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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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30 mars 2010

Hulot ou comment virer du vert au rouge

 sarko_ecolo_hulot

On pourrait résumer cela en disant que Nicolas ne fait plus confiance à Nicolas. Plus trivialement, Nicolas Hulot se sent cocu. 
Hier, rouge d'une grosse colère, l'animateur télé a donc fait savoir que sa fondation suspendait sa participation aux travaux du Grenelle de l'environnement. Il claque la porte mais il se la prend en pleine figure.
En cause, le report, appris via la presse, de la taxe carbone, ce qui équivaut à sa carbonisation pure et simple par Sarkozy. Et, accessoirement, la mise en sommeil du processus pour lequel le même Sarkozy s'était engagé en 2007.
Trois ans après, alors que son film "Le syndrome du Titanic" voulait encore alarmer les foules, Hulot vient enfin de comprendre que le président n'a rien à faire de l'écologie sauf comme gadget politique de communication. 
"L'environnement, ça commence à bien faire !", a-t-il balancé en plein salon de l'agriculture. Hulot, fallait peut-être réfléchir avant au lieu de servir de caution ! 
Au final, le leurre électoral de Sarkozy ne vaut guère mieux que le manque de légitimité démocratique et morale de Hulot. La légitimité de Hulot, parlons-en. Est-ce l'audience de son émission sur TF1 ? Est-ce le chiffre d'affaires de sa fondation marchande de shampoings et autres gels-douche et sponsorisée par les pires pollueurs de la planète ? Non. Alors, tel est pendu qui croyait pendre.
P.S. : Je ne voudrais pas avoir l'air de me vanter mais, avec mes réflexes civiques quotidiens, je reste convaincu que je pollue des milliers de fois moins que Hulot quand il fait joujou avec le CO² à la tonne de ses hélicos. Est-ce aussi votre cas, chers amis lecteurs ? 

Le cas Halimi à Aix…

Ici aussi, on a vu fleurir un pacte écologique. C'était lors de l'élection municipale de 2009. A sa tête, le docteur Patrice Halimi qui, à défaut de s'engager ouvertement dans une liste, et qui s'est vu barrer son entrée par les Verts pour mener leur liste, a fait signer aux différents candidats un document de constats et de propositions à appliquer localement.
Pour les régionales, il a récidivé en remettant des idées d'action aux candidats, après avoir décliné l'offre du MoDem qui l'invitait à conduire sa liste.
Politiquement, Maryse Joissains, qui a signé le pacte comme tout le monde, ne semble pas se presser outre mesure pour établir les contacts avec l'association d'Halimi. Ce dernier lance donc des initiatives de réunions publiques sur divers thèmes touchant à l'écologie. C'est ainsi que, pendant la campagne de ce mois de mars, il a participé notamment à un meeting d'Europe Ecologie à Aix.
Il y a trois jours, on apprenait par la presse qu'il avait décidé de s'investir dans le collectif Europe Ecologie Pays d'Aix… qui comporte les mêmes Verts qui l'avaient éconduit. Est-ce l'engagement franc du docteur Pierre Souvet, membre de la même association et désormais élu conseiller régional EE avec Michel Vauzelle, qui a poussé Patrice Halimi à franchir ce petit pas pour une future stratégie gagnante ? Quoi qu'il en soit, on verra sans doute mieux ce qui se passe s'il y a une nouvelle élection municipale à Aix

Ce que j'écrivais fin 2006 :
"La main plutôt verdâtre de l'autre Nicolas" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2006/12/02/3319981.html

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7 avril 2010

"Le Ravi" d'avril nous dit tout sur les poubelles…

une_ravi_73Les habitués du blog le savent, j'apprécie "Le Ravi". Chaque mois, j'en relaie l'annonce de sa parution. Dans ce n° 73 d'avril (2,80€), les francs-tireurs de la rédaction ont braqué leurs principaux projectiles sur deux sujets : une analyse des résultats des élections régionales et une grosse enquête sur les poubelles. Les cinq pages de cette enquête font le tour complet du  dossier pour mieux plonger dans les décharges et les conteneurs et en trier les dessous pince au nez. Naples n'est pas loin. Mais ce n'est pas tout. Comme toujours, le  mensuel nous offre aussi de nombreuses autres rubriques et bien sûr de pétillants dessins.
(Clic sur l'image pour agrandir)

Le sommaire du n° 73 :
http://www.leravi.org/spip.php?article955
Le site du "Ravi" :
http://www.leravi.org/

8 avril 2010

Politique : Ça se passe aussi comme ça en Provence

Aujourd'hui, deux articles pour éclairer (édifier ?) les consciences. Le premier sur les méandres des subventions aux associations qui suscitent la curiosité de la justice. Le second sur la suite des "amabilités" échangées par Alexandre Guerini et Renaud Muselier qui en disent un peu plus sur les relations évidemment de "grande estime" au sein de l'UMP, auxquelles font écho les manières de grands seigneurs qu'entretiennent Jean-Noël Guerini et Jean-Claude Gaudin.
Mais qu'on ne s'y trompe pas, rien n'est fortuit. Cette féroce partie de billard à trois bandes où toutes les ruses sont permises, y compris celle de la bonhomie qui sert de masque à la fourberie de certains joueurs de pétanque, n'est que le prélude à la prochaine bataille municipale de Marseille. Et il ne peut y avoir qu'un seul gagnant.

(Clic sur les images pour agrandir)
Dans Bakchich Hebdo du 3 avril 2010
bakchich_clientelisme_PACA_3
Dans Le Canard enchaîné du 7 avril 2010
canard_rififi_7

26 mars 2010

Villepin nous fait Che

villepin
(Clic sur l'image pour agrandir)

La machine à faire du vide a battu hier tous ses records. Les médias ont déroulé le rouge tapis sous les ailées semelles de Dominique de Villepin qui les avait assignés pour son entrée hussarde en résistance et ses sorties artificieuses contre Nicolas Sarkozy.
Le grand homme est particulièrement choyé par toutes sortes de complaisances à son endroit. Qu'on se rende compte, sa conférence de presse était retransmise en direct sur plusieurs chaînes de télé ! Il faut en convenir, la baudruche sait attirer les courbettes. Il est vrai que, vu l'indigence du discours politique en cours, son style grandiloquent et compassé ne peut que flatter les micros, les caméras et les oreilles.
Mais en grattant un peu, que reste-t-il de ce spectacle monté à coups de projecteurs et de brassées d'air ? L'acrobate est meilleur parleur que faiseur. En effet, comment oublier ses brillants plantages sous Chirac qu'il a longtemps suivi dans les couloirs du pouvoir jusqu'à ce qu'il le sorte de l'ombre ?
N'est-il pas ce premier ministre qui, en fin stratège, conseilla à son président une catastrophique dissolution de l'Assemblée nationale aux dépens de son camp ? N'est-il pas ce glorieux entêté qui dut capituler devant la fronde contre le CPE ? N'est-il pas le blanc chevalier qui dépêcha un avion en Colombie pour aller soustraire sa copine Ingrid Betancourt à ses geôliers, un fait d'armes qui amusa tout le monde lorsque l'avion retourna vide ?
Hier, le jamais candidat ni élu nulle part Villepin a récividé dans la boursouflure, usant de mots plus vides que le néant. Il s'est déclaré "mal à l'aise dans la politique menée par la majorité". Seulement "mal à l'aise", pas scandalisé ? Non, non, faut rester gracieux même dans la fausse adversité.
Puis, pour montrer qu'on allait voir de quelles bûches il se chauffe, il a annoncé la création d'un mouvement "libre et indépendant, au-delà des clivages". A qui veut-il faire croire cela ? N'y aurait-il en France que des individus menottés ? Comment peut-il vouloir prétendre être indépendant en étant toujours inféodé à l'UMP ? Prend-il les gens pour des arriérés mentaux au point de leur vendre le mirage cachotier de l'apolitisme qui, comme chacun sait, conduit systématiquement à droite ?
A l'entendre égrener ses griefs garantis empruntés, il s'en fallait de peu pour qu'il nous la joue gauchiste et nous la fasse révolutionnaire. Grotesque et pathétique.
Si son but est d'essayer de ramasser les anti-sarko, on ne voit pas comment il pourrait convaincre à gauche, même en rejouant la scène jusqu'à l'usure. Pourtant, malgré le pompeux et pitoyable numéro d'hier, il ne faudrait pas négliger son côté utile. Tout n'était pas négatif.
D'ici 2012, la démarche peut s'avérer fructueuse et doublement enivrante. La condition est la suivante : il faut soutenir Villepin juste ce qu'il faut pour l'aider à atomiser Sarkozy. L'un ne pouvant plus espérer le désistement de l'autre et vice-versa, cela nous débarrasserait des deux et de la droite.
Reste à savoir si Villepin saura se montrer à la hauteur de notre confiance. Quoi qu'il en soit, ne soyons pas pessimistes. Nous tenons peut-être un autre saltimbanque en réserve. Faut juste vérifier si Patrick Sébastien ne serait pas plus crédible dans ce rôle. 

villepin_sarko

24 mars 2010

Sarkozy : Il ne s'est rien passé en mars...

canard_regionales_001

Ce mercredi midi, Nicolas Sarkozy, tel qu'en lui-même "je, je, je", a confirmé qu'il n'a rien vu, rien entendu. Et surtout, rien compris aux événements.
Tout reste en place pour continuer comme avant. Circulons ! Il ne s'est rien passé durant ces deux dimanches de mars.
Il avait pourtant parlé de pause. Il a dû confondre avec la pose ou la posture qu'il affectionne, celle d'un président déconnecté de toute réalité. 
Comme l'a résumé quelqu'un dans les médias, ce n'est pas avec trois rames qu'on sauve le Titanic. De quoi prendre un nouveau bouillon après avoir pris l'eau.

