Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO

Publicité
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Derniers commentaires
Archives
26 octobre 2009

Poubelle la vie… à Aix

poubelles_a_aix_mai_2008

(Clic sur l'image pour agrandir) Ça se passe à Aix

Non, ni Naples, ni Marseille. Cette scène baroque se passe bien à Aix. Ici et là, des habitants balancent n'importe quoi sur les trottoirs et transforment un coin de rue en dépotoir... au développement durable. Dire que cela manque de civisme est un euphémisme. Pourtant, les moyens existent pour se débarrasser d'encombrants. Il suffit de les apporter dans les multiples sites publics prévus à cet effet.

La collecte des ordures a ses règles et ses équipements mais cela semble encore et toujours échapper à des malotrus quand ces derniers ne vont pas jusqu'à faire preuve d'un culot sans nom. Evidemment, le spectacle est affligeant en plus d'être malsain à tous points de vue. Et le résultat est que cela pourrit la vie des disciplinés qui subissent ce coupable laisser-aller.

Il y a pile deux ans, des riverains, excédés, du quartier des Cardeurs avaient déjà tenté de lutter contre la décharge sauvage permanente qui avait poussé sous leur nez. Ils avaient même adressé une pétition à la mairie. Quelques progrès et puis de nouveau le tas d'ordures. Deux ans et plusieurs épisodes après, hélas et à leur grand désespoir, ils sont contraints de faire le même constat : l'incivisme perdure et les reliefs se renouvellent au quotidien.

Alors, depuis un mois, pour inverser la tendance, ils ont ouvert un blog dédié qui ne manque pas d'originalité. Chaque jour, ce blog publie des photos et des vidéos de l'état des lieux, accompagnées avec humour de détails qui en disent long. Aux dernières nouvelles, les riverains ont confectionné des affichettes pour informer les indélicats et ont décidé de s'organiser en réactivant le comité d'intérêt de quartier.

J'encourage vivement mes lecteurs à aller visiter ce blog très instructif garanti sans odeurs (masque non obligatoire donc).

Voici l'adresse du blog :

http://poubelle-la-vie.over-blog.com/

Publicité
23 octobre 2009

Expo Picasso : La combine qui a mis la puce à l'oseille

Que les détails qui suivent risquent de choquer ou d'en énerver quelques-uns n'est pas la chose la moins sûre qui soit. De quoi s'agit-il ? Faisons un petit retour sur l'exposition Picasso Cézanne de l'été. Loin de moi l'idée qu'elle n'aura pas réjoui des dizaines de milliers de visiteurs. Non, il n'est pas question de cela.

Pourtant, ce qui est donné à voir, comme on dit, c'est un peu comme pour de bons plats. On ignore assez souvent ce qui s'est passé dans les cuisines. La dernière révélation sur la recette a été servie mercredi par Le Canard enchaîné. Mais déjà en mai dernier, Le Monde et Libération faisaient une présentation nuancée de la mise sur pied de l'expo.

Dans Le Monde…

Le journal écrivait ceci : "Dans l'exposition "Picasso et les maîtres", qui a triomphé cet hiver au Grand Palais, à Paris, Paul Cézanne était presque absent. Etrange, si l'on songe à l'importance que Cézanne a pour Picasso entre 1906 et 1909, et aux allusions au solitaire d'Aix-en-Provence qui apparaissent de temps en temps dans l'oeuvre du génie espagnol. Ce n'était pas un oubli, mais l'effet d'une répartition géographique : il était entendu que les rapports entre les deux artistes seraient traités, non pas à Paris, mais dans une exposition qui a lieu tout l'été à Aix-en-Provence, ville natale de Cézanne." 

L'article note que la confrontation entre Picasso et Cézanne, en manque de grands tableaux notamment cézanniens, ne permet que "des parallèles parfois forcés" entre les œuvres des deux maîtres.

