril, la guérilla est ouverte entre Joissains et Genzana. Plus personne ne croit – en tout cas, moi, je n'ai jamais mordu à l'hameçon – les habituelles déclarations d'allégeance et de fidélité de Genzana envers Joissains. Cette dernière ne se prive pas de faire savoir à ses comparses marseillais de l'UMP, et à la presse, qu'elle a été "choquée" par la campagne d'affichage de son adjoint séparatiste. Gaudin et Genzana ont beau tenter de la rassurer, rien ne convaincra Joissains de rejeter l'idée qu'un complot est fomenté contre elle. Dommage qu'elle ne s'en aperçoive que maintenant. C'était pourtant déjà quelque chose d'évident dès… 2001. Il faut donc s'attendre à ce qu'elle ne soit pas tendre. On devine même que ça va saigner et qu'il va falloir s'apprêter à être les témoins involontaires de quelques liquidations sans fleurs ni couronnes.

Joissains est-elle encore majoritaire ?

A Aix, au premier tour, 47,11% des électeurs ont voté pour la droite UMP et ses extrêmes. Cela ne fait pas une majorité. 52,89% veulent autre chose que des idées d'arrière-garde qui sentent la démagogie et l'individualisme. Allez, un peu d'espoir ne fait pas de mal.

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mercredi 18 avril 2007

Rions encore un peu avec Genzana

Aix et, n'ayons pas peur des mots, la terre entière attendaient les résultats de sa consultation forcément cosmique. La presse nous dit que Genzana a rendu compte, avec un mois de retard, de ce qui intéressait les Aixois. Pas tous, puisque la salle du centre des congrès n'a pas fait le plein et j'assume la mesquinerie de mon propos.

Mais, d'après l'orateur, 2453 réponses lui sont parvenues, "il y a eu beaucoup plus de contributions que nous l'espérions". Faut-il déjà préciser ici que, pour qui a visité le site Internet, le questionnaire était formaté – verrouillé ? – et n'offrait que trois choix possibles à classer pour chacun des neuf thèmes proposés et que, au bout du quizz, il fallait ne retenir que cinq thèmes.

Le hic, c'est que les réponses partielles étaient impossibles. La validation ne fonctionnait que si l'on avait procédé à tous les choix. Autrement dit, le système enfermait chaque participant dans un circuit pour mieux le rendre captif. Bon, admettons tout ça.

Mais quand même, avait-il vraiment besoin d'un projet et d'une équipe et de déployer autant d'énergie pour sérier les problèmes que connaissent tous les Aixois ? On ne peut donc s'étonner que les soi-disant réponses fournies par les consultés enfoncent une seconde fois les portes déjà ouvertes par un questionnaire qui, lors du lancement le 15 septembre dernier, était décrit comme "une véritable attente des Aixoises et des Aixois", rien que ça !

Je ne voudrais pas donner l'irrévérencieuse impression que je me moque – si, un peu tout de même – mais distribuer 90.000 questionnaires papier, lancer un site et placarder des affiches grand format dans toute la ville, le tout pour, dit-il, 40.000€, et découvrir de telles banalités, cela fait cher le point d'interrogation.

Bon, venons-en aux faits. Qu'est-ce qu'ils veulent encore ces Aixois ? Ils souhaitent donc "l'amélioration de la vie quotidienne". Franchement, vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui demandent une détérioration ? Ils désirent aussi que l'on traite "la propreté, la circulation et les transports collectifs", non, pas possible ? Que de camouflets pour cette municipalité ! Plus surprenant, – je plaisante encore, voyons ! – ils placent aussi "la sécurité, le renforcement des effectifs de la police municipale, le logement et l'accession à la propriété et la nécessité de réviser le POS" comme leurs autres priorités.

C'est sans doute parce qu'ils n'ont pas dû se rendre compte que, depuis six ans, Genzana est membre de l'OPAC et, surtout, – lisez ça ! – "délégué à l'habitat, à l'équilibre social de l'habitat, au programme de l'habitat, au renouvellement urbain et à la politique de la ville" au sein de la CPA et qu'il n'a rien fait.

Quant au maire, qu'il dit encore soutenir, elle avait promis des logements à tout le monde, la vente des HLM à leurs occupants, une sécurité efficace (Ah bon ? Il y a encore des braquages ?) et des transports gratuits. Quant à la transformation du POS en PLU, le courage politique leur a conseillé de reporter ça après les élections.

