samedi 29 septembre 2007

Aux lecteurs de ce blog

Vous êtes nombreux à lire ce blog. J'en suis heureux. Il m'est agréable de penser que, grâce à vous, je n'écris pas en vain. Certes, cela requiert du temps mais, n'en doutez pas, cela ne ressemble en rien à un labeur.

Jour après jour, vous découvrez sans doute ici ce que vous ne trouvez pas ailleurs. Je suis moi-même frustré lorsque je consulte le net et que je relève que nombre de blogs locaux sont peu actifs, voire rarement mis à jour.

Puis-je donc solliciter votre aide bienveillante pour faire connaître mon blog autour de vous ? Vous avez certainement une liste personnelle de contacts et de réseaux de diffusion. Serait-ce exagéré de vous demander, si vous estimez la chose possible, de leur transmettre mon adresse pour agrandir encore le cercle des lecteurs ?

Ce n'est pas une obligation, c'est juste une gourmandise de ma part... Merci.

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Sarkozy : "Je n'ai jamais bu une goutte d'alcool !"

roi_du_monde

(Clic sur l'image pour agrandir)

Vrai ou faux ? A l'ONU, parlant aux journalistes, le président est revenu sur le fameux épisode où la télévision belge montrait son air vaseux lors de sa conférence de presse après une entrevue avec Poutine.

Voyez plutôt cette vidéo (2mn 6s) qui nous permet de boire ses paroles…

http://www.dailymotion.com/video/x32zl2_sarkozy-menteur-alcoolise_politics

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Sarkozy ou l'idiome du village

Indéniablement, chaque prise de parole de Sarkozy provoque la curiosité. Comment s'y prend-il ? Certains adhèrent tout de go à sa prose mécanique. D'autres se déclarent agacés dès qu'il ouvre la bouche. J'ai entendu beaucoup de gens me dire : "Je ne le supporte plus."

Alors, comment fonctionne son discours ? Comment argumente-t-il ? Manipule-t-il ? Ne fait-il que parler ou dit-il vraiment quelque chose ? (Noter aussi son usage d'un langage bien "peuple" et d'un français plutôt bancal.)

Sur le site d'Arrêt sur images, la chroniqueuse Judith Bernard a tenté de percer le mystère. Voici ce qu'elle écrit. Une belle analyse, éclairante et jubilatoire… Prenons quelques minutes, c'est fin de semaine.

Fragments d’un discours hasardeux :

La rhétorique sarkozienne décortiquée

   Si vous l’avez raté (mais est-ce seulement possible ?), voici un tout petit digest de la prose présidentielle entendue le 20 septembre à la télévision. Une micro-dose de rhétorique sarkozienne, un échantillon de quelques minutes plongé dans mes petites éprouvettes perso.

   En réponse à la question de PPDA sur la prise en compte ou non de la pénibilité des tâches dans la réforme du régime des retraites, Sarkozy a commencé comme ça : ''Ecoutez : moi j’ai été élu par les Français pour résoudre les problèmes de la France. On m’a pas élu pour commenter les problèmes de la France ; on m’a élu pour trouver des solutions.''

   "Ecoutez" : ça commence avec un "phatique" (qui n’a d’autre vocation que d’assurer le contact, ça n’a aucune valeur informative - de même que l’explication à laquelle je me livre ici, que mes lecteurs fidèles connaissent par coeur).

   Phatique ultra-classique, qui présente l’avantage, par sa forme impérative, d’instaurer un léger, mais indiscutable, rapport de force entre celui qui le prononce et celui à qui il est adressé (c’est une forme adoucie de : "Fermez-la"), et de ne coûter à son locuteur aucun effort cognitif (pendant qu’il le prononce, lentement, automatiquement, il gagne du temps, et économise sa pensée, occupée à former la suite de la phrase : toujours ça de gagné).

   Rien là que de très banal : tous les politiques l’emploient, pour les mêmes raisons, avec les mêmes effets.