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23 mars 2010

Régionales : Sarkozy démystifié


 regionales_sarkozy
Sarkozy, cynique ou incompétent ?
http://www.marianne2.fr/sarkofrance/150eme-semaine-de-Sarkofrance-Sarkozy-est-il-cynique-ou-incompetent_a6.html

Au fait, vous avez entendu le premier ministre et tous les UMP dimanche et hier ? Ils n'ont qu'un mot à la bouche : les résultats des régionales sont une "déception". En décodant, cela signifie : il faut bien dire quelque chose, ça va passer et on n'en a rien à faire. Car, après l'évidence niée une semaine plus tôt, ce nouveau retour de bâton se voyait trop et là il fallait faire avec. Impossible donc à camoufler une seconde fois.
Mais ils n'y ont vu qu'une "déception". Et hop, circulez, pas la peine de se poser des questions sur l'abstention, sur les scores de l'extrême droite, sur les vingt ministres humiliés, sur le rejet de la politique gouvernementale, sur les inégalités sociales ou sur le désarroi des plus fragiles, pour ne prendre que quelques exemples.
C'est ainsi qu'on a entendu Jean-François Coppé, premier à intervenir aussitôt les résultats divulgués, simuler comprendre les messages que les électeurs ont voulu envoyer au gouvernement et au président. Tout ce cinéma pour dégainer aussi sec des recettes condamnées le jour même : la poursuite des "réformes" (maquillage langagier sarkozyen), le vote urgent d'une loi sur la burqa…
Et bien d'autres expédients façon sparadrap alors que, quelques jours auparavant, Nicolas Sarkozy claironnait l'annonce d'une "pause dans les réformes", le temps que le Parlement améliore les lois déjà entrées en vigueur (ah ! elles ne seraient donc pas si bonnes que ça !).
François Fillon, lui, reconnaissait tout de même, par la force des choses, le succès des listes de gauche, ajoutant que le gouvernement "n'avait pas su convaincre". Pas faux. Et, tiens, si ça se trouve, le gouvernement n'est pour rien dans tout ça. C'est vrai quoi, la faute en revient peut-être aux électeurs qui ne font aucun effort pour le comprendre. Sauf que, il s'avère de plus en plus difficile de tromper encore longtemps tout le monde.
Pour le fond, la tonalité a été livrée. Il ne faut s'attendre à aucun changement. Ces élections étaient régionales, pas nationales, avait averti le président. Pourtant, l'Elysée annonce "un remaniement technique". Notez bien, pas politique. Faut bien amuser la galerie. Alors, on cosmétise le gouvernement avec de faux nouveaux et un vrai viré. Vingt ministres battus et un seul pour porter la pancarte de la honte. Comme si le malaise n'était qu'une affaire de personnes.
Voilà la mascarade qu'on nous sert. Et rien sur une révision profonde de ce qui énerve et désespère fortement la population.
Mercredi, le président va parler. Il faudra bien l'écouter et l'observer. Par principe républicain  au moins. Car, question contenu, Fillon a déjà tout dit, gesticulations en moins.
Allez, achevons ce billet par un petit exercice qui mettra à l'honneur la richesse de la langue française. En telle circonstance, pourquoi avoir retenu le mot "déception" alors que l'offre lexicale est si variée : sanction, punition, déroute, défaite, débâcle, débandade, déconvenue, désaveu, dégelée, dérouillée, déconfiture, désillusion, bouillon, avoinée, volée, saucée, pâtée, claque, baffe, torgnole, mandale, raclée, fessée, déculottée, branlée, râteau, tôle… 

11 mars 2010

Comptes CPA : Le logement menace ruine (6)

logement

Le dossier logement épluché par la Chambre régionale et territoriale des comptes est sans doute celui qui, concrètement, est le plus dramatique. 
En gros, les reproches portent sur les objectifs peu ambitieux de la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix au regard des besoins réels, les moyens financiers engagés relativement marginaux par rapport aux dépenses totales de la CPA (seulement 1,76% !), les déséquilibres par zones géographiques, une atonie de la production démentant les intentions  affichées, une carence de logements locatifs sociaux, des problèmes de fonctionnement de l'Office "Pays d'Aix habitat". 
Lors de l'adoption du Programme local de l'habitat (PLH), Maryse Joissains s'était félicitée de son travail. Des mises en garde lui avaient été faites, précisément sur les observations que formule aujourd'hui la CRTC. 
Les familles en difficulté pour se loger savent ce qu'il en est de chercher un toit. Elles sont plusieurs milliers à patienter mais surtout à désespérer. "Pays d'Aix Habitat" est un feuilleton de déroutes sans fin. 
On peut toujours ergoter sur la rareté du foncier (mais sans Plan local d'urbanisme, quelles ambitions peut-on nourrir ?) ou sur les délais nécessaires aux montages juridiques d'opérations. En réalité, ce qui manque, c'est la détermination d'accorder la priorité politique et financière à une politiq ue audacieuse du logement. Sans cette volonté, tout devient frein. 
La Provence rapporte que, lors du conseil communautaire, Maryse Joissains fait mine d'admettre : "Nous ne sommes pas très bons en politique de l'habitat mais c'est pour toutes les communautés pareil". Un demi-aveu et une fausse excuse. 
"C'est un thème qui a été délaissé pendant des années, on ne monte pas en puissance en un claquement de doigts". Manipulation. La CRTC dit que dans les périodes précédentes la construction de logements était active. 
"A Aix, j'ai le quota de 20%". Mensonge. Dans un tableau récapitulatif, la CRTC montre que le taux de logements locatifs sociaux est passé de 19,38% en 2004 à 19,10% en 2007. 
De plus, être au pouvoir depuis près de dix ans, cela laisse le temps de mener une politique. Il faudra donc que Maryse Joissains assume l'entière responsabilité de ce bilan peu glorieux. 
Aix et le Pays d'Aix mettront longtemps avant de redresser cette situation. L'heure viendra-t-elle de changer de cap ?

Tous les articles sur les rapports de la CRTC : 
(1)
"Les comptes de la Chambre régionale en 110 pages" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/03/01/17079667.html

(2)
"Les comptes d'Aix vus par la Chambre régionale" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/03/02/17091960.html

(3)
"Les mauvais comptes de Joissains" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/03/04/17114752.html

(4)
"V'Hello : Le coût fumeux de la panne" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/03/06/17136445.html

(5)
"Les comptes de la CPA vus par la Chambre régionale" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/03/08/17158921.html

(6)
"Le logement menace ruine" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/03/11/17193924.html

10 mars 2010

Yves Kleniec, mon maître en politique

Le 31 mai 1988, dans la salle des Etats de Provence de l'Hôtel de Ville, Marcel Guindon (à droite sur la photo) rend un émouvant hommage à Yves Kleniec quittant le conseil municipal suite à sa brillante élection comme bâtonnier. L'ensemble des élus lui réservent une longue ovation debout. (Photo archives perso)

(Clic sur l'image pour agrandir)

yves_kleniec_mai_1988_001

A Yves, avec ma profonde gratitude 

Un ami, mon maître en politique, vient de disparaître. Comment raconter la vie et la carrière d'Yves Kleniec en quelques lignes ?
Avocat à 22 ans, homme des grands procès, défenseur tenace de la personne humaine, personnalité brillante au talent oratoire impressionnant, élu à l'unanimité (prouesse dont il était fier) bâtonnier de l'Ordre des avocats d'Aix, Yves Kleniec a mené de nombreux combats avec toujours à cœur le choix de l'humanisme, de la justice et de la dignité.
Né à Aix-en-Provence, arrêté puis emprisonné à l'âge de 17 ans par la Gestapo, échappant cependant de peu à la déportation, il rejoignit le maquis et participa à la libération. Côtoyer pareil homme crée des obligations. C'est comme un œil au-dessus de la tête qui ne vous quitte pas. Je n'ignorais pas quelle personnalité hors du commun il était.
En octobre 1982, à sa demande, j'ai eu la chance inestimable de rencontrer pour la première fois Yves Kleniec, dans son vaste bureau d'avocat regorgeant de piles de dossiers.
Il avait entendu dire que je m'intéressais à la vie publique par mes engagements associatifs. Le plus directement du monde, il me proposait de participer à la liste de gauche qu'il s'apprêtait à mener à l'élection municipale du mois de mars suivant. J'étais touché et intimidé par sa confiance.
Ce fut le début d'une amitié entière qui nous amena à siéger côte à côte au conseil municipal.
Tout de lui était exemple, que dis-je, modèle pour moi.
En 1988, devenu bâtonnier pour deux ans, il ne tarda pas à me faire part de son intention de démissionner du conseil municipal alors qu'il ne restait qu'une année de mandat. Dans son esprit, sa nouvelle fonction ne pouvait s'accommoder de son rôle politique.
Cela faisant, et serrant mon poignet, il me proféra qu'il fallait désormais que je navigue sans lui. Mon être trembla mais prit soin de n'en trahir aucun signe.
Nous nous sommes souvent revus autour d'une table, partageant repas et longues discussions. Ce n'était pas assez. Nous nous parlions également par lettres. Aucun de mes courriers n'est resté sans réponse.
Il ne manquait pas de m'inviter à des rencontres avec de grands noms du monde judiciaire tels Jacques Vergès ou Robert Badinter. C'est ce qu'il jugeait ainsi mais silencieusement être utile à ma formation. Un cadeau dont le poids contraint à la sueur.
Ce mois de janvier encore, il répondit à ma modeste carte de vœux sans que j'en devine alors la portée testamentaire :
"Yves, vieux retraité, accueille le jeune Lucien-Alexandre qui le rejoint dans les années retraite, ce qui lui permet de lui adresser ses vœux les plus sincères, nés d'une vieille amitié et de nombreux combats soutenus ensemble. Fraternellement à toi."
Fraternellement à toi aussi, Yves.

