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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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24 mars 2007

Sarkozy, ça pue la guerre civile

rue_Rampal

Télescopage de l'actualité. Dans quelle société vivons-nous ? Quel est l'état de la France ? L'opération policière devant l'école de la rue Rampal à Paris nous en donne déjà une idée très précise. Le vocabulaire des médias s'est enrichi d'un mot puant des années noires, "rafles", car il s'agit bien de cela. Des incidents violents entre parents d'élèves et policiers se sont déroulés mardi 20 mars devant l'école lors de l'arrestation d'un parent sans papiers d'enfants scolarisés (voir lien ci-dessous). La directrice a été interpellée ce vendredi, mise en garde à vue mais remise en liberté dans la journée.

L'autre événement est relaté par le Canard enchaîné qui rapporte que Sarkozy se serait indigné, lors de son arrivée dimanche à France 3 pour participer à l'émission France Europe Express, de ne pas être accueilli comme il le méritait. Le candidat de l'UMP aurait déclaré : "Toute cette direction (celle de France 3), il faut la virer. Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre." Pas la peine d'aller chercher plus loin pour comprendre comment serait gouvernée la France si ce bonhomme parvenait à ses fins. Cela doit beaucoup amuser Papon dans son trou.

Deux liens à consulter toutes affaires cessantes :

http://portal.vpod.tv/latelelibre/149850

http://www.levraiqgdesarko.net

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4 mars 2007

Si la dissidence électorale augmente…

liberation

Libération a publié le 3 mars une interview de Dominique Reynié, spécialiste des grands mouvements de l'opinion publique. Interrogé par Christophe Forcari, il explique pourquoi, depuis quelques années, les électeurs refusent de voter ou choisissent le vote de perturbation, comme le fait le hacker informatique, pour bloquer le système.

Quelles sont les caractéristiques des dernières élections présidentielles ?

Probablement la combinaison d'un vote sanction systématique et de la montée de comportements électoraux critiques, dissidents. Les électeurs expriment à la fois leur mécontentement et donc sanctionnent la majorité sortante. A cette occasion, ils expriment à travers le vote une insatisfaction sur la manière dont fonctionnent la démocratie et la procédure électorale. Non seulement ils critiquent la façon dont les majorités gouvernent, mais aussi la manière dont elles sont désignées. La combinaison des deux me paraît caractéristique.

Comment se manifeste cette double critique ?

D'abord, dans la montée de l'abstention ; ensuite, dans la poussée des votes blancs ou nuls ; enfin, dans la progression du vote pour les partis extrémistes, tels le FN, le MNR, les partis trotskistes. En agrégeant ces trois types de votes, en les comptabilisant ensemble, je construis un indicateur électoral que je nomme la dissidence électorale. Ils traduisent, bien évidemment, des comportements tous différents les uns des autres mais qui présentent le point commun de traduire une relation critique avec à la fois la convention électorale et l'offre électorale. En 2002, le vote pour les extrêmes n'est plus seulement un vote protestataire mais un vote de perturbation qui a pour visée de bloquer le système. Comme si les électeurs se comportaient en hacker informatique. Un vote protestataire reste un vote d'opinion. L'électeur émet une opinion, il essaye alors de dire : «Je dis quelque chose. Ecoutez-moi !» Le vote de perturbation devient un vote actif. Il consiste à faire quelque chose pour planter le système. L'électeur suppose que même s'il prend la parole, il ne sera pas entendu.

Depuis quand les électeurs français sont-ils entrés en dissidence électorale ?

L'abstention au premier tour de la présidentielle augmente de façon notable en 1981 par rapport à 1974. L'abstention était liée à un très faible niveau d'éducation. Or celui-ci ne cesse de progresser et l'abstention croît toujours. Ce n'est pas contingent et répond à des raisons profondes qui expriment une méfiance à l'égard des changements du monde et de la société française. A partir de 1981, la France rentre dans un contexte historique marqué par les progrès du politique restrictif. Une certaine manière de gouverner en distribuant des ressources touche à son terme. Le système politique apparaît de moins en moins en capacité de répondre aux attentes, aux demandes des électeurs. Pour des raisons démographiques comme pour des raisons d'endettement croissant puis plus tard avec les critères de Maastricht, le personnel politique en France plonge dans une situation où les contraintes les rendent sinon sourds, du moins impuissants face aux revendications des électeurs. Ils ne peuvent plus répondre aux demandes de distribution de ressources. Un exemple, le désir de prendre sa retraite plus tôt, qui répond à une conception progressiste, n'est plus de mise. Aujourd'hui, les politiques disent non seulement que ce n'est plus possible mais qu'il va falloir travailler plus longtemps. Pour de nombreux électeurs, c'est au moment où les mécanismes de la sécurité sociale semblent particulièrement utiles, en raison des effets de la globalisation, que les gouvernants annoncent leur nécessaire révision, que ce n'est plus possible, qu'il va falloir tourner la page.

Les cohabitations successives ont-elles accentué ce phénomène de dissidence électorale ?

Je ferais l'hypothèse que oui. A partir de 1981, les Français ressentent ce changement d'époque et que, face aux nouveaux défis, les politiques ont de plus en plus de mal à répondre à leurs attentes. Les cohabitations agissent comme une variable institutionnelle favorisant la dissidence électorale. Un rendez-vous électoral sert à imputer clairement la responsabilité politique à l'un ou l'autre camp. Il faut qu'on puisse clairement savoir qui a la responsabilité politique de la situation. Or les cohabitations successives ont entretenu une confusion des responsabilités obérant la prise de décision électorale. Les électeurs finissent donc par envoyer le même signal aux partis de gouvernement sur le mode «on ne croit plus en vous». Soit alors l'électeur s'abstient, soit l'offre ne lui convient pas et il vote blanc, pratiquant alors une forme d'abstention civique. La prochaine élection ne se fera pas au sortir d'une cohabitation.

Cette configuration peut-elle atténuer la dissidence électorale ?

La précédente élection sans cohabitation remonte à 1981. En 2007, la situation pour les électeurs est claire. La droite gouverne et dispose de tous les leviers du pouvoir. Cet élément devrait favoriser la mobilisation en faveur de la gauche de gouvernement. Cela pourrait effectivement provoquer un reflux de la dissidence électorale. Le précédent du 21 avril 2002 peut également précipiter les citoyens vers les urnes pour éviter d'avoir à choisir au second tour entre la droite et l'extrême droite. C'est en tout cas le diagnostic qu'ont fait les deux grands partis de gouvernement. Pour ramener les électeurs vers les urnes et surtout pour les amener à voter pour eux, il y a une candidate socialiste désignée de manière ouverte et compétitive et, à l'UMP, un candidat contraint de faire des forums et de mettre en scène une forme de rénovation du parti. Les deux candidats représentent également une nouvelle génération. Cela peut aussi constituer une réponse à la dissidence électorale. Ils manient également volontiers une rhétorique populiste à même de réduire cette dissidence électorale en remettant régulièrement en cause le fonctionnement du système. Le discours sécuritaire de Sarkozy, la proposition du jury citoyen de Royal sont des exemples caractéristiques de cette forme de populisme. Mais François Bayrou surfe, lui aussi, sur cette vague quand il dénonce le complot médiatique et la collusion UMP-PS.

Mais ce populisme peut aussi avoir l'effet inverse et renforcer cette dissidence électorale...

Le risque est réel. La configuration de l'élection de 2007 est inédite, en termes de candidats, de générations, de registres de langage. Cette offre politique renouvelée peut constituer une réponse à la dissidence électorale, qui ne peut plus augmenter sans ébranler le système. Elle peut également sonner le triomphe de Jean-Marie Le Pen, accusé pendant des années de tenir un langage populiste et qui voit aujourd'hui les autres candidats s'aligner sur un registre comparable. Le niveau de séduction exercée par les idées de Le Pen se situe dans les eaux hautes de la période de cohabitation. Son premier succès, c'est 1988. Si en 2007, le vote Le Pen se maintient à un haut niveau, même s'il ne parvient pas au second tour, alors qu'il n'y a pas eu de cohabitation, il faudra penser que les causes du vote FN sont bien plus profondes. La dissidence électorale érode, au final, la légitimité du gagnant... En 2002, la dissidence représentait plus de 51 % des inscrits, contre 19,4 % en 1974... Les gagnants se partagent donc 49 % des suffrages. Au final, celui qui est élu n'a rassemblé que 10 % ou 15 % des inscrits au premier tour. 2002 n'est pas un accident. Déjà, lors des législatives de 1997, la dissidence électorale rassemblait plus de la moitié des inscrits, avec 52,4 %. Le record de dissidence électorale s'établit aux législatives de juin 2002 avec 55,8 % des inscrits. Donc après le 21 avril 2002, qui pouvait laisser supposer un sursaut électoral. Evidemment, dans la dissidence électorale, l'abstention domine. Mais, au premier tour de la présidentielle, l'abstention comptait pour le quart de la dissidence électorale en 1981 pour seulement un peu plus de la moitié en 2002. Ce qui fait que la dissidence électorale a augmenté depuis 1988 à chaque élection, c'est d'abord le vote pour l'extrême droite. C'est ensuite le vote pour l'extrême gauche, avec un record en 2002.

