Aix et, n'ayons pas peur des mots, la terre entière attendaient les résultats de sa consultation forcément cosmique. La presse nous dit que Genzana a rendu compte, avec un mois de retard, de ce qui intéressait les Aixois. Pas tous, puisque la salle du centre des congrès n'a pas fait le plein et j'assume la mesquinerie de mon propos.

Mais, d'après l'orateur, 2453 réponses lui sont parvenues, "il y a eu beaucoup plus de contributions que nous l'espérions". Faut-il déjà préciser ici que, pour qui a visité le site Internet, le questionnaire était formaté – verrouillé ? – et n'offrait que trois choix possibles à classer pour chacun des neuf thèmes proposés et que, au bout du quizz, il fallait ne retenir que cinq thèmes.

Le hic, c'est que les réponses partielles étaient impossibles. La validation ne fonctionnait que si l'on avait procédé à tous les choix. Autrement dit, le système enfermait chaque participant dans un circuit pour mieux le rendre captif. Bon, admettons tout ça.

Mais quand même, avait-il vraiment besoin d'un projet et d'une équipe et de déployer autant d'énergie pour sérier les problèmes que connaissent tous les Aixois ? On ne peut donc s'étonner que les soi-disant réponses fournies par les consultés enfoncent une seconde fois les portes déjà ouvertes par un questionnaire qui, lors du lancement le 15 septembre dernier, était décrit comme "une véritable attente des Aixoises et des Aixois", rien que ça !

Je ne voudrais pas donner l'irrévérencieuse impression que je me moque – si, un peu tout de même – mais distribuer 90.000 questionnaires papier, lancer un site et placarder des affiches grand format dans toute la ville, le tout pour, dit-il, 40.000€, et découvrir de telles banalités, cela fait cher le point d'interrogation.

Bon, venons-en aux faits. Qu'est-ce qu'ils veulent encore ces Aixois ? Ils souhaitent donc "l'amélioration de la vie quotidienne". Franchement, vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui demandent une détérioration ? Ils désirent aussi que l'on traite "la propreté, la circulation et les transports collectifs", non, pas possible ? Que de camouflets pour cette municipalité ! Plus surprenant, – je plaisante encore, voyons ! – ils placent aussi "la sécurité, le renforcement des effectifs de la police municipale, le logement et l'accession à la propriété et la nécessité de réviser le POS" comme leurs autres priorités.

C'est sans doute parce qu'ils n'ont pas dû se rendre compte que, depuis six ans, Genzana est membre de l'OPAC et, surtout, – lisez ça ! – "délégué à l'habitat, à l'équilibre social de l'habitat, au programme de l'habitat, au renouvellement urbain et à la politique de la ville" au sein de la CPA et qu'il n'a rien fait.

Quant au maire, qu'il dit encore soutenir, elle avait promis des logements à tout le monde, la vente des HLM à leurs occupants, une sécurité efficace (Ah bon ? Il y a encore des braquages ?) et des transports gratuits. Quant à la transformation du POS en PLU, le courage politique leur a conseillé de reporter ça après les élections.

Tant d'esprits visionnaires et bienfaisants m'émeuvent et m'époustouflent ! D'autant que, pour la grande consultation, il a également été fait appel à des "grands témoins de la société civile", quand il suffisait simplement d'aller interroger une dizaine de personnes sans travail, sans logement, sans argent pour prendre le bus ou payer un loyer.

Et pour finir, savez-vous que le site n'a toujours pas publié les résultats, ne serait-ce que pour rendre au moins la politesse à ceux qui ont répondu au questionnaire. Il est figé comme au premier jour, inerte à l'image de cette équipe dont Joissains a raison de dire qu'elle recèle quelques "rigolos".