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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO

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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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21 février 2009

Outre-mer : Christiane Taubira, sans langue de bois

Christiane_Taubira_outre_merChristiane Taubira, députée PRG de Guyane, parle des enjeux de la situation actuelle de l'Outre-mer et les replace dans le cadre de la République.

Un grand moment d'analyse, d'intelligence et de savoir qui remet toutes les pendules à l'heure.

Une vraie leçon de politique, sans langue de bois. Lumineuse.

La vidéo du 20 février 2009 (65'40") :

http://www.dailymotion.com/video/kdWgiAQG30wNoHXsAY 

Le site de Rue89 :

Taubira : "Pour Sarkozy, l'Outre-mer c'est terra incognita" :

http://www.rue89.com/2009/02/20/taubira-pour-sarkozy-loutre-mer-cest-terra-incognita

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20 février 2009

Lutte de pouvoir et calculs politiques, disais-je aussi…

logo_france_bleu_provenceRelisant l'édito de Jean-Laurent Bernard diffusé le 17 février sur France Bleu Provence, coïncidence ou pas, je trouve son analyse très proche de celle que je faisais ici même quatre jours plus tôt.

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/02/13/12510055.html

Bonjour,

Le spectaculaire rapprochement de Jean-Claude Gaudin et de Jean-Noel Guérini restera l'une des bonnes surprises de l'hiver. Le maire UMP de Marseille et le président socialiste du conseil général ont eu l'un et l'autre beaucoup de mal à se remettre de la campagne électorale des municipales. Le premier a gardé sa mairie mais perdu la communauté urbaine et le second a fait l'inverse.

Ils n’en sont pas encore au point de se pacser, mais quand même, les griffes sont rentrées et de concession en concession, pardon, de recherche de l'intérêt public en saine gestion, les dossiers se débloquent petit à petit. Jean-Claude Gaudin joue sans doute son dernier mandat et la perte de la communauté urbaine lui retire beaucoup de pouvoirs sur les gros dossiers. Ainsi que bien des soucis puisque la métropole est fauchée. Jean-Noël Guérini rêve toujours de la mairie de Marseille et, comme il se rase soigneusement chaque matin, il a tout le temps d'y penser. Le conseil général n'est pas une banque multimilliardaire, mais quand même, cela permet de financer des ambitions et de s'assurer bien des amitiés qui seront nécessaires le moment venu.

Cette entente cordiale entre les deux barons est balayée par une autre déclaration d'amour, celle de Maryse Joissains à Marseille. La députée-maire d'Aix prend des accents lyriques pour écrire à propos du tracé de la LGV : il serait impensable de marginaliser la ville de Marseille, il faut laisser à Marseille la place et le rôle historique de leadership, il faut asseoir Marseille dans sa position de leader économique de la région, etc., etc.

Jean-Claude Gaudin a dû se noyer dans son café matinal en découvrant la prose de la Dame d'Aix comme il la surnomme. Maryse Joissains est prête à tout pour détourner la LGV d'un passage au pied de la Sainte Victoire. Y compris en embrassant son meilleur ennemi qu'elle suspecte de reluquer d'un peu trop près la richesse aixoise. Gaudin, Guérini, Joissains, le mariage à trois est interdit par la loi, mais en politique tout est possible.

Bonne journée.

19 février 2009

Désormais, quand il y a Sarkozy à la télé, personne…

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Dessin de Bauer

Désormais, quand Nicolas Sarkozy parle, personne ne s'en aperçoit. Pourtant, hier soir, le martial président que le monde nous jalouse est revenu rassurer les "chers compatriotes" : oui bon, c'est la crise, alors voilà, je confirme, paquet fiscal pour quelques-uns, sachet de bonbons pour tous les autres. En gros, "j'écoute mais je tiens pas compte". Dans le genre, "j'ai été élu pour prendre mes responsabilités", "c'est mon rôle de décider", on vient de voir encore une fois.

Annoncer une enveloppe de 2,6 milliards d'euros, forcément, ça impressionne ceux qui n'ont pas le sou. Mais, dans le détail, les mesures annoncées représentent au mieux une moyenne de 1 euro par jour pour les "bénéficiaires" touchés par la grâce de l'aumône présidentielle. 150, 300, 400 ou 500 euros, ce n'est même pas le coût d'un loyer mensuel. Prononcer l'expression "négociation salariale", seule issue pérenne, lui aurait sans doute trop écorché la bouche. Dure, dure, la vie va continuer à l'être pour la très grande majorité des Français.

Scoop :

Hier, Nicolas Sarkozy a annoncé le versement salvateur de milliers de bons d'achat de services à la personne en faveur de ménages ciblés. Enthousiasmée par tant d'altruisme, Laurence Parisot l'avait auparavant autorisé à claironner l'originalité de cette pratique que le patronat applique avec succès depuis le Moyen-âge.

Selon une source fiable proche du Fouquet's, et non démentie par une célébrissime chuchoteuse d'origine italienne, le président envisagerait, si nécessaire, en fonction des réactions à sa deuxième collation télévisée, de contribuer personnellement au budget de ces colossales dépenses en mettant aux enchères une de ses modestes montres.

