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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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4 juin 2018

Exclusif : Le Conseil d'Etat annule la promotion du chauffeur de Joissains

Le 25 mai 2018, le Conseil d'Etat a rendu son arrêt définitif annulant la promotion éclair du chauffeur de Maryse Joissains. Une nouvelle fois, justice est faite à l'encontre des pratiques de favoritisme qui ont cours à la mairie d'Aix. Prochain épisode, le 18 juillet, cette fois avec les peines qui seront prononcées suite aux réquisitions de 18 mois de prison dont 9 avec sursis et 10 ans d'inéligibilité par le tribunal de grande instance. 

joissains alain sophie omar

Vroum vroum, fait encore la voiture de fonction ! Même s'il aura fallu cinq ans pour connaître l'épilogue qui a notamment renvoyé Maryse Joissains en correctionnelle et dont la décision du délibéré est annoncée pour le 18 juillet.
Le 25 mai, le Conseil d'Etat a tranché, lançant encore un autre gros parpaing en pleine figure à Maryse Joissains. L'arrêt rendu est un chef-d'œuvre, que dis-je, une pépite qui honore le droit (ci-dessous le texte intégral de l'arrêt).
La promotion du chauffeur de madame la maire est définitivement annulé. Les magistrats rejettent tous les arguments, et il y en a des fantaisistes, ainsi que toutes les requêtes de la Ville d'Aix qui tentaient de justifier un tel acte empreint pourtant d'abus manifeste de pouvoir et de favoritisme exercé en dépit des lois.
Ce sont d'ailleurs ces mêmes lois sur la Fonction publique territoriale datant de 1984 qui m'avaient permis de faire annuler le contrat illégal de l'ex-directeur de cabinet, Alain Joissains.
Alors, pourquoi avoir récidivé ? A croire que Maryse Joissains, ex-avocate et mettant toujours en avant ses compétences de juriste, ne sait jamais tirer les leçons des procès perdus. La voilà une fois de plus contrainte de respecter la loi et de se soumettre aux règles.
Ah, c'était bien la peine de faire appel sur appel pour retarder le verdict et de gaspiller l'argent des Aixois en frais inutiles tant l'issue désormais connue était prévisible. Si ces mauvais jeux me rendent triste pour l'image même de notre ville, je ne le suis absolument pas pour les sanctions prononcées que je trouve méritées. Morale : on ne peut toujours traficoter impunément.

"La scandaleuse promotion du chauffeur de Maryse Joissains !" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2013/04/16/26936233.html

 

conseil d'état image

L'arrêt intégral du Conseil d'Etat daté du 25 mai 2018
(en gras, les passages essentiels)

Conseil d'État 
N° 408614    
ECLI:FR:CECHS:2018:408614.20180525 
Inédit au recueil Lebon 
8ème chambre jugeant seule
Mme Emmanuelle Petitdemange, rapporteur
M. Romain Victor, rapporteur public
HAAS ; SCP THOUVENIN, COUDRAY, GREVY, avocats
Lecture du vendredi 25 mai 2018

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Vu la procédure suivante :

M. Alain Capus a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 29 mai 2013, par lequel la maire d'Aix-en-Provence a nommé M. Omar Achouri en qualité d'attaché territorial stagiaire ainsi que la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par la maire d'Aix-en-Provence sur sa demande du 17 juin 2013 tendant au retrait de cette nomination et à une nouvelle saisine de la commission administrative paritaire après détermination des critères permettant d'évaluer la valeur professionnelle des agents mis à la disposition des organisations syndicales. Par un jugement n° 1306484 du 22 décembre 2014, le tribunal administratif de Marseille a annulé ces deux décisions.

Par un arrêt n° 15MA00980 du 27 décembre 2016, la cour administrative d'appel de Marseille a rejeté l'appel formé par la commune d'Aix-en-Provence contre ce jugement.

Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 3 mars 2017, 6 juin 2017 et 26 avril 2018 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la commune d'Aix-en-Provence demande au Conseil d'Etat : 
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ;
3°) de mettre à la charge de M. Capus.la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. 

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-1099 du 30 décembre 1987 ;
- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Emmanuelle Petitdemange, maître des requêtes, 
- les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public.

La parole ayant été donnée, avant et après les conclusions, à Me Haas, avocat de la commune d'Aix-en-Provence et à la SCP Thouvenin, Coudray, Grevy, avocat de M. Capus.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que M. Achouri a été inscrit sur la liste d'aptitude établie après avis de la commission administrative paritaire de la commune d'Aix-en-Provence du 11 avril 2013 puis nommé attaché territorial stagiaire par arrêté de la maire du 29 mai 2013. M. Capus, éducateur territorial des activités physiques et sportives figurant sur la liste des candidats susceptibles d'être promus attaché territorial soumise à cette commission, a demandé à la maire d'Aix-en-Provence de retirer l'arrêté de nomination de M. Achouri et de saisir à nouveau la commission administrative paritaire. M. Capus a saisi le tribunal administratif de Marseille de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur sa demande.

Par jugement du 22 décembre 2014, celui-ci a annulé l'arrêté du 29 mai 2013. La commune d'Aix-en-Provence se pourvoit en cassation contre l'arrêt du 26 décembre 2016 par lequel la cour administrative de Marseille a rejeté l'appel qu'elle avait formé contre ce jugement.

2. Pour demander l'annulation du jugement qu'elle attaquait, la commune d'Aix-en-Provence soutenait notamment que le tribunal administratif avait à tort écarté la fin de non-recevoir qu'elle avait soulevée devant lui, tirée du défaut d'intérêt donnant qualité pour agir à M. Capus. La cour ne s'est pas prononcée sur ce moyen, qui n'était pas inopérant. Par suite, son arrêt doit être annulé.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de régler l'affaire au fond en application des dispositions de l'article L. 821-2 du code de justice administrative. 

Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt pour agir de M. Capus :

4. Les fonctionnaires appartenant à une administration publique ont qualité pour déférer à la juridiction administrative les nominations illégales faites dans cette administration, lorsque celles-ci sont de nature à leur porter préjudice en retardant irrégulièrement leur avancement ou en leur donnant pour cet avancement des concurrents qui ne satisfont pas aux conditions exigées par les lois ou règlements. M. Capus, éducateur territorial des activités physiques et sportives qui figurait, fût-ce en 75ème position, sur la liste des 168 agents susceptibles d'être promus dans le cadre d'emplois des attachés territoriaux soumise à la commission administrative paritaire, avait vocation à être nommé dans ce cadre d'emploi. Il justifiait ainsi, contrairement à ce que soutient la commune, d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation de la nomination de M. Achouri. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Aix-en-Provence doit être écartée.

Sur le fond :

5. Aux termes de l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : "En vue de favoriser la promotion interne, les statuts particuliers fixent une proportion de postes susceptibles d'être proposés au personnel appartenant déjà à l'administration ou à une organisation internationale intergouvernementale, non seulement par voie de concours, selon les modalités définies au 2° de l'article 36, mais aussi par la nomination de fonctionnaires ou de fonctionnaires internationaux, suivant l'une des modalités ci-après : / (...) 2° Inscription sur une liste d'aptitude établie après avis de la commission administrative paritaire compétente, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents".

Aux termes de l'article 3 du décret du 30 décembre 1987 portant statut particulier du cadre d'emplois des attachés territoriaux : "Le recrutement en qualité d'attaché intervient après inscription sur les listes d'aptitude établies : / (...) 2° En application des dispositions du 2° de l'article 39 de [la] loi [du 26 janvier 1984]".

Aux termes de l'article 5 du même décret : "Peuvent être inscrits sur la liste d'aptitude prévue au 2° de l'article 3 ci-dessus : / 1° Les fonctionnaires territoriaux qui justifient de plus de cinq années de services effectifs accomplis en qualité de fonctionnaire territorial de catégorie B en position d'activité ou de détachement ; / 2° Les fonctionnaires territoriaux de catégorie B qui ont exercé les fonctions de directeur général des services des communes de 2 000 à 5 000 habitants pendant au moins deux ans (...)".

Aux termes de l'article 1er de ce décret : "Les attachés territoriaux constituent un cadre d'emplois administratif de catégorie A au sens de l'article 5 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée. / Ce cadre d'emplois comprend les grades d'attaché, d'attaché principal, de directeur territorial.".

Aux termes de l'article 2 du même décret : "Les membres du cadre d'emplois exercent leurs fonctions sous l'autorité des directeurs généraux des services des départements et des régions, des secrétaires généraux ou secrétaires des communes ou des directeurs d'établissements publics et, le cas échéant, des directeurs généraux adjoints des départements et des régions, des secrétaires généraux adjoints des communes, des directeurs adjoints des établissements publics ou des administrateurs territoriaux en poste dans la collectivité ou l'établissement. / Ils participent à la conception, à l'élaboration et à la mise en oeuvre des politiques décidées dans les domaines administratif, financier, économique, sanitaire, social, culturel, de l'animation et de l'urbanisme. Ils peuvent ainsi se voir confier des missions, des études ou des fonctions comportant des responsabilités particulières, notamment en matière de gestion des ressources humaines, de gestion des achats et des marchés publics, de gestion financière et de contrôle de gestion, de gestion immobilière et foncière et de conseil juridique. Ils peuvent également être chargés des actions de communication interne et externe et de celles liées au développement, à l'aménagement et à l'animation économique, sociale et culturelle de la collectivité. Ils exercent des fonctions d'encadrement et assurent la direction de bureau ou de service".

6. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'une liste de 168 agents de la commune d'Aix-en-Provence remplissant les conditions pour être promus attaché territorial a été soumise à la commission administrative paritaire qui s'est réunie le 11 avril 2013 et que, lors des débats, la maire a précisé que M. Achouri, qui figurait en 50ème position du classement opéré par cette liste sur la base de la valeur professionnelle et l'ancienneté des agents, méritait une promotion "au regard des heures de travail fourni et de ce qu'il a subi lors de la précédente municipalité, même s'il ne figure pas en début de liste".

D'autre part, il ressort de la fiche de poste de M. Achouri que ce dernier était chargé de missions, relevant habituellement de la catégorie C, consistant à conduire les élus sur différents sites, à entretenir et nettoyer son véhicule, à organiser les déplacements du maire, à assurer la logistique liée à ces déplacements et à renseigner les administrés durant ses déplacements, alors que les fonctions des deux agents dont l'inscription sur la liste d'aptitude a été débattue au cours de la réunion de la commission du 11 avril 2013 consistaient respectivement en la direction d'un service comprenant 50 agents et en la gestion des relations institutionnelles et financières avec les crèches, gérant notamment un budget annuel de 6 millions d'euros ainsi qu'une délégation de service public concernant environ 400 personnes.

Il résulte de ce qui précède qu'en inscrivant M. Achouri sur la liste d'aptitude établie à la suite de la commission administrative paritaire puis en procédant à sa nomination dans le cadre d'emploi des attachés territoriaux, alors même que ce dernier contribuerait ainsi qu'il est soutenu, dans l'exercice de ses missions, à la bonne coordination entre les services de la commune, la maire de la commune d'Aix-en-Provence a commis une erreur manifeste d'appréciation de la valeur et de l'expérience professionnelle de l'intéressé au regard des dispositions de l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984. Il résulte de ce qui précède que la commune d'Aix-en-Provence n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a prononcé l'annulation de l'arrêté attaqué. 

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Aix-en-Provence la somme de 3 000 euros à verser à M. Capus au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de M. Capus qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D E C I D E :
--------------
Article 1er : L'arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille du 27 décembre 2016 est annulé.
Article 2 : La requête présentée par la commune d'Aix-en-Provence devant la cour administrative d'appel de Marseille est rejetée.
Article 3 : Les conclusions de la commune d'Aix-en-Provence présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La commune d'Aix-en-Provence versera à M. Capus la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à la commune d'Aix-en-Provence et à M. Alain Capus.
Copie en sera adressée à M. Omar Achouri. 

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3 février 2007

Travailler le dimanche : dernière démarque ?

plan_de_campagneVa-t-on encore longtemps tricher avec la loi, faire des coups tordus et crier au chantage à la perte d'emplois ? Ce qui se passe à Plan de Campagne, entre Aix-en-Provence et Marseille, est l'exemple même du scandale sans fin.

Avec un terrain de 200 hectares, 400 enseignes, 6000 salariés et des dizaines de milliers de clients chaque jour, c'est la plus grande zone commerciale de France. Elle a vu le jour il y a 43 ans.

Or, depuis 10 ans, la bataille juridique fait rage à propos de son ouverture le dimanche. De protocole entourloupe en protocole bâtard, la situation illégale a prospéré en piétinant cyniquement du droit du travail. Le dernier en date devait prendre fin le 24 janvier avec l'accord du ministre du commerce. Il a encore été prolongé d'un mois par le préfet pour soi-disant trouver une solution définitive.

Depuis, le jeu de dupes continue, rien n'avance, la situation est bloquée, les commerçants crient au scandale pendant que les syndicats défendent les salariés.

Cette semaine, énième coup de théâtre, les organisations patronales refusent tout débat. Le préfet prend une nouvelle décision tout à fait illégale en octroyant un autre délai de six mois, en quelque sorte comme un plan de campagne présidentielle.

C'en est trop. Des commerces n'ont aucune autorisation, d'autres aucune dérogation. Les syndicats saisissent le tribunal administratif pour assigner les fraudeurs et dénoncer toutes les irrégularités. Les patrons pleurent sur leur chiffre d'affaires, mettent en avant les risques de licenciements et menacent d'ouvrir quand même le dimanche. Belle mentalité du coup de force !

Comment se fait-il que, dans le reste de la France, à quelques exceptions comparables près, les zones commerciales sont fermées le dimanche et ne crient pas au loup ? Ne feraient-elles pas leurs profits les autres jours ouvrables et nous cacheraient-elles qu'elles sont dans une misère noire ? Non, décidément, les arguments pour l'ouverture ne tiennent pas.

D'ailleurs, on voit bien où cela peut mener. Il s'agit d'enraciner cette situation de fait pour obtenir la casse du code du travail et généraliser la précarité. Il s'agit aussi d'appliquer le "travailler plus pour gagner plus", slogan qui résonne comme un aveu que le travail est donc mal payé.

Est-il normal que les patrons instrumentalisent et fassent pression sur des salariés et déstructurent leurs vies pour leurs propres objectifs ?

Est-il normal que de plus en plus d’hommes et de femmes travaillent le dimanche, jour où ils peuvent vivre ensemble, se détendre, se cultiver et non pas venir dans les magasins pour regarder ce qu'ils ne peuvent pas acheter si ce n'est à crédit jusqu'au surendettement.

Est-il normal que des jeunes sans aides soient obligés de travailler en emplois précaires pour payer leurs études au lieu de se former et de vivre leur jeunesse ?

Est-il normal que les gens soient de plus en plus amenés à passer leurs week-ends dans les magasins pour consommer ? En s'organisant autrement et en reprenant des habitudes moins aliénantes, ils devraient avoir le temps de faire leurs courses comme des millions d'autres le reste de la semaine.

Il ne peut y avoir d’exception ni de privilège en dehors de ce que prévoit le code du travail. Les enjeux politiques pour les années qui viennent sont bien ceux-là.

21 octobre 2024

Jean-François Picheral, un maire d'honneur et d'action pour Aix

IN MEMORIAM. Ces 50 dernères années, deux maires (socialistes) ont été des modèles de probité publique, d'engagement total au service des citoyens et de réalisations marquantes pour notre ville : Félix Ciccolini et Jean-François Picheral. Ils sont les deux seuls à avoir quitté l'Hôtel de Ville sans aucune casserole. C'est à saluer alors que tant d'édiles salissent la politique par leurs comportements délictueux. Merci d'accepter mon humble témoigage...

