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A choisir, on aurait préféré entendre parler d'Aix en bien. Hélas, depuis trois jours, une déferlante de commentaires réprobrateurs et sarcastiques s'est abattue sur notre ville, sans que les Aixois eux-mêmes n'y soient pour quelque chose. Il a suffi que les propos démagogiques et tonitruants de la députée et maire d'Aix soient repris par les médias et sur les ondes.
Au soir des résultats du second tour de l'élection présidentielle qui a vu la chute de Nicolas Sarkozy, Maryse Joissains s'était livrée à une de ces déclarations outrancières au tréfonds inépuisable. Depuis, sa verve haineuse et extravagante n'a cessé de se déverser à pleins seaux.
Hier encore, elle répondait aux interviews de France Bleu Provence, de RMC et de La Provence dans lesquelles elle s'obstinait à répéter que l'élection de François Hollande à la présidence de la République n'était pas "légitime" (Voir mon article de jeudi). "Je considère que ce type d’élection se passe dans les républiques bananières". Du lourd, on vous dit !
Pour tenter de donner crédit à ses misérables arguments aussi loufoques que grotesques, elle annonçait qu'elle avait déposé une requête en annulation de l'élection, au moins celle du second tour. Dans la journée, un double camouflet lui est arrivé en pleine figure. Le Conseil constitutionnel a officialisé l'élection de François Hollande et a fait savoir que le recours de Maryse Joissains était rejeté. On s'en doutait.
Il n'en reste pas moins que, notamment sur les sites internet, la France entière raille et brocarde sans fin la maire et la députée, et plaint ces drôles d'Aixois qui l'ont élue, sous une avalanche de critiques comme on en a rarement vus.
Hier soir, Radio Zinzine m'a convié à commenter en direct la dégringolade dans le fossé de Maryse Joissains. J'ai essayé de montrer ce qui se cachait réellement derrière l'esclandre.
Finaude, elle ne dit pas que l'élection est "illégale" car elle sait qu'elle ne peut pas contester le résultat. Pour entretenir la confusion, elle choisit le vocable "illégitime" qui suggère plutôt une condamnation de nature morale, pensant que le grand public n'y verrait que du feu et en déduirait qu'il y aurait eu fraude ou méthodes délictueuses. Et voilà Maryse Joissains cherchant à installer l'image de celle qui lave plus blanc que blanc. C'est raté. Mais alors, pourquoi tout ce tintamarre ?
Plus prosaïquement, sa stratégie vise surtout à préparer l'élection législative de juin. Il y a au moins trois raisons pour le penser.
D'abord, comme on le sait, sa circonscription a été amputée de quelques bureaux habituellement réputés comme votant à droite.
Ensuite, le résultat de la présidentielle va certainement fournir une prime à la gauche et réduire d'autant celui de la droite un peu partout en France. Mais, s'il est vrai que Nicolas Sarkozy a été majoritaire à Aix, son score est cependant en recul par rapport à 2007. Maryse Joissains redoute donc le risque de se retrouver elle aussi avec un vivier de voix inférieur.
Enfin, le code électoral qui s'applique aux législatives se distingue sur un point essentiel de celui de la présidentielle. Si pour cette dernière, il ne reste que deux candidats qualfiés pour le second tour, pour les premières, il existe l'hypothèse de triangulaires, voire de quadrangulaires. Et c'est ce qui fait toute la différence.
Maryse Joissains n'ignore pas le détail de la carte électorale d'Aix et du Pays d'Aix. Dès le 22 avril, elle a mesuré le niveau élevé du vote d'extrême-droite même s'il n'a été que 15% à Aix. Cela veut dire qu'il serait possible pour la candidature FN de se maintenir au second tour - histoire par exemple de se venger férocement de l'UMP - et d'empêcher la ré-élection de la députée sortante.
A partir de ce constat, on comprend mieux pourquoi Maryse Joissains fait partie depuis longtemps du collectif dit "droite populaire". Et pourquoi, pour préserver ses propres intérêts, elle ne se prive jamais d'enfourcher allègrement des thèmes extrémisants, son ramdam démagogique de cette semaine étant censé montrer une posture d'incarnation naturelle du fonds de commerce du FN. Cela n'est évidemment qu'un autre leurre visant à mettre en avant l'idée d'un vote utile en captant dès le premier tour des voix qui pourraient lui en jouer un second fatal. Les électeurs qui tomberaient dans ce piège n'auraient, si l'on peut dire, qu'une triste consolation, celle de l'illusion d'avoir voté pour Marine... Joissains.

PS : Hier soir, sur LCM, elle s'est encore distinguée en parlant de "saloperies" et de "trouducs". Pour ma part, je souhaite conserver ma politesse et mon éducation.

Maryse Joissains, une grande juriste ? Quelle rigolade !
Ce recours démontre que la maire d'Aix ne connaît pas le droit !
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/549344-annuler-l-election-d-hollande-le-recours-de-maryse-joissains-ne-tient-pas-juridiquement.html
  
Du lourd !
L'interview dans La Provence :
http://www.laprovence.com/article/a-la-une/maryse-joissains-ce-type-delection-se-passe-dans-les-republiques-bananieres

Du balourd !
A propos de la requête en annulation :

http://www.laprovence.com/article/a-la-une/maryse-joissains-depose-une-requete-en-annulation-de-lelection-presidentielle

Au secours !

Gag ! Maryse parle en français !