10 mars 2010

"Le Ravi" harponne les régionales… et Aix

une_ravi_72Le n° 72 de mars du "Ravi" propose un très bon dossier de six pleines pages sur les régionales. Cela tombe bien, on vote dans quatre jours. Mais il n'y a pas que cela. Cette fois-ci, Aix fait l'objet de nombreux articles et harponne Joissains. Et c'est toujours aussi réjouissant. Et puis bien sûr, on trouve tout ce qui fait la saveur du journal pas comme les autres : des reportages pas rébarbatifs, des portraits incisifs et des dessins corrosifs. Le menu inclut des recettes de cuisine, des bandes dessinées, des brèves et des infos culturelles. 28 pages pour seulement 2,80€, c'est sans concurrence !

Aix aussi à l'honneur en janvier
(Clic sur l'image pour agrandir)ravi_aix_cite_judiciaire

Le sommaire du n° 72 :
http://www.leravi.org/spip.php?article946
Le site du "Ravi" :
http://www.leravi.org/

26 février 2010

Miche Pezet sans langue de bois

Michel_Pezet_MPOn ne peut pas dire de lui qu'il balance des communiqués dans tous les médias au moindre de ses faits et gestes. Ou même qu'il parle à tort et à travers. Mais quand il s'exprime, il n'a pas pour habitude d'y aller par quatre chemins et choisit ses mots pour faire mouche. Ainsi, il y a peu, le journal La Provence demandait à Michel Pezet de livrer ses impressions sur la vie politique aixoise. Ses réponses sont directes et sans ambages. En voici quelques-unes.
Au sujet de l'élection de juillet 2009 : 
"Je pense que les Aixois n'ont pas trouvé les deux candidats à leur goût : ni l'un ni l'autre… Je crois aussi que ce recours a agacé les gens. Cela ne donne pas une bonne image de la ville. Cela entretient un mauvais climat général. Bref, c'est un peu beaucoup. De plus, ça permet à la municipalité en place de dire qu'elle ne peut pas travailler…"
Concernant la gauche à Aix : "Le salut peut venir d'une alliance plus large. Aix a bien montré qu'elle avait une composante plus à droite qu'à gauche. Il faut donc une opposition ouverte, avec des vraies propositions pour redynamiser cette ville qui donne l'impression de tourner un peu à vide. Bref, il faut une opposition avec des compétences." 
Sur l'alliance du PS avec le MoDem l'été dernier : 
"La liste de 2009 n'était pas crédible, dans le sens où elle rassemblait des gens qui, un an auparavant, se détestaient. Les gens n'y ont pas cru." 
Sur l'idée de grande métropole Aix-Marseille :
"Il faut voir ce que va faire le président avec les métropoles. Que les villes grandissent, c'est normal : c'est ce qui se passe ailleurs en Europe. Alors qu'il n'y a pas de villes capitales en France. Mais, en même temps, je suis contre la réforme territoriale telle qu'elle est imaginée, je suis contre la suppression des conseils généraux et régionaux. Une collaboration entre Aix et Marseille, c'est nécessaire. Les deux villes sont dans la même continuité. Nous ne sommes plus dans la concurrence, ce n'est pas Athènes contre Sparte. D'un point de vue de l'urbanisme, des transports, de la culture, les deux s'enchevêtrent. […] L'attitude de Maryse Joissains face à la métropole ? C'est son jeu. Son fonds de commerce."

 "L'Etat prédateur"

Dans le magazine départemental Accents qui vient de paraître, Michel Pezet donne son point de vue sur la réforme des collectivités locales.
"Les collectivités constituent un immense enchevêtrement de pouvoirs émiettés qu'il faut à l'évidence réformer pour plus d'efficacité.
Malheureusement, et comme un peu trop souvent avec le gouvernement actuel, cette nécessité politique sert aujourd'hui de prétexte pour engager une réforme purement idéologique, inefficace et dangereuse. Son projet de réforme des collectivités territoriales porterait en effet un coup fatal à la décentralisation en organisant le retour en force de l'Etat dans la gestion des politiques et des finances locales. 
Pour ne citer qu'une des mesures prévues, la suppression de la clause de compétence générale des départements et des régions retirerait à ces deux institutions la possibilité d'animer et de soutenir financièrement l'action des communes, des associations et des citoyens qui travaillent dans les secteurs du social, de la culture, du sport et du tourisme. 
Avec ce projet, le gouvernement veut encore nous faire croire, en 2010, que l'on aide mieux les gens lorsqu'on est confortablement calé dans un fauteuil à 800 kilomètres de là où ils habitent. Les élus locaux, qu'ils soient de gauche ou de droite, sont des gens de terrain, présents dans vos quartiers, vos villes et vos villages. Avec leurs qualités et leurs défauts, ils sont ceux qui vous écoutent au quotidien, que vous pouvez interpeller au coin de la rue, qui sont le mieux à même d'apprécier les priorités, les aides à apporter, les politiques à développer. 
La bataille qui s'engage au parlement sur ce projet va être dure mais l'espoir est encore permis tant il reçoit, de jour en jour, l'opposition de plus en plus d'élus de toutes tendances politiques. 
En voulant mettre la main sur les collectivités locales et leurs finances, l'Etat agit aussi comme un ogre sans tête qui s'apprête à précipiter les ressources locales dans le trou sans fond des finances publiques nationales. 
Ma conviction est d'abord que ce qu'il vous prendra, il ne vous le rendra pas. Ma conviction est aussi que la sagesse comme l'audace politique se trouvent aujourd'hui dans les institutions locales, proches des préoccupations. Une réforme est nécessaire, mais pas celle-là, et certainement pas au prix du sacrifice des politiques de proximité dont vous pouvez chaque jour éprouver les bénéfices."

23 février 2010

Régionales 2010 : Jeux et enjeux

"Un bulletin de vote est plus fort qu'une balle de fusil."
(Abraham Lincoln)

logo_regionales_2010Bon, reprenons nos vilaines habitudes. Depuis un mois, les sujets se sont accumulés. Le choix est vaste. Commençons donc par les élections régionales puisqu'elles auront lieu dans moins de trois semaines. Les listes ont été publiées. Les principaux enjeux sont connus. J'entends pourtant ici et là que cela ne passionnerait pas grand monde. Que les médias ne feraient pas bien leur travail d'information. Et que l'échéance 2010 serait marquée par une forte abstention.
Mon sentiment est partagé. Je suis d'assez près cette campagne via les médias. Et je trouve qu'on nous en dit suffisamment, pour peu que l'on se donne la peine de s'y intéresser.
Je peux comprendre que des citoyens préoccupés par l'emploi, le logement ou simplement la survie n'espèrent pas grand-chose ou rien de nouveau d'un vote régional. Mais, précisément, ce moment politique est un des moyens de rechercher des solutions de proximité qui puissent adoucir les dégâts nombreux et à venir d'un gouvernement qui casse tout ce qu'il touche. Pourquoi ne pas le lui faire savoir par le vote ? Mieux vaut la résistance que la résignation.
Je peux comprendre aussi que le cynisme, l'inconduite, les promesses, quand ce ne sont pas des tromperies, ou les petits arrangements de certains élus ou candidats finissent par dégoûter de nombreux électeurs. Mais ne pas sanctionner les non recommandables par la force de son bulletin, c'est non seulement les laisser passer mais aussi leur accorder un permis de nuire. A défaut de dénicher les plus convenables, on peut toujours opter pour les moins pires. C'est ce que je ferai sans doute le 14 mars. Pourtant parmi ceux qui me sont politiquement le plus proche, il y en a pas mal qui m'inciteraient à voter blanc.
Avez-vous épluché toutes les listes ? Si ce n'est pas encore la cas, vous aurez tout loisir de le faire à réception des documents officiels à votre domicile. La région Provence Alpes Côte d'Azur compte six départements et 10 listes (contre 13 en 2004) sont en course, soit 1350 candidats dont 510 pour les Bouches-du-Rhône. Au final, il n'y aura "que" 123 élus et 2 candidats de plus pour chaque département soit 12 en liste d'attente afin de pourvoir à une défection, une démission ou un décès.
L'élection se déroule à la proportionnelle avec prime à la liste gagnante, sur le modèle de l'élection municipale qui assure une majorité et une représentation des listes minoritaires ayant franchi le premier tour.
Pour égayer le tableau, demain, je centrerai mon propos sur les particularités de quelques candidats ou non à l'élection. Il faut juste patienter…

Mon premier article sur les régionales :
"Régionales 2010 : Ça va canarder en PACA" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/10/27/15581557.html

11 décembre 2009

"Identité" : La pêche en eaux vaseuses de Sarkozy

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Dessin de Carali dans Siné Hebdo

    

Venant du président que l'on a et du ministre que l'on sait, le lancement trompetté du récurrent appât de l'"identité nationale" pour aller à la pêche aux voix dans des eaux vaseuses à troubler des élections régionales me révulse. Je me joins aux critiques qui pleuvent de la part de tous ceux qui, ayant aperçu le gros hameçon, s'en indignent aussi.

