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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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6 janvier 2007

La Provence change : ça fera date !

Titre_ProvenceLa Provence va changer. Au fil des éditions, un compte à rebours nous rappelle l'approche du 10 janvier qui verra l'envol de la nouvelle formule. Je lis ce journal depuis l'âge de 10 ans. J'y ai même travaillé pendant six ans.

Alors, vous pensez bien qu'avec l'affection que je lui porte, je ne saurais rater pareil événement. Mais mon œil de lynx a été attiré par un détail qui risque bien de remettre en cause le calendrier. Et de semer le trouble dans le mien.

Car ils font fort pour assurer la promo. Chaque jour, on nous montre un exemplaire du futur format. On dirait un vrai, avec de vraies photos et de vraies infos. Mais la date qui préfigure le jour J est erronée : lundi 10 janvier ! C'est peut-être fait à dessein, pour nous montrer qu'ils sont prêts à tout bousculer, y compris notre semaine. Admettons.

Ce vendredi, je reçois une lettre courtoise de la direction – pardon, deux lettres identiques envoyées à des dates différentes, on ne sait jamais, toutes les précautions sont bonnes à prendre – qui m'invite à partager un café croissants au siège de la rédaction pour aller découvrir le bijou le jeudi 10 janvier. Un nouvel émoi me saisit. Je vérifie sur mon agenda et le calendrier perpétuel qu'il contient : le 10 janvier 2007, c'est un mercredi ! Là, je me dis, ils font très forts. J'ai compris, pas de doute, cette nouvelle maquette fera date !

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9 décembre 2006

Sarkozy veut (nous) rouler sans Code

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Pour ou contre le travail le dimanche ? Faut-il brûler le Code du travail ? Où Sarkozy veut-il en venir ? Ces questions sont cruciales. Elles risquent de remettre en cause des conquêtes fondamentales. Celles qui ont jeté les bases des relations juridiques entre employeurs et employés, fixé les droits et des devoirs de chacun et établi le rôle de l'Etat et des forces syndicales.

Piétiner le Code du travail, en réclamer sa suppression, c'est tout simplement vouloir un retour à la loi de la jungle.

La droite n'a cessé de tailler en pièces la législation du travail. Sans répit, elle a créé des statuts de plus en plus précaires (bonjour le CPE !) pour le plus grand plaisir du MEDEF qui en impose toujours plus. Elle a multiplié toutes les formes d'emplois jetables. Elle considère que les salariés doivent faire des sacrifices et se contenter d'une obole.

A ses yeux, la féroce compétition économique ne peut se mener que sur le dos de ceux qui transpirent. Pas de ceux qui les font transpirer.

Sarkozy aboie qu'il faut travailler plus pour gagner plus. Au profit de qui ? Qu'il faut libérer les contraintes qui pèsent sur les employeurs. Et les salariés, ils ne subissent rien peut-être ? S'il faut travailler davantage pour bénéficier d'un salaire qui permette de faire face à une vie normale, n'est-ce pas avouer que le travail est mal payé ?

Sarkozy veut tout déréglementer. Il prône l'idée que chacun peut travailler tout le temps, sur la base du volontariat, dit-il. Et puis quoi encore ? Comment, sans aucune règle, les salariés pourraient-ils résister aux pressions et aux abus de toutes sortes surtout avec la peur de perdre leur travail ? "Vous ne voulez pas ? Alors, vous êtes licenciés !"

Il n'y a pas la mer à 500 mètres

Citons un exemple bien parlant. Tout le monde connaît Plan de Campagne. On peut y acheter tout ce qu'on veut. Cette très vaste zone commerciale, entre Aix-en-Provence et Marseille, est ouverte le dimanche, dans la plus pure illégalité.

Avec trois ou quatre autres du même genre en France, elle a instauré des conditions de travail d'une étrange logique. Ici, les grandes enseignes estiment qu'elles peuvent se passer d'appliquer le droit quand, par ailleurs, les mêmes, situées hors de ces zones, admettent le repos dominical.

De protocole en protocole, Plan de Campagne a réussi à tenir sous ce régime pendant quatre décennies ! Non pas parce que le Code du travail permet l'ouverture de certains types de commerces sous des conditions légales spécifiques mais parce que le laisser-faire a prévalu sous le masque de la défense de l'emploi.

Depuis quelques années, une bataille a pourtant été engagée. Après de longues péripéties procédurières menées par les associations de commerces aux intérêts opposés et sous la pression des syndicats qui veulent faire respecter la loi, des décisions de justice parfois contradictoires ou dilatoires sont intervenues pour la fermeture dominicale.

La réplique n'a pas tardé. Une tentative pour transformer le statut de la zone commerciale en zone touristique et de loisirs s'est fait jour. Mais, hic, la chose est impossible car il n'y pas la mer à 500 mètres ! Le Préfet en personne est entré en jeu. Le gouvernement a décidé d'arbitrer. Plan de Campagne aurait donc dû fermer le dimanche à partir du 1er janvier 2007.

Et puis, dernier rebondissement, Renaud Dutreil, ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce et de l'artisanat, qui avait juré que la loi serait appliquée sans faille, revient sur sa décision et prolonge le délai jusqu'en février. Ce faisant, il donne ainsi un nouveau délai aux vieilles méthodes qui ont créé la polémique. Belle inconséquence.

Plan de… cocagne

Pour maintenir l'ouverture en toute infraction, les uns et les autres ont mis en avant tous les "arguments". La prétendue envie des Provençaux de faire leurs achats le dimanche, le succès ininterrompu de la fréquentation, la diversité des services proposés aux clients et aux visiteurs.

Mais aussi les conséquences d'une fermeture avec la baisse des chiffres d'affaires avec plusieurs zéros, la perte d'emplois à coups de grosses centaines pour intimider et faire pression (en vérité, beaucoup d'emplois d'étudiants et de contrats à durée déterminée…).

En pareilles circonstances, les partisans de l'ouverture ont usé de tous les cynismes que le profit peut motiver. Y compris se moquer des emplois précaires, des horaires tardifs et éclatés des salariés flexibilisés à fond, du renouvellement incessant des employés toujours recrutés au bas de l'échelle et donc avec un moins que rien de salaire et sans aucune perspective de promotion. Avec, en prime, si l'on ose dire, l'expérimentation de la casse du Code du travail pour mieux l'étendre ailleurs.

Peu importe aussi que des enseignes poussent beaucoup de gens modestes au surendettement à coups de matraquage publicitaire dans les boîtes aux lettres et dans la presse, conditionnant ainsi les esprits au point de leur faire croire qu'aller dépenser constitue une sortie dominicale… enrichissante. Cette vision-là, c'est l'anéantissement du droit à la vie de famille, du droit des individus à disposer de leur temps libre comme bon leur semble.

Ah, oui bien sûr, on trouve bien ici des cinémas, des restaurants, des fast-foods, des bars, des attractions, des parkings géants, des garderies, mais… pas de théâtre, de musée ou de bibliothèque, par exemple.

Au jeu des intérêts bien compris, la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix et la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole y sont allées de leurs armes. La CPA ferraillant pour que la taxe professionnelle, qu'elle encaisse actuellement et qu'elle ne veut pas perdre, n'aille pas dans l'escarcelle de Marseille, qui voudrait bien en récupérer une bonne partie car la ville est au bord du gouffre budgétaire.

Oui, décidément, à tous points de vue, Plan de Campagne, c'est un vrai pays de cocagne. Où il ne manque plus que les pompes funèbres pour enterrer le Code du travail et y faire une croix dessus à n'importe quel prix.

17 février 2007

Roland Castro, le citoyen au nom cousin

Roland_CastroJe ne peux résister à la tentation d'adresser un clin d'œil d'amitié à Roland Castro, ne serait-ce que par cousinage de patronymes. D'autant que, il y a une quinzaine d'années, il avait fait un petit tour à Aix pour nous parler de politique de la ville.

C'est dans le cadre d'activités associatives que nous l'avions invité à venir bousculer nos idées un peu reçues dans un domaine qu'il connaît bien en tant qu'architecte urbaniste.

Personne n'a oublié qu'il est à l'origine des programmes "Banlieues 89" que François Mitterrand l'avait chargé de mettre en œuvre.

Homme de conviction à la langue imaginative, homme original à l'humour grinçant, il avait apporté toute son expertise pour éclairer nos envies de projets pour certains quartiers de la ville.

Ce fut un privilège de le rencontrer. Il ne pouvait s'empêcher de tracer des traits sur des feuilles comme un prolongement de lui-même. Il m'avait aimablement offert le plus beau dessin qu'il avait griffonné sur son bloc-notes.

