BlagueOn se demande bien pourquoi on irait croire qu'il y a des problèmes entre le maire d'Aix et le maire de Marseille. Non, non, tout va bien. Le ciel est bleu. Le soleil brille. A l'UMP, c'est la joie. Il n'y a pas de coups fourrés. Qu'est-ce que vous allez penser là. Gaudin l'a dit à la télévision : "Je n'ai pas de problème avec Mme Joissains." Serait-ce sa dernière blague ? Alors, rappelons quelques faits.

D'abord, Mme Joissains, qui s'est fait prendre de court, a fait savoir qu'elle voulait parler "d'égal à égal" avec Marseille qui postule pour devenir capitale européenne de la culture. Gaudin ne veut rien savoir et cherche à convaincre d'autres communes qu'Aix pour s'associer à sa candidature.

Ensuite, à propos de la campagne d'affichage de Genzana, il a juste ajouté: "Il est normal que des élus aixois que je soutiens puissent aussi jouer un rôle politique." Cela ne laisse aucun doute sur la manœuvre. Le slogan de Genzana est explicite, "Un projet, une équipe", donc autour de lui et sans elle.

Dans un premier temps, Joissains n'y a vu que du feu. Comme cela commence à faire jaser, elle dit ne pas avoir rencontré Gaudin depuis quelques temps et se demande pourquoi il paie cette opération de promotion pour un de ses adjoints. Cela montre à quel point les relations sont confiantes et amicales.

Elle aurait pu quand même se méfier un peu. Depuis les années 80, Genzana est candidat à tout mais, comme un bon suiviste, il finit toujours par rejoindre l'équipe qui va gagner ou… perdre. Lorsqu'il a voulu voler de ses propres ailes et être, par exemple, président de conseil général, rien que ça, il s'est cassé les dents et il a remis la tête sous terre.

Ce mois de décembre, la démangeaison lui reprend et ce sont les autres qui se grattent. Il se répand ici et là pour déclarer qu'il est solidaire de la majorité municipale. Mais il ne perd pas une occasion de critiquer le maire qui n'a pas assez fait et donc... lui non plus. Cela fait penser au double langage de Sarkozy (c'est la même maison) qui veut la rupture mais qui fait partie du gouvernement depuis cinq ans. Que doit-on penser de tout cela ? Les paris sont ouverts. D'autant que la présidentielle et les législatives pour lesquelles Joissains est investie (Genzana sera-t-il encore son suppléant ?) auront un impact sur la suite des événements.

En tout cas, pour l'instant, c'est le désordre. Les lignes de fracture sont maintenant bien visibles dans ce qui reste de la majorité municipale. Certains élus n'ont pas hésité à me confier que leur choix est fait, qu'ils n'ont plus à se cacher pour provoquer la chute de Joissains. Donc résumons, ça sent le roussi et la vengeance mais bien sûr il n'y a pas de problème. Moi, cela ne me met même pas en colère…