Car, comme on pouvait sans douter, il est vite apparu que le but de la manœuvre vise surtout à ramener dans les filets assez de votes extrémistes pour renflouer la barque de la droite présidentielle et tenter de lui éviter ainsi un naufrage dans les profondeurs.

Avoir une carte nationale d'identité n'est pas avoir une carte d'identité nationale.

Dans le premier cas, il s'agit d'un document juridique attestant une appartenance à un territoire historiquement formé et, en corollaire, géographiquement défini. C'est l'expression d'une vision objective et civique entrant dans une conception citoyenne à partager.

Dans le second cas, il est plutôt requis de discourir d'une tentative visant à réduire des caractéristiques et des ressentis identitaires à des stéréotypes figés. C'est le dogme d'une perception subjective et ethnique (façon tribale ?) débouchant sur une entité standardisée et statique. Tout oppose ces deux conceptions, l'une ouverte et hospitalière, l'autre murée et hostile.

Alors, hein, quel débat ? Et pour quoi faire ? Les évidences ne suffisent-elles pas ou plus ? La nation nommée France ne constitue-t-elle pas le déni le plus éloquent à toute entreprise de fossilisation, d'uniformisation et de claustration de la multitude et de la diversité des êtres ?

Face à cela, la logorrhée électoraliste gouvernementale et le titre aux amalgames infâmes du ministre qui la déverse exhalent la pestilence de la vilenie. Ces artifices répugnants sont à rejeter avec la plus grande énergie. Car, derrière cette duperie, l'objectif est bel et bien de convoquer des instincts de peur, d'attiser des pulsions de haine et de répandre des ferments de discorde, pour ne pas dire plus.

Et ça, ce n'est ni l'humanisme, ni la France, ni la République.

logo_france_bleu_provenceSur le même sujet, voici l'édito de Jean-Laurent Bernard diffusé sur France Bleu Provence le 9 décembre 2009 qui me semble frappé au coin du bon sens.

Bonjour.

Le débat voulu par le président Sarkozy sur l'identité nationale s'apparente de plus en plus à un mélange de pétard mouillé et de boomerang. Officiellement destinée à pousser les électeurs vers une réflexion sur une question presque simple "qu'est-ce qu'être Français?", en pratique, cette opération prend des allures de basse besogne électoraliste. Non que le sujet soit interdit ou tabou, juste que les deux mots "identité" et "nationale" sont tout sauf anodins.

Dans une région qui flirte avec les extrêmes, avec une forte immigration, avec une pauvreté endémique, on ne lâche pas dans la nature des réflexions qui agitent quelques beaux esprits dans des salons où ne parviennent jamais les murmures de la rue et de la vraie vie.

Hier encore, un jeune Africain est venu mourir au fond d'un container entreposé dans une société de Marseille. Il avait sans doute tenté la traversée en clandestin pour approcher l'eldorado français. Qu'avait-il à faire de l'identité nationale ?

Se posent-ils la question de l'identité nationale celles et ceux qui sont officiellement accueillis à échéances régulières comme citoyens français ? Ils ont franchi tous les obstacles, les contrôles, sans jamais parvenir à faire comprendre aux plus farouches défenseurs de la chasse aux immigrés qu'ils sont fiers d'avoir désormais leur carte d'identité nationale.

Depuis, le gouvernement a rajouté des questions subsidiaires, comment mieux vivre ensemble, qu'est ce que l'unité nationale ? Las, le mal est fait. C'est le doute qui l'emporte. Avec obligation pour les étrangers de France, les fils et filles et d'étrangers d'avoir encore et toujours à se justifier.

En période de crise, alors que les communautarismes commencent à sérieusement inquiéter, ce vieil étendard de la peur devait encore être agité. Bien sûr, il ne faut surtout pas être béat devant une soi-disant intégration réussie et parfaite. Le chantier est immense. Il est inutile d'agiter nos craintes de l'autre. Elles sont là. Font partie de ce que nous sommes. Laissons faire ceux qui sont français tout simplement. Quelle que soit leur origine. Nous devons vivre ensemble. Inutile d'en faire une poudrière.

Bonne journée

23 novembre 2009

Solidarité : Une affaire de cœur ou l'affaire de l'Etat ?

Nouvelle polémique sur les appels aux dons. Cette fois, c'est sur le Téléthon, sujet sensible s'il en est. Est-il fait bon usage des fonds récoltés ? Le Téléthon "capte-t-il et parasite-t-il la générosité des Français de manière populiste" ? Est-ce impudique d'"exhiber le malheur des enfants" ? Est-il sain de faire appel au pathos pour tenter de culpabiliser les consciences ? Les déclarations dérangeantes de Pierre Bergé sont accusatoires. Pour autant, ne faut-il pas se poser des questions ?

Cela fait plusieurs années que l'Etat sabre le financement de la recherche publique qui devrait pourtant être une cause nationale permanente. Le même Etat, mais ce n'est pas récent, a toujours compté sur la générosité des citoyens pour pallier ses propres carences. En effet, tout au long de l'année, beaucoup de personnes font des dons à des associations de toutes sortes, avec déduction fiscale pour les plus grandes.

Mais, au fait, a-t-on jamais évalué le nombre de bénévoles qui s'investissent dans les initiatives caritatives, souvent de survie humaine, à tous les niveaux, local, national ou international ? Que deviendraient tous les démunis sans les Restos du cœur, les Banques alimentaires, ATD-Quart monde, la Croix rouge, le Secours populaire, le Secours catholique, pour ne pas parler que des plus visibles ?

Depuis plus de trente ans, à cause du chômage massif et, plus proche de nous, par ces temps de forte crise, ces aides sont quasiment les seuls refuges et expédients possibles pour que les laissés-pour-compte ne crèvent pas totalement de faim. Et quid encore des non ou mal logés, des personnes handicapées ou des personnes âgées isolées… ?

Car ce qui est difficile à admettre, ce sont les immenses disparités qui déclassent de plus en plus des pans entiers de la population pendant que d'autres amassent des fortunes colossales. Ce qui fait problème, c'est la répartition inéquitable des richesses, vécue comme une injustice tant les écarts atteignent des proportions indécentes. Ce qui fait défaut, c'est la volonté politique de mettre en place une échelle progressive des revenus qui donne toute sa valeur au travail tout en assurant, le temps qu'il faut, les moyens d'un minimum vital réellement suffisant pour les catégories privées d'emploi ou inaptes à en exercer un.

N'est-ce pas le rôle fondamental de l'Etat de donner tout son sens et son honneur à notre devise républicaine ? Pour l'instant, c'est loin d'être le cas. Si l'on peut se féliciter de l'utilité de la solidarité populaire sous toutes ses formes, cela ne veut pas dire pour autant que l'Etat doive en tirer prétexte pour ne pas assumer ses missions et ses responsabilités.

Quelques repères 

Ÿ 53 % des Français donnent aux associations et 38 % le font régulièrement, c’est-à-dire au moins une fois par an. L’aide aux personnes en difficultés arrive en tête des causes soutenues, devant la santé, la recherche et l’aide au développement.

Ÿ Les 20 premiers collecteurs de dons de France ont engrangé 1,1 milliard d’euros en 2007 (sur les 3 milliards collectés grâce à la générosité annuelle des Français). On y trouve de grands organismes très présents dans les médias : l’Association française contre les myopathies (l'AFM) et son Téléthon, les Restos du cœur ou la Croix-Rouge française ; mais aussi des organismes plus discrets, tels la Fondation de France ou la Fondation d’Auteuil.

Ÿ L'A330, dit "Air Sarko One", coûtera 185 millions d'euros. Une misère…

Tableaux parus dans le magazine

Alternatives économiques de janvier 2009

(Clic sur les images pour agrandir)

salaires_tableau_1_A

salaires_tableau_1_BPatron moyen

(de + de 50 salariés)     0,135    8,8

Cadre moyen                0,047    3,1

Patron

(de – de 50 salariés)      0,046    3,0

Salarié moyen               0,024    1,6

Ouvrier moyen              0,018    1,2

Employé moyen             0,017    1,1

Smicard                        0,015    1

Valeur du Smic (1.07.2009) :

1.337,70 € bruts mensuels

salaires_tableau_2

20 novembre 2009

Footage de gueule et flouzeball à pleine main

Qu'on aime ou pas le football, impossible de réchapper au matraquage médiatique qui, au moindre match, nous met la tête comme un ballon. La méthode est simple, bien rodée aussi. Il suffit en fait d'en faire de grosses unes, comme s'il n'y avait plus d'affamés, de chômeurs, de guerres dans le monde et on en passe.

C'est alors que l'on déclanche, lentement mais sûrement, la montée en puissance du prétendu événement et la fanatisation des foules qui va avec. Car, qu'on se le dise bien une fois pour toutes, les compétitions sportives ont définitivement acquis le statut de grands rassemblements. Bon d'accord, cornaqués à l'extrême et fliqués à mort, mais que ne ferait-on pas pour notre bonheur, hein ?

Il n'y a plus qu'à nous assigner d'idolâtrer aveuglément, sur parole, des joueurs qui se gavent de l'argent siphonné aux supporters. Des supporters qu'on hystérise à leur en faire perdre tout sens critique, car envieux d'imiter leurs totems, jusqu'au déguisement, mais payés en retour d'illusions et de frissons par procuration.

