La séance d'installation du Conseil de territoire du Pays d'Aix ne s'est pas tout à fait déroulée comme le pensait Maryse Joissains. Des rancœurs et des dissensions ont éclaté au grand jour. Les maires évincés de l'exécutif étaient furieux. Compte-rendu...

métropole MJM godin
Elle a beau protester, Jean-Claude Gaudin lui a montré de quel bois il se chauffait, lui...

L'affaire semblait déjà pliée pour l'élection de la présidente et des vice-présidents lors de l'installation du Conseil de territoire qui s'est réuni hier pour la première fois sur convocation de Jean-Claude Gaudin, président de la métropole.
Mais une question était dans toutes les têtes : allait-on voir se rejouer la mauvaise pièce de théâtre de Marseille du 17 mars avec ses coups fourrés, ses rebondissements et ses surprises ? Eh bien, tout n'a pas été aussi clair que l'on pouvait l'imaginer.
Maryse Joissains avait envoyé mardi une lettre à tous les conseillers territoriaux pour leur faire part de ses intentions. Elle avait même établi une liste de noms qu'elle souhaitait voir élus à ses côtés comme vice-présidents. La loi ne permet que 15 postes. Mais il y en avait déjà 18. Parmi ceux-là, des vice-présidents de l'ancienne Communauté du Pays d'Aix, mais aussi 8 maires qui ne l'étaient pas.
La réunion a duré plus de quatre heures, entrecoupée par deux suspensions de séance. On a d'abord discuté méthode. Fallait-il d'abord élire la présidente ou envisager de définir les modalités pour désigner les vice-présidents. Neuf maires ont pris la parole. Les uns ont prétendu pouvoir se prononcer sur une liste bloquée, les autres ont soutenu le vote nominal pour chaque poste. Cette seconde procédure étant celle prévue par la loi et l'ordre du jour, il était difficile d'y déroger.
Une fois l'élection de Maryse Joissains assurée par 70 voix (21 blancs ou nuls) sur 91 inscrits car elle était la seule candidate - en avril 2014, elle avait obtenu 76 voix (15 blancs ou nuls) - il fut proposé de recueillir toutes les candidatures aux postes de vice-présidents.
Des rancœurs et des dissensions...
On sentait bien que le score moindre de la présidente était la manifestation de quelques mécontents évincés ou mis de côté. Il y eut donc d'autres candidatures "spontanées" en séance portant le total à 25.
Il fut convenu de voter pour réduire la liste à 15 en rayant des noms.
La liste initiale soutenue par Maryse Joissains s'en est trouvée modifiée et l'on a bien vu que cela contrariait cette dernière qui fut obligée de se conformer à la nouvelle sélection avec un classement par nombre de voix obtenues, allant de 79 à 17. Il n'y a eu qu'un candidat pour chaque vice-présidence, à l'exception de la 14ème réservée à Jacky Gérard, maire PS de Saint-Cannat, qui a dû affronter Hervé Fabre-Aubrespy, maire LR de Cabriès, qui avait été banni de la liste présentée par Maryse Joissains. C'est le premier qui l'a emporté.
Le vote étant secret, certains ont voulu montrer qu'ils n'appréciaient pas d'être écartés. Le maire SE de Rognes, Jean-François Corno, l'a fait savoir dans une intervention en rappelant le sérieux de son travail. Le maire PS de Vitrolles, Loïc Gachon, lui, n'a pas utilisé la langue de bois pour dénoncer les manœuvres et ententes à droite qui ont délibérément rompu avec l'esprit de partage des responsabilités dans le respect de la diversité des positionnements politiques.
C'est ainsi, a-t-il fortement pointé, que Vitrolles, commune de 35.000 habitants et deuxième plus grande du Pays d'Aix, ne se voyait plus octroyer la juste représentation qui lui revenait. Il a fustigé, comme cela s'est passé à Marseille, l'entre-soi de la droite qui installe une nouvelle forme d'exécutif ouvrant la porte à la disparition de la notion d'unanimité concertée pour les grands projets.
Sous l'effet de la création de la métropole et des antagonismes qui se sont fait jour lors de sa mise en place, le Conseil de territoire s'est donc raidi, droite et gauche se faisant face.
Personnellement, si je regrette que mes amis politiques se voient privés de responsabilités, je ne suis pas mécontent de l'avènement d'une opposition de gauche, ce que mon groupe
Démocratie pour Aix a toujours prôné à la mairie d'Aix.

La lettre de Maryse Joissains à tous les conseillers territoriaux 
(Pour un meilleur confort de lecture, clic sur le carré avec flèches en bas à droite du document)

CT 1 23