Qui veut persifler a besoin d'un peu d'entraînement et de beaucoup de constance. Votre blogueur, qui a l'intime et immodeste conviction d'être aussi votre préféré, s'y emploie comme il peut. Je veux donc revenir sur les incidents qui ont émaillé la séance publique du conseil municipal de lundi.

Avant l'ouverture officielle de la réunion, une délégation d'une trentaine d'étudiants est entrée dans la salle pour protester contre le sort fait aux universités par le gouvernement. Trop intrépides, ils ont franchi la limite qui sépare l'espace réservé au public et celui des élus.

Selon des témoignages concordants, ils devaient être reconduits vers la sortie à la demande de Jules Susini, adjoint à la sécurité. En tout, alors que ce n'est pas leur rôle, quatre élus de la majorité ont tenté d'intervenir. Deux d'entre eux, Gérard Deloche (ancien syndicaliste passé dans le camp adverse) et Jacques Garçon (UDF contestant le maire en interne pendant le premier mandat, devenu membre du NC pour décrocher une écharpe d'adjoint pour le second), ont voulu faire du zèle en jouant les gros bras.

D'où chahut et bousculades. Le journal La Marseillaise rapporte que certains agents de la police municipale ont un peu fait les "Rambo" en pratiquant "tutoiement à tout va, propos excitants, menaces et brimades sans distinction".

Le calme revenu, Maryse Joissains a ensuite laissé s'exprimer les étudiants qui ont lu une déclaration sur le sens de leurs revendications. Beau geste. Magnanime, mais qu'à moitié. Pouvait-elle faire autrement ? En effet, empêcher les étudiants de disposer de quelques minutes de parole ou les accuser de "sécher les cours" n'aurait pas été judicieux de la part d'une députée… qui ne met pas les pieds à l'assemblée nationale. Une fois leur prise de parole achevée, le maire a eu ces mots : "c'est terminé ?". C'est vrai quoi, quelle perte de temps l'université !

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Le Canard enchaîné du 6 mai 2009