bu_e_2PSV, mais que veut donc dire ce sigle ? Non, ce n'est pas une faute de frappe pour SVP. C'est un terme technique qui signifie "Pilotage sans visibilité." Il s'applique parfaitement à ce qui va suivre.

Le Comité d'intérêt des quartiers tenait ce samedi 25 novembre son assemblée générale annuelle. En présence du maire et d'élus, dont j'étais au titre de l'opposition. Pour les Luynois, l'avenir baigne dans le brouillard.

Reprenons les faits. En septembre, la mairie vient présenter publiquement trois projets. L'un concerne le futur collège qui se situera à côté du lycée international et la création de 300 logements à proximité immédiate. Le second porte sur l'édification d'une résidence seniors vers l'espace Jullien. Le dernier a trait à une opération d'urbanisation à Malouesse.

Dans un premier temps, on peu se dire : enfin, ça bouge à Luynes !Pour la résidence seniors, opération privée, avec 20 à 30 logements, rien à dire.

Pour les deux autres, hic ! Les Luynois ne l'entendent pas de cette oreille. Et ils le font savoir au maire. 300 logements, avec tous les problèmes de circulation, de stationnement et de sécurité que cela génère, c'est surdimensionné et plutôt surréaliste. Pire, le projet n'a aucun caractère villageois. Ce n'est, à leurs yeux, qu'un "parachutage" d'immeubles sans âme qu'on pourrait mettre n'importe où ! Qu'à cela ne tienne, le maire fait marche arrière et réclame un autre projet. Y a-t-il eu concertation préalable pour que la mairie annonce de telles horreurs avec le risque de se faire "retoquer" de la sorte ? Voilà une bonne question.

Surtout suivre le sens du vent

Aujourd'hui, soit deux mois après, sur le même sujet, devant une salle comble, la discussion est repartie de plus belle. Refus des Luynois du nouveau nombre de logements revu à la baisse à 250. Une maquette en carton, censée représenter ce projet, aussitôt qualifiée de "mon kit", est brandie comme à l'offrande. Mais, ils sont têtus ces habitants. Ils n'en veulent pas plus de 200. Faisons donc comme ça. Et renvoyons encore une fois la discussion. Repoussons même l'enquête publique de quelques mois, on n'est plus à cela près ! Le maire n'a jamais peur de se dédire.

Pour le collège, on apprend que le projet a été annoncé par le Conseil général en 2002. Mais que la ville a tardé à prendre ses propres décisions. Résultat : ce n'est qu'en 2005 que la procédure a pu aboutir. Alors, le collège qui aurait pu ouvrir en 2006 n'y parviendra au mieux qu'en 2010 pour cause de procédures juridiques et administratives nécessaires à tout projet. Hâtons-nous lentement, la ville savait qu'il fallait faire un collège mais elle ne s'en est pas donnée les moyens.

Pour Malouesse, les riverains se demandent bien pourquoi on autorise une urbanisation pour certains terrains et par pour d'autres. L'opération de style pavillonnaire se situe à l'emplacement de l'ancienne boîte de nuit "Rétro 25". Pourquoi est-on passé d'une annonce de 7ha à 40ha ? Le maire semble larguée dans les chiffres. Elle ne cesse depuis le début d'interroger les services qui lui pondent des notes, preuve irréfutable qu'elle maîtrise bien ses dossiers…

Les Luynois suggèrent d'y transférer une partie des logements initialement prévus près du collège.

Pourquoi pas ? Il faut voir. Là encore, on verra. Mais qu'est-ce que c'est que cette politique à géométrie variable qui n'obéit qu'au sens du vent. Pourquoi ne pas avoir associé en amont les responsables du C.I.Q qui ont fait aujourd'hui une belle démonstration courtoise mais ferme de leurs compétences ? On ne le saura pas.

Humour : l'avenir, c'est peut-être pour… demain

Pendant que le maire se lançait dans une longue tirade hors sujet, mais ressemblant furieusement à des propos de campagne électorale – une tentative de noyer le poisson, donc –, des images défilaient toujours sur l'écran placé derrière elle. Comme par ironie, la vidéo projection branchée face au public rappelait les exigences des Luynois : "Il ne faut pas faire une urbanisation d'opportunité", "L'outil nécessaire est le Plan Local d'Urbanisme…" On ne pouvait pas mieux dire.

Dans son rapport d'activités, le C.I.Q. note que "depuis 2001, la municipalité promet qu'une étude sur le centre du village sera menée. En fait, rien n'est lancé et nous attendons toujours qu'un urbaniste soit désigné pour écouter les Luynois. Cette étude est le préalable à l'établissement du P.L.U. et la municipalité devrait comprendre qu'elle a tout intérêt à lancer cette réflexion le plus rapidement possible." Aujourd'hui encore, comme lors du conseil municipal, le maire n'a cessé de répéter que le P.L.U. ne sera pas lancé avant les élections. Ça, c'est de la volonté politique…

Autre aveu fait en public par le maire, présidente de la Communauté d'Agglomération, les objectifs – déjà peu engageants – du Plan Local de l'Habitat sur les 34 communes du Pays d'Aix ne pourront pas être tenus et connaîtront même une diminution de ses ambitions (!). Ah, le surplace, rien de tel pour enkyster les situations.

Au final, tout le monde comprend que "l'avenir est pour demain", mais pour aujourd'hui, arrêtez d'embêter le maire et laissez-lui le temps de voir comment ça marche un GPS. Moi, je n'ai pas perdu ma matinée. J'ai pu vérifier que je n'avais pas écrit de bêtises dans mon BILAN 2 de samedi.