On nous bassine le cortex avec les platitudes affligeantes d'entraîneurs, proférées sur le même ton monocorde devant des forêts de micros et de caméras, pendant que, dans les coulisses, les margoulins mettent en scène le spectacle, exploitent le système et en profitent à fond.

Reste alors à agiter la gigantesque tambouille coagulée et à nous la faire ingurgiter jusqu'à l'indigestion comme un, ou plutôt le modèle de ferveurs sportives censées former l'expression de liesses populaires, quand les gourous ne vont pas jusqu'à prétendre que nous partageons ainsi une fierté nationale. Et au diable si ce ne sont que des ersatz d'émotions collectives fabriquées à coups abusifs de Marseillaise.

Escamotés, amnistiés, le déferlement publicitaire, le chauvinisme, le fric, le dopage et la triche. Oui, à la bourse abrutissante des valeurs artificielles et busardes, on se contrefout du respect, de l'honnêteté et du fair-play. Et à l'aune de ces arnaques, il faut s'y faire, les lumineux héros du quotidien risquent de moins en moins d'être ceux qui se dévouent, protègent, secourent, soignent, éduquent, sans fanfaronner, eux, pauvres sans gloire.

Mercredi soir, un arbitre a raté son coup. Il n'a pas vu ou pas compris qu'un jeu de main et de vilain a tout faussé. Et là, on a eu droit à tout le pathétique toutim : les commentaires sincèrement désolés de quelques honnêtes personnes, les propos carrément minables de vrais crétins répétant que, de toute façon, ce qui compte, c'est que la France a gagné et peu importe la manière, les silences cyniquement calculés d'une bande de fautifs craignant une invalidation du match.

Quelle triste et méprisable mentalité que celle qui accepte la tricherie inavouée, le résultat frauduleux ou la victoire frelatée, ou qui s'en accommode sans honte.

Tiens, du coup, cela me fait penser à certains politiques. Vite, un vaccin !

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Dessin de Perth dans Siné Hebdo

Pour rester sur le même terrain, voici un article réjouissant publié le 13 mai 2009 dans Siné Hebdo, gardé sous la main pour vous en faire profiter le moment venu, qui tombe donc aujourd'hui. 

(Clic sur l'image pour agrandir)

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20 octobre 2009

Après "Complément d'enquête"… et avant

Très instructive l'émission d'hier soir sur France 2, non ? "Complément d'enquête" a traité plusieurs sujets liés à la corruption, trois des dossiers portant sur le rôle des élus. Personnellement, cela m'a beaucoup intéressé.

L'intervention d'Eva Joly a notament permis de comprendre certains rouages de la justice et les dérives qu'ils produisent parfois. Mauvais vent pour la démocratie.

Certes, il ne faudrait pas hâtivement en déduire que tous les élus sont des pourris. Mais les pratiques scandaleuses et les comportements illégaux auxquels se livrent des représentants du peuple contribuent à répandre un rejet plus global des élus et à élargir le fossé entre eux et les citoyens.

Je veux maintenant, c'est-à-dire après la diffusion, apporter quelques informations sur la préparation de cette émission. Fin septembre, un journaliste de la rédaction m'a contacté par le biais de mon blog. Il y avait lu mes nombreux articles sur le contrat de directeur de cabinet de la mairie annulé par le tribunal administratif et qui est encore actuellement en appel.

Notre conversation a principalement porté là-dessus car le journaliste enquêtait sur les événements qui ont secoué le parlement britannique. Il voulait faire un parallèle avec certains députés et élus français et cela a d'ailleurs été évoqué par Benoît Duquesne qui a interrogé le président de l'Asssemblée nationale. Le cas d'Aix n'a finalement pas été cité directement mais des exemples montrés à l'écran se passant en France offraient quelques points communs avec des pratiques aixoises.

Les questions ont tourné autour du cumul des mandats, de l'argent des députés, du rôle des collaborateurs, des marchés publics, des pots-de-vin, des truquages, des dysfonctionnements de la démocratie et des lois annoncées dont la finalité est de réduire considérablement les contrôles indépendants. Cela fait peur.

Un ancien conseiller municipal a dit clairement qu'il est difficile pour une opposition de savoir ce qui ce trame dans les coulisses d'une majorité et qu'aller en justice nécessite des moyens financiers qu'elle n'a pas. Je peux en témoigner aussi. Toutes les actions que j'ai entreprises devant les tribunaux, je les ai menées sans avocat et à mes propres frais, sans compter l'investissement en temps pour faire aboutir chaque procédure.

En guise de conclusion, pour illustrer un des propos tenus par Eva Joly, il faut lire cet article publié dans le Canard enchaîné de la semaine dernière pour se faire une idée d'une des réformes que le gouvernement est en train de mijoter pour étouffer les chambres régionales et territoriales des comptes.

Si vous n'avez pas vu l'émission, il est possible de la visionner dans son intégralité ou en partie sur le site http://info.france2.fr/complement-denquete/ de France 2.

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Dans le Canard enchaîné du 14 octobre 2009

29 septembre 2009

L'image trouble de la vie politique aixoise

Une information en avant-première : une date télé à retenir. Le lundi 19 octobre à 22h15 dans l'émission "Complément d'enquête", France 2 proposera un dossier sur la corruption avec divers reportages s'intéressant à la vie publique et politique, élus de tous grades, collaborateurs d'élus et de cabinets, administrations nationales et territoriales. Il me revient aux oreilles que le dossier devrait, entre autres, évoquer Aix. Cela pourrait faire du bruit.

En attendant, un internaute, que je remercie ici, m'a signalé un article à propos de l'élection municipale d'Aix de juillet dernier publié sur le blog Anticor qui est une association d'élus et de citoyens contre la corruption. Extraits.

Election d'Aix : Une campagne qui n'honore pas la démocratie

anticorlogoMaryse Joissains (UMP) a finalement remporté l'élection municipale d’Aix-en-Provence le 19 juillet dernier avec 50,22% des voix, sa liste battant d’une courte avance de 187 voix celle de son adversaire Alexandre Medvedowsky, candidat de l’alliance PS-MoDem-Verts. Stéphane Salord, à l’origine du recours contre l’élection de 2008, avait quant à lui appelé à soutenir l’alliance.

A propos de ce recours, Maryse Joissains n’avait pas hésité à dénoncer "une décision politique" lorsque le Conseil d’Etat avait décidé d’annuler l'élection de 2008. Du coup, Alexandre Medvedowsky signale que le fait de "critiquer une institution judiciaire est constitutif d’un délit". […]

Il faut savoir aussi que Mme Joissains fait partie du club des cumulards de la République, présidente de la communauté du pays d’Aix, elle est aussi députée. A Aix-en-Provence, on peut aussi parler de népotisme, lorsque l’on parle de la famille de Mme Joissains. Jugez vous-mêmes.

"En 1978, après deux annulations successives par le Conseil d’État, son époux, Alain Joissains, conquiert la mairie d’Aix-en-Provence. De plus, à la veille de l'élection municipale de 1983, alors que le maire sortant est crédité de 66% d’intentions de vote, éclate l'"affaire Joissains" (le maire aurait financé une partie de la villa de son beau-père avec l’argent de la municipalité). Accusant le clan Defferre, le couple Joissains se dit victime d’une brigue (manœuvre, manigance) "politico-médiatique". Durant cette période, Maryse Joissains, avocate de profession, soutient son mari avec opiniâtreté, obtenant la révision du procès qui l’a condamné à deux ans de prison avec sursis" (Wikipedia). Enfin, leur fille, Sophie Joissains est adjointe au maire d’Aix-en-Provence, vice-présidente de la communauté d’agglomération du Pays d’Aix et sénatrice des Bouches-du-Rhône depuis octobre 2008.

Les résultats de cette élection (municipale) sont assez surprenants pour plusieurs raisons. Outre le cumul des mandats, le népotisme ambiant (dont on a finalement peu parlé…) et les termes accablants par lesquels le Conseil d’Etat avait annulé l'élection de mars 2008, la candidate UMP partait avec un lourd handicap. […]

On pouvait penser que l’UMP prendrait ses distances avec Maryse Joissains, compte tenu de l’image qu’elle véhiculait après cette campagne qui n’a pas, c’est le moins que l’on puisse dire, contribué à rétablir la confiance entre les citoyens et la classe politique. Il n’en a rien été.

Plusieurs personnalités de la majorité étaient venues à Aix-en-Provence soutenir Mme Joissains, dont Jean-François Copé et Xavier Bertrand ainsi que Jean-Claude Gaudin qui en rajoutait en déclarant "J’ai quitté Madonna pour aller embrasser l’autre Madonna d’Aix". Toujours dans la dentelle, Gaudin ! Pour le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand, la réélection de Maryse Joissains "est un succès pour l’UMP et pour toute la majorité présidentielle".

D’ailleurs, Mme Joissains a indiqué avoir reçu un coup de téléphone du président Nicolas Sarkozy. "Il m’a félicité et m’a dit qu’il avait conscience que je m’étais battue seule contre tous et que j’avais obtenu un excellent résultat alors que ce n’était pas évident".

Stéphane Salord, ancien membre de l’équipe municipale de Mme Joissains, aurait pu peut-être expliquer les raisons de ses dissensions avec la maire. A notre connaissance, il n’a pas pu ou su apporter les arguments pertinents qui auraient pu faire basculer le scrutin.

En conclusion, on s’aperçoit une nouvelle fois que le taux d’abstention reste très fort, ce qui n’est pas un signe de bonne santé de notre démocratie. En second lieu, on constate que des dirigeants de l’UMP n’ont pas hésité à soutenir une candidate qui avait été sanctionnée sévèrement par le conseil d’Etat pour "des propos et des insinuations d’une gravité inadmissible".

