Acte_citoyen

"C'était pour un stage de mécanique. J'ai d'abord amené un jeune black. Il n'a pas été pris. Puis, j'ai accompagné un blanc et ça a fonctionné", confie un travailleur social. "La discrimination existe à Aix, même pour trouver un stage".

A défaut de résoudre les problèmes, le colloque organisé vendredi par l'association L'Acte Citoyen a au moins permis de mettre en lumière la face cachée et hypocrite, pour ne pas dire plus, de l'injuste réalité vécue par de nombreuses catégories de personnes.

Tout est bon pour les rejeter : on stigmatise la couleur de leur peau, leur patronyme, leur handicap ou leur âge. Les préjugés ont la vie dure. Que dire des difficultés administratives et techniques rencontrées par les initiateurs eux-mêmes pour mettre en œuvre cette première journée de débats intitulée "Osmos 2007" à laquelle ont participé environ 150 personnes.

Les échanges du matin ont fait apparaître les obstacles concrets racontés par ceux qui les vivent. Hélas, les moyens existants pour les combattre, présentés par la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations à l'emploi et pour l'égalité), semblent bien insuffisants pour les éradiquer.

Le public a eu l'embarras du choix pour se forger une idée. Des courts métrages ont montré la force désespérée de certains témoignages enregistrés à Marseille auxquels se sont ajoutées les prises de parole concordantes, courageuses et dignes de jeunes s'exprimant à partir des gradins sur leurs propres expériences.

Il est regrettable que l'après-midi un seul représentant de société soit venu débattre, en présence d'une seule représentante syndicale, alors qu'une "charte de la diversité dans l'entreprise" a été signée par une centaine d'entreprises.

Pour enfoncer le clou, la journée s'est achevée sur une scène surprenante de théâtre dansé. Sur fond musical, des voix égrenaient des articles du Code du travail… en rupture totale avec les droits bafoués au quotidien.

L'association L'Acte citoyen ne semble pas découragée. Les responsables ont annoncé qu'ils allaient poursuivre leur travail de terrain et donner une suite à cette initiative en 2008.