   Puis, vient cet éloquent préambule, spécifiquement sarkozyste : "On m’a pas élu pour commenter les problèmes de la France, on m’a élu pour trouver des solutions". En d’autres termes : refus de la politique du "commentaire", qu’on pourrait appeler la métapolitique, au profit de la politique de l’action. On observera que disant cela, Sarkozy COMMENTE les motivations supposées de ses électeurs et son propre projet politique : il fait donc exactement la métapolitique qu’il prétend récuser. Ça s’appelle une antiphrase : ou l’art d’affirmer une "vérité" que le contexte énonciatif dément formellement. C’est une aberration ; mais avec un peu d’aplomb, ça passe pour une évidence.

   Ça continue : "Les Français s’inquiètent du financement de leurs retraites", "c’est un problème depuis des années", "il y a des décisions qui n’ont pas été prises toutes ces années, eh ben il faut les prendre. Tranquillement, simplement". Tous ces énoncés n’ont aucune valeur politique dans le sens que Sarkozy vient de donner à sa fonction : ils ne formulent aucune solution. En dépit de son engagement initial, Sarkozy ne fait pas autre chose que commenter les problèmes des Français – et que dire alors de son engagement originel, celui du candidat promis au triomphe : "Je ferai ce que j’ai dit, je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas".

   A l’échelle de quelques phrases, et de quelques minutes, déjà, il n’y arrive pas (tout rhétoricien sait d’ailleurs qu’il est à peu près impossible de tenir ce genre de promesse, et qu’il vaut mieux s’abstenir de les faire).

   Et ça continue : "Je veux dire deux choses aux Français : d’abord il ne faut pas stigmatiser cette catégorie de Français (ie : les cheminots, les gaziers, les électriciens, les agents de la ratp : Sarkozy cite ces professions concernées par les régimes spéciaux, omettant évidemment d’évoquer les autres – on ne lui en voudra pas, personne n’en parle). Ils ne sont pas coupables". Manquerait plus que ça : voici donc que par cette réfutation saugrenue (qui a dit que coupables, ils l’étaient ???), il en fait des victimes de quelque stigmatisation qu’il viendrait protéger de sa magnanime autorité.

   La victimophilie présidentielle est donc si grande qu’elle est prête à s’inventer des objets là où nulle victime pourtant n’est venue se plaindre ? "Je veux dire", insiste-t-il, se livrant à un classique exercice de… métalangage, ou l’art de commenter sa propre énonciation. Sarkozy aime décidément beaucoup le méta, quoi qu’il en dise. Il aime aussi beaucoup l’autorité, la sienne surtout, puisqu’avec son adresse aux Français leur commandant de ne stigmatiser personne, Sarkozy est encore en train, l’air de rien, de donner un ordre (encore une forme adoucie de "Fermez-la").

   Il poursuit : "D’abord, il y a la pénibilité de leur travail, ensuite, il y a l’histoire des luttes sociales dans ce pays, ça compte, et lorsqu’ils ont été embauchés (à la ratp, à la sncf, etc), ils ont trouvé un régime, ils ont trouvé un statut : il ne s’agit pas de les accuser de quoi que ce soit".

   On aura compris que ces réfutations saugrenues ("il ne s’agit pas de les accuser") sont des tropes communicationnels : Sarkozy fait ici semblant de parler à la France qui stigmatise (dont il postule, sinon invente, l’existence), tandis qu’il parle en réalité aux supposés stigmatisés, dont il fait ses victimes protégées : c’est l’équivalent d’une caresse sur la tête prodiguée à tous les bénéficiaires de régimes spéciaux.