Et de conclure : "Il est vrai que la grande raison d'être de l'exposition en aurait été affaiblie : la raison touristique et économique. En 2006, le Musée Granet et la ville d'Aix-en-Provence avaient réussi une belle opération de récupération avec Cézanne, en lui consacrant une exposition qui avait attiré les foules. De son vivant, il avait été moqué et insulté par ses concitoyens. Désormais, il est devenu pour leurs descendants un argument commercial : 60 millions d'euros de recettes pour la ville et sa région grâce à lui en 2006, a rappelé la maire d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains Masini, lors de son discours d'inauguration. Son espoir avoué ? Que Picasso rapporte autant cette année. De ce point de vue, l'imprécision de l'exposition et la genèse du cubisme sont questions négligeables." 

Dans Libération… 

Tonalité un peu plus grinçante pour Libé : "Les deux Méridionaux se ressemblaient aussi par la volonté de briser les cadres classiques, le tempérament rebelle, la virilité conquérante. Malheureusement, le musée d’Aix ne trouve pas la rencontre. Les collections ne se séparent pas facilement de ces chefs-d’œuvre. Il y a de très beaux tableaux, mais le croisement ne se fait que par bribes dans un accrochage dont l’inesthétique le dispute à l’incohérence. En cours de route, Cézanne est purement et simplement abandonné. Terminer l’exposition sur la corrida, sous prétexte qu’Aix est une étape vers les arènes, c’est une blague. Son coût, en coproduction avec la Réunion des musées nationaux, est de 9 millions d’euros, hors assurance. La collectivité en a investi dix millions pour impulser alentours une soixantaine de projets satellites. Aix est devenu Cézanneland." 

Le Canard enchaîné en dit plus…

Et puis arrive Le Canard de ce mercredi qui y va aussi de sa révélation tonitruante sur l'accord conclu entre le groupe Hersant Médias et la municipalité aixoise. Après avoir exposé les difficultés financières des quotidiens locaux du Sud-Est, Le Canard raconte que le groupe a pris des contacts avec des municipalités UMP : Nice, Toulon et Marseille.

Le journal ironise sur un accord de partenariat, une alliance, entre le site Internet de la Ville de Marseille et celui du journal La Provence. "Il prévoit rien moins qu'une signalétique commune et le partage de certaines informations" renvoyant les lecteurs et les internautes d'un site à l'autre, une stratégie censée "doper la fréquentation du site du journal et, du même coup, ses rentrées publicitaires". 

L'été dernier, le groupe s'enhardit et démarche plusieurs mairies UMP des Bouches-du-Rhône. C'est d'ailleurs ce que résume le titre de l'article "Le groupe Hersant lance la presse de proximité politique". Et Aix, alors ? Nous y sommes. Le système ne consiste pas à proposer à la municipalité d'acheter des milliers de journaux pour les distribuer gratuitement mais à établir une "proposition de partenariat" avec "ses axes mutualistes de communication". Et précisément, l'expo Picasso Cézanne tombait à pic pour inaugurer cette judicieuse "combine". Coût pour la Ville : 80.000€. Les éléments de l'affaire sont à découvrir dans cet extrait de l'article.

(Clic sur l'image pour agrandir)

canard_picasso_mairie_provence

L'article du Monde (25 mai 2009) :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/05/25/picasso-et-cezanne-une-confrontation-en-manque-d-oeuvres-majeures_1197699_3246.html 

L'article de Libération (30 mai 2009) :

http://www.liberation.fr/culture/0101570365-aix-s-emmele-les-pinceaux 

22 octobre 2009

Inégalités et sentiment d'injustice

gif_thermometreC'est comme la fièvre. D'abord ça couve sournoisement, puis ça érupte. On ne connaît ensuite la température qu'en la mesurant. C'est ce processus qu'essaie d'analyser Jean-Paul Delevoye, le médiateur de la République. Dans un point de vue publié hier dans Le Monde, il alerte sur les signes d'inquiétude qui, selon lui, traduisent l'ampleur du sentiment d'injustice ressenti par la population en termes d'inégalités entre ses membres. A lire.