Enfin, pour prouver sa bonne foi légendaire et compléter le dispositif, il n'exclut pas l'hypothèse de nommer au prochain conseil des ministres un trente-sixième Haut commissaire (on murmure le nom d'un courageux porteur de sacs de riz plutôt que celui d'un cent-septième vulgaire médiateur inconnu) qui sera chargé de distribuer la somme recueillie aux indigents réduits à s'humilier pour ramasser les quelques restes jetés sur le trottoir les jours de marché.

18 février 2009

Sophie Joissains en sens interdit sur un circuit de F1

gif_accident

Sophie Joissains aime la grande vitesse. Surtout la Formule 1. C'est sans doute par excès de pudeur qu'elle avait caché sa passion aux Aixois ! C'est donc sous les ors du Sénat qu'elle a dévoilé son scoop ce 23 janvier. Elle s'est même distinguée en essayant de faire passer en douce un amendement (n° 85) visant à accélérer les investissements, la création et l'exploitation expresse d'un circuit automobile pour organiser un Grand Prix de France d'ici 2011, et allez savoir pourquoi, dans les Yvelines, à Flins exactement.

Embarquée à côté du pilote Bruno Gilles, son collègue de Marseille et en compagnie pour l'occasion de deux autres passagers des Deux-Sèvres et du Loiret, sénateurs UMP aussi, Sophie Joissains a profité de la discussion du "Plan de relance" pour soutenir l'indéfendable en proposant d'insérer un article additionnel : "Aux fins de l'exploitation d'un circuit automobile homologué pour la formule 1, il peut être passé une convention d'occupation temporaire du domaine public comportant des obligations de service public fixées par la personne publique."

Interrogé à son tour, Patrick Devedjian s'est exclamé : "Le gouvernement est très favorable. D’une part, ce texte s’inscrit parfaitement dans le plan de relance en permettant des travaux importants d’ici à 2011. D’autre part, il maintient un Grand Prix en France, chose capitale. Le Premier ministre suit d’ailleurs cette affaire avec beaucoup d’intérêt, pour les raisons que l’on connaît. Ce maintien est essentiel pour le rayonnement de notre pays." Si François Fillon saute de joie, c'est qu'il est lui-même adepte de sports auto et pilote de courses de vitesse à ses heures.

C'est clair, Patrick Devedjian a par conséquent agi sur commande. Mais, pas tout seul. Pourquoi trouve-t-on Sophie Joissains dans cette galère ? Quel intérêt a-t-elle à rouler pour un départerment qui n'est ni le sien, ni même celui de ses trois autres collègues ? Pourquoi les Yvelines plutôt que le Val d'Oise où un projet concurrent à Sarcelles est soutenu par son député-maire PS François Pupponi ? 

Est-ce pour se retrouver dans les loges VIP lors de l'inauguration du circuit et ainsi bénéficier d'invitations permanentes lors de courses ? A-t-elle des liens amicaux privilégiés avec le président du conseil général UMP des Yvelines, un certain Pierre Bédier ? Oui, vous savez cet ancien secrétaire d'Etat de Jacques Chirac de juin 2002 à janvier 2004 qui avait été obligé de démissionner, puis avait été lourdement condamné en appel en mai 2008 pour corruption dans des marchés publics.

De nombreuses questions se posent donc sur cet appui ciblé de Sophie Joissains à cette initiative aussi pétaradante que polluante. A-t-elle, comme ses très chers et honorables collègues, subi le lobby des intérêts financiers privés de la Fédération française du sport automobile ? Est-ce par rapport à Renault, propriétaire de l'usine de Flins, qui y flairerait une aubaine ? Est-ce pour permettre au projet de Pierre Bédier de s'affranchir de beaucoup de contraintes administratives habituellement qualifiées d'assez longues ? En tout cas, coïncidence ou pas, l'amendement tombait à pic, vu la multitude d'infractions à la réglementation en vigueur qu'implique la mise en place de ce projet.

En effet, le projet est contesté devant les tribunaux par nombre d'associations et de collectivités locales car il représente un non-sens écologique (il prend la place de cultures bios), environnemental (il serait sur la plus grande nappe phréatique et deuxième zone de captage d'eau potable d'Ile de France), géographique (il est sur une zone totalement inondable) et économique (un gouffre financier). Est-ce bien sérieux après tout le foin fait au sujet du "Grenelle de l'environnement" ? Est-ce raisonnable de pondre une ineptie pareille nécessitant des infrastructures se chiffrant par dizaines de millions d'euros ?

Faisant fi de tout cela, la majorité sénatoriale a adopté le caprice au premier coup de sifflet ! Fort heureusement, la commission mixte paritaire chargée d'harmoniser le texte du Sénat et celui de l'Assemblée nationale passé en première lecture a refusé ce traitement de faveur et rejeté l'amendement. Preuve que la monstruosité ne tenait pas la route.