   Alors faisons le point : l’entretien est commencé depuis plusieurs minutes. Démarré en fanfare par le refus de la politique du commentaire, Sarkozy n’a pour l’instant fait que cela : commenter, commenter toujours, et il continue "Ils sont pas privilégiés parce que c’est des ptits salaires et que c’est des boulots qu’sont difficiles. Et j’voudrais vous dire une chose, c’est qu’j’ai pas oublié l’attitude de ces fonctionnaires lors de la tempête de 1999, on était bien contents de les trouver, les électriciens, lorsque tout s’était effondré, et j’ai pas oublié le courage des agents de la ratp lorsqu’il y a eu les émeutes de 2005". Stop.

   On aura bien sûr noté au passage le glissement progressif, comme lors de chacune de ses allocutions télévisées, de raccourci syntaxique en apocope syllabique, vers ce que j’ai appelé jadis la langue du peuple (ou comment Nicolas Sarkozy joue l’idiome du village). Ainsi se construit sinon l’image, du moins le bruit de l’homme proche du peuple que l’avocat d’affaires a si bien imprimé dans l’imaginaire collectif, par quoi il a pu faire croire qu’il était l’ami des petites gens.

   Mais, j’arrête là décidément parce que cette allocution comme toutes les autres, je n’ai pas pu l’écouter en entier. Je ne supporte pas, je ne supporte plus la parole politique qui fait du bruit du bruit du bruit avant de parler, si l’on peut appeler "parler" la livraison, en passant, de la fameuse solution dont Sarkozy prétend que c’est la seule chose qu’on attend de lui : la solution tout le monde la connaît (alignement des régimes spéciaux sur le régime général, transition aménageable dans le temps avec prise en compte de la pénibilité, sans préciser ni sous quelle forme, ni dans quelle mesure) – et l’on peine toujours à comprendre qu’il faille tout ce barnum rhétorique pour finir par dire ce que tout le monde savait déjà.

   Au fond, RIEN ne s’est véritablement dit dans le passage que je viens de décortiquer. D’où l’intérêt de le décortiquer : car pendant qu’il ne nous disait rien, mais qu’il parlait tout de même, Nicolas Sarkozy faisait non seulement de la politique (celle qu’il récuse, celle qui ne fait que blablater), mais surtout de la rhétorique, l’air de rien : flattant les uns, commandant aux autres, dominant chacun et parlant comme tout le monde, il faisait passer mille messages à la minute, mille massages imprimant doucement, "tranquillement, simplement" comme il répéta beaucoup ce soir-là, dans la masse molle de notre imaginaire l’empreinte forte, très forte, qu’il entend y laisser.

http://arretsurimages.net

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vendredi 28 septembre 2007

Le tambour, grande spécialité de Joissains

On ne le sait pas assez. Maryse Joissains ne se contente pas de faire de la politique qu'au niveau local comme maire et présidente de la Communauté du Pays d'Aix. Non, comme députée, elle se penche aussi – au risque de trébucher – sur tout ce qui touche aux grands enjeux nationaux. Je dirais même qu'elle impressionne tant elle vise la dimension quasi planétaire.

Prenons trois exemples.

   1. Elle écrit au président de la République pour l'alerter sur le devenir de nos trois universités provençales qui veulent fusionner en une seule. L'idée semble faire l'unanimité mais Joissains veut conserver le siège administratif à Aix. En effet, notre ville possède une vocation historique antérieure à celle de Marseille. Mais, en même temps, Joissains vote la loi Pécresse qui prévoit l'autonomie et le regroupement des universités. Or, depuis six ans, Aix a laissé partir près de 3.000 étudiants vers Marseille. Qu'a fait Joissains, notamment en termes de logement étudiant, pour contenir cette hémorragie ? Rien. Et elle voudrait une exception pour Aix et Marseille. La réponse de Sarkozy à sa missive est à mourir de rire. "Oui, oui, on va voir, mais vous savez, il faut la faire cette réforme…"

   2. Le gouvernement prévoit aussi une réforme des tribunaux et des cours de justice. Là, encore, Joissains s'empressera de voter la loi Dati – un projet actuellement très controversé par les professionnels – qui propose une réduction draconienne du nombre de juridictions et des regroupements uniques dans chaque département, plus pour économiser que pour rendre la justice de proximité plus efficace, mais elle déclare qu'elle se battra pour sauvegarder la vocation judiciaire aixoise. Joissains n'est jamais à une contradiction près.