(Les termes en gras sont de moi)

Le sentiment d'injustice chez nos concitoyens inquiète par son ampleur

par Jean-Paul Delevoye

       

"Selon que vous serez puissant ou misérable...", l'adage de La Fontaine est devenu le préambule de nombreuses critiques dénonçant l'injustice d'une société qui tarde à prendre conscience des inégalités entre ses membres et peine à les combler.

Je ne sais si les inégalités ont augmenté ou non ces dernières années, si notre société est objectivement plus injuste qu'hier, si ses dysfonctionnements sont plus criants qu'autrefois. Les sociologues et les économistes ne semblent pas en mesure de porter un diagnostic incontestable et je n'ai pas, en tant qu'autorité indépendante, à me prononcer sur les politiques publiques menées. En tant que médiateur de la République, je n'ai pas été confronté à une nette augmentation du nombre de réclamations en cette période de crise.

En revanche, j'ai pu observer une douleur plus profonde chez les personnes qui me saisissent. Je souhaite aujourd'hui attirer l'attention de tous sur cette tension émotionnelle palpable. Le sentiment d'injustice chez nos concitoyens m'inquiète par son ampleur, son intensité, son mode d'expression autant que par les réactions et les actions qu'il déclenche.

Eric Maurin, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), fait l'analyse suivante : le déclassement est une réalité bien circonscrite, touchant une frange de la population. La peur du déclassement, quant à elle, touche tout le monde, notamment ceux qui ont le plus à perdre et le moins à craindre. Au travers d'expériences douloureuses, épisodiques mais dont on craint qu'elles ne deviennent régulières, ces personnes ont été confrontées aux difficultés de notre société. Pour les classes moyennes et supérieures, l'injustice était un cas de conscience autrefois : elle est aujourd'hui un triste présage. Demain, une amère réalité ?

En parallèle, les personnes les plus démunies subissent de plein fouet les conséquences de la crise économique. La violence de ces situations engendre la violence des réactions. Le recours à la violence physique et psychologique, ayant prouvé son efficacité, se systématise : séquestrer un patron est l'assurance de voir les caméras arriver, le débat porté sur la place publique, l'opinion sensibilisée, l'action publique déclenchée.

Je n'excuse pas ces actes mais souhaite qu'on s'interroge sur les motifs de cette colère : comment ces salariés peuvent-ils comprendre que leur usine ferme, leur laissant peu d'espoir de retrouver du travail dans la région et/ou dans leur domaine de compétence, pendant que les traders continuent de toucher des bonus aux montants astronomiques ? Un économiste expliquerait sûrement à raison que ces deux événements ne sont pas liés et taxerait peut-être de démagogie ce rapprochement, mais la personne qui vient d'être licenciée, qui se pose la question non pas de son confort de vie mais de sa survie et de celle de ses proches, peut-elle l'entendre ?

Face à ces injustices perçues, douloureusement subies par certains, une société demande logiquement des comptes à ses gardiens, ceux qu'elle a chargés de contrôler, réguler, réduire ces injustices. Il en ressort parfois la dangereuse impression d'une collusion entre les puissants et le pouvoir, la force et la justice.

Cette impression fragilise le pacte social qui veut que la République protège le plus faible du plus fort et assure les conditions premières du vivre ensemble. Si les membres de la société ne croient plus en leurs institutions et leurs représentants, ils envisagent alors de faire respecter eux-mêmes leurs droits ou se tournent vers d'autres aux discours séducteurs.

Lorsque je ne crois plus à la force du droit, je revendique le droit à la force. Je n'ai pas le droit de séquestrer mon patron. Oui, mais j'ai le droit de nourrir ma famille. Je n'ai pas le droit de conduire sans permis. Oui, mais j'ai le droit d'aller travailler pour gagner ma vie. L'apparition de certaines officines proposant des formations à la désobéissance civile et gangrenant certaines professions n'a rien de rassurant. Que penser alors de la crainte des responsables syndicaux et associatifs d'être bientôt dépassés par leur base ?