L'hommage simple et dépouillé qui a été rendu jeudi par un très grand nombre d'Aixois à Jean-François Picheral est la juste reconnaissance de sa personnalité hors pair dans tous les domaines où il a exercé ses mandats de maire et de sénateur.
Que l'on veuille bien me permettre aujourd'hui mon humble témoignage après avoir été à ses côtés pendant près de vingt ans et autant de plus dans une relation d'amitié réciproque sans faille. J'ai participé à toutes ses campagnes électorales, dont les départementales. Il m'avait sollicité pour le rejoindre en 1995 et m'avait fait un de ses adjoints.
Tous mes souvenirs sont intacts. Sa manière de faire de la politique pragmatique à taille humaine, sa droiture, son sens de l'écoute, son sens de la justice sociale et du respect de tout un chacun n'indifféraient personne. Accueilli chaleureusement tous les samedis matins lors de ses visites de quartier, il ne manquait jamais de s'intéresser, infatigable et avec empathie, aux habitants, à leurs familles et à leurs proches. Toujours prêt à prendre en compte leurs souhaits et leurs propositions afin d'améliorer la vie quotidienne.
Innombrables ont été les mises en œuvre de ses projets, grands et petits, que l'on peut encore constater un peu partout dans la ville. La liste serait trop longue à énumérer ici tant il a restructuré le paysage urbain et environnemental. Depuis sa disparition, ma gorge est trop nouée pour faire le récit détaillé de l'affection que je lui portais. Je me limiterai à évoquer avec des images quelques exemples concrets personnels de ses actions de proximité auxquelles il prêtait une attention toute particulière.

Jean-François Picheral a été un "maire bâtisseur". Un grand Monsieur dont les Aixois peuvent être fiers.

Visite de quartier du samedi matin

En 1999, inauguration de ma mairie-annexe après complète rénovation

En 1998, inauguration de la première maison d'aide scolaire au Jas de Bouffan que j'avais contribué à encourager par mon implication associative

Présent pour les 100 ans d'une habitante des quartiers sud

Lors de la remise de chiens-guides d'aveugles

En 2008, Michel Pezet et Jean-François Picheral nous apportent leur soutien à Danielle Rumani-Elbez et moi pour l'élection cantonale d'Aix-centre

Le 16 décembre 1994, lors de la visite de François Mitterrand, ici avec Félix Ciccolini et Jean-François Picheral

Obsèques de Jean-François Picheral le 17 octobre 2024

22 juin 2012

Alexandre Medvedowsky, les Guérini et... l'Arbois

arbois site

Pour retracer les différents épisodes touchant au technopôle de l'Arbois, Mediapart a réuni dans un article bien documenté tous les éléments de la saga dans laquelle sont cités les noms des frères Guérini et bien d'autres troubles personnages.
Il n'est donc peut-être pas inutile de rappeler l'ensemble de ces faits au lendemain de la garde à vue d'Alexandre Medvedowsky qui en est ressorti sous le statut judiciaire de témoin d'assisté.
Le président Alexandre Medvedowsky affirme cependant "n'avoir rien à voir là-dedans", assure n'avoir été interrogé que sur
"une affaire microscopique" et n'avoir jamais été au courant de la présence à l'Arbois, lors d'une réunion de chantier, de Bernard Barresi, fiché au grand banditisme.
Difficile pourtant d'imaginer qu'en deux journées de garde à vue les gendarmes n'aient pas également et longuement abordé d'autres passionnants sujets...
Bonne lecture !

L'affaire Guérini aux portes d'Aix-en-Provence

logo mediapart entier

20 juin 2012 par Louise Fessard

Dans les Bouches-du-Rhône, l'enquête du juge Duchaine sur des malversations dans les marchés publics du conseil général, présidé par Jean-Noël Guérini (PS), et de ses multiples organismes satellitaires, s'oriente depuis début 2012 du côté d'Aix-en-Provence. Après les déchets, les attributions de logements HLM, et les maisons de retraite, c'est le Technopôle de l'Arbois, un établissement public administratif lié au département et chargé d'aménager le plateau de l'Arbois, un massif naturel proche d'Aix-en-Provence, qui est dans le viseur.
Son président, le conseiller général PS Alexandre Medvedowsky, et son directeur, Olivier Sana, ancien secrétaire d'une section PS aixoise, étaient depuis mardi matin en garde à vue à Marseille, où ils sont interrogés par la douane judiciaire. Mercredi soir, Alexandre Medvedowsky a été présenté à un juge, tandis qu'Olivier Sana était remis en liberté.
Eternel candidat PS à Aix-en-Provence, Alexandre Medvedowsky, énarque, est à Paris patron d'ESL France, un grand cabinet de conseil spécialisé dans l'intelligence économique et le lobbying situé sur les Champs-Elysées.
Début mai 2012, Jean-Louis Jaubert, l'ex-directeur du Technopôle, avait été mis en examen pour "atteinte à la liberté d'accès et à l'égalité des candidats dans les marchés publics". Cet ingénieur venu du privé, qui avait rencontré Alexandre Guérini, le frère du président du conseil général, lors d'une mission d'ingénierie sur l'une des décharges qu'il gère dans les Bouches-du-Rhône, avait reconnu lors de sa garde à vue qu'"à l’évidence Alexandre Guérini a tenu un rôle dans (sa) nomination" en 2006.
Les enquêteurs soupçonnent Jean-Louis Jaubert de favoritisme dans l'attribution de marchés de BTP à l'Arbois, notamment celui du bâtiment Lavoisier, obtenu en 2007 par la société ABT, une entreprise réputée proche du grand banditisme et dont l'un des cogérants, aujourd'hui mis en examen dans un autre volet de l'affaire, était associé dans l'une des sociétés d'Alexandre Guérini.
Ils soupçonnent également Monsieur Frère d'avoir en juin 2009 œuvré pour l'investiture d'Alexandre Medvedowsky par le PS local, lors de l'élection municipale partielle à Aix-en-Provence, en échange du maintien à l'Arbois de son protégé, Jean-Louis Jaubert, pourtant considéré, selon une écoute, comme "incompétent" et "malhonnête" par Medvedowsky lui-même.
Le syndicat mixte de l'Arbois a été créé en 1991 à l'initiative du conseil général des Bouches-du-Rhône (qui en détient toujours 57% des parts, le reste étant réparti entre la Communauté du pays d'Aix, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et la chambre de commerce et d'industrie de Marseille) afin d'aménager ce territoire de 4.500 hectares, "au cœur d'un des plus grands espaces naturels de Provence", et d'y attirer entreprises et labos de recherches travaillant sur l'environnement. A deux pas de la gare TGV d'Aix-en-Provence, dans une région où le foncier se fait rare, l'endroit est stratégique et "suscitait des convoitises", comme l'a reconnu Jean-Louis Jaubert lors de sa garde à vue, selon La Provence.
En octobre 2007, la société ABT obtient trois lots dans l'extension du bâtiment Lavoisier, destiné à abriter une filiale d'Areva, pour un montant de 1,6 million d'euros. ABT était gérée par deux proches d'Alexandre Guérini (Damien Amoretti et Patrick Boudemaghe, aujourd'hui tous deux mis en examen dans un autre volet de l'affaire) et domiciliée à Gardanne (Bouches-du-Rhône), sur l'un des lieux de planque de Bernard Barresi, fiché au grand banditisme et acquitté en mars 2012 à Colmar pour un ancien braquage.
Leur dossier, qui remporte la meilleure note sur les trois critères retenus (prix, technique et environnemental), semble béton, même si les travaux se dérouleront ensuite très mal. Questionné par Mediapart en juin 2011, Olivier Sana avait alors indiqué que le maître d'œuvre avait dû "intervenir à plusieurs reprises pour rappeler la société ABT à ses obligations"
Extrait du rapport d'analyse d'offres de mai 2007 classant ABT en tête.
"ABT pouvait avoir de bons dossiers techniques, ils avaient embauché un ingénieur spécialiste pour rédiger les dossiers, explique un architecte marseillais rencontré le 9 juin 2012, qui a travaillé avec l'entreprise sur d'autres chantiers. C'était une vraie entreprise avec des salariés, pas une simple boîte à lettres. Mais, quand il y avait ABT (parmi les candidats à un appel d’offres - ndlr), on savait qu’ils étaient placés."
Selon deux témoins de l'époque contactés par Mediapart, Bernard Barresi lui-même, alors en cavale depuis vingt ans, aurait assisté, sous le nom d'emprunt de Monsieur Gilles, à des réunions de chantier dans les locaux du syndicat mixte de l'Arbois. "Je l'ai vu une fois, il accompagnait les représentants de l'entreprise ABT, dit l'un des architectes qui a travaillé sur le bâtiment Lavoisier. A l'époque, personne n'imaginait que c'était Monsieur Barresi, il était dans un anonymat total." Un autre acteur explique même que "Bernard Barresi passait des heures dans le bureau de Jean-Louis Jaubert" (le directeur de l'Arbois - ndlr)" et que "c'était lui qui donnait le tempo".
Selon La Provence, le parquet de Marseille aurait récemment délivré un réquisitoire supplétif au juge Charles Duchaine, visant une possible association de malfaiteurs entre Alexandre Guérini et Bernard Barresi. "Le but ayant été pour les acteurs ciblés de repérer des terrains (sur le plateau de l'Artois et à La Ciotat - ndlr), afin d'y réaliser des plus-values et ainsi d'asseoir leur puissance, pour obtenir ensuite de nouveaux marchés", avance le quotidien régional.
 

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"Tu vas pas braquer le président et la famille Guérini"
Plusieurs écoutes téléphoniques, datant du printemps 2009, et les témoignages d'anciens responsables de l'Arbois, montrent que Jean-Noël Guérini et son frère Alexandre ont tout fait pour installer puis maintenir leur homme, Jean-Louis Jaubert, à la direction de l'Arbois. 
"Quand j'étais président de l'Arbois de 2003 à 2006, Jean-Noël Guérini m'avait demandé de me séparer de mon directeur de l'époque, Claude Reynoird, dont je n'avais pourtant qu'à me louer, se souvient le conseiller général PS André Guinde. Je ne comprenais pas pourquoi à l'époque." Claude Reynoird sera écarté en 2006 au profit de Jean-Louis Jaubert, "un choix délibéré du président du conseil général", a expliqué, à Bakchich, l'ancien directeur débarqué.
Au printemps 2009, Alexandre Medvedowsky, le président de l'Arbois, veut se débarrasser de Jean-Louis Jaubert qu'il juge incompétent. Le 18 mai, Alexandre Guérini, au téléphone avec Olivier Sana, alors bras droit de Medvedowsky à l'Arbois, lui rappelle que Jean-Noël Guérini et lui souhaitent le maintien à la direction générale de l'ingénieur pendant un an, "pour régler ses problèmes de retraite""Jean-Noël m'a dit on le laisse et dans un an on met Olivier", martèle Alexandre Guérini. Simple militant PS et homme d'affaires spécialisé dans les déchets, Monsieur Frère n'avait pourtant aucune fonction à l'Arbois. "Alexandre Medve il ne sera pas d'accord là dessus hein, lui il est prêt à faire un geste à le garder un an de plus si nécessaire, mais pas au poste de directeur général, il n'a aucune confiance en lui, il nous fait que… Enfin je vais pas te refaire tout le tableau hein", répond Olivier Sana.
Malgré cette mise en garde, Alexandre Medvedowsky se prépare à licencier Jean-Louis Jaubert. Fin mai, d'après une écoute, la lettre de convocation à l'entretien préalable est même prête. Alexandre Guérini, outré, en informe le 28 mai 2009 le directeur de cabinet de son frère, Rémy Barges (qui a depuis démissionné).
Au téléphone, les deux hommes s'indignent de cette rébellion du président de l'Arbois. "Je l'ai eu au téléphone cette semaine, Alexandre Medve, je lui ai dit (…) que la volonté du président (du conseil général - ndlr) c'est de maintenir en poste Jean-Louis Jaubert, explique Rémy Bargès à Monsieur Frère. Il m'a dit “Il est incompétent, il est nul, il ne sait pas manager, il est malhonnête”. J'ai dit écoute ça reste à démontrer hein ? (…) Là on est désavoués, là Alexandre, on est désavoués, et j'ai eu Medve au téléphone et j'avais eu Sana dix jours avant pour bien lui dire (…) que je lui ai donné ma ligne et clairement il en tient pas compte, et il sait très bien que Jean-Noël est pas d'accord."
"Ne nous énervons pas"
, tempère Alexandre Guérini. "Je ne m'énerve pas", réplique Rémy Barges. "Ça veut dire qu'il ne nous respecte pas", conclut Alexandre, après réflexion. "Ça veut dire qu'il ne nous respecte pas absolument", répète Rémy Barges. Les deux se donnent un moment de réflexion pour se calmer.
Dix minutes plus tard, Rémi Barges rappelle Alexandre Guérini. Son frère Jean-Noël, de retour d'Aix-en-Provence, vient d'apprendre la nouvelle. "Je viens de lui en parler, il m'a dit “Mais il est fou”, il m'a dit “il est fou, on a pris un engagement de la parole, il passe en force”, il me dit “vous appelez Medve, vous lui dites 'Très bien, très bien, tu licencies Jaubert, tu fais ce que tu veux, on t'avait donné des consignes, tu ne les suis pas mais moi je lance un audit, je me retire de l'Arbois, je lance un audit sur l'Arbois voilà'”."
Au mot d'audit, Alexandre Guérini pressent le faux pas : "Non mais tu dis pas ça, tu dis pas tu lances un audit (…) Tu dis “Bon écoute, tu as raison, tu veux virer mon directeur. Ben, ok de toutes façons le tien n'y sera pas, je te le dis, et si tu le vires, le Conseil général se retire définitivement” (…)".
Le ton se fait menaçant : "Tu lui dis comme ça “Tu sais, tu connais si tu t'obstines, si tu t'entêtes, tu sais que la famille Guérini ils sont encore plus entêtés que toi !” Rémy Bargès obtempère : "Oui, oui, je lui dirai “Alexandre tu peux pas faire ça, (…) on va pas se braquer les uns les autres, tu vas pas braquer le président et la famille Guérini”."

arbois

Proglio : "Message transmis"
L'annulation, le 8 juin 2009, par le Conseil d'Etat de l'élection municipale de 2008 à Aix en raison de propos de Maryse Joissains durant la campagne "mettant clairement en cause la vie privée" du candidat Modem François-Xavier de Peretti, semble leur offrir une voie de sortie, pour dénouer la crise. Les enquêteurs soupçonnent un accord entre Alexandre Guérini et Alexandre Medvedowsky : le maintien de Jean-Louis Jaubert à la tête de l'Arbois pendant un an contre l'investiture du PS pour la municipale partielle de juillet 2009.
Entendu comme simple témoin en mars 2012, Alexandre Medvedowsky a, selon La Provence, jugé "absurde" ce lien. "Si cela se passe sur une même période, je n’y suis pour rien et cela ne veut pas dire qu’il y a un rapport entre les deux", a-t-il déclaré aux douaniers. C'était pourtant un autre socialiste aixois, le conseiller général André Guinde, qui était jusqu'au dernier moment favori pour porter la candidature PS à Aix. Et plusieurs textos de juin 2009, révélés par le mensuel Le Ravi, montrent que Monsieur Frère a apporté un soutien actif à la candidature de dernière minute d'Alexandre Medvedowsky. "Il paraît que Guinde fait chier... j'ai eu de Peretti on avance", écrit le président de l'Arbois à Alexandre Guérini le 11 juin 2009, un jour avant la date fatidique de l'assemblée générale des militants aixois. Ce dernier le rassure : "Laisse-moi faire." "C'est pour ça que je t'envoyais texto !! Merci de ton aide", se réjouit Alexandre Medvedowsky.
En effet, il a gagné la partie. Le 12 juin, "le soir de la réunion des militants aux Milles, qui devait entériner ma désignation, j'ai vu arriver Eugène Caselli, qui était alors secrétaire fédéral des Bouches-du-Rhône, pour dire que ce serait Medvedowsky qui conduirait la liste", se souvient André Guinde. "Après ça, je n'ai pas été plus loin, j'ai encaissé le coup, et je suis rentré dans le rang, explique le vice-président du Conseil général. J'ai compris quand j'ai vu les écoutes. Alexandre Medvedowsky avait des appuis que je n'avais pas. Nous ne boxions pas dans la même catégorie."
Jusqu'à quel niveau ? Car quelques heures avant l'assemblée des militants aixois, Alexandre Guérini reçoit un mystérieux texto d'Henri Proglio, alors PDG de Veolia : "Cher Alexandre. Message transmis. Je vous embrasse. Henri." Monsieur Frère répond aussitôt : "Je sais. Merci beaucoup." 
S'agit-il d'une pure coïncidence ? Henri Proglio, qui entretient des relations d'amitié et d'affaires avec Alexandre Guérini, a-t-il joué un rôle dans l'investiture d'un candidat socialiste aux municipales d'Aix ? De quelle façon ? Ou s'agissait-il d'un coup de main dans un autre dossier intéressant Alexandre Guérini ? Henri Proglio n'a pu être joint ce mercredi pour éclaircir ce point.
Interrogé par Mediapart, Eugène Caselli, aujourd'hui président de la Communauté urbaine de Marseille, dit "ne rien savoir du tout" d'une possible intervention de l'ex-patron de Veolia. "André Guinde était resté pendant un moment l'unique candidat pour Aix-en-Provence, relate-t-il. Quand Medvedowsky s'est finalement déclaré, Jean-Noël Guérini m'a dit qu'il le soutiendrait. Dans ces cas-là, c'est toujours l'homme fort du parti qui décide. J'ai donc averti André Guinde que si Guérini ne le soutenait pas, le conseil fédéral ne l'investirait pas."
Après son investiture, Alexandre Medvedowsky est en tout cas pleinement rentré en grâce auprès d'Alexandre Guérini qui lui propose dans un texto du 22 juin de "se voir et me dire ce dont tu as besoin pour ta campagne. Bises". Rendez-vous est pris le lendemain dans un café aixois. Jean-Louis Jaubert, aujourd'hui retraité, restera, lui, en poste à la direction du technopôle de l'Arbois jusqu'en septembre 2010.