   3. Enfin, elle tient un discours ultra fermé sur l'immigration – ce qui plaît à un électorat extrême – mais elle n'a pas daigné intervenir une seule fois à l'assemblée nationale dans le débat sur le projet de loi relatif "à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile" pour aller s'exprimer sur le sujet.

   Après ça, quelle crédibilité peuvent bien avoir des combats annoncés au son du tambour par notre députée-maire ? Le plus inquiétant, c'est qu'elle demande aux Aixois de lui renouveler son mandat ! Aïe ! Je propose qu'on la recale avec "mention très bien".

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Gouvernement : La vie comme elle... ne va pas

rigueur

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grenelle_environnement

ADN_senat

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jeudi 27 septembre 2007

Pays d'Aix : L'UMP en mode ventilateur

ventilateur

Christian Kert, futur maire de Ventabren ?

Les élections ne seront pas une aventure de tout repos. A Ventabren, on sait que Claude Filippi a du mouron à se faire. Après les remous au sein de son conseil municipal et les reproches de plus en plus insistants qu'on adresse au maire, la donne pourrait bien prendre une autre tournure.

Il se murmure que le député Christian Kert (UMP), autrefois premier adjoint à Salon, serait pressenti pour mener une liste. La manœuvre est censée avoir un double avantage : se débarrasser de Filippi et tenter de redonner du crédit à Maryse Joissains au sein de la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix.

C'est ce qui s'appelle un coup politique. Reste à savoir si les électeurs sont disposés à reconduire une majorité de droite en Pays d'Aix.

Bruno Genzana, son passé ne passe pas

Lors du colloque sur l'habitat et les transports, Bruno Genzana a fait preuve d'un courage… qu'on ne lui connaissait pas. Après six années passées au côté de Maryse Joissains à défendre une politique rabougrie de l'habitat à laquelle eux seuls croyaient, après avoir servi leur propagande à grandes brassées, il s'est laissé aller à faire repentance sur l'insuffisance de sa propre action. Plus hypocrite, tu ne trouves pas.

Enclanchant à fond le mode ventilateur ("très sincèrement", "du fond de mon cœur", "je vous l'accorde bien volontiers"…), Genzana s'adapte aux auditoires mais ne met jamais ses votes en conformité avec sa parole, qui on le voit, n'est jamais une.

Au cours de la même journée, il a aussi répété qu'il avait changé d'avis sur le projet de la Duranne, admettant maintenant que le développement d'Aix ne pouvait se faire qu'à partir de ce nouveau quartier. Là encore, il n'aura mis que six ans pour prendre conscience du manque criant de logements.

Genzana prétendait mettre l'avenir d'Aix en ateliers ; il ferait mieux de se repasser son inaction passée en boucle.

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Le bruit nuit gravement à la santé

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Aix, et plus particulièrement le périmètre des Milles, n'est pas épargnée par les nuisances des vols aériens. Des associations se battent pour que les autorités s'engagent à ne pas dégrader davantage l'environnement sonore du secteur.

Les incertitudes qui pèsent sur les modifications que pourrait entraîner le développement du trafic aérien inquiètent les riverains. L'alerte au bruit a été donnée il y a plusieurs années déjà sans que l'Etat ne prenne des décisions de sagesse. Pourtant, tout le monde sait que le bruit est source d'atteintes graves et dommageables pour la santé.

Pour preuve, l'expérience inédite menée par la région Ile-de-France.

Aucune étude sur le bruit n'avait encore été menée à pareille échelle. Celle publiée ce mercredi par cette région se penche sur les liens statistiques entre l'exposition au bruit des Franciliens et leur état de santé. Certains résultats sont inattendus.

