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Ce n'est pas un sujet avec lequel on plaisante. Le problème causé par la proximité des antennes relais avec des lieux habités ou fréquentés par le public ne peut pas être traité par-dessus la jambe. Cela fait des années que partout en France et en Europe, des gens se mobilisent pour faire respecter le principe de précaution. Il s'agit de prendre en amont toutes mesures destinées à éviter d'avoir à agir après coup.

L'idée de la Charte de l'environnement qui a été ajoutée à la Constitution française en est la preuve. Dans notre pays, depuis au moins l'an 2000, des villes ont pris des décisions plus ou moins hardies pour faire face aux inquiétudes.

Le choix le plus généralisé a consisté à mettre en place une charte accompagnée d'un guide des bonnes pratiques. L'accord a toujours été signé entre les institutions et les opérateurs de téléphonie mobile. Dans ces documents, il est prévu de garantir l'information et la consultation des habitants pour rechercher la solution la mieux adaptée sans pour cela interdire la pose d'antennes.

On le voit, la démarche a déjà été expérimentée. Des exemples concluants existent. Ils peuvent servir de base à toute nouvelle situation comparable.

A Aix, depuis quelques mois, des habitants de plusieurs quartiers – Encagnane, Cuques, Pigonnet – ont fait part de leur souci en saisissant l'autorité la plus proche, la mairie. Le problème a été porté sur la place publique par le biais de tracts, grâce à des informations diffusées chez les habitants et par la presse.

En décembre, des questions ont été posées au conseil municipal par l'opposition. Le maire s'était engagée à agir, notamment pour les antennes posées sur un immeuble géré par l'OPAC Pays d'Aix Habitat dont elle est présidente et qui avait décidé d'installer ces antennes.

Double surprise après ce premier débat. Au conseil d'administration de l'Office, en l'absence du maire, le premier adjoint, des élus de la majorité et le directeur ont tenus des propos contraires aux annonces du maire. Peut-on être plus cynique ?

Puis, au conseil municipal de janvier, toujours en l'absence du maire, le premier adjoint a décidé de reporter le dossier qui prévoyait la création d'une commission visant à étudier la question. Par définition, le principe de précaution sous-entend des mesures d'urgence minimales telles que la désactivation des antennes contestées et la prise de décisions à titre conservatoire.

Le débat vient de prendre du retard et la responsabilité du maire peut-être engagée. Au mieux, la question ne sera de nouveau évoquée qu'au conseil de février. S'y ajouteront les délais de réunion et de travail de la commission. Si le sérieux est de mise - mais j'ai quelques doutes - les premières solutions ne verraient donc le jour que dans quelques mois. C'est carrément inconséquent.

L'association d'Encagnane vient de lancer un nouveau tract d'information destiné aux habitants (voir ci-après) reprenant une à une toutes les étapes de cette saga.