Il se déclare aujourd'hui candidat à la présidence de la République pour défendre les mêmes utopies concrètes de démocratie, de dignité humaine et de bonheur partagé. Je lui souhaite bonne chance pour faire entendre ses coups de gueule dans le tourbillon échevelé de la campagne qui s'ouvre.

On peut visiter le site du citoyen Castro en un clic

utopiesconcretes.org

8 janvier 2007

Pour des caméras au conseil municipal d'Aix !

Antoine_RouzaudCurieux de savoir comment se passe un conseil municipal ailleurs, j'ai visité le site Internet de Marseille. On peut y voir l'enregistrement vidéo de la session du 11 décembre. La séance publique diffusée en direct a commencé à 8h25 et a duré 4h12mn42s.

En moyenne, il y a 6 séances par an. A Aix, il y en a 9. Chez nous, il y a 55 élus qui se réunissent dans la salle des Etats de Provence. A Marseille, il y en a 101, comme les Dalmatiens, et ils sont convoqués dans une sorte d'amphithéâtre situé en sous-sol.

Ce jour-là, l'ordre du jour comporte 155 rapports. A Aix, le nombre varie entre 60 et 80. En cours de séance, Jean-Claude Gaudin salue la présence de la Lord Maire de Glasgow venue à l'occasion d'un accord de partenariat. Chez nous, vu l'ambiance, il vaut mieux qu'on n'invite personne !

Tout au long des débats, les caméras se concentrent principalement sur l'orateur qui a obtenu la parole. Rares sont les vues générales de la salle. On peut cependant distinguer des sièges vides et savoir qui n'est pas là. Jean-Noël Guérini (PS), par exemple.

En revanche, je suis heureux de constater que mon ami Antoine Rouzaud (photo ci-dessus), également conseiller général et président du PRG des Bouches-du-Rhône, crève l'écran en faisant une intervention musclée comme je les aime.

De temps en temps, certains chahutent les orateurs ou s'exclament, d'autres bavardent. Aix n'a rien à envier là-dessus. Robert Bret (PCF) lit le journal, Bruno Gilles (UMP) arrive pour la dernière heure ! Gaudin parle de lui-même à la troisième personne. A un moment, il commet un lapsus et nomme Samia Ghali (PS), Mme "Gala". Il "s'escuse".

Quelques élus de la majorité peuvent quand même présenter leur sujet et ceux de l'opposition ne se privent pas de critiquer. Patrick Mennucci (PS) se met à faire son show. Son accent agit comme une doublure de celui de Gaudin.

Beaucoup de dossiers sont soumis au vote à main levée par leur numéro d'ordre sans que l'on sache de quoi il s'agit, sauf les élus qui en ont pris connaissance quelques jours auparavant.

De quoi a-t-on parlé ? La candidature de Marseille au titre de capitale européenne de la culture est copieusement commentée (sans que jamais ne soit évoquée la polémique avec Joissains qui ne compte que pour du beurre) à égalité par le maire et par l'opposition.

Puis, une longue discussion s'engage sur l'urbanisme et la création de ZAC. La gauche stigmatise les 4200 logements manquants et les 20 000 demandes en attente de logements sociaux.

Le maire met en avant une mesure qui serait une première en France, le "chèque premier logement", aussitôt dénoncé comme un coup fumeux par le camp d'en face. Au passage, on apprend que Marseille compte 70 000 HLM mais on ne dit pas s'ils sont municipaux, départements ou d'organismes privés.

Le projet de grande patinoire n'agrée pas l'opposition qui en profite pour casser des pains de glace sur le dos du maire.

Certains demandent une mise en régie de l'eau à l'échéance du contrat actuel. Car avec la délégation de service public actuelle à une société privée, l'eau coûte 27% plus cher aux Marseillais. Le maire et l'élu délégué campent sur leur position. Pour eux, c'est le bon robinet. Qu'en pensent les habitants ?

Quand il s'agit de cofinancements, Gaudin évoque souvent ses rapports avec le conseil général et le conseil régional, soit pour les vilipender, soit pour leur dire merci.

Il se met en colère quand il rappelle qu'il était contre l'entrée des Pennes-Mirabeau dans la communauté d'agglomération du Pays d'Aix. Il estime que la communauté urbaine de Marseille y a perdu de grosses taxes professionnelles au bénéfice d'Aix.

Une chose surprend : chaque réponse du maire ou d'un élu de la majorité est systématiquement alourdie par un bilan électoral de satisfaction. A l'évidence, consigne a été donnée pour qu'il en soit ainsi.

A 12mn de la fin de la séance, Renaud Muselier (UMP) porte un coup bas en faisant remarquer le départ de certains élus socialistes après l'épuisement de leur temps de parole. Trop drôle ! En quatre heures, lui-même n'a pris la parole que pour dire cette ânerie qui l'a épuisé.

Au bout du compte, la retransmission des séances publiques me semble une bonne chose. Les citoyens peuvent voir d'un peu plus près comment se prennent les décisions, quels sont les votes, voire vérifier l'assiduité de leurs élus. La démocratie y gagne.

Alors, si on faisait pareil à Aix ? Ce serait un bon moment de vérité !

11 janvier 2007

Joissains perd contre le Nouvel Observateur

Nouvel_ObservateurElle en avait fait toute une histoire. Elle avait demandé au conseil municipal de l'autoriser à porter plainte contre le Nouvel Observateur. Elle avait même publié une lettre amphigourique au style ampoulé dans le magazine municipal "Aix en dialogue" n°18 de mars 2005. Ridicule ! Nous avions mis en cause, en votant contre, son utilisation de l'argent public pour une affaire personnelle.

Elle voulait transformer ce qu'elle considérait comme une attaque à son encontre en une prétendue atteinte à l'image de la ville. Ses envolées à faire pleurer les pierres n'auront servi à rien. Elle a perdu. Et la ville est ridiculisée. Va-t-elle maintenant payer de sa propre poche ces frais de justice ? Ce serait là assurément la façon la plus appropriée de cesser de ternir la réputation d'Aix.

La maire d'Aix-en Provence, Maryse Joissains-Masini (UMP), qui avait entamé une action en justice en son nom et celle de la ville pour obtenir "réparation" après la publication, par le Nouvel Observateur, d'un article mettant en cause, selon elle, son "honorabilité" et sa "compétence", a été déboutée le 7 décembre 2006, a-t-on appris récemment.

En outre, Maryse Joissains-Masini et la ville d'Aix-en-Provence ont été condamnées in solidum à verser à Claude Perdriel, directeur de la publication, Nathalie Funès, auteur de l'article incriminé, et la société "Nouvel Observateur du monde" la somme de 1.500 euros.

Le texte avait été publié dans le cadre d'un supplément régional du Nouvel Observateur daté du 9 décembre 2004 sous le titre : "Maryse Joissains est-elle à la hauteur ?" La maire avait qualifié de "lynchage médiatique" le dossier en question. "Ce genre d'article est de nature à amener un fou à tirer sur moi ou sur ma famille", avait-elle affirmé.

De son côté, l'ancien rédacteur en chef des éditions régionales de l'hebdomadaire et actuel rédacteur en chef du site internet Nouvelobs.com, Patrick Fiole, avait répondu que, en toute hypothèse, le dossier publié était "une enquête très sérieuse pour laquelle toutes les précautions ont été prises et qui a été faite par une journaliste confirmée". "Des témoignages et des preuves attestent de notre bonne foi", avait-il ajouté.

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2 janvier 2007

Gavage et corrida : la barbarie à l'œuvre

non__merciBon, je préviens, ça va un peu remuer les cœurs et les esprits. Mais j'ai décidé de mettre à exécution mon envie de lutter contre tous les obscurantismes. Je voudrais juste conseiller une visite de deux sites qui en diront plus que je ne saurais en raconter.

www.stopgavage.com        www.anticorrida.com

On y découvrira comment la cruauté envers les animaux cherche à se faire passer pour de la culture, voire un art. L'entrée en matière est certes insoutenable mais peut-on taire de telles barbaries ? Que chacun se fasse son idée, sans s'arrêter en chemin. La mienne est faite, tant aucun argument ne pourra me faire changer d'avis.

18 janvier 2007

Pour 2007, un budget momifié à vif

budgetLe vote du budget primitif est l'acte par lequel se mesure ce qu'une municipalité veut faire. A Aix, depuis cinq ans, aucune ambition n'a été possible car le maire et son équipe ont rendu le budget anémique, puis l'ont momifié. Cela a consisté à faire de la gestion comptable mais sans projet répondant aux besoins réels des Aixois.