Chez les patients habitant des domiciles très exposés (bruit routier d'au moins 65dB, survol d'avions à moins de 2.000m, point noir ferroviaire) des troubles de la tension artérielle ont été mis en évidence chez les hommes actifs. On trouve ainsi 5,6 fois plus de cas d'hypertension chez les 40-69 ans quand leur logement est survolé par des avions à moins de 1.000m.

L'étude relie aussi l'exposition au bruit urbain à une plus grande fréquence des hospitalisations et des arrêts de travail chez les femmes, et des états anxieux chez les deux sexes.

Pour parvenir à ces résultats, 78 médecins franciliens ont questionné durant une semaine, fin 2005, tous les patients qui se sont rendus à leur cabinet, soit un total de 4.391 personnes. Le questionnaire portait sur leur état de santé. Les résultats ont ensuite été mis en relation avec l'adresse du patient et son éventuelle exposition au bruit.

"Ce travail d'analyse a pris plusieurs mois et a dû être recoupé plusieurs fois", précise le Dr Jean-Marie Cohen, responsable du projet. Pour le médecin, "le bruit et ses conséquences sur la santé sont un univers que nous découvrons. Cette étude est très enrichissante de ce point de vue et nous a permis d'identifier des pistes qu'il va falloir explorer davantage."

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Sarkozy dans le vif : "J'ai été élu pour…"

budget_au_rouge

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releve

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mercredi 26 septembre 2007

Brèves réjouissantes d'en haut

XXL

Fillon a déclaré que l'Etat est en situation de faillite. Pas étonnant. Notre chef de cabinet se voit déjà ajouter son nom à l'inventaire de la droite.

Grand pied

Devedjian, nouveau calife général de l'UMP. Ouf, le débauchage à gauche n'a pas marché. Devedjian… Devedjian… Au fait, comment il l'appelait déjà cette élue du Rhône ?

Gros sabots

Kouchner a fait du footing avec Sarkozy. Pas de doute, le clown a un clone.

Petit écolo

Borloo aime et défend la nature, qu'il croit. Bof, petit écolo ne deviendra pas grand pour ça.

Menus moyens

Boutin a installé son ministère à Lyon. Ses modestes bungalows ont coûté 2,5 maisons à 100.000€. Chère, la poudre aux yeux.

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Sécu : Caisse percée sur ordonnance

SOS_securite_sociale

On nous avait vendu la réforme Douste-Blazy comme étant celle de la fin des déficits. Ce ministre a disparu mais pas le trou. Alors, si la situation se dégrade encore et toujours, à qui la faute ? Ici, on montre du doigt les médecins libéraux et les laboratoires. Là, on accuse les entreprises et les malades.

Le problème est-il inextricable ? A-t-on jamais vraiment mis à plat les comptes dans leur globalité ? N'a-t-on pas toujours agi par ajustements de circonstance ?

Pourtant, le système créé par le Conseil national de la Résistance, il y a plus de 60 ans, a longtemps tenu bon et n'a commencé à flancher qu'avec l'arrivée du chômage massif dans les années 70. Le développement de nouvelles maladies lourdes, l'allongement de l'espérance de vie, le coût élevé du perfectionnement de la machinerie scientifique et le progrès des traitements ont changé la donne.

Plutôt que les mesurettes aléatoires prises par chaque gouvernement, ne serait-il pas nécessaire de tout reprendre et d'établir des règles claires et bien comprises de fonctionnement ? Ne peut-on pas revenir au principe initial qui fixait que chacun contribue en fonction de ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins ? La solidarité nationale n'est viable que si elle s'appuie totalement sur la progressivité des contributions.

A l'heure actuelle, si les cotisations sont fondées sur cette règle, en revanche, toutes les recherches d'équilibre sont calculées sur la taxation identique des malades. Cela fait penser à l'inique TVA qui frappe les individus de manière uniforme quels que soient leurs revenus. Voilà des réformes qui mériteraient d'être prises à bras-le-corps.  