Tant d'esprits visionnaires et bienfaisants m'émeuvent et m'époustouflent ! D'autant que, pour la grande consultation, il a également été fait appel à des "grands témoins de la société civile", quand il suffisait simplement d'aller interroger une dizaine de personnes sans travail, sans logement, sans argent pour prendre le bus ou payer un loyer.

Et pour finir, savez-vous que le site n'a toujours pas publié les résultats, ne serait-ce que pour rendre au moins la politesse à ceux qui ont répondu au questionnaire. Il est figé comme au premier jour, inerte à l'image de cette équipe dont Joissains a raison de dire qu'elle recèle quelques "rigolos".

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mardi 17 avril 2007

Bruno Genzana ou la magie des tours ratés

Genzana me fait penser à ces prestidigitateurs qui, n'ayant jamais réussi leur numéro, persistent dans le métier en rendant comiques les trucs et les ficelles de tours ratés. La misère, avec lui, c'est que les subterfuges sont toujours un peu gros et ça finit par faire des nœuds.

Je dois dire que, ayant beaucoup observé l'art de Genzana depuis un quart de siècle, plus rien ne me fait surprise venant de sa part. Depuis, je ne peux entendre une de ses prises de parole ou lire une de ses interviews sans me gondoler. Et, à l'âge qu'ont mes os, je me conseille souvent d'être assez prudent pour ne pas me les déformer en riant.

Au hasard, prenons l'article paru lundi dans La Provence et dont un propos tenu par l'intéressé, "Le pacte de confiance n'est pas rompu", fait titre. Je sais que la phrase qui suit est réductrice, mais je résume à ma façon pour ceux qui n'ont pas savouré le potage de Genzana : "Tout va bien, je prépare l'avenir, je suis fidèle à Joissains et la droite gagnera grâce à moi".

Reprenons quand même un peu les choses.

¤ Concernant la portée de sa grande consultation, notre grand visionnaire déclare : "Il n'y a pas urgence, avant de penser à la prochaine municipale, il y a une présidentielle et des législatives". Mais, sur son site, le même écrivait le 7 décembre dernier : "Le temps de construire ensemble un projet pour Aix et le pays d'Aix est venu". Possèderait-il deux calendriers dont il aurait le pouvoir magique de faire s'écouler le temps de l'un à un rythme différent du second ? Les scientifiques auront un jour à résoudre cette énigme.

¤ Puis, flagornant comme jamais, le grand mage d'Aix fait un cirage de pompes avec force courbettes : "Joissains a toujours eu l'intelligence politique de préférer les additions aux soustractions". Sauf que, en 1989, elle a été la principale frondeuse séparatiste contre le maire de l'époque, Jean-Pierre de Peretti della Rocca, et que cela a abouti à la mise en minorité du brave homme sur le budget. Ce qui a contribué, parmi d'autres causes, à la perte de la mairie par la droite pour douze ans.

¤ "Le pacte qui nous unit n'a pas été rompu". Sauf que, si l'on a bien compris, la campagne d'affichage a été lancée de sa propre initiative, Joissains, elle-même, ayant dit qu'elle n'avait pas été informée et qu'elle ignorait qui avait payé ! Ca, c'est la fidélité proclamée à la Genzana mais, dans les coulisses, nul n'est plus expert que lui pour jeter au sol les peaux de banane à plein régime.

¤ "J'observe, notamment depuis le lancement des "Ateliers de l'avenir" que De Peretti et Joissains ne sont ni l'un ni l'autre sur le même mode de relations qu'avant l'été 2006". Là, on quitte le cirque pour le festival du rire et ses grosses blagues. A Aix, tout le monde sait que François-Xavier De Peretti n'a jamais été aussi virulent contre Joissains et ses élus que cette année. Et même que ça s'aggrave chaque jour.

¤ "Joissains a estimé que le coût de ce travail de consultation et de communication pourrait être imputé à son compte de campagne législative". Faire croire qu'il a choisi de ne pas être suppléant pour un si grotesque motif, c'est plus fort qu'un spectacle de Dani Lary ! En vérité, Joissains l'a foudroyé pour mieux le dissoudre. Elle ne veut plus entendre parler de lui.