En décembre, par le débat sur les orientations budgétaires, nous avions déjà eu un avant-goût de la catastrophe. Au conseil municipal de ce lundi, elle est confirmée. Le volume général du budget recule par rapport aux années précédentes. Sur 247M€, la part du fonctionnement s'élève à près de 70%, avec une masse salariale qui repart à la hausse, contre 30% aux investissements. On ne peut pas parler de dynamisme.

Quand la mairie parle d'un maintien à un niveau élevé des dépenses d'équipements, c'est une tromperie. Déjà l'an dernier, nous vous avions dit que ce n'était pas assez par manque de volonté politique. D'ailleurs, pour afficher un pseudo maintien du niveau, la ville fait un recours à l'emprunt plus fort encore cette année (22M€). Même s'il est vrai que la dette a diminué et qu'il est possible d'utiliser un tirage sur l'emprunt, cela ne suffit pas à propulser quelque projet que ce soit.

Pour preuve, les apports extérieurs pour le développement ne sont que de 923 522€. Ils étaient encore de plusieurs millions jusqu'à mi-mandat actuel grâce aux projets que nous avions laissés. Dans les documents présentés, on trouve un outil qui sert à mesurer le rapport du niveau des dépenses d'équipement en fonction de la population. C'est écrit noir sur blanc, le taux aixois encore en baisse cette année est toujours inférieur à celui de la moyenne nationale !

En outre, l'argument selon lequel d'autres investissements sont pris en charge par la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix (à peine 20,6M€ qui s'ajoutent aux 36M€ de la ville) ne peut tenir lieu de grande politique. D'autant que le budget de la CPA commence lui-même à bien souffrir par la surcharge qui lui est imposée par défausse.

Pour Aix, l'aménagement urbain ne voit aucune perspective de concrétisation. En l'absence de Plan local d'urbanisme, comment ne pas constater, par exemple, que le logement social est en stagnation. La ville ne va consacrer que 300 000€ aux réserves foncières. Que faire avec une somme aussi dérisoire ?

A quoi doivent s'attendre les Aixois en 2007 ?

L'adjoint aux finances, sans doute pris par un éclair de réalisme, a laissé transparaître une sorte d'aveu : "on ne pourra pas indéfiniment éviter la pression fiscale". Autrement dit, un jour ou l'autre, il faudra bien relever les impôts, les artifices, c'est fini. Malgré cette prise de conscience, il nous a encore asséné que les impôts directs n'augmenteront pas cette année. Belle blague. On se rattrape ailleurs. La taxe des ordures ménagères a grimpé de 66,67%. L'eau et l'assainissement vont grimper de 3%. Les taxes et tarifs divers qui touchent le quotidien de chacun sont aussi en hausse. Les services rendus à la population seront amoindris par les coupes faites dans différents secteurs.

En revanche, pour la communication, on met le paquet. Cette année encore, les dépenses vont croître de 12,15% avec un total de 2,5M€ ! On ne lésine pas non plus pour ce qui est devenu une vraie manie avec cette municipalité : payer des tas d'actions en justice dont beaucoup sont perdues. Combien coûtent-elles ? L'an dernier, elles ont dépassé les 200 000€ !

Pour la sixième fois, lors de ses vœux, le maire va encore se vanter. Elle va encore mettre en avant les mêmes arguments pour tenter de justifier le passif. Que personne ne se laisse aveugler. Le maire est une spécialiste pour jeter de la poudre aux yeux à grandes brassées.

13 janvier 2007

Les pitoyables bouffonneries de Joissains

aixElle nous surprendra toujours. Mais... sans jamais parvenir à nous étonner vraiment. L'exemple de sa bouffonnerie contre le Nouvel Observateur parle de lui-même. Donner du tambour et recevoir des coups de baguette sur les doigts sont devenus son apanage. Maryse Joissains n'a plus la main, ni comme avocate ni comme maire. Comment peut-elle à ce point méconnaître la marche à suivre dans des procédures de justice ?

Nouvel avatar cette semaine. Face aux SDF qui ont établi leur siège devant l'office de tourisme depuis plus de quinze jours, elle claironne d'abord un pitoyable ultimatum façon "vous allez voir ce que vous allez voir." Dans son sempiternel élan médiatique, elle exige qu'ils quittent les lieux illico. Faussement compréhensive, elle se voit opposer un refus des sans-abri.

Puis, elle menace de saisir le préfet pour faire expulser les "campeurs" de la misère dans les 24 heures. Etape suivante, elle saisit le préfet de région pour qu'il fasse le sale boulot et par la force. Le préfet vient de toquer sa requête en lui rappelant qu'elle devait s'adresser d'abord au tribunal de grande instance en tant que maire !

Retour à la case départ et situation bloquée. Malgré les mots d'ordre nationaux de lever le camp, les résolus malheureux de la Rotonde sont toujours là. Je viens de le constater sur place en cette soirée de vendredi. L'ambiance est calme et il n'y a aucun désordre. Dans cette histoire, ce sont les gesticulations que provoque Maryse Joissains qui causent le plus de trouble. Et dire qu'elle se revendique humaniste…

22 janvier 2007

Que se passe-t-il au Centre culturel du Jas ?

Le point sur le dossier du CECDC

Etrange et soudain rebondissement au conseil municipal de janvier sur le dossier du CECDC. La mairie décide de réduire à la hache la subvention au Centre européen de création et de développement culturel du Jas de Bouffan. Qu'a-t-il bien pu arriver ?

En un paragraphe sibyllin, il est dit que des recentrages des missions ont eu lieu, que l'association n'a plus besoin d'autant d'argent – la subvention passe de 279 000€ à 87 000€ - et que la Ville souhaite se désengager par souci de clarté. Ni plus ni moins. Pour qui veut comprendre, il n'y a qu'à circuler.

La vérité est sans doute ailleurs. Une nouvelle analyse du fonctionnement catastrophique de la structure semble avoir motivé ce revirement.

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En décembre, le maire a dit qu'elle ignorait s'il y avait eu un nouvel audit… alors qu'elle l'avait elle-même demandé un an auparavant ! Et voici qu'un mois après, une délibération vient tout chambouler. Une telle décision peut-elle se prendre en un si court délai sans que le maire ne soit au courant des tenants et des aboutissants de la situation ? Je ne peux le croire. En réalité, la mairie tente d'agir vite et "à chaud" pour camoufler une situation devenue intenable.

Que s'est-il passé ? Pour comprendre, un rappel des faits antérieurs est nécessaire. Cette structure créée de toutes pièces par la Ville le 10 janvier 2003 avait été transférée à la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix le 1er janvier 2004. Depuis le début, elle fonctionnait avec des co-financements assurés par la Ville Aix, la CPA, le Conseil régional, le Conseil général et l'Etat pour une partie des salaires des emplois aidés. Très vite, le budget général a dépassé 1M€. La part de la Ville était fixée à 279 000€ par une convention de trois ans.

M'interrogeant sur le fonctionnement, à plusieurs reprises, j'ai demandé officiellement des informations précises et les comptes de l'association. A chacune de mes questions, il était invariablement répondu que tout allait bien. Or, un audit, que j'ai eu le plus grand mal à me faire remettre, était publié et même débattu en conseil municipal en décembre 2005.

Sur la forme, même si l'audit tentait de minimiser les dysfonctionnements, les conclusions étaient alarmantes. Quant au fond, il ne faisait aucun doute que des irrégularités avaient été commises.

A ce titre, le Conseil général a pris la décision de se retirer du conseil d'administration et de ne plus subventionner le centre.

Dans ses activités, le CECDC est plus une boîte qui héberge des créateurs et des artistes qu'une machine à produire elle-même. Il est une sorte d'intermédiaire des associations ou organismes qui produisent et qui doivent se contenter de la portion congrue en termes de financements, les charges de personnel étant très importantes. Cela ne serait pas si grave si l'audit n'avait pointé de graves manquements depuis l'origine en 2003.

En décembre 2005, m'adressant au maire, j'avais fait le résumé suivant.

"L'improvisation totale et le manque de sérieux de la rédaction des statuts initiaux, confus et inadaptés, même modifiés en 2004, n'ont pas réglé les dysfonctionnements constatés. Cela a entraîné des irrégularités graves qui rendent nulles ou contestables nombre de décisions financières de la structure. Cela s'est fait en présence des élus qui y siègent au nom du conseil municipal. J'y vois là une carence grave de vos élus qui auraient dû s'attacher à un contrôle minutieux et rigoureux des deniers publics.