23 septembre 2011

Jean-Marc Nabitz balance sur les frères Guérini !

 guerini nabitz

Encore les frères Guérini ! Cette fois-ci, c'est Jean-Marc Nabitz qui balance tout au juge et mouille les deux frères. On se doutait un peu des liens étroits tissés entre les trois hommes. Mais là, il y a maintenant des déclarations (des aveux) sur ces arrangements entre amis. Et ce n'est pas joli joli. Et même pas vraiment bon pour les deux frères.
Nabitz n'y va pas par quatre chemins et se lâche. Exemple, pour le marché public de la décharge de la Vautubière, "j'ai préparé l'offre pour Alexandre", a-t-il admis. Selon lui, "rien de tout cela n'a pu échapper à Jean-Noël". D'une pierre deux coups. "La parole de l'un valait celle de l'autre." C'est le Canard enchaîné de ce mercredi qui rapporte ces propos en citant le personnage.

(Clic sur l'image pour agrandir)
guerini canard 21

logo mediapart entier
Mediapart
parlait déjà de Jean-Marc Nabitz en mai...

"Plus compromettant encore, en juillet 2009, Jean-Marc Nabitz a obtenu, par son entreprise de conseil 3N Concept, un marché de l'Agglomération d'Aubagne pour assurer la maîtrise d'ouvrage d'un nouveau projet d'extension et de création d'un centre de tri sur la décharge du Mentaure. Une décharge exploitée par une société d'Alexandre Guérini et dont le Conseil général avait préempté une partie du terrain dans des conditions ahurissantes révélées par La Provence. Le 24 novembre 2004, la commission permanente du conseil général lançait la préemption d'un terrain adjacent à la décharge au nom de "la préservation de la qualité des sites, des paysages et des milieux naturels" et, dans la foulée, accordait une subvention de 2,5 millions d'euros pour "la création d'un centre de stockage des déchets ultimes à La Ciotat" sur ce même terrain."

Le texte intégral est ici : 
http://castronovo.canalblog.com/archives/2011/05/06/21066469.html

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Un bel article de Xavier Monnier sur Bakchich 
http://www.bakchich.info/Le-PS-se-reveille-a-Marseille,13041.html

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1 décembre 2009

La justice met le nez dans les poubelles de Guérini

Bakchich Hebdo, Le Canard enchaîné, Libération, La Provence...  désormais, toute la presse en parle ouvertement. Le conflit qui a pourri les rues de Marseille a fourni une visibilité plus grande à ce qui est en passe de devenir une affaire judiciaire.

            

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Article publié le 30 novembre 2009 sur le site de Bakchich.info

            

Début octobre, un juge a été saisi pour enquêter sur les marchés publics des ordures à Marseille. Depuis les révélations de Bakchich, l’enquête s’accélère et les perquisitions se succèdent.

La semaine passée, des perquisitions avaient eu lieu dans l’entreprise et au domicile dAlexandre Guérini, propriétaire de deux des plus importantes décharges de la région et frère du président du Conseil général, Jean-Noël Guérini. Lundi 30 novembre au matin, selon les informations du Point.fr, ce sont les locaux dudit Conseil, le "Vaisseau Bleu", qui ont été perquisitionnés à leur tour, ainsi que ceux de la Communauté urbaine.

Hier aussi, la section de recherche de la gendarmerie a pu fêter la première audition du dossier. Michel Karabadjakian, directeur général adjoint à la propreté de la Communauté urbaine de Marseille (CUM) a passé deux longues heures soumis au feu roulant des pandores. Au moins le garçon aura-t-il une belle histoire à raconter à son pote Alexandre Guérini (cf.Alex et ses bons copains, en fin d'article), qui demande, lui, à être entendu par le juge. Le traitement de faveur infligé à M. K fait suite aux perquisitions réalisées le même jour dans les locaux du conseil général des Bouches-du-Rhône et de la CUM.

La procédure judiciaire ouverte en avril et qui vise Alexandre Guérini retient notamment les qualifications pénales de "corruption", de "blanchiment d’argent" et de "prise illégale d’intérêt", en plus d’éventuelles "atteintes à l’égalité des candidats dans les marchés", "trafics d’influence" et "détournements de fonds publics". 

             

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Article publié le 18 novembre 2008 dans le journal Bakchich Hebdo

(Journaliste : Xavier Monnier)

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(Clic sur l'image pour agrandir) Le superbe dessin de PieR

            

X La chute de la maison Guérini X

               

Trafic d’influence, voire corruption. Ordures. Par tombereaux. Depuis que les sardines tentent avec entêtement de boucher le Vieux-Port, les conversations se troublent à peine plus qu’une mauresque quand ces vilains mots s’enchaînent. De l’acquis. Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, et son frère Alexandre, patron de la SMA La Vautubière, proprio de deux des plus importantes décharges de la région, répartiraient les marchés des ordures. Sans jamais les prendre en charge directement. L’histoire des patrons socialistes des Bouches-du-Rhône se susurre. Et la justice, jusque-là, se tenait à l’écart des bennes à ordures.

Un vent mauvais…

Mais un vent inhabituel s’est maintenant levé sur la ville. Une information judiciaire pour trafic d’influence, détournement de fonds publics, marchés truqués voire corruption sur plusieurs dossiers liés au marché des ordures. En ligne de mire les deux G. Début octobre, avant même la crise des ordures, Charles Duchaîne, un magistrat de la Juridiction interrégionale spécialisé (Jirs) enquête. Ça tombe bien, un brin retors, volontiers provocateur, "Duduch" aime résister aux pressions. Wait and sea, comme on dit ici.

L’affaire de l’appel d’offres sur le marché des poubelles annulé par la Communauté Urbaine a charrié ce vent mauvais vers le Palais de justice quelques dossiers. "Nous avons bien quelque chose sur le gestion des ordures à Marseille, liée aux frères Guérini, souriait un magistrat du parquet. Nous avons reçu des courriers, bien sûr anonymes. Peu, mais assez précis et circonstanciés. Il a fallu lancer une enquête préliminaire, mettre en place des écoutes". Des courriers, datés et précis, que Bakchich a pu consulter. Toujours la même fable, celle des frères Guérini régnant sans partage, sur l’ordure. Sauf que désormais un juge est saisi.

S’il laisse souvent sa très belle Mercedes à la cave, et se la joue discrète, des amis d’Alex sont cités en ville, éclaboussés, ils ont subitement des noms d’embruns (cf. Alex et ses bons copains, en fin d'article).

Dans l'imaginaire marseillais, le nom de Guérini n’est pas rien. Deux autres frères ont régné ici, sur le Milieu. Antoine et Mémé, de la Libération au crépuscule des années Defferre, fin 70. "Mais dans notre village, en Corse, il y a cinquante familles Guérini", s’énerve Alex, qui a reçu Bakchich Hebdo, "on ne va pas s’excuser de notre nom. Tout cela ce n’est qu’une construction politique pour salir mon frère, et empêcher un petit entrepreneur d’exister face aux géants du marché". Difficile de plaider le pot de terre contre le pot Defferre.

"Nono et Alex ont leur caractère, plutôt direct", confie un élu PS

Une vieille huile marseillaise, croisée aux abords de l’abbaye Saint-Victor, sourit. Le spectacle avec vue sur le Vieux-Port, enchante : "On sent que ça bouge. Les élus et responsables, sous la coupe de Nono, commencent à se demander ce qui se passe. Et n’attendent qu’un signe pour le lâcher. Le système vacille".

Mais voilà qu’un élu rose passe. Pas de présentation. "Si je dis que je suis avec Bakchich, en deux minutes on téléphone à Guérini et je me fais avoiner… Les gens sont peu de choses. Pour une voiture de fonction, ils sont prêts à avaler des boas. Et puis Nono et Alex ont leur caractère. Plutôt direct et sont capables de virer du jour au lendemain. Ça crée un climat".

Énorme employeur (8.000 postes), gorgé de subventions, le Conseil général a le budget qui va avec, 1,87 milliard d’euros. Un magot suffisant pour ne se faire que des amis.

Et l’Elysée scrute plus que Solférino cette météo. Le Château a un tropisme marseillais. Christian Frémont, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, qui s’est naguère échiné comme préfet de région ici. Ancien préfet de police de Marseille, Bernard Squarcini, a quitté le Vieux-Port pour diriger la DCRI. Et légué la surveillance de la ville à un proche, le préfet Claymans. Eux savent qu’il vaut mieux regarder quand la bouillabaisse bout.

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Alex Guérini a plein de bons copains

Alex n’a pas caché à Bakchich qu’Antoine Rouzaud, le monsieur poubelles de la CUM "est un ami". Mais qui n’est pas ami dans cette communauté universelle ?

Jean-Pierre Roncin, un expert venu de la mairie (alors FN) de Marignane, pour s’occuper des "transports et de l’aménagement des espaces" est aussi un camarade. En devenant directeur, cet artiste a révélé à Karim Zéribi, un élu de Marseille : "Moi, le transport, j’y connais pas grand-chose…". Pas grave, il apprendra.

Toujours à la CUM, Michel Karabadjakian, (auditionné hier lundi) qui dirige "la propreté l’écologie et le maritime" est sur la liste des potes. Et au Conseil général, Gérard Lafond, le directeur général de "la construction, l’environnement, l’éducation, et du patrimoine" pourrait figurer dans le Facebook d’Alex. Ce technicien de grande qualité possède, parait-il, le grand art de convaincre.

"Bien sûr que je les connais. Comme tout le monde. Comme toutes les sociétés les connaissent. Mais moi quand je les appelle ce n’est pas pour le business, c’est pour que ma ville soit propre et qu’ils se bougent le cul." Entre militants, c’est interdit ?

11 avril 2007

Sarkozy : "Mon Etat idéal où tout devient possible"

ensemble

Nicolas Sarkozy : moi Président de la République, moi Premier ministre, moi ministre d'Etat et des tics, moi ministre copain avec Bush des affaires étrangères et mondiales vous vous rendez compte, moi ministre de la milice, de la chasse aux sans-papiers et aux immigrés, mais qu'est-ce qu'ils viennent faire chez nous, oui mais moi ce n'est pas pareil, de la délinquance qui a baissé en hausse, des prisons pour embryons, de la science infuse, de l'injustice permanente au kärcher, de la guerre civile, ce n'est pas grave, c'est moi le chef des armées, des affaires immobilières, du culot monstre et vous avez intérêt à obéir bandes de racailles sinon j'applique l'article 16 ou j'appuie sur le bouton et boum !

Tom Cruise : conseiller spécial du président pour parfaire sa science en scientologie.

Christine Boutin : ministre de l'ordre moral moyenâgeux, des religions qui me plaisent, de la bible à la main ça me fait du bien, je dors même avec, si vous voulez tout savoir, de l'anti-Pacs, de l'éducation privée, il n'y a pas de mal à confesser tous les petits Français, comme ça ils ne deviendront pas homos.

Gilles de Robien : sous-ministre du bonnet d'âne que les enseignants m'ont offert pour que je puisse au moins doubler ma classe sans me faire remarquer surtout quand je mange à la cantine du président. 

Johnny Hallyday : ministre, garde des sots et des lunettes, de l'identité nationale mais je veux foutre le camp d'ici car j'en ai marre de payer trop d'impôts, Laëticia elle n'a pas appris à compter et Jade il faut qu'elle mange.

Michel Sardou : secrétaire de je suis pour la peine de mort, les beaufs me comprennent.

Bernard Tapie : ministre des prisons au chaud et de celle de la Santé aux frais des contribuables.

François Baroin : ministre des culottes courtes, du cirage de bottes et de la langue de bois qui a déjà fait de moi un vieux meuble.

Michèle Alliot-Marie : ministre de la défense de rire et du balai mais pas dans le placard.

Nadine Morano : ministre des affaires qui me sont étrangères à part les mauvaises manières et la vulgarité.

Alain Juppé, Patrick Balkany, Alain Carignon : co-sous-ministres de la solidarité des casseroles qui se voient encore.

Bernadette : dame patronnesse sans portefeuille, ministre de l'économie et de la charité bien ordonnée par la grâce des pièces jaunes et des chaînes de télé.

Laurence Parisot : ministre du chômage, de la casse du code du travail, de l'esclavage, de à mort les 35h qui me font perdre du pognon, de dehors les fonctionnaires, des heures supplémentaires pour la belle gueule des patrons et des services moins publics, je n'en ai rien à foutre, moi, vous le comprenez ça ? 

Jean-François Copé : ministre de la bonne lèche humide et des colleurs de timbres (fiscaux).

Didier Barbelivien : ministre de l'inculture qui a si bien réussi à crétiniser l'électorat du président.

Steevy Boulay, Michel Leeb, Richard Virenque, Henri Leconte : un vrai quatuor de sous-secrétaires de la recherche de cerveaux disponibles.

Gérard Depardieu : ministre des éthylomètres certifiés et testés par moi mais ça ne m'empêche pas de trinquer quand je veux et à la mienne !

Xavier Bertrand : ministre des assurances privées d'abord, imbéciles.

Bruno Gynéco : sous-secrétaire des produits presque pharmaceutiques qui font rire clandestinement mais le président ne s'en est pas aperçu.

Simone Veil : ministre de l'oubli de l'Histoire vécue mais j'ai un dentier contre Bayrou.

Eric Besson : sous-secrétaire de la trahison, je n'en ai rien à cirer de vos critiques jalouses.

André Santini : ministre des grosses têtes et des balcons qui tombent.

André Glucksmann, Alain Minc : co-sous-ministres inénarrables de la pensée ringarde et caméléon qui n'en ont rien à foutre des chômeurs qui ne peuvent plus penser à rien, eux.

