Ÿ Le conseil municipal élu le 19 juillet sera installé dimanche prochain. Même si un recours est déposé auprès du tribunal administratif, le processus ne peut désormais être suspendu car il obéit au calendrier fixé par la loi. La majorité aura 42 élus et l'opposition 13, l'an dernier c'était 40 et 15, du fait d'une triangulaire. Le duel des urnes trouve donc son exact prolongement au conseil. Suite à la double fusion (effusion ?) des listes, la minorité comprendra 5 socialistes +1 apparenté, 2 MoDem, 3 écologistes et 2 "société civile".
L'an dernier, le Parti radical de gauche avait encore un élu. Ce même élu a disparu de la nouvelle opposition car il ne figurait pas en place éligible en cas d'échec. Pour la première fois depuis vingt ans, je le regrette, le PRG auquel j'appartiens n'aura plus aucun représentant car le panachage avant et après fusion s'est allègrement assis sur la diversité des composantes. Je trouve qu'il y a là un foutage de gueule d'autant plus irrespectueux que la liste d'opposition s'est targuée tout au long de la campagne d'avoir le PRG à ses côtés. Passons, d'autres temps viendront.
Ÿ Et moi qui allais finir par être convaincu que j'avais fait perdre la gauche ! J'ai enfin trouvé l'explication de la victoire de la droite. La presse et une vidéo sur internet rapportent les paroles de Bruno Genzana se vantant avec sa modestie coutumière d'avoir contribué au succès de Maryse Joissains. Mais oui, mais c'est bien sûr, c'est lui qui, en retournant sa veste une fois de plus, en a fait prendre une à l'opposition. Que n'y avais-je pensé plus tôt !
Vite, et une petite récompense pour le dévoué sauveteur ! "Je suis heureux d'avoir apporté ma pierre à l'édifice. Et, compte tenu du faible écart de voix, je suis content d'avoir été l'un de ceux qui ont fait pencher la balance du bon côté. Certes, je ne suis plus conseiller municipal mais je postule désormais à un poste de député". Gardons quelques ricanements en réserve pour les législatives de… 2012.

Ÿ Les ardents défenseurs de Maryse Joissains, répétant ses dires tels des aras, trouvent qu'elle a été l'objet d'insultes personnelles et de propos diffamatoires. Faut se pincer un peu pour entendre cela. Joissains, elle, n'a cessé de traiter ses concurrents de "zozos" et de "bras cassés" et de se vanter de ne pas avoir en face d'elle "un adversaire à sa mesure". Joissains confond trop facilement bassesse et hauteur. Sans parler, mais je le fais quand même, de ses maintes complaintes sur l'honneur, sur les prétendues attaques contre la femme (où, quand, qui ?) ou sur sa probité.
Mais que vient donc faire une si triste quête à l'empathie surjouée dans un combat politique ? Ce n'est pas en larmoyant à grandes vannes ouvertes sur son enfance, sa famille ou les mérites mis en avant d'une charité à la tonalité franchement populiste qu'on élève le débat politique. Et puis, comment ne pas être choqué en entendant une députée de la République, juriste de surcroît, oser tenir des propos aussi indignes contre l'Etat et la plus haute juridiction française ?
Ÿ Venons-en maintenant à la diffusion de l'appel à témoignages pour le recours formé par Alexandre Medvedowsky. Personne ne s'étonnera que les principales critiques viennent d'en face. Très vite, un mot de dénigrement a été propagé : il s'agirait, nous vocifère-t-on, d'un appel à la "délation". Faut-il insister sur les sous-entendus de sinistre mémoire auxquels renvoie un tel terme. C'est ignoble. La délation est un acte fait clandestinement ou anonymement. Il n'y a rien de cela dans un appel public, à visage découvert, nominatif, avec déclaration accompagnée de pièces justificatives pour contribuer à établir des preuves visant à faire sortir la vérité.
En cas d'échec, Maryse Joissains n'a-t-elle pas elle-même admis qu'elle était prête à envisager un recours et, forçant l'outrance, avait immédiatement annoncé qu'elle attaquerait le Conseil d'Etat coupable, selon elle, d'avoir orienté son jugement sur "décision politique". Pourquoi dénier le même droit à d'autres ? Et puis, venant d'une personne particulièrement procédurière pour tout et pour rien et qui a perdu tant de fois, entraînant par la multiplication des instances des frais exorbitants pour la ville, la critique est plutôt malvenue.
Libre à chacun, nul ne le conteste, de partager ou non l'idée et le choix de former un recours. Mais le droit autorise une telle démarche et c'est là précisément une précaution essentielle, et une garantie fondamentale, pour s'assurer si, oui ou non, notamment face aux mystères à l'heure actuelle non élucidés de la tenue des listes électorales, les conditions du vote ont été entachées d'irrégularités. Pour bien s'exercer, la démocratie ne peut souffrir d'aucun doute. Dans le cas contraire, nous basculerions dans un autre type de régime.
Aix et Corbeil-Essonnes
dans Le Canard enchaîné 22 juillet 2009
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