Du coup, Sophie Joissains et ses amis se retrouvent le nez dans le fossé. Elle n'avait pourtant pas hésité à déclarer : "Mon collègue Bruno Gilles est à l'origine du texte, tout simplement parce qu'il était là au bon moment, au bon endroit.[...] J'ai totale confiance en lui, il est convaincu des forces du circuit de Flins". D'où Bruno Gilles tirait ses informations, on ne le saura pas. Toujours est-il que l'amendement a finalement disparu comme il était venu, d'un claquement de doigt, emportant avec lui ses mystères.

Concrètement, le projet suit son cours mais il devra faire face à l'ensemble des procédures administratives (dont certaines sont contestées) pour voir le jour.

17 février 2009

Loi sur le logement : Quoi de neuf ? Des régressions !

locataire

Dessin de Grémi

A quoi sert une énième loi sur le logement si c'est pour ne pas construire assez de logements ? C'est là la question. Car cette loi controversée dite de "mobilisations pour le logement et la lutte contre l'exclusion" présentée par Christine Boutin et votée par la seule majorité ne prend pas en compte de façon décisive et massive le besoin énorme en logement social.

Pour être plus précis, il s'agit d'une série de mesures modifiant de précédentes lois. Et il faudra encore attendre les conclusions de la commission mixte paritaire (7 députés et 7 sénateurs) pour lui donner un caractère définitif. Mais, d'ores et déjà, on sait ce qui va changer, pas forcément en bien.

Voici quelques-unes de ces mesures :

Ÿ Pour favoriser la construction : les organismes d’HLM n’investissant pas assez seront soumis à un prélèvement sur leurs ressources inutilisées pour favoriser ceux qui ont besoin de construire plus.

Ÿ L'article 55 de la loi SRU, qui impose un quota de 20% de logements sociaux aux communes de plus de 3.500 habitants, reste inchangé. Se rangeant à l'avis du Sénat, Christine Boutin, qui souhaitait faire entrer l'accession à la propriété dans les 20%, a renoncé officiellement à modifier l'article. Malgré cela, les communes qui refusent d'appliquer la loi ne seront pas plus pénalisées qu'elles ne sont actuellement.

Ÿ Pour améliorer la mobilité dans le parc HLM, tombée à 9,4%, le droit au maintien dans les lieux est supprimé pour les locataires qui dépassent de plus de deux fois les plafonds de ressource (environ 9000 ménages). Concernant les logements sous-occupés, les locataires (à l’exception des seniors et des personnes handicapées) seront tenus de libérer les lieux après trois propositions de relogement. Toutefois, ces deux mesures ne s'appliqueront que dans les zones dites "tendues" (Ile-de-France, PACA, Rhône-Alpes et le Nord).

Ÿ Le projet de loi abaisse de 10% les plafonds de ressources pour accéder au logement social. Il s'agit de recentrer l'accès aux HLM sur un public plus modeste. C'est une régression qui fait l'impasse sur les foyers aux revenus proches du smic ou en risque de perte d'emploi.

Ÿ Le "Pass-Foncier", appelé aussi "maison à 15 euros par jour", est étendu aux appartements en immeuble collectif. Il est censé encourager l'accession à la propriété. Le slogan cache que, 15 euros par jour, cela fait 450 euros par mois, sans parler des longues années de crédit.

Ÿ Plus anecdotique, les détecteurs de fumée deviennent obligatoires chez tous les particuliers (locataires et propriétaires).

Ÿ Les sommes gérées par le 1% Logement (paritairement par le patronat et les syndicats) vont être en partie ré-orientées. L'Etat percevra 850 millions supplémentaires par an, de 2009 à 2011, pour financer à hauteur de 320 millions l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), de 480 millions l'Agence nationale de l'habitat (Anah) et de 50 millions la rénovation des quartiers anciens dégradés. Des gouttes dans la vaste mer de la misère.

Ÿ Le délai possible avant expulsion est réduit de 3 ans à 1 an. C'est là une autre régression qui va produire plus vite, plus d'expulsions, plus de sdf, voire plus de morts dans la rue.

Le mal-logement selon la Fondation Abbé Pierre

Le rapport que vient de publier la Fondation Abbé Pierre dénonce la paupérisation de la population française. Selon ce rapport, près de 600.000 personnes âgées vivent avec une allocation de solidarité de 628 euros mensuels qui les situent sous le seuil de pauvreté européen.

Dans son tableau du "mal-logement" qui sert souvent de référence, la Fondation donne toujours le chiffre de 100.000 sans domicile fixe basé sur une étude de l'Insee de 2001.

On compte 3.498.800 personnes connaissant "une problématique forte de mal-logement". Sur ce nombre de personnes "mal-logées", 2 millions vivent dans "des conditions de logement très difficiles" et 861.000 sont en situation d'occupation précaire. Parmi celles-ci, 88.400 ménages occupent un logement sans droit ni titre à la suite d'un jugement d'expulsion.

Les personnes privées de domicile personnel mais qui bénéficient tout de même d'un toit seraient près de 494.000. Parmi celles-ci, 100.000 vivent à l'année en camping ou en mobile-home, 150.000 chez des tiers dans des conditions difficiles, 50.000 sont installées dans des chambres d'hôtel et 41.000 dans un "habitat de fortune" (cabanes, constructions provisoires etc.).