Si les électeurs jugent que le système politique n'est plus en mesure d'améliorer leur existence, ils se retirent du jeu, via l'abstention, ou en critiquent le fonctionnement, via le blanc ou les votes protestataires. Pour certains, c'est un renoncement. Les électeurs considèrent que le vote n'est pas en mesure de déterminer la politique appliquée au pays. La dissidence électorale constitue la première étape d'une crise plus grave. Elle ne constitue pas le stade suprême de la crise. Elle s'exprime au coeur d'un système régulé par l'élection avec une proportion croissante de scepticisme. Mais l'ensemble du système s'ordonne toujours autour de l'élection. L'étape suivante serait que cette dissidence s'exprime en dehors du champ électoral. Aujourd'hui, tout continue encore à se jouer autour de l'élection présidentielle, qui est mise en scène comme notre élection reine.

Qui sont ces dissidents ?

Ce n'est pas homogène. Le profil diffère suivant les types de dissidence. Le profil des dissidents qui votent pour l'extrême gauche est très différent du profil de ceux qui votent pour l'extrême droite. En terme de masse, abstentionnistes et électeurs d'extrême droite viennent avant tout des couches populaires. Ce sont les principaux pourvoyeurs de la dissidence électorale.

L'intégration dans l'Union européenne, qui donne l'impression que les décisions sont prises ailleurs, a-t-elle accéléré ce phénomène ?

Le discours sur la montée en puissance de l'Union européenne, perçue comme un pouvoir supranational sur lequel on agit peu, couplé au discours sur la globalisation, phénomène transnational sur lequel les électeurs ne peuvent peser, préoccupent les esprits depuis les années 90 avec Maastricht, l'effondrement du communisme et l'universalisation du marché. C'est un changement d'horizon radical, un nouvel arrière-plan extrêmement déterminant. Mais il faut se demander comment cela se passe dans les autres pays européens qui sont soumis aux mêmes contraintes. Certains connaissent les mêmes phénomènes de dissidence électorale avec la même force et parfois même plus encore. La Pologne est le pays le plus proche de la France et, de manière générale, toutes les anciennes démocraties populaires qui cumulent des taux d'abstentions élevés et un haut niveau de votes protestataires. Cela dit, avec les scores importants réalisés par le Vlaams Belang, la Belgique tomberait dans la dissidence s'il n'y avait pas dans ce pays le vote obligatoire. Mais la comparaison avec les autres pays européens est compliquée. Le système politique le plus exposé au scepticisme des électeurs constatant l'européanisation compliquée et la mondialisation inquiétante est celui où l'on prétend à la fin confier le pouvoir à une personne et une seule. Peut-être, aux yeux des électeurs, l'élection présidentielle pose-t-elle un problème spécifique dans notre nouveau monde.

Est-ce qu'elle ne porte pas une promesse invraisemblable ?

Elle demande à l'électeur de croire à la puissance providentielle. Aujourd'hui, cette croyance s'affaisse. L'électeur ne croit plus que sa vie puisse s'améliorer par la grâce d'un chef. A fortiori dans ce monde où émergent de nouvelles économies. Les citoyens n'imaginent pas qu'un homme, fut-il Président, sera en mesure de contrer ces phénomènes planétaires.

Quel est le stade ultime de la dissidence électorale ?

Lorsque la crise s'exprimera en dehors du champ politique conventionnel. Selon l'Insee, trois millions de personnes ne sont pas inscrites sur les listes électorales. Trois millions d'électeurs ne peuvent même pas être invités aux rendez-vous électoraux. C'est une masse énorme. Certaines estimations laissent même penser que ce chiffre pourrait être plus important. Ce n'est même plus du silence. Toutes ces personnes sont électoralement invisibles. Des jeunes, des ouvriers, des employés, des urbains, des hyperurbains appartiennent à cette foule des invisibles. Or l'inexistence civique concerne surtout les catégories qui ont le plus de problèmes. Du coup, leur non inscription réduit l'importance de leurs problèmes aux yeux des politiques. Leurs difficultés, leurs malaises apparaissent d'autant moins dans le champ politique que ces Français ne sont même pas membres du club électoral. La preuve, dans notre société suradministrée et passionnée de statistiques, on ne connaît même pas leur nombre !

Professeur à Sciences-Po, chercheur au Centre d'étude de la vie politique française, Dominique Reynié dirige également l'Observatoire européen des élections à la Fondation Robert-Schuman. Spécialiste des grands mouvements de l'opinion publique, il a notamment publié, en 2004, la "Fracture européenne. Naissance d'une opinion européenne" (éditions de la Table Ronde) et a dirigé un ouvrage collectif, "l'Extrême Gauche, moribonde ou renaissante ?" (PUF, collection "Quadrige").

23 mars 2007

Plan de Campagne : le tribunal contre le préfet !

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Coup de poker ou coup d'épée dans l'eau ? Alors que nombre d'enseignes de Plan de Campagne qui auraient dû fermer le dimanche continuent à ouvrir, une partie décisive s'est jouée cette semaine devant le tribunal administratif de Marseille. La CGT et la CFDT demandaient à la justice l'annulation de vingt-cinq arrêtés de dérogation pris par le préfet pour des enseignes de la zone commerciale.

L'avocate de la CGT a évacué d'emblée les cas de dérogation prévus par le code du travail (lorsqu'il est établi que le repos de tout le personnel d'un établissement serait préjudiciable au public ou compromettrait le fonctionnement normal de cet établissement) et les arguments des sociétés qui n'ont pas réussi à démontrer que le public ne peut pas reporter ses achats sur le reste de la semaine.

"Les entreprises assurent en outre qu'il y aurait une perte du chiffre d'affaires en cas de fermeture. Mais celui-ci résulte d'une situation illégale !" Et de préciser aux parties adverses qui demandent au tribunal, en cas d'annulation des arrêtés, de différer leur application : "Un accord signé en 2002 avait justement pour but de permettre aux sociétés de se retourner. Or rien n'a été fait depuis."

Des arguments repris par l'avocat de la CFDT : "Vous bénéficiez d'un avantage anticoncurrentiel. Si vous vous réclamez de la libre concurrence, respectez-la vous-même !"

En face, les avocats des enseignes multiplient les pirouettes juridiques : enquête marketing favorable du public, non représentativité des syndicats ou droit européen. "Pourquoi cibler 25 entreprises sur 141 bénéficiant de dérogations, s'interroge le conseil d'une vingtaine d'enseignes ciblées par les syndicats. En cas d'annulation des arrêtés, vous aurez une centaine de sociétés qui continueront à travailler le dimanche, ce qui créera une distorsion concurrentielle."

Le commissaire du gouvernement a conclu à l'annulation des arrêtés. Le délibéré a été fixé au 3 avril.

Pour rappel, je signale que, lors du conseil municipal d'Aix le 19 février dernier, nous n'étions que trois élus de l'opposition à avoir voté contre l'ouverture dominicale pour les mêmes raisons que celles prononcées par le tribunal administratif !

22 mars 2007

Sonder ou (se) tromper ?

instituts

Un outil de notoriété pour les instituts (8)

Les sondages politiques sont pratiqués en France principalement par six grands instituts : BVA, CSA-TMO, Ifop, Ipsos, Louis Harris et TN Sofres. Cette activité représente avant tout un instrument de notoriété pour ces instituts. Cela leur permet de se faire mieux connaître de leur cible d'entreprises, à l'occasion de la publication de leurs résultats et des partenariats noués avec la presse et les stations de radio et de télévision pour les émissions politiques et les soirées électorales. Ainsi, en 2000, par exemple, les sondages politiques n'ont contribué qu'à environ 3% au chiffre d'affaires d'IPSOS France et à 9% à celui de BVA.