Qu'a dit la Cour des comptes ?

cour_des_comptes

Le rapport annuel de la Cour des comptes, publié il y a quelques jours, a révélé de nouvelles turpitudes du fonctionnement de notre système de protection sociale. Douche froide ou trou dans l'eau ? Le gouvernement ferait bien de ne plus bricoler.

            

Les exonérations de cotisations sociales des stock-options ont fait perdre 3 milliards d'euros de recettes à la Sécurité sociale, dont la santé financière reste globalement "fragile", déplore la Cour.

L'ensemble des mécanismes d'intéressement (stock-options, indemnités de départ, chèques vacances, indemnités de transport), souvent exonérés de cotisations sociales, ont représenté une perte de recettes pour le régime général de la "Sécu" (salariés) comprise entre 6 et 8,3 milliards d'euros en 2005, pour un déficit qui s'élevait cette année-là à 11,6 milliards d'euros.

Le premier président de la Cour, Philippe Séguin, a donné l'exemple de l'exonération de la plus-value d'acquisition des stock-options, ces actions achetées par les cadres d'une entreprise à un prix fixé d'avance, souvent très inférieur au cours de Bourse réel. Les 8,5 milliards d'euros de stock-options distribués en 2005, qui, selon M. Séguin, constituent "bien un revenu lié au travail, donc normalement taxable", ont ainsi entraîné une "perte de recette aux alentours de 3 milliards d'euros".

"Les 100 premiers bénéficiaires devraient toucher chacun une plus-value de plus de 500.000 euros et les 50 premiers de plus de 10 millions d'euros", a-t-il expliqué. "Rien que pour chacun de ces cinquante-là, les cotisations manquantes s'élèvent à plus de 3 millions d'euros" par bénéficiaire, a ajouté M. Séguin. "On a parlé de moralisation de ces formules, voilà une piste toute trouvée", a-t-il jugé.

Les indemnités de départ à la retraite ou de licenciement sont elles aussi exonérées de cotisations, "ce qui correspond à une perte de plus de 4 milliards d'euros", a souligné M. Séguin. Quant aux "salaires affectés" (repas, chèques vacances, frais de transport) et avantages octroyés par les comités d'entreprises, ils auraient représenté en 2005 un manque à gagner de 2,5 milliards d'euros.

La Cour estime que le principe de ces dispositifs devrait être la "neutralité" financière pour la Sécurité sociale, dont l'amélioration de la situation reste "fragile et partielle" et nécessite "des réformes structurelles", relève la Cour. Les magistrats appellent à une "vigilance inquiète" devant l'ampleur du déficit qui s'élevait encore à 8 milliards d'euros l'an dernier, en dépit d'une conjoncture économique plus favorable, et qui selon eux, ne devrait pas être comblé en 2009, comme l'espère le gouvernement.

La Cour relève notamment les dépenses de médicaments, qui ne sont "pas gérées avec le professionnalisme nécessaire" et font peser une charge croissante sur l'hôpital public. Les médecins libéraux, dont le taux de progression des revenus est "bien plus favorable" depuis 2000 que pour l'ensemble des salariés du public et du privé, sont eux aussi montrés du doigt.

Les chirurgiens pratiquent ainsi des dépassements d'honoraires dans 80% des cas pour des montants parfois "trois à quatre fois supérieurs" au tarif remboursable, ce qui "met en cause le principe de l'égalité d'accès aux soins".

De même, la Cour recommande l'instauration "d'incitations négatives à l'installation" des praticiens dans les zones géographiques déjà bien dotées, comme les grandes villes ou le Sud de la France.

L'Etat est lui aussi mis en cause pour les dettes, supérieures à 10 milliards d'euros, qu'il a cumulées à l'égard de la "Sécu" en ne compensant pas systématiquement les exonérations de charges.

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