Je vois néanmoins en cette crise de confiance une chance que nos institutions républicaines doivent saisir pour démontrer l'efficacité et la nécessité de leur action. "Si l'Etat est trop fort, il nous oppresse, s'il est trop faible, nous périssons", disait Paul Valéry. La crise économique est passagère. La crise des comportements résulte d'évolutions sociologiques et historiques lourdes ; les solutions semblent moins évidentes à imaginer et à mettre en oeuvre. Quoi qu'il en soit, elles ne pourront faire l'impasse sur les deux points suivants.

Il faut privilégier le service du citoyen au confort du système, la défense des causes à la sauvegarde des structures. Dans une société en pleine mutation, nos institutions doivent prendre le pouls des changements et accompagner les citoyens dans la nouvelle voie qui leur est proposée ou qu'ils ont eux-mêmes tracée. Dans leur propre relation à l'administré, nos institutions doivent intégrer ces changements : passage d'une société industrielle à une société de services, d'une société rurale à une société urbaine, d'une société standardisée à une société multiculturelle et multiconfessionnelle.

Aucune politique ne peut être acceptée et appliquée telle la parole divine et infaillible : le temps de l'explication et de l'acceptation de la décision est bien plus important que le temps de la décision elle-même. Ce temps est nécessaire pour installer une véritable pédagogie des enjeux liés à la décision publique. En somme, nos institutions doivent se détacher de toute pratique que l'on pourrait qualifier de corporatiste ou protectionniste et prendre le risque de l'ouverture et de la transparence.

Nos institutions doivent ensuite conjuguer traitement massif, efficace, rationalisé des administrés et respect de l'individu. Un usager de service public est d'abord un individu qui souhaite que soient considérées son histoire et sa situation personnelles, sans être réduit à un identifiant, ou un numéro à douze chiffres. Cette société anxiogène qui privilégie parfois la violence, ne croyant plus aux vertus de la discussion, a plus que jamais besoin de dialogue. L'écoute est un facteur d'apaisement et j'encourage le développement de lieux d'écoute et d'information sur tout le territoire. Je ne forme pas ici un simple voeu pieux : j'en fais déjà l'expérience concrète chaque jour dans mon institution.

Sur 65.000 dossiers traités chaque année, 50% consistent en des demandes d'information et d'orientation, et montrent la difficulté pour les gens de frapper à la bonne porte, de trouver l'information au bon endroit au bon moment. Au pôle Santé sécurité des soins que je viens de créer, 90% des personnes qui me sollicitent désirent avant tout comprendre ce qui s'est passé, comment les faits se sont enchaînés jusqu'à l'accident médical. Après avoir été écoutées et renseignées, nombre d'entre elles abandonnent toute démarche contentieuse.

Le dernier exemple provient du témoignage d'un directeur de prison dans le sud de la France : depuis la mise en place de permanences de mes délégués au sein de son établissement, il a constaté une diminution de 30% des faits de violence.

Notre société a besoin de soupapes de décompression pour endiguer cette violence physique et psychologique née du sentiment d'injustice. Nos institutions doivent veiller à ce que personne, fort ou faible, ne se sente méprisé. "Selon que vous êtes puissant ou misérable", la République vous doit un égal respect.

L'article original (Le Monde, 21 octobre 2009) :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/10/21/le-sentiment-d-injustice-chez-nos-concitoyens-inquiete-par-son-ampleur-par-jean-paul-delevoye_1256783_3232.html 

21 octobre 2009

Sarkozy recalé aux chiffres et aux dettes

Mensonges, manipulation et propagande au quotidien. L'exemple vient d'en haut si l'on ose dire. Les comptes de la France sont dans le gouffre. Alors, ils s'y mettent à deux pour essayer d'anesthésier les Français et les médias. Tour à tour, François Fillon et Nicolas Sarkozy dénoncent le nombre d'emplois publics pour mieux tailler sec. Pour paraître vertueux, ils accusent les collectivités territoriales d'embauches excessives.