28 février 2007

ISF et ASSEDIC sont dans un bateau…

noyadesOn a beau maquiller les chiffres, on peut leur faire dire ce qu'on veut, la réalité finit toujours par s'imposer. Qui peut encore croire les annonces trafiquées du gouvernement ? Non, le chômage ne baisse pas. Non, tous les chômeurs ne sont pas bien traités. Les témoignages ne manquent pas autour de nous pour se rendre compte du désarroi profond des laissés-pour-compte.

Moins d'un chômeur sur deux serait indemnisé par l'assurance chômage (Unedic), selon le collectif "Les Autres chiffres du chômage" (ACDC), qui dénonce un recul de l'indemnisation depuis 2003.

Fin 2006, seuls 47,5% des chômeurs, toutes catégories confondues, étaient indemnisés par l'assurance chômage, contre 54% en novembre 2003, selon ACDC, qui cite des chiffres de l’Unedic corroborés par l'ANPE. Celle-ci, dans une note de conjoncture du 16 novembre 2006, indiquait aussi que moins de la moitié des demandeurs d'emploi étaient indemnisés par l'Unedic en juin 2006.

"Il serait normal que tous les chômeurs qui ont cotisé soient indemnisés. Or ce n'est pas le cas," affirme le Réseau d'alerte sur les inégalités et membre du collectif d'associations et de syndicats. Les jeunes, les femmes et les salariés les moins qualifiés sont les moins bien indemnisés, non en raison "d'une discrimination explicite", mais du fait qu'ils ont plus que les autres des emplois précaires et de courte durée, et cotisent donc moins.

Cette évolution est liée au tour de vis donné par l'Unedic en janvier 2003. L'indemnisation pour ceux qui ont travaillé moins de six mois a été supprimée et, pour les autres, la durée maximale d'indemnisation a été fortement réduite à 23 mois (sauf pour les 50 ans ou plus).

"Depuis 1979, pas moins de six réformes ont progressivement réduit les droits à indemnisation, et le RMI sert de plus en plus de voiture-balai", déplore le collectif, selon lequel l'indemnisation moyenne d'un demandeur d'emploi par les Assedics reste "faible, environ 80% du Smic". Pas de quoi tenir la tête hors de l'eau.

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17 février 2007

La laïcité, force gagnante de la République

CHARLIEDepuis quelques années, le débat sur la laïcité retrouve une vigueur qui exprime que rien n'est jamais acquis et que le combat doit demeurer intransigeant.

La Loi de 1905 fait de la France un pays précurseur et elle est reconnue par les Français comme un facteur de paix.

Elle est la référence essentielle qui distingue ce qui relève de la vie publique et la part qui est liée à la liberté de la sphère privée. Il ne s'agit pas de neutralité.

C'est le régime de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

En fin de compte, le procès intenté à Charlie Hebdo sur la base de comportements confus (on y a parlé de blasphème, de racisme…) aura été un moyen de réaffirmer les principes qui régissent notre droit.

Il aura aussi été un révélateur du degré de confiance que la République accorde à ses citoyens pour s'exprimer librement sur tout ce que la loi autorise, y compris donc les religions.

Le procès aura montré que la critique n'a pas de limites sauf celles qui que la loi générale élaborée par tous peut fixer pour éviter toutes les dérives, l'injure, la discrimination ou encore l'appel à la destruction. Une croyance ou une idéologie ne peuvent souffrir de ces contraintes.

La Procureure a fait un réquisitoire politique, au sens noble du terme, qui a conclu au rejet de la plainte – mais il faudra attendre le jugement – en s'appuyant sur le socle républicain de la liberté d'expression, partie prenante de la liberté de conscience, qui renvoie à l'acte fondateur de la Loi de 1905.

A travers ce procès et les réactions en chaîne qu'il a suscitées, c’est la conception même de l'organisation et du fonctionnement de notre société qui était en jeu.

Ce sont des principes intangibles qui ne peuvent être remis en cause pas plus que les principes d’égalité en droits des individus et de chacun face à ses droits et devoirs ou de la réservation à l’espace public de la ressource publique.

19 mars 2007

Sonder ou (se) tromper ?

utilisation_sondage

Pourquoi leur arrive-t-il de se tromper ? (5)

Avant d'aborder les erreurs liées à la technique même des sondages, il faut commencer par pointer un élément qui renforce la méfiance vis-à-vis des sondages : la présentation inexacte des résultats par les hommes politiques qui les citent et les journalistes qui les présentent. Ces derniers préfèrent d’ailleurs se charger de communiquer les résultats de manière claire et animée, plutôt que de confier cette tâche à des sondeurs souvent techniques, précautionneux et finalement ennuyeux.

Le manque de rigueur dans l'énoncé des résultats s'exprime de plusieurs manières :

-- les questions posées sont souvent mal retranscrites, alors que l'on sait très bien que les chiffres donnés ne valent que pour la question posée. Ainsi, lorsque l'on demande aux Français s'ils ont une bonne opinion d'une personnalité, cela ne signifie pas que ceux qui répondent positivement vont voter pour cette personnalité, son parti ou sa tendance politique.

-- la mauvaise maîtrise de la notion même de pourcentage se traduit par des raccourcis surprenants : on additionne des pourcentages qui portent sur des bases différentes ; on compare également des évolutions sur des éléments non comparables. C'est ainsi qu'on arrive à dire que l'on a gagné des électeurs d'un suffrage à l'autre alors qu'en valeur absolue, le recul est très important. Inversement, lorsqu'il s'agit de mentionner un nombre d'électeurs, on applique le pourcentage de votants sur l'ensemble de la population, pour obtenir des valeurs marquantes (10% de votes ne représentent pas 6 millions de bulletins de vote).

-- enfin, très peu de précautions sont prises dans l'énoncé des chiffres. Certains pourcentages sont donnés avec jusqu'à deux chiffres après la virgule, ce qui est complètement ridicule lorsque l'on sait que la marge d'erreur se situe au minimum à 2% sur un échantillon de 1000 personnes.

17 mars 2007

Sonder ou (se) tromper ?

sondage_Chirac_2007

Le redressement des résultats (4)

Avant de pouvoir être publiés, les intentions de vote recueillies auprès des sondés doivent obligatoirement faire l'objet de redressements et de corrections. En effet, dans ce domaine plus que dans d'autres, les répondants ont tendance à tricher avec la réalité et à ne pas exprimer avec franchise leurs choix. C'est le cas notamment des partisans des mouvements extrêmes et des abstentionnistes (dont une bonne partie n'avouera pas son intention de ne pas aller voter).

Pour pouvoir effectuer les rectifications nécessaires, les sondeurs demandent généralement aux personnes interrogées d'indiquer le vote qu'ils ont effectué lors de précédentes échéances. Certains candidats comme Le Pen obtiennent un score déclaratif inférieur à leur score effectif : si 10% des personnes interrogées indiquent qu'elles ont voté pour lui aux précédentes élections alors que son score était de 15%, les intentions de vote pour l'élection à venir sont redressées dans ces proportions.

Mais comme on peut l'imaginer, ces redressements ont des limites, notamment en ce qui concerne les candidats atypiques n’ayant pas un historique permettant de faire ce type d'extrapolations (Chevènement, par exemple).

19 janvier 2007

De Robien : à la fois suffisant et… insuffisant

Non à la casse durable de l'école !

ecoleFrançois Fillon est un politique et il a voulu laisser son nom à une réforme qui l'a conduit à se faire exclure sans ménagement du gouvernement. Luc Ferry est philosophe (?) mais un ignare accompli et sans diplômes en matière de mœurs politiques. Gilles de Robien est un politique mais il ne connaît pas l'école.

A son effraction au ministère, après l'éjection de son prédécesseur pour mauvaise conduite de l'indigeste et chahuté CPE, n'a-t-il pas déclaré : "J'ignore tout de l'éducation nationale mais je vais essayer d'apprendre." Authentique !

Avouons-le, il a fait des efforts. Il a maintenant quelques connaissances dans ses… lacunes. Par exemple, il sait que l'école sert à apprendre à lire, écrire et compter. C'est déjà pas mal. En revanche, il a encore beaucoup de progrès à faire pour écouter, dialoguer et agir. Il faut qu'il se dépêche. Il ne lui reste plus que quatre mois de ministère.