A ce titre, leur responsabilité est engagée et la vôtre aussi Mme le maire, également présidente de la CPA. Pire, cela faisant, vous avez embarqué d'autres partenaires institutionnels et des administrateurs bénévoles dans l'opacité de votre gestion alors qu'au départ un consensus avait été établi avec des gens de bonne foi. Quant au reste, les mauvaises pratiques ne pouvant faire loi, vous avez rendu le contrôle du conseil municipal impossible.

-- Au sein du CECDC, des décisions ont été prises sans quorum statutaire, entachant ainsi leur légalité.

-- La présence d'une personne agissant avec une "double casquette" de fonctionnaire municipal et de chef de projet de la structure est pour le moins ambiguë. Une attitude que l'on trouve avérée dans divers courriers sous sa signature à en-tête différents. Quel est donc le statut réel de cette personne ?

-- Enfin, il est à noter une autre ambiguïté entourant l'octroi de parts des subventions générales accordées au CECDC et reversées à des associations (voire des sociétés privées) sous couvert de co-réalisations. La Commune et la CPA auraient dû s'inquiéter des liens juridiques à établir entre le CECDC et les résidents porteurs de projets internes. Ces remarques, explicites ou implicites dans les rapports d'audit, pointent des circonstances incompatibles avec le respect des principes démocratiques de la vie associative.

On trouve ainsi dans l'audit que :

-- les tenues d'assemblées et les décisions irrégulières d'assemblées s'assimilent à des pratiques constitutives de gestion de fait,

-- la présence et le vote prépondérant d'élus ou de fonctionnaires au sein d'organes dirigeants indépendants peuvent être déclarés comptables de fait,

-- les opérations n'entrant pas dans l'objet social de l'association sont considérées comme "mandat fictifs" et sont une gestion de fait en dépenses. Il est étonnant de voir que les comptes fournis sont toujours présentés comme "estimés", "estimatifs", "intermédiaires", "provisoires" "prévisionnels", jamais comme des comptes définitifs entérinés par les assemblées générales du CECDC.

Il est difficile d'y voir clair alors que les sommes engagées sont considérables, toujours autour de budgets avoisinant le million d'€.

Et que dire des sommes allouées par la CPA sans que la structure ait établi une demande officielle de subvention ? Que dire de certaines dépenses jugées "discutables" ou "dispendieuses" dans l'audit ? Pour l'opération "saison Combas", le rapport note : "Le bilan prévisionnel présenté pour cette opération n'était pas sincère".

Vous dites que la situation générale se serait améliorée. Je pense le contraire si l'on en juge par les pratiques qui se poursuivent cette année encore avec des financements conséquents sans l'accord préalable du conseil d'administration du CECDC.

Le CECDC devait initialement gérer un équipement de proximité. Vous en avez fait une machine sans pilote, sans code, sans freins qui va droit dans le mur et ce sont nos concitoyens qui en paient les frais."

Ce mois de janvier, la volte-face de la municipalité ne laisse donc rien présager de bon. J'attends avec impatience la communication et la publication de la dernière étude. J'exige la transparence totale et la vérité complète sur le fonctionnement passé et à venir de cet équipement.

Je ne mettrai fin à mes demandes que lorsque toute la clarté aura été faite sur cette affaire.

18 janvier 2007

La Provence : pour le budget, le compte n'y est pas…

pas_contentFanatique assidu du journal, j'ai lu ce matin le compte-rendu sur le budget primitif voté au conseil municipal de lundi. Le titre et l'article portent sur les investissements qui seraient en hausse selon la version de l'adjoint aux finances. Il se trouve que lors de mon intervention, dont je ne trouve aucune trace dans les colonnes, j'ai précisément démontré le contraire. J'ai contesté les déclarations de mon collègue en illustrant mes propos par des exemples concrets. Ou bien l'auteur de l'article a manqué de place pour donner mon point de vue contradictoire, ou bien il a été inattentif à la séance, ce qui est toujours possible dans le brouhaha habituel de la salle des Etats de Provence. Toujours est-il que l'essentiel du débat s'est centré sur les investissements. A mes yeux, ce que j'ai découvert ce matin ne reflète ni la totalité, ni la réalité de ce qui s'est dit au conseil. Ce compte-rendu "incomplet" m'a même poussé à me demander si j'avais vraiment assisté au débat ou si… j'avais rêvé que j'y étais. En tout cas, je trouve que le compte n'y est pas. Les Aixois curieux d'en savoir plus pourront utilement compléter leur information en lisant l'article ci-après de mon blog.

15 février 2007

Marseille sur la paille : l'herbe n'y est pas plus verte

logo_MarseilleIl est toujours très instructif d'aller voir si l'herbe est plus verte chez le voisin. Grâce à la séance du conseil municipal diffusée en direct le 5 février, j'ai découvert que Marseille est aussi sur la paille. En 4h22 pour quelque 130 dossiers, deux sujets ont dominé les débats : la vente de bâtiments communaux et les orientations budgétaires.

Le rapport 128 (1h), étrangement avancé en 11e position, annonçait la cession de l'Hôtel Dieu, acheté par la Ville 9,9 M€, cédé pour 7,5 M€ au groupe AXA. Censée renflouer les fins de mois difficiles de la commune, elle a provoqué un tollé. Ce bijou de famille va être transformé en hôtel 4 étoiles et en 75 logements, mettant le mètre carré à 0,48€ par mois !

Le rapport 42 (1h40) concernait les orientations budgétaires pour 2007. Sans rire, l'adjoint aux finances y a vu la gestion rigoureuse (1,8 milliards de dettes !) et les miracles accomplis par le maire. On apprend même que ce dernier vient de se voir décerner une récompense de portée universelle, "L'Equerre d'argent" – si, si, ça existe – "pour une réalisation de grande qualité", à savoir la réfection de la place Bargemont opportunément située devant… l'Hôtel Dieu.

Au milieu des dossiers expédiés à tout vitesse, les élus de l'opposition mécontents, dont Antoine Rouzaud (PRG), fustigent la vente de 2600 logements pour 130 M€ à la Sogima pour les mêmes raisons de renflouement et l'élargissement vers le Nord d'Euromed. Puis, ils s'attaquent au canal de l'Huveaune qui ne serait pas si clair que ça. La majorité se vante du pôle culturel de la Belle de Mai où se tourne une série télévisée quotidienne à succès et qui ferait de Marseille la 2e ville de tournages en France avec 102 jours pour 2006. Aix n'a qu'à bien se tenir.

Patrick Mennucci (PS) fulmine contre les 180 caméras de vidéosurveillance, toutes en centre ville, qui ne résolvent rien car "elles ne couvrent que 1% de la superficie de Marseille, il manque 200 policiers et la délinquance ne baisse pas."

Guy Tessier (UMP) stigmatise la non intégration du dossier des Calanques dans le projet de la ville et de la Communauté urbaine. Il en rajoute une vague en prônant la révision à la hausse de la carte fiscale, ce qui finit par bien agacer Jean-Claude Gaudin, conscient des déficits de la Communauté (1 milliard de dettes !) et qui s'apprête à réduire la part reversée aux 18 communes membres. Piqué au vif, le maire l'asperge d'une remarque acide mais un peu tordue, "Mais cela n'a rien à voir avec la CUM", se plaignant quand même, une fois de plus, de l'adhésion des Pennes Mirabeau à la Communauté du Pays d'Aix qui l'a privé d'une forte taxe professionnelle.

Il est encore question du Frioul qui va être réaménagé, de la fermeture de l'Opéra pour travaux pendant deux ans avec transfert des spectacles au Silo, "si tout se passe bien".

En toute fin de séance, est traitée une question orale de l'opposition sur l'agrandissement d'un collège et le problème de la mise à disposition d'un terrain par la Ville au Conseil général. Gaudin, qui sait toujours tout sur tout (pas comme certaine maire…), narre dans le détail où est le nœud du problème, les obstacles levés, les points à régler et comment il a déjà tout envisagé. Pour les délais, il faut négocier avec l'Etat qui est maître du jeu, "alors, ne venez pas me chercher des hissetouares".

Terminons en signalant que Jean Bonat (PS) occupait étrangement le siège de Jean-Noël Guérini (PS) absent pour problème de santé, Gaudin lui souhaitant courtoisement prompt rétablissement. Jean-François Mattéi (UMP), pourtant rapporteur de plusieurs dossiers, n'était pas là.