Le patron de TF1 : ministre des médias, du dressage des journalistes qui n'ont même pas la reconnaissance du ventre alors que je les ai gavés comme ce n'est pas possible, ces ingrats.

Cécilia Martin : attachée de communication people de Paris-Match and co, si je ne suis pas repartie avec un autre d'ici là.

Christian Clavier : ministre du bronzage perpétuel okay du président.

Roselyne Bachelot : ministre des plantes vertes, des fuschias, des OGM et du bionucléaire, ce n'est pas dangereux puisque Sarko aussi le dit.

David Douillet : ministre des tatamis, quoi tu n'as pas encore ta ceinture noire, parasite ?

Jean-Louis Borloo : ministre des sans-abri à 100.000€, du bonneteau je vous ai bien eus et des shampoings que je devrais faire plus souvent, c'est vrai.

Christian Estrosi : sous-secrétaire des transports aux cerveaux qui se mettent à fondre quand les motos dérapent.

Jean-Marie Le Pen : secrétaire spécial de préfecture à la jeunesse plus vraiment fraîche.

Bruno Gollnisch : secrétaire de l'Histoire revisitée et repeinte en brun et vert-de-gris.

Philippe de Villiers : sous-secrétaire des fêtes de villages entre blancs, il ne faut pas pousser quand même.

Maryse Joissains : sous-secrétaire de la correction de la langue française et des procès perdus sur le compte des Aixois.

Bruno Genzana : sous-secrétaire des colleurs d'affiches inutiles qui ne me font pas décoller dans les sondages, je crois que c'est la faute à Castronovo.

Stéphane Salord : sous-secrétaire des petits porteurs de pots de colle qui portent aussi la poisse.

Jean-Pierre Bouvet : sous-secrétaire du suivisme sans faille en politique, mais j'ai toujours fait ça.

Non encore désigné : ministre de l'Europe car il faut bien une tête de Turc.

Déclaration du Président aux recalés :

"Les voyous non retenus cette fois-ci seront nommés députés ou sénateurs d'office. Votre tour viendra si le peuple des gueux ne me renverse pas avant. Ai-je oublié de caser quelqu'un ?"

Et grâce à mes amis du Groland, le vidéoclip d'un vieux secrétaire

qui chante ses âneries de plus en plus mal, si c'est pas un monde ça !

http://www.dailymotion.com/video/x1oeoh_sardou-soutient-sarkozy

Et la réaction de Christiane Taubira

aux propos absurdes de Sarkozy sur les déterminismes génétiques :

http://hebdo.parti-socialiste.fr/2007/04/10/680

1 mars 2007

Procès perdu : Joissains doit rembourser les frais

J'ai demandé au maire, lors du conseil municipal de février, si elle comptait rembourser les frais occasionnés par son procès perdu contre Le Nouvel Observateur. Sa réponse n'en a pas été une. Elle a prétexté que je faisais des attaques personnelles, une façon de botter en touche. Je persiste à dire qu'elle a entraîné son équipe à l'autoriser à lancer une action en justice pour obtenir "réparation" d'une atteinte en son nom propre aux frais des Aixois. Nous l'avions mise en garde contre cette dérive. Le tribunal lui a récemment renvoyé le bâton. Voici le principal article du "Spécial Aix" de 12 pages publié en décembre 2005 par le magazine, qui n'a donc pas été condamné.

nouvelobs

Maryse Joissains est-elle à la hauteur ?

L’ascension de son mari, maire de la ville, avait été brisée net par une affaire d’abus de bien social. Vingt ans plus tard, elle – dans la lumière – et lui – dans l'ombre – sont revenus au pouvoir. Mais, entre l’inévitable rancœur qui a mûri deux décennies durant, la fusion-confusion familiale et la difficile gestion d’une ville dont la population a triplé en cinquante ans, Maryse Joissains-Masini a du mal à naviguer droit.

Le mari a pris l’habitude d’entrer sans frapper. Que madame soit seule assise derrière son bureau ou en compagnie d’un des plus gros notables de la ville, peu importe, le voilà qui surgit dans l’embrasure de la porte et se campe à côté de la photo géante du président Chirac. Après, c’est presque comme un rituel, elle le sermonne, histoire de ... : "Je t’ai déjà dit de ne pas entrer ainsi dans mon bureau quand je suis en rendez-vous". Lui prend l’air las du boss dont le petit personnel aurait des velléités d’insoumission. Il repart au bout de cinq minutes de chamailleries. Et cela dure comme ça depuis trois ans et demi.

A Aix-en-Provence, 25e ville de France, la mairie, c’est d’abord une histoire de famille. Avec, donc, Maryse Joissains-Masini, 62 ans, député-maire UMP, très brune dans sa jeunesse, très blonde aujourd’hui, croix scintillante qui jure avec le décolleté, Alain, le mari, 62 ans lui aussi, qui occupe le bureau juste à côté en tant que directeur de cabinet, indice de salaire 1272, le plus élevé de tout l’Hôtel de ville, Sophie, la fille, 35 ans, installée, elle, à quelques pâtés de maison de là, comme chef de cabinet à la Communauté d’agglomération du Pays d’Aix, dont maman est présidente. Et, le chien, Cendrillon, bâtard beigeâtre, trouvé errant un soir de Noël à Paris, et qui, désormais, garde le bureau du premier magistrat de la ville. "C’est sûr, il n’est pas très standing, mais vous savez, ce n’était pas dans mon plan de carrière de devenir maire". Un plan de carrière ? Bien mieux que ça.

En mars 2001, personne n’aurait misé un copeck sur la victoire de la dame. Il y avait trois listes de droite en compétition et tous les sondages étaient formels : c’est le maire sortant, Jean-François Picheral, sénateur socialiste et médecin radiologue de son état, qui allait remporter les élections. Mais voilà, au 2e tour, les trois listes de droite ont fusionné, le candidat du Front National s’est désisté et Maryse Joissains a raflé 50,61% des voix à la surprise générale. Certes, le tout a donné une "équipe hétéroclite, faite de bric et de broc, et plutôt de broc" (dixit André Guinde, conseiller général PS) et l’unité a fait long feu (l’UDF François-Xavier de Peretti, une des trois têtes de liste, intronisé troisième adjoint, s’est assez vite vu retirer sa délégation). Mais le lendemain, lorsqu’elle réunit, pour la première fois son conseil municipal, dans la salle des Etats de Provence, au premier étage de l’Hôtel de ville, Maryse Joissains, juste avant d’envoyer l’air de la Marseillaise, peut résumer ainsi sa victoire : "Cette place, je l’ai payée par le sang".

Beaucoup d’Aixois (20 000 nouveaux arrivants en vingt ans) ne savent même pas alors de quoi elle parle. Mais parmi les 55 élus, tout le monde a bien évidemment en tête ce qu’on appelle, ici, l’affaire Joissains. Le couple l’a racontée à sa façon, en 1995, dans un livre écrit à quatre mains et baptisé "Sang et or" : "Depuis l’élection de François Mitterrand (...), nous n’étions plus dans un Etat de droit (...). Tout était possible, y compris la condamnation d’innocents pour justifier des stratégies".

Cela se passait au début des années 80. A l’époque, ce n’était pas Maryse qui était maire d’Aix-en-Provence, mais Alain. Il avait tout juste 40 ans. Fils d’un résistant du réseau Alliance, mousse dans sa jeunesse, engagé volontaire en Algérie à 17 ans, docker sur le port de Toulon pour payer sa capacité en droit, avocat inscrit au barreau d’Aix, jeune loup du Parti radical, un temps même attaché au cabinet de Jean-Jacques Servan-Schreiber, éphémère ministre de la Réforme sous Giscard...

L’ascension du maire d’Aix est brisée net un jour de janvier 1983, par un article du "Canard Enchaîné" où il est écrit noir sur blanc qu’il a fait construire une villa à son beau-père, Roger Charton, grâce aux fonds destinés au CES Saint-Eutrope, sur les hauteurs de Saint-Antonin-sur-Bayon, à quelques centaines de mètres de la propriété de Gaston Defferre. Alain Joissains sera finalement condamné en appel à deux ans d’emprisonnement avec sursis et 150 000 francs d’amende pour complicité de recel d’abus de biens sociaux. Le père de Maryse se tirera une balle dans la tête. Adieu le pouvoir et la gloire, adieu la mairie, adieu aussi le barreau d’Aix-en-Provence, jamais réintégré par Joissains...

"La famille a vécu pendant vingt ans en rongeant son frein et avec une soif de revanche formidable, indique un opposant. Ils ont cru un moment pouvoir encore tirer les ficelles en faisant élire, à la mairie, au printemps 1983, un homme "à eux" : Jean-Pierre de Peretti della Rocca, un type un peu fada qui disait voir la Vierge et faisait entonner le "Coupo Santo", l’hymne provençal, en Conseil municipal. Mais "Judas", comme le couple l’a rebaptisé dans son livre, les a vite reniés et a même retiré à Maryse sa délégation de première adjointe. Ils ont été bafoués, meurtris, humiliés... "Alors, vous imaginez bien que lorsqu’ils sont revenus, par le plus grand des hasards, aux commandes de la ville, rien ne pouvait se passer de manière totalement sereine et professionnelle".

Maryse Joissains, elle-même, le reconnaît : "Oui, c’est une revanche d’être assise là aujourd’hui". Elle vous reçoit à la bonne franquette, dans son bureau au premier étage de l’Hôtel de Ville, qu’elle a fait repeindre de couleurs vives et où elle a installé le drapeau provençal, en plus du français et de l’européen. Elle vient se poser sur une petite chaise tout près de vous, en laissant vide son fauteuil de maire de l’autre côté du bureau ("c’est plus convivial"), le buste penché en avant, les mains posées sur les genoux, le gros mot toujours au bout de la langue... Maryse Joissains n’a pas été élevée cours Mirabeau, mais cours Lafayette, à Toulon.

Fille unique de militants communistes et sans le sous – son père a même été garde du corps occasionnel de Maurice Thorez –, c’est grâce à une bourse qu’elle a pu décrocher une capacité en droit et devenir plus tard avocate des parties civiles dans le procès du sang contaminé, mais elle a "gardé (son) franc-parler", comme elle dit. "En tant que femme politique, elle est complètement iconoclaste, reconnaît un journaliste de "La Provence". C’est un personnage à la Pagnol, une Madame sans gêne qui aurait pu être cantinière sous Napoléon, qui souhaite la bonne année à Jean-Louis Debré quand elle intervient à l’Assemblée, balance du "t’es couillon" au ministre de la Justice, Dominique Perben, et dit "je prends le taureau à bras le corps"... ".

Il y a eu aussi la fois, en décembre 2003, où elle a déclaré à "La Provence" : "Tout ça, ce sont des manœuvres de petits morpions qui me mordent les fesses". Les morpions en question : les quinze élus de l’opposition de gauche, mais aussi de droite, dont l’UDF François-Xavier de Peretti, qui venaient de réclamer une mission d’information sur le personnel municipal, après plusieurs vagues d’embauches jugées non nécessaires (150-200 personnes seraient concernées) et à des frais de personnel atteignant désormais le chiffre record de 56% du budget de fonctionnement. Le maire était rentrée ce jour là dans une colère noire et avait dit niet à la mission.

Parce que les coups de sang de Maryse Joissains-Masini font désormais partie de l’ordinaire du conseil municipal. Hurlements, insultes, micros coupés... "On baigne dans le chaos le plus total, soupire Cyril Di Meo, conseiller municipal et communautaire vert. Elle confond opposant et ennemi, elle ne supporte pas la contradiction et part tout de suite au quart de tour. Dès que l’un d’entre eux émet une critique ou pose une question qui la dérange, elle le traite d’incompétent et d’irresponsable. Et c’est la même chose avec le personnel de la mairie : on est avec elle ou contre elle".

Sans oublier, en coulisses, Alain Joissains – au côté duquel, sur le plan de la suspicion, Maryse serait une enfant de cœur – qui fait monter la moutarde. C’est lui qui se charge, dit-on, de constituer des dossiers sur les agents municipaux et d’intimider ceux qui ne marchent pas au pas. Lors d’une réunion de préparation pour la mise en place des conseils de quartier, qui a été plus que laborieuse, le suspicieux mari aurait même dit à un élu : "Tu ne veux pas qu’en plus du fusil, je te donne les cartouches ?".

Bref, depuis le retour du couple, l’ambiance est plutôt tendue dans les couloirs. La liste de ceux qui ont été poussés vers la sortie s’allonge de jour en jour : le directeur des ressources humaines, la directrice de l’Association des crèches de la ville, le directeur adjoint de l’Aupa (l’Agence d’urbanisme du Pays d’Aix), le directeur de la culture, plusieurs responsables du Centre communal d’action sociale... Et on a compté pas moins de cinq directeurs généraux successifs en trois ans à la tête de l’OPAC Pays d’Aix Habitat. C’est d’ailleurs ce que fustige un rapport de la Mission interministérielle d’inspection du logement social (MILOS) de décembre 2003, qui pointe aussi, entre autres dysfonctionnements, les "anomalies et irrégularités" dans les dossiers d’attribution de logements (absence d’avis d’imposition, situation familiale non précisée... ) et les "multiples interventions" de la mairie dans l’octroi d’appartements comme dans la gestion du personnel "qui portent une atteinte grave aux modalités de fonctionnement". Avec, en annexes, une poignée de lettres signées du maire et qui réclament ni plus ni moins que l’embauche de Mr X pour le poste de contrôleur de gestion ou celle de Mme Y pour s’occuper des réclamation des locataires.

"La gestion de la ville a été confisquée par un clan familial, résume François-Xavier de Peretti. Maryse Joissains a fait beaucoup de promesses pendant sa campagne électorale qu’elle n’a finalement pas tenues, comme la gratuité des transports collectifs. La plupart des grands projets en cours, le Centre Chorégraphique National, la nouvelle salle de spectacle, la rénovation du Musée Granet, les constructions immobilières de Sextius-Mirabeau et de la Duranne datent de l’ancienne équipe municipale. Tandis que les problèmes qui obèrent gravement l’avenir de la ville, dont la population a triplé en un demi-siècle, comme celui du logement ou des transports ne sont pas pris à bras-le-corps. Tout cela témoigne quand même de beaucoup d’amateurisme". Quand il ne s’agit pas carrément de libertés avec la législation. C’est ainsi que le sous-préfet a demandé à l’équipe municipale de présenter à nouveau, au printemps dernier, le compte administratif 2003 qui, lors du précédent vote, ne contenait ni les bilans de l’Opac, ni ceux du Centre Hospitalier des trois dernières années. Il a aussi réclamé que la mairie revoie sa copie sur la question du régime indemnitaire des agents titulaires et stagiaires, adopté en juillet, et dont certains points (notamment les primes hors critères légaux) étaient en contradiction avec le statut de la fonction publique territoriale.

"Le problème, résume un journaliste local, c’est que Maryse Joissains est coincée de partout, comme on dit ici. Elle n’est pas reconnue par le monde politique, elle n’est pas acceptée par la bourgeoisie aixoise, elle ne dispose pas d’une majorité solide au sein de son conseil municipal et ne gouverne qu’avec une poignée de fidèles, son mari, Jean Chorro, Gérard Bramoullé, Henri Doglione, elle est de plus en plus en plus isolée à la Communauté d’agglomération où les petites communes lui reprochent de pomper les finances au profit de sa ville et doit en plus se coltiner un conseil général et un conseil régional de gauche. Du coup, on peut vraiment se demander si elle ne va pas exploser en vol."

Côté opposition, on commence effectivement à croiser les doigts au fur et à mesure que se rapprochent les municipales de 2007. Le socialiste Michel Pezet, ancien dauphin de Gaston Defferre, a même commencé à tester ici et là sa candidature. Il faut dire qu’aux dernières cantonales, en mars, la droite s’est pris une sévère raclée. Le socialiste André Guinde, conseiller général sortant (du canton Aix-en-Provence Sud-Ouest), a battu à plates coutures Stéphane Salord, deuxième adjoint et candidat officiel de la mairie. Idem pour Alexandre Medvedowsky, ancien adjoint de Jean-François Picheral, le précédent maire, qui se représentait, lui, dans le canton de Peyrolles, situé sur la Communauté d’agglomération. De mémoire d’Aixois, c’était la première fois depuis 1978 que la gauche remportait des élections dans le coin sans triangulaire.