Samedi 20 janvier, une grande manifestation du monde éducatif à Paris le lui rappellera. Une des meilleures façons de former les enfants de notre République, c'est de leur donner assez d'enseignants qui puissent faire leur métier avec des effectifs réduits.

On apprend que de Robien va soutenir Sarkozy qui a annoncé la couleur en se prononçant pour moins de fonctionnaires. On voit bien que le ministre apprend avec zèle mais dans le mauvais sens. Il a décidé de supprimer 6000 postes dès la rentrée prochaine (23 000 depuis 2003).

Il a aussi choisi de traiter par le mépris la chute du pouvoir d'achat des professeurs et leurs demandes de revalorisation de la profession. Dans la lignée de Fillon, il veut faire son Zorro en signant un décret mortifère à la pointe de l'épée qui lui pend de toute façon aussi sur la tête.

Evidemment, si, en plus, il écoute les propos imbéciles, faux et provocateurs de son copain Copé sur les retraites des certifiés, il aura du mal à connaître la réalité du métier d'enseignant et à lui accorder la moindre considération.

Car de Robien fait un blocage intellectuel mais veut se surpasser. Il n'a qu'une idée en tête : casser l'école et bouffer du prof. Il veut déréglementer dans tous les sens, privilégier les statuts précaires et rabaisser le niveau de tous. Une telle vision laisse pantois, pour le moins. Le monde moderne nécessite des qualifications de plus en plus exigeantes.

A ce titre, l'éducation, la formation et la recherche sont les trois piliers qui permettent à chaque individu de construire son avenir, à tous les citoyens de vivre ensemble et à la nation entière de s'élever. Seul un investissement massif dans l'éducation peut garantir la réussite du plus grand nombre.

Si de Robien avait eu la bonne idée de passer quelques mois dans une classe, il aurait pu commencer à acquérir quelques rudiments sur l'école et remédier ainsi à ses coupables lacunes.

L'une de ses dernières chances de progresser lui sera offerte dimanche. Gâchera-t-il cette occasion de rencontrer en un seul rendez-vous les enseignants, les parents et les élèves venus lui dire ce qu'ils pensent de son livret scolaire ? Aucun doublement ne sera admis.

15 février 2007

Prochain conseil municipal : 19 février

Hotel_de_VilleLa prochaine séance publique

du conseil municipal

se tiendra

Lundi 19 février à 18h30

à l'Hôtel de Ville d'Aix

Avec 80 rapports à l'ordre du jour de cette séance, on pourrait croire que la municipalité fourmille de projets. En réalité, les trois quarts sont des décisions très courantes qui ne changeront pas le visage d'Aix. Pour le reste, il s'agit de sujets qui vont et reviennent au gré des étapes des procédures.

On trouve quand même pêle-mêle des rapports concernant l'OPAC, l'urbanisme, le carnaval et la vidéosurveillance. Mais aussi des décisions de justice et l'annulation par le tribunal administratif de la délibération accordant la signalisation touristique à Decaux.

Et puis, une absence à relever, celle du dossier sur les antennes relais. Lors du dernier conseil municipal, le maire avait quitté la séance et le premier adjoint avait décidé de reporter le dossier à… février. Pourquoi ne l'a-t-on inscrit à ce conseil ? Mystère.

Pourtant, la situation est préoccupante pour les habitants soumis à la proximité immédiate de ces installations. Nous ne nous contenterons pas des habituelles contorsions destinées à évacuer les questions sans explications sérieuses. Nous voulons connaître toute la vérité sur les raisons de cette dérobade.

23 février 2007

Les CIQ aixois ne font pas de quartiers

plan_aixSuite à une déclaration du maire prétendant que, dès qu'elle a un projet, elle a "les CIQ sur le dos", une association a réagi en publiant une lettre ouverte. Voici l'essentiel du communiqué du CIQ Granettes Pey Blanc Saint-Mître et Souque. Ce texte a reçu l'appui du CIQ Pigonnet et du CIQ Est qui vont dans le même sens.

"Cette accusation est non seulement choquante, mais aussi déplacée, au regard du fait que les problèmes de logement, rencontrés aujourd'hui à Aix, proviennent essentiellement de l'imprévision qui prévaut depuis plusieurs années en matière d'urbanisme. […] Alors que l'opération Sextius-Mirabeau s'achève, on s'achemine vers une raréfaction de l'offre de logements, faute d'avoir mis en œuvre, à temps, une politique d'habitat et de réserves foncières.

Le tarissement de l'offre en logements n'est pas dû aux soi-disant obstructions des CIQ mais au fait que la ville n'a pas su anticiper, notamment par la révision du PLU (Plan local d'urbanisme, successeur du POS), pourtant décidée en juillet 2001, ni mettre en œuvre une véritable politique de réserves foncières.

Les actions que nous menons ne visent qu'à dénoncer le lancement désordonné de modifications ou révisions partielles, notoirement insuffisantes, et sans concertation ni réflexion globale sur ce que devrait être l'urbanisme d'Aix. Il est donc trop facile de rejeter la crise actuelle sur les CIQ…

Ce que n'accepte pas Mme le maire est, qu'à travers les actions que nous menons, nous pointions depuis déjà 3 ans ce manque de volonté et de vision politique. Le plus grave est que la crise actuelle ne peut qu'empirer, car nous en sommes au degré zéro de la révision du PLU, et celle-ci ne devrait pas aboutir avant 3 ou 4 ans avec toutes les conséquences humaines que cela devrait engendrer.

Aujourd'hui, hormis quelques personnes disposant de gros revenus, qui peuvent encore acheter à Aix, la grande majorité des nouveaux arrivants ainsi que les jeunes, dont nos propres enfants, n'ont plus les moyens de s'installer à Aix, ce qui aggrave les mouvements pendulaires sur les routes, avec leur cortège de fatigues, de pollution et de troubles dans les familles en raison de la tension induite par ces déplacements. […] Désormais, les entreprises hésitent de plus en plus à s'installer à Aix, faute de logements pour recevoir leurs salariés. 

En tout état de cause, la commission urbanisme de la Fédération des CIQ travaille d'arrache-pied à un livre blanc sur ce thème qui, nous l'espérons, pourra aider à faire avancer le débat."

11 mars 2007

Tag ta maire !

La lutte contre les tags que la municipalité mène en centre ville ne fait que déplacer le problème. Maintenant, par exemple, on voit même des panneaux routiers, qui n'avaient jamais été souillés, couverts de peinture. Au stade Carcassonne, le délire atteint son paroxysme sur les murs des bâtiments pourtant clôturés. J'ai pris cette photo du plateau sportif dimanche matin. Il n'y a qu'à admirer… les dégâts. Ce sera la même chose avec la vidéosurveillance concentrée dans l'hyper-centre. Les délits se commettront de plus en plus en périphérie. Bon, bref, il va falloir repenser tout ça de manière globale, après les Joissains.

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10 mars 2007

La honte du bonheur

miroirCe week-end, il ne serait pas inutile de nous demander si notre cerveau n'aurait pas besoin de miroirs pour nous aider à mieux réfléchir.

"Il y a sur terre de telles immensités de misère, de détresse, de gêne et d'horreur, que l'homme heureux n'y peut songer sans prendre honte de son bonheur." André Gide

10 mars 2007

La cour des comptes regarde sous la tente des SDF

la_cour_des_comptesA Aix, comme ailleurs, on devrait regarder de plus près ce qui dit la Cour des comptes ! Ses rapports sont souvent cinglants et crachent quelques bonnes vérités. Cependant, un double problème subsiste : a-t-elle le pouvoir d'exiger la mise en œuvre de ses préconisations et quel droit de suite peut-elle exercer ?

La répétition des observations, à intervalles réguliers, dans certains domaines montre qu'il est difficile de faire entendre raison aux gouvernements quels qu'ils soient. Il n'en reste pas moins que l'information délivrée par la Cour permet au moins une prise de conscience si ce n'est un début d'action.

La dernière enquête publiée cette semaine portait sur le vaste sujet des SDF. Manque de logements sociaux, engorgement des lieux d'hébergement d'urgence, faiblesses des dispositifs d'insertion et de la coordination des acteurs... Philippe Seguin, président de la Cour des comptes, a déploré l'incapacité "insupportable de la France à résoudre le problème" des SDF en présentant un rapport sur les "personnes sans domicile".

