logo_anruAvec un prix du foncier élevé, une rareté de construction de logements sociaux publics et des quartiers périphériques enfermés sur eux-mêmes, Aix est une ville segmentée qui aura bien du mal à recoudre les morceaux. Emblématiques de ces coupures économiques et sociales, les quartiers Beisson et Corsy en vivent les conséquences. J'ai longuement rapporté ici (voir la rubrique Beisson Corsy, colonne à droite du blog) les convulsions qui ont marqué et marquent encore le projet de rénovation qui devait s'inscrire dans le cadre du plan ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine).

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Le résumé fait par La Provence le 22 mai 2009anru_saga_la_provence_22_mai_2009

La dernière mouture du projet date de novembre dernier, une mouture revue à la baisse du fait du désengagement de l'Etat et donc contraire à ses promesses et à ses engagements fondant le Plan Banlieues. Ce qui avait été estimé globalement à 92M€ est tombé à 57M€ puis est remonté à 69M€ (source : "Aix en dialogue", janvier-février 2010), incluant les financements des collectivités territoriales mais seulement 10M€ demandés à l'Etat. Le magazine municipal affirme que les 69Me sont débloqués. Or, au 1er avril, sur le site internet de l'ANRU (voir en fin d'article), le projet n'apparaît pas dans la liste des contrats signés.
Que contient ce dernier projet ? Il est question de 115 démolitions dans les deux quartiers, une réorganisation des commerces, la construction d'une médiathèque de 800m² et d'équipements de proximité et de nouveaux logements, 30 à Beisson et 113 à Corsy. L'opération prévoit également la construction de 70 logements en dehors de ces deux quartiers.
A l'heure actuelle, on ne sait rien sur la décision de l'Etat d'attribuer les 10M€. Lors de leur visite à Aix en novembre dernier, les représentants de l'Etat ont évoqué l'aumone de 2M€. On est donc loin du compte. D'autant que ce n'est qu'à partir de cette officialisation que les collectivités pourront valablement se positionner comme partenaires financiers de l'opération, en proportion de la mise de base de l'Etat. Si cette mise se situe à un niveau plancher, l'évaluation à 69M€ même confirmée risque fort d'en prendre un coup.
Pour ce qui concerne les réhabilitations de l'existant, 597 logements à Beisson et 393 à Corsy, plusieurs bailleurs sociaux sont aussi sollicités pour mettre la main à la poche.
Lors du vote du projet initial en 2005, la date d'achèvement avait été fixée à 2014, une date que la mairie reprend aussi pour le dernier projet. C'est aller un peu vite en besogne car il sera difficile de rattraper le gros retard même si l'ampleur du projet est moindre. Il faudra également s'assurer qu'aucun autre recul politique n'intervienne d'ici là qui sabrerait encore la cagnotte. Au mieux, il faut plutôt tabler sur six ou sept ans pour aboutir. Un mal qu'il faudra prendre en patience car, d'ici là, nous aurons traversé une présidentielle et des législatives en 2012 et des municipales en 2014 (à moins que…).
Ah, au fait, comment s'appelait déjà le plan national ? "Espoir banlieues", c'est c'la, oui !

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Ce qu'en disait Le Canard enchaîné le 31 mars 2010…
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Liste des contrats signés en PACA au 1er avril 2010
(source : site ANRU)
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A suivre…