Chacun le pressentait, la réunion publique dite de concertation, organisée hier à la mairie annexe de Pont de l'Arc, s'annonçait chaude et agitée. Elle l'a été. Bourrée à craquer, la salle a immédiatement donné le ton dès les premiers mots de l'adjoint de quartier. Protestations, vociférations, chahut ont vite fait de couvrir le son et prendre le dessus. Pour contrer les opposants, comme on s'en doutait, les élus ont convié la "claque", qui s'est littéralement mise à "aboyer".

Les services municipaux ont tant bien que mal essayé de présenter sommairement les résultats de l'enquête publique sur la révision partielle du POS. L'adjoint de quartier, Eric Chevalier, a tenté de faire œuvre de pédagogie pour restituer ce que la municipalité envisageait de modifier au vu des observations relevées sur les registres de l'enquête. Peine perdue. Chaque explication était contestée aux quatre coins de la salle. L'adjoint à l'urbanisme, Alexandre Gallèse, n'a pas eu plus de réussite. Il faut dire que ce dernier s'est fait une spécialité… d'enfonceur de portes ouvertes et d'adepte du brassage d'air.

La présidente de l'association des Amis du Montaiguet est parvenue à arracher cinq minutes de prise de parole et, tout au long de la soirée, à lancer des apostrophes aussitôt coupées par ce qu'il faut bien appeler des cris de meute à son encontre.

Plusieurs présidents de CIQ ont exposé leurs points de vue ou interrogé tour à tour les deux élus, parfois bien en peine de réponse. Si, comme certains riverains, ils ont confirmé qu'ils ne contestaient en aucune façon la nécessité de trouver un lieu d'implantation pour la polyclinique, ils ont répété qu'ils étaient quasi unanimement défavorables au choix de Pont de l'Arc, le plus mauvais scénario selon eux.

Tous ont stigmatisé l'absence de vision globale de l'évolution et du développement du secteur Sud. Et, bien sûr, l'expédient de solution qu'est la révision partielle du POS pour un périmètre qui ne vise en fait qu'à parachuter un OVNI à flanc d'une colline attenante au massif du Montaiguet.

Les CIQ ont récusé ce que les élus ont présenté comme étant un projet pertinent. Ils ont tous insisté sur l'absence de l'outil essentiel qu'est le Plan local d'urbanisme, seul susceptible de répondre à l'ensemble des problématiques.

Marché de dupes ?

Certains intervenants n'ont pas hésité à pointer que ce projet recelait une collusion d'intérêts privés et publics. D'autres ont parlé d'un lobby de médecins ou demandé des éclaircissements sur les raisons qui ont fait décaler le projet à distance de la bande de terrain ayant été incendiée à proximité de la parcelle boisée classée et le positionner en mordant d'autant sur une bande de terrain privé.

Concernant la partie boisée, pour tenter de lever les craintes des riverains de voir les petits chemins existants devenir un jour des voies routières, les élus ont fini par admettre qu'il fallait les conserver en l'état. Ce qui revenait à admettre de facto que l'argument de la rétrocession à la Ville de cet espace appartenant actuellement à la polyclinique vidait de tout son sens cette contrepartie offerte à la Ville en échange de l'implantation de l'équipement médical.

Marché de dupes ? Ecran de fumée ? Plus les questions fusaient, plus les opposants découvraient les incertitudes et les zones d'ombre de la démarche. Pour prendre deux autres exemples, un participant a relevé qu'une petite parcelle semblait annoncer sans le dire des constructions qui, elles-mêmes, risquaient d'ouvrir une urbanisation qui surchargerait le secteur.

D'autres, malgré des questions répétées portant sur les infrastructures routières et les aménagements à réaliser permettant de désengorger la circulation, n'ont pu obtenir de réponses concrètes, pas plus que sur le calendrier ou sur le coût des investissements à supporter par les finances publiques.

A la fin de la réunion, ce qui est sûr c'est que le débat n'a pas convaincu. Il devrait donc y avoir d'autres réunions. Autrement dit, l'inscription d'une délibération à l'ordre du jour du conseil municipal risque de prendre un gros retard.

Pour bien enfoncer le clou, des participants hostiles à l'implantation du projet à Pont de l'Arc ont prévenu que tous les recours possibles seraient exercés devant les tribunaux. Ça promet !

Vu la température qui régnait hier dans la salle, il est à craindre que les prochaines rencontres annoncées ne confinent à l'embrasement.

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(Clic sur l'image pour agrandir)

La carte établie par l'association des Amis du Montaiguet

(Voir les légendes en bas à gauche)

Le projet d'implantation de la polyclinique nécesserait de nombreux aménagements.

Or, en l'absence de PLU, ce projet n'est que le parachutage d'un OVNI

sans aucune prise en compte ni programmation des infrastructures.

(Voir aussi l'article suivant et les articles complets publiés lundi et mardi)