Il a néanmoins salué la prise de conscience survenue cette année à la suite de l'intervention notamment des Enfants de Don Quichotte autour du canal Saint-Martin à Paris. "Prise de conscience du caractère insupportable de l'incapacité à régler un problème dont l'ampleur (environ 100.000 personnes sans domicile) ne devrait pas être hors de mesure pour un pays développé de plus de 63 millions d'habitants", a-t-il souligné. Philippe Seguin a pris acte de la volonté affichée par les pouvoirs publics de créer un "droit au logement désormais opposable".

Il estime cependant que le problème a été jusqu'à présent "pris à l'envers" en focalisant les moyens sur l'hébergement d'urgence alors que l'objectif est bien de permettre l'accès à un vrai logement social et durable. En conséquence, le rapport propose d'augmenter la construction des logements dits "très sociaux" destinés aux personnes les plus pauvres, qui représentent aujourd'hui moins de 2% du parc HLM.

Autre piste évoquée par la Cour des comptes, le droit de réservation des préfets, pratique qui serait tombée en désuétude. Elle préconise une réforme des aides au logement pour "donner plus à moins de personnes" et appuie le projet de création d'un fonds de garantie spécifique pour la prise en charge des cautions. "Ces cautions peuvent représenter plusieurs mois de loyer et peuvent représenter un quart voire un tiers des frais de logements annuels", a souligné Philippe Séguin. Une telle garantie figure dans la loi sur le droit au logement opposable adoptée en février.

La Cour des comptes juge également indispensable de "recentrer le dispositif de premier accueil sur les véritables urgences", en ouvrant des places d'hébergement toute l'année et en adaptant mieux l'accompagnement des personnes. Philippe Séguin a estimé que la décision du gouvernement de créer des places "de stabilisation" allait dans ce sens.

Alors, Mme Joissains, entendez-vous cela ?

9 mars 2007

Poison d'avril : Joissains a brûlé le roi Carnaval

Le_CarnavalComme en 2006, le Carnaval sera cette année encore une piteuse mascarade façon Joissains. Je l'avais dit au conseil municipal, on aurait voulu le tuer, on ne s'y serait pas mieux pris. Subvention générale en baisse, part réduite à un tiers pour mieux humilier le Comité officiel, dispositif hétéroclite insensé concocté hors les bénévoles historiques qui ont fait le succès de la manifestation depuis 1985, élu délégué au Carnaval tenu à l'écart et dans l'ignorance de l'improvisation municipale, toutes les conditions auront été réunies par la mairie pour saccager la fête annuelle, traditionnelle et populaire attendue par tous les Aixois, petits et grands.

Ce que le maire a appelé, sans doute pour faire la grosse tête, "une féerie urbaine" tourne à l'eau de boudin. Je l'avais pourtant avertie : "Cela marchait très bien jusqu'en 2004, si bien que vous avez voulu le réparer et vous l'avez cassé ! Dites au moins la vérité ! Vous voulez faire des économies parce que le budget de la ville ne vous permet plus rien. C'est de la supercherie ! Quelle mouche vous a donc piquée ?"

La réalité est là. Le Comité officiel n'a pas obtenu les moyens financiers et matériels de parader avec ses chars sur le cours Mirabeau. Obligés jusqu'ici d'avancer l'argent de leurs propres poches, les bénévoles ne peuvent pas terminer les chars et seront donc contraints de ne pas les sortir le 1er avril. Maryse Joissains a déclaré avoir pris acte de leur décision.

Si les Aixois se rendent sur le cours, ils n'auront droit qu'à une pochade rudimentaire de mauvaise imitation. Le maire, elle, va devoir s'expliquer sans se… défiler.

5 mars 2007

Bonjour, c'est pour un sondage…

rouletteLa campagne électorale n'a pas encore livré, et de loin, toutes ses surprises. Les sondages se sont toujours trompés. Enfin, disons qu'ils n'ont jamais donné les bons résultats. C'est bien connu, les intentions de vote ne font pas le vote.

Alors, que penser des sondages politiques ? Les méthodes utilisées sont-elles scientifiques ?

Pour ces élections présidentielle et législatives, dont les enjeux sont atypiques par rapport aux précédentes, les incertitudes n'ont jamais été aussi fortes. On sent bien que cette échéance va être cruciale pour l'avenir de la France.

Les difficultés quotidiennes et les craintes existentielles que connaissent des millions de Français ne sont pas étrangères aux confusions en tous genres qui les envahissent. Chaque jour voit des ralliements inattendus en direction de candidats d'un autre camp, des discours politiques empruntant les arguments des adversaires, bref, une perte de repères qui ne peut que troubler la lisibilité politique.

Malgré des efforts de regroupements autour de candidatures à vocation majoritaire, on constate une fragmentation des opinions aux extrêmes qui explique l'inflation des postulants. Comment y voir clair ? Et c'est là que je veux en venir. Comment faire confiance aux sondages ? Comment les instituts osent-ils donner des tendances aussi "précises" ?

En fait, disent-ils, pour y parvenir, ils introduisent des éléments de pondération et de correction, qui leur permettent d'annoncer qui des deux candidats, qu'ils ont désignés, gagnera alors que, au mieux, les marges d'erreur sur des panels de 1000 sondés vont de 3 à 5%.

Pour vendre, les médias ont souvent besoin d'informations simplifiées et superficielles. Les sondeurs se plient à leurs prétendues attentes, qui seraient donc aussi celles des lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, électeurs et gogos.

J'aimerais bien savoir pourquoi il n'est jamais tenu compte des abstentions, qu'il ne faut pas confondre avec les "sans opinon". Les abstentionnistes ne sont jamais les mêmes d'un scrutin à l'autre. Ils peuvent donc faire varier les résultats de manière conséquente.

Pourquoi on élimine les votes blancs ou nuls qui sont impossibles à quantifier à l'avance et qui, le soir de chaque tour, révèlent de vraies surprises. Pourquoi on néglige les motivations qui président aux choix subjectifs faits par les électeurs, sachant que, pour une même personne, elles peuvent changer aussi d'une période à l'autre.

Pourquoi ne dit-on pas que le résultat du second tour est calculé sur des reports massifs et volatils, donc imprévisibles, sur chacun des deux candidats qualifiés qui n'auront réuni à eux deux au premier qu'entre 45 et 50% des voix (en 2002, c'était moins de 40% !).

Le corps électoral lui-même n'est jamais identique d'une élection à une autre, pas plus que le contexte politique général. Les réactions de rejet systématique des majorités en place devraient ouvrir les yeux. Les dernières élections régionales et cantonales ont très probablement signifié que les électeurs souhaitaient des contre-pouvoirs. Les manifestations contre le CPE aussi.

Le cas du referendum, me semble-t-il, a été d'une tout autre nature avec un nouveau pas franchi vers la perturbation. Une redistribution des cartes est apparue que nous ne connaissions pas auparavant. Le "oui" a résulté de l'addition de votes de tous les bords, tout comme le "non" majoritaire s'est formé en piochant dans tous les partis. Les logiques habituelles internes aux partis ont volé en éclats.

A mon avis, ces fragmentations à géométrie instable préfigurent ce qui pourrait se passer les 22 avril et 6 mai prochains. C'est sans doute là que se trouve le secret de l'intérêt et de l'engouement que suscite cette élection présidentielle au caractère inédit.

En sortira-t-il un bien ou un mal ? Qu'en pensez-vous ?

2 mars 2007

Le "cas" Joissains : Ce qu'ils disent d'elle

La suite édifiante du dossier "Spécial Aix" publié par Le Nouvel Observateur en décembre 2004 (et non en 2005, comme je l'ai écrit par erreur lors du précédent article). La journaliste, Nathalie Funès, avait demandé à diverses personnalités de livrer leur opinion sur le "cas" Maryse Joissains. Florilège...

nouvelobs

Gérard Bramoullé, adjoint aux finances (UMP) : "C'est une superwoman."

Lucien-Alexandre Castronovo, conseiller municipal (PRG) : "Elle n'est pas à la tête d'une équipe politique mais d'un clan qui vit dans l'idée de revanche."

Jean Chorro, premier adjoint au maire (UMP) : "Elle n'a peur de rien, c'est une grande qualité pour un maire. Elle a toute ma loyauté : le pacte politique que nous avons signé ensemble au second tour des municipales est devenu un pacte d'amitié."

Henri Doglione, adjoint à l'urbanisme (UMP) : "C'est une acharnée, une obsédée, une pasionaria. Elle ne vit que pour la mairie."