¤ "Moi qui ai toujours travaillé dans le sens de l'union". Les bonnes mémoires n'auront aucun mal à se rappeler qu'en 1995 Genzana figurait sur la liste du RPR Jean-Bernard Raimond en concurrence directe contre deux autres listes de droite, dont celle d'Alain Joissains. Plus loin encore, je me souviens qu'en 1986 Genzana avait déjà tenté de lancer sa candidature pour la cantonale d'Aix-Sud-Ouest, avec déjà campagne massive d'affichage, et que le maire lui avait aussi déjà fait ranger ses banderoles par amical conseil qui valait ordre impératif.

Voilà, cela fait donc depuis 1983, année de son premier mandat municipal, que Genzana finit toujours par faire le toutou qui rentre dans sa niche. Mais évidemment, "le pacte de confiance n'est pas rompu".

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lundi 29 janvier 2007

Vœux : les couteaux sont tirés, il faut les planter

Janvier s'achève et les vœux aussi. Dommage, serais-je tenté de dire. Car on en a vu et entendu des toutes les couleurs. Surtout au sein de la municipalité.

Le maire, à qui je n'ai rien demandé et en mon absence volontaire à son show, m'a placé sur la liste de ceux qui méritaient une bonne note pour le travail accompli. Je ne sais pas si c'est un clin d'œil pour me pousser à encore moins la ménager que d'habitude. Mais si c'était le cas, cela relèverait presque de la gourmandise.

Et puis, me rapporte-t-on, dans sa longue litanie de noms – faut-il être dans le besoin de soutien pour encenser ainsi – elle a rayé celui du candidat Genzana qui n'est plus en cour. Il a pris ses distances, paraît-il. Enfin disons qu'il ne va pas jusqu'à démissionner pour assumer totalement sa dissidence. Il a organisé sa propre cérémonie quelques jours avant. Et, à la conférence de presse sur la prochaine saison du Festival, il n'a pas eu droit à la prise de parole traditionnelle du délégué hors pair qu'il est. A franchement parler, ses discours sirupeux n'ont pas dû manquer à grand monde tant ils sont convenus.

Salord, a lui aussi fait vœux à part, j'allais dire vin à part, car il a convié ses invités à un buffet campagnard dans une propriété viticole. Serait-il pris d'une griserie du pouvoir ? Je n'en serais qu'à demi surpris. Plantard, lui, voit plus grand et investit le centre de congrès ! Une occasion sans doute pour en plus dire qu'au conseil municipal où nul ne connaît vraiment le son de sa voix.

Je passe sur la rude offensive lancée par de Peretti le soir même des vœux du maire. Une concurrence loyale qui en a régalé plus d'un, raconte-t-on. Vivement janvier prochain pour le lancer des couteaux, seconds ou pas.

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dimanche 7 janvier 2007

La dernière bonne blague de Gaudin sur Joissains

BlagueOn se demande bien pourquoi on irait croire qu'il y a des problèmes entre le maire d'Aix et le maire de Marseille. Non, non, tout va bien. Le ciel est bleu. Le soleil brille. A l'UMP, c'est la joie. Il n'y a pas de coups fourrés. Qu'est-ce que vous allez penser là. Gaudin l'a dit à la télévision : "Je n'ai pas de problème avec Mme Joissains." Serait-ce sa dernière blague ? Alors, rappelons quelques faits.

D'abord, Mme Joissains, qui s'est fait prendre de court, a fait savoir qu'elle voulait parler "d'égal à égal" avec Marseille qui postule pour devenir capitale européenne de la culture. Gaudin ne veut rien savoir et cherche à convaincre d'autres communes qu'Aix pour s'associer à sa candidature.

Ensuite, à propos de la campagne d'affichage de Genzana, il a juste ajouté: "Il est normal que des élus aixois que je soutiens puissent aussi jouer un rôle politique." Cela ne laisse aucun doute sur la manœuvre. Le slogan de Genzana est explicite, "Un projet, une équipe", donc autour de lui et sans elle.

Dans un premier temps, Joissains n'y a vu que du feu. Comme cela commence à faire jaser, elle dit ne pas avoir rencontré Gaudin depuis quelques temps et se demande pourquoi il paie cette opération de promotion pour un de ses adjoints. Cela montre à quel point les relations sont confiantes et amicales.