(Rédigé par Jean-Pierre Roux, 21 juillet, 2009)

L'article entier sur le site Anticor :

http://anticor.org/2009/07/21/elections-municipales-d%e2%80%99aix-en-provence-maryse-joissains-masini-ump-reelue-une-campagne-qui-n%e2%80%99honore-pas-la-democratie/#more-646 

Un article sur les élus corrompus sur le site Rue89 :

http://www.rue89.com/2009/09/24/anticor-propose-de-bannir-a-vie-de-la-politique-les-elus-corrompus 

Le site Anticor :

http://anticor.org/

27 juillet 2009

Conseil municipal : La maire qu'on voit tancer…

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Les couteaux n'étaient pas rentrés. La séance "inaugurale" du conseil municipal les a fait plonger plus profond. Selon les divers récits rapportés par les dépêches de presse, la télé et les blogs, on n'était pas loin de l'hémoglobine. D'un côté comme de l'autre, la vindicte n'a pas cessé et va même se poursuivre. Pour tout dire, cela me rappelle d'autres moments tout aussi lamentables lors de certaines séances du précédent long mandat.

Après avoir fait planer la menace du boycott, l'opposition a finalement répondu à la convocation. On ne peut donc que se réjouir de sa présence pour l'ouverture du conseil d'installation. Même en ne participant pas aux votes pour l'élection du maire et de ses adjoints, être témoin, c'est déjà combattre.

Cela s'est franchement gâté au moment de désigner les représentants de la Ville à la Communauté du Pays d'Aix. Lors de mon précédent article, j'avais écrit qu'une absence aurait laissé toute latitude à Maryse Joissains de pouvoir choisir et voter en lieu en et place de l'opposition. Il valait donc mieux être là.

Le problème, c'est que le maire s'est quand même permis de trier parmi la liste des noms des candidats proposés par l'opposition pour en récuser un, comme par hasard celui de François-Xavier De Peretti. C'est plus que scandaleux. Confondre des inimitiés personnelles et l'expression du suffrage universel, c'est manquer au devoir d'impartialité. C'est tomber dans les mêmes travers qu'elle a elle-même critiqués au sujet du Conseil d'Etat. Cela lui ôte définitivement toute crédibilité. Le maire n'a aucun droit ni prérogative pour agir de la sorte et se poser en arbitre de l'indépendance et de la souveraineté de la liste d'opposition.

Pour mémoire, depuis qu'existe la représentation de l'opposition municipale à la CPA, aucun maire, pas même Joissains jusqu'ici, ne s'était immiscé de cette façon. Il faut y lire là un très dangereux coup de force qui augure mal du type de mandat sectaire et autoristariste qu'entend exercer Joissains, notamment en tentant de réduire le débat contradictoire qui fonde la démocratie.

Qu'elle n'aime pas qu'on lui colle un autre recours en pleine figure, la réaction peut se comprendre. Mais contester que ce recours, quelle qu'en soit l'issue, puisse lui être opposé n'est pas acceptable car cette procédure est parfaitement conforme à la loi. La déclaration liminaire d'Alexandre Medvedowsky n'avait rien de choquant car, vu le contexte de l'élection, il relatait des faits et des prises de position.

La réplique du maire, "vous êtes pathétique", est indigne du respect dû au droit à la parole d'élus sortis des mêmes urnes. Laisser des spectateurs huer à l'unisson n'est pas non plus le meilleur moyen d'assurer la sérénité des débats. Visiblement, ce pouvoir acquis pour l'instant à la marge lui est monté à la tête et il est craindre qu'il ne redescende pas de sitôt.

Tout aussi aveuglé, le premier adjoint s'est complu à flatter Joissains dans un lèche-bottisme sans nom. Et puis, affirmer que l'élection s'était déroulée de façon irréprochable, c'est atteindre le summum de l'imposture et du ridicule, comme si les Aixois, et bien au-delà, n'avaient rien remarqué. Triste spectacle.

Cela dit, l'opposition aurait dû rester jusqu'au bout de la séance pour ne pas offrir sur un plateau une unanimité des scrutins à l'équipe Joissains. Partir sur un mouvement de forte humeur, même compréhensible, c'est abandonner soi-même sa part de légitimité représentative pour constater ou contester les atteintes aux lois républicaines.

Une analyse de l'élection :

(Merci au visiteur "cezanne" de l'avoir glissée en lien dans un commentaire) http://www.delitsdopinion.com/2experts/aix-en-provence-analyse-electorale-des-municipales-partielles-1397/

http://www.ifop.com/?option=com_search&keywords=aix+en+provence

21 décembre 2009

"Le Ravi", un cadeau qui tombe à pic…

une_ravi_69Tester le mensuel "Le Ravi" en cette fin d'année, c'est le meilleur moyen de juger de la pertinence du titre et de se faire un beau cadeau pour 2,80€ seulement. Le n° 69 de décembre nous en donne pour notre argent. On y lira une enquête originale sur "l'identité nationale" hors des idées en cours, une bonne analyse sur les élections régionales et mille sujets et dessins qui tapent juste. Le tout avec humour, ça vaut largement un vaccin.

A propos d'élections régionales, je signale la création du blog personnel de Rémi Leroux, journaliste à Rue89 et au Ravi. Enfin, puisque la notion même de débat fait débat, j'ajoute un lien pour découvrir un article pertinent de Caroline Fourest paru dans Le Monde. Bonnes lectures, en attendant le jugement du tribunal administratif sur l'annulation ou pas de l'élection municipale d'Aix, annoncé pour mercredi.

Le sommaire du n° 69 :

http://www.leravi.org/spip.php?article838 

Le site :

http://www.leravi.org/ 

Le blog de Rémi Leroux :

http://remileroux.wordpress.com/ 

Les failles de la "médiocratie" par Caroline Fourest :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/18/les-failles-de-la-mediocratie-par-caroline-fourest_1282666_3232.html

15 décembre 2009

Les poubelles de Marseille rendent Gaudin muet

Comme je l'ai fait observer ici même lundi dernier, dans le pataquès du traitement des déchets de Marseille, le mutisme de Jean-Claude Gaudin avait sans doute des raisons d'être. Et pour cause. Le rapport de la Chambre régionale et territoriale des comptes publié en 2007, lorsque le maire de Marseille était encore président de la Communauté urbaine de Marseille Provence Métropole, avait fait ressortir pas mal de dysfonctionnements dans ce domaine.

Gaudin étant un homme plutôt avisé sur la chose politique, il lui est vite apparu que forcer la dose sur les déboires de MPM depuis qu'Eugène Caselli s'est emparé de la présidence n'était sûrement pas un bon combat. Seul Renaud Muselier a réagi, par dépit de s'être fait souffler un poste qu'il estimait lui revenir. On croit avoir compris que Gaudin a un peu aidé à lui faire rater la marche, sinon à ne pas le soutenir plus que ça. Quoi qu'il en soit, Gaudin a décidé de rester mesuré dans le tohu-bohu qui vise Alexandre Guérini, frère du président du Conseil général.

Hier, Caselli et Gaudin au conseil municipal…             

Et hier matin, au conseil municipal de Marseille, il s'en est passé des belles. Entre Gaudin et Caselli, les volutes du calumet d'une paix convenue ont remplacé les volées d'un bois assez vert pour raviver des plaies. La trêve des armes aurait été préparée lors d'une rencontre discrète en tête-à-tête ce week-end pour empêcher une bataille de dossiers chauds que les deux camps pourraient réciproquement se lancer à la figure.

Des propos gracieux, des remerciements et un vote d'abstention de Caselli sur un dossier alors que les élus de l'opposition votaient contre ont trouvé un écho aux oreilles d'un Gaudin quasi rassuré et reconnaissant.

Hier aussi, style état des lieux, La Provence consacrait aux rapports droite gauche une pleine page titrée "la gouvernance partagée mise à l'épreuve". Interrogés, Gaudin, Caselli et Guérini ont tous trois usé d'une langue de bois censée exprimer la nécessité de comportements responsables, une façon d'éteindre pour le moment les braises de leurs tensions.

En tout cas, si l'on en juge par les déclarations de Caselli faites le matin même sur France Bleu Provence, annonçant qu'il allait quitter le poste de secrétaire fédéral du PS, on s'apprête à rebattre les cartes au sein du parti. Qui sera où et qui fera quoi, les réponses à ces questions diront qui aura pris le dessus et qui seront les déçus.

Dans son édition papier de mercredi dernier, Bakchich Hebdo a publié un article qui expliquait les raisons du silence de Gaudin.

         

(Clic sur l'image pour agrandir)

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28 octobre 2009

Le Carnaval d'Aix perd sa fondatrice, Marcelle Isoard

marcelle_isoardC'était une amie. Les Aixois l'aimaient. Son visage et sa faconde étaient familiers à beaucoup. Elle avait fondé le Carnaval d'Aix et l'avait présidé pendant 25 ans.

Institutrice, puis directrice d'école au Jas de Bouffan, Marcelle Isoard s'était impliquée en politique pour mener à bien "son" projet : faire revivre le Carnaval dans toute sa splendeur.

En 1983, adjointe au maire déléguée au Jas, elle a ainsi déployé tous ses talents pour fédérer une multitude de bénévoles autour de cette initiative pour expérimenter une première édition dans son propre quartier.

Puis, d'année en année, la fête a pris de l'ampleur, agrémentée d'animations, de danses et de musiques spectaculaires, mais surtout grâce au long corso de chars confectionnés selon les savantes techniques de la tradition italienne. C'était une véritable entreprise qui déferlait chaque printemps sur le cours Mirabeau.