Cyril di Méo, conseiller municipal (Verts) : "Elle n'a pas de contrôle, elle n'a pas de filtre, elle dit tout ce qui lui passe par la tête, elle est capable, au lendemain de l'attentat du World Trade Center, de pondre un communiqué sur notre civilisation qui est en danger. C'est délirant."

André Guinde, conseiller général (PS) : "Elle a la tchatche, comme on dit ici. Mais elle parle un peu tous azimuts et elle navigue à vue."

Un journaliste de "La Provence" : "C'est une hystéro à la méridionale. Un Tapie en jupons, mâtinée de Le Pen, sans l'imparfait du subjonctif, ça, c'est son mari. Elle scotche, elle a amené la "couillonnade" en politique."

Arinna Latz, conseillère municipale (Verts) : "Elle est totalement populiste. Comme Eva Perỏn, elle se fait appeler par son prénom, que l'on a vu inscrit en gros sur ses affiches de campagne électorale ou sur le site Internet de la mairie. Elle use et abuse du sentimentalisme au premier degré."

Alexandre Medvedowsky, conseiller général (PS) : "Elle est arrivée au pouvoir sans s'y être préparée, sans avoir de projet. Elle se contente aujourd'hui de faire de la politique politicienne, elle survole les dossiers, elle est incapable de mesurer l'ampleur de la dégradation de la vie des Aixois et d'y remédier."

François-Xavier de Peretti, adjoint privé de délégation (UDF), passé dans l'opposition : "Je trouve dommageable la façon dont ils utilisent un pouvoir qui ne leur appartient pas en totalité. Très vite après l'élection, les vieux démons sont revenus, avec une volonté d'accaparement du pouvoir et, surtout, de ses avantages, au profit d'un clan familial. Leur attitude envers les partenaires que nous étions, Jean Chorro et moi, a été de vouloir nous vassaliser. Ils ont assez bien réussi avec Chorro qui a été totalement domestiqué. Au bout de trois, je me demandais comment en sortir. Ils nous mènent à la catastrophe et, en plus, ils sont infréquentables. Aujourd'hui, je suis plutôt satisfait de ne pas partager leur bilan. Mon but n'est pas de nuire à cette majorité, elle le fait suffisamment elle-même."

3 février 2007

La loi pour tous !

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Pour ne pas avoir un jour à nous cogner la tête contre les murs, rappelons ce que Louis Blanc, homme politique et écrivain français (1811-1882), énonçait déjà fort clairement en 1840 dans son ouvrage "Organisation du travail".

"La liberté consiste, non pas seulement dans le droit accordé, mais dans le pouvoir donné à l’homme d’exercer, de développer ses facultés, sous l’empire de la justice et sous la sauvegarde de la loi."

15 décembre 2006

A l'ombre des illuminations

bougieDe haut en bas, le cours Mirabeau grouille de monde. Les visiteurs se réjouissent sans doute des animations et des illuminations du centre ville. Je ne voudrais pas jouer les empêcheurs de festoyer en rond. Mais, je m'interroge et j'aimerais bien dire un certain nombre de choses.

Chaque mois de décembre, des chalets se posent sur le cours. Jusqu'à l'année dernière, plusieurs candidats à l'organisation de la manifestation étaient mis en concurrence. Et  le "meilleur" l'emportait. Cette année, rien de tout cela. Par son seul choix, la mairie a attribué la gestion des animations à l'Association de défense des forains du grand Sud (par ailleurs, organisatrice de la Foire des manèges chaque mois de février). Le procédé est discutable (voir mon article "Où est passée Mme le maire ?" du 14 novembre dans la rubrique "Vu de ma place au conseil municipal"). L'opposition ne l'a pas voté et un élu a même demandé un contrôle de légalité de la décision.

En ce qui concerne les illuminations maintenant, la ville a accordé une subvention de 90 000€ à l'Association de promotion et d'animation du commerce aixois (APACA). J'ai été le seul à ne pas voter ce dossier au conseil municipal du 3 octobre car aucun rapport sur l'utilisation des sommes allouées n'est jamais présenté aux élus, contrairement aux dispositions de la convention de partenariat entre la ville et l'association. Autrement dit, il faudrait voter sans connaître les résultats de la saison précédente. Ce dossier a donné lieu à de multiples critiques émanant de diverses structures actives à Aix, chacune faisant valoir ses arguments.

Les déclarations dans la presse

Voici une compilation des positions telles qu'elles ont paru dans nos journaux locaux. Un article de La Provence du 18/11/06 titre "Avant Noël, les commerçants ne se font pas de cadeaux". Dans un courrier daté du 15/11/06, Jacques Le Meray président du Groupement des artisans du Pays d'Aix (GAPA), un organisme plus ancien et qui a un savoir-faire visible tout au long de l'année, informe tous les élus qu'il avait fait des propositions d'animations depuis bien longtemps mais qu'il a été ignoré. Au passage, il signale que certaines idées de son projet – dont il fournit un descriptif détaillé qui ne laisse aucun doute sur son antériorité – ont été copiées par d'autres sans même l'avoir consulté. Bon, là, on se dit qu'il y a quand même un problème. Pourquoi choisit-on les uns et écarte-t-on les autres ? Mystère.

Comme si les choses s'enchaînaient, un article de La Provence Libérée du 9/12/06 publie une synthèse des activités de l'APACA qui donne quelques chiffres sur sa "représentativité". Un an avant, dans La Provence du 30/10/05, Jean Andrieux, son président, indiquait au sujet de la Fête du commerce (subventionnée elle aussi) : "Sur les 1600 commerces que possède Aix intra-muros, seuls 750 sont membres de notre association et lorsqu'il y a une réunion, si l'on arrive à en rassembler 350, c'est le bout du monde ! Pour cette fête, la Chambre de commerce a averti tous les commerçants du centre-ville mais seuls 400 ont reçu le kit de participation et après, libres à eux d'y répondre." Mais beaucoup affirment ne pas en avoir eu connaissance. Ce que regrette M. Andrieux : "Ils ne répondent pas aux sollicitations et s'étonnent après de ne pas connaître tel événement les concernant." A l'arrivée, seule une petite dizaine de magasins s'est mise aux couleurs de la fête.

Le 21/01/06, La Provence Libérée publie les vœux de l'APACA et M. Andrieux déclare : "Les illuminations en centre-ville seront renouvelées en 2006, de nombreux décors et guirlandes seront proposés aux commerçants. Bien sûr, nous déplorons toujours le manque de motivation de commerçants de certaines rues du centre qui nous empêche, par leur absence de participation, d'illuminer correctement toutes les rues comme nous le souhaiterions." Qui a raison ? Qui a tort ?

Des accusations graves

Le 1/12/06, La Provence titre gravement, "Pierre Alfonsi réclame la tête de Maxime Plantard". Le président de la Fédération de l'industrie hôtelière des Bouches-du-Rhône s'en prend nominativement à l'adjoint au commerce. "Nous sommes surpris qu'un élu au commerce dispose d'autant de casquettes et si différentes : avocat dans sa vie professionnelle, élu au commerce, adhérent de l'Union patronale d'Aix (…) dont l'APACA dépend (…). Cette situation pour le moins complexe et floue nous amène à vous (à Mme le maire) demander que soit envisagé un changement de délégation pour M. Plantard, car il ne peut être à la fois juge et partie." Puis, accusant l'adjoint au commerce de "prise illégale d'intérêts", Pierre Alfonsi conclut : "Nous nous réservons  le droit de saisir à l'encontre de M. Plantard les tribunaux compétents."

Bonjour l'ambiance ! Si cela est vrai, c'est inquiétant. Si ça ne l'est pas, pourquoi l'adjoint, par ailleurs juriste, fait-il le santon et ne réplique-t-il qu'incomplètement ? De surcroît, n'a-il pas été fait preuve de légèreté et d'inconséquence en votant ladite subvention du 3 octobre qu'il présentait lui-même au nom de sa délégation ? Ignore-t-il vraiment que la loi interdit ce type de participation à un vote (article L. 2131-11 du Code général des collectivités territoriales). Dans ses réponses aux questions des parlementaires portant sur la notion "d'élu intéressé", le gouvernement préconise une solution d'élémentaire prudence : "La précaution traditionnelle des élus qui consiste à ne pas prendre part aux délibérations concernant les associations dont ils sont membres semble suffire, dans un grand nombre de cas, à éviter leur mise en cause ultérieure. Les délibérations qui seraient prises, dans de telles conditions, sont illégales."