Hier encore, Sarkozy a présenté les grandes lignes de sa réforme des collectivités territoriales stigmatisant aussi le nombre trop important d'élus, annonçant son souhait de le diviser par deux. Pendant ce temps, et depuis que la hache s'abat sur les effectifs de différents ministères, on ne constate aucune embellie dans le budget de l'Etat. Bien au contraire, tout s'aggrave.

etat_de_la_france

(Clic sur l'image pour agrandir)

Les tableaux des records et les prévisions jusqu'en 2013

Reprenons donc les chiffres pour les collectivités territoriales. Fillon cite à la volée une augmentation de 36.000 fonctionnaires par an, Sarkozy n'en voit qu'une louche de 30.000. Ils ne sont même d'accord entre eux. C'est dire le sérieux des propos. L'exagération est telle dans les deux cas que la charge en deviendrait insignifiante si elle n'était la confirmation de l'état d'esprit malveillant à l'égard des collectivités opportunément à la veille des débats sur la réforme territoriale et à 5 petits mois des élections régionales. Drôle de hasard !

à Quelques remarques générales formulées par l'ARF (Association des régions de France) :

Même après les transferts de compétences liés à la Loi de 2004, les dépenses de personnels en Régions représentent moins de 10% des budgets (fonctionnement et investissement confondus) alors que le chiffre moyen est de 50% dans les grandes villes (à Aix, c'est 54%) et autour de 30% dans les départements. Quant à l'Etat, chacun sait que l'essentiel de ses dépenses de fonctionnement est lié aux dépenses de personnels civils et militaires.

Que l'Etat veuille imposer aux collectivités territoriales le non remplacement d'un départ sur deux à la retraite est totalement contradictoire avec le principe constitutionnel de libre administration des collectivités locales.

On ne peut pas à la fois se féliciter que l'emploi public serve d'amortisseur social en période de crise et dénoncer l'emploi public dans les collectivités locales.

Alors qu'il s'y était engagé, l'Etat n'a jamais transféré les emplois d'encadrement correspondant aux compétences transférées… donc les Régions ont dû recruter des cadres, par exemple pour gérer les TER et le personnel TOS !

L'Etat employeur ne respectait pas toutes ses obligations légales vis-à-vis des TOS, par exemple en matière de médecine du travail… Les Régions respectent le droit et ont donc dû recruter !

à Quelques chiffres puisés à la meilleure source, puisqu'il s'agit d'un document édité par le ministère de la Fonction Publique (faits et chiffres 2008-2009) :

Au 31/12/2007 (derniers chiffres connus) la Fonction publique territoriale emploie 1,75 million d'agents ; les effectifs ont augmenté de 3% en moyenne annuelle depuis 1996 !

Tout en ayant multiplié leurs effectifs par 5,5, (ce qui correspond à l'arrivée des TOS…) les régions ne représentent que 2,7% de l'emploi territorial.

En 2006-2007, les effectifs de TOS entrant dans le cadre d'emploi créé pour eux sont passés de 6.900 en 2006 à 52.600 en 2007 et le mouvement doit se poursuivre puisque d'ici à 2010, ce sont 90.000 agents TOS supplémentaires qui seront transférés sous gestion régionale ou départementale…

dette_publique_evolution

(Clic sur l'image pour agrandir)

La dette publique en France jusqu'en 2008

Concluons par ceci. Beau paradoxe et même triste cynisme. Alors que l'Etat oblige les collectivités territoriales et les administrations publiques à produire des budgets en équilibre sous peine de mise sous tutelle, le gouvernement se permet de mettre la France à sac en creusant tous les déficits, entraînant une inflation de la dette jamais vue à ce jour.

Pour 2009, l'Etat enregistre un déficit budgétaire de 141 milliards (passant de 2,3% du PIB en 2006 à 8,2% en 2009) et une dette de 1.420 milliards (passant 77,1% du PIB).

Qu'importe le chaos, Sarkozy lance une autre torpille, une soi-disant réforme avec pour cible la taxe professionnelle, soit 11,7 milliards à combler. Cela sans même avoir réfléchi à l'indispensable refonte globale de la fiscalité. D'où l'inquiétude des collectivités territoriales car la TP est l'une de leurs principales, sinon la principale, sources de leur revenu.