J'ai toujours soutenu ce pari fou de manifestation populaire et me suis trouvé aux côtés de cette dame respectée, dévouée et infatigable qui mettait en œuvre toute son énergie et sa ténacité pour que la réussite fût au bout. Combien de milliers d'enfants, de parents et de familles de deux ou trois générations ont applaudi ces moments de liesse, seule la mémoire de chacun pourra en restituer la vérité.

Marcelle avait la générosité chevillée au cœur. Et elle ne cessait de renouveler les thèmes annuels grâce à son sens créatif inépuisable. Ses amis étaient nombreux. Elle les choyait pour qu'ils forment une famille, celle de la solidarité et du bonheur simple et partagé.

Je garderai personnellement le souvenir d'une grande dame aixoise qui savait aimer les autres. Elle est partie hier sans musique, sans flonflons, dans le silence et la discrétion des humbles.

J'adresse mes pensées affectueuses à sa fille Brigitte (à son mari Philippe et à leur fils Florian), que j'ai aussi secondée il y a douze ans pour la fondation du Festival international de danse classique d'Aix.

Nous dirons au revoir à Marcelle mardi prochain à 14h à la Cathédrale d'Aix.

23 juillet 2009

Election : ELLE n'a pas perdu, IL n'a pas gagné (4)

gif_fleche_rougeŸ Le conseil municipal élu le 19 juillet sera installé dimanche prochain. Même si un recours est déposé auprès du tribunal administratif, le processus ne peut désormais être suspendu car il obéit au calendrier fixé par la loi. La majorité aura 42 élus et l'opposition 13, l'an dernier c'était 40 et 15, du fait d'une triangulaire. Le duel des urnes trouve donc son exact prolongement au conseil. Suite à la double fusion (effusion ?) des listes, la minorité comprendra 5 socialistes +1 apparenté, 2 MoDem, 3 écologistes et 2 "société civile".

L'an dernier, le Parti radical de gauche avait encore un élu. Ce même élu a disparu de la nouvelle opposition car il ne figurait pas en place éligible en cas d'échec. Pour la première fois depuis vingt ans, je le regrette, le PRG auquel j'appartiens n'aura plus aucun représentant car le panachage avant et après fusion s'est allègrement assis sur la diversité des composantes. Je trouve qu'il y a là un foutage de gueule d'autant plus irrespectueux que la liste d'opposition s'est targuée tout au long de la campagne d'avoir le PRG à ses côtés. Passons, d'autres temps viendront.

gif_fleche_rougeŸ Et moi qui allais finir par être convaincu que j'avais fait perdre la gauche ! J'ai enfin trouvé l'explication de la victoire de la droite. La presse et une vidéo sur internet rapportent les paroles de Bruno Genzana se vantant avec sa modestie coutumière d'avoir contribué au succès de Maryse Joissains. Mais oui, mais c'est bien sûr, c'est lui qui, en retournant sa veste une fois de plus, en a fait prendre une à l'opposition. Que n'y avais-je pensé plus tôt !

Vite, et une petite récompense pour le dévoué sauveteur ! "Je suis heureux d'avoir apporté ma pierre à l'édifice. Et, compte tenu du faible écart de voix, je suis content d'avoir été l'un de ceux qui ont fait pencher la balance du bon côté. Certes, je ne suis plus conseiller municipal mais je postule désormais à un poste de député". Gardons quelques ricanements en réserve pour les législatives de… 2012.

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gif_fleche_rougeŸ Les ardents défenseurs de Maryse Joissains, répétant ses dires tels des aras, trouvent qu'elle a été l'objet d'insultes personnelles et de propos diffamatoires. Faut se pincer un peu pour entendre cela. Joissains, elle, n'a cessé de traiter ses concurrents de "zozos" et de "bras cassés" et de se vanter de ne pas avoir en face d'elle "un adversaire à sa mesure". Joissains confond trop facilement bassesse et hauteur. Sans parler, mais je le fais quand même, de ses maintes complaintes sur l'honneur, sur les prétendues attaques contre la femme (où, quand, qui ?) ou sur sa probité.

Mais que vient donc faire une si triste quête à l'empathie surjouée dans un combat politique ? Ce n'est pas en larmoyant à grandes vannes ouvertes sur son enfance, sa famille ou les mérites mis en avant d'une charité à la tonalité franchement populiste qu'on élève le débat politique. Et puis, comment ne pas être choqué en entendant une députée de la République, juriste de surcroît, oser tenir des propos aussi indignes contre l'Etat et la plus haute juridiction française ?

gif_fleche_rougeŸ Venons-en maintenant à la diffusion de l'appel à témoignages pour le recours formé par Alexandre Medvedowsky. Personne ne s'étonnera que les principales critiques viennent d'en face. Très vite, un mot de dénigrement a été propagé : il s'agirait, nous vocifère-t-on, d'un appel à la "délation". Faut-il insister sur les sous-entendus de sinistre mémoire auxquels renvoie un tel terme. C'est ignoble. La délation est un acte fait clandestinement ou anonymement. Il n'y a rien de cela dans un appel public, à visage découvert, nominatif, avec déclaration accompagnée de pièces justificatives pour contribuer à établir des preuves visant à faire sortir la vérité.

En cas d'échec, Maryse Joissains n'a-t-elle pas elle-même admis qu'elle était prête à envisager un recours et, forçant l'outrance, avait immédiatement annoncé qu'elle attaquerait le Conseil d'Etat coupable, selon elle, d'avoir orienté son jugement sur "décision politique". Pourquoi dénier le même droit à d'autres ? Et puis, venant d'une personne particulièrement procédurière pour tout et pour rien et qui a perdu tant de fois, entraînant par la multiplication des instances des frais exorbitants pour la ville, la critique est plutôt malvenue.

Libre à chacun, nul ne le conteste, de partager ou non l'idée et le choix de former un recours. Mais le droit autorise une telle démarche et c'est là précisément une précaution essentielle, et une garantie fondamentale, pour s'assurer si, oui ou non, notamment face aux mystères à l'heure actuelle non élucidés de la tenue des listes électorales, les conditions du vote ont été entachées d'irrégularités. Pour bien s'exercer, la démocratie ne peut souffrir d'aucun doute. Dans le cas contraire, nous basculerions dans un autre type de régime.

Aix et Corbeil-Essonnes

dans Le Canard enchaîné 22 juillet 2009

(Clic sur les images pour agrandir)

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26 septembre 2011

Sénat : La 5e baffe pour Sarkozy en attendant 2012

 logo senatoriales 2011

La droite perd la main et s'en prend une cinquième dans la figure, après celles des municipales, des cantonales, des européennes et des régionales.
Vivement la présidentielle pour l'ultime paire de baffes cette fois-là pour que Sarkozy plie bagages et dégage. Courage, tout finit par arriver.
Au final, le résultat de ces élections sénatoriales est de 177 sièges pour la gauche sur 348. La majorité absolue est encore plus nette qu'en début de soirée d'hier.
Et puis, l'anomalie qui durait depuis 43 ans (après la présidence du radical Gaston Monnerville) a presque été corrigée. Presque, car si le système électoral avait été le reflet exact des forces politiques, la gauche qui dirige jusqu'à 60% des collectivités locales aurait dû gagner depuis longtemps.
Il faut espérer qu'une grande réforme électorale réellement représentative sera engagée en même temps que la révision de celle des collectivités territoriales qui a été combattue même par des élus de droite.

compte elyseegif balai 

7 décembre 2009

Quand la justice fouille les poubelles marseillaises...

poubelles_ca_debordeOrdures, déchets, collecte, tri, incinération, marchés publics, des mots qui font souffler des vents nauséabonds sur notre région et, plus particulièrement, du côté de Marseille.

Les récentes "révélations" sur d'éventuels troubles au bon ordre et à la transparence visent la Communauté urbaine de Marseille et, par ricochet, Alexandre Guérini, frère du président du Conseil général des Bouches-du-Rhône.

La justice vient de s'en mêler comme elle ne l'avait sans doute jamais autant fait auparavant. Est-ce un hasard dû à l'approche des élections régionales ? Ou est-ce simplement une procédure normale ? Si ces informations émergent maintenant en abondance et semblent s'accélérer tout à coup, il paraît nécessaire de noter que certaines enquêtes ont été entamées en avril dernier.

Quoi qu'il en soit, elles pourraient créer un climat politique particulier susceptible de provoquer des effets sur l'échéance électorale de mars prochain. Pour l'instant, c'est la gauche qui est pointée du doigt. On a ainsi vu Renaud Muselier se précipiter dans un premier temps pour faire porter le chapeau à Eugène Caselli, président de la CUM. Il a sans doute voulu signifier que la droite n'a rien à se reprocher dans ce domaine. Après ce numéro de cirque spectaculaire accompli sous les caméras, plus rien. Silence dans les rangs de Jean-Claude Gaudin. Etrange ? Pas tant que cela en fait car il pourrait y avoir retour de bâton.

gif_balaiEn effet, les problèmes et le flou liés à la gestion des déchets ne datent pas d'hier. Et tout n'était pas blanc lorsque le maire de Marseille était président de la CUM. Pour s'en faire une idée, il suffit d'aller consulter le rapport d'observations définitives sur la gestion des déchets de Marseille Provence Métropole établi par la Chambre régionale et territoriale des comptes en 2007.