Au bout du compte, que constate-t-on ? Les animations et les illuminations suivent leur cours. Des associations de commerçants revendiquent leur représentativité. La mairie choisit ses interlocuteurs et en ignore d'autres et un élu est pointé du doigt. Quelques explications auraient peut-être été nécessaires. Tout le monde sait pourtant qu'il n'y a pire qu'une bougie : elle fait plus d'ombre que de lumière.

24 février 2007

Peine de mort : La déclaration de Robert Badinter

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Ce fut le moment le plus intense du Congrès du Parlement réuni à Versailles lundi 19 février 2007. Voici l'intégralité du discours prononcé par Robert Badinter. Nul ne pouvait mieux que lui incarner la voix universelle de la France. C'est clair, c'est magistral, c'est humaniste. En cadeau après le texte, l'original de la loi signée par François Mitterrand le 9 octobre 1981.

"Voici un quart de siècle que la peine de mort était abolie en France ; voici vingt ans que l'abolition devenait en fait irréversible, avec la ratification par la France du sixième protocole annexe à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, qui interdit aux États signataires de recourir à la peine de mort.

Aujourd'hui, nous voici conviés par le Président Chirac, abolitionniste de longue date, à inscrire dans la Constitution un nouvel article 66-1 : "Nul ne peut être condamné à mort." Cette constitutionnalisation apparaît comme l'aboutissement du long combat mené en France par tant de hautes consciences, de Voltaire à Hugo et Camus, de Condorcet à Schoelcher et Jaurès, et je tiens, en cet instant, à rappeler devant le Congrès le souvenir du Président Mitterrand, car c'est à son courage et à sa volonté politique que nous devons l'abolition de la peine de mort en France, en 1981. (Applaudissements sur de très nombreux bancs.)

Cette révision aura des conséquences juridiques. Elle permettra à la France de ratifier le deuxième protocole au Pacte sur les droits civils et politiques des Nations unies, qui conforte l'abolition dans les États signataires. Nous souhaitons que soit ratifié à cette occasion le treizième protocole à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, qui a la même finalité.

Mais cette révision revêt surtout une portée symbolique et morale considérable. En l'inscrivant dans le titre VIII de la Constitution, consacré à l'autorité judiciaire, la République française proclame qu'il ne saurait plus jamais y avoir en France de justice qui tue.

Cette révision s'inscrit enfin dans les progrès constants de la cause de l'abolition en Europe et dans le monde. En 1981, nous étions le trente-cinquième État dans le monde à abolir la peine de mort. Vingt-cinq ans plus tard, sur près de 200 États membres de l'ONU, 129 sont abolitionnistes. C’est dire que l’abolition est devenue majoritaire au sein des États du monde.

En Europe, notre continent, ravagée pendant tant de siècles par la pire des criminalités – l’on pense en particulier à la première moitié du XXe siècle –, la peine de mort a disparu, sauf en Biélorussie, le dernier des États staliniens. Mais quel progrès réalisé par la civilisation européenne !

La Cour européenne des droits de l'homme, qui dit le droit en matière de libertés pour l’ensemble du continent, a condamné en 2003 la peine de mort comme "une sanction inacceptable, voire inhumaine, qui n'est plus autorisée par la Convention européenne des droits de l'homme". La Cour a marqué ainsi, solennellement, que l'abolition se fonde sur le premier des droits de l'homme, le droit au respect absolu de sa vie, qu'aucun État démocratique ne saurait violer.

Dans l'ordre international, les conventions et les déclarations se sont succédé – je n’en donnerai pas la liste ; je citerai simplement, car il est riche de sens, le traité de Rome de 1998 créant la Cour pénale internationale, dont on sait qu’elle a pour mission de lutter contre l’impunité des pires criminels qui soient et dont les statuts ont exclu le recours à la peine de mort.

Ainsi, l'Humanité va de l'avant, même si certains États, notamment la Chine, l'Iran, l’Arabie saoudite, mais aussi les États-Unis, grande république amie, voient, hélas, se succéder encore trop souvent condamnations et exécutions. C'est pourquoi la France se doit d'être partout présente, quand il s'agit de combattre la peine de mort.

En ce moment même, nous devons nous mobiliser pour que les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien condamnés à mort en Libye (Applaudissements sur tous les bancs), au mépris de toute justice, soient sauvés par notre action.

Il nous faut de même soutenir l’action entreprise par la présidence allemande de l'Union européenne et le Parlement européen, qui viennent de demander, dans une résolution récente, la "mise en place sans conditions d'un moratoire universel sur les exécutions capitales". Ce moratoire doit inspirer la trêve olympique sur la peine de mort – trêve olympique qui remonte au grand temps de la Grèce antique – que nous réclamons à l'occasion des Jeux olympiques de Pékin, en 2008.

Mais il ne suffit pas d’un moratoire sur les exécutions ; encore devons-nous obtenir un moratoire sur les condamnations elles-mêmes. Car nous refusons que s'accroisse plus longtemps la masse des milliers de condamnés à mort dans le monde – parmi lesquels il y a, nous le savons, des innocents –, qui peuplent les quartiers de la mort pendant des années, voire des décennies, dans l'attente angoissée de l'aube prochaine, qui sera peut-être la dernière.

Tant que, dans ce monde, on pendra, on décapitera, on empoisonnera, on lapidera, on suppliciera, toutes celles et ceux qui considèrent le droit à la vie comme un absolu moral, tous ceux-là ne doivent pas connaître de répit !

Je veux, en cet instant, dire au Congrès ma conviction absolue : la peine de mort est vouée à disparaître de ce monde comme la torture, parce qu'elle est une honte pour l'humanité. Jamais, nulle part, elle n'a fait reculer la criminalité sanglante ; pire encore, elle transforme le terroriste en martyr ou en héros aux yeux de ses partisans.

La peine de mort ne défend pas la société des femmes et des hommes libres, elle la déshonore ! Aussi refuserons-nous toujours et partout que, sous couleur de justice, la mort soit la loi. Pendant la guerre civile d’Espagne, à Tolède, les fascistes espagnols criaient "Viva la muerte !", "Vive la mort !" Qu’avons-nous à voir, nous, enfants de la liberté, avec ce blasphème sanglant ? Que vive la vie !

C'est cela le sens du combat pour l'abolition de la peine de mort. Nous accomplissons en cet instant le vœu formulé par Victor Hugo en 1848 : l’abolition pure, simple, irréversible ; j'ajouterai, pour la France, "universelle". (De très nombreux parlementaires se lèvent et applaudissent longuement.)

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22 février 2007

OPAC et mairie : La double reculade

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La gestion de la ville par Mme Joissains est toujours surprenante. Ainsi, au début de la séance du conseil municipal du 19 février, le maire annonce sans explications que les trois dossiers concernant l'OPAC sont retirés de l'ordre du jour. Est-ce parce qu'ils sont incomplets ? Non. Est-ce parce qu'ils vont évoluer ? Non.

Les intitulés montraient bien qu'ils avaient trait à des opérations anciennes. Il était proposé d'annuler des garanties d'emprunt accordées par la Ville de 1998 à 2001, sous la municipalité de Jean-François Picheral.

Les délibérations indiquent en toutes lettres que l'OPAC a tout simplement déprogrammé la construction de 28 logements à "Campagne Nègre" (garantie de 2 M€), des réhabilitations à Beisson et au Jas de Bouffan (3,5 M€) et à Encagnane (1,2 M€).

Quand on connaît les problèmes de logement à Aix, on peut s'étonner de telles décisions. Evidemment, ces programmes ne sont pas en cause en tant que tels. Leur abandon a des origines nettement moins glorieuses.

Il est imputable au néant de la politique de l'habitat de l'équipe actuelle. Mais, ce n'est pas la seule raison.

Le désordre qui règne au sein de l'Office depuis six ans y est aussi pour quelque chose. Cinq directeurs différents, des dysfonctionnements sans fin et une absence de choix clairs ont créé cette situation sans précédent. Les victimes directes en sont les familles ayant déjà un logement et surtout toutes celles qui en attendent un.

Ayant sans doute compris que l'opposition n'allait pas laisser faire, le maire a fait marche arrière pour ne pas aggraver son cas. Mais, nous allons rester vigilants. Les dossiers en question pourraient refaire surface sous une autre forme moins visible.