Lucien Weygand (PS), silencieux comme à l'accoutumée, s'intéressait du bout des doigts à un magazine plein de photos. C'était la luxueuse revue de 60 pages éditée par le maire pour promouvoir son bilan (comme le fait aussi certaine maire…). Dans une intervention talentueuse (dans ce mot, il y a tueuse), Jean-Pierre Fouquet (Verts) a balancé ses quatre vérités caustiques au maire.

Enfin, fin du fin, une minute a suffi à Renaud Muselier (UMP, ancien "fils de Provence") pour confirmer la vacuité de ses propos qu'il a pris grand soin d'exprimer dans un français très approximatif. Il aura du mal à rivaliser avec Gaudin dont les idées sont aussi mauvaises mais la langue juste, même s'il estropie le mot "tran-oué" qui est bel et bien estranger.

Pour voir l'enregistrement

http://sportsat.mairie-marseille.fr/ArchWM/cm20070205.htm

14 février 2007

De Robien ne mérite pas de doubler sa... casse

de_robien

De Robien ne manque pas de culot pour se ficher du monde. Ce mardi, à l'assemblée nationale, à un député UMP posant une question téléphonée sur les remplacements d'absences de courte durée des professeurs, il répond par une flatterie qu'une langue d'hypocrite professionnel ne renierait pas : "On le voit, lorsqu'on fait appel au sens du service public des enseignants, on n'est jamais déçu !" Le ministre a sûrement des choses à se faire pardonner.

La grosse grève du 8 février a dû tinter à ses oreilles. Dans la foulée, un peu partout en France, des mouvements sont en train de s'amplifier dans les établissements avec le soutien des parents. Car les coupes dans le budget de l'Education nationale vont signifier la suppression de 5516 postes d'enseignants et la disparition de 300 000 heures de cours.

Ce même mardi, de Robien en a remis une autre couche en officialisant un décret qui casse une partie du statut des enseignants. A partir de septembre, leurs horaires seront alourdis et peu importe si les effectifs sont pléthoriques. Ils devront, le cas échéant, enseigner dans deux matières alors qu'ils n'ont passé leur concours que pour une. Ils pourront aussi, mais cela existe déjà et va donc s'aggraver, être nommés sur deux ou trois établissements de la même commune ou d'une autre commune.

Ultime perfidie qui annonce bien d'autres catastrophes, le décret va jusqu'à substituer le terme d'"enseignant" à celui de "professeur". Cela n'a rien d'anodin. En effet, depuis cinq ans, de plus en plus de contractuels, issus de secteurs divers, sont recrutés dans les établissements scolaires pour des périodes allant de six à neuf mois, mais pas pour une année entière. Le but de la manœuvre est prémédité. Le non renouvellement de leur contrat vise bien sûr à limiter leurs droits à indemnisation. On les autorise donc à "enseigner" sans avoir le titre de professeur.

S'il ne s'agit pas là de rabaisser les exigences du métier et d'avoir en tête la précarisation des personnels, on ne voit pas très bien ce que cela peut être d'autre. Le tout, pour les titulaires et les auxiliaires actuels, avec une perte du pouvoir d'achat de 6% depuis 2000 et la disparition de 500 euros annuels de leur fiche de salaire. On comprend bien alors la phrase citée plus haut.

Lors de sa nomination, le même ministre déclarait ne rien connaître à l'Education nationale mais qu'il allait essayer d'apprendre. Peine perdue. Non seulement il n'a rien appris mais il s'est aussi permis de se comporter comme un petit saccageur. Il ne lui reste plus qu'à quitter le ministère sans avoir réussi son examen. J'espère qu'en mai les Français ne l'autoriseront pas à doubler sa casse.

13 février 2007

Logement à Aix : Ce qu'il faut faire

maisonLes retards pris dans la politique du logement ne pourront être comblés que si le problème est traité de manière globale par la Ville d'Aix-en-Provence et la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix. Pour pouvoir agir efficacement, trois types de mesures énergiques doivent être décidées. Celles qui touchent à l'amélioration du cadre de vie quotidien actuel, celles qui dresseront le schéma des réhabilitations et celles qui porteront sur la recherche du foncier et la construction de logements. Il n'y a plus une minute à perdre car programmer une politique digne de ce nom ne peut se faire sans tenir compte des multiples procédures économiques et administratives que nécessite tout projet.

La volonté politique

Le logement priorité N° 1 pour Aix et pour la CPA et en faire bénéficier l'économie et l'emploi

La méthode concrète

Traiter le logement en actes, pas en intentions, sur des fondations solides, pas sur du sable

Plan Local d'Urbanisme

Elaborer le PLU maintenant sans attendre 2009 pour libérer des terrains à construire

Constructions

Immédiates et programmation sur 6 ans

Cadre de vie

Prendre des mesures d'urgence

Réhabilitations

Tout de suite, en concertation avec les locataires

Foncier

Créer une pénalité pour refus de vente de terrain

Logement social public

420 par an (au lieu de 34 de 2002 à 2006 !)

Logement privé

2100 par an (au lieu de 1490 en 2004)

Blocage des loyers.

Immédiat pour 1 an, reconductible si nécessaire

Expulsions

Arrêt immédiat

12 février 2007

Logement à Aix : Le tableau de la honte

logo_OPAC

La situation du logement social public à Aix-en-Provence est un vrai drame. Dans un article précédent, j'ai exposé les données essentielles permettant d'en répertorier les causes profondes. L'absence caractérisée de volonté politique, l'irresponsabilité du maire et son incapacité à gérer ce dossier ont grandement contribué à mettre des milliers de familles en difficulté.

Voici sous forme de tableau ce qu'il faut en retenir.

Budgets habitat 2006

0,008% (Aix) et 0,005% (CPA)

Nombre demandes en attente

5000

Temps d'attente

Entre 4 et 5 ans

Logements sociaux à Aix

17,3% (la loi impose 20% par ville)

HLM construits à Aix en 5 ans

12 en tout (entre 1989 et 2001, 150 par an, soit 1800 en 12 ans)

Charges locatives

En forte hausse constante

Espaces verts

Non entretenus

Cadre de vie

A l'abandon

Propreté urbaine quotidienne

Peu assurée

Accueil temporaire (6 à 12 mois) pour personnes en difficulté

Système saturé, très insuffisant

Cautions demandées

2 à 3 mois, trop important

Logements sociaux vacants

Jusqu'à 120

Logements vacants privés

15% en centre ville

Vente des HLM aux locataires

Promesse non tenue, difficile

Budget pour la réhabilitation

Seulement 380 000 € en 2004

Foncier

Pas recherché et prix exorbitants

Directeurs OPAC en 6 ans

5 différents et graves problèmes

Nouveau siège pour OPAC

Cher : 3,8 M€. Est-ce la priorité ?

Crédits de l'Etat pour les quartiers en rénovation urbaine

Pour 2006 : chute de 22%, contraires aux grandes annonces

Crédits consacrés à la lutte contre l'habitat insalubre

Ils ont été réduits de 16%, malgré l'urgence (crise des banlieues)

Tous ces problèmes mettent en péril la cohésion sociale de notre ville et de notre Pays d'Aix. Vivre ensemble devient de plus en plus difficile. Il ne faut plus attendre pour soumettre aux Aixois un projet politique et territorial afin de répondre au mieux aux besoins de la population pour l'immédiat et aussi pour l'avenir.

11 février 2007

Les difficultés scolaires sont d'abord sociales

tableauA intervalles réguliers, des études ou des rapports font le point sur les niveaux obtenus par les enfants dans divers domaines. Une récente évaluation de plusieurs milliers d'élèves de sixième portant sur 57 exercices en français et 101 en maths conclut que 10% d'entre eux sont "en grande difficulté scolaire". Cette appréciation est formulée à partir d'une analyse publiée par l'Education nationale via les rectorats.

Mais cette méthode standardisée ne fait pas l'unanimité, notamment parce qu'il s'agit d'une étude à un instant donné sur des questions précises. Même si sa portée doit être nuancée, quels enseignements, c'est la cas de le dire, peut-on malgré tout en tirer ?

En dehors des variations constatées, petits progrès par-ci, légers reculs par-là, différences entre académies, il en ressort surtout une vérité criante qui ne devrait jamais cesser de préoccuper les esprits. Les résultats montrent très nettement qu'une large majorité des enfants en difficulté scolaire proviennent de milieux défavorisés. Autrement dit, l'appartenance sociale joue un rôle prépondérant dans les retards ou les échecs. Le diagnostic est on ne peut plus clair et confirme toutes les observations faites précédemment.