Comment Maryse Joissains-Masini a-t-elle réagi ? Elle s’était déjà fait remarquer, dans le passé, par ses "perles" ultra-droitières : elle avait ainsi porté plainte contre X au moment du conflit des intermittents et de l’annulation du Festival international d’art lyrique, rédigé une loi qui mettait les demandeurs d’emplois et les RMIstes à disposition des communes pour des travaux d’intérêt général et co-signé une autre pour le rétablissement de la peine de mort dans les cas d’actes de terrorisme. Ce qui avait fait se dresser les cheveux de plus d’un Aixois... Mieux encore, cette fois, au lendemain des cantonales, elle aura ce mot dans la Provence : "Je constate que la droite est majoritaire si l’on englobe les voies du Front National". On dit, ici, que c’est son mari qui lui sert de professeur en politique...

Nathalie Funès

9 novembre 2018

Ravi de novembre : Une enquête stupéfiante sur les addictions de chacun

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Au fond, il y a du vrai dans le constat. On ne voit peut-être pas les choses comme ça mais tout le monde se drogue d'une manière ou d'une autre sans forcément penser à mal.
Le Ravi de novembre a eu l'idée de dresser une liste prévertienne de nos addictions quotidiennes. Chacun sa dope, plus ou moins euphorisante ou nocive selon le point de vue tout à fait personnel des pratiquants : chocolat, sucre, tabac, alcool, somnifères, cannabis, cocaïne, voiture, portable, ordinateur, jeux vidéo, soif de pouvoir...
Cette enquête fait le tour de la question et nous amène à nous en poser. Renversant !
A lire également les articles sur les surprises de la taxe d'habitation, les gâteries financières et électoralistes de Martine Vassal aux communes sur le modèle Guérini, un drôle de marché public de l'éclairage à Cabriès, le compte-rendu cocasse d'une séance du conseil départemental des Alpes maritimes avec la guerre burlesque Ciotti-Estrosi, et l
es querelles entre végans et spécistes qui se développent dans notre région. 
Et, cadeau de la rédaction, un portrait acidulé de Charles Aznavour parti rejoindre le paradis fiscal auprès d'autres évadés. Bon, ce n'est pas gentil gentil pour quelqu'un comme moi qui l'a toujours plus qu'apprécié et même rencontré mais il faut bien parfois rappeler quelques dures vérités. 
Vous n'en avez jamais douté, mais je l'avoue, le Ravi est une de mes coupables addictions. 

Pour soutenir, faire un don et s'abonner :
http://www.leravi.org/spip.php?page=kousskouss

Le sommaire de novembre :

http://www.leravi.org/spip.php?article3093 
Le Ravi sur Facebook :
https://www.facebook.com/le-Ravi-129098087994/timeline/
Le site du Ravi :
http://www.leravi.org/

5 novembre 2018

Conseil municipal : Invitation à la réunion de préparation mardi 6 novembre

Mardi 6 novembre de 18h00 à 19h30, notre groupe Démocratie pour Aix a le plaisir de vous inviter à venir préparer le conseil municipal avec nous. Nous répondrons à vos questions...

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Restant fidèle à nos engagements, notre groupe Démocratie pour Aix s'emploie depuis 4 ans à organiser une réunion publique de préparation du conseil municipal quelques jours avant.
Ce mois-ci encore, nous avons le plaisir de vous inviter à venir évoquer avec nous les questions qui vous intéressent figurant à l'ordre du jour du 9 novembre. 
C'est par là même aussi une occasion particulière qui permet de s'informer plus largement sur tout autre sujet de l'actualité et des dossiers et des projets qui touchent le quotidien des Aixois. 
La réunion du mardi 6 novembre a lieu à notre local 20 rue du Puits-Neuf de 18h00 à 19h30. L'entrée est libre.

L'ordre du jour détaillé est ==> ICI

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11 novembre 2018

Une cérémonie émouvante pour le centenaire de 1914-1918

Pour marquer le centenaire de la Victoire de la Première guerre mondiale, la cérémonie du 11-Novembre qui s'est déroulée à Aix a attiré beaucoup de monde...

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Ce dimanche 11 novembre, avec Edouard Baldo et Charlotte de Busschère, j'étais présent à la cérémonie du 100ème anniversaire de l'Armistice de la Première guerre mondiale devant le monument aux morts de la place Jeanne d'Arc pour commémorer le souvenir de tous les morts et mutilés français et étrangers qui ont fait sacrifice de leur vie pour la nôtre.

Logo Bleuet de France

Cette année, circonstance exceptionnelle aidant, il y avait beaucoup de monde, autorités civiles, militaires représentant tous les corps d'armée, élus, enfants des écoles qui ont lu le poème de Paul Eluard, "J'écris ton nom liberté", et chanté le "Chant des partisans". Des moments très émouvants qui ont été tour à tour chaleureusement salués et applaudis.
Et, comme il se doit, un groupe d'élèves du lycée militaire et les marins ont magnifiquement entonné leurs chants a cappella entre les sonneries aux morts et La Marseillaise reprise en chœur par tout le public. Aix a été à la hauteur de l'événement.

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6 avril 2018

En bref : Quel avenir pour le stade Laurent-Reynier au Jas de Bouffan ?

La politique sportive aixoise serait-elle à deux vitesses ? On peut le penser lorsqu'on constate que des sommes importantes sont destinées à rénover des stades déjà bien équipés alors que la municipalité tarde à honorer les annonces faites à certains clubs de quartier depuis six ans…

ASNA carte stade

Au conseil municipal du 12 mars, à l'occasion du vote de près d'un million d'euros pour la rénovation des stades Carcassonne (450.000) et de Luynes (500.000), j'ai interrogé la mairie sur le sort du stade Laurent-Reynier et les conditions difficiles rencontrées par le club de football qui l'utilise sur le site de la Constance au Jas de Bouffan. On lui avait promis des améliorations techniques pour lui assurer un cadre correct d'utilisation. Les premières annonces pour un terrain synthétique avaient été faites en 2012. Et puis, plus rien.
Le club ASNA (Alliance sportive nord Aix) compte 300 adhérents et rencontre un beau succès grâce à l'engagement de tous les bénévoles qui les encadrent avec beaucoup de dévouement. Preuve en a encore été fournie le samedi 10 mars à l'occasion d'un grand tournoi féminin où j'ai pu constater que le terrain non stabilisé est mauvais état.
En décembre, il n'y avait pas d'eau dans les douches et l'éclairage était défaillant. La mairie a installé un groupe électrogène mais ce n'est pas une solution idéale. Réponse de Maryse Joissains : oui, on va aussi s'occuper de ce stade. Mais on prévoit son déménagement. Oui, mais quand ? Pas dans encore six ans quand même ? Les quartiers seraient-ils habités par des citoyens de seconde zone ?

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16 juillet 2012

Le juge Philippe Bilger "acquitte" Maryse Joissains

joissains bilger LAC(Clic sur l'image pour agrandir)

17h00 : Actualisation : 
Voir le dernier lien ajouté renvoyant à l'article choc de Christine Clerc sur "La Madame Sans Gêne d'Aix"

Vous connaissez sans doute Philippe Bilger, au moins pour l'avoir souvent vu dans bon nombre d'émissions de télévison traitant de problèmes de justice dont il est un expert apprécié. Il est actuellement magistrat honoraire mais il a longtemps été juge d’instruction et avocat général.
Pour ma part, je dois avouer que je l'ai toujours écouté avec grand intérêt, à la fois pour ses qualités d'analyse et pour ses avis souvent hors des sentiers battus. Pour tout dire, Philippe Bilger est un homme respecté pour sa carrière faite de droiture, d'engagement et d'humanisme.
Depuis 2005, il tient un blog fort instructif intitulé "Justice au singulier" par lequel, dit-il, il souhaite entretenir un dialogue avec ses concitoyens sur les problèmes de justice et de société.
Il fait également partie des "blogueurs associés" du site Marianne2 qui lui offre la possibilité d'y publier ses tribunes libres, remarquablement écrites d'ailleurs.
A titre politique, l'homme a eu l'honnêteté de reconnaître qu'il avait voté pour Nicolas Sarkozy en 2007. Très vite cependant, il a admis avoir déchanté en voyant au fil des jours son quinquennat tourner au cauchemar, en particulier dans le domaine de la justice. Bilger est devenu alors l'un des pourfendeurs les plus acérés et intraitables de la politique de l'ex-président.
A l'élection de 2012, il a donc décidé de se prononcer en faveur de François Hollande qui lui semblait être plus présentable. Et en effet, cette fois, il paraît être emballé du premier coup, si l'on juge par l'article laudateur qu'il a mis en ligne hier, au lendemain des cérémonies du 14-Juillet.
Ces rappels étant faits, j'en viens au sujet réel qui motive mon papier de ce jour.
Il y a une semaine, Philippe Bilger a commis sur son blog un article dont le titre a immédiatement attiré ma curiosité : "Maire d'Aix, ex-députée, c'est tout ?" repris trois jours après par Marianne2 sous cet autre intitulé "Qui est Maryse Joissains ?" La lecture du texte m'a frappé, c'est peu de le dire.
Bilger semble s'y ériger en dernier défenseur de la maire d'Aix, tombant ainsi, un peu naïvement à mon avis, dans le piège grotesque des sentiments de compassion dont Joissains est devenue la spécialiste.
A le lire, elle devrait bénéficier de circonstances atténuantes car, à partir de ce qu'on lui en a dit, il estime que le parcours de vie de Joissains n'eut rien de facile. Il ne cite pas Cosette mais on y pense. Or, le mélange des genres est à proscrire. L'individu privé est une chose et le personnage public en est une autre.
Depuis quand excuse-t-on à des élus des comportements vulgaires et outranciers et surtout la mise en cause des simples règles républicaines ? Selon moi, dans ce cas précis, Bilger, homme pourtant sensible et fin, s'est malheureusement laissé submerger par des considérations personnelles et subjectives qui n'ont rien à voir avec l'exemplarité absolue que commande la vie publique.
J'ai donc posté coup sur coup à l'adresse de Bilger un même commentaire sur les deux sites. A l'évidence, je n'ai pas été le seul à m'étonner de la teneur de la démonstration, d'autres internautes ne se sont pas non plus laissé berner. J'invite chacun à prendre quelques secondes pour découvrir l'article en question et aussi l'ensemble des commentaires postés sur chacun des deux sites...

logo bilger

Le 9 juillet sur le blog personnel de Philippe Bilger :
"Maire d'Aix, ex-députée, c'est tout ? 
http://www.philippebilger.com/blog/2012/07/maire-daix-ex-d%C3%A9put%C3%A9e-cest-tout-.html

logo marianne2

Le 11 juillet sur le site Marianne2 :
"Qui est Maryse Joissains ?"
http://www.marianne2.fr/Qui-est-Maryse-Joissains_a220617.html?com#comments

Le 15 juillet, Philippe Bilger à propos de François Hollande :
"Une présidence de rupture normale"
http://www.philippebilger.com/blog/2012/07/une-pr%C3%A9sidence-de-rupture-normale.html

Actualisation :
L'article époustouflant de Christine Clerc !
"La Madame Sans Gêne d'Aix"

A propos de son idée de s'intéresser d'un peu plus près à Maryse Joissains, Philippe Bilger précise d'entrée dans son article : "Je n'aurais pas eu l'idée de consacrer un billet à ce personnage certes haut en couleur et en propos si elle n'avait pas fait l'objet d'un portrait remarquable par Christine Clerc dans Marianne".
Après quelques recherches, j'ai enfin retrouvé l'article de Christine Clerc publié le 7 juillet dans Marianne. Un vrai choc ! A lire in extenso !
 

http://www.wmaker.net/christine-clerc/La-Madame-Sans-Gene-d-Aix-en-Provence_a586.html

Et pour finir, un dessin rien que pour le plaisir

sarko qui est-ce

12 septembre 2012

Le Ravi aussi fait sa rentrée de septembre

une ravi 99

Continuons aujourd’hui avec le thème de la rentrée mais cette fois dans une tonalité à la fois plus grave et plus humoristique. Le Ravi de septembre nous plonge dans une enquête fouillée sur la désindustrialisation dans notre région. A la clé de ce dossier, l’emploi et les fortes inquiétudes sur l’avenir de milliers de salariés qui assurent (assuraient ?) la survie économique du bassin méditerranéen. De quoi réfléchir !
Heureusement, le mensuel sait nous adoucir la lecture par l’entremise de beaux dessins et d'illustrations qui font son charme.
Beaucoup de sujets au sommaire : le fichage des élèves, ce qui se passe à la Poste, où va l’argent public de la culture, des nouvelles des frasques de quelques "grosses têtes" politiques (ah, l'impayable Estrosi !), la sauterie des amis politologues de Sciences Po à Aix, un drôle de portrait du crampon José Anigo de l’OM...
Et puis, bien sûr, des tas de brèves de tous les coins et recoins de nos villes et villages. Et de l'humour plein les pages à faire bien vendre cette livraison qui annonce aussi une nouvelle formule pour le n° 100 d'octobre. 

Le sommaire du n° 99 de septembre :
http://www.leravi.org/spip.php?article1336
Le site du Ravi :
http://www.leravi.org/
 

15 janvier 2010

Vœux politiques : Quand le fiel se cache dans le miel

La période des vœux à caractère politique m'a toujours fait sourire. Et cette année encore, mêmes souhaits recyclables et recyclés, mêmes discours de satisfaction, mêmes poignées de poudre de perlimpinpin et mêmes mirages dispensés aux électeurs. On me dira que, après tout, hein, ça ne mange pas de galette quand il s'agit de prodiguer plein de sentiments sucrés à grandes brassées de chocolats accompagnés de formules machinales. Oui, d'accord, c'est toujours mieux que balancer des vérités qui font mal. Et qui seraient vite jugées inconvenantes.

Le pacifique cliché "la trêve des confiseurs" a précisément été convenu comme une bienséance éphémère destinée à couvrir les vilenies du reste de l'année. Voilà comment, le temps d'une quinzaine, le fiel se cache dans le miel.

Je ne parle pas ici du président, qui est hors catégorie depuis belle lurette tant il n'y aura bientôt plus que lui pour s'ingénier à croire ses propres contes féeriques. Non, je fais plutôt allusion aux cérémonies locales qui, pour être polies, n'en sont pas moins soporifiques. Mais qui, parfois, ne parviennent pas à dissimuler les bonbons acidulés nichés au fond du gros paquet de friandises.

Par exemple, je me suis bien diverti, c'est le mot, à écouter via internet les vœux à la presse de Jean-Noël Guérini. Comme on dit par relâchement de style, il y avait à boire et à manger.

Après avoir vanté ses propres mérites, avec la petite pincée de modestie qui sied bien sûr, le président du Conseil général a dégainé trois sujets qui ont évidemment réveillé son auditoire. Soutien à Michel Vauzelle pour les élections régionales, critique des médias et affirmation de sa sérénité sur les procédures judiciaires en cours. On l'aura compris, la tribune a servi à faire un bout de campagne électorale mais aussi à lancer quelques assauts qui, comme nul ne l'ignore, sont la meilleure des défenses.

Pour en savoir plus, lire le compte-rendu fait par Rémi Leroux, mis en ligne le jour même sur son blog, et les vidéos de Guérini consultables sur son blog personnel. J'ajoute deux autres liens tout aussi intéressants et deux articles du Canard.