La Fondation évalue à 6.617.000 le nombre total des personnes "en situation de réelle fragilité à court ou moyen terme", avec parmi elles, les personnes en situation de précarité pour impayés de loyers (1.412.000) ou celles vivant en situation de surpeuplement (3.507.000).

La crise immobilière va avoir de lourdes conséquences sur la résorption du déficit en logements, avertit la Fondation qui estime que la pénurie risque de passer de 800.000 à 900.000 logements à la fin de 2009. La Fondation met également l'accent sur la baisse des aides personnelles au logement qui auraient été amputées de 12,5% depuis 2001.

La surréaliste discussion de l'article 19 sur la réduction de 3 ans à 1 an :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2008-2009/20090154.asp#P431_66899

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16 février 2009

Comptes publics : Du casse-tête… à la prise de dette

logo_Francelogo_MPMlogo_Marseillelogo_aix

La France bat des records historiques de déficit. Marseille est la ville championne de France de la dette. Quant à Aix, son surplace la fait vivre au ralenti.

L'Etat est en faillite, ce n'est rien de le dire. Alors que la loi oblige les collectivités locales et maints organismes à présenter des budgets en équilibre sous peine de mise sous tutelle préfectorale, l'Etat court en permanence à la dérive sans qu'une autorité supérieure ne l'empêche.

Il y a bien les critères de Maastricht qui, pour l'essentiel, imposent un déficit public inférieur à 3% du Produit intérieur brut et une dette publique inférieure à 60% du PIB. Or, pour l'année en cours, en France, on en est respectivement à 4,4% et à 69%. Mais il n'y a pas que notre pays qui bat des records qui n'annoncent rien de bon.

La semaine dernière, le président de Marseille Provence Métrople, a fait sensation en publiant les résultats d'un audit sur l'état des finances de la communauté urbaine. La création de MPM devait être la planche de salut de Marseille, elle est devenue le désastre d'une gestion qui a fait plonger tous les chiffres au fond du Vieux-Port. Elle devient ainsi la communauté la plus endettée de France ! La Chambre régionale des comptes n'avait d'ailleurs pas manqué de lui en faire grief.

La dette s'élève à 1,2 milliard d'euros, c'est-à-dire carrément l'équivalent du budget qui est de 1,3 milliard. Si l'on ajoute la dette de Marseille, soit 1,8 milliard pour un budget de 1,6 milliard (une dette supérieure au budget !), la somme de la dette des deux collectivités atteint 3 milliards.

Inutile de dire que ce sont les générations à venir qui auront à éponger les flots de la dette. Comment ? En faisant ceinture, en empruntant encoe et encore et/ou en augmentant la fiscalité. A défaut d'être championne de France de footbal depuis longtemps, Marseille détient le titre de championne nationale du déficit.

Quant à Aix, s'il est vrai que le budget est toujours présenté en équilibre, il ne faut pas en conclure qu'il est plus productif. Depuis des années, l'investissement est au ralenti et n'attire plus les cofinancements des années 90. On se contente de "gérer" comptablement sans perspective de développement. Et si la municipalité se plaît à claironner que les impôts directs n'ont pas augmenté, elle fait la poche des Aixois par le biais d'augmentations régulières des taxes et droits divers touchant directement les services attendus par la population. La dernière hausse, pour 2009, est de 5%.

Le problème pour Aix comme pour toutes les collectivités territoriales est que l'Etat n'a plus rien dans les caisses. Et cette année va être encore plus rude puisque l'accumulation des restrictions financières dans l'aide qu'il apporte aux communes va atteindre un niveau insupportable. Cette aide ne couvrira pas l'inflation. Toutes les associations d'élus locaux ou presque crient que le "pouvoir d'achat des collectivités" est en danger. Baisse du pouvoir d'achat, donc baisse du niveau de service rendu aux citoyens. Ainsi que du niveau d'investisssements avec des conséquences lourdes pour l'économie quand on sait que les collectivités réalisent 70% des investissements publics.

Et on n'ose encore imaginer le coût de la dernière tuile que constitue la suppression annoncée de la part investissement de la taxe professionnelle si elle n'était pas compensée à l'euro près. On passerait du casse tête à la… prise de dette.

Lire aussi mon article "Le jeu mortel des chiffres et des dettes" : http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/02/11/12476842.html

13 février 2009

Même à l'arrêt, la LGV Sud-Est continue d'enfumer

gif_train_fumant

Après le train des contestations, le wagon des déclarations. Comme on pouvait s'en douter, sous le prétexte peu crédible de compléments d'études, le projet de la LGV Sud-Est va marquer un nouvel arrêt en gare prolongé jusqu'au 30 juin. Si le chef de gare annnonce une décision à ce moment-là – mais comment mettre tout le monde d'accord ? – il y aura une autre halte jusqu'en décembre pour rechercher les financements.

Or, s'agissant de l'annonce du choix officiel d'un des tracés en juin, du bouclage des contributions budgétaires en décembre et de la réalisation du projet lui-même en 2020, rien n'est moins sûr. Car, même si les machines du TGV ne marchent pas au charbon, il n'est pas difficile de percevoir que la polémique des tracés sert plutôt d'opération à enfumer pour une bataille qui n'a rien à voir avec celle du rail.