Va-t-on classer cet énième constat ou va-t-on en tenir compte ? Le pire est malheureusement à craindre. Le gouvernement vient d'opérer de nouvelles coupes budgétaires et veut mettre en œuvre des mesures qui précarisent les conditions d'enseignement. Cela va donc dans le mauvais sens. A la rentrée 2007, les classes seront plus encombrées, les enseignants moins nombreux et les moyens pour les secteurs en difficulté en forte diminution.

A-t-on vraiment besoin de refaire un nouveau rapport dans cinq ans ?

9 février 2007

Tu crois que c'est une blague, t'as raison, mais…

maison_100_000_

T'as pas de toit, t'as pas de boulot, t'as pas d'argent, t'as rien, même pas de plan épargne-logement. Pas grave, tu peux quand même acheter une maison à 100 000€ ! D'abord, t'achètes la maison en payant 50 ans. Puis, t'achètes le terrain en payant à crédit pendant 30 ans. Tu crois que c'est une blague et t'as raison. Le gouvernement a vendu cette salade et certains l'ont avalée.

Dis-moi un peu, même si t'avais un peu d'argent, tu sais combien il faudrait de ces maisons pour tous ceux qui sont mal logés ? Près de 3 millions. Tu penses que c'est donc impossible. Ben, non ! Il faudrait un gouvernement courageux pour dire que c'est la priorité absolue. Il lancerait une politique de grands travaux.

Ca créerait des emplois. Ca donnerait du boulot à beaucoup de gens. Les drames familiaux diminueraient. Il y aurait moins de problèmes de dépression. Ils pourraient payer leur maison. Ils cotiseraient à la sécu. On pourrait payer les retraites.

Tu crois que je rêve ? Ecoute. T'as vu l'état de la France ? C'est comme s'il y avait eu une guerre. Eh ben, après les guerres, on a toujours lancé des grands travaux. Ca s'appelle la reconstruction. Le pays devient beau. Les gens vivent en paix. Ils sont plus heureux. Les enfants peuvent étudier. Ils peuvent imaginer un avenir avec un emploi. Ils peuvent même aider d'autres pays à devenir beaux.

Si ce que je te dis te semble loufoque, c'est qu'on t'a bourré le crâne avec le contraire. Le droit au bonheur, c'est pour tout le monde. Il faut l'oser.

5 février 2007

Logement : 8,5 millions de personnes en difficulté

droit_logement

C'est grave, il y a grande urgence. Comment la France, pays riche, peut-elle ainsi maltraiter sa population ?

Près de 8,5 millions de personnes connaissent des difficultés de logement à divers degrés. Il y a 3,2 millions de "mal-logés" (SDF, occupants d'habitations de fortune ou de centres d'insertion sociale) et plus de 5,2 millions de personnes hébergées par des tiers vivant en situation de surpopulation ou encore en instance d'expulsion pour impayés de loyer.

C'est le 12ème rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre qui enfonce le clou après recoupement de différentes sources (INSEE, CNRS).

Tentes installées sur la voie publique, en bordure de périphérique, personnes "logées" à l'année dans des campings, des garages, des cabanes, voire des caves, mobile homes, abris de fortune "pire qu'indignes", squats, voitures servant de refuge pour la nuit… la liste serait longue.

"Le mouvement mené par les Enfants de Don Quichotte a attiré à nouveau l'attention sur la question des sans-abri, mais les réponses sont en grande partie conjoncturelles, mais trop peu structurelles pour pouvoir résoudre les problèmes à long terme. Palier une situation dramatique est une chose. Modifier en profondeur une politique du logement pour résoudre la crise en est une autre", selon M. Doutreligne, délégué général de la Fondation.

La pénurie de logements sociaux, si elle n'est pas résorbée, risque de transformer la loi sur le droit au logement opposable en texte "incantatoire". La loi permet de se plaindre mais ne débouche pas sur une attribution de logement. Il n'est que temps de décréter le logement "grande cause nationale."

5 février 2007

Le mal logement en chiffres

mal_logement

Sans-abri

100.000

Personnes en habitat de fortune, sous-location, camping, hôtel

974.600

Personnes vivant sans confort de base (habitat indigne, absence de sanitaires, etc.)

1.150.000

Personnes en impayés de loyer depuis plus de deux mois

722.500

Personnes vivant en situation de surpeuplement

4.544.000

Personnes hébergées chez des tiers faute de logement

823.000

Logements dégradés nécessitant l'intervention publique

750.000

Personnes occupant un logement sans droit ni titre suite à une décision de justice (?) prononçant leur expulsion

160.645

4 février 2007

Le Ravi est encore sorti de sa crèche

Le_Ravi

Dans Le Ravi de février, on parle encore d'Aix. Courez vite l'acheter. C'est un vrai régal de lire des articles bien écrits, parfaitement documentés et agrémentés de beaux dessins. L'humour présent à chaque page bouscule souvent les convenances jusqu'à la satire. Pas de langue de bois, pas de courbettes, pas de mains liées. L'esprit y est libre et les propos caustiques.

Dans ce numéro 38, on trouve des pépites inédites sur la vie en Provence. Et aussi, en page 2, une bande dessinée désopilante sur les déboires de qui vous savez avec son procès perdu contre Le Nouvel Observateur. Sans oublier, en page 9, un compte-rendu au scalpel du dernier conseil municipal où j'ai encore énervé tous ceux qui voulaient rentrer tôt chez eux.

Pour 2 euros, c'est donné, c'est cadeau. Une bonne dose d'impertinence qui réconcilie avec l'information.

25 janvier 2007

Certains oiseaux vont devoir replier leur zèle

chiffonniers

A vrai dire, depuis lundi, je me sentais un peu chiffonné. J'avais pressenti ce qui allait se passer. Dans un billet, j'avais parlé de ceux qui se jettent "comme des vautours sur la misère." Et, surprise, ce mercredi, deux journaux s'y sont mis aussi. Et comme il faut !

D'abord, bien sûr, Le Canard enchaîné qui n'en rate pas une. Des moments de vérité comme celui-là, cela ne se boude pas. Il faut sans doute comprendre que les personnages caricaturés ici sont pris comme des symboles pour tous ceux qui ont eu tendance à se comporter de la sorte. L'article qui suit le dessin remet d'ailleurs à l'heure pas mal d'horloges déréglées avec le temps et le froid. Il y en a un peu pour tout le monde mais surtout pour ceux qui auraient eu la mémoire courte et l'hypocrisie durable.

Et puis, dans La Provence, un piquant édito intitulé "Récup" d'Hervé Vaudoit qui a fait barrage à "un torrent de réactions attristées parmi les élus du Pays d'Aix" en ne publiant pas leurs communiqués très émus. En quelques mots, il rappelle aux uns et aux autres qu'il ne faut quand même pas pousser quand on n'a pas construit assez de logements sociaux, qu'on a refusé les aires d'accueil pour les gens du voyage ou qu'on a fait appel aux juges pour expulser les SDF.

C'est bien fait, c'est bien envoyé, ce n'est que mérité. Je connais quelques oiseaux qui vont devoir replier leur zèle. Alors, restons lucides et guettons le ciel un peu moins encombré depuis hier.

2 février 2007

Procès contre le Nouvel Obs : il faut régler la note

RemboursezLe 9 décembre 2004, dans un numéro spécial, le Nouvel Observateur consacre douze pages à Aix. Mme Joissains se dit outrée et en fait des tonnes. Au conseil municipal, dans la presse locale et, jusqu'au ridicule, par une lettre qu'elle insère dans le magazine municipal "Aix en dialogue". Elle dit qu'elle ne se laissera pas faire et qu'elle part en guerre. On en aurait presque pleuré toute l'eau des fontaines.

Nous l'avions pourtant avertie. S'attaquer à la liberté de la presse n'est pas ce qu'il y a de mieux à faire. Nous le lui avions bien dit. Sa plainte ne réunissait pas d'arguments sérieux pour soi-disant défendre une atteinte à son honorabilité, à son image et à celle de la Ville. Nous l'avions mise en garde. Dans cette affaire de susceptibilité personnelle, le coût ne pouvait en aucun cas être assumé par la Ville.

Mme Joissains a joué avec le feu. Elle a fait un procès, elle l'a perdu. Elle déclare désormais ne pas vouloir faire appel du jugement. On la comprend, elle risquerait d'aggraver son cas. Elle doit maintenant endosser sa bourde. L'honneur commande qu'elle reverse les frais engagés sur le compte des Aixois qui n'ont pas à supporter ses frasques. Il est même logique qu'elle paie de sa poche les conséquences de ses actes manqués.