L'article de Rémi Leroux :

http://remileroux.wordpress.com/2010/01/08/jean-noel-evoque-laffaire-guerini-et-lache-son-frere/ 

Le blog de Rémi Leroux sur les régionales :

http://remileroux.wordpress.com/ 

Le blog de Jean-Noël Guérini :

http://www.jn-guerini.fr/2010/01/09/voeux-a-la-presse-lexercice-de-proximite-et-de-verite/

Qui est le vrai patron de Marseille : 

http://www.lexpress.fr/region/qui-est-le-vrai-patron-de-marseille_835906.html

Gaudin concerné aussi par l'affaire des marchés publics :

http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/affaire-des-marches-publics-lenquete-concerne-aussi-les-annees-gaudin-a-mpm

Deux articles dans Le Canard enchaîné du 13 janvier 2009

(Clic sur chaque article pour agrandir)

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21 janvier 2010

Le magazine municipal devient "Aix sans dialogue"

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Merci à Jérôme Presti pour cette parodie de une

(cette image ne peut être utilisée sans accord de l'auteur)

Une fois de plus, le magazine municipal déroule la maquette sous les pas gracieux de Maryse Joissains elle-même. Chaque page est un hymne dédié à la bienfaisance du maire d'Aix. Et oui, que serions-nous sans notre guide ?

Le numéro de janvier ne déroge pas à nous convaincre du bonheur qui est le nôtre. D'autant que, cette fois-ci, la parole est totalement à sens unique. La pagination a diminué - elle est passée progressivement de 48 à 32 pages - mais n'a pas baissé la garde pour couronner l'œuvre d'une équipe municipale que l'univers nous envie.

Le nouvel habillage du magazine remonte à la plus récente réélection. Mais le titre originel "Aix en dialogue" n'a pas changé, même s'il a été choisi pour affirmer une méthode qui n'est pas forcément toujours... évidente à tous les Aixois.

Rien d'autre depuis ce ravalement ? Justement, si.

Le numéro de décembre a fait l'objet d'une contestation de l'opposition qui s'est fait sucrer une page sur les deux auxquelles elle a légalement droit*. Par une mise au point parue dans la page de la majorité, le maire, agissant en tant que directrice de la publication, a estimé qu'un des textes ne pouvait pas être publié. Car, selon ses propres mots, "il est la reprise d'un tract militant distribué il y a quelques semaines dans les rues de la ville" et "comporte des attaques diffamatoires". L'opposition a crié à la censure. Pour savoir si c'était vraiment le cas, que n'a-t-elle recouru à un avocat spécialisé...

Avec la livraison de janvier, autre bévue et donc probable nouvelle polémique : les deux pages dévolues à l'opposition ont carrément disparu ! Serait-ce un autre coup de ciseaux d'Anastasie ? Non. Cette fois-ci, l'opposition n'aurait pas remis sa copie dans les délais impartis. Pour quelles raisons ? J'ai bien ma propre petite idée mais je préfère laisser chacun en imaginer à sa guise. Toujours est-il que les pages ont bel et bien rejoint la trappe. Ce qui peut expliquer en partie la pagination encore plus réduite.

Pour mémoire, de 2001 à 2008, j'étais le préposé permanent à la rédaction de ces deux pages. La procédure convenue mutuellement avec la mairie était aussi claire qu'aujourd'hui. Compte tenu des contraintes de bouclage et d'impression à des dates connues à l'avance, je transmettais les textes clés en main deux semaines avant la parution du magazine. Cela a fonctionné sans exception pour 34 éditions.

Le seul accrochage vif a été le refus par Maryse Joissains d'un titre d'article estimé "malveillant" par elle. N'ayant nullement l'intention de lâcher le morceau, j'ai quand même représenté l'article pour le numéro suivant m'arrangeant pour utiliser les mots du titre en question dans une phrase du texte. Personne n'y a rien vu.

Pour clore, provisoirement s'entend, qu'il me soit permis de suggérer à mes fidèles lecteurs de ne pas s'en laisser raconter et de continuer à rendre visite à mon blog. Ici, le dialogue y est permanent et sans censure. Si on voit ce que je veux dire…

* Loi n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité

             

Le magazine municipal sur le site de la mairie :

(téléchargement un peu lent)

http://www.mairie-aixenprovence.fr/ANRU-les-bons-plans-de-Corsy-et

      

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Le retour de Plassans ?

Après avoir quelque peu joué à l'éclipse sans même imaginer notre grand chagrin, les "Chroniques de Plassans" semblent reprendre du service. Et, délectant hasard, on y parle du même sujet !

"L'éternel recours" :

http://plassans2009.hautetfort.com/archive/2010/01/20/l-eternel-recours.html

Le site :

http://plassans2009.hautetfort.com/ 

18 janvier 2010

Clinique du Montaiguet : Les recours se multiplient…

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La semaine dernière, j'ai évoqué la démarche de recours de l'Association des Amis du Montaiguet, très en pointe sur la contestation du projet d'implantation du projet de la polyclinique Rambot à Pont de l'Arc. Ce n'était en fait que la première salve.

Il n'y aurait pas que ce seul recours pour s'élever contre divers aspects du dossier voté au conseil municipal de novembre dernier. En effet, à ce jour, sept autres procédures émanant d'associations, dont des CIQ, et de particuliers seraient aussi dans les tuyaux.

A vrai dire, cela n'est pas étonnant si l'on a en mémoire le nombre de participants, plus de 600, et de contributions versées à l'enquête publique, dont une majorité de critiques. De plus, un collectif d'associations avait publié une déclaration commune visant à défendre l'intérêt général et à contester le choix du lieu, la dénaturation du site et du paysage, les dégâts environnementaux et les afflux de circulation qui aggraveraient considérablement la circulation.

Maryse Joissains avait prétendu que "l'opposition ne vient pas du quartier mais est orchestrée par trois ou quatre personnes qui habitent autour". Sur ce point déjà, la mauvaise foi ne tient plus, infirmée qu'elle est par la multiplication des recours administratifs.

18 février 2015

Conseils de quartiers : Maryse Joissains fait dans le simulacre...

Douze ans après la loi sur la démocratie de proximité, les conseils de quartiers que Maryse Joissains veut mettre en place sont en fait des coquilles vides. C'est ce que j'ai dit au Cercle Condorcet qui m'a invité pour en débattre... 

 condorcet

Comment impliquer et faire participer un maximum de citoyens au destin de leur cité en leur donnant la parole ? Voilà une question à laquelle une loi a donné une première réponse. C'est la loi relative à la démocratie de proximité votée en 2002. Je vous parle de cette loi parce que, la semaine dernière, j'ai été invité par l'honorable Cercle Condorcet d'Aix qui travaille sur le thème de la démocratie depuis de longues années.
De nombreuses communes, grandes ou petites, ont mis la loi en place depuis belle lurette en créant des conseils de quartiers. Les plus hardies ont véritablement joué le jeu. Et ça marche. A Aix, hélas, ce n'est que 12 ans après que la municipalité s'est décidée à l'appliquer. D'abord, par une délibération de juillet dernier, en définissant les périmètres des quartiers. Puis, par une seconde en décembre (8 mois après !) prétendant leur attribuer un rôle et des pouvoirs. Et là, on a commencé à rire, mais on a plutôt envie de pleurer.
Pour les 15 quartiers retenus, le mécanisme de fonctionnement annoncé au conseil municipal est le suivant. Ces "assemblées participatives de proximité" (une dénomination soi-disant originale mais sans doute choisie pour mieux tromper le client) seront essentiellement composées d'associations locales. Lesdites assemblées, donc, seront présidées par l'adjoint de quartier (ou son représentant) qui fixera l'ordre du jour. Là, déjà, on sent l'enfumage.
Les associations devront confirmer leur présence par retour postal ou électronique au moins un mois avant l'assemblée plénière qui, merci de ne pas se gondoler, ne se tiendra qu'une fois par an ! Mais alors, quid des habitants isolés ou non membres d'associations ? Hi hi hi, circulez, y a rien à voir. Impasse totale donc sur la participation directe de la population dans des structures qui devraient au premier chef être faites pour elle. Et voilà comment naît un simulacre de démocratie.
Le thème de la conférence-débat du Cercle Condorcet interrogeait à juste titre : "La démocratie, un an après les municipales de mars 2014, quels changements, quelles perspectives, quel rôle pour le citoyen ?".
 Maintenant, on sait. Les instances participatives de concertation prévues sont entièrement vidées de leur substance. De plus, il y a abus de langage lorsqu'on les présente comme des instances de concertation alors qu'elles ne sont que consultatives. Car consulter n'est pas concerter qui suppose des échanges et l'acceptation de débats contradictoires.
Bon, à bien y réfléchir, je ne vois qu'une seule solution : aller manifester autant que faire se peut sous les fenêtres du bureau de la maire à l'Hôtel de Ville…

La délibération du 16 décembre est ICI 

Cercle Condorcet Aix - 12 Février 2015 - Intervention de Lucien-Alexandre Castronovo

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19 août 2013

Affaires immobilières de la Semepa en 2007 : J'ai reçu ça…

Mon billet sur les affaires immobilières de 2007 de la Semepa a fait réagir son ancien président, Henri Doglione, ex-adjoint à l'urbanisme de Maryse Joissains. Ci-dessous, sa mise au point et mes commentaires...  

logo semepa

Cela ne s'était encore jamais produit mais il y a quelques jours, le 9 août exactement, j'ai reçu via le blog une demande de mise au point pour mon article publié fin juillet. Dans lequel je rappelais l'embrouille et le copinage qui avaient entouré en 2007 deux ventes immobilières de la Semepa qui devaient profiter à un footballeur de renom, Marcel Desailly, et à la compagne de l'ancien adjoint aux sports de Maryse Joissains, Gilbert Zozor.
Je relevais aussi que ce dernier et l'ancien adjoint à l'urbanisme, Henri Doglione, alors président de la Semepa, n'étaient plus sur la liste municipale de Maryse Joissains de 2008. Et je m'étonnais enfin de la réintégration relativement récente d'Henri Doglione au sein du conseil d'administration de la société en tant que vice-président.
Comme mon blog n'exerce jamais de censure, c'est bien volontiers que j'accepte de publier cette mise au point, in extenso et sans la moindre retouche pour en laisser les lecteurs juger par eux-mêmes. Mais ce courrier appelle cependant quelques commentaires de ma part.
* Henri Doglione signale qu'en décembre 2007, "il avait dû s'absenter pour un séjour à l'étranger de plus d'un mois". Et que c'est par conséquent en son absence que "le conseil d'administration de la Semepa a procédé à l'attribution des deux biens" en question. De fait, comme on pourra le voir sur la délibération du conseil municipal reproduite ci-dessous, c'est l'adjoint aux finances, Gérard Bramoullé, qui en était rapporteur.
Henri Doglione précise que la recherche d'acquéreurs a été diligentée par la direction de la réhabilitation de la société. Je n'en doute aucunement. Il ajoute que la proposition des ventes a été régulièrement faite au conseil d'administration par son directeur sous l'autorité du directeur général. Je n'en doute pas non plus.
Est-ce à dire qu'Henri Doglione n'était pas au courant de ces transactions ? Lui l'affirme. Mais, comment se fait-il qu'on ne l'ait pas au moins informé sur les conséquences d'une telle décision présentée devant le conseil municipal ? Car, même absent, il restait président de la Semepa et, à ce titre, en portait en droit toute la responsabilité. D'autant que, même si la délibération était rapportée par un de ses collègues, elle était faite en son nom. Ne dit-il pas d'ailleurs que c'est sous son "impulsion que la Semepa est devenue une des SEM les plus importantes et les plus performantes de la Région, reconnue comme telle au plan national".
Personnellement, je n'ai pas le souvenir qu'à la séance du conseil municipal du 17 décembre 2007 qui que ce soit ait annoncé qu'à cause de son absence Henri Doglione ne participait pas au vote, qu'il ait donné ou non un pouvoir à Gérard Bramoullé.
* Concernant son retour à la Semepa en tant que vice-président, Henri Doglione précise que c'est le conseil d'administration qui le lui a proposé sans qu'il en ait fait la demande. Soit. Mais, comment ne pas s'interroger sur cette opportunité.
* Henri Doglione croit bon de dire que "l'annulation des deux attributions a eu pour conséquence de priver la Semepa de ces ventes et il aura fallu attendre trois ans pour trouver enfin de nouveaux preneurs". Cette assertion est contredite par une décision du conseil municipal du 23 juin 2008 (dont il ne faisait plus partie) qui a entériné la vente d'au moins un des deux biens.
* Henri Doglione réfute l'idée d'avoir été évincé en 2008 de la liste de Maryse Joissains. Il pose que "c'est lui et lui seul qui a décidé de se retirer". C'est son droit de donner cette version. Il n'empêche, et comme je l'ai rapporté, l'adjoint aux sports et lui-même n'y figuraient plus, et c'est ce que tout le monde a compris.
* Enfin, dans sa conclusion, Henri Doglione note ceci :
"Vous auriez pu également avoir un léger regret sur le fait que le champion du monde Desailly, qui avait choisi de s’établir à Aix ait, écœuré par le comportement de quelques aixois à son égard, décidé d’aller s’installer ailleurs. Discrimination raciale, discrimination sociale ? Votre habituelle perspicacité vous aidera sans doute à trouver la réponse."
Monsieur Henri Doglione, que veut dire cette insinuation interrogative de "discrimination raciale ou sociale" ? Monsieur Marcel Desailly ou vous-même, avez-vous quelques preuves ? Si oui, y a-t-il eu dépôt de plaintes ? Si non, comment pouvez-vous vous laisser aller à user de ce mode de justification irresponsable et indigne ? 

Mon article du 29 juillet
"Joissains inaugure des bouts de trottoirs mais pas que…" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2013/07/29/27741488.html

(Pour une lecture plein écran, clic sur le rectangle en bas à droite de chaque document)
La mise au point d'Henri Doglione 
 Extrait de la délibération n° 77 du conseil municipal du 17 décembre 2007  Les articles de presse des 19 et 20 décembre 2007 

Trois articles de La Provence 

=> 7 janvier 2008 : Zozor et Desailly ont renoncé à leur acquisition :
http://www.laprovence.com/article/actualites/20574/gilbert-zozor-et-marcel-desailly-ont-renonce-a-leur-acquisition.html
=> 2 juin 2008 : La vérité de Doglione sur les affaires de la Semepa : 
http://www.laprovence.com/article/actualites/23754/aix-la-verite-dhenri-doglione-sur-les-affaires-de-la-semepa.html
=>24 juin 2008 : Le conseil municipal met fin à la saga Zozor-Desailly : 
http://www.laprovence.com/article/edition-aix-pays-daix/23810/le-conseil-municipal-met-fin-a-la-saga-zozor-desailly.html 

1 janvier 2013

2013, un millésime vraiment gagnant pour le monde ?

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Il y a peu de chances que le monde trouvé en janvier se distingue de celui laissé en décembre. Pourtant, on est toujours là à espérer que quelque chose d'inédit va rendre la terre plus vivable. Que les conflits vont au moins diminuer à défaut de cesser. Que les humains vont au moins se lasser de la haine à défaut de s'aimer plus fraternellement. Que la misère va être un peu réduite à défaut d'être éradiquée.
Alors, comme tous les ans, et parce que nous sommes ainsi fragiles, on cherche à se rassurer en se fabriquant de nouvelles résolutions et en prodiguant des vœux forcément les meilleurs à tous et à chacun. 
Et bien, pas moins aujourd'hui qu'hier, nous ne saurions feindre de régurgiter d'un trait définitif ces besoins routiniers de consolation et ces désirs ardents d'espérance. Jouons donc le jeu encore une fois pour ce millésime de loterie qui ne devrait pas plus que d'autres nous livrer d'un seul coup d'un seul la clé du bonheur universel. 