Dans un an auront lieu les élections régionales et déjà les candidats prennent des postures pour imprimer leurs marques et revendiquer leur leadership au sein de l'UMP. Maintenant que Jean-Claude Gaudin ne peut plus contrôler ni la pluie, ni le beau temps et encore moins la neige car il ne règne plus que sur les quatre mètres carrés de son bureau de la mairie, la succession au trône UMP du Sud-Est est ouverte. Avec à l'Est de la région, une lutte au couteau entre le maire de Nice Christian Estrosi et le maire de Toulon Hubert Falco, et à l'Ouest, une confrontation au poignard entre le député d'Aubagne Bernard Deflesselles et la députée d'Aix Maryse Joissains. La face à face final, Est contre Ouest, se fera à la dague empoisonnée.

Chacun a intérêt à asseoir son pouvoir, soit pour prétendre à un primat régional – mais faut-il encore être capable de déboulonner Michel Vauzelle –, soit pour user d'un pouvoir d'influence et de séduction à son endroit s'il est réélu pour la troisième fois – ce qui est le plus probable.

Avant de voir la LGV de nos yeux – si elle a encore une chance de se faire – nous verrons plus sûrement d'ici un an les dépouilles des vaincus étendues aux endroits mêmes des hypothétiques voies. Les citoyens, eux, tels des pèlerins en convois, pourront toujours organiser de sinueuses et colériques opérations escargot pour effectuer à l'envi des allers-retours sur les lieux du drame. Surtout si la fumée politico-ferroviaire a méchamment violenté leurs narines et si, de surcroît, le train leur est aussi passé sous le nez.

logo_france_bleu_provenceL'analyse de Jean-Laurent Bernard

dans son édito du 12 février

diffusé sur France Bleu Provence

Bonjour,

Ce n'est plus un gouvernement, c'est une boîte postale qui fait suivre tous les courriers qui lui sont envoyés. La réforme des lycées : reportée d'un an, la réforme du statut des enseignants-chercheurs : expédiée à la prochaine rentrée, le tracé de la LGV Sud-Est : différé au mois de juin.

A chaque fois que le sujet fâche, on nomme un expert chargé d'études complémentaires. C'est une méthode de gestion comme une autre mais qui relève plus de l'amateurisme que d'un travail un peu sérieux. Comme au bon vieux temps des années Balladur ou Jospin, dès qu'il fallait être impopulaire ou courageux, hop, une petite fuite dans la presse pour tester l'opinion publique et si nécessaire on remballait l'idée en jurant qu'il n'en n'avait jamais été question.

A qui fera-t-on croire que les études techniques de Réseau Ferré de France ne sont pas prêtes et archi bouclées depuis longtemps ? Les mois à venir relèveront donc uniquement de la concertation politique. Avec un seul mot d'ordre : plaire à tout le monde pour ne déplaire à personne. Les relations entre les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes vont virer à l'exécrable, surtout qu'entre les deux, le maire-ministre de Toulon va tenter de naviguer jusqu'aux élections régionales en espérant éviter les gouttes.

Dans cette histoire, l'Etat et donc le gouvernement doit afficher clairement son ambition d'aménagement du territoire. Ne rien faire et laisser le réseau en l'état ou presque au risque de se couper de l'Italie et de l'Espagne, choisir le tracé des métropoles pour créer enfin les conditions d'un développement régional ou passer beaucoup plus au Nord, pour piquer directement d'Avignon vers Nice. Afin de construire une liaison Paris-Nice au seul profit des Niçois.

Enfin, ce dossier de la LGV aura uni l'espace d'une réunion les maires de Marseille et d'Aix, le président de la communauté urbaine et celui du conseil général. Tous veulent la LGV par Marseille. Prêts à prendre le même train, mais certainement pas à voyager ensemble.

Bonne journée.

12 février 2009

Clinique du Montaiguet : Deux jours pour intervenir

Urgent ! L'enquête publique sur la révision du POS liée au projet d'implantation de la polyclinique au Montaiguet prend fin vendredi. Il est donc encore temps d'aller faire des obsevrations sur le registre de la mairie annexe de Pont de l'Arc. Pour rappeler les enjeux du projet, voici l'article paru dans "Le Ravi" de février.

ravi_clinique

(Clic sur l'image pour agrandir)

Dessin de Moix dans "Le Ravi" n° 60

Clinique nocive pour l'environnement

Le projet de construction d'une clinique et de son parking de 800 places, au Montaiguet sur une zone boisée classée, fait grincer des dents.

"Ecrin forestier", "parking boisé", "ornement" : sur le papier, le projet de regrouper deux cliniques privées d'Aix-en-Provence, Rambot et La Provençale, dans un nouveau bâtiment construit sur la petite colline du Montaiguet au Sud de la ville, sonne bien. "C'est pour ne pas dire bétonnage, parking de 800 places à ciel ouvert et bassin de rétention", traduit Martine Agathe Coste à l'initiative d'une association de riverains pour défendre le "poumon vert" d'Aix. Car petit détail contrariant : la zone de la future polyclinique de 340 lits est classée espace boisé. Un incendie a bien détruit une partie de la végétation en 2005 mais cela ne change en rien sa vocation forestière.