Ce n'est pas difficile. Il suffit de présenter au conseil municipal une délibération exprimant des excuses aux élus de son équipe qui ont voté avec elle ce naufrage. Et aux Aixois qui ont été victimes de cette supercherie. Bien entendu, il faudra dire clairement combien a coûté la procédure et quelles sont les pénalités de justice. Enfin, le maire doit s'engager à rembourser à la collectivité la totalité desdites sommes. Nous ne serons quitte qu'à ce moment-là et qu'à ces conditions. Sous peine de causer un nouveau préjudice à la Ville et de voir son image ternie une fois de plus. Mme Joissains, il est vraiment temps d'être à la hauteur.

25 janvier 2007

BILAN 4 : le document pas vraiment social de la mairie

Bilan_socialLe grand public ne s'en doute guère mais l'analyse d'un tel document permet de comprendre la façon dont une équipe municipale gère un budget. Après trois reports, le bilan social 2005 accompagné d'une synthèse sur cinq ans du fonctionnement du personnel municipal a enfin pu être discuté au conseil municipal.

Il s'agit certes d'un rapport technique mais aussi à caractère politique et, à tout le moins, faisant l'objet d'une politique. C'est un sujet sensible car il concerne des personnes. Mais je suis resté dans le domaine des résultats et des choix faits par la mairie.

En fait, le débat a été introduit par le directeur des ressources humaines au nom du maire, déléguée au personnel. Il en a mieux valu ainsi, le maire étant loin de connaître tous les détails de la situation, c'est peu de le dire.

Deux mises au point concernant les agents précaires ont été nécessaires pour lever l'amalgame habituel qu'elle entretient mensongèrement sur les chiffres. Depuis le début du mandat, le maire prétend qu'elle a trouvé 500 agents en emplois aidés. Les documents disent clairement qu'il s'agit de 409 personnes en 2000. Avec les recrutements de l'actuelle équipe (d'ailleurs avec des contrats encore plus précaires), le total est monté à 428 en 2001. Ensuite, au sujet de l'intégration progressive au sein du personnel, ce n'est pas un exploit, nous l'aurions fait nous-mêmes si nous avions été majoritaires.

Sur les autres aspects, parmi les points à retenir, à périmètre constant, en incluant tous les personnels transférés à la CPA (Services incendie, collecte ordures ménagères, piscines, musées), en 2005, les chiffres des effectifs sont quasiment identiques à ceux de 2000. Cela veut dire qu'il n'y a pas eu baisse de la pression sur le fonctionnement. En effet, l'écart entre 2000 et 2005 pour les effectifs de la Ville stricto sensu (tous statuts) est de - 310 (2479 à 2169) alors que les transferts cumulés à la CPA sont de 425.

A ce propos, pour que l'analyse globale soit réellement pertinente, un autre débat aurait mérité de s'instaurer sur le coût des transferts et sur les recrutements opérés par la CPA qui induisent des dépenses supérieures aux transferts (1 transfert équivaut à payer 1,5 emploi). Ce sont là des observations de la Cour des comptes.

Pour ce qui est de l'évolution de la masse salariale, deux pourcentages sont à comparer. En 2000, les dépenses en personnel représentaient 50,36% du budget. En 2005, elles sont de 54,22% et seront de 54,72% en 2007. Il y a donc dégradation.

Pour les heures supplémentaires, si leur réduction est un point positif, on constate des disparités par services.

Au sujet de la formation des personnels, pour 2005, le nombre de journées, en baisse par rapport à 2004, est de 7806 (pour un coût de 754 654,82€). 27% du volume ont été assurées par des organismes extérieurs soit 40% de la dépense. J'ai insisté sur l'effort important à faire pour les catégories C dont les besoins sont plus grands.

J'ai également interrogé le maire sur les déperditions observées dans les journées réellement suivies par rapport aux demandes validées. Environ 35% des formations n'ont pas lieu sans que jamais la question n'ait été posée ! Il y a manifestement mauvaise appréciation des quantités et mauvaise adéquation avec le budget nécessaire. En fait, cela veut dire qu'il y a sûrement de l'argent non utilisé. J'ai aussi souhaité que le conseil municipal puisse disposer de la liste des actions menées et des organismes extérieurs et privés qui assurent des formations.

Enfin, les nouvelles méthodes d'évaluation et de notation ne font pas l'unanimité des personnels, certains trouvant le système inéquitable et trop subjectif et partial.

Pour les accidents de travail, la moyenne aixoise est supérieure à la moyenne nationale. Un effort important sera à faire pour y remédier.

En conclusion, j'ai rappelé que j'ai contesté le nouveau régime indemnitaire institué en 2004 notamment à propos du principe du traitement d'égalité des agents et sur des critères objectifs et qu'il est toujours au Tribunal administratif.

J'ai regretté que le bilan ne présente pas de perspectives sur 5 ans au moins. Cela aurait eu entre autres pour avantage de programmer des dépenses, de répondre à l'évolution des métiers, à la mobilité interne, à l'accès à la promotion sociale, d'assurer la qualification du plus grand nombre et d'obtenir plus de performance et donc de services rendus au public.

Malgré ce débat, le maire persiste à se déclarer satisfaite de son bilan ! Ce n'est pas l'avis de beaucoup de personnels...

24 janvier 2007

Solidarité n'est pas charité

liberationA lire, cette analyse dans un article de référence de Libération du mardi 23 janvier, par Serge PAUGAM, directeur d'études à l'EHESS. Le dernier ouvrage collectif paru sous sa direction : "Repenser la solidarité, l'apport des sciences sociales" (PUF).

L'ARTICLE. La question de la solidarité est souvent appréhendée comme une démarche individuelle sous la forme d'un engagement volontaire pour venir en aide à ceux qui souffrent. Elle incarne une action valorisée socialement, mais dont on aime à rappeler le caractère électif : "Solidaire, oui, mais seulement si je veux..." Les défenseurs de la pensée libérale classique, qui se méfient depuis toujours d'un Etat social bureaucratique gouverné par une administration jugée contraignante, ne peuvent qu'encourager ces formes spontanées et souvent généreuses de la solidarité privée. Ils sont relayés par tous ceux qui aujourd'hui déplorent une culture de la déresponsabilisation individuelle et vont, dans certains cas, jusqu'à dénoncer l'imposture des droits sociaux.

A l'opposé de cette conception, le solidarisme de Léon Bourgeois, tel qu'il a été pensé dès la fin du XIXe siècle, était fondé sur l'idée que la justice sociale ne peut exister entre les hommes que s'ils deviennent des associés solidaires en neutralisant ensemble les risques auxquels ils sont confrontés. La socialisation du risque qui avait ainsi pris le pas sur la notion de responsabilité individuelle apparaît aujourd'hui en recul. On assiste bien en France à une érosion du socle historique de l'Etat social. Les assurances sociales sont en réalité de moins en moins sociales. Les notions classiques d'universalité des droits, de prévention, de redistribution institutionnalisée sont peu à peu remplacées par des notions de responsabilité individuelle, de ciblage de la protection sociale, de prise en compte individuelle des besoins. On peut donc se demander si la solidarité, organisée sous la forme d'un contrat social, n'a pas déjà plus ou moins perdu la partie. Ce débat prend même des formes sophistiquées à chaque fois qu'il est question du financement de notre protection sociale. Mais ne risque-t-on pas aujourd'hui, en opposant ainsi de façon radicale la responsabilité individuelle et la responsabilité sociale, de perdre de vue ce qui constitue le fondement de toute société humaine.

Rappelons-nous les leçons d'Emile Durkheim et de Marcel Mauss. Selon ce dernier, le citoyen doit être ni trop bon et trop subjectif, ni trop insensible et trop réaliste. Il faut, disait-il, dans son célèbre Essai sur le don, qu'il ait un sens aigu de lui-même, mais aussi des autres, de la réalité sociale et qu'il agisse en tenant compte de lui, des sous-groupes, et de la société. En réalité, il ne peut exister de société humaine sans solidarité entre ses membres.