24 juin 2011

Affaire Guérini : Le spectre de la pègre ("Le Point")

guerini lepoint couv 9Un article en forme de gros coup du Point (du 9 juin) sur "les liaisons dangereuses de l'affaire Guérini". Tous les ingrédients, ou presque, d'un scénario de film sont réunis, mais pas encore le dénouement de l'intrigue.
Comme on a encore pu s'en rendre compte ces dernières quarante-huit heures, il se passe toujours quelque chose à Marseille. Deux exemples édifiants.
Avant-hier, c'est la surprenante nomination, suivie d'une fulgurante promotion, d'une fonctionnaire au sein de Marseille Provence Métropole, qui était contestée devant le tribunal administratif. Christiane Argy est l'épouse de Claude-Elie Argy, secrétaire général de FO-Territoriaux, homme de pouvoir et d'influence.
Et, hier, c'est l'ancien directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini, et ancien président de 13 Habitat, actuellement conseiller général, Jean-François Noyes, qui a passé plusieurs heures en garde à vue pour s'expliquer au sujet de la préemption par le conseil général des Bouches-du-Rhône du terrain litigieux de La Ciotat devenu une décharge gérée par Alexandre Guérini.
Voilà. Et maintenant, revenons-en au Point de départ... Haletant !

Les liaisons dangereuses de l'affaire Guérini
Par Hervé Gattegno

Révélations.
L'enquête sur le marché des déchets de l'agglomération marseillaise dévoile les troubles connexions entre la politique et le milieu.
L'échange date d'avril 2010. Quelques semaines avant son arrestation sur un yacht amarré dans le port de Golfe-Juan, le truand Bernard Barresi parle au téléphone avec un mystérieux "Patrick". Tous deux ignorent que des policiers surveillent la ligne.
"On vient de bloquer les comptes de l'excité", lui dit l'inconnu.
"
Ça remonte jusqu'à nous ou pas ?" s'inquiète Barresi.
"Non."
Un an a passé et le soulagement du gangster n'est plus de mise. La transcription de ce dialogue secret est en passe de devenir la pièce à conviction la plus explosive de l'enquête sur le "système Gué­rini". Un réseau de pouvoir, d'ar­gent et d'influence où l'intérêt public semble parfois se confondre avec des intérêts mafieux, où la politique voisine avec le banditisme.
Au palais de justice de Marseille, les investigations consacrées au gangster Barresi, menées par le juge Philippe Dorcet, ont fini par croiser l'instruction du juge Char­les Duchaine, qui explore les des­sous des marchés publics mar­seillais. Les policiers ont en effet la certitude que "l'excité" n'est autre qu'Alexandre Guérini, in­dustriel local spécialisé dans le traitement des déchets urbains qui est aussi le frère de Jean-Noël Guérini, sénateur (PS) et président du conseil général des Bouches-­du-Rhône.
Ciblé par la justice, qui le soup­çonne de diverses malversations, Alexandre Guérini a bel et bien été l'objet, en 2010, de saisies ban­caires en Suisse et au Luxembourg, où il dissimulait d'importantes sommes. L'inquiétude de Barresi laisse penser qu'une partie au moins de ces fonds lui était desti­née. "Les avoirs déposés pourraient être d'origine criminelle", indique ainsi un rapport de la justice hel­vétique récemment adressé au juge Duchaine, après examen des comp­tes d'Alexandre Guérini. Remis en liberté le 18 mai (après cinq mois et demi de détention), ce dernier est considéré comme le pivot du scandale des ordures qui empoisonne l'air de Marseille depuis plus de deux ans.
guerini phrases lepoint"Alex", ses amis le décrivent comme un homme rugueux mais affable, fort en gueule et en affai­res, autoritaire et généreux à la fois, à l'image de Tony Soprano, héros d'une série télévisée améri­caine qu'il apprécie, qui dirige avec la même poigne sa déchetterie, sa famille et son gang.
Les autres, élus, fonctionnaires ou subordonnés, parlent d'Alexan­dre Guérini avec crainte, évoquant en termes similaires la "peur" et les "tensions physiques" qu'il peut susciter lorsqu'il cherche à impo­ser ses vues. "Si tu t'entêtes, tu sais que la famille Guérini, ils sont encore plus entêtés que toi !" l'entend-on menacer dans l'une des innombra­bles écoutes téléphoniques versées au dossier. Quant à son frère, homme fort du PS marseillais aujourd'hui éclaboussé par la ma­rée montante des affaires, il se proclame étranger à ses activités. "Je suis lié à Alexandre par le sang, confiait-il au Point il y a trois mois. Mais, s'il a commis des fautes, il devra en repondre."
Pourtant, la classe dirigeante locale a toujours vu les Guérini faire tandem, s'épaulant l'un l'autre pour grimper les marches du pou­voir et de la réussite. Comment croire que l'aîné devenu si puissant ait pu ignorer les manigances et les fréquentations du cadet, quand mille témoignages attestent qu'il le laissait régenter son cabinet et se mêler de tout, jusqu'aux nomi­nations et aux appels d'offres ?
Au reste, les livres d'histoire méridionale sont emplis de ces clichés en noir et blanc qui racon­tent les unions sulfureuses d'antan, quand les édiles et le milieu 888 faisaient cause commune. Le sénateur Maurice Arreckx régnait sur le Var avec le caïd toulonnais Jean-Louis Fargette ; Jacques Médecin se partageait Nice avec le casinotier Jean-Dominique Fratoni; et Gaston Defferre s'appuyait au besoin sur les frères Venturi pour rester le maître de Marseille. Rien ne permet, à ce jour, d'inscrire le nom des Guérini au bas de la liste. Rien sauf des indices...
Cette autre écoute téléphonique, par exemple : datée du 28 avril 2010, elle surprend un dialogue sibyllin entre Michel Campanella, un lieutenant de Barresi, et l'un de ses comparses.
"J'ai oublié de te faire une commission, con, dit l'homme de main à son chef. L'Arabe, il m'a dit que tu appelles le chauffeur de bus en urgence."
"Quel Arabe ?"
"L'Arabe que j'ai vu samedi. Tu vois pas qui c'est ?"
"Non. Je dois l'appeler ?"
"Je vais lui demander parce qu'il voulait te voir en urgence pour les appels d'offres..."
Les enquêteurs n'ont pas su qui était le "chauffeur de bus" ni quels "appels d'offres" pouvaient intéresser d'aussi près des malfrats fichés au grand banditisme, mais l'impression est restée. D'autres interceptions révèleraient l'existence de contacts - directs ou indirects - entre Alexandre Guérini et Bernard Barresi, alors que celui-ci était recherché depuis dix-huit ans (et condamné par contumace en 1994 pour l'attaque d'un fourgon blindé). Si les dossiers judiciaires n'en recèlent encore aucune trace, l'écho de ces conversations secrètes s'est déjà propagé dans toute la ville.
"Je ne connais pas Bernard Barresi", a pourtant certifié Alexandre Guérini au juge Duchaine. Il est toutefois acquis qu'il a imposé à l'office HLM des Bouches-du-Rhône qu'un appartement soit réservé à l'ex-femme du gangster. Le 12 mai 2009, la conseillère char­gée des attributions de logement confiait au téléphone : "Pour votre info, Alexandre, je l'ai informée, pour Barresi, qu'à la fin du mois normale­ment on aurait le logement, qu'elle serait contactée - et qu'elle m'appelle s'il y a quelques petits travaux..."
Deux mois plus tard, le même Guérini ordonnait au directeur de cabinet de son frère d'écarter une demande d'agrément pour l'ouver­ture d'une maison de retraite à La Ciotat. Comme Le Point l'a révélé (le 24 février), l'instruction donnée - "Il faut pas leur donner l'autorisa­tion parce que, heu, ce sont des mecs qui vont emmerder Jean-Noël..." - ­revenait à faire place nette à un projet concurrent. Un projet poussé, dans l'ombre, par Barresi en personne ! A cette époque, plusieurs filatures des protagonistes conduisaient les policiers jusqu'à la mairie de la commune, où un fonctionnaire suivait leur dossier avec bienveillance. Les surveillan­ces téléphoniques, elles, montrent que le gangster ne s'inquiétait guère pour l'obtention du feu vert définitif.
"Auriez-vous vos entrées au conseil général ?" ui a demandé le juge Dorcet. "Je n'ai aucune entrée au conseil général", a tranché Barresi. Il en avait peut-être ailleurs : le jour de son arrestation, la police a re­trouvé, dans une sacoche aban­donnée par un de ses visiteurs dans sa fuite, les cartes de visite et les coordonnées de nombreux entre­preneurs et de plusieurs élus.
guerini phrases lepoint - CopieAutre révélation de l'enquête : Alexandre Guérini était aussi en relation étroite avec l'énigmatique "Patrick", l'homme qui renseignait au téléphone le parrain en cavale : Patrick Boudemaghe, un gérant de société de 52 ans, au physique passe-partout, front dégarni et fine moustache, dont les affaires se partageaient entre la région mar­seillaise et l'Andalousie.
Interpellé dans sa villa de Ma­laga et aujourd'hui emprisonné, Boudemaghe servait à la fois d'agent de liaison et d'affaires à Barresi. Entre le 1er décembre 2009 et le 1er mars 2010, la police a relevé 87 appels entre les deux hommes. "C'est un pote à moi, a dit le gangster au juge Dorcet. Mais je ne peux pas parler d'écoutes qui ne figurent pas au dossier."
"
Détournements".
En paral­lèle, l'entreprenant Boudemaghe avait aussi monté avec son ami Da­mien Amoretti une petite entre­prise de construction. Baptisée ABT, cette société a obtenu, de 2000 à 2010, de nombreux marchés publics auprès des collectivités des Bou­ches-du-Rhône - et notamment du conseil général et de ses satellites, tous dirigés par des proches des frères Guérini. Ces dernières an­nées, les juteux contrats d'une can­tine scolaire et d'un club pour per­sonnes âgées à Marseille, d'une caserne de pompiers à La Ciotat et même d'une gendarmerie à Orgon sont tombés dans son escarcelle.
Le siège d'ABT était situé dans une villa isolée de la campagne aixoise, à Gardanne, dont les enquêteurs savent qu'elle servait aussi de repaire à Bernard Barresi... A la même adresse figurait d'ailleurs une autre structure prospère : Alba Sécurité, société de surveillance dotée, sur le papier, de 143 salariés et dont la gérante officielle était la compagne attitrée du voyou marseillais. Longtemps, Alba Sécurité a trusté les contrats publics de gardiennage à Marseille et alentour : des archives départementales (1 million d'euros par an) aux cités HLM et jusqu'à certains bâtiments annexes du conseil général lui-même (4,5 millions par an) - sans oublier la fourniture de stadiers à l'OM les soirs de match...
Ainsi placé au cœur du réseau Barresi, l'étrange M. Boudemaghe jouait en même temps les utilités pour le parrain et le passeur de fonds pour Alexan­dre Guérini. Les investigations financières conduites en Suisse et au Luxembourg mettent en lumière le rôle joué par l'intermédiaire pour le compte de Gué­rini. Les sociétés de ce dernier, SMA Environnement et SMA Développement, qui exploitent en son nom les décharges de La Ciotat et de La Fare-les-Oliviers, sont contrôlées par deux autres immatriculées au Luxembourg, elles-mêmes détenues par une société écran panaméenne, Satellite Astro Corporation, dont l'ayant-droit était Boudemaghe lui-même...
"Les surveillances menées jusqu'à ce jour permettent d'affirmer que le véritable dirigeant de ces sociétés est Alexandre Guerini, frère du président du conseil général des Bouches-du-Rhône", écrivait à ce propos en 2010 le juge Duchaine dans une commission rogatoire adres­sée aux autorités luxembourgeoises.
guerini phrases lepoint - Copie (2)De fait, la filière franco-luxembourgeoise d'Alexan­dre Guerini semble avoir permis d'expatrier, sous couvert de "dividendes", plusieurs millions d'euros vers des banques étrangères. Or la justice considère que ces fonds provenaient de "détournements". En effet, l'enquête a dévoilé de nombreuses surfactura­tions, grâce auxquelles ses décharges augmentaient clandestinement leur chiffre d'affaires - ce qu'Alexan­dre Guérini a toutefois nié avec constance devant le juge d'instruction.
Homme de paille, homme de main, homme de confiance : Patrick Boudemaghe était tout cela à la fois. En scrutant les mails qu'il échangeait avec ses correspondants, les enquêteurs ont découvert des documents d'ouvertures de sociétés et de comptes à Hongkong, Panama et aux Etats-Unis. Ils ont aussi relevé la présence, parmi ses interlocuteurs, d'un haut dirigeant du groupe ibérique Urbaser, José Maria Lo­pez Pino. Pourguoi l'intermédiaire de Guérini trai­tait-il en direct avec un industriel espagnol ? Précision essentielle : c'est au groupe Urbaser qu'ont été confiées la construction et l'exploitation de l'incinérateur de Fos-sur-Mer destiné à traiter l'essentiel des déchets de l'agglomération marseillaise. Sollicité par Le Point, l'avocat de Boudemaghe, Luc Febbraro, n'a pas pu expliquer la raison de ce contact - ni a fortiori l'intêrêt éventuel de son client pour le marché de l'inciné­rateur. "C'est un homme intelligent et qui a beaucoup de relations", a-t-il simplement indiqué.
Il n'empêche, cette intrigante trouvaille ramène les pistes de l'affaire jusqu'à la politique. Avant les élections municipales de 2008, l'incinérateur de Fos fut l'un des enjeux principaux de l'affrontement entre Jean-Claude Gaudin, maire (UMP) de Marseille, et son challenger socialiste, Jean-Noël Guerini. Le premier, qui présidait aussi la communaué urbaine, avait lancé le projet. Le second y était opposé. Durant la campagne, Guérini était allé jusqu'à promettre l'arrêt des travaux et un referendum sur le sujet.
Revirement.
Au lendemain des municipales - qu'il a perdues d'un cheveu -, l'élu socialiste s'est trouvé en mesure de tout arrêter : contre toute attente, la gauche (pourtant minoritaire) avait raflé la prési­dence de la communauté urbaine, promise au dau­phin de Gaudin, le député Renaud Muselier, en pointe dans le combat contre le "système Guérini". Mais le feu rouge attendu n'est jamais venu.
Les élus de Fos et des communes environnantes ont eu beau crier à la trahison, la communauté ur­baine a validé le projet d'Urbaser en février 2009. En vassal docile, son président, Eugène Caselli, exécu­tait encore les ordres de Jean-Noël Guérini - il a rompu avec lui depuis en témoignant devant la jus­tice. Surtout, un "audit d'expertise environnementale et juridique" rendu au même moment préconisait la poursuite des travaux. L'étude fut réalisée sous l'égide d'un avocat parisien qui est aussi l'ami d'Alexandre Guerini et le conseil de ses sociétés...
En outre, tous les témoignages soulignent le rôle d'un autre proche des frères Guerini dans ce revire­ment : Jean-Marc Nabitz, ancien ingénieur porté à la tête d'une société d'économie mixte du conseil général et qui avait officieusement auprès d'eux la haute main sur la question du traitement des déchets. Curieusement, son nom figure sur les documents bancaires saisis au Luxembourg : il est l'ayant-droit d'une des sociétés gigognes de la galaxie Guérini au Panama. Pour l'heure, le juge n'a pas pu l'interroger : il a quitté Marseille à Noël 2009 et n'y est pas revenu. Sa boîte aux lettres est régulièrement vidée et ses amis le disent réfugié en Israël "pour fuir la pression". On se demande bien laquelle.

Le Tribunal saisi du cas de Christiane Argy :
http://www.laprovence.com/article/economie-a-la-une/marseille-le-tribunal-saisi-du-cas-de-madame-argy
La garde à vue de Jean-François Noyes :
http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/affaire-alexandre-guerini-un-conseiller-general-ps-entendu-par-les-gendarmes

16 juillet 2010

Renaud Muselier répond à Alexandre Guérini

Tu pues. Non, c'est toi qui pues. Après les propos d'Alexandre Guérini dans Le Nouvel Observateur il y a quinze jours, voici la riposte signée Renaud Muselier parue hier dans le même magazine. Un droit de réponse qui n'est pas mentionné en tant que tel, mais c'est tout comme.