Bon, le trou de la sécurité sociale, le montée vertigineuse du chômage, les cadeaux aux plus riches, les prêts aux banques qui ont repris leur gavage, ce sera peut-être pour un prochain article. Faut d'abord essayer de digérer celui-ci !

20 octobre 2009

Après "Complément d'enquête"… et avant

Très instructive l'émission d'hier soir sur France 2, non ? "Complément d'enquête" a traité plusieurs sujets liés à la corruption, trois des dossiers portant sur le rôle des élus. Personnellement, cela m'a beaucoup intéressé.

L'intervention d'Eva Joly a notament permis de comprendre certains rouages de la justice et les dérives qu'ils produisent parfois. Mauvais vent pour la démocratie.

Certes, il ne faudrait pas hâtivement en déduire que tous les élus sont des pourris. Mais les pratiques scandaleuses et les comportements illégaux auxquels se livrent des représentants du peuple contribuent à répandre un rejet plus global des élus et à élargir le fossé entre eux et les citoyens.

Je veux maintenant, c'est-à-dire après la diffusion, apporter quelques informations sur la préparation de cette émission. Fin septembre, un journaliste de la rédaction m'a contacté par le biais de mon blog. Il y avait lu mes nombreux articles sur le contrat de directeur de cabinet de la mairie annulé par le tribunal administratif et qui est encore actuellement en appel.

Notre conversation a principalement porté là-dessus car le journaliste enquêtait sur les événements qui ont secoué le parlement britannique. Il voulait faire un parallèle avec certains députés et élus français et cela a d'ailleurs été évoqué par Benoît Duquesne qui a interrogé le président de l'Asssemblée nationale. Le cas d'Aix n'a finalement pas été cité directement mais des exemples montrés à l'écran se passant en France offraient quelques points communs avec des pratiques aixoises.

Les questions ont tourné autour du cumul des mandats, de l'argent des députés, du rôle des collaborateurs, des marchés publics, des pots-de-vin, des truquages, des dysfonctionnements de la démocratie et des lois annoncées dont la finalité est de réduire considérablement les contrôles indépendants. Cela fait peur.

Un ancien conseiller municipal a dit clairement qu'il est difficile pour une opposition de savoir ce qui ce trame dans les coulisses d'une majorité et qu'aller en justice nécessite des moyens financiers qu'elle n'a pas. Je peux en témoigner aussi. Toutes les actions que j'ai entreprises devant les tribunaux, je les ai menées sans avocat et à mes propres frais, sans compter l'investissement en temps pour faire aboutir chaque procédure.

En guise de conclusion, pour illustrer un des propos tenus par Eva Joly, il faut lire cet article publié dans le Canard enchaîné de la semaine dernière pour se faire une idée d'une des réformes que le gouvernement est en train de mijoter pour étouffer les chambres régionales et territoriales des comptes.

Si vous n'avez pas vu l'émission, il est possible de la visionner dans son intégralité ou en partie sur le site http://info.france2.fr/complement-denquete/ de France 2.

canard_reforme_CRC_14

(Clic sur l'image pour agrandir)

Dans le Canard enchaîné du 14 octobre 2009

Publicité
19 octobre 2009

Ce soir sur France 2, enquête sur la corruption

complement_denqueteComme je l'avais annoncé fin septembre, France 2 consacre son numéro de "Complément d'enquête" au thème de la corruption.

"Pots-de-vin, corruption : quand les élites dérapent", vaste sujet donc. Quatre dossiers seront traités au scalpel, notamment celui intitulé "My député is rich". On devrait y évoquer Aix...

Parmi les personnalités invitées à donner leur avis après chaque reportage, il y a Eva Joly, ancienne juge d'instruction et députée européenne, et Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale.

L'émission présentée par Benoît Duquesne est programmée à 22h15. Pour ceux qui ne pourraient la voir ce soir, elle sera ensuite visible dans son intégralité sur le site de France 2.

