joissains contestee 4Revenons aujourd'hui encore sur Marine Joissains et ses scandaleux propos au soir du second tour, puis dans les jours qui ont suivi. Relevons d'abord que sa proximité et sa collusion affichées avec l'extrême droite lui ont valu les critiques au demeurant logiques de toute la gauche.
Voilà maintenant qu'elle reçoit également des tirs venant de son propre camp, au moins localement.
Deux candidats de droite se sont déclarés plus ou moins par surprise sur la 14e circonscription dont elle est l'élue depuis dix ans. Et ces deux candidats ont leurs raisons de s'en prendre à celle qu'ils ont un temps adorée.
L'un n'est autre que Michel Boulan, maire de Châteauneuf-le-Rouge, vice-président de la Communauté du Pays d'Aix, qui n'en est pas à sa première vengeance, après avoir été plusieurs fois malmené et mis à l'écart par Joissains. Il ne la nomme plus mais la désigne comme "député sortant". Feu !
Première salve. Il demande à l'UMP de lui retirer son investiture et de l'exclure. "Ce qui s’est passé au soir de la présidentielle et le lendemain avec le recours en annulation a ridiculisé les électeurs UMP."
Deuxième salve. Il condamne les mamours dangereux avec le FN. "Je ne veux pas qu’Aix devienne le laboratoire de ce rapprochement contre nature qui ruinera les objectifs de renforcement de l’UMP."
Troisième salve. Mieux vaut tard que jamais, Boulan ouvre enfin les yeux et dresse le bilan de son inactivité parlementaire : "Joissains n’a pas un seul texte de loi à son nom en deux mandats."
Quel sera le poids de Boulan qui se présente avec l'étiquette du Nouveau centre, le parti d'Hervé Morin qui vient pourtant de rentrer la tête basse au bercail de la maison-mère de droite ? Peut-être une poignée de voix, mais une poignée de voix qui pourrait suffisamment réduire le résultat de Joissains aux deux tours.
L'autre candidat, totalement inattendu, lui, s'appelle Philippe Neveu, l'ex-directeur général des services de la CPA, viré par Joissains au bout de 18 mois, et toujours en procès contre elle. Il fait irruption dans la campagne en se présentant sous les couleurs très droitières des amis de Charles Pasqua.
La législative tombe à point - l'occasion a sans doute fait le larron - pour que cette personne, qui a débuté au milieu des années 80 à l'UDF, est passée ensuite pour un proche de l'UMP et maintenant au RPF (Rassemblement pour la France fondé par Charles Pasqua), ait eu envie de se venger, dans le but évident de faire chuter son ancienne patronne. Sa notoriété électorale est nulle mais il se contenterait bien de quelques petites dizaines voire centaines de voix pour affaiblir lui aussi le score de la sortante.
Nous allons donc assister les 10 et 17 juin à un combat intra droite où la pitié ne sera pas de mise.
Et Marine Joissains dans tout ça ? Ah, elle doit avoir l'air malin avec ses jugements à l'emporte-pièce sur François Hollande dont elle a dit qu'il "n'était pas légitime", qu'il était "un danger pour la République", qu'il était "ridicule" et manquait de "prestance". Notons cependant, au passage, qu'elle était d'ailleurs dans le même ton que celui des Copé et autres fantasques cartomanciens qui avaient dénigré Hollande qui n'avait jamais gouverné et qui n'était pas connu à l'international. Des arguments crétins et sans fondement qui ont été balayés puisque, qu'ils le veuillent ou non, Hollande a été élu président.
Va-t-elle, et vont-ils, renier ces mesquineries maintenant que le nouveau président a été accueilli et reconnu de la meilleure façon dès ses premiers déplacements à l'étranger ? Même des organes de presse de droite ont bien été obligés de réviser leurs calembredaines bassement électoralistes.
Conclusion, ça va donc canarder sec au sein de la droite jusqu'au 17 juin et surtout après leur défaite à la présidentielle et, d'ici peu, celle des législatives avec des règlements de comptes qui les mettront en pièces. Oui, car la gauche aura aussi la majorité à l'asemblée nationale.
Je vous parlerai bientôt aussi du policé député UMP Christian Kert qui n'a pas été en reste pour approuver les propos tordus de sa collègue Marine Joissains. "Le chef doit assumer toutes les responsabilités, même celle de rompre la monotonie du quotidien. Et ça, Maryse sait très bien le faire." Ben voyons !
PS : Histoire de rire un peu, qui a des nouvelles de Claude Allègre ?

Et ça, c'est dans Charlie Hebdo...
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