Suite à l'arrêt de la cour de cassation dévoilé hier, et en ces circonstances, la seule question qui vaille est : les Aixois vont-ils encore voter pour Maryse Joissains ? Les scandales d'abus et de dévoiement de l'exercice d'un pouvoir politique seraient-ils devenus ainsi banalement les conditions préalables et qualifiantes pour solliciter les suffrages ?

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Le pourvoi formé par Maryse Joissains contestant sa double condamnation a été en partie exaucé, celle relative à son inéligibilité. En revanche, la cour a confirmé que les délits ayant entraîné sa condamnation sont établis pour "prise illégale d'intérêts" et "détournement de fonds publics".
Concernant l'autre volet de l'arrêt, la haute juridiction demande que la peine complémentaire d'inéligibilité soit dûment motivée et formulée. En effet, la loi qui rend obligatoire cette peine ne date que de 2017 et ne peut en aucun cas être appliquée rétroactivement pour des actes commis antérieurement, en l'occurrence en 2013 pour ce qui est reproché à la maire d'Aix.
Le droit étant le droit, impossible de l'interpréter autrement en cherchant à le contourner par d'habiles artifices. Conséquence directe et pratique de l'arrêt, Maryse Joissains peut donc être candidate à l'élection municipale de mars.
Mais l'affaire ne s'arrête pas là avec la décision d'hier. La maire devra de nouveau comparaître devant la cour d'appel de Montpellier qui devra justifier sur quelles bases l'inéligibilité peut être prononcée ou non.
Jusque-là, cela ouvre à Maryse Joissains la possibilité de déposer sa candidature pour voir son mandat de maire renouvelé si les électeurs se prononcent dans ce sens.
Il n'en reste pas moins que se pose pour eux la question d'accepter et donc de valider le fait qu'une élue condamnée définitivement mérite d'être reconduite. Les Aixois, en tout cas ceux qui pourraient continuer à lui accorder leur confiance sans la sanctionner, feront-ils fi de l'image qui est donnée de la ville en considérant que ce n'est pas grave ? Si tel était leur choix, une telle situation serait-elle acceptable alors que, face aux scandales d'abus et de dévoiement de l'exercice d'un pouvoir, les citoyens réclament de plus en plus des candidats et des élus à la conduite exemplaire ?
Pour ma part, je le dis tout net, si Maryse Joissains devait être réélue dans ces conditions, ses électeurs deviendraient les complices directs d'un coup porté à l'éthique et aux valeurs républicaines en affaiiblissant la démocratie.