L'abattage massif des platanes du cours Mirabeau suscite autant de curiosité et de peine que de controverses. Normalement, les opérations doivent obéir à des règles bien précises. Mais entre l'arrêté du préfet, la position de la mairie et le regard des observateurs associatifs, les avis ne sont pas unanimes.  Alors, qu'en est-il vraiment ?

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Cliché pris samedi 24 février 2018 à 14 heures

Ne craignons pas d'emprunter à Guillaume Apollinaire pour constater et déplorer le drame. Nos valeureux platanes du cours Mirabeau tombent, ou plus exactement sont abattus un à un. Ordre du préfet, précise la mairie. 38.000 platanes, soit 19% du patrimoine arboré, sont répertoriés à Aix. Sur le cours, 26 d'entre eux sont malades. Des analyses le confirment. Si des lois et des règlements les protègent, ils exigent aussi leur disparition et celle de leurs voisins dans un rayon de 35 mètres pour risque de contamination par le chancre coloré (quel horrible nom !).
Depuis quand sont-ils là ? Depuis combien de temps nous ont-ils prodigué ombre et fraîcheur aux plus belles heures estivales ? Nous voilà nous-mêmes désormais mués en saules pleureurs.
Inévitable la coupe ? Oui, hélas. Mais le travail est-il accompli dans les règles de l'art ? C'est l'autre objet d'incompréhension. Déjà, à l'occasion des travaux des trois places, des associations avaient protesté et même entamé des procédures devant les tribunaux pour faire prendre en compte des expertises, seules aptes à distinguer les agonisants des encore pas mal portants. Et cela recommence avec les platanes du cours.
Selon certains observateurs aguerris, les dispositifs de coupe ne sont pas totalement respectés. Pire, la façon de mener les opérations sans les précautions nécessaires aggraverait la situation en contaminant outils, espaces et arbres encore viables.
Ils notent ainsi par exemple que l'entreprise Dolza, titulaire du marché public, n'applique que très partiellement les dispostions réglementaires : méconnaissance de la nature du produit de désinfection passé aux pieds des passants et des conditions de transport des bois coupés en récipient clos, pas de mesures suffisantes de protection des populations et de sécurité du chantier. Une vraie catastrophe, en somme, qui s'ajoute à la perte des arbres. Le passant, lui, ne sait plus à qui se fier. Il ne peut que se frotter les yeux devant le triste paysage qu'il découvre si mal lui prend de les lever.
Comment finir cet exposé ? Voilà, sourions un peu avec Jean de La Fontaine. Quelles plantations faut-il choisir ? Le roseau qui plie mais ne rompt pas au lieu du malheureux chêne qui n'a que l'apparence de la force ? Pure folie, il faudrait que le cours soit une rivière. Et l'on songerait à Guillaume Apollinaire, "sur le cours Mirabeau coule la peine".

platanes photo france 3 PACA
(Photo France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur)

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Pour en savoir plus…
Collectif Aix en arbres :

http://aixenarbres.fr/reponses-a-vos-questions-maladie-platanes-necessite-de-abattre/

La Charte de l'arbre votée au conseil municipal du 13 décembre 2017 :
http://www.aixenprovence.fr/IMG/pdf/chartearbrebd.pdf

" Aix : Ces platanes qu'on abat ! De quoi monter aux arbres !" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2016/10/07/34409410.html