budgetLe vote du budget primitif est l'acte par lequel se mesure ce qu'une municipalité veut faire. A Aix, depuis cinq ans, aucune ambition n'a été possible car le maire et son équipe ont rendu le budget anémique, puis l'ont momifié. Cela a consisté à faire de la gestion comptable mais sans projet répondant aux besoins réels des Aixois.

En décembre, par le débat sur les orientations budgétaires, nous avions déjà eu un avant-goût de la catastrophe. Au conseil municipal de ce lundi, elle est confirmée. Le volume général du budget recule par rapport aux années précédentes. Sur 247M€, la part du fonctionnement s'élève à près de 70%, avec une masse salariale qui repart à la hausse, contre 30% aux investissements. On ne peut pas parler de dynamisme.

Quand la mairie parle d'un maintien à un niveau élevé des dépenses d'équipements, c'est une tromperie. Déjà l'an dernier, nous vous avions dit que ce n'était pas assez par manque de volonté politique. D'ailleurs, pour afficher un pseudo maintien du niveau, la ville fait un recours à l'emprunt plus fort encore cette année (22M€). Même s'il est vrai que la dette a diminué et qu'il est possible d'utiliser un tirage sur l'emprunt, cela ne suffit pas à propulser quelque projet que ce soit.

Pour preuve, les apports extérieurs pour le développement ne sont que de 923 522€. Ils étaient encore de plusieurs millions jusqu'à mi-mandat actuel grâce aux projets que nous avions laissés. Dans les documents présentés, on trouve un outil qui sert à mesurer le rapport du niveau des dépenses d'équipement en fonction de la population. C'est écrit noir sur blanc, le taux aixois encore en baisse cette année est toujours inférieur à celui de la moyenne nationale !

En outre, l'argument selon lequel d'autres investissements sont pris en charge par la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix (à peine 20,6M€ qui s'ajoutent aux 36M€ de la ville) ne peut tenir lieu de grande politique. D'autant que le budget de la CPA commence lui-même à bien souffrir par la surcharge qui lui est imposée par défausse.

Pour Aix, l'aménagement urbain ne voit aucune perspective de concrétisation. En l'absence de Plan local d'urbanisme, comment ne pas constater, par exemple, que le logement social est en stagnation. La ville ne va consacrer que 300 000€ aux réserves foncières. Que faire avec une somme aussi dérisoire ?

A quoi doivent s'attendre les Aixois en 2007 ?

L'adjoint aux finances, sans doute pris par un éclair de réalisme, a laissé transparaître une sorte d'aveu : "on ne pourra pas indéfiniment éviter la pression fiscale". Autrement dit, un jour ou l'autre, il faudra bien relever les impôts, les artifices, c'est fini. Malgré cette prise de conscience, il nous a encore asséné que les impôts directs n'augmenteront pas cette année. Belle blague. On se rattrape ailleurs. La taxe des ordures ménagères a grimpé de 66,67%. L'eau et l'assainissement vont grimper de 3%. Les taxes et tarifs divers qui touchent le quotidien de chacun sont aussi en hausse. Les services rendus à la population seront amoindris par les coupes faites dans différents secteurs.

En revanche, pour la communication, on met le paquet. Cette année encore, les dépenses vont croître de 12,15% avec un total de 2,5M€ ! On ne lésine pas non plus pour ce qui est devenu une vraie manie avec cette municipalité : payer des tas d'actions en justice dont beaucoup sont perdues. Combien coûtent-elles ? L'an dernier, elles ont dépassé les 200 000€ !

Pour la sixième fois, lors de ses vœux, le maire va encore se vanter. Elle va encore mettre en avant les mêmes arguments pour tenter de justifier le passif. Que personne ne se laisse aveugler. Le maire est une spécialiste pour jeter de la poudre aux yeux à grandes brassées.