Elle aurait pu quand même se méfier un peu. Depuis les années 80, Genzana est candidat à tout mais, comme un bon suiviste, il finit toujours par rejoindre l'équipe qui va gagner ou… perdre. Lorsqu'il a voulu voler de ses propres ailes et être, par exemple, président de conseil général, rien que ça, il s'est cassé les dents et il a remis la tête sous terre.

Ce mois de décembre, la démangeaison lui reprend et ce sont les autres qui se grattent. Il se répand ici et là pour déclarer qu'il est solidaire de la majorité municipale. Mais il ne perd pas une occasion de critiquer le maire qui n'a pas assez fait et donc... lui non plus. Cela fait penser au double langage de Sarkozy (c'est la même maison) qui veut la rupture mais qui fait partie du gouvernement depuis cinq ans. Que doit-on penser de tout cela ? Les paris sont ouverts. D'autant que la présidentielle et les législatives pour lesquelles Joissains est investie (Genzana sera-t-il encore son suppléant ?) auront un impact sur la suite des événements.

En tout cas, pour l'instant, c'est le désordre. Les lignes de fracture sont maintenant bien visibles dans ce qui reste de la majorité municipale. Certains élus n'ont pas hésité à me confier que leur choix est fait, qu'ils n'ont plus à se cacher pour provoquer la chute de Joissains. Donc résumons, ça sent le roussi et la vengeance mais bien sûr il n'y a pas de problème. Moi, cela ne me met même pas en colère…

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samedi 30 décembre 2006

Aix-Marseille : Guerre des maires à l'UMP

dynamiteCe n'est qu'un début, mais la guerre va faire rage à l'UMP. Gaudin et Joissains se tirent dans les pattes. Le maire de Marseille a dégainé le premier pour demander que sa ville soit déclarée "capitale européenne de la culture". Le maire d'Aix n'a rien vu venir. Et prétend maintenant qu'elle ne se laissera pas rouler dans la farine.

Elle propose, par une pirouette peu convaincante, qu'Aix ait sa juste part dans le projet mais pas comme figurante. "Je ne vais pas faire la guéguerre avec quelqu'un qui est du même parti que moi", vient-elle de dire dans une interview diffusée par France 3. Gaudin, lui, ne s'est pas gêné pour la mettre devant le fait accompli !

Mais, il n'y a pas que cela. Le maire de Marseille semble bien avoir des arrière-pensées d'encerclement. Il ouvre aussi un autre front contre le maire d'Aix en soutenant, y compris financièrement, la très prématurée campagne d'affichage pour les municipales d'un adjoint de Mme Joissains, par ailleurs son suppléant à l'assemblée nationale. Genzana, qui a toujours faire mine de proclamer sa fidélité, commence à sortir de sa tranchée pour la déstabiliser.

Cela promet ! Les escarmouches vont bientôt prendre des allures de grandes manœuvres. De quoi compromettre la rupture soi-disant tranquille. C'est ça la famille UMP : l'Union pour un Mitraillage Parasitaire. A quand la  prochaine attaque ?

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samedi 23 décembre 2006

L'UMP la défie, Joissains se confie

NaufrageLongue interview du maire dans le journal La Provence de ce vendredi. Est-ce pour parler des sujets qui préoccupent les Aixois ? Pas vraiment, puisque deux sujets à peine abordés, le logement et la sécurité, sont expédiés en quelques phrases. Mais le ton est presque… touchant.

Pour le logement social, si elle n'a rien fait depuis six ans, c'est qu'elle n'a rien pu faire. Ce n'est pas sa faute, vous comprenez. Elle n'a pas eu le temps. Chaque fois qu'elle a un projet, tout le monde lui "tombe sur le dos" et lui crée des problèmes.

Pour la sécurité, en revanche, elle aurait rempli son contrat. "Les chiffres de la sécurité sont réellement excellents pour la période 2005/2006", ose-t-elle lancer. Sauf que… c'est précisément là que la recrudescence des violences et des délits commis à Aix a été la plus dramatique. Les chiffres sont démentis par les faits et ne suffisent plus à convaincre les Aixois qu'ils seraient en sécurité. Cela va si bien qu'elle s'apprête à envoyer sa millionième lettre à Sarkozy pour lui demander des renforts. Aveu on ne peut plus clair. Ce n'est plus crédible, pas besoin d'en rajouter.