La vie en société place tout être humain, dès sa naissance, dans une relation d'interdépendances aux autres et la solidarité constitue à tous les stades de la socialisation le socle de ce que l'on pourrait appeler l'homo sociologicus, l'homme lié aux autres et à la société, non seulement pour assurer sa protection face aux aléas de la vie, mais aussi pour satisfaire son besoin vital de reconnaissance, source de son identité et de son existence en tant qu'homme. Mais le risque n'existe-t-il pas que cette interdépendance fonctionnelle soit méconnue et que les individus, à mesure que croissent leur autonomie et leur liberté, se sentent libérés de toute dette à l'égard des générations passées, peu sensibles au destin des générations futures, et hostiles à l'idée d'une redistribution à l'égard des plus défavorisés ?

Puisque chaque individu dépend des autres, la solidarité doit correspondre à une morale partagée par tous. Dans les sociétés modernes, cette morale passe par un contrat social. Or ce dernier a été défini à la fin de la seconde guerre mondiale. Il doit aujourd'hui être réévalué à l'aune des nouveaux défis auxquels la société française est confrontée : crise de la société salariale entraînant un risque accru de disqualification sociale de franges importantes de la population active ; inégalités entre les générations qui se traduisent par des difficultés accrues pour les jeunes de participer pleinement à la vie économique et sociale ; inégalités de genre ­ dans le travail, la rémunération et l'accès aux fonctions de responsabilités dans la sphère publique ­, lesquelles tardent à être reconnues et combattues ; discriminations à l'égard des immigrés et des Français d'origine étrangère ; ségrégations urbaines et scolaires qui suscitent un doute sur nos modèles d'intégration.

La solidarité correspond à une responsabilité à la fois individuelle et sociale. Ce sont deux dimensions qui se renforcent mutuellement. La liberté individuelle n'est atteignable, dans une société démocratique, qu'à la condition d'offrir à chacun la possibilité de l'exercer pleinement. Cette ambition passe par le recours à la notion de responsabilité sociale. Avant d'incriminer les plus faibles en les rendant responsables de leur sort, il faudrait se poser la question de la place des plus défavorisés dans le système social. Est-ce normal que les moins qualifiés soient aussi les moins protégés en termes de couverture sociale ? Est-ce normal que les enfants des milieux défavorisés soient condamnés à échouer dans le système scolaire sans avoir la chance d'acquérir les bases nécessaires à leur intégration sociale ? Est-ce normal que les moins qualifiés aient moins accès à la formation continue que les plus qualifiés ?

Pour renouveler le contrat social, il faut commencer par débattre. La France a besoin d'améliorer sa politique d'éducation et de formation continue pour donner à chacun de réelles chances d'être intégré dans la vie professionnelle. Elle a besoin d'une grande politique du logement social pour permettre enfin aux plus défavorisés d'avoir un toit. Elle a besoin d'un rééquilibrage des quartiers urbains pour désenclaver les territoires où se concentrent toutes les inégalités, les humiliations et les souffrances. Elle a besoin d'une politique sociale et éducative pour offrir à tous les enfants, dès le plus jeune âge, de meilleures chances d'épanouissement et à leurs parents les moyens réels de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale. De la réponse à ces questions dépend le re-décollage de la France. La solidarité en est une condition. L'investissement dans le capital humain, dans la protection sociale, dans des emplois de qualité, ne constitue pas une dépense superflue. Il s'agit au contraire d'accroître notre efficacité collective à sortir la France par le haut. Face à une économie de plus en plus flexible et globalisée, la comparaison de la France avec d'autres pays européens nous montre qu'il existe des marges d'autonomie pour les réformateurs sociaux en faveur d'une intégration plus solidaire.

La campagne pour l'élection présidentielle doit être un moment privilégié pour réfléchir ensemble sur les fondements de cette solidarité à réinventer.

22 janvier 2007

Hulot, retour triomphal à TF1

hulot_outVoilà, maintenant, on sait. Par lucidité, Hulot a dit non à la candidature et oui à TF1. Nul doute que la chaîne la plus écologique d'Europe lui fera un triomphe et lui accordera un plus pour ses programmes. On s'en réjouit d'avance pour lui. Moi, je vais me contenter de verser quelques larmes vertes car, ne regardant jamais TF1, j'aurai moins souvent l'occasion de le voir à la télé et dans les médias. Lisons quand même ce que Claude-Marie Vadrot publiait sur son blog hier dimanche.

Hulot : l'insoutenable attente

Séquence frisson : Nicolas Hulot, demain lundi au Palais de la Découverte, dira si oui ou non il est candidat. Ce naïf en politique, dans le fond persuadé que pour l’écologie, la droite et la gauche ont les mêmes réponses et les mêmes outils, aura réussi en quelques mois, à entretenir l’impression que les politiques étaient sur le point de se préoccuper sérieusement d’écologie : séquence illusion.

Il aura réussi aussi, hélas, à faire croire qu’en dehors de lui, il n’y avait point d’écologie : séquence déception. Tant pis pour les autres, ceux qui ont construit et proposé depuis des années, des programmes autrement efficaces, structurés et radicaux que le pâle "Pacte écologique" : séquence destruction.

Nicolas Hulot a pris le risque de ruiner son efficacité de présentateur télé (maintenant) voué à l’écologie. Il fait aussi la preuve que si les télévisions évoquaient plus souvent les questions d’environnement et de protection de la nature, l’opinion publique serait mieux informée et ferait pression sur des élus qui ne se sont vaguement et provisoirement lancés dans l’écologie que pour avoir l’air de ne pas laisser passer une mode.

Que Hulot se présente ou non, parce qu’il aura attendu bien trop longtemps pour se décider, il aura fait beaucoup de dégâts. Sauf dans le monde politique qui oubliera vite l’écologie.

Le 24 janvier, le Conseil de la Fondation Nicolas Hulot, dont tous les membres sont opposés à la candidature de leur porte-parole, se réuniront pour faire le compte des dégâts et pour envisager l’éventualité de la disparition de la Fondation.

http://horreurecologique.blogspot.com

21 janvier 2007

Antennes relais : la mairie cynique et inconséquente

pr_cautions

Ce n'est pas un sujet avec lequel on plaisante. Le problème causé par la proximité des antennes relais avec des lieux habités ou fréquentés par le public ne peut pas être traité par-dessus la jambe. Cela fait des années que partout en France et en Europe, des gens se mobilisent pour faire respecter le principe de précaution. Il s'agit de prendre en amont toutes mesures destinées à éviter d'avoir à agir après coup.

L'idée de la Charte de l'environnement qui a été ajoutée à la Constitution française en est la preuve. Dans notre pays, depuis au moins l'an 2000, des villes ont pris des décisions plus ou moins hardies pour faire face aux inquiétudes.

Le choix le plus généralisé a consisté à mettre en place une charte accompagnée d'un guide des bonnes pratiques. L'accord a toujours été signé entre les institutions et les opérateurs de téléphonie mobile. Dans ces documents, il est prévu de garantir l'information et la consultation des habitants pour rechercher la solution la mieux adaptée sans pour cela interdire la pose d'antennes.

On le voit, la démarche a déjà été expérimentée. Des exemples concluants existent. Ils peuvent servir de base à toute nouvelle situation comparable.

A Aix, depuis quelques mois, des habitants de plusieurs quartiers – Encagnane, Cuques, Pigonnet – ont fait part de leur souci en saisissant l'autorité la plus proche, la mairie. Le problème a été porté sur la place publique par le biais de tracts, grâce à des informations diffusées chez les habitants et par la presse.

En décembre, des questions ont été posées au conseil municipal par l'opposition. Le maire s'était engagée à agir, notamment pour les antennes posées sur un immeuble géré par l'OPAC Pays d'Aix Habitat dont elle est présidente et qui avait décidé d'installer ces antennes.

Double surprise après ce premier débat. Au conseil d'administration de l'Office, en l'absence du maire, le premier adjoint, des élus de la majorité et le directeur ont tenus des propos contraires aux annonces du maire. Peut-on être plus cynique ?

Puis, au conseil municipal de janvier, toujours en l'absence du maire, le premier adjoint a décidé de reporter le dossier qui prévoyait la création d'une commission visant à étudier la question. Par définition, le principe de précaution sous-entend des mesures d'urgence minimales telles que la désactivation des antennes contestées et la prise de décisions à titre conservatoire.

Le débat vient de prendre du retard et la responsabilité du maire peut-être engagée. Au mieux, la question ne sera de nouveau évoquée qu'au conseil de février. S'y ajouteront les délais de réunion et de travail de la commission. Si le sérieux est de mise - mais j'ai quelques doutes - les premières solutions ne verraient donc le jour que dans quelques mois. C'est carrément inconséquent.

L'association d'Encagnane vient de lancer un nouveau tract d'information destiné aux habitants (voir ci-après) reprenant une à une toutes les étapes de cette saga.

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