Le sommaire de "Complément d'enquête" ce soir :

(clic sur les différents onglets pour découvrir les thèmes)

http://info.france2.fr/complement-denquete/

19 octobre 2009

Une pétition de soutien pour Radio Zinzine d'Aix

zinzine_radio_libreDepuis 1998, Radio Zinzine Aix (association "Aix-Ensemble") offre un relais de l’expression sociale et culturelle des acteurs citoyens du Pays d’Aix. Depuis septembre 2003, elle occupe des locaux rue de la Molle, gracieusement mis à disposition par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône.

Brusquement, en septembre 2009, le CG13 a ordonné à la radio de quitter les lieux sans proposer d’autres locaux pour continuer à assurer cette mission. La diversité et la qualité des programmes ont toujours été au service de l’expression démocratique et citoyenne du Pays d’Aix et de la région PACA.

La décision du Conseil Général signe l’arrêt de mort de Radio Zinzine à Aix, ainsi que le licenciement de son dernier salarié. Cette décision est incompréhensible !

Signer la pétition, c'est soutenir la seule radio libre d’Aix-en-Provence afin qu’elle dispose de locaux sur Aix-en-Provence, lui permettant de poursuivre ses activités.

Adresse de la pétition :

http://www.lapetition.be/en-ligne/sauvons-radio-zinzine-aix-en-provence--5230.html

Le site de Radio Zinzine (Aix 88.1 FM) :

http://www.radiozinzineaix.org 

19 octobre 2009

"Le Ravi" refuse de baisser les bras…

une_ravi_67"Le Ravi" est un mensuel combatif. Le n° 67 d'octobre (2,80€) le prouve encore une fois. Universités, élections régionales et de très nombreux sujets sont au menu de ce mois-ci. Il est essentiel de se le procurer ainsi que les suivants car, pour survivre, l'association qui tient ce journal à bout de bras a besoin de lecteurs mais aussi de dons, aussi minimes soient-ils. On trouvera ci-dessous le lien qui permet d'apporter un soutien à cet organe de presse indépendant sans pub et sans concession qui traite l'information comme nulle part ailleurs. Merci pour eux.

   

une_ravi_67_soutien

(Clic sur l'image pour agrandir)

Le sommaire du n° 67 d'octobre :

http://www.leravi.org/spip.php?article838 

Le site et le bulletin de souscription :

http://www.leravi.org/

14 octobre 2009

Avenue Brossolette : Des couloirs sans bon sens

avenue_Brossolette_couloirs

(Clic sur l'image pour agrandir)

Les couloirs de l'avenue Brossolette (Photo LAC)

A première vue, cela n'a l'air de rien. Mais en creusant un peu, quelques questions se posent. Pendant le mois d'août, une portion de l'avenue Pierre Brossolette, entrée Sud vers le centre ville, a été reconfigurée pour créer un couloir bus en voie montante. La chaussée a été regoudronnée et un marquage au sol a permis un traçage des voies, une descendante, une montante et un couloir réservé aux bus.

C'est toujours ça de pris, mais ce n'est là qu'une broutille face aux vrais enjeux du développement des transports en commun en site propre. A part le tour de ville, on cherche encore d'autres aménagements significatifs susceptibles d'inciter les usagers de faire leur trajet en bus.

Revenons à l'avenue Brossolette. Un visiteur du blog (que je remercie) m'a signalé que les voies réservées à la circulation générale font 2,5 mètres de large chacune et celle empruntée par les bus fait 3 mètres. Autrement dit, les bus descendants et tout le trafic devront se contenter de rouler sur une voie plus étroite.

Autre incongruïté, l'amorce de cette voie par le rond-point Anouar El Sadate (là où se trouvent l'hôpital Montperrin et la station de taxis) est devenue périlleuse pour les gros véhicules que sont les bus et les camions qui doivent donc mordre sur la voie centrale pour pouvoir manœuvrer. J'ai vérifié cela hier de visu.

