montaiguet appel Lacoste
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Faut le voir pour le croire ! Comme ils paraissent généreux et innocents ces appels à planter des arbres au Montaiguet ! Regardons-y d'un peu plus près. Et petit résumé d'introduction d'abord.
Le 3 novembre 2009, la municipalité d'Aix-en-Provence a fait voter une délibération lançant une procédure de révision simplifiée du POS. Une révision partielle et ciblée pour rendre une parcelle de 22 ha constructible sur 12 ha dans le secteur dit Les Bornes situé à Pont de l'Arc en vue de l'implantation de la méga polyclinique Rambot pour transfert et fusion de ses activités actuelles et de celles de La Provençale.
Avant même cette décision, le projet a suscité de nombreuses réactions négatives. Et la délibération en question a fait et fait encore l'objet de multiples recours devant les tribunaux. Riverains, associations, comités d'intérêts de quartiers et mêmes médecins ont engagé un bras de fer pour contrer ce qu'ils considèrent être une hérésie urbanistique, environnementale, paysagère et patrimoniale.
A la pointe de la mobilisation, l'association des Amis du Montaiguet et de Pont de l'Arc et ses adhérents n'ont pas l'intention de laisser faire. Même si l'un de leurs recours demandant au tribunal administratif d'annuler la délibération a pour l'instant été rejeté, l'association a fait appel estimant que le jugement ne tient pas debout.

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montaiguet delib 3 nov 2009 1

Il se trouve que le projet présenté par la clinique Rambot réunit des associés dont l'un est médecin et conseiller municipal, Victor Tonin, gérant d'une société d'analyses médicales économiquement liée à la polyclinique. Or, comme on peut le voir dans ces deux documents, Victor Tonin a participé au vote de la délibération, ce que le Code général des collectivités territoriales ne permet pas.
Ce qui est étrange dans le cas présent, c'est que le tribunal reconnaît et mentionne une prise illégale d'intérêt lors du vote mais n'en tire pas les conséquences logiques.
La violation de l'article L.2131-11 du CGCT est manifeste. Mais le tribunal l'estime "regrettable" car "elle n'établit pas que la participation aurait été de nature à exercer une influence sur le résultat du vote". Cette interprétation de la loi est pour le moins surprenante sinon douteuse car l'article stipule clairement qu'en la circonstance le vote du conseiller municipal est illégal. C'est sur la base de cette interprétation contradictoire que l'association a fait appel.

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montaiguet TA extrait tonin

En parallèle, l'association a également déposé d'autres recours en illégalité contre le permis de construire de la clinique de nature à le faire annuler. Ce qui a d'ailleurs contraint la mairie à prendre deux nouvelles décisions, elles aussi attaquées, contre de nouvelles irrégularités : l'une efface le giratoire prévu à l'entrée de la clinique au profit d'un tourne à gauche, l'autre, dont la contestation est en cours, établit une convention financière entre la mairie et la SCI Les Bornes.
Par ailleurs, l'action de l'association a contraint le Dr Lacoste, patron de la clinique Rambot, à redéposer des permis modificatifs contre lesquels un nouveau recours a été engagé. Le Dr Lacoste avait déclaré : "La clinique se fera". Est-ce encore aussi sûr ?
Selon le calendrier prévisionnel qu'il avait initialement présenté, la première pierre devait être posée fin 2010 et l'ouverture était programmée à l'horizon 2011.
On parle maintenant du dernier trimestre 2012. Si toutefois de nouveaux rebondissements ne viennent pas contrarier la procédure, notamment en cas d'annulation de la décision du tribunal administratif.
En effet, si la cour d'appel émet un arrêt opposé, une nouvelle délibération du conseil municipal serait désormais impossible puisque la procédure de révision simplfiée du POS a disparu du droit depuis le 1er janvier 2010 (disposition de la loi SRU de 2000 qui transformait les POS en PLU, Aix ayant été incapable d'en produire un à ce jour et ce n'est pas demain la veille).
Sur le site, les travaux n'ont toujours pas pu commencer. Et, de toute façon, cela semble d'ores et déjà irréalisable puisque leur durée était estimée à 24/26 mois.
Autre interrogation, et pas des moindres, le budget du projet avait été évalué à 80 millions d'euros. Le Dr Lacoste avait fait ses calculs en y intégrant le prix de la vente de la clinique actuelle.
Depuis le début, l'Agence régionale de la santé avait fait savoir qu'elle ne donnerait pas un euro pour l'investissement. Ce qui tend d'ailleurs à démontrer que l'argument rabâché par le docteur et Maryse Joissains elle-même de la nécessité d'implantation d'un pôle sanitaire privé au Sud de la ville censé répondre à un souci de complémentarité et de cohérence avec le pôle sanitaire public au Nord n'était que du vent.
On sait, par expérience, que bon nombre de projets, sous-évalués à l'origine, finissent pas coûter plus cher que prévu. Les retards pris à ce jour devraient également alourdir la facture. On peut alors se demander si le tour de table financier, qui n'est pas une mince affaire, est solide et vraiment bouclé.
La polyclinique Rambot, un projet bien mal en point.

Le coup du "reboisement"

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montaiguet ARPCV appel reboisement

En forme de conclusion, impossible de passer sous silence les ultimes péripéties de l'affaire. En l'occurrence, deux invitations à la mobilisation pour aller planter des arbres sur le site, dans une zone qui se situerait derrière les bâtiments de la future clinique.
L'une (image en haut de l'article) du Dr Lacoste qui bat le rappel et convoque même ses salariés à se transformer en planteurs bénévoles du dimanche.
L'autre émane de l'Association pour le reboisement et la protection du Cengle-Sainte-Victoire (donc rien à voir avec le Montaiguet !) qui appelle ses membres à accomplir une bonne action pour les malades. Interrogé par téléphone par l'association des Amis du Montaiguet, le président de l'ARPCV a répondu que le Dr Lacoste lui avait sauvé la vie. Il lui avait aussi sauvé la mise car l'association n'avait plus de subventions et allait disparaître. Grâce à son bienfaiteur, il a ainsi, dit-il, pu sauvegarder un emploi de son association.
De plus, c'est le docteur qui paie les 5.000 plants et les adhérents vont être contents car ils n'avaient pas eu l'occasion de planter quoi que ce soit depuis un moment.
Voilà. Puisqu'on nous dit que la montagne est belle...

La saga de la polyclinique Rambot :
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Le site de l'association des Amis du Montaiguet et de Pont de l'Arc :
http://www.montaiguet-pontdelarc.com/