La vidéosurveillance a pris du retard mais elle n'y est pour rien. "Cela coûtait plus cher que prévu et le marché que nous avons lancé a été infructueux dans sa première version." Sauf que… cela s'appelle de l'imprévision et qu'il nous a été annoncé que les prix étaient plus bas qu'au début. La vérité, c'est qu'il a fallu retarder sa mise en place parce que le budget rabougri de la ville ne le permettait pas.

Comme une histoire de corsaires

Alors, pourquoi avoir choisi d'accorder un si long entretien à la presse ? Voilà une bonne question.

L'essentiel était ailleurs. C'est pour commenter, sabre en main, la "tempête" (dixit le journaliste) qui secoue son équipe municipale. Car, c'est comme ça. Certains de ses adjoints se sont mis en tête de faire corsaires à part. Pour faire image, disons plus prosaïquement que le bateau est troué et qu'il prend l'eau de toutes parts. Cela commençait à trop se voir et se savoir.

Aujourd'hui, la chose est dite et vient confirmer l'existence des brèches, mais aussi la perte d'influence et l'isolement politique du maire. Et, si l'on comprend bien ses propos, pas seulement à l'hôtel de ville. Elle ignore quel but poursuit Jean-Claude Gaudin en accordant une aide financière de l'UMP aux adjoints dissidents aixois. "Je n'ai pas encore d'explication." (…) "Depuis le lancement de cette campagne, je n'ai eu aucun contact avec lui." Etonnant, non ? Le vice-président national de leur parti donnerait un coup de pouce à un élu en second, adjoint et suppléant, au détriment d'un maire et député. Cela ressemble fort à un coup tordu.

Quant à l'escapade personnelle de Bruno Genzana et de deux autres adjoints, il suffira d'apprécier le portrait qu'en trace leur maire préférée : "Je trouve cette campagne complètement déplacée et très exagérée à quinze mois de l'élection municipale. Qui plus est pour quelqu'un qui n'est pas candidat à la mairie, si j'en crois ce qu'il me dit à chaque fois que je le lui demande." C'est "une campagne d'un nombrilisme qui dépasse l'entendement."

Le naufrage d'un équipage

Cette stratégie lui paraît risquée car, ajoute-t-elle en passant une autre couche de peinture bien noire, "N'oublions pas qu'en 1989, les mêmes avaient fait perdre la ville à la droite après avoir tenté de déstabiliser le maire de l'époque." Quelle mémoire… amnésique ! A cette époque, Mme Joissains était première adjointe et, secondée par son actuel adjoint aux finances, elle a été la principale adversaire de Jean-Pierre De Peretti Della Rocca. J'en sais quelque chose, j'étais élu de l'opposition !

Et pour finir de dépecer son suppléant à l'assemblée nationale et ceux qui le suivent, elle tranche : "J'aurais préféré qu'ils travaillent pendant six ans au lieu de surgir comme des cheveux sur la soupe." En gros, ils ne fichent rien. (…) "Je ne crois pas que le débat soit enrichi par la bobine de Bruno Genzana." A noter la délicate mue du portrait en bobine ! (…) "C'est du bruit pour rien." Pas vraiment, quand on constate l'espace que cette affaire occupe dans l'interview.

Enfin, plus surprenant encore – Mme le maire ne doute de rien, "car en politique tout est possible" – elle imagine encore pouvoir faire alliance avec François-Xavier de Peretti entre les deux tours. Le maire est un grand stratège et nous le ne savons pas. Sauf que… la fusion de trois listes pour composer une équipe hétéroclite en 2001 ne lui aura donc rien appris sur les unions de façade. Il n'a pas fallu un an pour qu'intervienne le premier claquement de porte.

Le 19 décembre, trois jours avant la parution de cette interview, j'ai décrit ici l'ambiance délétère que je percevais dans cet équipage à la mésentente coriace par ancrage lointain. Comme sur le Titanic, il ne leur reste plus qu'à chanter pour tenter d'oublier le naufrage. J'ajouterai que, si les déclarations d'aujourd'hui viennent apporter quelque crédit à mon analyse, pareille situation ne peut me réjouir pour autant. Car, outre le fait que de telles conduites sont néfastes à la vie publique, elles ne peuvent être que fâcheuses pour les Aixois.

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