20 février 2007

L'appel des sans-abri d'Aix

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Dans la salle d'audience du Tribunal de Grande Instance, les sans-abri et leurs supporteurs occupent presque tous les bancs. La cour d'appel a examiné lundi le recours de la mairie d'Aix, qui demande l'expulsion des SDF campant depuis deux mois à la Rotonde, devant l'office de tourisme.

"A Nice, le tribunal a débouté la mairie", rappelle l'avocate des sans-abri, soutenue par les Enfants de Don Quichotte. "Ce mouvement a permis aux SDF du camp de se resociabiliser", conclut la défense.

Les sans-abri ont décidé de s'appeler désormais les "Enfants de Sancho Panza", une association créée la semaine dernière. "Elle aidera les personnes qui ont vécu un accident de la vie", explique Tibo, leur porte-parole. La mairie les entendra-t-elle ? "Une médiation, c'est tout ce que nous demandons", tonne leur avocate.

La cour d'appel devrait rendre sa décision le 6 mars.

20 février 2007

Congrès du Parlement : les votes des élus d'ici

Congres_Versailles

Voici les résultats des scrutins sur les trois projets de lois constitutionnelles

votés au Congrès du Parlement à Versailles, lundi 19 février 2007.

Projet de loi modifiant l'article 77 de la Constitution.

Compléter la définition du corps électoral pour l’élection des assemblées

de province et du congrès de la Nouvelle Calédonie.

Nombre de votants : 870   Nombre de suffrages exprimés : 814

Majorité requise : 489 (3/5 des suffrages exprimés)

Pour l'adoption : 724   Contre : 90   Le Congrès du Parlement a adopté

Jean-François PICHERAL, sénateur PS : POUR

Maryse JOISSAINS, députée UMP : NON VOTANT

Christian KERT, député UMP : POUR

Richard MALLIE, député UMP : CONTRE

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Projet de loi portant modification du titre IX de la Constitution.

Nouvelle rédaction des articles 67 et 68 de la Constitution ayant trait

à l'immunité et à l'inviolabilité du chef de l'État.

Nombre de votants : 869   Nombre de suffrages exprimés : 652

Majorité requise : 392 (3/5 des suffrages exprimés)

Pour l'adoption : 449   Contre : 203 Le Congrès du Parlement a adopté

Jean-François PICHERAL, sénateur PS : CONTRE

Maryse JOISSAINS, députée UMP : ABSTENTION

Christian KERT, député UMP : POUR

Richard MALLIE, député UMP : CONTRE

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Projet de loi relatif à l'interdiction de la peine de mort.

Inscrire dans la Constitution que nul ne peut être condamné à la peine de mort.

Nombre de votants : 876   Nombre de suffrages exprimés : 854

Majorité requise : 513 (3/5 des suffrages exprimés)

Pour l'adoption : 828   Contre : 26   Le Congrès du Parlement a adopté

Jean-François PICHERAL, sénateur PS : POUR

Maryse JOISSAINS, députée UMP : ABSTENTION

Christian KERT, député UMP : POUR

Richard MALLIE, député UMP : CONTRE

20 février 2007

Une séance au son du tambour et du bazooka

En direct de l'Hôtel de Ville comme si vous y étiez !

Hotel_de_Ville_en_directCette séance n'a duré que deux heures. Comme je l'annonçais il y a quelques jours, même s'il y avait 80 questions inscrites à l'ordre du jour, le contenu était indigent. Une dizaine de rapports a donné lieu à échanges parce que l'opposition a fait valoir ses points de vue.

Il paraît que le dossier des antennes relais a simplement été "oublié". Le maire s'est défaussée et en a imputé la faute aux services. On croyait que c'était elle qui faisait l'ordre du jour. On sait depuis longtemps qu'il n'en est rien. Elle est dépassée. On verra si le sujet sera traité le mois prochain.

Bon, au début, l'ambiance n'y était pas. Je me suis donc chargé de taper sur le tambour. Pas dur d'y arriver.

J'ai demandé au maire de rembourser les frais engagés par la Ville dans le procès perdu contre Le Nouvel Observateur. En colère, elle m'a répondu que je faisais des attaques personnelles alors qu'elle avait elle-même porté plainte en disant qu'elle se sentait visée… personnellement par le magazine. Conclusion : les Aixois paieront les lubies du maire chaque fois que ça lui prendra.

Au sujet de la vidéosurveillance, malgré nos critiques, elle a persisté à dire que c'était efficace. Moi, je pense que la présence humaine en prise directe avec la population, c'est mieux.

Consciente de l'esclandre que nous pouvions faire sur trois rapports aberrants sur l'OPAC, le maire les a retirés en début de séance. Mais, ils finiront bien  par refaire surface un jour ou l'autre. On va guetter ça.

Pour le Carnaval du premier avril (coïncidence), la bataille au bazooka a bien eu lieu. J'ai envoyé mes obus contre le bricolage du projet. Pour la deuxième année consécutive, on risque d'aller vers la pitance. Je ne pensais pas si bien dénoncer le bric-à-brac. Car, surprise, on a même entendu l'élu délégué à cet événement déclarer qu'il n'avait pas été associé au dossier ! Quel aveu !

Enfin, j'ai pointé du doigt le désengagement de l'Etat en matière de politique de la petite enfance. La CAF va réduire ses financements dans les contrats enfance. Aix est touchée par ce recul.

Ce billet n'est qu'un petit résumé à chaud du conseil municipal. Je reviendrai sur certains de ces sujets dans les prochains jours.

Au fait, il n'y avait pas de caméras pour montrer aux Aixois comment se passent les choses en direct mais il y avait la télé ! En effet, France 3 Méditerranée est venue capter quelques séquences de nos interventions. Cela sera peut-être réduit à un format de deux ou trois minutes mais sait-on jamais. La diffusion semble programmée pour mardi à partir de 12h00 ou à 19h00, ou les deux. A vos télés !

29 novembre 2006

Antennes-relais : et la jurisprudence, alors ?

radiationDes antennes-relais de téléphonie mobile ont été installées sur le toit d'un immeuble HLM du quartier d'Encagnane. Ce n'est pas la première fois qu'à Aix des riverains vivant à proximité expriment de fortes inquiétudes. Le débat est électrique, si l'on peut dire.

Le pire, ici, c'est que la mise en place s'est faite par surprise. Les résidents de l'immeuble "l'Odyssée" semblent avoir découvert cela au moment même des travaux. Voilà de quoi brouiller encore un peu plus gravement les ondes, comme sur bien d'autres sujets déjà, entre l'Office et les locataires. Un collectif s'est constitué pour alerter le maire et lui demander le retrait pur et simple de ces antennes.

Certes, les "avis d'experts" (sincères ou biaisés, d'ailleurs) sont contradictoires. Les risques que de telles installations seraient susceptibles de provoquer sur la santé humaine sont-ils oui ou non avérés ?

Certes aussi, il existe des règlementations européennes. Mais certains pays ont pris des dispositions plus restrictives selon ce que l'on appelle le principe de précaution.

L'OPAC Pays d'Aix Habitat veut faire entendre qu'il se conforme à la loi, comme pour prétendre qu'on ne peut rien faire. La bonne blague !

Des gens déjà confrontés à de telles situations mettent pourtant en avant des décisions qui devraient donc être prises en compte par jurisprudence.

Ainsi, par exemple, le Tribunal Administratif de Marseille, dans ses décisions des 9 mars et 6 avril 2004, déclare qu’"un maire peut légalement prendre, en ce qui concerne les émetteurs d’ondes de radiofréquence situés sur le territoire communal, des mesures réglementaires ou individuelles au titre de ses pouvoirs de police."
Par ailleurs, la Cour d‘Appel d’Aix-en-Provence, dans son arrêt du 8 juin 2004, considère que "la commune (ville de Nice) propriétaire des bâtiments mis à disposition de l’école est tenue de fournir des locaux exempts de risques, qu’ils émanent de son fonds ou du voisinage, et que, sa responsabilité pouvant être mise en jeu, elle a intérêt manifeste à agir en justice contre les propriétaires d’installations voisines de nature à créer un risque pour les usagers."

Que l'on sache, Mme Joissains n'est pas sans pouvoir. Elle est à la fois présidente de l'OPAC ET maire. Le bâtiment concerné relève de l'Office et il est situé à proximité de deux écoles communales. Cela devrait donc, en usant d'un peu de discernement, lui faciliter la tâche pour remédier à une question qui est ressentie avec la plus grande angoisse.

En ne le faisant pas, n'engagerait-elle pas sa double responsabilité ?

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