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Le coup de gueule de Renaud Muselier

"Je n'utilise jamais la dénonciation ou la rumeur"

Publié le 15 juillet - Le député UMP de Marseille nie catégoriquement être l'auteur de la lettre anonyme qui est à l'origine des ennuis judiciaires d'Alexandre Guérini, frère du président PS du conseil général

Après les propos calomnieux de M. Alexandre Guérini publiés par "Le Nouvel Observateur" du 1er juillet, je tiens à vous faire part de ma totale surprise et de ma profonde indignation face à de telles accusations sans fondement formulées par M. Guérini. Je démens catégoriquement être l'auteur de la lettre anonyme adressée à M. le Procureur de la République de Marseille en novembre 2008 et qui serait à l'origine des ennuis judiciaires et média­tiques de M. Guérini. De par mon éducation et ma tradition familiale, je ne puis souffrir de telles accusations diffama­toires. Mon grand-père, l'amiral Muselier, a donné la croix de Lorraine à la France libre, mon père a été déporté à Dachau et les membres de ma famille ont tous été décorés pour faits de résistance. Vous comprendrez ainsi que je n'utilise jamais la dénonciation, la rumeur ou la menace dans ma vie publique comme privée. Je ne vais pas commencer aujourd'hui avec M. Guérini.
Il m'attaque par voie de presse après m'avoir menacé physi­quement devant témoin, il y a quelques semaines. Son compor­tement révèle une perte totale de sang-froid et de dignité. J'ignore si M. Guérini se sent visé par l'information judiciaire pour "at­teinte à la liberté d'accès et à l'égalité des candidats dans les marchés publics, trafic d'influence, détournement de fonds publics, corruption, prise illégale d'intérêt, blanchiment, faux et usage de faux et abus de biens sociaux" pourtant ouverte contre X. J'ignore aussi s'il se sent visé par les perquisitions qui ont eu lieu au siège de plusieurs sociétés spécialisées dans les dé­chets et dans les locaux du conseil général et de la communauté urbaine (CUM).
En revanche, il est bien au courant des perquisitions qui ont eu lieu au siège de sa société et à son domicile, ainsi que de l'in­carcération des dirigeants de la société Queyras, société gestion­naire de déchets, dont il affirme être très proche. Ces faits expliquent la "nervosité" de M. Guérini. Mais rien ne peut jus­tifier sa calomnie à mon égard. En revanche, alerté par des mem­bres de la commission d'appel d'offres, j'ai demandé des explications en conseil de communauté le 9 novembre 2009 concernant la passation de certains marchés. J'ai demandé la création d'une commission d'enquête interne. J'ai demandé la suspension de la délégation du vice-président en charge de la gestion des déchets. J'ai remis un exemplaire du livre "Gomorra" pour illustrer les conséquences d'un tel système. J'ai rappelé que les Marseillais n'accepteront jamais une telle dérive. Personne ne peut remettre en cause une telle démarche républi­caine. Pour autant, rien n'a été fait par le président socialiste de la CUM. La police et la justice n'ont pas eu sa passivité.
Durant les quinze années pendant lesquelles j'étais en respon­sabilité en tant que président d'EuroMéditerranée et premier ad­joint au maire de Marseille, nous n'avons jamais été l'objet d'au­cune perquisition. Le sens de mon engagement politique est d'améliorer la vie des Marseillais et de faire de Marseille une grande ville moderne. Oui, j'ai une opposition viscérale et de fond à l'encontre de tous ceux qui déshonorent la ville de Marseille en violant les lois sur les marchés publics. Oui, les Marseillais, tout comme moi, veulent connaître la vérité et sa­voir si des marchés publics ont été truqués, et si oui par qui. Le reste n'a que peu d'importance. Oui, j'ai une opposition politique avec M. Jean-Noël Guérini, candidat malheureux contre moi aux élections municipales de Marseille en 2008. Non, M. Alexandre Guérini n'est pas un adversaire politique, ni personnel, ni judiciaire. Je ne le connais pas et je ne tiens pas à le connaître.
   
Dans les deux derniers gros paragraphes du texte, Renaud Muselier s'envoie de pleins bouquets de fleurs pour vanter le bilan de son action politique internationale, nationale et locale depuis 1993. Je vous épargne ces moments de grande grâce.

L'article "Alexandre Guérini accuse Renaud Muselier" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/07/07/18521038.html

12 juillet 2010

Sarko sur un rafiot et la France à vau-l'eau

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En cette semaine de fête nationale qui devrait plutôt célébrer notre si chèrement conquise République, il est fort à craindre qu'elle n'ait encore à souffrir une énième montée de honte au front.
Au crépuscule sonné, il va donc paraître sur les écrans de nos salons. Hélas, on connaît déjà par cœur sa sarcauserie. Rictus aux lèvres, il en dira peut-être un peu plus sur le prix de son tube de dentifrice à l'immonde Edwy Plenel à l'interviewer en laisse. Tout secoué par les tiques qui lui décrochent les omoplates, il baragouinera encore, et une fois de trop, ses éléments de langage à ses propres questions.
A la nuit quasi tombée sur une France sabotée et ruinée, le vulgaire, le suffisant, l'arrogant président qui ne le vaut décidément pas bien répètera quel dur boulot il fait, quelle irréprochable République il veut, quelle remarquable politique il fait, quel crapuleux métier la presse fait, quels ingrats citoyens les Français font.
Pour moins que ça, qui n'aurait pas envie de chasser illico le grossier saltimbanque Didier Porte et l'insultant bouffon Stéphane Guillon de France Inter et de faire ami-ami avec le raffiné poète Jean-Marie Bigard ?
Alors, ce lundi soir encore, qu'on se le dise, la télé ressemblera à une courroye de transmission pour verbiage grotesque. 
Faut-il en sourire ? Sur le site du Post, le journaliste Bruno Roger-Petit a éventé par avance et en exclusivité dès samedi l'essentiel de ce que Sarkozy dira sur France 2. On s'y croirait !

De nature généreuse, je vous offre en exclusivité les principales déclarations.
Sur l'affaire : "M'enfin, m'sieur Pujadas ! Vous m'voyez dans un bureau en train d'reçevoir une enveloppe des mains d'une comptab' que j'connais pas ! C'est pas sérieux m'sieur Pujadas ! C'est de la science-fiction ! (…) D'ailleurs, m'sieur Pujadas, elle l'a bien dit la comptab' ! Tout ça, c'est de la romance ! C'est du Balzac ! On se croirait dans les Rougon-Macquart, m'sieur Pujadas !"
Sur le rôle de la justice : "Moi, j'lui fais confiance à la justice. J'ui ai toujours fait confiance. Et je regrette bien, m'sieur Pujadas, que certains ne la respectent plus, la justice m'sieur Pujadas !"
Sur Eric Woerth : "C'est un minisse remarquab', m'sieur Pujadas, remarquab'. Il fait un travail formidab' sur la réforme des r'traites. C'est bien pour ça que le Parti socialisse veut l'abatt'e. Je pense à sa famille, à sa femme, à ses petits enfants innocents, à leurs p'tits yeux bleus... Vraiment, c'est injusse m'sieur Pujadas..."
Sur le PS : "Les socialisses devraient se souvenir de André Salengro et Jean Bérégovoy, m'sieur Pujadas... Et pis, ils devraient se souvenir des vacances à Venise de François Mitterrand, hein ? Moi j'y vais pas à Venise, m'sieur Pujadas... les immeub' sont trop vieux, je suis un homme de mon temps, moi... Et le Concorde ? Hein ? Il prenait pas le Concorde, hein ? Ça devrait les rend'e plus modesses... La calomnie ça tue m'sieur Pujadas..."
Sur Mediapart : "J'connais bien mes amis m'sieur Pujadas... Xavier Bertrand, Nadine Morano, tous mes amis, y zont parlé avec leur cœur, m'sieur Pujadas, sans que j'leur demande... Mais m'sieur Plenel, il a toujours mené des croisades du 17e siécle cont'e les présidents de la Répubique, c'est sa spécialité... Cont'e François Miterrand, cont'e Jacques Chirac... Je me d'mande même comment des responsabs politiques ont pu l'aider, à un moment ou à une aut'e à mener ses campagnes de déstabilisation. Moi, j'ai jamais fait ça m'sieur Pujadas, jamais ! Et moi, je ne céd'rai pas à ces manoeuv'es, m'sieur Pujadas... Jamais !"
Sur internet : "M'sieur Pujadas... Il faut qu'on réfléchisse ensemb'e aux blogs, à twitteure, aux sites... C'est pu possib'e que ce merveilleux engin technologique soit livré à la calomnie, au mensonge, à la manipulation. Internet, c'est pas la liberté de penser, c'est la liberté de salir. Ça peut pu durer. Nous sommes tous en danger, m'sieur Pujadas, et vous le savez bien, vous qu'avez été agressé à cause d'internet... J'ai demandé au Premier minisse un projet de loi afin de préserver la liberté de la presse sur internet... C'est la g'ande leçon que j'ai tiré de tout ça..."

A voir aussi cet époustouflant épluchage
des mises en scène des déplacements présidentiels :
 http://antennerelais.canalblog.com/archives/2010/07/08/18529216.html 

9 juillet 2010

Collectivités : Les pirouettes de Sophie Joissains

senat_vote

La sénatrice Sophie Joissains avait fait savoir qu'elle interviendrait dans le cadre du projet de loi sur la réforme des collectivités territoriales présenté en deuxième lecture au Sénat avant un nouvel examen par l'Assemblée nationale. Elle avait annoncé qu'elle avait déposé huit amendements, une information qui a fait l'objet de deux articles dans La Provence, l'un sur ses intentions, l'autre sur l'adoption d'un de ses amendements.
Or donc, il m'a paru intéressant d'aller vérifier le résultat de son travail tout au long des débats au sein de l'hémicycle. J'ai même pris la peine de suivre plusieurs retransmissions sur la chaîne parlementaire et sur le site internet du Sénat.
Ce qui ressort des travaux des élus, c'est que la réforme a été mise à mal, et même carrément vidée de sa substance et de son sens, avec des votes supprimant tous les articles concernant les nouveaux conseillers territoriaux tant sur la nature et la répartition de leurs compétences que sur leur mode d'élection ou le nombre d'élus à prévoir.
En quoi Sophie Joissains a-t-elle fait avancer la loi ? Seulement sur un point : le maintien de la compétence du maire pour la mise en œuvre du plan local d'urbanisme communal. La demande de cette disposition est assez cocasse quand on sait que la loi promulguée il y a dix ans n'est toujours pas appliquée à Aix.
Pour les sept autres amendements, trois ont été rejetés, deux n'ont pas été soutenus et deux sont "tombés.
On se souvient que, contrairement à Maryse Joissains qui s'était écriée "Monsieur le président, vous nous avez ficelé une cagade (sic), nous n'en voulons pas", Sophie Joissains avait voté pour le projet en première lecture.
Or, après la contestation de la totalité des maires de la CPA qui défendent la démocratie de proximité, elle avait rejoint la manifestation à Paris contre le risque de voir les "métropoles" phagocyter les prérogatives des communes. Cela faisant, elle avait laissé comprendre qu'elle n'était plus tout à fait sûre de voter pour le projet de réforme.
Pourtant, ce mercredi, à la fin de la discussion, la sénatrice aixoise a bel et bien voté pour avec l'UMP (dont 6 sénateurs ont osé s'abstenir), tandis que beaucoup de centristes ont joint leurs voix à celles de la gauche pour empêcher l'adoption. Le projet, complètement transformé en squelette, est cependant passé par 166 voix pour et 160 contre.
On verra bientôt ce qu'il deviendra lors de son second passage à l'Assemblée que Nicolas Sarkozy s'est dit fort de caporaliser. Tout cela méritait d'être dit et on attend les explications de Sophie Joissains sur ses pirouettes entre Aix et Paris.

Les votes par groupes politiques :
http://www.senat.fr/scrutin-public/2009/scr2009-259.html
Le sort réservé aux amendements de Sophie Joissains :
http://ameli.senat.fr/amendements/2009-2010/560/liste_discussion.html

- article 3 amendement 215 (retiré)
- article 3 amendement 214 (rejeté) demande du nombre de vice-présidences communautaires égal à celui des communes alors que le projet limite ce nombre à 15
- article 5 amendement 217 (le seul adopté)
- article 5 amendement 216 (rejeté)
- article 29 amendement 219 (non soutenu)
- article 29 amendement 218 (non soutenu)
- article 35 ter amendement 221 ("tombé")
- article 35 ter amendement 220 ("tombé")
NB : La mention "tombé" signifie qu'il n'y avait pas lieu de soumettre l'amendement au vote du Sénat dans la mesure où soit l'objectif poursuivi par l'amendement a été atteint par l'adoption d'un autre amendement, soit, au contraire, l'amendement était incompatible avec un amendement précédemment adopté (ex. : l'adoption d'un amendement de suppression fait tomber tous les autres).

30 avril 2010

Salord, consul honoraire des Comores, limogé

comores

(Clic sur l'image pour agrandir)

La décision paraît rocambolesque mais elle n'en est pas moins réelle. Stéphane Salord, consul honoraire des Comores à Marseille depuis mai 2008, a été limogé il y a quelques jours.
Lors de sa nomination, une majorité des Comoriens de Marseille avaient persisté à réclamer un consul général de plein exercice et non un consul honoraire pour une communauté qui compte environ 70.000 personnes. Malgré cela, pour assurer sa mission, Salord s'était installé dans des locaux municipaux attribués par Jean-Claude Gaudin dans le 14ème arrondissement.
La nomination de Salord ne plaisait pas à tout le monde du fait qu'il est français et n'a aucune attache comorienne. Autre sujet de mécontentement, son appartenance à l'UMP qui, pour certains, ne lui conférait pas la neutralité nécessaire.
Lors de son arrivée, les avis étaient partagés. A l'annonce de son départ, certains des opposants se réjouissent tout en tempérant leurs réactions face à la situation politique agitée qui secoue les Comores.
En effet, ce limogeage intervient dans un climat de crise plutôt effervescent. Les élections générales étaient programmées le 26 mai, mais le président a fait voter, malgré le boycott de l'opposition, un prolongement d'un an de son mandat de quatre ans arrivé théoriquement à échéance cette année, de sorte que l'élection présidentielle ne se déroulera pas avant 2011.
C'est donc dans ce contexte de controverse, même si ceci n'explique pas cela, que survient l'éviction de Salord.
Beaucoup s'accordent à dire que les dirigeants comoriens, notamment le ministre des affaires étrangères, s'évertuent à pratiquer un système un peu intéressé quant à leurs représentations officielles à l'extérieur et bien sûr en France.
On relate que leur préoccupation est de nommer des proches du pouvoir pour mieux contrôler la communauté comorienne et au passage mettre aussi la main sur la caisse.  
Certains sites internet évoquent par exemple le fait que les autorités comoriennes n'agiraient que par appât de l'argent en tentant de se faire payer des frais divers (style grande vie) par les ambassades et les consulats lors de leurs déplacements en métropole. 
Lorsqu'un des collaborateurs du susdit ministre, et en son nom, a voulu imposer au consulat de Marseille une prise en charge financière de son voyage, le consulat n'a pas acquiescé. D'où vraisemblabement le renvoi de Salord qui sera remplacé par un conseiller de l'ambassade des Comores à Paris, qui aura tout loisir d'aller voir si par hasard il n'y a pas un peu de monnaie au fond d'un coffre.

Le limogeage de Salord sur les sites internet : 
http://mirontsyahcrm.skyrock.com/2848198090-L-affaire-du-consulat-comorien-de-marseille-vire-a-la-controverse.html
http://umbeli.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/04/26/les-raisons-obscures-d-un-limogeage.html

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