Le conseil municipal a pourtant voté en octobre 2007 le principe d'une modification du Plan d'occupation des sols (POS) pour la rendre constructible. Modification qu'il restera à acter après la clôture de l'enquête publique le 13 février. Le POS date de 1984 et était déjà jugé "obsolète", en 2005, par Henri Doglione, à l'époque adjoint à l'urbanisme (UMP). Depuis, la situation n'a guère changé. Aix-en-Provence n'a pas non plus de Plan de déplacements urbains (PDU). Le dernier a été annulé par le tribunal administratif en juin 2008, sanctionnant ainsi une absence de vision globale des transports.

Autre détail ennuyeux : la Ville fait actuellement construire via la Semepa, sa société d'économie mixte, un parking de 300 places à proximité immédiate de la polyclinique Rambot. "La proximité de ce parking, construit grâce à l'argent public, va représenter une certaine plus-value quand les propriétaires vont vendre leur clinique", critique Lucien-Alexandre Castronovo, ancien conseiller municipal radical de gauche.

Pas chiche, la Ville d'Aix serait prête à remettre la main au porte-monnaie afin de financer une route de campagne pour désengorger la  départementale, régulièrement embouteillée, qui mène à la future clinique du Montaiguet. Au risque de voir les pavillons pousser comme des champignons et la ville s'étendre. "Si on ne sait pas maintenir ce type de coupures vertes, on va arriver à des conurbations ingérables, critique Hervé Guerrera, conseiller municipal d'opposition (Partit occitan). Ce projet est un aspirateur à voitures. L'enjeu est le maintien des personnes âgées à domicile et le développement de l'offre de soins en centre-ville."

Devant la levée de boucliers des habitants, la mairie, qui dit "travailler sur la faisabilité du projet et chercher des solutions" aux problèmes soulevés lors des réunions publiques, semble un peu refroidie et n'exclut pas "une mise en stand-by du projet sur ce site s'il existe des impossibilités techniques" (1). Ce qui serait une façon élégante pour Maryse Joissains, le maire UMP à qui reviendra in fine la responsabilité de signer le permis de construire, de respecter ses promesses de "prise en compte des espaces naturels et paysagers ; des risques naturels dans la politique d'urbanisme" (2).

(Journaliste : Louise Fessard)

1. Selon les services de communication de la mairie, les élus n'ont pas souhaité s'exprimer avant la fin de l'enquête publique. 2. Maryse Joissains dans sa "Lettre aux décideurs du Pays d'Aix", 4 avril 2006.

pont_de_l_arc_les_bornes

(Clic sur l'image pour agrandir)

L'appel de l'Association des amis du Montaiguet

La Ville d'Aix est aujourd'hui menacée d'asphyxie : c'est une cuvette qui a besoin de ses poumons verts. Alors, favoriser la délocalisation de deux polycliniques (Rambot et Provençale) sur un des derniers poumons verts qui lui restent, le massif du Montaiguet, cela ne devrait même pas venir à l'idée !

Pourquoi là ? Pourquoi déclasser ce qui est classé ? Pourquoi déforester ce qui est boisé ? Pourquoi détruire sur des dizaines d'hectares un paysage majestueux ? Pourquoi saccager par des voies nouvelles un vaste territoire du Pont de l'Arc à la Plaine des Dés, de l'avenue Fortuné Ferrini à La Parade ? Pourquoi installer sur nos collines l'équivalent de la moitié de l'hôpital d'Aix, avec 800 places de parking à ciel ouvert ?

Pourquoi faire financer aux habitants du pays d'Aix les énormes infrastructures nécessaires à ce projet ? Pourquoi aggraver les problèmes de circulation à l'entrée Sud de la ville par le Pont de l'Arc ? Pourquoi favoriser ce projet privé au moment où l'hôpital public a cruellement besoin de moyens ? Pourquoi la CPA appplique-t-elle sa politique de réhabilitation forestière sur d'autres secteurs incendiés et pas sur celui-ci ? Pourquoi créer un précédent désastreux en modifiant le POS sur un site incendié, ce qui ne pourra qu'encourager la multiplication des incendies sur tous les sites naturels intéressants du pays d'Aix ?

L'enquête publique

Pour consulter le registre de l'enquête

Jeudi 12 et vendredi 13 février de 8 à 12h00 et de 13h30 à 16h30

mairie annexe de Pont de l'Arc

Pour rencontrer le commissaire enquêteur

Vendredi 13 février de 14 à 16h30

Le site de l'Association des Amis du Montaiguet :

http://www.montaiguet-pontdelarc.com/

Les photos du projet (clic sur chaque image pour agrandir) :

http://www.montaiguet-pontdelarc.com/visionner.php

Visualiser le projet sur le site du cabinet d'architectes :

http://www.a-i-a.fr/archi/projet/idProjet/19?symfony=65c2da6adae9160700c17d0720f938cc

La pétition en ligne :

http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=49

Mes précédents articles sur le même sujet :

(du plus ancien au plus récent)

"La clinique privée qui tue l'hôpital et le Montaiguet" : 

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/12/12/11717813.html

"Clinique du Montaiguet : La bataille continue" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/12/17/11753424.html

"Clinique du Montaiguet : Agissons !" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/01/07/11995740.html

"Lettre ouverte au maire" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/01/26/12226720.html

11 février 2009

Le jeu mortel des chiffres et des dettes...