       

avenue_Brossolette_annonce 

(Clic sur l'image pour agrandir)

La publicité pour les couloirs (Photo LAC)

Mais les surprises ne s'arrêtent pas là. Depuis trois semaines, et cela va durer, des travaux ont été entrepris sur le trottoir côté montant : changement de canalisations et reprise du trottoir. Ce qui, de fait, perturbe la circulation et neutralise une grande partie du couloir bus. Il y a donc un hic.

Comment les services et les élus s'y prennent-ils pour rater une si belle occasion de coordonner les travaux ? Pourquoi ne pas avoir refait les trottoirs avant la réfection de la chaussée et le nouveau tracé des couloirs ? N'aurait-il pas été plus judicieux de réduire la largeur des trottoirs de quelque 50 cm en repoussant les arceaux pour permettre ainsi d'élargir la chaussée au bénéfice de la voie descendante ? Ce n'est que du bon sens. Ce n'est pas ce qui a été fait. Mais il vrai que le temps pressait pour s'en vanter, grande photo à l'appui, le jour de la fête des déplacements organisée à quelques mètres de là.

Allons un peu plus loin dans le raisonnement. Tôt ou tard, la future gare routière, un peu revue à la baisse, sera installée sur l'avenue de l'Europe débouchant sur le rond-point cité plus haut. Faudra-t-il tout reprendre à zéro pour une énième configuration des lieux ? Il est à craindre de nouvelles dépenses pour manque d'anticipation.

Dans le même ordre d'idée, les automobilistes qui empruntent les avenues Gaston Berger, Jean-Paul Coste et Paul Mauriat jusqu'à la route de Nice constatent que cela fait des mois qu'on rafistole la chaussée et les trottoirs par petits bouts. Au final, rien de satisfaisant et sans doute un coût supérieur à une réfection totale qui aurait pu, par exemple, être phasée et étalée financièrement sur trois ans. Mais non, ce qui devrait en fait être une amélioration du confort routier devient finalement une complication de plus et un jeu de massacre…

Amusons-nous un peu…

Les transports et les déplacements par l'absurde

Un bus transporte 10 passagers. Au premier arrêt, il en descend 13. Combien faut-il qu'il monte de nouveaux passagers au second arrêt pour que le bus soit vide ? Un bon casse-tête à soumettre aux décideurs...

12 octobre 2009

Polanski / Mitterrand : Enfin, une bonne analyse

gif_audioSauter pieds joints sur une bombe lancée par le Front national, c'est le plus sûr moyen de brouiller toutes les réflexions. Et de provoquer des réactions, des plus imprudentes aux plus biscornues. Bingo. Des artistes, des politiques et les médias sont entrés instantanément et épidermiquement dans le délire du tourbillon.

Qui pour soutenir ou défendre les deux personnages, qui pour stigmatiser leurs (in)conduites. En quelques jours, on aura tout entendu. Y compris de la part d'un proclamé philosophe qui accuse "la planète Internet" d'être devenue "comme une immense foule lyncheuse" se déchaînant pour "régler son compte avec une élite qui l'énerve".

gif_journalDans cet énorme bazar aux multiples ingrédients, il y a pourtant des faits et des personnes. Et donc la nécessité de ne pas traiter par-dessus la jambe, si l'on ose dire, les ressorts de l'essence humaine, et celle de sortir des comportements archétypaux entretenus par nos sociétés et nos médias sous peine de produire et de se contenter des avis (des aboiements ?) tranchés à vif, sans recul ni nuance.

Comme vous sans doute, je n'ai pu échapper à cette déflagration d'émissions, d'articles et de commentaires suscités par tout ce tumulte. Et puis, j'ai reçu par mail un article qui me semble être la meilleure analyse faite à ce jour sur le sujet. Je vous conseille de prendre trois petites minutes pour le lire car l'auteur y remet tout en place, avec intelligence et savoir, faisant ainsi tomber tous les masques. (merci à jpduf pour l'envoi)

L'article de Mona Chollet paru dans "Périphéries" :

http://peripheries.net/article324.html

Mona Chollet tient des chroniques tous les quinze jours sur Arteradio :

http://www.arteradio.com/son.html?13957

Publicité
Publicité
Suivre sur Twitter
Publicité