Lundi, le tribunal de grande instance de Montpellier a requis 18 mois de prison, dont 9 avec sursis, et 10 ans d'inéligibilité contre Maryse Joissains. Et une peine de douze mois de prison, dont six avec sursis, et l’interdiction d’exercer une fonction publique durant cinq ans pour le fils du chauffeur. Voilà la maire d'Aix en bien mauvaise posture...

joissains correctionnelle affiche
(photo de Marsactu)
(Clic sur l'image pour agrandir)

Actualisation 17 mai 2018 00h10 : Le Canard enchaîné en parle (voir plus bas)
Un reportage de France 3 a montré l'arrivée de Maryse Joissains au tribunal de grande instance de Montpellier accompagnée de Sophie Joissains. Les images n'ont pas révélé si le chauffeur était du voyage. Interrogée par une journaliste, la maire d'Aix a répété qu'elle n'avait rien à se reprocher et qu'elle était en droit de recruter et s'est amusée à dire "moi j'ai trois collaborateurs (note : en fait, bien plus), Gaudin en a dix-neuf".
Non seulement Jean-Claude Gaudin ne fait l'objet d'aucune mise en cause de cet ordre et n'a rien à voir là-dedans mais cet argument est totalement fallacieux car il n'a aucune base juridique. Car ce qui pose problème est le dévoiement de la loi si l'usage des recrutements ne répond pas aux règles.
Voilà donc Maryse Joissains en mauvaise posture avec des réquisitions à son encontre de dix-huit mois de prison dont neuf avec sursis, et dix ans d'inéligibilité. Comme le fils du chauffeur qui a bénéficié d'un emploi fictif et contre lequel le parquet a requis douze mois de prison dont six avec sursis, et l'interdiction d'exercer une fonction publique durant cinq ans. 
Ci-dessous l'article de 20minutes publié à 22h45 hier soir.

joissains correctionnelle titre 20minutes

Une peine de dix-huit mois de prison, dont neuf mois avec sursis, ainsi qu’une peine d’inéligibilité d’une durée de dix ans, ont été requises par le représentant du parquet, lundi soir, à l’encontre de Maryse Joissains Masini (LR) à Montpellier.
La maire d’Aix-en-Provence, et présidente de la communauté du Pays d’Aix (note: au moment des faits reprochés), a dû répondre devant le tribunal correctionnel de soupçons de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts. Mise en examen en 2014, l’ancienne députée, âgée de 75 ans, est accusée d’avoir promu indûment son chauffeur, ami de longue date, et fourni des emplois de complaisance à certains de ses proches.

Tout est parti d’une lettre anonyme
Alerté en mars 2012 par une lettre anonyme, signée d’un "contribuable du pays d’Aix qui en a marre de l’usage frauduleux de l’argent public", le parquet avait ouvert une enquête, demandant que l’ancienne députée de droite ne soit pas jugée dans sa ville. Les enquêteurs avaient notamment pointé du doigt, au terme des investigations, "un mélange d’autocratie, de népotisme et de désinvolture dans l’engagement des deniers publics" à la mairie d'Aix ainsi qu’à la CPA.

Au cœur de ce dossier, la promotion du chauffeur et conseiller de l’élue, tandis qu’il ne figurait qu’à la 50e place d’une liste dressée par ordre de mérite. Ils se sont rencontrés en 1984, alors que cet homme venait de perdre deux proches dans un accident de voiture. Depuis, lui et l’élue, ancienne avocate, ont gagné des procès ensemble. "Des liens d’amitié se sont tissés, a confié devant le tribunal Maryse Joissains Masini. Il a posé sa candidature pour être chauffeur, et comme je le connaissais, je l’ai acceptée."
"Il me facilitait les choses"
Selon l’élue, son chauffeur, qui avait un poste de "coordination", faisait un travail "considérable". "Il m’emmenait dans les quartiers populaires, il me facilitait les choses, je pouvais tout visiter, sans aucune difficulté, raconte la maire d’Aix-en-Provence. C’est quelqu’un qui ne compte pas ses heures. Les gens ont son portable, ils l’appellent, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit (…) Il résout les problèmes, j’ai besoin de lui. C’est son engagement que j’ai voulu récompenser. C’est une promotion sociale."
Autre reproche fait par la justice à l’élue, l’embauche à son cabinet de la communauté du Pays d’Aix d’une militante de la cause animale, qui n’est autre que la sœur d’un de ses proches. Selon l’enquête, les missions de cette collaboratrice, qui bénéficiait d’une voiture de fonction, n’étaient pas dans les compétences d’une communauté de communes, et recoupaient d’ailleurs celles déjà remplies par un service municipal.

"Elle se consacrait pleinement à la cause animale"
Maryse Joissains Masini a assuré devant le tribunal que c’était la "compétence" de cette personne en matière animale qui l’avait poussée à l’embaucher. "C’est quelqu’un que vous pouviez appeler à n’importe quelle heure, le week-end ou les jours fériés, a noté l’élue. Elle se consacrait pleinement à la cause animale. Souvent, je me balade dans les campagnes, je rencontre des animaux maltraités ou abandonnés, j’avais besoin de quelqu’un qui soit disponible." Et si cette militante de la cause animale a été embauchée sans vote préalable de la communauté de communes, c’est parce que "le président a droit à cinq collaborateurs", et cette personne en faisait partie, assure l’élue.

La militante de la cause animale, qui ne travaille plus aujourd’hui avec la maire d’Aix-en-Provence, et le chauffeur ont bénéficié d’un non-lieu, et n’étaient donc pas jugés lundi.
Le fils de ce chauffeur, en revanche, a comparu devant le tribunal de Montpellier, aux côtés de l’élue. Il aurait bénéficié, selon la justice, d’emplois de complaisance au sein de structures sportives de la commune, où il aurait brillé, selon les investigations, par son absence. Le parquet a requis à son encontre une peine de douze mois de prison, dont six avec sursis, et l’interdiction d’exercer une fonction publique durant cinq ans.
Pour le procureur, les accusations de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts pour lesquels l’élue d’Aix-en-Provence est poursuivie sont "parfaitement caractérisées". Pour le représentant du ministère public, ils sont "d’une gravité extrême, car ils sont le contraire de la probité attendue d’un élu", a-t-il ajouté ce lundi soir.

Actualisation : Le Canard enchaîné en parle...

joissains correctionnelle canard 16