A nos mouchoirs ! Les caisses de l'Etat sont vides. La France trinque à plein goulot. Interrogeons-nous. Que se passerait-il si un foyer français avait des dettes qu'il serait incapable de rembourser à la fin de sa vie active ? Et s'il continuait de mener un train de vie d'enfer en augmentant ses dépenses en ne remboursant plus ses crédits bancaires ?

L'Etat a le droit (!) de laisser courir mais les citoyens n'ont qu'à payer. L'Etat estime que ce qui est "valable" pour lui ne l'est pas pour les citoyens. Crise, récession, déficit, dette, chômage, pouvoir d'achat mis à mal, tout le monde est à la gorge. Grosse panique au gouvernement : il ne cesse de refaire ses calculs. Est-ce grave, docteur ? Oui, nous sommes en phase finale !

Le récent rapport 2009 de la Cour des comptes ne dit pas autre chose : "L'impact principal de la crise concernera les recettes publiques et atteindra sans doute son plein effet en 2010. Les déficits seront aussi accrus par les mesures prises pour financer le secteur bancaire et relancer l'activité. La dette publique de la France pourrait atteindre près de 85% du PIB en 2012. Force est de constater que la France aborde la récession dans une situation plus mauvaise qu'au début des récessions précédentes, qui étaient pourtant de moindre ampleur. L'effet total sera fort mais en principe temporaire sur le déficit ; il sera  en revanche massif et durable sur la dette". 

Quelques données pour ne pas mourir idiot

Ÿ Le déficit du budget de l’Etat n'a cessé de se creuser. Pour 2009, dès le mois de décembre 2008, le ministre du budget a annoncé que le gouvernement tablait sur un déficit de 79,3 milliards d'euros (prenant en compte les mesures de relance) contre 57,6 initialement prévus dans le projet de loi de finances. Il avait déjà atteint 60,7 milliards d’euros fin 2008, soit 8 milliards de plus qu'en 2007.

Ÿ Le gouvernement a donc rehaussé sa prévision de déficit public à 4,4% du PIB (Produit intérieur brut) au lieu de 3,9% (taux encore supérieur aux 3% imposés par l'Europe).

Ÿ En 2009, la dette publique devrait frôler les 69% du PIB. En 2007, elle atteignait 64%. Lors de la récession de 1993, elle n'était "que" de 40%.

Ÿ En 2008, la France a enregistré un nouveau déficit record du commerce extérieur de 55,7 milliards d'euros contre 40,6 milliards établi en 2007. Cette tendance devrait se poursuivre en 2009 (rappel : 24,2 milliards en 2005).

Ÿ Selon le gouvernement, la suppression annoncée de la taxe professionnelle (TP) coûterait 8 milliards mais les maires estiment qu'elle s'élèverait à 28 milliards. Les chiffres divergent comme pour le nombre de manifestants les jours de grève !

Ÿ Il n'est pas inutile de rappeler que 73% des investissements publics sont réalisés par les collectivités locales, grâce notamment à la taxe professionnelle.

Ÿ En 2009, comme en 2008, les dotations versées par l'Etat aux collectivités locales seront deux fois inférieures au taux de l'inflation. Ces restrictions financières seront donc un manque à gagner au niveau des services rendus aux citoyens.

            

NB : Les critères de Maastricht – un déficit public inférieur à 3% du PIB et une dette publique inférieure à 60% du PIB – permettent d’évaluer la soutenabilité des finances publiques et de comparer les situations budgétaires des Etats membres de l’Union européenne.

Quelques chiffres à retenir de 2008

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(Clic sur l'image pour agrandir) Dessin de Charb

Ÿ Nombre de chômeurs : 217.000 personnes ont perdu leur emploi l'an dernier, on en compte donc 2.114.300 fin décembre (il s'agit du nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie 1, c'est-à-dire les personnes à la recherche d'un emploi à temps plein et à durée indéterminée).

Ÿ "Chômage caché" : les non inscrits ou les personnes radiéés des listes portent le total des sans emploi à plus de 4 millions. 

Ÿ Chômage : 8,5% de la population active et on risque de dépasser 10% en 2010

Ÿ Inflation : 2,8%

Ÿ Croissance : 0,7%, et une perspective de croissance négative en 2009

Ÿ Mal logés : 3,5 millions de personnes

Quelques engagements de Sarkozy en 2007

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(Clic sur l'image pour agrandir) Dessin de Tartrais

Ÿ "Je rétablirai l'équilibre des comptes publics d'ici 2012."

Ÿ "J'irai chercher la croissance avec les dents."

Ÿ "Je réduirai le chômage à 5%."