Ce rapport comporte 73 pages dont 42 - pas moins - sont précisément dédiées à la gestion des déchets. Ce qu'on y lit est peut-être la raison pour laquelle les élus de droite ont décidé de ne pas trop en faire et de se muer en observateurs mutiques.

Le rapport est très argumenté, analyses, chiffres et tableaux à l'appui. Il concerne des périodes allant de 2002 à 2004. Difficile de tout citer, alors j'ai fait un petit tri pour vous.

Au passage, rappelons que le gouvernement a annoncé son intention de "réformer" les chambres régionales et territoriales des comptes pour les regrouper en les faisant passer de 22 à 7 ou 8 chambres inter-régionales, mais aussi en supprimant des postes de magistrats, en réduisant leurs moyens et leurs compétences et en les plaçant sous la tutelle directe des préfets, ce qui revient confier à ces derniers un contrôle politique a priori sur le type et l'opportunité des enquêtes à mener.

Après tant de découvertes gênantes effectuées par ces chambres indépendantes sur le rôle des élus et la gestion de l'argent public, on comprend mieux le sens et la portée d'un tel démantèlement.

Quelques phrases significatives du rapport d'observations définitives

publié en novembre 2007

sur la gestion de la CUM Marseille Provence Métropole

(la gestion des déchets est traitée à partir de la page 29)

La CUM exerce ses compétences dans le cadre du plan départemental d'élimination des déchets ménagers. […]

Page 31

Le taux de valorisation réalisé en 2004 par la CUM est proche de l'objectif fixé puisqu'il est de 22%. En revanche, seulement 41% de la population étaient desservies en collecte sélective en porte à porte au 31 décembre 2005. […]

Le nombre de marchés passés par les principales directions de la CUM concernées par la gestion des déchets reflètent la complexité de ce système : 51 marchés concernant la collecte traditionnelle (avec ou sans propreté) peuvent être recensés de 2001 à 2004 et 55 pour le recyclage et le traitement des déchets.

Page 33

La faiblesse des temps de travail journaliers réellement effectués par les agents en comparaison avec les temps de travail théoriques qui pourraient être demandés aux agents (7h30 pour la journée et 7h pour la tournée de nuit) est révélatrice d'un profond dysfonctionnement. Le système du "fini-parti", qui permet aux agents de partir une fois leur travail terminé, a conduit à Marseille à des temps de plus en plus réduits.

Page 34

L'évolution des dotations budgétaires attribuées aux directions de la propreté urbaine et du traitement des déchets de 2003 à 2005 traduit une hausse importante des coûts des prestations effectuées par les entreprises privées : la dotation de la direction de la propreté urbaine a doublé en deux ans, en passant de 28M€ en 2003 à 56,4M€ en 2005. En ce qui concerne le traitement des déchets, les dotations sont passées de 34,6 à 52,4M€, soit une augmentation de 51,4%. Le renouvellement des marchés les plus importants en 2003 et 2004 a été effectué en doublant voire en triplant les coûts pour la communauté ce qui explique en partie la hausse des dépenses de fonctionnement de la CUM déjà évoquée par la chambre.

Page 37

Evaluation difficile du coût de ce service public : La chambre remarque, à cet égard, que les données figurant dans les comptes administratifs de 2003 et 2004 apparaissent peu réalistes. Il n'est toutefois pas contesté que les coûts de la gestion des déchets communautaires (hors frais de personnel) ont été multipliés par deux en quatre ans. Cette hausse s'explique en majorité par l'augmentation importante des montants de certains marchés sur cette période. La chambre rappelle à la CUM la nécessité de disposer d'informations exactes sur le coût de cette compétence, en conformité avec la réglementation précitée.

Page 45

L'échec de la mise en place de la collecte sélective dans le cadre des marchés : La CUM explique les mauvais résultats de cette collecte sélective, la première mise en place à Marseille, par l'absence d'intérêt des habitants à l'époque pour la valorisation des déchets, ce qui entraînait un mélange des deux collectes et par conséquent l'impossibilité de valoriser les déchets propres et secs. Cependant, la chambre constate que l'entreprise titulaire du marché a pu bénéficier d'une rémunération supérieure à celle prévue initialement dans le marché sans justifier d'un quelconque résultat pendant deux ans.

Page 48

L'analyse des offres : La chambre remarque que plusieurs membres des services techniques de la direction de la propreté urbaine étaient présents lors des deux réunions de la commission d'appel d'offres, choix des candidatures le 21 janvier 2004 et analyse des offres le 7 avril 2004. La chambre observe également que le procès-verbal de cette CAO a été signé par un conseiller communautaire qui ne fait pourtant pas partie de cette commission.

La chambre rappelle que si la présence dans une CAO de plusieurs personnes compétentes dans la matière faisant l'objet de l'appel d'offres est désormais possible depuis 2006, elle ne doit pas influencer de manière significative les membres ayant voix délibérative.

Lire le document de la CRTC :

http://www.ccomptes.fr/fr/CRC22/documents/ROD/PAR200731.pdf 

Pour mémoire aussi, l'épique blog aixois "Poubelle la vie" :

http://poubelle-la-vie.over-blog.com/ 

Et l'article du Canard enchaîné sur les enquêtes qui fâchent :

(Clic sur l'image pour agrandir)

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14 janvier 2011

Mais que font nos élus entre deux élections ?

Je vous raconterai carton_rouge___Copiesûrement un jour ou l'autre, et plus longuement, comment certains organes de presse, et pas des moindres, à la recherche d'informations sur la vie politique aixoise, me contactent pour des demandes de précisions voire de détails sur les faits et gestes d'élus ou de personnes ayant quelques responsabilités majeures. Ce qui les intéresse, me confient-ils, c'est la face cachée des fonctionnements institutionnels ou des partis politiques.
Comme je n'ai pas réponse à tout, je ne livre que ce dont je suis sûr.
Ils me disent s'étonner de la rareté des informations aixoises sur internet alors que pour des communes plus modestes elles sont foison.
Je partage cet avis, ayant observé que des sites et des blogs ne s'activent ou ne se réactivent comme par magie que dans les périodes électorales sensibles, les uns pour annoncer leurs candidatures, les autres pour donner un semblant de vie au travail, bien sûr extraordinaire, accompli pendant leur mandat.
Cela ressemble furieusement aux tracts distribués sur les marchés, où l'on entend maints badauds s'exclamer en 
chœur : "on ne vous voit jamais sauf pendant les élections !" 
Comment les citoyens peuvent-ils savoir ce que chacun fait entre deux si le contact et l'information sont mis en sommeil et si aucun compte-rendu de mandat n'est fait régulièrement ?
Ce sont là assurément les effets pervers conjugués de la délégation de pouvoir et du repli des élus sur leur situation acquise. 
Les citoyens sont-ils vraiment au courant de ce qui se passe dans les conseils municipaux ou communautaires qui durent des heures et dont la presse ne peut malheureusement pas en relater la totalité. Ne serait-il pas bon au contraire de la part des élus d'encourager un maximum de personnes à s'intéresser à ce qui ce décide dans leur dos, aux positions défendues ou contestées par les uns et par les autres ? 
Faut-il se contenter de ne lire en permanence que les magazines édités par les élus au pouvoir ? Le débat démocratique utile tient dans la confrontation des idées. Il n'existe pas si l'on se tait ou, pire, si l'on s'en fiche en ne tenant les électeurs que pour des "juste bons à voter" au seul moment venu. 
Personnellement, je refuse de me résoudre à ce que j'appellerais volontiers du cynisme et un manquement à la fonction d'élu dont l'une des responsabilités est précisément de rendre des comptes surtout lorsque, pendant une campagne électorale, on a juré à tous langue de bois langue de fer de s'y plier sans faute. 
Les formes, les moyens et les outils modernes et pas ou peu coûteux ne manquent pas pour faire vivre des initiatives permettant au public d'être convenablement informé et de participer à la vie citoyenne qui les regarde. C'est dit. 

5 janvier 2010

Quand le maire de Trets bafoue la laïcité…

Le discours républicain et laïque n'est rien s'il n'est pas traduit en actes conformes. Là, à quelques kilomètres d'Aix, sur le territoire de la Communauté du Pays d'Aix, la confusion des genres a pris, il y a quelques jours, une tournure irrecevable.

Les faits ont été relatés, documents à l'appui, sur le blog de Cixi-Hélène : le maire UMP de Trets, Jean-Claude Féraud, n'a rien  trouvé de mieux à faire qu'inviter les élus et le personnel municipal au repas traditionnel de fin d'année dans les locaux de l'organisation sectaire Soka Gakkaï.

Aux dernières nouvelles, l'événement a semé le trouble dans certains esprits et n'a pas fait l'unanimité. Au final, le maire n'a été suivi que par 120 personnes sur les 300 invitées. Ce qui n'enlève rien à cette étrange initiative émanant d'un élu de la République qui se permet de confondre la neutralité que lui impose sa fonction et sa décision d'organiser un repas communal dans un lieu de culte dont les pratiques sont, c'est le moins que l'on puisse dire, très critiquées.

Pour en savoir plus et se faire une idée, on pourra lire les textes ci-dessous.

L'article sur le blog de Cixi-Hélène (menacée d'une mise en demeure) :

(accompagné de nombreux liens et d'une série impressionnante de commentaires)

http://cixi-helene.over-blog.com/article-trets-les-feraud-et-la-secte-soka-gakkai-41364792.html

Un article paru en mai 2004 :

http://www.prevensectes.com/rev0405.htm#31a 

Et l'article paru cette semaine dans "Le Ravi" :

(Clic sur l'image pour agrandir)

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