Ÿ "J'agirai pour le pouvoir d'achat."

Ÿ "Je veux une France des propriétaires."

Ÿ "D'ici deux ans, je veux que plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir ou d'y mourir de froid."

10 février 2009

Madagascar, l'île aux deux Berlusconi

Madagascar à feu et à sang. Guerre civile sur l'île aux 20 millions d'habitants dont 20.000 Français. Les médias nous rapportent les images des émeutes et le bruit des armes.

Il faut bien le reconnaître, en général, à notre grande honte, on ne s'intéresse aux contrées lointaines que lorsqu'il y a du grabuge. Et encore ! Voyez aussi combien de jours de grèves et de manifestations il a fallu pour qu'on parle enfin de la colère et du désespoir de la Guadeloupe, de la Guyane et maintenant de la Martinique, territoires de notre République. C'est d'ailleurs assez symptomatique : Sarkozy n'en a pas soufflé mot et les journalistes ont "oublié" de lui poser des questions. 

Alors comment comprendre ce qui se déroule à Madagascar ? S'agit-il "seulement" d'une révolte contre un pouvoir inefficace ? Non. Les mœurs politiques qui ont cours là-bas ressemblent à celles que nous déplorons aussi ici. Des élus sans foi ni loi se battent pour des intérêts qui finissent par ne plus être ceux du peuple.

Un article bien senti paru le 4 février dans Charlie Hebdo nous raconte les dessous pas très propres de la situation.

Quand "Andry TGV" défie le "roi du yaourt",

l'île de Madagascar se transforme en ring

"TGV", c'est le maire de la capitale, Andry Rajoelina. Un busi­nessman de 34 ans qui doit son surnom aux trois lettres du sigle de son mouvement, le Tanora malaGasy Vovona, les "Jeunes Malgaches décidés". Cet ancien DJ a commencé dans les affaires en organisant des spectacles et des "soirées live", avant de faire fortune dans les panneaux publici­taires et les medias.

Le "roi du yaourt", c'est le chef de l'État, Marc Ravalo­manana, le tombeur, en 2002, du vieux militaire ex-marxiste Didier Ratsiraka. Son truc à lui, c'est l'agroalimentaire. Un empire industriel et commer­cial : deux entreprises de tra­vaux publics, une compagnie aérienne, un réseau de com­merce de gros, une station de radiotélévision.

Ça fait un an que "TGV" veut la peau du "roi du yaourt". En décembre 2007, après avoir raflé la capitale dès le premier tour des munici­pales, le jeune maire de Tana­narive est devenu le pire cau­chemar du chef de l'Etat. Pour répondre aux rassemblements de contestation quasi quoti­diens orchestrés depuis l'hôtel de ville, le président a décidé de fermer la chaîne de télé privée de son rival. Qui s'est empressé de répliquer en appelant la population mal­gache à la grève générale. Et la semaine dernière, la lutte de pouvoir entre les deux Berlus­coni malgaches s'est violem­ment exprimée dans les rues de "Tana".

Un goût de déjà-vu

Il faut dire que les mécontents n'étaient pas difficiles à trou­ver. 70% des 20 millions de Malgaches marinent sous le seuil de pauvreté, malgré les promesses du président, qui, dès son accession à la tête de l'État, en 2002, avait juré d'"enrichir les pauvres". Le 21 janvier, chauffés à blanc, les affamés ont décidé de se servir eux-mêmes en razziant les magasins du "roi du yaourt". Pillages, saccages, incendies. Plus de 80 morts au total…

Aujourd'hui, "l'idéologie capitaliste" du père de la nation n'édifie plus les masses. Le "roi du yaourt" a bradé le sous-sol malgache et son lot de nickel, cobalt, or, chrome et uranium à des sociétés étrangères. Et il pro­jette de recouvrir l'île de champs de maïs en accordant au colosse sud-coréen Daewoo l'exploitation de la moitié des terres arables du pays, pour une durée de quatre-vingt-dix-­neuf ans.  Pour couronner le tout, le 5 janvier, il s'est offert l'avion d'un neveu de Walt Disney, un Boeing 737 de 140 places, réaménagé en palace volant pour 25 personnes. Coût : 60 millions de dollars. Soit plus que "les budgets de la Haute Cour constitutionnelle, de la Primature, de l'Assemblée nationale et du Sénat réunis", a calculé le quotidien L'express de Madagascar.

Aujourd'hui, le maire de Tana profite donc de l'exaspéra­tion nationale. Théâtral, il fus­tige le "dictateur" et réclame "du sang neuf !". C'est-à-dire, plus prosaïquement, la destitu­tion du président et "un gou­vernement de transition", dont il prendrait la tête.

A Madagascar, un maire chef d'entreprise qui devient président, ça s'est déjà vu. En 2002, c'est le "roi du yaourt", alors maire de Tana, qui faisait le gentil catcheur, tandis que Ratsiraka endossait le costume du salaud à éjecter du ring. Pour les Malgaches, aujourd'hui, l'histoire repasse donc les plats. Le problème, c'est que l'assiette est toujours vide.

(Journaliste: Sylvie Coma)

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